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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 04:55

Début 1944, avenue Daumesnil à Paris. C'est dans l'abri 27, sous les immeubles du 111 et du 111bis, que se réfugient les scolaires et les habitants des environs lors des alertes aux bombardements. Surprise ce jour-là, quand on y découvre le cadavre étranglé de la belle-mère du marchand de couleurs, M. Saturnin Coquenlorge. Il est chef du secteur de la défense passive. “C'est à n'y rien comprendre… Il y a deux heures, je l'ai installée dans le train de La Roche.” Néanmoins, pour le commissaire Bardanges, le gendre est rapidement suspecté, car c'est un sanguin. Possible, mais des lettres anonymes annoncent d'autres meurtres. Quelques jours plus tard, la concierge Mme Arthon subit le même sort que la belle-mère de Coquenlorge. Là, on soupçonne moins son fils ou sa belle-fille que le voisin dentiste M.Catinon, dont on considère qu'il affiche des airs supérieurs.

Sous-estimé dans le quartier, le petit herboriste M.Vérioux suspecte pour sa part le nommé Vrignand, un comptable au passé douteux qui s'intéresse un peu trop à l'abri 27. La série continue, une autre dame est agressée mais pas assassinée. Avec la mère du dentiste et la belle-mère de l'herboriste, voilà trois cibles idéales pour le criminel. Agitation et suspicion règnent désormais dans le double immeuble. Ce qui ne trouble pas le commissaire Reverseau, chargé de l'enquête. Il recueille les indices, et fait surveiller quelques habitants. Toutefois, Vrignand ne paraît pas l'intéresser. À l'occasion d'une nouvelle alerte, la belle-mère de M.Vérioux est étranglée dans l'abri, tandis que l'épouse de Saturnin Coquenlorge fait une chute mortelle dans un escalier. Reverseau s'applique à calmer l'excitation ambiante, avant de réunir les suspects et de désigner le coupable…

Luc Rivière : Le mystère de l'abri 27 (Coll.Le Labyrinthe, SEPE, 1947)

Odette Sorensen utilisa le pseudonyme de Luc Rivière pour ses premiers romans, publiés chez Arthème Fayard (Drame en Sorbonne, 1943) et dans la collection Le Labyrinthe, aux éditions SEPE (Cinq pour un meurtre, 1944 – Double jeu, 1946 – Le mystère de l'abri 27, 1947). L'éditeur indique en réalité les deux noms, celui d'Odette Sorensen étant entre parenthèses. Elle fut récompensée en 1949 sous son patronyme par le Grand prix de Littérature policière pour “La parole est au mort” (Éd.Le Portulan). Par la suite, elle produisit surtout des livres destinés à la jeunesse.

Le présent roman utilise la forme classique d'un roman d'enquête, avec une narration très vivante, chacun des protagonistes pouvant être le coupable. Ce qui reste plus intéressant pour les lecteurs soixante-dix ans plus tard, c'est l'époque : Paris vers la fin de la guerre, avec sa population traditionnelle et modeste. Tout ce petit peuple qui, à nos yeux, fait penser aux photographies en noir et blanc, ou aux vieux films. L'originalité, c'est évidemment de placer les crimes dans cet abri anti-aérien, comme il en exista durant la guerre. Ces caves n'étant utilisées qu'en cas d'alerte, on pouvait y trucider librement qui on voulait… Sans doute est-il anecdotique de présenter ce titre, mais il n'est pas impossible que ça excite la curiosité d'amateurs de polars d'autrefois.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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commentaires

