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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 05:55

À l'origine, un fait divers vécu par Dashiell Hammett, à l'époque où il était détective chez Pinkerton, lui inspira son célèbre roman “Le faucon maltais” (1930), qui consacra son talent. L'affaire criminelle remontait au printemps 1922, à San Francisco. Il transforma les noms des protagonistes : son coéquipier Mike Arnette devint Miles Archer, la secrétaire Evie LeFabre de l'agence Pinkerton étant changée en Effie Perine, tandis que la coupable Moira O'Shea serait désormais Brigid O'Shaughnessy. Quant à Sam Spade, il offrit au détective privé son premier prénom, Samuel. Le séducteur Hammett éprouva-t-il des sentiments amoureux envers Moira O'Shea ? Sans doute préféra-t-il que le tribunal la condamne à un internement psychiatrique plutôt qu'à de la prison. Pour le reste, la vie de l'écrivain se poursuivit, aux côtés de sa maîtresse, la dramaturge Lillian Hellman.

En 1933, après onze ans en psychiatrie, Moira s'arrange pour retrouver Hammett. La rousse aux yeux bleus et aux longues jambes admet n'avoir guère changé : “Je suis une garce sournoise, y a pas à tortiller là-dessus.” Renouer intimement avec l'écrivain ? Il n'en est question ni pour lui, ni pour elle. Moira souhaite juste récupérer la fausse statuette du Faucon noir, qu'Hammett possède maintenant. Pour se débarrasser d'elle, il la lui donne. Une erreur, peut-être, si cet objet de pierre date bien du temps des Croisés, si c'est une sorte de talisman aux vertus magiques. Par la suite, il n'écrira plus de roman, mais Dash va croiser bien des gens qui lui parleront de la statuette. Si le cinéaste John Huston sait d'avance que sa carrière va décoller, grâce à son adaptation avec Humphrey Bogart et Mary Astor, d'autres gardent un certain antagonisme envers l'écrivain.

À San Francisco, quatorze ans après les faits, il rencontre Evie LeFabre. L'ex-secrétaire de chez Pinkerton, insatisfaite de son personnage dans le roman, est sur la mauvaise pente. En 1948, Hammett donne des cours à la Jefferson School for Social Sciences, non sans but politique. Il reçoit la visite de son ancien coéquipier Mike Arnette. Qui lui en veut toujours pour le rôle qu'il lui attribua dans “Le faucon maltais”. Et alors ? Malade, Mike n'enquêta pas, et Sam sauta sa femme, en effet. Le détective ne cache pas qu'il est au service du sénateur Joseph McCarthy : trois ans plus tard, ça vaudra quelques semaines de détention à Hammett. Dans sa prison du Kentucky, se trouve un des coupables de l'affaire de 1922. Plus étonnant, en 1942, s'était produit un face-à-face entre l'écrivain et quelqu'un laissé pour mort dans cette histoire. Qui cherchait lui aussi la fameuse statuette.

À la Saint-Sylvestre 1959, Hammett n'en a quasiment plus que pour une année à vivre, il en est conscient. La réponse à toutes ses interrogations sur le sens mystique, et les vertus bénéfiques ou maléfiques du Faucon Noir, il espère la trouver au domicile de Mme Paxton, une riche veuve de médecin. À condition qu'elle ne soit pas devenue amnésique…

Owen Fitzstephen : Le dossier Hammett (Rivages/Noir, 2015)

Attention, la quatrième de couverture peut induire en erreur : “Pourquoi Dashiell Hammett a-t-il cessé d'écrire ? […] "Le dossier Hammett" lève le voile sur les causes de cette terrible malédiction.” Il eût été bon de préciser qu'il s'agit d'une fiction, d'un roman autour de l'écrivain et du "Faucon maltais", d'une sorte de biopic dirait-on pour le cinéma. Et non d'un "dossier" documentaire, comme le laisse supposer le titre. Certes, l'auteur évoque des épisodes avérés du parcours de Dashiell Hammett, mais il introduit surtout des scènes imaginées pour alimenter l'intrigue. Sympathique jeu littéraire : on apprécie par exemple les romans de Gyles Brandreth dont Oscar Wilde est le héros.

Un mystère Hammett sur sa “panne d'inspiration qui allait s'éterniser jusqu'à la fin de sa vie”, pourquoi pas ? On sait que Joe Gores (1931-2011) exploita les mêmes principes avec “Hammett” (1975), “Spade et Archer” (2009). Que l'on n'espère pas retrouver dans cette fiction le style d'Hammett, ce béhaviorisme qui constate les faits et les comportements. Sur la base d'un puzzle d'éléments, on tente de reconstituer le lien entre la statuette et l'écrivain. Il n'est pas indispensable d'avoir lu “Le faucon maltais” pour suivre ce roman.

