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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 05:55

Shug Francis et son associé Fizzy Waters dirigent un garage auto qui leur permet depuis des années de faire du trafic de voitures volées. Gros bizness, affaire rentable, mais Shug ambitionne de s'emparer du réseau de Peter Jamieson, le caïd du trafic de drogue. En s'alliant avec le mafieux Alex MacArthur, qui a de sérieuses complicités bien placées, c'est jouable. Pour Fizzy, il y a trop de risque. Fort possible, car le tueur à gages Calum MacLean vient de supprimer le comptable de Shug, Richard Hardy. En même temps que le nommé Kelly, pas réglo avec Jamieson. C'est ainsi que Calum compte enterrer sa dernière mission. Il lui faut disparaître sans laisser de traces exploitables par son patron.

Il n'a guère pu mettre d'argent de côté, car l'organisation de Jamieson surveille sûrement ses mouvements bancaires. Depuis l'affaire Frank MacLeod, on lui fait confiance, mais jusqu'à un certain point. Calum a donc besoin de son frère William pour obtenir certains faux-papiers. Lorsqu'on remarque la disparition du comptable Hardy, ça intéresse l'inspecteur Michael Fisher. Vu qu'il était employé par Shug Francis, les dossiers de Richard Hardy pourraient parler. Deana Burke, la compagne de Kenny, contacte le policier Fisher. Elle est convaincue de la mort de son ami, indic de l'inspecteur. Jamieson et son associé Young restent informés de tout ce qui se trame, via le truand George Daly ou le flic corrompu Greig. Ils savent pour Deana et la police.

Ils envoient quelqu'un pour la calmer, celle-là. Après la visite de l'émissaire du caïd, Deana informe avec véhémence l'inspecteur Fisher qu'il y a des fuites dans son service. Greig, très certainement, se dit le policier. Ce qui conforte la piste Shug Francis. William MacLean doit inventer une histoire pour leur mère, afin qu'elle ne s'inquiète pas de ne plus voir Calum. Il se méfie aussi du faussaire, mais il obtient les papiers commandés. Tout se passe bien, en apparence, sauf qu'un fouineur a compris le lien entre le faussaire et le gang Jamieson. Shug Francis demande à Hutton, son tueur à gages, d'éliminer son associé Fizzy, malgré leur amitié de toujours. Mauvaise idée, selon Hutton. Alors, il consulte indirectement le camp Jamieson pour savoir comment agir…

Malcolm Mackay : Ne reste que la violence (Éd.Liana Levi, 2014)

Il existe mille manières de décrire les milieux mafieux, et d'évoquer l'un des personnages-phares de cette mythologie, le tueur-à-gages. On imagine que ces exécuteurs n'ont guère la possibilité de “sortir du dispositif”, puisqu'ils savent qui commanditent les meurtres. Le cas de Calum MacLean est un peu singulier car on le voit tel un homme encore jeune, non pas comme un baroudeur blasé. Après “Il faut tuer Lewis Winter” et “Comment tirer sa révérence”, c'est la dernière étape de la trilogie dont il est le héros. Nul besoin d'avoir lu les précédents titres pour se plonger dans ses mésaventures. Impliquant son frère, non sans égoïsme s'avouera-t-il finalement, il profite de l'imbroglio créé entre les caïds de la région. Car c'est un chassé-croisé entre eux qui est le moteur de cette intrigue. Le policier Fisher espère, de son côté, ramener dans sa nasse de gros poissons du banditisme.

