27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 05:52

En ce début des années 2000, André Pastrella est âgé de vingt-deux ans. Suisse d'origine italienne habitant Genève, il ambitionne une carrière d'écrivain. Vivotant grâce à des jobs incertains et de courte durée, André garde l'espoir de publier ─ s'il parvient à venir au bout d'un premier livre. Ces derniers temps, il s'est trouvé le modèle parfait. “La volonté portait désormais un nom : Arturo Bandini, alias John Fante. J'avais trouvé mon alter ego. Les mots n'étaient plus une supposition, ils existaient, on pouvait les écrire comme ça.” Il dispose même d'un semblant d'univers stable, en la personne de sa voisine âgée aveugle. Mais celle-ci va être bientôt hospitalisée. André engage une jeune femme pour lui faire la lecture. Il s'avoue ne pas être insensible à la belle Karla, une Polonaise.

Le décès de la vieille voisine correspond à la fin de son job du moment. André voudrait bien rester en contact avec l'attirante Karla. Un soir, quand son voisin Bernard – un foutu taré qui parle de lui à la troisième personne, Bébert – est agressé par deux Colombiens, André intervient. Ce qui lui vaut quelques bosses : “Je me sentais comme Philip Marlowe quand il est amoché. Le style en moins.” Pour éviter d'autres ennuis, Bébert cache chez lui un paquet de drogue. Voilà André receleur, encore qu'il se sente surtout pigeon. Tandis que s'installe à côté une nouvelle voisine, la jeune pianiste Juliette, André gagne quelques sous comme figurant sur un tournage. C'est dans un club à strip-tease qu'il retrouve “sa” Karla. Mais elle fuit tout rapprochement avec lui, ne montrant aucun sentiment.

La jeune femme ayant vite disparu du club, André aidé par Bébert doivent secouer le personnel pour obtenir des infos. Hélas, Karla est déjà en partance. En manque de femme, André va rencontrer des prostituées toutes nommées Cindy. La manière directe est plus efficace et excitante que la mélancolie avec les putes, il s'en aperçoit. Car ce n'est pas dans ses boulots qu'il peut s'éclater, ni avec sa voisine Juliette. Des soirées traînassantes, où ils ne partagent que de l'alcool et des joints, ça ne fait guère évoluer leur improbable relation intime. On a cru Bébert mort, il s'est réfugié sous le soleil de Miami. Laissant ainsi son paquet de drogue à la disposition d'André. Le pactole ? Après une hospitalisation pour occlusion intestinale, les galères continent pour l'écrivain en herbe…

Joseph Incardona : Le cul entre deux chaises (BSN Press, 2014)

Avec des romans noirs singuliers tels que “Remington” (2008), “220 volts” (2011), “Trash circus” (2012) ou “Misty” (2013), Joseph Incardona s'est taillé une belle réputation chez les lecteurs de polars. L'éditeur suisse BSN Press a l'excellente idée de rééditer son tout premier titre, datant de 2002, dans une version entièrement révisée. C'est un bon moyen de redécouvrir les débuts de cet auteur plein de talent. De la fantaisie, il n'en manquait déjà pas, on pourra le vérifier ici.

André Pastrella, l'anti-héros, est quelque peu le double d'Incardona (comme Bandini, pour John Fante). Il serait très facile de le qualifier de loser, de ne voir qu'une facette, celle de l'éternel perdant. Avec son voisin Bébert, ils font la paire dans le genre vaincus d'office. En réalité, André accumule les expériences de vie, certes rarement florissantes. Dans ses boulots de grouillot, ça ne va jamais très loin. Avec les femmes, ce n'est pas une réussite. La seule qui l'aimait bien était aveugle, c'est dire. Ces ratages divers et variés, voilà ce qui rend évidemment sympathique le pauvre André, circulant dans sa Fiat hors d'âge. Et ça nous fait beaucoup rire. Par exemple, quand il se retrouve à l'Hôpital Cantonal, il espérait mieux : “Je ne sais pas, moi, la clinique Rothschild, l'hôpital Beaulieu, un truc classe, des infirmières roulées comme des pin-up et des mousses diététiques au dessert.” Un roman animé diablement agréable, aucun doute.

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 05:55

Le thème principal du n°18 de L'Indic étant “Polar en balade”, rien ne vaut un guide pratique pour explorer les circuits-découvertes proposés par votre tour-operator, l'association Fondu au Noir 44.

