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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 04:56

Aux États-Unis, Cleveland est une grande ville de l'Ohio située sur la rive sud du lac Érié. Âgé de trente-cinq ans, Nick Stella est un journaliste sans employeur fixe. Boxeur à ses heures, il est plutôt fauché, et même endetté. Besoin d'argent pour lui, et pour son aïeul Louie, nonagénaire en maison de retraite. Il apprend par son cousin prêtre qu'un double décès suspect s'est produit à la paroisse Saint-François. Le père John Angelino est mort d'overdose, tandis que la prostituée avec laquelle il se trouvait a été défenestrée. L'info a été minimisée par la hiérarchie catholique. Nick Stella y voit une lucrative occasion de vendre des articles au grand quotidien de Cleveland. D'autant qu'il a gardé contact avec deux flics, surnommés Birdman et Willie T, coutumiers des affaires glauques.

Mère de la petite Maddie, Amelia Saint-John appartient à la haute société locale. Elle est mariée à Roger, un avocat aussi infidèle que voyageur. Si son frère Garth Randolph, âgé de trente-neuf ans, oscille entre richesse et ruine, les parents et l'entourage d'Amelia sont plus stables. À l'image de sa meilleure amie, Paige, qui a ouvert une librairie. Envisageant l'écriture d'un roman, Amelia maîtrise encore mal l'informatique. Ainsi, quand elle reçoit une pièce-jointe spéciale, elle doit la faire décrypter par un duo d'experts. Il s'agit d'un poème écrit à la main, sûrement un texte de T.S.Eliot (1888-1965, Nobel de Littérature 1948). Sans doute pas un envoi de Shelley Roth, maîtresse supposée de son mari. Ce texte s'accompagne de cinq noms, dont celui de Roger Saint-John.

Nick Stella a exploré la piste chinoise dans l'affaire John Angelino. Ce qui l'a mené à Rat Boy Choi, un dealer habitué des fumeries d'opium. Il a affirmé ne pas être concerné. Mais il va pourtant être éliminé peu après. Le meurtre du docteur Benjamin Crane a fatalement un lien avec celui d'Angelino. La veuve du médecin paraît plutôt insensible. L'ordinateur du défunt prêtre révèle à Nick le même poème de T.S.Eliot et la fameuse liste de cinq noms. Dont celui du bijoutier Geoffrey Coldicott, avec lequel Nick essaie d'entrer en contact. Ce commerçant, obsédé sexuel, est déjà sous l'emprise du tueur. Avant de le supprimer, il l'oblige à se souvenir de leur groupe d'étudiants nommé AdVerse, et d'une funeste soirée d'Halloween, vingt ans plus tôt. Et de Julia Raines, qu'il est en train de venger.

Nick renoue avec Ivan Kral, le flic de la Criminelle surnommé Birdman. Kral aurait voulu être le premier à arrêter l'assassin. Mais un tel cas de tueur en série intéresse le FBI, qui s'est déjà emparé de l'affaire. L'assassin utilise parfois la prostituée mineure Tafy Kilbane pour œuvrer contre ses cibles. L'universitaire Sebastien Keller fut témoin des évènements à l'époque du groupe AdVerse. Atteint d'un cancer, il pourrait soulager sa conscience. Amelia Saint-John a fait la connaissance de Nick Stella. La jeune femme et ses proches ne sont pas à l'abri de l'implacable vengeance du criminel…

Richard Montanari : 300 mots (Cherche Midi Éd., 2014)

Tous les romans à suspense, étiquetés thrillers ou pas, devraient être écrits comme ceux de Richard Montanari. En effet, c'est un polar impeccable qu'il propose ici aux lecteurs. On remarque d'abord une parfaite construction du récit. Nous suivons le journaliste Nicky, mais aussi Amelia et son entourage, tout en croisant le tueur dans certaines scènes. Si nous n'avons pas son identité, l'assassin ne cache pas son but, mortelles représailles qui visent d'anciens étudiants. Cinq morts à venir, plus des victimes collatérales.

