20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 10:40

Les « POLAR » 2014
Palmarès « Bande Dessinée, Roman & Théâtre » 

« POLAR » 2014 du Meilleur Roman International
« Nos désirs et nos peurs » de Wulf DORN / Éditions du Cherche Midi

« POLAR » 2014 du Meilleur Roman Francophone
« Celui dont le Nom n'est plus » de René MANZOR / Éditions Kero

« POLAR » 2014 du Meilleur Roman Jeunesse
« Dossier océan » de Claudine AUBRUN / Éditions du Rouergue

« POLAR » 2014 de la Meilleure Série Francophone de BD
« Jérôme K. Jérôme Bloche » de Alain DODIER / Dupuis

« POLAR » 2014 du Meilleur One Shot Francophone de BD
« Choc » de COLMAN & MALTAITE / Dupuis

« POLAR » 2014 de la Meilleure Pièce de Théâtre
« Une cerise noire » de Benoît AFNAÏM / La Française de Comptages

Prix Polar Cognac 2014 : les vainqueurs (romans, BD, théâtre)

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 05:55

L'affaire Viguier est à la fois proche et lointaine dans l'esprit du public. Récente, sachant que les procès de Jacques Viguier datent de 2009 et 2010. Éloignée, puisque la disparition de Susie Viguier remonte au 27 février 2000. Il est bon d'en rappeler le contexte. Jacques Viguier est âgé de quarante-trois ans quand sa femme ne donne plus signe de vie. En août 1988, il a épousé Suzanne Blanch, vaguement étudiante en droit, la danse et le jeu de tarot la passionnant davantage. Ils ont ensemble trois enfants. Susie Viguier a trente-huit ans lorsqu'elle disparaît. Universitaire à Toulouse, Jacques Viguier enseigne le droit public. Occupant un poste symbole de réussite sociale, il passe pour un notable. Son charisme lui vaut quelques succès auprès de ses étudiantes, avec lesquelles il a des relations. En privé, c'est un homme plutôt sportif et un chasseur.

Depuis 1998, le couple bat de l'aile, bien qu'ils aient démangé dans une nouvelle maison, où il leur est plus facile de cohabiter. Voilà quelques semaines que Susie Viguier invite dans sa famille le commercial sans emploi Olivier Durandet, son amant. Le mari ne paraît pas s'apercevoir de l'intimité existant entre Susie et cet homme. Car, si Jacques Viguier est un brillant universitaire, il montre parfois une naïveté étonnante. Le 27 février vers 4h30 du matin, on pense entendre Susie Viguier rentrer chez elle. On ne la reverra plus. Tandis que l'amant s'inquiète tôt, le mari attend le 1er mars pour signaler la disparition de son épouse au commissariat. Non suspecté, Olivier Durandet s'arrange vite pour influencer les amis de Susie Viguier. Se rapprochant du commissaire Saby, chargé de l'enquête, Durandet porte des accusations accablantes envers Jacques Viguier.

Pour la police, le mari reste généralement le principal suspect. C'est l'opinion d'instinct du commissaire Saby, qui estime que l'universitaire Viguier est arrogant. Soupçons faciles à étayer, car l'intéressé se défend mal. L'amant affiche davantage d'émotion et de pugnacité que le mari. Cumulant les inexactitudes, Viguier se débarrasse du matelas de son épouse, apparaît imprécis sur une histoire de clés, etc. Placé en garde à vue, il sera mis au mois de mai 2000 en détention provisoire jusqu'à l'année suivante. “Pendant huit années, il ne se passe rien de significatif, en ce qui concerne l'enquête. La police ne cherche pas sérieusement une Susie vivante et semble attendre que son cadavre surgisse d'un fond d'un tombeau de fortune, pour coincer définitivement le mari.” Au grand vide, succède le premier procès en avril 2009, devant la Cour d'assises de Toulouse.

Le président Cousté imagine sans doute un procès exemplaire. L'avocat général Gaubert a déjà préparé son réquisitoire. S'il y a des indices troublants, pas des preuves concrètes, c'est davantage le caractère de Jacques Viguier qui permet à l'accusation d'argumenter. Sa maladresse chronique le poursuit. Grâce à un excellent plaidoyer, et en l'absence de corps, Viguier est acquitté. Le Parquet faisant appel, il sera rejugé à Albi en mars 2010. Cette fois, c'est Eric Dupond-Moretti qui assure sa défense. Sa réputation de fonceur n'est pas usurpée. En face, Olivier Durandet est toujours offensif. L'avocate de Clémence Viguier, l'aînée des enfants, démontre le rôle intrusif de l'amant dans le dossier. D'ailleurs, les trois enfants sont convaincus de l'innocence de leur père. La tension est forte, passionnée. Le verdict confirmera l'acquittement de Viguier...

Stéphane Durand-Souffland : Disparition d'une femme (Points, 2014)

Chroniqueur judiciaire, Stéphane Durand-Souffland prend délibérément le parti de Jacques Viguier, dans ce livre restituant les faits et le climat de l'affaire. Comment voir les choses autrement, en effet ? Le parti-pris policier conduit à un acharnement fort dérangeant. La complaisance des enquêteurs envers l'amant, jamais suspecté, est surprenante. Aucun effort apparent pour vraiment rechercher la disparue, c'est plus que bizarre. Des questions basiques curieusement éludées : s'il a tué sa femme, Viguier a trop peu de temps pour cacher définitivement le cadavre… ou alors, si on le suppose si adroit, pourquoi est-il si empoté quand il s'agit du fameux matelas, et assez imprécis sur le nombre de clés. En outre, Susie Viguier projetait de divorcer, son amant le savait, pas son époux.