Voici donc le sommaire de ce numéro :

Dossier Polar en balade (par  Jocelyne Hubert [qui produit un remarquable article], Emeric Cloche, Caroline de Benedetti, Julien Védrenne et Eric Maneval) - À lire et à voir : les souvenirs de Nicolas Mathieu, Ian Manook, Nicolas Jaillet et Marie Vindy - Sévices : Les mots-croisés de Jacques Mailhos - Garde à vue : Heinrich Steinfest - La musique adoucit les moeurs : Tocqueville et Dovrak, par Emeric Cloche - Dernière séance : Ciné Club Clouzot (par Julius Marx)

Verdict : Le chant des morts, Jean-Paul Demure - Meurtre à Tombouctou, Moussa Konaté - Clouer l'Ouest, Séverine Chevalier - L'assassinat d'Hicabi Bey, Alper Canigüz - Révélation brutale, Louise Penny - Country blues, Claude Bathany - Dernier refrain à Ispahan, Naïri Nahapétian - Ombres et soleil, Dominique Sylvain - Crimes sans importance, Dave Zeltserman - L'emprise, Marc Dugain - Le léopard, Jo Nesbo - La faux soyeuse, Eric Maravélias - Date limite, Duane Swierczynski - Le détroit du loup, Olivier Truc - Un mensonge explosif, Christophe Reydi Gramond - Le dévouement du suspect X, Keigo Higashino - Le zoo de Mengele, Gert Nygardshaug - Yeruldelgger, Ian Manook - Ce qui n'est pas écrit, Rafael Reig - Police, Jo Nesbo

Comparution immédiate - Photo 4e de couv', "Bibliothèque", série Superposition par Emeric Cloche

Le n°18 du noir-magazine L'Indic est disponible.

Pour rester en contact avec L'Indic, abonnez-vous ! Tout juste imprimé, il sera dans votre boîte aux lettres. Abonnement annuel de 3 numéros 18 Euros. Frais de port offerts. Paiements par chèque à l'ordre de Fondu Au Noir :

Fondu Au Noir - 2 rue Marcel Sembat - 44100 NANTES

(n'oubliez pas de préciser votre adresse postale)

Pour toute question : fonduaunoir44@gmail.com

Si vous voulez commander d'anciens numéros, faites nous simplement suivre un chèque du montant correspondant, à l'ordre de Fondu Au Noir, en précisant les numéros qui vous intéressent : Fondu Au Noir - 2 rue Marcel Sembat - 44100 Nantes

- À compter du numéro 14 : 18 euros les 3 numéros - Pour les numéros 5 à 13 : 5 euros par magazine - Pour les numéros 1 à 4 : 4 euros par magazine (attention, le n°1 et le n°8 ne sont plus disponibles!)

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 05:45
Fouras (17) : Festival Tribus Polars les 6 et 7 septembre 2014

Première édition du festival de littérature policière les samedi 6 et dimanche 7 septembre à Fouras-les-Bains (Square Carnot – Entrée libre) :

La marraine de ce festival est Danielle THIERY, première femme à avoir accédé au poste de Commissaire divisionnaire en France, une vingtaine de polars à son actif, prix du "Quai des Orfèvres 2013", une quarantaine d'auteurs, six libraires, deux éditeurs ainsi que la Société des Auteurs de Poitou-Charentes seront présents à cette grande fête du livre. Au programme, polar (adulte et Jeunesse), BD et dessins d'humour, musique, cinéma et exposition. Plusieurs animations animeront cette manifestation (débats, slam, lecture, scène de crime, concerts)…

Renseignements : 06 47 60 83 88 ou Office de Tourisme Rochefort Océan à Fouras : 05 46 84 60 69 - fouras@rochefort-ocean.com

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 05:55

Jean-Baptiste Rolant est marié depuis vingt-quatre ans à Mylène. Ils ont eu deux enfants, désormais adultes. Leur fille est mariée, en Irlande. Leur fils est étudiant. Le couple habite à Issy-les-Moulineaux. Ils possèdent aussi une maison à Étretat. Encore que ces dernières années, Mylène préfère qu'ils séjournent à Deauville ou à Honfleur. Elle est journaliste pour un magazine, Paris-Monde. Jean-Baptiste s'est associé avec son ami Max. Tous deux dirigent une agence de communication fonctionnant très bien. Jean-Baptiste est conscient que vingt-quatre années de mariage se sont écoulées. Plutôt dans l'harmonie, selon lui, puisqu'il se répète qu'il n'a jamais cessé d'être amoureux de sa femme.

Vendredi de printemps en fin de journée, un nouveau week-end en Normandie s'annonce pour le couple. Quand Jean-Baptiste rentre chez eux, il trouve un mot de son épouse sur la table : “Je ne rentrerai pas”. Ça ne ressemble pas à une formule d'adieu, estime-t-il. Dans un premier temps, il éprouve de l'incompréhension, mais pas encore de l'inquiétude. Il essaie de joindre Mylène par téléphone, laissant des messages sur son répondeur. Est-elle juste trop occupée pour répondre ? Jean-Baptiste s'en va rôder autour des locaux du magazine. Dans un bar voisin, il rencontre deux employées de Paris-Monde connaissant sa femme, Babeth et Caroline. Babeth suggère que Mylène peut avoir un problème de santé.