Le deuxième atout favorable, ce sont les personnages et leur vécu. Fils du flic Vincent Stella, Nick se veut aussi opiniâtre que le fut son père, quels que soient ses soucis personnels. Cocufiée, Amelia s'organise afin d'aller vers une vie nouvelle. Les fraternités d'étudiants aux États-Unis, surtout prétexte à faire la fête, sont bien connues. L'auteur a raison de limiter les descriptions au sujet de celle appelée AdVerse. Quelques minces indices aident le reporter, tandis que la menace devient plus présente, et que le suspense monte crescendo. Une ambiance sous tension, pour un polar qui captive ses lecteurs.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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commentaires

Max 01/09/2014 09:50

Bonjour Claude,
Une bonne nouvelle que la parution d'un nouveau Montanari, même si on ne retrouve pas ses 2 héros habituels....
Mais vu le prix des "grands formats", il va me falloir attendre 1 an qu'il paraisse en poche, ou le trouver à Emmaûs (une vraie mine d'or, on y trouve même des bouquins récents).
Amicalement,
Max

Claude LE NOCHER 03/09/2014 05:51

Meuh non, comme Obélix, faut juste arrêter de manger des sangliers au p'tit-déj... Et comme Casimir, faut pas abuser du gloubiboulga... Tiens, c'est-y pas des références culturelles, ça ? Amitiés.

le gros 02/09/2014 21:06

on va se facher ^^ comment tu sais que j'ai grossi ^^

Claude LE NOCHER 01/09/2014 10:50

Bonjour Max
Et encore, celui-ci est à 19€, alors que beaucoup de grands formats dépassent les 22€. Oui, dès qu'on peut en trouver à moins cher, c'est l'évidence... Quant à Montanari, j'ai dû en zapper certains (avec regrets), mais celui-là est diablement réussi, pas de doute. Amitiés.

Philippe 31/08/2014 12:10

Bonjour M. Le Nocher,

A propos de Cleveland, vous connaissez je pense l'affaire du Boucher de Cleveland ( ou de Kingsbury, un quartier de Cleveland ) dans les années 1930 ?
Elle est remarquable par les faits et son caractère non élucidé, mais aussi pour avoir constitué un échec pour le directeur de la sécurité publique de Cleveland, tout juste nommé. Alors que c'était Eliott Ness, manifestement plus doué pour traquer la pègre dont Al Capone ( et encore son rôle a-t-il été exagéré car comme on sait Al Capone a été condamné uniquement pour ne pas avoir payé ses impôts, grâce au travail d'agents du Trésor ) que pour identifier et arrêter un serial killer. Cet échec marqua le début de la fin de la carrière d'Eliott Ness.

http://en.wikipedia.org/wiki/Cleveland_Torso_Murderer

Puisqu'il est question de Cleveland dans l'Ohio sur une rive du lac Erié, cela me donne l'occasion de signaler qu'hier le blog Murder by Gaslight consacrait son post de chaque samedi à une affaire se déroulant ( au 19ème siècle comme toujours sur ce blog ) à Cincinnatti dans l'Ohio aussi, sur une rive du lac Ohio.

http://www.murderbygaslight.com/2014/08/murder-among-shantyboats.html

A la fin de l'article est indiqué un lien vers un site.

http://peoplesriverhistory.us/project/history/

Ce n'est pas sur le polar ou le crime, mais en termes de culture générale je vous recommande de regarder ce site, consacré aux shantyboats, ces habitations flottantes, des cabanes bâties au bord de l'eau ou sur l'eau, qui constituaient jadis un mode de vie aux Etats-Unis mais aussi ailleurs.
On peut citer comme descendant lointains des shantyboats la communauté de Sausalito en Californie à San Francisco. Qui a fait l'objet d'un reportage dans Thalassa l'année dernière. Communauté qui tente de résister aux tentatives des pouvoirs publics, de la ville de San Francisco, de la supprimer, de faire partir les gens, car Sausalito juridiquement parlant enfreint la législation actuelle sur l'habitat.

Voyez même rapidement l'article Wikipedia, plus général. J'avais tapé " Shantyboat " , mais on est envoyé à " Houseboat " .

http://en.wikipedia.org/wiki/Houseboat

Ce qui est par ailleurs ( article homonyme ) le titre d'un film de 1958 avec Cary Grant et Sophia Loren.

http://en.wikipedia.org/wiki/Houseboat_(film)

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_P%C3%A9niche_du_bonheur

Cordialement

Claude LE NOCHER 02/09/2014 16:41

Salut mon gros
J'avance sur "Riches à en mourir", mais c'est d'un autre Albin Michel dont je parlerai demain. Franchement bien aussi, bien sûr différent. Amitiés.