Les chapitres sont courts. L'auteur ne situe pas les lieux géographiques, esquisse tout juste les décors des scènes. Une volonté qu'on peut regretter, çà et là quelques précisions n'auraient pas nui. On l'a bien compris, la tonalité se veut sèche. À l'exemple de Deana, face à Fisher qui reste distant : “Elle peut voir ses efforts. La tension que lui impose la simple conversation. Mais elle ne perçoit pas sa répugnance, ou du moins ne l'identifie pas. Elle pense seulement que c'est un con arrogant.” Qu'on ne cherche aucun humour, même allusif, dans le récit. Le crime pur et dur ne fait pas de sentiment. Une sombre froideur règne dans cette histoire, exprimant le besoin viscéral de Calum de disparaître. En semant le chaos derrière lui, si possible. Les amateurs de noirceur dans le polar ne peuvent qu'apprécier ce suspense.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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commentaires

Philippe 21/12/2014 15:27

Bonjour M. Le Nocher, M. Faverolle,

Puisque vous parlez de la couverture, sauriez-vous - je l'ignore - ce qu'est le pistolet qu'on voit ? Quelle marque et quel modèle ?

Sur les couvertures de certains livres, polars ou autres romans ou autres livres, sont représentées des armes, ce qui suscite la curiosité de non-connaisseurs des armes.

Je ne m'y connaîs guère en la matière, mais certains pistolets et revolvers ( rappelons que c'est le revolver qui a un barillet, donc tous les revolvers sont des pistolets mais tous les pistolets ne sont pas des revolvers ) sont facilement reconnaissables pour les avoir vus dans des BD, des films , des séries télé, dans les média,etc. Les pistolets des marques Colt, Browning ( dans Tintin par exemple ), Smith et Wesson, Sig-Sauer, Beretta, Manhurin, Lüger ( dans des films sur la guerre de 39-45 aux mains des Allemands surtout ), Webley ( Sherlock Holmes qui le plus souvent n'a pas de pistolet sur lui se munit d'un Webley dans certaines aventures pour une intervention précise ) entre autres.

Nous parlons ici de temps en temps de tel ou tel titre de la collection Sang maudit aux éditions de l'Harmattan, ces études de polars ( Simenon, Léo Malet, James Ellroy, Leonardo Padura, " Le Trou " de Becker, " Scarface " de Michael Cimino aVec Al Pacino, " Trains du mystère : 150 ans de trains et de polars " de Michel Chlastacz, " 1941 - 2008 : l'Amérique du roman noir au néo-polar " de Delphine Letort, maître de conférences à Rennes, l'anthologie sur les ancêtres du polar au 18ème-19ème siècle dont Claude Mesplède avait fait l'éloge, " La lame et la plume " du professeur émérite Max Duperray sur la littérature et les oeuvres à l'écran suscitées par Jack l'Eventreur, entre autres titres ).
En voyant à chaque fois pour n'importe lequel de ces titres la couverture à fond noir avec un pistolet, on se demande - ou pas, selon sa curiosité - ce qu'est ce pistolet, et on le recherche ou pas. Même sans s'y connaître, c'est un Beretta, pistolet automatique italien. Rappelons que le mot " pistolet " vient de la ville de Pistoia dans je ne sais plus quelle région d'Italie, où fut inventé le premier ou l'un des premiers pistolets. La maison Beretta a été créée au 16ème siècle, je peux me tromper d'un siècle en plus ou moins, et fabriquait donc des pistolets à l'ancienne avec silex, poudre noire, comme on voit dans des films d'époque ou des scènes de duels, puis a maintenu le cap avec l'apparition des pistolets modernes à partir du 19ème siècle.
Le modèle représenté sur la couverture des titres de la collection Sang maudit est un Beretta 92. en tout cas. Et peut-être 92 - F, sous réserve que ce puisse être un modèle plus récent tout en ayant exactement le même design clairement identifiable.