Le samedi matin arrive. Contacter des copines de son épouse ? Elle n'en a pas qui soient vraiment intimes. Jean-Baptiste téléphone à ses enfants et à ses beaux-parents. Après la visite de Max, c'est dans les rues de Montparnasse, dans les boutiques fréquentées par Mylène, que Jean-Baptiste tente vainement de retrouver sa trace. Recherches illusoires, et pourtant nécessaires à ses yeux. Il dîne même dans le restaurant où ils avaient, tant soit peu, leurs habitudes. Entre-temps, Mylène a téléphoné à leur fille. Elle est donc en vie, ce qui est pour l'heure l'essentiel. Jean-Baptiste déniche une adresse dans les papiers de son épouse. Il semble bien que ce soit celle d'une psychologue pour couples.

Le dimanche, Jean-Baptiste se rend à Deauville et à Honfleur, passe par leur maison d'Étretat. Ce n'est visiblement pas sur la Côte Normande que se cache Mylène. Celle-ci a appelé ses enfants, affirmant que Jean-Baptiste la cocufiait effrontément. Il s'insurge, nie avoir eu la moindre maîtresse. Le lundi, chez eux, il trouve dans la comptabilité de Mylène des traces de rendez-vous médicaux. Si elle avait besoin de soins, elle n'en a jamais parlé. Le premier contact entre Jean-Baptiste et la psy pour couple consultée par son épouse s'avère tendu. Il a l'occasion de recroiser la brune Caroline, attentive à ses confidences. Si leur couple se reformait, Mylène se serait jamais plus la même. Mais est-ce possible ?…

Gilles Bornais : J'ai toujours aimé ma femme (Éd.Fayard, 2014)

C'est le dixième roman de Gilles Bornais, qui s'est fait connaître par des romans noirs et des polars historiques très vivants. Il change de registre, présentant un suspense intimiste qu'il qualifie de “roman d'amour noir”. On peut même dire qu'il s'agit d'une intrique basée sur l'introspection. Pas d'action tonitruante, ni de péripéties spectaculaires au programme. Néanmoins, c'est un récit animé de multiples questions. Principalement sur les rapports entre épouse et mari, entre femme et homme aux aspirations différentes : “Si ma vie de couple avait été un long parcours en voiture… disons un aller entre Paris et Nice, alors j'aurais songé en arrivant à destination que le trajet avait été agréable parce que l'autoradio avait passé de la bonne musique. Et c'est ici qu'il est, le mirage ! Si j'avais fait bonne route, c'est d'abord parce que la voiture avait bien roulé.”

Séparations, divorces, simples faits de société qui finissent par paraître naturels. Certains en attribuent commodément la faute à la “société”, étant responsable de la dégradation de la famille. On parlait autrefois de “ménages”, on dit aujourd'hui “couples”, ce qui n'a pas le même sens, en effet. Parfois, un conformisme bourgeois créait une usure. De nos jours, la part d'égocentrisme de chacun n'est-elle pas ce qui domine entre conjoints ? Moi d'abord, et regardez comme nous sommes heureux. Sauf que l'un(e) s'en va, quand même. “Qu'avais-je fait pour être puni ?” malgré les tentations “à chaque fois mes sentiments me rappelaient à l'ordre et au bonheur” s'interroge le héros, doublement myope. Illustration d'un couple moins parfait qu'en apparence, cette histoire explore avec réussite la relation homme-femmes.

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 05:55

Ce nouveau recueil d'enquêtes du commissaire Maigret réunit six romans courts : Le client le plus obstiné du monde, On ne tue pas les pauvres types, Menaces de mort, Maigret et l'inspecteur Malgracieux, Le témoignage de l'enfant de chœur, Ceux du Grand Café. À cause de ce format intermédiaire entre roman et nouvelle, ce ne sont peut-être pas les plus célèbres textes de Simenon. Néanmoins, ils s'avèrent fort sympathiques. Pour cette édition, ils sont mis en valeur par les illustrations de Loustal. Ses nuances de gris-noir et son trait épuré conviennent idéalement aux histoires racontées ici par l'auteur. Les dessins accompagnent très agréablement la lecture. Autre atout favorable, c'est une belle édition avec couverture rigide, ce qui devient rare.

