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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 04:55

Un procès à New York, au début des années 1950, présidé par le juge Bardoley. Toutefois l'affaire remonte à dix-sept ans. Elle concerne un meurtre commis le 28 juillet 1935. Des faits nouveaux ont permis de rouvrir le dossier. Ce procès a été confié au juge Bardoley, alors qu'il revenait de longues vacances, à la suite du décès de son épouse. L'affaire l'embarrasse un peu, car il fit autrefois partie de l'entourage social de l'accusée.

Valentina Abbott était à l'époque l'épouse du docteur Pound, un médecin mondain. Séduisante jeune femme, Valentina contribuait à la notoriété de son mari. Dans leurs cercles, elle ne manquait pas d'admirateurs, dont Bardoley et son ami Leonard Coombs. Ce n'était pas le premier mariage de Valentina. Française d'origine, elle avait d'abord été mariée à Michael Arum. Après son second divorce, d'avec le docteur Pound, elle épousa un M.Abbott. Elle fit venir de France une vieille tante, Émilie Constant, afin qu'elle vive auprès d'elle.

En juillet 1935, le couple Lecoq habitait dans un immeuble new-yorkais. Dans la nuit du 28, M.Lecoq fit une chute depuis leur appartement du sixième étage. On le retrouva mort, à peine identifiable. Cet homme n'était autre que Michael Arum, et la femme vivant avec lui, c'était Valentina. M.Abbott, son mari, la croyait en vacances à Atlantic Beach, en compagnie de Mme Constant. À vrai dire, le mari en titre de Valentina avait des doutes. Via son avocat, il avait fait engager des détectives pour être fixé. Le couple divorça peu après cette affaire, mais ne fut pas impliqué dans la mort brutale de Michael Arum.

Dans le procès présidé par le juge Bardoley, tout paraît accuser Valentina. En particulier, la dispute ayant précédé la mort de Michael Arum. Elle affiche également un certain cynisme de mauvais aloi concernant son mariage avec le médecin. Sa disparition au moment de la mort d'Arum plaide contre elle, autant que sa désinvolture en répondant aux questions gênantes. Le juge se remémore les faits dont il a été témoin dix-sept ans plus tôt. Ce qui ne rend pas plus facile sa compréhension du dossier, ni de la vérité…

John Stephen Strange : L'accusée (Éd.Ditis, 1954)

John Stephen Strange était le pseudonyme de la romancière américaine Dorothy Stockbridge Tillet (1896-1983). Quelques-uns de ses romans furent publiés chez Le Masque : 65 place des Vosges (1957), Pas de crime parfait (1959), Revanche d'un policier (1959), Fanny écrivait trop (1963), Au bénéfice du doute (1963). Let the Dead Past” (1953) fut publié en français sous le titre L'Accusée (Éditions Ditis Genève, 1954) puis réédité la même année dans la collection Détective-club, en 1957 dans la collection La Chouette et chez J'ai Lu Policier en 1965. La traduction fut assurée par Gabrielle-A Catelot et Georgina Arnao.

Un roman policier largement diffusé, on le vérifie. Il est vrai que l'ambiance est très réussie : l'auteure entretient un doute permanent, et offre progressivement des éclairages divers sur l'affaire. Certes, la base pourrait manquer de réalisme, n'importe quel juge est dessaisi lorsqu'il connaît de près un accusé. Mais c'est vite gommé par la construction de l'intrigue, par son habile mécanisme. Un classique du polar à redécouvrir, sans nul doute.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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commentaires

Max 02/10/2014 10:37

Bonjour Claude,
Un bouquin lu il y a longtemps, dont j'ai bien sûr oublié totalement l'intrigue, seul me reste le souvenir d'une excellente lecture !
Amitiés,
Max

Claude LE NOCHER 02/10/2014 11:22

Bonjour Max
Oui, ça fait partie de ces romans qu'on a beaucoup aimés, qui nous ont "tenu en haleine", et qui méritent qu'on s'en souvienne... ou même qu'on les relise. Amitiés.

Philippe 02/10/2014 10:26

Bonjour M. Le Nocher,

Ce sont des noms courants, mais remarquons que Lecoq c'est comme l'enquêteur créé par Emile Gaboriau. Pound comme Ezra Pound, le poète américain à qui l'on reprocha des affinités avec le fascisme. Abbott comme Abbott et Costello, le duo d'acteurs comiques aujourd'hui un peu oublié et qu'on surnomma injustement les Laurel et Hardy du pauvre.
Ou le personnage de Judy Abbott, l'héroïne orpheline de " Papa longues- jambes " , le roman de Jean Webster ( morte jeune en 1916 ), la nièce de Mark Twain.
Plus en rapport avec " L'accusée " , on peut peut-être comparer ce roman avec le film d'Hitchcock " Le Procès Paradine " ( 1947 ) avec Gregory Peck et Alida Valli. Qui se passe en Angleterre plutôt qu'aux Etats-Unis me semble-t-il. Film dont l'ambiance, l'atmosphère, le ton se démarquent des autres films d'Hitchcock de la même époque. Avec comme dans " L'accusée " des doutes, des revirements, des retournements de situation, le procès débouchant sur un acquittement dans le cas Paradine.

Hier, il m'est revenu en tête que j'avais autrefois lu l'histoire triste de Toni Jo Henry dans un ouvrage en anglais de true crime.
J'ai fait une recherche. Lisez un peu.

http://www.thepardonmovie.com/

http://www.thepardonmovie.com/synopsis/

http://www.thepardonmovie.com/old-articles-and-photos/

http://en.wikipedia.org/wiki/Toni_Jo_Henry

http://www.findagrave.com/cgi-bin/fg.cgi?page=gr&GRid=12689552

http://murderpedia.org/female.H/h/henry-toni-jo.htm

http://murderpedia.org/female.H/h/henry-toni-jo-photos.htm

http://malefactorsregister.com/wp/?p=1910

http://www.capitalpunishmentuk.org/tonijo.html

http://www.rowdiva.com/tonijo.html

http://www.laurajames.com/clews/2006/10/toni_jo_henrys_.html

http://fairweatherlewis.wordpress.com/2010/10/18/a-courthouse-ghost/

http://seeksghosts.blogspot.fr/2014/01/louisianas-female-killer.html

Cordialement

Claude LE NOCHER 02/10/2014 11:29

Bonjour Philippe
J'irai voir la documentation sur Toni Jo Henry.
Concernant Abbott et Costello, ils n'ont jamais connu une grande gloire en France. Leurs films s'intitulant "Les deux nigauds...", avouons que c'était modérément commercial. Moins bons que Laurel et Hardy, c'est sûr. Et tous nettement inférieurs aux Marx Brothers, à l'évidence.
Chez les Abbott, ma préférée reste la romancière Megan Abbott.
Les romans ou films "de prétoire" ne manquent pas. "Témoin à charge" d'après Agatha Christie est un bon exemple de film, l'œuvre d'Erle Stanley Gardner aussi (le dernier tiers de chaque roman étant au Tribunal). Ici, l'auteure utilise les souvenirs perso du juge, ce qui est franchement habile.
Amitiés.

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