Dans la plupart des cas judiciaires, la personnalité de l'accusé est au centre du sujet. Ici, c'est plus que jamais l'évidence. Viguier a besoin de jalons (sa femme, ses enfants, ses cours, ses maîtresses, ses loisirs...). L'un de ces repères est soudainement manquant. On attend de lui le comportement-type du compagnon angoissé, tourmenté, alors qu'il reste imperturbable, continue à organiser la vie des siens. Il est la cible, mais contribue à semer un sentiment trouble autour de sa culpabilité. Au final, le doute doit bénéficier à l'accusé. Et une meilleure lecture des faits a permis de disculper un mari qui n'avait, en réalité, pas de raison d'éliminer son épouse. Stéphane Durand-Souffland nous invite à nous forger une intime conviction en détaillant de manière vivante ce dossier particulier.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 05:50

Installés dans une ferme des environs de Quimper, Gwaz-Ru et sa famille voient arriver les années qui succèdent à la Seconde Guerre mondiale. Ce diable de Gwaz-Ru fut un gaillard qui, jusqu'à là, aboyait fort et mordait quand on le provoquait trop. Passé quarante-cinq ans, il s'est maintenant assagi. Pour son épouse Tréphine et lui, il s'agit de s'occuper de leur progéniture autant que de leurs deux anciens, la tante Marjan et l'oncle Jean-Louis. Sept enfants, nés de 1928 à 1943, ça leur fait une sacrée tablée. Non pas que Gwaz-Ru soit inquiet, car ils gagnent correctement leur vie avec l'exploitation de la ferme. Tant mieux, d'ailleurs, si on les regarde comme un clan cherchant peu le contact des autres. Et puis la fille aînée Angèle seconde parfaitement sa mère, pour se charger des plus petits. Il suffit que tout ce petit monde ne s'avise pas de tracasser Gwaz-Ru plus que nécessaire.

Nicolas, le grand fils, s'est engagé dans l'armée sitôt après la guerre. Direction l'Indochine pour aller pacifier le Tonkin. Il n'a pas été un brillant héros, ce Nicolas. Bien que malade, il a réussi a poursuivre sa carrière militaire durant les prémices des évènements d'Algérie. Ce qui n'a pas amélioré son esprit raciste. Puis on l'a renvoyé pensionné à Goarem-Treuz, la ferme parentale, où on le supporte… Avec leur semblable âme d'ouvriers sans ambition, sinon d'aller habiter dans une maison neuve, ses cadets Maurice et Julienne se sont bien vite mariés. Ils sont accueillis, de temps à autres, chez leurs parents. Toutefois, le conformisme de leur petite vie est plutôt éloigné des vieilles idées rebelles de Gwaz-Ru.

Monique a seize ans quand elle rencontre le beau Fedor dans un bal des environs. Celui du 31 décembre marque le début de leurs amours. Puisqu'il va travailler à l'arsenal de Brest, et qu'elle ne tarde pas à être enceinte, Monique va l'épouser et le suivre. Mais ce couple-là ne connaîtra pas que des moments heureux… Possédant un bon niveau scolaire, sa sœur Irène paraît mieux armée dans la vie. Elle suit un cours privé, afin de devenir secrétaire. Elle s'imprégne de la culture jazz-rock-littérature de son époque. Ayant fait ses preuves, Irène gagne un certain statut social quand elle est engagée chez un chirurgien-dentiste. C'est à Casablanca qu'elle vivra ensuite, avec son dentiste de mari, Marocain. Mais, quelques années plus tard, la famille de Gwaz-Ru est avertie d'une triste nouvelle.

Sur le conseil de son instituteur, le fragile Étienne continua ses études au lycée. Soutenu par l'abbé Coatmeur, il progressera encore davantage. Son père Gwaz-Ru n'aimait guère les calotins, mais il se fit une raison. Quant à Angèle, restée célibataire, elle devient la mémoire de leur famille, aidant autant qu'elle peut ses parents sur leurs vieux jours. Le monde a évolué depuis l'Après-Guerre. L'agglomération quimpéroise s'urbanise, laissant de moins en moins de place à une ferme comme celle de Goarem-Treuz…

Hervé Jaouen : Eux autres, de Goarem Treuz (Presses de la Cité, 2014)

Le premier tome de ce diptyque était centré autour du personnage-titre, “Gwaz-Ru”. Si le bonhomme s'est imposé grâce à sa force de caractère, le contexte n'est plus identique pour sa descendance. Certes, la volonté est toujours un atout favorable. Pourtant, l'avenir s'annonce déjà plus citadin que campagnard. Tréphine et Gwaz-Ru ne renient nullement la ruralité, mais disposant de quelques finances, ils acquièrent une gazinière au butane et un Solex pour leur fille Irène. L'eau courante viendra aussi. Si Gwaz-Ru n'est pas vraiment avare, il ne tolère la coûteuse modernité qu'à petites doses. La première moitié de sa vie ayant baigné dans les conflits et les querelles, il s'efforce de se montre bien plus souple.