On ne présente plus le commissaire Maigret. Tranquille fonctionnaire de police, il enquête de préférence au cœur de la population simple, celle du quotidien de son époque : “Quel genre de crime pouvait avoir été commis dans une maison pareille, habitée par des petites gens, qui sont ordinairement des braves gens ?” La plupart de ces intrigues datant ici de 1946, Maigret jouit déjà d'une belle réputation, y compris chez les chauffeurs de taxis : “Cela faisait plaisir de retrouver la rue, le taxi, le chauffeur qui avait eu le temps d'aller prendre un blanc vichy au plus proche bistrot et qui s'essuyait les moustaches. ─ Où allons-nous maintenant M.Maigret ? Car tous les chauffeurs le connaissaient, et cela aussi faisait quand même plaisir.” Bien sûr, bières et sandwiches sont indispensables pour mener à bien les investigations du commissaire et de son équipe : Lucas, Janvier, Torrence.

Georges Simenon / Loustal : 6 enquêtes de Maigret (Omnibus, 2014)

Deux exemples des romans proposés dans cet ouvrage :


 "On ne tue pas les pauvres types" (1946) : La chaleur de l'été règne sur Paris. La veille au soir, un meurtre a été commis dans un immeuble modeste de la rue des Dames. Maurice Tremblet allait se coucher, quand il a été atteint d'une balle. Il menait pourtant une vie tranquille entre son épouse et ses enfants, ses horaires réguliers, son emploi de caissier rue du Sentier. Sa fille Francine est vendeuse dans un Prisunic non loin de là rue Réaumur. À part qu'il avait horreur du bruit, selon sa femme, un type ordinaire. Il est probable qu'on ait tiré depuis une chambre de l'hôtel d'en face. C'est l'inspecteur Lucas qui est chargé de retrouver ce Jules Dartoin qui occupa la pièce. Tout ce qu'on saura de lui, c'est qu'il a une maladie de foie.

Pendant ce temps, le commissaire Maigret se rend chez l'employeur de Maurice Tremblet. En réalité, il a donné sa démission sept ans plus tôt, sans en préciser la raison. La jeune Francine est appelée à témoigner. Au moins en partie, elle connaissait le secret de son père. Selon un marchand d'oiseaux du Quai du Louvre, Maurice Tremblet (sous le nom de M.Charles) lui achetait fréquemment des canaris. On finit par repérer une maison de pêcheur à la ligne, Quai de la Gare. C'est en remontant la piste d'un joueur de billard que Maigret et son équipe découvriront la vérité sur les vies de Maurice Tremblet.

 

"Le témoignage de l'enfant de chœur" (1946) : Le commissaire Maigret est en mission pour six mois dans une ville de province. Mme Maigret y séjourne avec lui... Justin, “un petit bonhomme de douze ans, blond, maigre, déjà volontaire” est enfant de chœur depuis deux ans. Avec les quelques sous que ça lui rapporte, il veut acheter un vélo. La veille au matin, avant six heures, il allait servir la messe quand, rue Sainte-Catherine, il vit un cadavre allongé sur le trottoir. Justin aperçut l'assassin qui s'enfuyait. Lui-même courut se réfugier dans la chapelle de l'hôpital. “Maigret comprenait cela. Le havre, ce n'était pas le porche administratif avec son portier méfiant et revêche, ni cette cour froide où passaient de silencieuses civières : c'était la sacristie chaude près de la chapelle, ou une bonne sœur allumait les cierges de l'autel.” Le policier fut lui aussi enfant de chœur, autrefois.

Mais on ne trouva aucun cadavre dans la rue en question, et le voisinage affirma n'avoir pas perçu de bruits autour de six heures. Toujours réveillé tôt, un vieux magistrat d'à côté est le plus catégorique. Selon Maigret, il éprouve de l'animosité envers Justin. Souffrant, Maigret doit s'aliter, bonne occasion de réfléchir. Le témoignage de Justin est crédible : “Les enfants sont incapables d'inventer, parce qu'on ne bâtit pas des vérités avec rien du tout. Il faut des matériaux. Les enfants transposent peut-être, mais ils n'inventent pas.”

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 11:20

Les vacanciers commencent à regagner leurs domiciles. Néanmoins, il continue à faire une météo magnifique pour ceux qui ont le bonheur de vivre au sud de la Bretagne. En témoignent ces quelques photos prises ce matin du samedi 23 août 2014 à l'entrée du Golfe du Morbihan. Allez, bon courage !

