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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 04:55

À l'occasion des 70 ans de la Série Noire, cette collection réédite en un seul volume cinq titres de Jean-Bernard Pouy : Nous avons brûlé une sainte (1984) - La pêche aux anges (1986) - L'homme à l'oreille croquée (1987) - Le cinéma de papa (1989) - RN 86 (1992).

Deux exemples des intrigues de J.B.Pouy :

"L'homme à l'oreille croquée" : Dans le train qu’il emprunte de Nantes à La Rochelle, Marcel (15 ans et demi) rentre de vacances scolaires. Un grave accident se produit. Marcel reste bloqué plusieurs heures sous des tonnes de tôle. Il n’est pas seul : Marie-Claude, une jolie jeune femme, est bloquée avec lui, tout contre lui. En attendant les secours, il broie du noir. Ils sont finalement sauvés. Retour au collège, puis nouvelles vacances chez son copain Eric. Il est contacté par un type patibulaire, qui lui parle d’Arlette (le vrai prénom de Marie-Claude). Si elle est encore vivante, Marcel doit la retrouver, la prévenir du danger. Et c'est parti pour un pénible périple vers le Centre-Bretagne, ou elle se cache...

"RN 86" : Léonard ignore pourquoi son épouse Lucie avait tant changé depuis son retour d’un stage dans le Gard. Il ne comprend pas pourquoi elle s’est suicidée. Il se rend dans la région de Nîmes, s’arrête à Remoulins, sur la R.N.86. Non loin du fameux Pont du Gard, dont Lucie lui avait adressé une carte postale. Il lui semble que cet ouvrage majestueux est lié à la mort de sa femme. La gendarmerie, trop occupée à l’époque, n’a aucun motif de se souvenir de « l’accident » de Lucie. Ses amis de stages non plus ne renseignent guère Léonard. Vague piste, d’un blond nordique, vu avec elle. Le hasard conduit Léonard dans un luxueux hôtel de Castillon. Il y rencontre un écrivain original. Celui-ci se souvient de Lucie et de son amant…

Jean-Bernard Pouy : Tout doit disparaître (Série Noire, 2015)

Dans une interview pour L'Express du 5 mars 2015, Jean-Bernard Pouy répond qu'il n'a d'autre ambition que de raconter des histoires. À la question d'Eric Libiot : “Aujourd'hui, les frontières entre littératures "noire" et "blanche" semblent davantage poreuses ?”, J.B.Pouy répond : “[…] Le roman noir, lui, parce qu'il est militant, résiste à cette porosité. C'est la différence entre un auteur et un écrivain. Entre un type qui joue dans l'équipe de Mantes-la-Jolie et celui qui veut signer au PSG. Un écrivain se prend pour un écrivain, un auteur publie des romans. Je suis auteur. Un écrivain a un chat et écoute Mozart. Moi, du punk. Je suis un papier gras collé à la chaussure de James Joyce. Les écrivains peuvent se comparer à lui, je peux juste envisager d'écrire un roman aussi bon qu'un polar de Chandler. Cela ne m'est pas encore arrivé mais c'est possible.”

Voilà plus de trente ans que Jean-Bernard Pouy tutoie le polar. Ainsi que les lecteurs dans les festivals, sans hypocrisie, considérant que les amateurs de polars ne forment qu'une seule et même famille. J.B.Pouy est direct, cash, “à prendre ou à laisser”. Vous ne l'avez pas vu depuis six mois, un an ? Qu'importe, il s'adresse à vous comme si vous vous étiez quittés la veille. Vous débutez une conversation ? Il embraie sur une anecdote piquante, emprunte un jeu de mot à son ami Patrice Delbourg non sans le citer, conseille la lecture d'un auteur, ou évoque un projet qui verra ou non le jour. Si vous le croisez de temps à autre, il y a des chances qu'il vous adopte. C'est ainsi que grandit depuis trois décennies le cercle familial polardeux de Pouy.

Il n'est pas de ceux qui considèrent comme “sacré” ce qu'il écrit, romans ou nouvelles. Il ne vient pas vendre son dernier ouvrage, ni argumenter sur celui parmi ses livres qui surpasseraient les autres. Ça vous plaît, ses bouquins ? C'est tant mieux. Sinon, vous avez le choix dans tout ce qui est publié. Vous préférez lire d'autres polars, soyez certains qu'il ne s'en formalisera pas. Néanmoins, avec “Tout doit disparaître”, les lecteurs pourront redécouvrir quelques-uns des savoureux premiers titres de J.B.Pouy.

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commentaires

Claude LE NOCHER 31/03/2015 08:48

Salut Boris et Serge

Voilà quinze ans que je connais Jean-Bernard Pouy. À l'été 2000, j'ai (comme Boris) eu le plaisir de converser avec lui pendant pas mal de temps. Sans doute pouvais-je passer pour un importun, mais il a été très sympa et même cordial. Je me souviens lui avoir dit en terminant : « On aura beaucoup d'autres occasions de se revoir. » Pas sûr qu'on ait mesuré l'un et l'autre qu'on se reverrait assez souvent. Comme je suis assez repérable physiquement, il m'a vite fait identifié au fil des festivals.