hodlies 02/09/2014 15:51

riches à en mourir est une tuerie
d'une drôlerie à en crever je le finis ce soir
oh putain, j'ai ri

Claude LE NOCHER 01/09/2014 07:54

Bonjour Philippe
Je copie ci-dessous l'essentiel d'un très bel article de Jean-Baptiste François, dans La Croix du 23 août 2013 au sujet des "habitations mobiles". L'ex-ministre Cécile Duflot a probablement changé les règles en la matière à l'automne dernier.
"...Aux yeux de ceux qui ont élu domicile permanent dans une caravane, un camping-car, une yourte, une roulotte, un tipi ou encore une cabane, il s’agit surtout de la reconnaissance d’un mode de vie qui n’avait pas encore, jusque-là, d’assise juridique.
Ces habitations mobiles ou démontables, quand elles ont un ancrage durable, pourront bientôt devenir leur adresse officielle, y compris lorsqu’elles sont installées en zone non constructible (...)
Des milliers de régularisations
Les demandeurs pourront obtenir le statut de résidence principale sur leur terrain, à condition d’y avoir installé l’eau potable, l’électricité, l’assainissement des eaux usées ainsi qu’une sécurité incendie. Cette nouvelle possibilité pourrait s’appliquer tout aussi bien en zone urbaine que dans les zones agricoles ou naturelles.
Bien que cette disposition ne soit pas explicitement centrée sur les gens du voyage, elle fera la joie de nombre d’entre eux qui possèdent des parcelles familiales (...)
« Cela va permettre de régulariser des milliers de situations qui ne figuraient dans aucun plan local d’urbanisme ou d’habitat, se félicite Laurent El Ghozi, président de la Fnasat-Gens du voyage. J’espère aussi que cette entrée dans le droit commun contribuera à lutter contre les préjugés sur les personnes qui vivent en caravane », poursuit-il.
Payer une taxe d’habitation
La modification de la loi devrait avoir une conséquence directe sur les droits et devoirs de ces habitants, dont le détail devra être précisé pendant la discussion parlementaire. Une fois clairement établie, l’adresse postale personnelle renforcerait l’accès à la citoyenneté – le droit de vote étant soumis à résidence –, aux aides sociales et à la scolarité des enfants. En contrepartie, les propriétaires auraient à payer une taxe d’habitation et des impôts locaux.
Le texte, par ailleurs, mentionne la possibilité de « terrains familiaux locatifs », sans plus de détails. L’objectif est de faire en sorte que certains espaces puissent être gérés et aménagés par les offices HLM. Ils seraient alors considérés comme des logements sociaux, et les locataires modestes pourraient toucher l’aide personnalisée au logement (APL).
Le gouvernement, toutefois, ne souhaite pas que les caravanes ou autres habitations légères puissent faire l’objet d’un bail privé. « Nous voulons garder la main sur la qualité du logement, et nous assurer que la loi n’est pas l’occasion de produire du logement indigne », explique-t-on dans l’entourage de Cécile Duflot.
CE QUE DIT LA LOI SUR LES HABITATIONS MOBILES
Vivre à l’année au camping. Il est interdit de résider de manière permanente en camping, quel que soit le mode d’habitation. Face à la crise du logement, cette pratique est toutefois tolérée dans de nombreuses municipalités.
S’installer sur un terrain ou un jardin privé. En principe, cela n’est pas autorisé concernant les mobile homes, qui doivent rester dans des parcs résidentiels de loisir, des villages de vacances ou des campings. Les caravanes et camping-cars peuvent stationner sur le terrain d’une résidence principale, mais seulement entre deux utilisations. Ils ne doivent en aucun cas perdre leur caractère mobile, sans quoi ils seront considérés comme une installation fixe par la commune. Si le véhicule est immobilisé plus de trois mois, il faut faire une déclaration préalable de travaux à la mairie.
Pour les tentes et les yourtes. Elles peuvent être installées sur un terrain privé constructible comme non constructible. Le propriétaire de la parcelle doit toutefois obtenir une autorisation de la municipalité, si l’installation en question est utilisée pendant plus de trois mois. Lorsque les yourtes sont équipées de blocs cuisine ou de sanitaires, ils sont assimilés à des habitations légères de loisirs (HLL). Par conséquent, ces dernières obéissent aux mêmes règles que les mobile homes."

http://www.la-croix.com/Solidarite/En-France/L-habitat-mobile-bientot-reconnu-comme-un-logement-a-part-entiere-2013-08-23-1001655

Amitiés.

