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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 05:55

Âgé de trente-cinq ans, Tony Perdudo est un célibataire napolitain myope. Son principal métier est journaliste, mais il arrondit ses fins de mois en bricolant pour un site Internet, et en donnant des cours au petit Carletto. Sa meilleure amie Marinella est docteur dans une polyclinique de la ville. Si les amours de la jeune femme manquent d'équilibre, Tony reste un copain fidèle. Parmi les casse-pieds l'entourant, il y a la mère du journaliste, ainsi que son rédacteur en chef, ne lui ayant jamais rien confié d'intéressant depuis dix-sept ans qu'il exerce ce métier. Tout ça peut expliquer les insomnies de Tony, qui se retrouve souvent tôt le matin à se balader dans les rues des quartiers espagnols de Naples.

C'est ainsi que ce 21 juin, à cinq heures moins le quart, via Speranzella, Tony découvre le cadavre d'un ours. Entre la foule et les carabiniers, ça ne tarde pas à créer de l'animation dans cette rue. Les pompiers vont bientôt enlever cet animal mort. Ce qui doit clore le problème pour l'adjudant Fallone, que Tony connaît bien. Le rédac-chef veut un véritable scoop, mieux que les photos circulant déjà sur le web. Selon les vieux voisins sollicités par Tony, ce peut être un ours échappé du zoo désormais fermé. Pourtant, ce zoo est assez éloigné d'ici. Marinella va beaucoup aider son copain Tony : on a décelé trois impacts de pistolet sur le cadavre du vieil ours de type marsicain. Ayant de son côté retrouvé des douilles via Speranzella, Tony écrit son article qui va passer à la "une".

Compte-tenu des révélations du journaliste, l'adjudant Fallone doit lancer une enquête, sous la direction de la procureur Cristina Principe. Dès le départ, la juge est convaincue de sa propre hypothèse : c'est forcément un avertissement entre clans rivaux de la Camorra. Via Speranzella, une commerçante relance l'idée du zoo. Ce qui incite Tony à tenter une visite clandestine dans l'ancien parc. Très rapidement repéré, il est tabassé par des sbires expérimentés, avant d'être interrogé par les propriétaires du zoo. Il s'en sort en jouant au naïf. Son journal lui demande un article sur la "smorfia", loterie traditionnelle de quartier, un truc bien folklorique mais qui ne fera sûrement pas avancer l'affaire.

En présence du médecin légiste, la conférence de presse de la procureur Cristina Principe n'a d'autre but que de classer l'affaire. L'autopsie n'apporte pas d'élément nouveau. Et la thèse de la juge concernant la Camorra semble confortée par le fait qu'un des mafieux impliqués fut surnommé l'Ours, étant enfant. Explication plutôt boiteuse, selon Tony. Puisqu'on tient à fermer le dossier, il se consacre à son élève, Carletto. Ce dernier écrit une rédaction étonnamment bien rédigée, qui produit un déclic chez le journaliste. Il y est question d'un cirque où personne n'est vraiment joyeux, celui de Renato Orfeo. Or, celui-ci ressemble beaucoup à un des hommes que Tony a aperçus durant sa visite au zoo.

Le directeur du cirque recommande au journaliste de se mêler de ses oignons. D'ailleurs, on le lui fera comprendre en incendiant son scooter. Voilà quelques temps que Tony a remarqué par ici une énigmatique jeune fille brune en jeans et aux yeux bleus. Il se renseigne sur cette Tiziana Martino, dont l'aïeul fut un caïd apprécié dans le quartier. Après un article de commande sur les cafards qui pullulent en cette saison, Tony va explorer les dessous de Naples. Ce qui n'est pas sans danger pour lui…

Antonio Menna : L'étrange histoire de l'ours brun abattu dans les quartiers espagnols de Naples (Ed.Liana Levi, 2015) — Coup de cœur

Cette comédie à suspense renoue avec la meilleure tradition du polar. D'abord, il s'agit d'un roman parfaitement bien construit. Un mystère singulier, l'apparition d'un ours en pleine ville, conduit à plusieurs pistes plausibles. Bien sûr, il n'est pas question de croire une seconde à l'hypothèse de la Camorra. Et l'on verra que la vérité est diablement moins simple, donc beaucoup plus excitante.

Ensuite, nous avons là un "anti-héros" attirant la sympathie. Du moins celle des lecteurs, car il passe pour un homme sans grand relief au sein de son quartier. Tout juste le met-on en garde de ne pas trop chercher de secret dans une ville telle que Naples, mais le bonhomme est obstiné. Sa "partenaire" Marinella joue un rôle non négligeable à ses côtés.

Au final, l'impression générale est extrêmement agréable, car c'est le genre de livre qu'on dévore en douceur. Une histoire riche en bizarreries, dont on a franchement envie de découvrir les péripéties suivantes. D'une certaine façon, c'est également le portrait d'un quartier populaire napolitain, avec ses coutumes et ses habitants. Avec son omerta autant qu'à travers son quotidien. Ce remarquable suspense souriant mérite, à l'évidence, un chaleureux Coup de cœur.

- Disponible dès le 5 mars 2015 -

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commentaires

wollanup 02/03/2015 08:18

Message reçu mon cher Claude!

Claude LE NOCHER 02/03/2015 08:50

Faut pas rater les bons polars, mon ami W.!

Philippe 01/03/2015 15:19

Bonjour M. Le Nocher et tout le monde,

Cela me rappelle, vous en connaissez sans doute le nom, qu'il existe une rue aux Ours à Paris 3ème, mais qu'il n'y eut jamais d'ours, le mot exact étant oues, soit oies, car il y avait des rôtisseries dans cette rue.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_aux_Ours

J'apprends qu'il y a aussi une rue aux Ours à Metz. Où il n'y eut pas davantage d'ours, le mot déformé étant aussi oues.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_aux_Ours_(Metz)

Cordialement

Claude LE NOCHER 01/03/2015 16:38

Bonjour Philippe
De même que pour cette enseigne qui fit longtemps le bonheur des voyageurs "Hôtel du Lion d'Or". Il s'en trouvait partout en France. L'explication serait une variante de "l'hôtel où l'on dort", à la différence des auberges d'autant qui n'avaient pas toutes des chambres. Je me souviens qu'étant enfant, on trouvait encore des établissements affichant "On reçoit avec provisions" : dans ces bars-restaurants, on pouvait apporter son repas, il suffisait de consommer en boissons. Amitiés.

Yv 01/03/2015 14:35

Salut Claude
Un tel titre et un coup de cœur, ça fait deux arguments pour courir acheter le livre
Amicalement,

Claude LE NOCHER 01/03/2015 16:33

Mon cher Yves, je te sais amateur d'humour autant que de polars, donc il y a de fortes chances que tu te régales ! Amitiés.

Pierre FAVEROLLE 01/03/2015 14:10

Salut Claude, Je le note pour une lecture très prochaine ! Amitiés

Claude LE NOCHER 01/03/2015 16:31

Franchement, à ne pas manquer, mon cher Pierre ! Amitiés.

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