Cordialement

Claude LE NOCHER 22/12/2014 06:57

Bonjour Philippe
Il est bien évident que pour le chasseur, comme pour le cow-boy de jadis, inconsciemment son fusil ou son pistolet est un symbole phallique. Joss Randall, le chasseur de prime avec sa carabine à canon scié toujours affichée près de son corps, pourrait en être un autre exemple. D'autant qu'à l'époque, avec son visage angélique, Steve McQueen n'avait guère l'air d'un baroudeur. Il est vrai qu'Hollywood a beaucoup joué sur des ambiguïtés. Dans les peplums, Victor Mature apparaît en « héros mâle et viril », alors que c'était une chochotte qui avait peur de son ombre. Ne parlons pas de Rock Hudson, formant un mignon couple avec Doris Day, le séducteur absolu aux yeux du public d'alors. Raffiné, il l'était, c'est sûr.
Je suis un vieux fan de la série « Les mystères de l'Ouest ». Comment ne pas envier James West et Artemus Gordon, vivant dans ce wagon-appartement ? En couple ? Je crois que le second fait parfois la cuisine, et se travestit en femme dans certains cas. Je doute que Robert Conrad (dont on dit qu'il avait un caractère de chien) ait apprécié qu'on le prenne pour un homo. En fait, Ross Martin est bien plus sympathique, son rôle étant plus humoristique. Les épisodes avec le Dr Loveless sont les plus réussis, forcément, puisque le méchant nain est caricatural à souhaits.
Je me souviens d'un duo dans une émission de télé américaine entre John Wayne et Dean Martin. Ils chantaient ensemble, Dino le distingué et le rugueux Wayne en costard (loin de ses tenues de cow-boy). C'était d'autant plus tordant que Dean Martin faisait genre gay (seulement « genre ») et l'autre le toisait en vrai « homme ». Par contre, je n'oublie jamais l'anecdote racontée par Kirk Douglas, qui avait dit un jour à John Wayne : « Moi, dans la vie, je ne suis pas Kirk Douglas, toi même dans la tienne, tu crois être John Wayne ». C'est l'esprit, pas du mot-à-mot, j'ai toujours trouvé cette réflexion profonde.
Amitiés.

Philippe 22/12/2014 01:31

Rebonjour M. Le Nocher,

En parlant de symbolique de telle arme.
Vous vous souvenez de " La Guérison des Dalton " , l'un des Lucky Luke dont René Goscinny avait écrit le scénario ? Le psychanalyste germanique - qui préfigure Freud lequel encore enfant est mentionné à la fin de l'album - qui s'intéresse aux Dalton en tant que sujet d'étude demande dans une scène à Lucky Luke, qui a dégainé son revolver pour faire face à un conflit : " Que représente cette arme pour vous, monsieur Luke ? Un symbole ? " Lucky Luke, pour une fois, reste pantois en contemplant son revolver.
Le lecteur averti pourrait y déceler un motif freudien d'ordre phallique.

Vous avez vu le western " La Rivière rouge " ( 1948 ) d'Howard Hawks, avec John Wayne et Montgomery Clift ?
A un moment, ils comparent leurs revolvers et l'un dit à l'autre que le canon du sien est plus long. Certains commentateurs critiques de cinéma ont cru y voir un clin d'oeil, le véritable propos étant qu'il arrive à des hommes de comparer la longueur de leur pénis, chose inracontable dans un film de cette époque ( le code Hays ne sera abrogé qu'en 1954 environ - , qui plus est un western et avec un acteur aussi conservateur et viril que Wayne.

Vous savez comme moi que le film " Spartacus " ( 1960 ) de Stanley Kubrick, avec Kirk Douglas, Laurence Olivier et Tony Curtis, comporte une scène qui a longtemps été censurée, avant de réapparaître dans des diffusions plus tardives à la télévision, ou en VHS puis DVD, éditions restaurées ?
La fameuse scène où Crassus ( Olivier ), l'un des chefs romains en charge de mater la révolte des esclaves, et Antoninus ( Curtis ), esclave et poète, chanteur, sont dans le même bain. Déjà deux hommes se baignant ensemble. Mais en plus Crassus parle à Antoninus des huîtres et des escargots, animaux notoirement hermaphrodites.

