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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 04:50

Mariés depuis près de quinze ans, Katrin et Thomas Ortrup ont un enfant de trois ans, Leo. Ils ont déménagé depuis peu de Cologne à Münster, où vivent les parents de Katrin. Son père médecin et sa mère très croyante lui ont donné une éducation stricte. Elle s'accorde depuis l'âge adulte moins de rigueur. La blonde Katrin est psychothérapeute, employée dans un cabinet. Thomas est très pris par son métier, dans l'industrie. Le déménagement bouscule un peu la famille Ortrup. Au jardin d'enfant de Leo, Katrin fait la connaissance de Tanja Weiler, et de son petit Ben. Tanja lui apparaît plus dynamique que la moyenne des mères. Tandis que Thomas part pour un voyage d'affaires à Lima, au Pérou, Katrin réalise qu'elle est enceinte. Elle n'a pas le temps d'en parler avec son mari.

Âgé de soixante-et-onze ans Franz Wiesner, le père de Katrin, décède brusquement bien qu'il ait été envoyé aux Urgences. Possible que la récente mort de sa chatte bien-aimée l'ait choqué. Thomas est obligé de revenir rapidement de Lima, pour les obsèques de son beau-père. Le temps de la cérémonie, Katrin confie son fils Leo à la garde de Tanja. Celle-ci a du retard, ensuite, pour lui ramener l'enfant. Katrin se rend à l'adresse de son amie, tombant sur la véritable Mme Weiler, la vraie mère de Ben. Tanja Meyer, c'est son identité, était la baby-sitter de son fils : elle a démissionné le matin même. Inquiète et paniquée, Katrin alerte immédiatement la police de Münster. Peter Käfer et sa collègue Charlotte Schneidmann commencent à enquêter, interrogeant tous les témoins potentiels.

À trente-neuf ans, la policière Charlotte est une femme revendiquant son indépendance, célibataire plutôt fêtarde. Même si son dernier amant est assez agréable, son refus de tout engagement reste intangible. Élevée sans père par une mère alcoolique, Charlotte a vécu un épisode traumatisant dans sa jeunesse. Elle essaie maladroitement d'interroger le petit Ben. La ravisseuse a laissé peu de traces. Pourtant, une photo de groupe où l'on devine Tanja pourrait aider les enquêteurs. Serait-elle diabétique comme les gens sur ce cliché ? C'est plutôt un moyen de révéler à Katrin que Patrick a eu une maîtresse. La secrétaire de son mari porte alors plainte pour agression sexuelle. Malgré les dénégations de Patrick, qui parle de calomnie, Katrin préfère se réfugier chez sa mère en attendant la suite.

Pour Charlotte et Peter Käfer, un trafic d'enfants paraît fort incertain. Un témoin pense avoir vu Leo crasseux près d'une ferme des environs. Le duo de policier se doit de vérifier. Ils s'intéressent au club Alecto, ancienne boîte de nuit que Thomas fréquenta quinze ans plus tôt. Des boucles d'oreilles semblent relier Tanja et une défunte employée de ce club, Annabell. Si la chatte du père de Katrin a été martyrisée, les deux policiers estiment utile de faire exhumer et autopsier le corps de Franz Wiesner. Il s'avère qu'il a effectivement été empoisonné à l'insuline. Katrin s'adresse à Margarethe Brenner, l'ex-secrétaire de son père, tandis que Charlotte et Peter Käfer avancent lentement dans leurs investigations…

Christine Drews : Ennemie intime (Albin Michel, 2015)

Quelle qu'en soit la forme, c'est très fréquemment la vengeance qui motive les crimes, la rancœur expliquant la préméditation. C'est donc un suspense s'inscrivant dans la tradition classique qu'a écrit ici cette auteure allemande. Il est vite établi qu'il ne s'agit pas d'un cas simple de "stalking", d'enlèvement par une femme "en mal d'enfant". Aucune demande de rançon non plus, Christine Drews glissant sur cet aspect pour nous le faire oublier. Roman d'enquête toutefois agrémenté de considérations psychologiques personnelles, tant pour Katrin, la mère de l'enfant disparu, que pour Charlotte, au passé perturbé.

Pour ce qui est du décor, Münster (en Westphalie, à ne pas confondre avec notre Munster en Alsace) apparaît comme une agglomération typique d'Allemagne. Les lecteurs français n'ont pas de raison d'être déroutés par le contexte. Par exemple, le choix des patronymes allemands (Meyer, Wiesner, Brenner, Schneidmann…) est destiné à situer les personnages. (Pour l'anecdote, notons que l'usage des chèques bancaires a longtemps été rare dans ce pays, les Allemands préférant les billets, voire les grosses coupures.) Malgré un suspense très présent, l'auteure ne dramatise pas la disparition du petit Leo. L'essentiel étant qu'on le retrouve, et que l'on comprenne les motivations de cet acte. Un excellent polar.

- "Ennemie intime" est disponible dès le 4 juin 2015 -

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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commentaires

midolu 06/06/2015 17:08

Bonjour.
J'ai bien envie d'acquérir ce livre et de le glisser dans la valise pour les vacances prochaines.
Merci pour ces chroniques, Claude.
À bientôt.

Claude LE NOCHER 06/06/2015 18:39

Bonjour
Un suspense qui sera certainement très agréable à lire en vacances... Mes chroniques ne sont que des suggestions de lectures, chacun(e) choisit ensuite.
Amitiés.

Philippe 31/05/2015 17:53

Disons que, s'il ne s'agissait pas d'une chronique, mais d'un procès-verbal de police, d'un rapport, d'une décision de justice, ou encore d'un papier en matière douanière ou fiscale, ou même à propos d'une personne ayant fraudé dans les transports en commun ou autre domaine, ou même d'une lettre recommandée, une erreur de prénom, comme de date ou de lieu, entraînerait potentiellement ou réellement la nullité juridique du texte en question.

Cordialement

Claude LE NOCHER 31/05/2015 17:58

Nous allons tout droit vers les 4e de couv', cher Philippe...

Philippe 31/05/2015 17:09

Bonjour M. Le Nocher,

Le mari de Katrin s'appelle-t-il Patrick ou Thomas ?

Cordialement

Claude LE NOCHER 31/05/2015 17:39

J'ai corrigé, cher Philippe
Par contre, comme je suis extrêmement susceptible, je me bornerai à l'avenir à citer la 4e de couverture, avec trois lignes de commentaires, comme beaucoup de blogs et sites. C'est vrai, pourquoi me casser la tête à créer des textes informatifs ? Pourquoi consacrer des heures à la lecture puis à chroniquer ? Et même, pourquoi partager, suggérer, proposer ? Je m'interroge sur la suite...

Bernieshoot 31/05/2015 08:32

Un suspense intense qui promet un excellent polar

Claude LE NOCHER 31/05/2015 10:17

C'est, comme on dit, "de la belle ouvrage", oui.

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