Philippe 24/08/2015 10:57

Bonjour M. Le Nocher,

Odette Sorensen était génétiquement prédisposée à vivre longtemps, si l'on adhère à l'idée d'après laquelle la longévité serait héréditaire, et à voir jusqu'à quel âge ont vécu son père ( 1844-1941 ) et sa mère ( 1881-1977 ) !
Si comme nous le pensons elle n'a vécu que peu d'années après 1978, elle aura vécu moins longtemps que sa mère.
Je vois qu'il y avait une grande différence d'âge, 37 ans, entre ses parents. Alors que le second mari de sa mère avait lui le même âge qu'elle, même d'un an plus jeune. Et à peine plus âgé que le fils de sa femme, né en 1888.
Vous dîtes que les parents d'Odette Sorensen divorcèrent en 1913 ? Certes, dans le cadre d'une biographie telle qu'indiquée par le site généalogique d'Hugues Rouch gw.geneanet.org que vous citez, il n'y a pas forcément lieu d'entrer dans les détails. Mais quand j'entends dire que tel couple en France a divorcé en telle année, on aurait tendance à comprendre qu'il s'agissait d'un divorce par consentement mutuel. En ignorant ou en omettant qu'en France jusqu'à la réforme de 1975, seul existait le divorce pour faute - de l'un ou des deux époux - . Et pourtant, il n'est pas toujours indiqué explicitement que l'un ait allégué une faute de l'autre.
Rappelons qu'il y avait, avant la loi de 1975 créant le divorce par consentement mutuel, beaucoup de cas où des époux étaient en réalité d'accord pour se séparer. Mais, seul le divorce pour faute existant alors, ils chargeaient leurs avocats respectifs de rédiger des lettres d'insultes adressées supposément par chaque époux à l'autre. Lettres qui constituaient une faute au sens où l'entendait l'article du Code civil définissant la faute comme cause de divorce.
Robert Badinter, grand avocat qui a fait voter l'abolition de la peine de mort en France en 1981 quand il était Garde des Sceaux, au tout début de sa carrière, avant d'être pénaliste, avait pour clients des personnes voulant divorcer, en accord en réalité avec leur conjoint, mais à lui avocat d'écrire les textes des lettres d'insultes, à présenter au tribunal aux affaires familiales, qui jouait le jeu en admettant ces " fautes " comme causes de divorce.

Cordialement

Claude LE NOCHER 24/08/2015 11:22

Bonjour Philippe
Oui, avant 1975, les divorces "à l'amiable" furent assez nombreux. En distinguant deux principaux cas : la séparation définitive pure et simple - mais aussi la séparation avec une rente négociée, souvent ruineuse pour l'époux. On m'a cité naguère un cas où, ayant un fort salaire, le mari dût en reverser les 2/3 à son ex-femme jusqu'à sa retraite. Nous ne parlons ici que de l'aspect "civil" du divorce, mais selon les régions de France le poids religieux joua aussi sur ces questions. Vivant entre Paris et la région nantaise visiblement, la mère d'Odette Sorensen était une "citadine" pour son temps, exonérée de ces diktats catholiques. En Vendée ou dans ses Deux-Sèvres de naissance, c'eût été bien plus compliqué. La différence d'âge du couple Sorensen n°1 peut surprendre, mais s'explique certainement par l'envie de la demoiselle de "changer de condition", comme on disait alors.
Amitiés.

Max 24/08/2015 10:17

Bonjour Claude,
Lu un Rivière/Sorensen il y a longtemps (je crois que c'était "Double jeu"), aucun souvenir....
J'aime bien de temps en temps lire un de ces "polars d'autrefois", Lanteaume, Noel, Le Cœur, Fougères en Labyrinthe, Groc ou Carraud collection La Cagoule, pas des chef-d'œuvres mais de bonnes surprises parfois....
Amicalement,
Max B.

Claude LE NOCHER 24/08/2015 10:29

Bonjour Max
"De bonnes surprises", c'est la formule qui convient. Beaucoup de ces romans sont ingénieux et fluides, nous donnant une belle satisfaction de lecteurs. Ils appartiennent autant à la "culture polar" que des titres de collections plus prestigieuses, donc gardons leur une place dans nos lectures.
Amitiés.

Philippe 23/08/2015 17:57

Bonjour M. Le Nocher, M. Alizet,

Oui, j'ai lu tous les titres de la série le Carré d'as, dans la Bibliothèque Verte, par Odette Sorensen, parus - avant ma naissance mais je les ai acquis d'occasion plus tard - entre 1965 et 1969. C'est l'une de mes séries préférées dans la Bibliothèque Verte, et le fait que le groupe de jeunes détectives soit composé de quatre filles ne m'a jamais rebuté. C'est un des exemples aussi où, pour une série, j'ai en tête les noms des héroïnes encore aujourd'hui : deux soeurs, Patricia et Laurence Barrel, plus jeune mais qui tient souvent le plus grand rôle, la blonde Annette Martelli, d'origine corse comme elle le dit dans l'un des livres, et Marguerite Genévrier, surnommée Kito, la rousse bouclée.
Les titres sont tous illustrés par François Batet, un Espagnol qui avait quitté l'Espagne franquiste et francisé son nom. Il a illustré beaucoup de titres dans la Bibliothèque Verte et l'Idéal-Bibliothèque, son style graphique est très reconnaissable.
J'ai aussi lu quelques autres titres isolés d'Odette Sorensen toujours dans l'une de ces deux collections. Dont " Des passants dans la nuit " ( B. Verte, 1973 ) qui m'avait beaucoup plu, se passant au Pays basque.
J'ai les trois " Corinne " aux Editions du Temps collection Suite pour Isabelle, en romans adulte, peut-être l'un a-t-il été adapté au cinéma, ou pas, je ne sais plus.