La série western des années 1960 " Les Mystères de l'Ouest " ( The Wild Wild West ), avec Robert Conrad ( James West ) et Ross Martin ( Artemus Gordon ) n'est pas seulement excellente en soi. C'est aussi, rétrospectivement car ce n'était sans doute pas évident au spectateur de l'époque, l'une des premières fictions avec un duo de héros plus ou moins gays. Certes, ils ne le sont pas explicitement et dans certains épisodes ont des aventures avec des femmes. Mais certains analystes de séries télé ont remarqué qu'il s'agit de deux hommes, habitant toujours ensemble à bord d'un train-appartement qui sillonne les Etats-Unis, avec des habitudes de vieux garçons, cuisinant ensemble, dormant sinon dans le même lit du moins à quelques mètres de distance.
Il y a plusieurs séries télé avec deux hommes qui cohabitent, dans des contextes divers. Toujours est-il qu'on a vu dans les " Mystères de l'Ouest " l'ébauche d'un couple gay.
On pourrait aussi citer la version de Batman de la même époque, la série avec Adam West dans le rôle de Batman-Bruce. Adam West qui ignorait qu'il avait été choisi précisément pour ses médiocres talents d'acteur pour une fiction voulue parodique par ses créateurs. Avec des commentaires volontairement naïfs du genre " Nom d'un éclair à café ! " ( je serais curieux de savoir ce que c'est dans la version originale ) ou " Un jour radieux se lève sur Gotham City " .

Cordialement

Claude LE NOCHER 21/12/2014 17:28

Merci pour ces précisions sur les armes à feu, cher Philippe.
En effet, si nous lisons souvent les mots kalachnikov, colt, beretta, et autres marques, nous ne les "identifions" pas exactement. D'ailleurs, à part la différence entre un révolver à chargeur et un pistolet à barillet (ou est-ce l'inverse ?), les lecteurs ont rarement envie d'avoir des détails sur les armes en question. Aujourd'hui, avec des enquêtes du type "les Experts", la question se pose-t-elle davantage ? J'en doute, l'arme restant un instrument, un outil, un moyen, intervenant rarement dans le "sens" du crime. La symbolique de telle ou telle arme, on la trouverait peut-être dans les vieux suspenses démodés d'autrefois.
Il est vrai que ce roman de Malcolm Mackay ne privilégie pas l'humour. Néanmoins, il comporte une véritable tonalité, ce qui est notoirement une bonne chose dans les suspenses.
Amitiés.

Philippe 21/12/2014 15:33

Oncle Paul aura bien compris que si je ne me suis pas adressé à lui au début de mon commentaire, ce n'est pas par négligence, mais parce que j'avais commencé à écrire avant qu'il ne publie son commentaire, que je viens de publier le mien mais qu'entretemps il a publié le sien.
Donc bonjour Oncle Paul et j'avoue que moi aussi ce roman me paraît trop noir à mes goûts, M. Le Nocher disant qu'il n'a pas d'humour même un petit peu, alors qu'il y en avait dans l'autre roman chronniqué l'autre jour d'un auteur finlandais, mettant pourtant en scène aussi un tueyr à gages.

Cordialement

Oncle Paul 21/12/2014 15:07

Bonjour Claude
Comme je l'ai écrit à Pierre, ce titre est dans ma table de chevet. Mais, pour l'instant il y reste, car j'ai besoin de lire des romans plus légers. On verra au début de l'année 2015 et peut-être figurera-t-il dans ma sélection des titres 2014.
Amitiés

Claude LE NOCHER 21/12/2014 17:20

Salut Paul
J'ai intercalé ce roman, effectivement plus sombre, dans mes lectures de polars plus anciens. Non pas que ces autres lectures soient forcément légères, mais revenir parfois à nos bases, ça fait beaucoup de bien. Amitiés.

Pierre FAVEROLLE 21/12/2014 08:35

Salut Claude, j'ai adoré cette trilogie qui va crecendo. Et quelle noirceur dans ce dernier tome ! Entre parenthèse, la couverture française est 10 000 fois plus belle que l'anglosaxone ! Amitiés

Claude LE NOCHER 21/12/2014 08:50

Salut Pierre
Je n'ai pas commencé par le début, mais je voulais tester (au moins) un titre de cette trilogie. On sent que l'auteur maîtrise sa tonalité sombre et froide, ce qui est un atout très favorable. Amitiés.

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