Ainsi va l'univers d'un groupe familial, avec ses joies et ses peines, les plaisirs aidant à surmonter les tracas. Les Scouarnec, de Goarem-Treuz, sont-ils une fidèle représentation de familles (pas seulement bretonnes) de l'époque ? Très certainement, oui. En ce sens qu'ils ne sont pas de ceux qui veulent épater les autres, juste mener leur propre existence selon leurs mérites et leurs modestes besoins. Aucun doute, ils ressemblent à beaucoup de gens d'alors, d'un temps qui nous paraît déjà loin dans le passé. Un chassé-croisé de personnalités différentes, chacun ayant son destin, c'est ce que nous raconte Hervé Jaouen. Avec cette tonalité enjouée qui, évitant la dramatisation, offre un récit fluide et tout en finesse. Bienvenue chez les Scouarnec !

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 05:55

C'est dans la Grosse Cité du futur que vit Gustave Flicman. Ce jeune policier est en poste au commissariat de quartier Adinike® (tout est sponsorisé par des marques dans cet avenir-là). Bien que ce soit un monde très moderne, il est pourtant hanté par bon nombre de lutins. Gustave en a fait l'expérience, certains d'entre eux ne sont pas gentils du tout, pas du tout. “Ne pas croire aux Lutins Urbains, c'était la meilleure façon de les empêcher de se manifester.” Alors, suivant le conseil de son Supérieur Inconnu, il essaie d'oublier ces drôles de créatures.

Pas facile, car il y a tout plein de trucs qui perturbent la ville, en ce moment. Par exemple, les messages SMS sont brouillés, et ça ne fait pas rire le chef de Gustave, le commissaire Velu. La montre du jeune policier, c'est pareil et c'est pas normal, elle indique des heures d'ailleurs dans le monde. Pas pratique pour se déplacer non plus, car le métro est en panne. Il faut marcher dans les rues, qui sont trop éclairées ou alors pas du tout. Et la circulation des voitures, un monstrueux désordre.

Ça fait quand même beaucoup d'incidents, ce qui intrigue Gustave. Dans une déchetterie, il repère un personnage qui ressemble à “un bonhomme de neige qu'on aurait coiffé d'un entonnoir avant de le peindre en rouge, peut-être. Ou alors, le Père Noël qui se serait rasé la barbe pour ne garder qu'une drôle de moustache électrisée.” Le veilleur de nuit de la Très Grande Cathédrale avait déjà croisé un gnome dans ce genre-là. Gustave essaie de prendre en filature ce lutin probablement maléfique.

Il fallait s'y attendre : ses pas le conduisent jusqu'au bâtiment de l'Université d'Onirie, qu'il connaît depuis ses déboires face au Pizz'Raptor. À la porte, c'est la jeune brunette Loligoth qui en est la vigilante gardienne. N'entre pas qui veut, mais Gustave lui, il peut. Le Professeur B se trouve bien là, s'occupant d'une machine compliquée. L'adversaire, celui qui provoque les plus gros fléaux, le bonhomme qui voit rouge, c'est “Bug le Gnome”. Pour le mettre “hors service”, celui-là, sûrement pas simple. D'ailleurs, ça fait le bonheur des catastrophistes. Une fois de plus, le Supérieur Inconnu compte sur Gustave pour résoudre le problème : “Nous devons stopper ce Lutin Urbain au plus vite. Cette fois, le risque, c'est l'apocalypse.”

Renaud Marhic : Lutins Urbains – Le dossier Bug le Gnome (Éd.P'tit Louis, 2014)

Renaud Marhic avait initié petits et grands aux mystères lutinesques de la Grosse Ville du futur avec “L'attaque du Pizz'Raptor” (2013), premier tome de la série. On se doutait bien que ce rêveur invétéré et intrépide qu'est Gustave Flicman serait confronté à de nouvelles aventures. Cette fois, la menace est encore plus sérieuse, vu que c'est à nos technologies que s'en prend “Bug le Gnome”. Avec tout ce qu'a créé le progrès, le bougre ne manque pas de cibles potentielles, au risque de provoquer un cataclysme. Le brave Gustave aura certainement besoin des services de l'Université d'Onirie.

C'est un roman jeunesse fort divertissant, avec de multiples péripéties, qu'a concocté là Renaud Marhic. Un vrai suspense qui, peut-être, nous dit aussi que l'avenir ne s'annonce pas tout rose et facile, que des catastrophes guettent les générations de demain. Ce sera à coup sûr de la faute de diaboliques lutins, comme c'est déjà le cas aujourd'hui. S'il y a du danger, il s'agit également d'une histoire pleine d'humour. Parce que les enfants ont bien le droit de rigoler un peu quelquefois, et les plus grands aussi.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 05:55

Voilà quelques lustres que la psychiatrie a inventé une énigmatique formule, “les troubles bipolaires”. Tu es un peu fou, mais pas tout le temps et pas tant que ça, alors on peut te soigner. Super, non ? Peut-être que tu n'es pas cinglé du tout, juste ponctuellement agacé par la bêtise des autres qui te cerne, qui t'étouffe. On va donc te guérir, puisque tu n'es pas malade de la tête. Génial, pas vrai ? Euh, les problèmes neuropsychologiques liées au vieillissement, on pourrait les traiter aussi ? Ça, c'est trop compliqué. Par contre, le môme qui a oublié de relever sa culotte après avoir été aux toilettes, on se charge de lui. C'est le signe de futurs troubles mentaux. Un schizophrène en devenir, le gamin. Bistouquette à l'air, il deviendra un violeur. Rebelle à la bienséance, on suspecte un syndrome du tueur en série. Et si sa mère lui a donné le sein, il mutilera sûrement ses victimes.