M. Le Nocher, je suppose que vous ne savez pas plus que moi ou que quiconque quand Odette Sorensen est morte ?
Je sais depuis longtemps - c'est indiqué non pas dans les romans jeunesse de chez Hachette, mais dans les livres " Corinne " - qu'elle est née en 1903. Dans " Corinne " , le texte dit qu'elle est née à Paris. Mais l'article Wikipédia dit qu'elle est née, toujours en 1903, mais à Fomperron ( Deux-Sèvres ). C'est ce dernier lieu qui est exact. Mais la question de la date de sa mort reste entière. Vu sa date de naissance, elle est probablement morte depuis assez longtemps. Une personne née en 1903 pourrait certes être toujours en vie et avoir 112 ans. Mais ce n'est vrai que pour des anonymes. Si un écrivain connu comme Odette Sorensen était encore en vie à cet âge, les médias en parleraient.
Il est bien plus probable qu'elle est morte. Je me fais cette réflexion depuis des années, mais je ne trouve jamais sur Internet une seule phrase qui dirait qu'elle est morte.
Je sais que son dernier livre est paru en 1978. Théoriquement, elle a pu mourir n'importe quand entre cette date - ne parlons pas d'une parution posthume qui de toute façon aurait été signalée comme telle - et aujourd'hui.
Personnellement, j'aurais tendance à penser qu'ellest morte peu avant ou après l'année 1980.
Qu'en pensez-vous ?
Je suppose que vous n'avez pas d'informations positives puisqu'on ne trouve rien sur Internet quant à la mort d'Odette Sorensen ?

Il faudra que j'aille voir avenue Daumesnil ce qu'il y a aujourd'hui aux 111 et 111 bis. Je connaîs la librairie Atout-Livre qui se trouve sur cette avenue. C'est là que j'avais rencontré en 2012 ou 2013 François Guérif et Philippe Blanchet venus présenter leur livre " Du polar " que vous aviez chroniqué, M. Le Nocher.

Cordialement

Claude LE NOCHER 23/08/2015 18:34

Bonjour Philippe
Je peux vous répondre qu'Odette Sorensen a pris sa retraite de l'Education Nationale en 1963. Que sa mère s'appelait Anne Fernande Marguerite Foucher, née à Niort en novembre 1881, décédée à Saint-Brévin-les-Pins (44) le 20 juin 1977. Que son père était Soren Mikael Sorensen (1844-1941). Ses parents divorcèrent le 30 avril 1913. Sa mère se remaria à Paris la même année avec Marcel Jean Louis Grandhomme (né à Nantes en 1882). Odette eut un frère, Paul Marie Léon Foucher (1888-1960). Hôtelier et agent d'assurances, il eut une fille, Christiane Foucher.

C'est ce que nous dit la généalogie établie par Hugues Rouch :
http://gw.geneanet.org/hrouch?lang=fr&p=odette+fernande+anna+celestine&n=sorensen&oc=0
Il suppose son décès "après 1976". Son dernier roman "L'homme du yacht" fut publié en 1978.

Je vois que livre que je chronique coûte 35 € + 5€ d'envoi sur le site "Antique gift" :
http://antiques.gift/le-mystere-de-labri-27_7955843.html
...et 32€ (+frais) chez Chapitre.com :
http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/luc-riviere-odette-sorensen/le-mystere-de-l-abri-27,56564846.aspx

Je ne suis pas convaincu qu'il reste des vestiges du passé au 111 avenue Daumesnil.

Amitiés.

ALIZET 23/08/2015 13:01

Bonjour Claude .Pourquoi serait-il "anecdotique"de présenter ce titre ? Le but n'est-il pas de partager nos plaisirs entre lecteurs, comme il est écrit sur la droite de mon écran? Je n'ai qu'un livre d'O Sorensen ,"La Parole est au mort " ,présenté comme un roman anglais , adapté par Luc Rivière, et je vais m'empresser de le lire .Je ne l'aurais pas fait sans ta chronique .Merci. Amitiés .Jean-Claude .

Claude LE NOCHER 23/08/2015 17:15

Bonjour Jean-Claude
Ah ah ah, petit clin d'œil partageur entre passionnés, en effet, non dénué d'une part de nostalgie. Car ces intrigues-là, ces "romans malins" comme je les appelle, étaient franchement captivantes. C'est le seul titre que j'ai lu d'Odette Sorensen, mais je ne doute pas que les autres - y compris en "jeunesse" - soient aussi très sympas.
Bonne lecture !

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