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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 05:55

Dany et Agnès Quincey forment un couple parisien de quinquagénaires aisés, habitant l'Île Saint-Louis. À cinquante-quatre ans, Dany a perdu son emploi dans l'informatique. Agnès est directrice générale des parfums Destut, réputés à travers le monde. Actuellement, le lancement de leur nouveau produit, Diadème, la met quelque peu sous tension. Les deux meilleurs amis sont un couple de psys, désormais séparés, Anne et Franck Amar. Celui-ci a refait sa vie avec une jeune Russe. Dany et Agnès Quincey restent proches d'eux, même si le hasard doit s'en mêler pour que leurs amis praticiens se revoient, chez eux. En effet, Agnès vient d'être témoin de plusieurs incidents dans le métro. Deux personnes ont chuté mortellement sur la voie. Il peut aussi bien s'agir d'accidents que de suicides. Agnès croit avoir remarqué une femme en trench-coat près de la scène macabre.

Néanmoins, la vie continue. Après la soirée mondaine de promotion du parfum Diadème, et un dîner privé avec le créateur du parfum et le patron de la société, Agnès est mêlée à un autre accident dans le métro. Peut-être est-ce plus marquant encore, car la jeune Coraline n'avait que dix-sept ans. Cette fois, c'est le nommé Michael Fairbanks qu'Agnès pense avoir vu rôder autour de la scène. Cinq ans plus tôt, elle a eu une liaison sexuelle avec cet homme, ce qu'elle avoua plus tard à son mari Dany. Selon Agnés, Fairbanks se montrait assez violent dans leurs étreintes, ce qui l'envoûtait à l'époque. Qu'il soir revenu se venger d'elle après leur rupture, rien d'impossible. Elle livre une version édulcorée des faits, n'évoquant que le dernier cas, au policier Mezghani, chargé de l'enquête.

Ce dernier va bientôt déterminer que Michael Fairbanks n'existe pas. Pourtant, Agnès persiste à y croire. Anne confie à Dany que son amie Agnès fut suivie psychologiquement quand elle était adolescente. Des troubles causés par un viol, semble-t-il. Après avoir assisté aux obsèques de la jeune Coraline, le couple Quincey prend quelques jours de vacances du côté de Chinon, région natale de Dany. Celui-ci cherche à en savoir plus sur sa femme, tout en évitant le clash entre eux. Un accident lors d'une visite au château d'Ussé pourrait avoir des conséquences. Le policier Mezghani risque de finir par s'interroger sur Agnès. La psy Anne finit par conseiller de s'adresser au docteur Patrick Romestaing. Ses théories sur le syndrome de Croyde ne font pas l'unanimité, mais un séjour d'Agnès chez lui peut éclaircir les tréfonds de ces affaires...

Marc Welinski : Le syndrome de Croyde (Éd.Daphnis et Chloé, 2013)

Bien que les scénarios soient évidemment fort différents, Agnès n'est pas sans rappeler les héroïnes de “Pas de printemps pour Marnie”(1964) ou de “Sueurs froides─Vertigo” (1958), célèbres films d'Alfred Hitchcock. Est-ce que les troubles psychologiques qui les ont habitées peuvent interférer sur ce qui les perturbe aujourd'hui ? Bien sûr, ce serait résumer beaucoup trop vite la présente intrigue. Si elle s'étale sur cinq cent pages, c'est afin de cerner tous les détails du contexte.

À commencer par le couple Quincey, qui se considèrent comme des “partenaires” excluant la notion purement familiale. Agnès est une femme d'affaires typique, ce qui implique toujours une part de froideur dans ses rapports avec les autres. Ça suppose certains refoulements chez ces personnes, dominantes en apparence. Équilibre probablement plus fragile, car une femme doit davantage lutter pour atteindre socialement les sommets. Et doit s'interdire des pulsions, des choix qui seraient naturels chez d'autres femmes. On les imagine, croyant pouvoir gommer de déplaisantes étapes de leur existence passée et tout assumer dans leur vie de “dirigeante”, ce qui reste illusoire.

À l'opposé, quinquagénaire estimant pouvoir profiter de son temps, son mari Dany affiche une dose de dilettantisme. Face à la situation, inquiet et dépassé, c'est lui qui nous raconte la première partie des faits. Puis c'est au tour de l'héroïne Agnès de raconter la suite. Une introspection visant un retour à la normale, sans doute, mais les méandres de l'âme féminine sont parfois plus compliqués. Voilà une histoire où prime la psychologie, sans négliger un suspense bien réel malgré ses aspects cotonneux.