C'est encore l'été en Bretagne ! La preuve en images...
C'est encore l'été en Bretagne ! La preuve en images...
C'est encore l'été en Bretagne ! La preuve en images...
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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 05:55

Mme Aimée, la domestique, a son idée sur ce qui se passe : “Langelière, c'est comme les vieilles pendules qui cessent de marcher si elles ne sont pas remontées tous les jours par la même main. Madame avait beau faire tout ce qu'il fallait pour cela, Langelière ne "marchait" pas. On n'arrivait plus à s'y sentir à l'aise, comme avant, où tout tournait bien rond...” Veuf, le comte Hughes de Langelière s'est remarié un an plus tôt avec une riche américaine, Lilith Gore-Campbell. Cette union n'avait qu'un but avoué : sauver le château. Depuis, c'est devenu un lieu très prisé des milieux mondains. Pour les dix-huit ans d'Odile, la fille du comte, on a même préparé une grande soirée de fête, avec un spectacle écrit par Hughes de Langelière lui-même.

Mais la veille des réjouissances, Lilith est assassinée. S'ensuit une enquête que l'on confie au commissaire Arsène Bréval. Pour l'assister car cette dame ne manque pas d'intuition, il demande à son amie Elvire Prentice de l'accompagner. Celui qui a tué Lilith pourrait être ce mystérieux personnage habillé en moine, rôdant dans les couloirs du château. À moins que ce ne soit un cambrioleur, attiré par la nouvelle notoriété de cet endroit ? Elvire et Bréval sont conscients que l'explication n'est sûrement pas si simple.

On peut soupçonner aussi bien le comte Hughes, qui n'était plus tellement sûr d'avoir pris la bonne décision pour sauver sa demeure. Ou sa fille Odile, quelque peu méprisante envers Lilith. La fidèle employée Mme Aimée, le secrétaire maniéré Bertrand Bellac, Guilain de Cottard le fiancé combinard d'Odile, tous sont autant suspect. Et aussi le couple Marsan : Valérie, cousine du comte, eût pu devenir sa seconde épouse ; tandis que le paisible mari Albert masque peut-être sa jalousie ? Il apparaît que Lilith n'était pas sympathique à grand monde. Reconstituer les faits et l'emploi du temps de chacun, grâce aux témoignages, pas une mince affaire pour Bréval et Elvire…

Maurice-Bernard Endrèbe : L'affaire de 5 minutes (Un Mystère, 1959)

Maurice-Bernard Endrèbe (1918-2005) fut un romancier, traducteur, et chroniqueur qui œuvra pour le polar durant l'essentiel de sa vie. Directeur de collections policières réputées (L'Empreinte, Un mystère, P.J. aux Éditions Julliard) il fonda en 1949 le Grand prix de Littérature policière, et signa de nombreux scénarios de la série télévisée Les Cinq dernières minutes. Il publia entre autres une série policière ayant pour héroïne Elvire Prentice, veuve d'un Américain (La Vieille Dame sans merci, La morte-saison, Gondoles pour le cimetière, Elvire à la tour monte, La bière de Munich, Une couronne au palmarès, L'affaire de 5 minutes, Elvire se met en quatre, Le fromage de Hollande, Montmeurtre, L'indice).

Habituée à évoluer dans la haute société, elle mène habilement l'enquête au côté du policier Bréval : Oh, collaboratrice est un bien grand mot… Disons plus simplement que je suis au commissaire Bréval ce que le docteur Watson était à Sherlock Holmes.Il s'agit de comédies policières, puisque ces histoires ne manquent pas d'humour, où les intrigues ne sont nullement négligées. L'auteur utilise des références à son époque, car cette dame s'y inscrit avec une parfaite aisance. Il n'hésite pas à citer çà et là dans le récit les grands noms du roman policier, qu'il connaît si bien. Ici, le titre est évidemment un clin d'œil à la série télé Les Cinq dernières minutes. Des romans toujours très plaisants à lire et relire.

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 05:54

Ce n'est qu'à partir de septembre 1981 que Christian Napier s'interroge sur l'histoire de sa famille. Né en mars 1936 à Truro, en Cornouailles, il est donc âgé de quarante-cinq ans. Dans les années 1960, Chris tenta une aventure musicale. Il épousa la chanteuse Melody Farren (de son vrai nom Myfanwy Probin) qui eut son heure de gloire. Bien que divorcés, elle l'aida financièrement quand il créa une activité sérieuse à Pangbourne. Le commerce de voitures anciennes de prestige, telle est la vocation de l'entreprise Les Décapotables de collection Napier. Ça fonctionne plutôt bien. D'autant que Chris ne boit plus une goutte d'alcool, son vieux démon, depuis une dizaine d'années. Il a une sœur aînée, Pam, mariée à Trevor Rutherford. Leur fille Tabitha se marie, ce qui donne l'occasion à Chris de revenir à Tredower House, qui est désormais un hôtel de luxe appartenant au couple Rutherford.