C'est grâce à J.B. que j'ai eu l'honneur et la chance de converser (sur le langage populaire, en particulier) avec Joseph Bialot, que j'ai pu discuter Sanguine avec Patrick Mosconi, entre autres belles rencontres. Rien que d'excellents souvenirs, à travers des moments souriants ou curieux. Une fois, j'avais publié un article dans une revue du Val d'Oise, que je voulais montrer à J.B. Il était en conversation sérieuse avec Daeninckx, je ne tenais pas à les interrompre. C'est J.B. qui m'a fait signe que si, je pouvais. Il se tourna vers Daeninckx, lui disant : « Polars uniquement dans le Val d'Oise, si c'est pas de l'article pointu, ça ! » On a bien ri tous les trois.

Une autre fois, J.B. était à la bourre pour rejoindre Etonnants Voyageurs à Saint-Malo. Patrick Raynal lui envoie une voiture avec chauffeur à la gare de Rennes. Je venais de croiser J.B. dans le hall (tout un symbole, non?). La voiture arrive : « Tu viens avec nous » décide Jean-Bernard. Trajet très animé, on s'en doute. À l'arrivée, je dis « Bon, il faut que j'aille prendre mon ticket d'entrée » Le chauffeur s'étonne, J.B. répond : « Normal, lui il est journaliste-accompagnateur. » Il venait d'inventer un nouveau métier, en somme. De ce fait, j'ai pu entrer gratuitement.

Dans un petit festival de cinéma, à Moélan-sur-Mer, j'ai rappelé devant témoins un souvenir de comédien à J.B. Il avait joué une scène dans le téléfilm « L'inconnue du Val Perdu » dialogué par Chantal Pelletier. Avec elle, il jouait le client d'une boulangerie. Scène supplémentaire écrite rien que pour lui. Bien peu de gens autour, à Moélan, connaissaient ce « fait d'arme » de l'ami J.B.

Il y en aurait bien d'autres à raconter, c'est certain. Chaque fois que je le vois masser sa chevelure drue, j'ai l'impression qu'une idée va en jaillir devant nos yeux. Ben oui, je l'adore, notre Jean-Bernard.
Amitiés.

Boris Lamot 31/03/2015 01:12

Dommage, je les ai tous en bibliothèque et n'ai plus beaucoup de place. Mais il est vrai que JB mérite d'être réédité. j'ai même 'L'Homme à l'oreille croquée' dans la collection Série Noire illustrée. Un must ! ! <|;-)

Serge 31 30/03/2015 22:49

Salut Claude
Je l'ai croisé dans des festivals, à des AG de 813: JB est bien tel que tu le décris, voire plus encore. Tout JB Pouy ne doit pas disparaître, bien au contraire!
Amitiés.

Yv 30/03/2015 15:37

Salut Claude, j'ai lu un interview de JB Pouy dans la presse et c'est assez marrant de penser que ce mec qui ne crois pas écrire des livres qui valent chers se voit rééditer, ça le fait plutôt marrer ? Tant mieux, c'est plus sain que les poseurs qui se rengorgent après leur première parution
Amicalement,

Boris Lamot 31/03/2015 01:18

Oui Claude, ce que tu dis est vrai. J'ai rencontré JB, la première fois au Mans en 90 ou 91. Je ne connaissais alors aucun auteur de polar et c'est le premier avec lequel je discutais. On est resté plus de deux heures à échanger et il m'a paru si naturel, si abordable ! Et puis, il faut au moins avoir entendu une fois le compte-rendu de JB vérificateur des comptes de 813 à une AG de l'assoce. Ça se termine toujours par "Voilà pourquoi les comptes sont juste" mais auparavant unsalmigondis de chiffres et de présupposés farfelus montrant bien que le bonhomme est Oulipien avant tout. D'ailleurs, j'ai à la maison un exemplaire de la revue Teckel,parodie par la fome de 'Tel Quel', totalement oulipienne.

Claude LE NOCHER 30/03/2015 16:20

Salut Yves
Je te confirme que J.B.Pouy est tout sauf un prétentieux. Il ne juge pas les autres, non plus. Les z'écrivains satisfaits d'eux-mêmes, ça doit l'agacer malgré tout, et le faire sourire sûrement. Avec lui, le polar doit être vivant, avec les éventuelles imperfections que ça suppose, pas "honorable". Amitiés.

Pierre FAVEROLLE 30/03/2015 06:38

Salut Claude, comme je les ai tous les 5, et tous lus, je ne pense pas acheter ce recueil. Ceci dit, on y trouve 5 des perles de Maitre Pouy. A lire, à dévorer ! Amitiés

Claude LE NOCHER 30/03/2015 06:46

En effet, Pierre, ce livre s'adresse à un public qui, soit n'a pas suivi les premières années de J.B.Pouy (même chez les plus de 40 ans, il y en a), soit aux générations plus récentes qui connaissent quelque peu son nom mais pas son œuvre. A déguster, c'est exact. Amitiés.

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