Lire également l'opinion de Pierre Faverolle et de Mimipinson.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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commentaires

mimipinson 23/12/2013 12:02

Merci d'avoir mis le lien vers mon billet pas aussi fourni que le vôtre; c'est volontairement que j'ai choisi de ne pas trop en dire, et au contraire de tenter d'expliquer pourquoi ce livre mérite d'être lu.

Claude LE NOCHER 23/12/2013 15:46

Bonjour
C'est bien normal de citer en liens des chroniques favorables à ce bon roman. J'ai essayé de ne pas trop en révéler non plus. On espère que ce livre connaitra un certain succès.
Amitiés.

Pierre FAVEROLLE 18/12/2013 06:55

Salut Claude, je l'ai lu et lu fort vite car, si on rentre dans la volonté de l'auteur de fouiller les psychologies à l'aide de dialogues, alors cela devient passionnant. Une découverte intéressante, ce livre.Amitiés

Claude LE NOCHER 18/12/2013 07:37

C'est absolument ça, mon cher Pierre !
Le format peut sembler long, mais il n'en est rien. Car dialogues et logique de l'histoire donnent un résultat plutôt captivant.
Amitiés.

Philippe 18/12/2013 06:35

Bonjour M. Le Nocher,

Le syndrome de Croyde existe-il vraiment et si oui en quoi consiste-t-il ?
Wikipédia n'en parle pas.

Le nom de famille du couple, Quincey, fait penser à Thomas de Quincey, auteur en 1827 du célèbre livre " Confessions d'un mangeur d'opium " , dont on se souvient encore pour son titre accrocheur, bien que je doute que beaucoup de monde l'ait lu, je ne l'ai pas lu.

Cordialement

Marc Welinski 18/12/2013 13:07

Effectivement , j'ai préféré cette jeune éditrice que mon éditeur précédent (Fleuve Noir) qui ne s'investissait que très peu dans la promotion de ses auteurs. Merci de votre soutien et n'hésitez pas à me contacter au besoin.

Claude LE NOCHER 18/12/2013 11:38

L'éditeur Daphnis et Chloé n'est pas (encore) le plus visible dans ces milieux de l'édition, si je ne m'abuse. D'où mon expression "mise en vitrine" qui vaut pour éditeurs et auteurs moins connus. Ce fut déjà le cas lundi avec Bruno Jacquin, publié aux éditions Les 2 Encres. Et ça le sera encore dans un proche avenir. Mes lectures se font dans la diversité, ce qui me permet justement ce genre de "mise en vitrine".
Amitiés.

Marc Welinski 18/12/2013 11:26

Cher Claude. Bien sûr, je ne prétends pas être égaler Hitchcock ! Je n'en suis qu'à mon troisième roman, donc je suis encore un apprenti... Cela dit un bon réalisateur pourrait peut-être tirer un film correct de ce "syndrome". Que voulez-vous dire par "mise en vitrine"?

Claude LE NOCHER 18/12/2013 11:19

Bonjour Marc
La psychologie joue un rôle fort dans l'œuvre d'Hitchcock, selon moi jamais égalée. Il sut montrer forces et faiblesses de ses héroïnes. Et c'est ainsi que les spectateurs baignent, avec elles, dans un doute permanent. Ce que vous avez voulu transcrire, en effet. Un roman qui méritait d'être "mis en vitrine" ici, c'est sûr.
Amitiés.

Welinski 18/12/2013 10:25

Je connais Thomas de Quincey, mais je n'ai pas pensé à lui en donnant ce nom aux deux protagonistes de ce drame. Les noms, comme les histoires, s'imposent d'eux-mêmes sans qu'on sache vraiment d'où cela vient. Quant aux comparaisons hitchcockienne, je suis très heureux car c'est exactement le type d'atmosphère que je voulais créer. Merci de vos encouragements! Marc Welinski

Claude LE NOCHER 18/12/2013 06:48

Ah, cher Philippe, vous ne pensez quand même pas que je vais révéler tous les nœuds de cette intrigue psychologique ! Nous savons tous que de multiples thèses de psys se publient chaque année, affirmant présenter un nouvel angle d'analyse. Disons juste que ce syndrome expliquerait certains actes criminels très particuliers.
Quincey peut faire référence à deux villages ou petites villes de France, aussi bien qu'à Thomas de Quincey, écrivain drogué, auteur aussi de "De l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts" récemment réédité chez Gallimard, je crois.
Amitiés.

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