Pendant l'entre-deux-guerres, les grands-parents de Chris exploitaient une petite épicerie à Truro. La grand-mère Adelaïde vendait, à l'étage, des vêtements de mode à crédit. Le père de Chris, Melwyn (marié à Una), prit la suite du commerce parental. Adelaïde avait un frère, Joshua Carnoweth, grand-oncle de Chris. Le temps de la ruée vers l'or était clos ou presque quand il tenta sa chance en Amérique. Néanmoins, dans le Yukon canadien et en Alaska, il en trouva assez pour faire fortune. Le grand-oncle Joshua s'engagea durant le premier conflit mondial, puis revint s'installer à Truro. Il fit l'acquisition du domaine de Tredower House. Joshua prit pour gouvernante son ex-fiancée, veuve d'un M.Lanyon. Les Lanyon vécurent chez le grand-oncle durant de nombreuses années. Le dernier fils de la lignée, Nicky Lanyon, fut durant leur enfance le meilleur ami de Chris Napier.

Les premiers souvenirs de Chris remontent à l'époque de la Seconde guerre mondiale, et aux années suivantes, agréables pour l'enfant qu'il était. Tout bascula durant l'été 1947. Avec un complice, son ami Edmund Tully, Michael Lanyon assassina le grand-oncle Joshua. Bien que l'exécutant ait certainement été Tully, ce dernier ne fut pas condamné à mort. Étant l'instigateur, le père de Nicky Lanyon fut pendu. Pourquoi éliminer leur protecteur ? Il semble que Joshua ait prévu de modifier son testament, bien davantage en faveur de la famille de sa sœur Adelaïde, les Napier. En effet, après la mort de Michael Lanyon, ceux-ci purent jouir de la fortune de Joshua et développer leurs commerces. Aujourd'hui retraité, le policier George Treffry enquêta sur le meurtre de Joshua. Un cas limpide à ses yeux. Michael Lanyon fut d'autant plus justement condamné qu'il fit tuer son bienfaiteur.

Nicky avait une sœur, Michaela, née après la mort de leur père. Leur mère s'était remariée avec Neville Considine, qui prit en charge les deux enfants. Michaela a disparu depuis seize ans, probablement victime d'un tueur en série. Personne ne l'a vraiment cherchée. Après le suicide de Nicky, Emma Moresco contacte Chris. C'est Michaela, qui vit sous cette fausse identité. Il va la tenir informée de son enquête, et plus si affinités. Par contre, une femme se faisant appeler Paula Lucas, Laura Banks ou Marilyn Buckley, rôde autour de la famille Napier. Elle semble animée de mauvaises intentions, à l'égard de Chris mais aussi de Trevor Rutherford. Depuis sa libération, on ne trouve plus signe de vie d'Edmund Tully, le complice. Chris essaie d'exploiter cette piste. Témoin au procès Lanyon, Sam Vigus va faire douter encore davantage Chris. Il ira jusqu'au bout de ses découvertes…

Robert Goddard : Le retour (Sonatine Éd., 2014) – Coup de cœur –

Sachant que ce n'est pas en une quarantaine de lignes qu'on résumera ce genre d'histoire, il est toujours délicieux de synthétiser un tel livre. On peut bien révéler deux ou trois éléments, car quantité d'autres surprises attendent les lecteurs – et le héros. Notons une première subtilité, à son sujet : en effet, Chris mène “une sorte d'enquête”. Qui n'a rien à voir avec des investigations policières. Il s'informe en tâtonnant, se remémore l'époque, rend visite à des gens qu'il a connus, subit divers déboires. Homme mûr, il conserve un flegme bienvenu. Ce n'est pas strictement la justice qui le guide, mais le besoin de savoir.

Si la formule “secrets de famille” est très souvent exagérée pour présenter une intrigue, il faut reconnaître qu'elle s'applique ici. Non seulement, le destin des Napier et celui des Lanyon est intimement lié depuis les grands-parents, mais leur sort à tous reste marqué d'une proximité depuis par ces faits initiaux. Y a-t-il une faute à l'origine ? Le grand-oncle Joshua a-t-il commis une erreur, autrefois ? Là encore, il existe davantage de finesse dans le récit. Car tous les protagonistes, y compris des personnages annexes, possèdent une véritable densité : chacun a joué (ou joue encore) un rôle à part entière dans l'affaire.

