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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 04:55

Recueil de treize nouvelles, publié en 1999 dans la collection Le Cabinet Noir (n°27) dirigée par Hélène et Pierre-Jean Oswald.

Le passager – Il sillonne depuis quelques jours les routes du Var dans sa voiture de location. Des auto-stoppeurs, il en croise parfois sans les prendre à bord. Cette fois, c'est le bon, un type de trente-sept ans, marié, habitant Toulon. Puisqu'il fait si chaud, Philippe Chaissac accepte volontiers à boire. Le plan du conducteur se déroule sans problème. Il va se débarrasser de son épouse, de sa propre identité et de sa vie d'universitaire à Aix-en-Provence. À Zurich, il se fait oublier, en attendant que sa maîtresse le rejoigne.

Le bout du monde – Pour lui, c'est un retour aux sources, dans cette bourgade où il a vécu étant enfant. Trente ans ont passé. La maison familiale est toujours là, en mauvais état. Il n'y a plus que le vieux Georges Bondeville qui se souvienne du drame de l'époque, chez les Detheux. L'enfant avait huit ans. Son père avait déserté leur foyer. Sa mère allait se remarier. L'ayant appris, le père revint chez eux ce jour-là. Un double meurtre fut commis. Inutile de chercher loin le coupable : on connaissait le caractère sanguin du père.

Terminus – Bien qu'il n'ait que cinquante ans, Thomas se sent brusquement vieux. Terrible impression de vieillesse, aggravée par sa solitude. Pourtant, la vie citadine reste animée autour de lui. Coup de fièvre ? Autant qu'il rentre chez lui. Dans la rue, il suit quelques instants une femme au chapeau rouge. Il ne comprend pas la suite, quand il regagne son domicile.

L'affaire Kléber – Éminent politicien du Parti du Renouveau, Wilhelm Kléber a été assassiné dans un endroit isolé. Ce qui va être largement commenté dans les médias, c'est la face cachée de Kléber. On apprend qu'il avait des accointances avec la Mafia, qu'il possédait un compte secret bien garni au Luxembourg. Ressemblant au lieutenant Columbo, le policier qui enquête ne croit pas en ces accusations post-mortem. Il imagine plutôt une sombre machination. Marcel Young, le trésorier du parti, premier mari de Christiane l'épouse de Kléber, garde un parfait sang-froid face au crime et au scandale. Le président du parti, Christiane Kléber et Young n'ont effectivement pas à s'inquiéter : ils disposent de solides alibis et n'avaient pas de raison de supprimer le charismatique Kléber.

Le livre rouge – À Bruxelles sous la pluie de décembre, il remarque une boutique vieillotte. Tout est fouillis dans ce véritable capharnaüm, tenu par une femme distante ou blasée. Lui, ce qui l'intéresse, c'est un gros livre intitulé "Histoire de l'échafaud en France" datant de 1863. Les grands criminels fascinent, à travers les siècles.

L'échappée belle – Vanderem a deux femmes dans sa vie : son épouse Geneviève et sa maîtresse Véronique. Elles sont par ailleurs amies, et un peu envahissantes. La situation se complique pour Vanderem bientôt victime d'un "accident". Le policier Willems n'accorde pas vraiment crédit à la version de l'homme, puisqu'il a toutes les preuves nécessaires.

Les gens de l'autobus – Âgé de 44 ans, Fabrice Moreau mène une désespérante vie routinière. Employé administratif, il côtoie matin et soir les mêmes passagers dans son autobus. Des voyageurs sans histoire qui ne l'intéressent guère. Quand la grosse Mme Leroux n'en fait plus partie, les autres habitués ne réagissent même pas. Lorsque Marcel Servier ne prend plus le bus, il va y avoir une enquête pour meurtre car on a retrouvé son cadavre. Puis c'est une des sœurs Ventillard qui est assassinée. Mais pourquoi la police ne parle-t-elle pas de la mort de Ginette Leroux ?

Le crime de juillet – Un petit village dans la pure tradition française. Avec son château où, chaque été dès le 1er juillet, reviennent les propriétaires, la riche famille Hoffmann, fiers de leur puissante voiture. Ça obsède Derême, le boucher-charcutier local. Lui, sa vieille bagnole est quasiment une épave. Et pour sa modeste maison, il passera toute sa vie à en payer le crédit. Derême rumine sa détestation : il est jaloux de ces châtelains, jusqu'à en avoir de meurtrières hallucinations.

Rien ne va plus – Il séjourne à Genève pour affaires. Il se laisse tenter par une virée dans un casino, où il perd plus qu'il ne gagne. Et quand la chance lui sourit enfin, c'est à une vieille dame acerbe qu'on attribue ses gains. Il proteste, mais le compagnon antipathique de la bonne femme témoigne pour elle. Rien à faire, c'est rageant. Le lendemain, il ne sera pas davantage veinard en affaires, alors qu'il espérait un juteux contrat.

Et aussi "Les retrouvailles", "Flics de nuit", "La femme d'en face", "Résidence secondaire".

Jean-Baptiste Baronian : Parmi tant d'autres crimes (Ed. Les Belles Lettres, 1999)

Né à Anvers (Belgique) le 29 avril 1942, de parents arméniens s'installant à Bruxelles quand il avait deux ans, Jean-Baptiste Baronian débuta tôt dans le monde de l'édition. Dès 1969, il devient directeur de collection aux éditions Marabout. Il occupera plus tard le même poste chez Le Masque, Le Livre de Poche, Fleuve Noir et divers autres éditeurs. Il fut par ailleurs critique littéraire et auteur sous le pseudonyme d'Alexandre Lous. Le survol de sa carrière d'écrivain et d'éditeur est retracé dans "Le Cahier du Cabinet Noir", à la fin de ce volume. Président des "Amis de Georges Simenon", association créée en 1986 à Bruxelles, Jean-Baptiste Baronian est membre de jurys décernant des prix littéraires.

Dans Parmi tant d'autres crimes, on peut lire treize nouvelles. Ce qui n'est pas sans rappeler les trois célèbres séries de Simenon (13 énigmes, 13 coupables, 13 mystères). Les préfaces des deux tomes de “Nouvelles secrètes et policières” de Georges Simenon (Omnibus) sont de Jean-Baptiste Baronian, qui retrace le parcours de l'écrivain. Le présent recueil possède une très belle qualité : la diversité des intrigues et des tonalités. Certaines histoires courtes n'en sont pas moins des sujets criminels ou des vraies enquêtes, avec leur "chute" finale. D'autres nouvelles sont plus psychologiques, "intérieures". On n'hésite pas à passer de l'une à la suivante, en sachant que l'auteur nous plonge en quelques lignes au cœur du récit énigmatique.

Comme ses nombreux romans et ses anthologies, les recueils de nouvelles de Jean-Baptiste Baronian méritent d'être redécouverts.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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