On se demande qui édicte ces schémas débiles.

La folie est-elle un sujet de polar ? Ses effets criminels ou ses conséquences conduisant à l'enfermement, sans nul doute. Être fou, c'est constituer un danger pour soi et pour les autres, selon certaines définitions pénales. Pourtant, on ne place pas à égalité un coup de folie meurtrier et une démence profonde. Les drames devenus habituels entre ex-époux, virant au carnage suicidaire, et les tueurs obsédés par les femmes seules isolées, proies si faciles, ça dénote de degrés différents dans la folie. Encore que se poserait la question de l'impunité : fin des poursuites pour le suicidé ayant tué son ex-femme et leurs enfants, simple internement afin d'éviter la récidive pour le criminel tueur de femmes.

Folie ou pas ? Dans “Les fantômes du chapelier” de Georges Simenon, le commerçant fait croire que son épouse est toujours en vie, et tue pour préserver son secret. Dans “Psychose” de Robert Bloch, Norman Bates donne à penser que sa mère est encore vivante, et tue pour la même raison. Le second est fou, et sa victime est une voleuse, ce qui relativise l'acte.

Le noir magazine L'Indic n°19 est disponible

Ce n°19 de L'Indic traite du thème “Folie et polar” sous divers (autres) aspects. À noter aussi une interview de Nicolas Mathieu ("Aux animaux la guerre"), un focus sur l'univers de Carlos Salem, le Verdict sur plusieurs nouveautés du polar et du roman noir, etc. Il est donc temps de se procurer ce numéro de L'Indic...

Abonnement annuel : 4 numéros, 28 Euros. Frais de port offerts.

Paiement par chèque à l'ordre de : Fondu Au Noir - 2 rue Marcel Sembat - 44100 NANTES (n'oubliez pas de préciser votre adresse postale)

Si vous voulez commander d'anciens numéros, faites simplement suivre un chèque du montant correspondant, à l'ordre de Fondu Au Noir (à la même adresse), en précisant les numéros qui vous intéressent.

- Pour les numéros 14 à 19 : 6 € le numéro - Pour les numéros 5 à 13 : 5 € le numéro - Pour les numéros 1 à 4 : 4 € le numéro (le n°1 et le n°8 ne sont plus disponibles) - d'autres précisions ? fonduaunoir44@gmail.com

- À partir du numéro 20 (le prochain) : 7 € le numéro

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 05:55

Il était une fois la petite Ophélie. “[Elle] ressemblait à une gamine, avec son mètre cinquante, ses longs cheveux rouges et ses taches de rousseur.” Orpheline, elle habitait un Bruxelles de fantaisie, avec sa tante Amélie. Elle a été éduquée dans une école religieuse de sœurs à cornettes. Où elle s'ennuyait, la pauvrette. Elle ne se séparait pas de son oiseau Ymir, ce qui lui procurait un peu de plaisir. Pendant ses vacances estivales sur une plage de la Mer du Nord, elle fut séduite par un homme aux “yeux d'orage, éclairés par une flamme intérieure, remplaçant le regard.” À la rentrée, Ophélie changea d'école. Elle retrouva bientôt ce Raphaël qui l'avait fascinée, car il y était professeur. Puisqu'elle était prête à le suivre dans un voyage d'amants sur une mer agitée, il lui enseigna l'Amour.

Au fil du temps, Raphaël désirait avoir Ophélie constamment sous la main. “La fillette accepta, le cœur gonflé de rêves fous.” Elle lui obéirait en tout. Jusqu'à là, Raphaël vivait avec sa vieille mère. Il ne pouvait habiter avec Ophélie ailleurs qu'auprès d'elle, dans leur château familial. Cette sombre bâtisse mal entretenue avait de quoi faire frémir la jeune Ophélie. La repoussante mère âgée de deux-cent-dix-sept ans, Morgane, vieille dame aux yeux méchants, qui émettait des sifflements de serpent, se montra vite infecte. Entre Raphaël et son amante, le jeu a déjà commencé. “Il la traitait parfois un peu durement, et la fillette ne parvenait pas toujours à retenir ses larmes. Cependant, elle éprouvait le besoin d'être dominée et commandée.” L'expérience s'annonce riche en surprises.

Entre autres, se produit une rencontre avec un homme symbolisant la mort, qui lui tartine l'entre-cuisses d'un onguent propice à l'excitation. Un autre contact avec le nain Eol, caché dans un recoin de la propriété. Une visite à la marchande de poupées Ondine, qui préfère écrire des poèmes que de vendre ses figurines. “Ne grandis jamais et que la folie soit avec toi” conseille Ondine à la fillette. Est-ce que l'employée du château, Ishtar, pourra la protéger de la vieille Morgane ? Rien de moins sûr. Raphaël l'appelant “mon petit chat”, Ophélie éprouve l'impression de devenir cet animal. D'ailleurs, son amant la promène parfois en laisse. Elle approche un curé pour une tentative de désenvoûtement. Sans doute, son corps est-il possédé, plutôt par un bébé que par le diable…

Nadine Monfils : La velue (Éditions Fragrances, 2014)