La méthode narrative rappelle quelque peu certains romans de Thomas H.Cook. Le passé côtoie le présent de façon très naturelle, sans qu'une transition soit indispensable. Parfaite description de la vie d'antan, il faut le souligner. D'ailleurs, Chris assume : “Vivre dans le passé. Cette phrase est toujours employée de façon péjorative, comme si le passé était nécessairement inférieur au futur, ou en tout cas moins important. On ne reproche jamais à personne de regarder vers l'avant, seulement de regarder en arrière. Mais la vérité, c'est que nous vivons bel et bien dans le passé, que ça nous plaise ou non. C'est là que notre vie prend forme. Quelque part devant nous, près ou loin, c'est la fin. Mais derrière, enveloppé dans les nuages de l'oubli, se trouve le commencement.” (traduction Élodie Leplat).

Dans le décor des Cornouailles, une fascinante saga familiale racontée avec maestria, un roman d'une magnifique intensité. Ce suspense de Robert Goddard, le quatrième publié en France, s'avère absolument remarquable.

- "Le retour" de Robert Goddard est disponible dès le 28 août 2014 -

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 05:55

Loïs Whiterspoon souhaite épouser Marvin Adams. John Whiterspoon, riche père de Loïs, est hostile à cette union. Non pas que le jeune étudiant lui déplaise. Mais le père de Marvin, Horace Adams, a été condamné dix-huit ans plus tôt pour le meurtre de David Atwell. Whiterspoon redoute une hérédité criminelle. Il charge l'avocat Perry Mason de lui donner une opinion sur cette vieille affaire. Horace Adams pouvait effectivement être innocent, selon Perry Mason. Son défenseur n'avait pas choisi une tactique efficace. Alors que les preuves contre Adams restaient fort relatives. Whiterspoon n'est guère convaincu.

Un bureau de détectives privés, l'agence Allgood, mena l'enquête à propos de l'affaire. Celui qui s'en était chargé, Leslie L.Milter, séjourne actuellement à El Templo, non loin de chez Whitherspoon. Vu le manque de moralité de cet homme, on peut supposer qu'il prépare un chantage. Qui en est la cible ? Ce n'est pas Milter qui répondra, car il est la première victime d'un nouvel épisode de l'affaire. Sa mort a forcément un lien avec le cas d'Horace Adams. Un caneton semblant se noyer dans un aquarium peut donner à penser que Marvin Adams est impliqué. Toutefois, il apparaît également que John Whiterspoon est passé par là. Ainsi que la séduisante secrétaire de l'agence Allgood, Alberta Cromwell. Supposée épouse de Milter, celle-ci loge dans l'appartement d'à côté.

Mrs Burr, invitée de Whiterspoon, est en villégiature à El Templo, elle aussi. Mr Burr, bloqué après un accident de cheval et gardé par une infirmière, ne figurera pas sur la liste des suspects. Contrairement au couple Dangerfield. Car Mrs Dangerfield n'est autre que la veuve de David Atwell, qu'Horace Adams fut accusé d'avoir assassiné. Pour la police, John Witherspoon reste le principal suspect du meurtre de Milter. Le jeune Marvin Adams doit, pour sa part, répondre à des questions au sujet d'un second crime. Perry Mason assiste en spectateur à la première audience du procès Whiterspoon. Durant ces préliminaires, son confrère Lawrence Dormer mène mal sa défense. Probablement parce qu'il en sait bien moins que Perry Mason sur les arcanes de ces affaires. Il est temps que l'avocat intervienne pour disculper l'accusé et rétablir les faits…

Erle Stanley Gardner : Le canard qui se noie (Un Mystère, 1954)

Les dossiers judiciaires traités par l'avocat Perry Mason, en compagnie de sa secrétaire Della Street, sont généralement tortueux. Pourtant, cette affaire reste assurément une des plus compliquées, pour ne pas dire tarabiscotée. Et pas seulement parce qu'elle se réfère à un meurtre jugé plus de quinze ans auparavant. Voici un exemple des cogitations de Perry Mason : “Oui, l'assassin devait savoir qui était le père de Marvin, et aussi que Milter enquêtait à ce sujet… Cela veut dire aussi que l'assassin était au courant de l'expérience du canard. Mais il y a un point qui me chiffonne : l'assassin devait savoir que le canard laissé chez Milter serait identifié. Mais comment pouvait-il le savoir ? Whiterspoon n'a eu l'idée de se rendre à El Templo qu'après mon départ, pour me rejoindre. À moins que...”

Traduit par Maurice-Bernard Endrèbe, “The Case of the Drowning Duck fut publié dans la collection Un Mystère en 1954. Sa seule réédition remonte à 1967, collection Télé-Mystère des Presses de la Cité. Pourtant, ce solide roman est un des plus passionnants de la série Perry Mason.

