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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 04:55

Voici un roman qu'on aura peut-être la chance de pouvoir lire en traduction française un jour. Ce serait une bonne idée : le sujet apparaît fort excitant.

Le Man Booker Prize, prix britannique de langue anglaise qui ouvre à son lauréat un lectorat mondial, a récompensé le mardi 13 octobre 2015 “A Brief History of Seven Killings”, de l’auteur jamaïcain Marlon James. Basé sur des faits réels, ce long roman de 680 pages évoque l'attaque (par sept personnes) dont furent victimes Bob Marley et son équipe le 3 décembre 1976, juste avant un concert à Kingston, ville natale de l’auteur. Il s'agit d'une fresque complexe, sur trois décennies, avec plus de soixante-quinze personnages. Il y est aussi question de guerres du crack à New York dans les années 1980 et des transformations de la Jamaïque dans les années 1990.

Âgé de 44 ans, Marlon James habite aux États-Unis, à Minneapolis. Il faisait partie d’une dernière sélection de six auteurs, aux côtés des Américaines Hanya Yanagihara et Anne Taylor, des Britanniques Tom McCarthy et Sunjeev Sahota et du Nigérian Chigozie Obioma. Réservé jusqu’en 2013 aux romanciers britanniques, irlandais et aux ressortissants du Commonwealth, le prix (doté de 50.000 Livres Sterling) est ouvert depuis l’an dernier aux auteurs issus de l’ensemble du monde anglophone, avec des romans publiés en Grande-Bretagne pour être éligibles.

C'est le troisième roman de Marlon James, qui a failli abandonner sa carrière d'écrivain. En effet, son premier livre, "John Crow's Devil", avait été rejeté par soixante dix-huit maisons d'édition, avant d'être finalement publié en 2005 par Akashic Books. 

Le Man Booker Prize récompense “A Brief History of Seven Killings” de Marlon James

“C'est un roman policier qui dépasse son genre et nous plonge dans une histoire récente qu'on connaît trop peu. Le roman avance à une vitesse folle et deviendra un classique de notre temps”, a déclaré le président du jury, Michael Wood. “Un des plaisirs de cette lecture, c'est que quand vous tournez une page, vous ignorez qui sera le narrateur de la suivante.” Michael Wood a loué la diversité des tonalités du livre, qui vont “de l'argot jamaïcain à des hauteurs bibliques”. Il a aussi précisé que sa mère ne pourrait probablement pas dépasser les premières pages à cause des gros mots et de la violence. Marlon James lui-même est d'accord: “Cette fois-ci, ma mère devrait éviter la quatrième partie du livre”.

Le New York Times a été dithyrambique sur ce livre : “C'est comme un remake du film "The Harder they come" ["Tout, tout de suite" avec Jimmy Cliff, film de Perry Henzell, 1972], par Quentin Tarantino avec une bande originale de Bob Marley et un scénario d'Oliver Stone et William Faulkner, avec un peu d'aide créative de la ganja. C'est épique dans tous les sens du mot : de grande envergure, mythique, excessif, colossal et incroyablement complexe.”

(Sources : Le Monde – Slate.fr – FranceTV infos – Wikipedia – BBC News)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
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commentaires

wollanup 06/05/2016 10:56

Sortie en août chez Albin Michel,of course!

Claude LE NOCHER 06/05/2016 11:30

Il faudra que je relance Mister Geffard, car c'est un livre que je voudrais pas louper.
Amitiés.

Philippe 18/10/2015 15:20

Bonjour M. Le Nocher,

Vous savez que je ne suis pas médisant, mais voilà : oui, ce livre apparaît très intéressant, très riche par son sujet et la qualité d'écriture, les variations de style linguistique soulignées. L'auteur a une énergie phénoménale, pour avoir su s'accrocher à son métier d'écrivain quand il avait pensé à y renoncer.
Mais, sur un plan de capacité de lecteur, humainement c'est contraignant, plus que ce dont la plupart des lecteurs sont capables, y compris moi je l'avoue, d'entreprendre la lecture d'un livre de 680 pages. Si l'on commence, on n'a pas idée de quand on aura fini, et avec ce qu'on souhaite lire d'autre à côté. Vous me direz que c'est quand même surmontable, oui, après tout, et puis on peut se dire qu'on lit non pas un, mais 2 romans de 340 pages ou 3 romans de 220 ou 230 pages chacun l'un après l'autre, ce qui apparaît plus envisageable. Admettons, mais à vrai dire, la différence avec un autre livre qui me saute aux yeux, c'est moins le nombre de pages que de personnages : 75 est-il indiqué ! Le lecteur va craindre ne ne pas s'y retrouver avec autant de personnages, à toujours essayer de garder le fil de leurs rapports entre eux. C'est aussi ou même plus dur que de suivre les personnages dans la Bible ou autre livre sacré, ou dans les sagas familiales littéraires ou les romans-fleuves d'autrefois, ou les feuilletons télévisés. Il ne me vient pas à l'esprit de fictions, littéraires ou à l'écran, avec 75 personnages.
Voilà la réserve que je ne peux m'empêcher d'exprimer, tout en admirant profondément le travail de colosse que représente ce livre.

Cordialement

Claude LE NOCHER 18/10/2015 17:12

Bonjour Philippe
Vous n'avez pas tort de souligner que 680 pages et 75 personnages, ça paraît être une difficulté. Même quand on est un « gros lecteur » habitué à lire dans les 150 pages par jour. Il m'arrive d'hésiter non pas sur la quantité de pages (les romans de plus de 400 pages ne sont pas rares aujourd'hui, c'est à dire trois jours de lecture), mais sur le risque de ne pouvoir synthétiser un long roman. Car c'est le nombre de personnages qui peut me bloquer (pourquoi et comment privilégier tel ou tel?).
Je rappelle que mes chroniques sont des créations qui n'empruntent rien à la documentation éditeurs, donc je dois me débrouiller avec ma propre lecture. Souvent, pour les romans longs, je procède autrement : je lis en parallèle deux romans (je vous donne là un de mes petits « secrets de fabrication »). 100 pages/jour pour le livre épais + 50 pages/jour pour un autre moins long, ou bien l'inverse. Ce fut le cas tout récemment pour le roman de Jean-Luc Bizien « Le Berceau des ténèbres », par exemple, et c'est assez régulier pour moi.
75 personnages, donc. J'ai le sentiment que, dans certains livres « fluides », ça ne pose pas forcément de problème. Car les auteurs ont l'intelligence de ne pas offrir la même intensité à chacun de ces héros. Supposons une équipe de policiers, tous très impliqués dans l'enquête racontée (type 87e district, ou Hill Street Blues). Chacun aura assez de particularités pour être identifié, suivi par le lecteur « pour lui-même ». Évidemment, gare aux narrations lourdingues, ce qui ne semble pas être le cas ici. C'est peut-être là qu'intervient le langage (très cru dans ce roman). Lui aussi permet de différencier les personnages dans notre esprit. Celui qui répète « Fuck, fuck, fuck » n'est pas celui qui traite tout le monde de « Bastard ! », dirais-je pour sourire.
Nous lirons ce « Une brève histoire de sept meurtres » en version française l'année prochaine, l'éditeur français me l'a confirmé (je ne citerai la date et la collection que sous la torture). D'ici là, la traductrice ou le traducteur va avoir un sacré boulot, justement pour restituer une fluidité sur 680 pages. Bon courage à lui/elle.
Amitiés.

Demain lundi, retour sur un livre qui évoque un « cas criminel » bien connu.

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