Ça fait trente ans que Nadine Monfils publie des romans, des nouvelles. C'est en 1984 que parut “La velue”, son tout premier roman. Elle n'écrivait pas encore ces polars jubilatoires qui ont fait son succès, animés par de singuliers personnages tels le commissaire Léon ou Mémé Cornemuse. Dans les histoires qu'elle raconte depuis ce temps-là, ne cherchons jamais des gens ordinaires, quidams aux vies balisées. Plutôt que ceux qui empruntent les boulevards, Nadine Monfils préfère ceux qui s'égarent sur d'improbables chemins, sur les sentiers cahoteux de l'imaginaire, de la plus pure fantaisie. Dans son vieux sens, le mot "fantasmatique" signifiait : “qui présente un caractère irréel”. Sans nul doute est-ce une bonne définition de l'œuvre, depuis trois décennies, de cette auteure. Si l'on aime ses intrigues polar, il faut aussi redécouvrir ses autres sources d'inspiration.

On classera “La velue” parmi les érotiques. Certes, il faut bien que les étiquettes servent à quelque chose. Et il est vrai que le parcours de la jeune Ophélie n'est pas sans perversité. Pourtant, ce roman ne contient guère de scènes choquantes. Qu'on ne se laisse pas abuser par les mots "fillette" ou "petite" : c'est bien de l'initiation d'une ingénue dont il est question, l'âge restant superfétatoire. “La fillette savait son ami doué d'une volonté et d'une force psychique qui n'appartiennent qu'aux demi-dieux. Il avait deviné qu'Ophélie cachait une graine prête à germer, mais que pour cela, il devrait l'aider.” Comme autant de mouvements d'une symphonie, chacun des chapitres est bercé de tempos différents (Intermezzo, gigue, pavane, etc.). Puis, grâce à la musique des mots, Nadine Monfils nous invite à la suivre dans un univers sensuel et ambigu, maléfique et fascinant.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 05:55

Âgée de vingt-et-un ans, Joan Medford vit à Hyattsville, au cœur des années 1950. Elle a un fils d'environ trois ans, Tad, né de son mariage avec Ron Medford. Fils d'un notable de cette petite ville du Maryland, le mari de Joan était un bon à rien, qui brutalisait Joan et Tad. Après une dispute conjugale, Ron a trouvé la mort dans un accident de voiture. C'est Ethel Lucas, la sœur du défunt, qui a pris provisoirement en charge le petit Tad. Elle cache mal son intention de le garder, elle qui ne peut avoir d'enfant. Ethel accuse sa belle-sœur d'avoir provoqué la mort de Ron. Le sergent de police Young ne gobe pas ces affirmations, même si son collègue l'agent Church est nettement plus sceptique. Veuve désargentée sans métier, Joan doit trouver au plus vite de quoi vivre, afin de récupérer son fils. Le sergent Young lui conseille de s'adresser au Garden of Roses, le restaurant de Mme Bianca Rossi, situé non loin de chez elle.

Joan étant une fort jolie femme, elle est immédiatement engagée au bar à cocktails de cet établissement. Avec sa collègue plus âgée Liz et le barman Jake, tout se déroule bien. Dès le premier jour, le riche habitué Earl K.White III est séduit par la nouvelle serveuse. Ses premiers pourboires servent à Joan pour renflouer quelques dettes, mais elle va être trop occupée pour récupérer Tad. Peu après, White fait don d'une grosse somme à Joan. Celle-ci va régler tous ses impayés, et placer cet argent en achetant une maison qu'elle met en location.

Ami de Bianca Rossi, Tom Barclay est un beau jeune homme, promis à un bel avenir si ses idées se concrétisent. Si Joan est attirée par lui, elle évite des relations trop intimes. Quand son ami Jim Lacey a des ennuis avec la Justice, Tom cherche quelqu'un pour couvrir la caution de celui-ci. Bénéficiant désormais d'une certaine aisance, Joan accepte de les aider.

Hélas, Lacey va causer des embrouilles risquant de pénaliser financièrement Joan. Puisque la police ne paraît pas très active pour retrouver le fuyard, la jeune femme et Tom doivent s'en occuper. Chez l'épouse de Lacey, Joan découvre qu'il est parti avec beaucoup d'argent et deux billets d'avions pour Nassau. Service fiscaux et police n'ont plus qu'à intervenir, si possible à temps. Le mariage de Joan et d'Earl K.White est célébré, même si la santé du vieux marié ne lui autorise pas le sexe. C'est à Londres que se passe le voyage de noces. Non sans contrariétés pour Joan, qui se pense enceinte. Un bon médicament calme son stress. Au retour dans le Maryland, elle sent que le petit Tad n'est pas prêt à adopter le nouvel époux de sa mère. Grâce à un traitement médical innovant, White peut espérer des relations intimes avec Joan. Toutefois, sexe ou pas, une crise fatale ne peut être exclue. Et l'agent de police Church reste accusateur envers Joan…

James M.Cain : Bloody cocktail (Ed.L'Archipel, 2014)

James M.Cain (1892-1977) fait partie des grands noms du roman noir, des précurseurs du genre. “Le facteur sonne toujours deux fois”, “Mildred Pierce” ou “Assurance sur la mort” font partie de ses grands succès. Il restait au moins un roman inédit de James Cain, dont l'éditeur américain nous raconte dans la postface comment il l'a retrouvé. Il ne s'agit pas d'un ouvrage inachevé, mais bel et bien d'une histoire dont il fallait composer la version finale (car il y en avait plusieurs). Le moins qu'on puisse dire, c'est que le remarquable résultat est digne des meilleurs titres de ce romancier.