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 05:55

À Paris, en 1835. Ancien soldat napoléonien, le sergent Mallet est concierge d’immeuble sous les arcades de la rue de Rivoli. Avec sa femme, ils ont eu une fille : “À dix-neuf ans, au moment où commence notre récit, la physionomie d'Eudoxie était décidée, et un peu trop caractérisée pour une femme. Ses grand yeux noirs très vifs, très éclatants, manquaient de douceur. Sa bouche, à l'expression dédaigneuse et résolue, souriait rarement pour laisser voir de fort belles dents.” Eudoxie est couturière, disposant d'un petit atelier dans l'immeuble, et aide quelque peu son père. Depuis deux ans, au sixième étage, habite le jeune poète allemand Frederik Halsener. Ce fils de général est idéaliste et généreux, ainsi que studieux afin d'obtenir une notoriété méritée.

Bien qu'Eudoxie soit amoureuse de lui, Frederik Halsener est totalement insensible aux attraits de la jeune fille. En fréquentant le Jardin des Tuileries, il a été ébloui par une jolie femme accompagnée de sa grand-mère malade. Surveillant ces deux dames, il s'aperçoit que la belle inconnue a un homme dans sa vie. Si cette Diane admire la poésie de Frederik, leur véritable rencontre n'intervient qu'après le décès de la grand-mère. Encore faut-il que Diane raconte son parcours de vie au jeune Allemand. Après la vente de leur propriété de Valcy à M.Bernard, la grand-mère de Diane favorisa un mariage entre elle et l'acquéreur. Quand il organisa une fête électorale en vue de son élection comme député, l'union entre l'industriel M.Bernard et Diane ne fit bientôt plus de doute.

Le romantisme de Diane se heurte vite aux réalités de couple, à la vulgarité de son mari : “Et quel culte pouvait m'inspirer cet homme sans élévation d'esprit, qui n'était bon que par le calcul […] habile et borné, sensuel et dur, vaniteux et courtisan ?” Cinq années d'un mariage bien sombre. Évidemment, dès qu'elle a croisé Frederik, ce fut le coup de foudre. Diane doit se montrer prudente : le couple se retrouve clandestinement chez Frederik pour préparer sa fuite. La fouineuse Eudoxie va apprendre l'identité de Diane. Jalouse et rageuse, elle s’empresse d'alerter l’époux cocufié. M.Bernard et son frère ne peuvent que réagir face à cette infâme trahison de Diane…

Louise Colet : Un drame dans la rue de Rivoli (Archipoche, 2014)

Née à Aix-en-Provence le 15 août 1810, Louise Colet est décédée à Paris le 8 mars 1876. Si elle fut une poétesse honorée par quelques prix et fréquentant les salons littéraires de son époque, on a oublié son œuvre. On retient plus volontiers qu'elle fut la maîtresse de Gustave Flaubert, du politicien Victor Cousin, d'Alfred de Vigny, d'Alfred de Musset et d'autres. On pourrait l'imaginer telle une arriviste prête à tout pour sa gloire. Sans doute s'inscrivait-elle plutôt dans le romantisme de son temps : “Sans l'amour, qu'est la vie ? Une voie douloureuse, environnée de ténèbres, où rien ne nous soutient, où rien ne nous éclaire. Avec l'amour, la route s'aplanit, une clarté sereine nous conduit ; nous ne sommes plus seul à souffrir, à douter, à attendre !”

Il ne faudrait pas oublier que, durant ce 19e siècle, les femmes comptent peu, y compris dans la bonne société d'alors. Même cultivées, possédant certains talents, on ne les dirige que vers le mariage : “Que nous apprend-on, hélas, sur le mariage ? Qui de nous a lu, jeune fille, le texte de ces lois qui disposât à jamais de notre liberté, de notre fortune, de nos sentiments, de notre santé même, de tout notre être enfin, de ces lois faites non pour nous protéger mais contre nous, de ces lois dont la société a fait des devoirs et qui deviennent des supplices lorsque l'amour ne les impose point ?” Hypocrisie bourgeoise qui conduit à des “mariages de raison”, des unions arrangées autorisant peu de libertés aux épouses. Une situation à laquelle les femmes ne purent s'opposer que rarement.

Bien qu'il s'agisse d'un roman littéraire romantique, l'intrigue comporte des aspects assez sombres. Par exemple, le processus qui conduit la jeune et candide Diane au mariage avec M.Bernard. Le dénouement est fatalement plus proche du mélodrame que du cas criminel. Témoignant du style d'écriture de ce siècle, la narration et la construction du récit restent très agréables. Louise Colet, une auteure à redécouvrir. Ce volume réédite un deuxième roman de Louise Colet, “Une histoire de soldat”, où une femme brave tous les dangers pour suivre son bien-aimé jusque sur les champs de bataille, romantisme à l'état pur.

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