Philippe 31/08/2014 22:09

Rebonjour M. Le Nocher,

Vu l'heure 22h08 vous ne lirez et ne répondrez que demain.
Je note votre recommendation pour " Riches à en mourir " , j'avoue que j'ignorais qu'un roman se déroulant au moins en partie à Sausalito venait de sortir.
J'avoue aussi que personnellement étant un lecteur très lent - adepte du slow reading comme du slow food et considérant la lenteur comme une vertu - par habitude je lis plus de livres pas très longs, de 150 ( ou même moins ) pages à 300 pages.
J'ai beaucoup de livres de plus de 500 pages, mais plutôt des livres documentaires que des romans.
Un roman de 400 ou 500 pages ou plus, cela m'intimide. Ce n'est pas une question de qualité mais de quantité. Le fait de voir beaucoup, en termes de pages, de nourriture spirituelle devant soi, est comparable à avoir beaucoup de nourriture corporelle devant soi, et qu'on serait censé déguster en un temps relativement court.
Et puis je lis plusieurs livres à la fois. Si chacun n'est pas trop long, je peux alterner les moments où je lis l'un ou l'autre.
Ceci dit, j'irai voir dans une librairie à feuilleter le roman de Frédéric Andréi et décider ce que je fais ensuite.

Une caravane, il me semble pourtant qu'on peut la déclarer comme constituant son domicile ? A certaines conditions ?
Mais je ne connaîs pas la réponse exacte et ne sais pas ce que dit la loi en France, aux Etats-Unis ou dans d'autres pays, les législations variant bien sûr.

Vous dîtes qu'on ne peut juridiquement pas avoir un bateau pour domicile ?
Peut-être pas n'importe quel bateau.
Mais une péniche, c'est sûr que si ?
Puisqu'il est notoire, donc connu des pouvoirs publics et du public, que certaines personnes vivent à bord d'une péniche ?
Que dans les annonces immobilières il y a des péniches tout comme des maisons ou appartements ?
Et certains restaurants sont en permanence sur une péniche, donc il faut bien que ce soit l'adresse du restaurant, ou boîte de nuit ou autre établissement accueillant le public ?

Le journaliste Benoît Duquesne que nous aimions tant habitait sur une péniche.

Tous ces éléments tendraient à indiquer qu'une péniche peut être un domicile légalement ?
Peut-être y a-t-il la condition que la péniche ne navigue pas ou pas trop souvent, qu'elle soit amarrée à demeure à tel quai ?
Ou d'autres conditions ?
Je connaîs de vue pour m'être promené par là un restaurant le 6/8, dans le 5ème quai de Montebello ( ou de Portebello, peut-être que les deux quais existent ). Il est sur une péniche, ou bien disons que la péniche elle-même est un restaurant. Côté 5ème donc sur la rive gauche de la Seine, mais faisant face à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris côté 4ème. Enfin peut-être pas face à face, mais on la voit.

Il faudrait consulter un juriste, du genre de ceux qui répondent à des questions dans les magazines même grand public ( rubriques genre " le droit et vous " ) pour savoir si une péniche ou une caravane peuvent juridiquement être des domiciles.

Cordialement

Claude LE NOCHER 31/08/2014 17:35

Cher Philippe
A propos de "houseboat", je vous recommande "Riches à en mourir" de Frédéric Andrei, qui vient de paraitre chez Albin Michel. Le héros habite une maison flottante de cette communauté de Sausalito. Qui est entourée de marinas très huppées, voilà le seule raison pour laquelle on veut chasser chez ex-hippies, pourtant installés bien avant les luxueux ports adjacents.
Les Américains ne sont d'ailleurs pas les seuls à ne pas tolérer les habitats différents. En France, il est juridiquement interdit d'avoir pour adresse une yourte, un bateau, un mobil-home, tout ce qui est "non sédentaire". Par contre, il arrive que des gens déclare pour résidence principale... leur résidence secondaire (ce qui n'est pas légal non plus). Les exemples pullulent dans ma région. Le Trésor Public ne semble guère s'en émouvoir, car "selon que vous soyez puissants ou misérables..." écrivait déjà Jean de La Fontaine.
Amitiés.

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