Ça se passe vers 1954, date de mise en vente du premier téléviseur couleur aux États-Unis, ce que nous indique un détail. Le récit nous est racontée par l'héroïne, archétype de la “femme fatale”. Bien qu'encore très jeune, Joan ne manque pas de maturité. L'épisode où elle rattrape l'escroc Jim Lacey montre sa détermination en toute occasion. On peut la soupçonner de travestir quelque peu la vérité, et la sincérité de ses sentiments. Elle use de sa beauté pour se faire des amis, ou amadouer le policier Young. Et, naturellement, afin de séduire le vieux White et le beau Tom. Quant à son attachement à son fils, on doit également s'interroger. Sachant qu'il y a trois morts dans cette affaire, son “témoignage” peut entraîner quelques doutes. D'autant qu'une serveuse court vêtue de bar à cocktail, ça n'a jamais eu une vertueuse réputation.

Un magnifique roman noir “de tradition”, qu'il eût été dommage de laisser disparaître. Un parfait exemple d'intrigue de qualité supérieure, en particulier par la souplesse narrative et les portraits des protagonistes. Un inédit savoureux, à lire absolument.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 05:55

Après une quinzaine d'aventures publiées chez Coop-Breizh, Léo Tanguy est de retour, aux éditions La Gidouille en 2014. Peut-être faut-il rappeler que ce quadragénaire rouquin est un cyber-journaliste. Il alimente son site Internet avec diverses infos sur l'Ouest de la France, mais surtout grâce à de sombres affaires dont personne d'autre ne veut parler. Léo a hérité du vieux camping-car Combi VW de ses parents. Ces retraités ex-hippies ont gardé la passion des voyages, confiant parfois leur chien Frilouz à Léo. S'il fait halte chez eux à Plouguer, le cyber-journaliste est généralement sur la route. Il ne peut oublier sa fiancée Soazig, décédée dans un accident d'avion. Il reste en contact avec son ex-amante Suzie, employée à la Préfecture de Quimper.

S'il croise quelques adversaires, Léo compte beaucoup d'amis bien informés dans toute la Bretagne. Avec “Dernier train pour Ouessant”, pour son retour, Yvon Coquil a amené Léo à Brest. Pour une enquête sur la mort suspecte d'un de ses rares amis flics, un peu anar il est vrai, Frédéric Marquaux (que l'on surnommait Polo). Hospitalisé, son ami journaliste Yves ne peut guère l'aider. Mais Léo trouve refuge chez le vieux Zef, qui habite dans une maison singulière au lieu-dit Toul-Louz. La chargée de communication de la police s'en tient aux faits. Mais il pourra sans doute compter sur une autre alliée, la punkette Zoé, et quelques amis du coin. Traîner en ville et sur le port, un bon moyen de faire avancer son enquête. Bien que ce ne soit pas sans danger.

Michel Dréan : Et un, et deux, et Groix… zéro ! (Éd.La Gidouille, 2014)

Dans “Et un, et deux, et Groix… zéro !”, c'est jusqu'à un autre port que Michel Dréan fait voyager le cyber-journaliste. Début août, c'est l'effervescence qui règne à Lorient, pour le Festival Interceltique. Encore heureux que Léo parvienne à caser son Combi camping-car près de celui, moderne et rutilant, des sympathiques Hercule et Marie-Jeanne. Même si la profusion de stands aux produits pas toujours authentiques, et la présence de nazillons régionalistes, peut agacer quelque peu Léo, cette fête des nations celtes est très plaisante. Le pavillon de l'Acadie (Québec & Nouveau-Brunswick) et certains concerts off lui offrent des moments de détente, non sans forcer sur les boissons fortes. Toutefois, ce n'est pas pour participer (avec le chien Frilouz) à ces festivités que Léo est venu à Lorient.

Le joueur malien Bakari Bakara est l'attaquant vedette des Tacauds, surnom du club de foot de Lorient, qui évolue en Ligue 1. Il a disparu depuis quelques jours. Ce qui ne passe pas inaperçu, car un tournoi entre clubs celtes de football est organisé pour les cinquante ans du Festival. À l'initiative d'un copain journaliste local, Léo interroge Renaud Rapido, footeux atypique sans illusion sur le bizness de son sport. Il rencontre aussi la séduisante Marine, petite-amie de Bakari Bakara. Peu avant sa disparition, le joueur fut perturbé par un appel téléphonique. Elle le vit encore discuter avec un jeune Noir inconnu. La danseuse Nolwenn lui rappelant Soazig, Léo tente une amourette, mais c'est raté. Intervenant dans une rixe entre des fachos et un jeune Noir, il prend des mauvais coups et connaît des ennuis avec la police. Marie-Jeanne et Hercule vont heureusement le soigner.

Pour obtenir quelques renseignements sur les protagonistes, Léo n'a d'autre choix que de faire un détour par Quimper. Afin de renouer avec Suzie qui, malgré sa minerve, reste excitée. À part l'agent du joueur, le nommé Darmes qui apparaît magouilleur vu son passé en Afrique, pas de piste sérieuse en vue. D'ailleurs, ce Darmes arrive bientôt à Lorient, où il risque de mettre le souk dans les finances du club de foot. Marine contacte Léo quand le jeune malien Balthazar, celui que rencontra le disparu, se réfugie chez elle. Il lui raconte ses tribulations de joueur ballotté entre clubs européens, mal traité par des margoulins. C'est sur l'île de Groix, en face de Lorient, que Léo va chercher la clé de cette affaire…

Michel Dréan : Et un, et deux, et Groix… zéro ! (Éd.La Gidouille, 2014)

Léo Tanguy est un peu le cousin de Gabriel Lecouvreur, dit Le Poulpe, aussi indépendant d'esprit et fouineur que son modèle (publié chez Baleine). Selon le même principe, c'est à chaque fois un nouvel auteur qui raconte les aventures de ce journaliste non-conformiste. La série se poursuit avec Yvon Coquil qui connaît bien sa région brestoise, et ici Michel Dréan, pour qui Lorient n'a pas de secret. Ce dernier utilise à bon escient l'ambiance du FIL (Festival Interceltique de Lorient) en guise de décor. Un grand rendez-vous qui attire la foule, y compris quelques indésirables perturbateurs politisés.

L'intrigue tourne autour du foot et de ses dérives : “Le football professionnel est un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin, c'est pratiquement toujours le financier qui l'emporte sur le sportif.” Quand des budgets colossaux sont dépensés, on peut imaginer que de conséquentes sommes occultes soient détournées. Pensons aussi à tous ces jeunes joueurs africains auxquels, comme dans le film “Les rayures du zèbre” avec Benoît Poelvoorde, on fait miroiter carrière et fortune. Sans contrat au final, bien souvent. Un grand ménage dans ce qui ressemble à du trafic d'être humains ne serait pas un luxe.

Michel Dréan a été récompensé d'une mention spéciale du jury de La Plume de Cristal, festival du film policier de Liège, pour son roman “La lune dans le kenavo” (Éd.du Barbu). Servi par sa parfaite maîtrise des lieux et de la “bible” de cette série, son récit fluide des investigations de Léo Tanguy s'avère fort captivant. L'humour est aussi présent, bien sûr : “Sa casquette [est] remplacée par un casque ridicule qui lui donne un air cosmonaute de l'ex-URSS. Là-dessous, il va fondre comme du beurre. Youri Margarine.” Il n'y a plus qu'à embarquer dans le Combi de Léo Tanguy, pour le suivre dans ses aventures.

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 05:55

Charles Exbrayat (1906-1989) publia, pour l'essentiel chez Le Masque, une centaine de romans. Dans la série Imogène McCarthery, trépidantes comédies composées d'action et d'humour, il utilisa pour décor l’Écosse et la Grande-Bretagne. Même s'il semble n'y avoir eu guère de succès, les îles britanniques et Londres inspirèrent pourtant quelques bonnes intrigues à Exbrayat. Voici trois exemples de ses romans ayant pour héros un Écossais à Londres, des Anglais à Vienne, et même des Anglais en Angleterre...

"On se reverra, petite… (Le Masque, 1964)

Le quartier de Soho est, à cette époque, un des plus animés de Londres. Ville touristique cosmopolite, la capitale britannique est aussi peuplée de truands. La police soupçonne Jack Duncan et son adjoint Peter Dewitt d'être des trafiquants de drogues. Surtout, on pense qu'ils auraient assassiné un policier et une jeune femme. Toutefois, il faudrait des preuves pour les arrêter. L’Écossais Malcolm McNamara débarque à Londres, en provenance directe de son village de Tomintoul. Une aubaine pour l'hôtelier Bloom, et pour ses amis Jack Duncan et Peter Dewitt. Brave garçon sans malice, Malcolm tombe bientôt amoureux de la chanteuse Patricia. La naïveté de l’Écossais va servir les plans du duo de truands. Voilà Malcolm entraîné dans des situations aventureuses qui le dépassent, et qui le mettent en grand danger. Un polar humoristique, avec un candide héros très touchant. On le retrouve dans deux autres romans, “Le colonel est retourné chez lui” (1965) et “Un joli petit coin pour mourir” (1968).

Exbrayat : On se reverra, petite… - Mortimer, comment osez-vous ? - Vous manquez de tenue, Archibald !

"Vous manquez de tenue, Archibald !" (Le Masque, 1965)

Ruth Truksmore parait être une banale secrétaire comme on en rencontre des quantités en Grande-Bretagne. Elle est aussi un agent du MI5, sous les ordres du mystérieux colonel Stockdale. On ne connaît que la voix de ce dernier, éminent officier… Archibald Lauder est un aristocrate qui travaille dans la même entreprise que Ruth. Son nom et son titre servent davantage la société, que ses réelles capacités commerciales. Malgré sa timidité, Archibald Lauder avoue finalement son amour à Ruth. Ils se marient bientôt. Hélas pour le couple, une mission est programmée pour Ruth à Vienne, en Autriche. Ruth ne peut faire autrement que d'y amener son mari. Particulièrement maladroit, Archibald devient un poids pour la jeune femme. Dans le cadre de sa mission, Ruth tente de l'évincer. Mais, plus jaloux qu'on ne l'eût cru, Archibald revient au galop. Parvenant même à sauver la vie de sa ravissante épouse. Aidée par des agents locaux du MI5, Ruth arrive vaille que vaille au bout de sa mission. Néanmoins, un peu à cause de son balourd de mari, elle ne peut découvrir qui est le traître recherché. Comédie d'espionnage, disposant d'une véritable intrigue à suspense, ce roman est avant tout destiné à faire beaucoup sourire.

"Mortimer, comment osez-vous ?" (Le Masque, 1967)

Sir Michael est un cardiologue mondain. Époux de la fortunée lady Jane, il est l'amant de Gloria, une femme sans scrupule. Passionné des jeux d'argent, sir Michael perd souvent de fortes sommes. Gloria et lui envisagent sérieusement de se débarrasser de lady Jane. C'est alors qu'un certain Mortimer fait son entrée parmi ce trio. Il se dit amoureux de lady Jane, bien que ne l'ayant aperçue qu'une seule fois. L'étonnant Mortimer apparaît comme un hurluberlu, un doux rêveur débarquant du Cumberland. À cause de sa naïveté, Gloria ne tarde pas à manipuler à sa guise, et avec une perfidie intéressée, le brave Mortimer. Ce pourrait n'être qu'une mauvaise farce, mais bientôt un crime est commis. Une femme est assassinée chez sir Michaël. La courte liste des suspects est vite établie : le cardiologue, lady Jane, Gloria et Mortimer. Un chassé-croisé de soupçons, certes, mais surtout une très sympathique comédie policière.

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 05:50

Jacques Langlois, conseiller éditorial de cet album, le souligne : chaque fois que les héros d'Hergé doivent embarquer, ils filent « au port, en vitesse » comme le dit Tintin à Milou dans Le crabe aux pinces d'or. Le temps d'enfiler son imperméable, et voilà le reporter sur les quais, face au Karaboudjan. C'est que pour les Belges, le Littoral n'est jamais bien loin. Pourtant, quand Hergé s'apercevra qu'il vaut mieux illustrer un vrai port, c'est de celui de Saint-Nazaire qu'il va s'inspirer. Cette ville lui rend hommage depuis.

Tintin voyage seul avec Milou dans ses premières aventures, y compris sur le Normandie quand il quitte New York. La présence du capitaine Haddock va ajouter un supplément maritime aux tribulations du jeune reporter. C'est que ce personnage, qui ne dédaigne pas les alcools forts, est issu d'une lignée de marins, depuis le temps du navire La Licorne. Et dans le milieu de la mer, il n'est pas rare de croiser quelques spécimens de requins. Tel ce diable de Rastapopoulos.

Ce thème offrant l'occasion de se pencher sur des facettes variées ayant trait à la mer, le magazine Historia revisite les albums de Tintin en rapport avec le monde marin. De l'Île Noire à celle de l’Étoile mystérieuse, des yachts de luxe aux paquebots, des sous-marins aux radeaux proches de celui de La Méduse, les explorations du grand large se succèdent dans les aventures de Tintin.

Tintin et la mer – Historia hors-série octobre 2014

Parmi la quinzaine de chapitres spécifiques, chacun trouvera celui qui lui paraît le plus marquant. Munis de leurs sabres d'abordage, les corsaires ont toujours leurs admirateurs. Les équipages de Surcouf ou de Jean Bart ne sont pas des pirates, mais des agents mandatés par Colbert et le roi de France. Les chasses sous-marines au trésors, avec leurs improbables scaphandres d'antan, s'adressent aussi à notre imaginaire.

Un chapitre est dédié aux chants de marin, souvent chansons accompagnant le travail des équipages, mais aussi refrains fredonnés quand sont permises des pauses. À juste titre, un autre aborde l'alcoolisme chez les marins. Rhum, goutte, whisky, et breuvages variés coulent à flot dans cet univers, afin de compenser la dureté bien réelle du métier. Des auteurs de chansons tel Théodore Botrel (La Paimpolaise) ont même écrit des complaintes anti-alcooliques. Il faut lire ici les pages sur les “Abris du Marin”, homes qui éloignaient les hommes à terre des tentations (et pas seulement de la boisson).

La mer, ce sont aussi les superstitions. Non sans logique, lorsqu'il s'agit des lapins, qui risquaient de dégrader les navires en bois. Monstres marins, spectres et sirènes ont alimenté les légendes. Sans doute la technique a-t-elle modifié l'état d'esprit, la sécurité. En particulier grâce à la TSF, basé sur le télégraphe, avant que n'apparaissent des liaisons radio directes. Des progrès dont Tintin va évidemment faire usage.

Des encarts plus courts évoquent des objets-phares, tels la barre d'un navire, le transat d'un paquebot, la malle au trésor, etc. Au chapitre dédié aux naufrages, nous trouvons le portrait d'un marin entré dans l'Histoire, le commandant Smith, celui du Titanic. On peut lui préférer celui de Jack Phillips, l'officier qui lança le SOS alors que commençait à couler ce paquebot. D'autres points de la tradition maritime sont également mis ainsi en valeur.

Îles, cargos, yachts, paquebots, sous-marins, autant de chapitres reliés à des extraits des aventures de Tintin. À titre personnel, ce sont les pages consacrées aux hydravions qui m'ont attiré. S'ils ont connu un beau développement dans la première moitié du vingtième siècle, ils sont rapidement abandonnés après-guerre. Les célèbres Canadairs restent les seuls avions de ce type. Les lecteurs de Tintin découvrant ces appareils à partir des années 1960 ou 1970 ne pouvaient qu'être intrigués par ces engins. Si pratiques, à en juger par les rapides manœuvres présentées dans les albums.

Ce hors-série d'Historia s'avère riche et passionnant. On le trouve en kiosque depuis le 2 octobre, et en librairie à partir du 15 octobre 2014.

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