L'auteur respecte l'authenticité de l'univers de l'écrivain : “Hammett acquiesça. Il aimait "Dashiell" sur les couvertures de ses livres. Dans la vie, il préférait Sam. Mais Lily lui disait "Dash" et à présent, tous ses amis à New York et à Hollywood, avaient adopté ce prénom.” Ambiance durs-à-cuire, comme il se doit, exempte de violence véritable. Si toutes les scènes ont leur charme, ou sont explicatives, on peut éprouver un petit penchant pour la rencontre avec John Huston et la visite des studios de tournage du film. Ce polar noir (inédit) est un bel hommage au maître, Dashiell Hammett.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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commentaires

Philippe 06/01/2016 16:20

Bonjour M. Le Nocher, Serge,

En reprenant le sujet du Président Truman.
Dimanche soir donc après les précédents commentaires, quelqu'un ( de la famille de Sébastien Bottin qui créa l'annuaire qui porta son nom ) m'a parlé du livre suivant. Vous le connaissiez peut-être déjà ?
Truman est, des trois Présidents en couverture, celui du milieu, entre Nixon et George Bush Junior, sans doute faut-il comprendre que ce sont eux les pires d'après Stone. Rappelons néanmoins que tous les Présidents depuis Wilson ( que personnellement je ne situe pas, par rapport à Washington ou Jefferson ou Adams ) jusqu'à Obama, sont étudiés. Que pour les auteurs, même les Présidents auxquels on ne pense pas ou qe le grand public ne connaît plus pourraient avoir accompli des actes, pris des décisions répréhensibles à leurs ( les auteurs du livre ) ou à nos yeux.

http://www.parislibrairies.fr/detaillivre.php?gencod=9782915134711

Les crimes cachés des présidents
Oliver Stone, Peter Kuznick
Saint-Simon

Oliver Stone, oui, le cinéaste ( Platoon entre autres ), qui connaît par ailleurs très bien la France, pays de sa mère.

Cordialement

Claude LE NOCHER 06/01/2016 16:49

Bonjour Philippe
Merci pour cette info, car voilà un ouvrage fort intéressant.
Qu'un dirigeant politique fasse preuve de cynisme n'est pas pour nous surprendre. Qu'il soit parfois sous l'influence de conseillers non-désintéressés, au service du lobby de l'armement, on le sait. Qu'il faille prendre des décisions rapides, cruciales, destructrices, c'est la fonction qui l'exige... Mais ce qui interroge, c'est la capacité intellectuelle de certains dirigeants. Non point qu'on doive les traiter d'abrutis, raccourci trop facile. Toutefois, si on prend le cas Nixon, l'ensemble de son parcours n'eut rien de "brillant" (même si Kissinger n'était pas un saint, heureusement qu'il modéra quelque peu Nixon). Typique du "je veux le pouvoir pour le pouvoir", mais sûrement pas à la hauteur. Harry Truman fut, lui, un vrai "méchant", un pervers de la politique, un calculateur. Quant à Bush Jr, il fut largement sous "influence moraliste religieuse" autant que celle de l'industrie guerrière... Et dire qu'un Donald Trump a des chances de diriger les Etats-Unis...
Amitiés.

Serge 31 03/01/2016 00:01

Salut Claude.
Oui, excellent bouquin et bel hommage au noir. Guérif m'avait confié qu'il envisageait d'en faire le n°1000 de Rivages Noir, justement pour cet dernier aspect. Il s'est donc finalement ravisé. La collection en est à son 1004éme titre, et le fameux n°1000 reste à ce jour vacant (parution prévue début 2016...).
Amitiés.

NB: Philippe a raison, "Le mirage de la vie "est un film exceptionnel, d'une sensibilité exacerbée rare dans le cinéma US. J'avoue qu'à chacune de ses visions, je ne peux m'empêcher d'avoir les yeux embués lors des dernières scènes...

Claude LE NOCHER 03/01/2016 06:20

Salut Serge
Ah, le symbole d'un n°1000 ! Choix d'autant plus compliqué que rares sont, évidemment, les collections atteignant ce seuil à notre époque. J'avais acheté ce "Dossier Hammett" à sa sortie, il y a quelques semaines, mais j'attendais... et c'est ainsi qu'il est ma première chronique 2016.
Concernant ce film, je vois que Sandra Dee fut doublée en français par Françoise Dorléac, tandis que la délicieuse Martine Sarcey doublait l'actrice incarnant Sarah Jane. Sandra Dee a laissé une image "proprette" dans l'esprit des Américains, mais elle sut visiblement incarner des rôles plus dramatiques.
Amitiés.

Philippe 02/01/2016 19:46

" Le Temps d'aimer et le temps de mourir " , je voulais dire film de 1958, se passant en 1944.

Philippe 02/01/2016 19:20

Je recommande un film que vous avez sans doute vu, M. Le Nocher.
Je crains que beaucoup de personnes ne le connaissent pas.
Le Mirage de la vie ( 1959 ), de Douglas Sirk. Avec Lana Turner, John Gavin, Juanita Moore, Sandra Dee, Susan Kohner.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mirage_de_la_vie

Douglas Sirk est un cinéaste inconnu des plus jeunes générations. Il avait la particularité - il est vrai plus répandue à son époque - de ne pas être un Américain de naissance, mais l'un de ces anciens Européens venus s'établir aux Etats-Unis.
Comme les Britanniques Charlie Chaplin ou Alfred Hitchcock. Les Français William Wyler ( Ben-Hur, 1959 ) ou Jacques et Maurice Tourneur. L'Autrichien anti-nazi et juif Otto Preminger ( Autopsie d'un meurtre ( 1959 ) ; Exodus ( 1960 ). Le Hongrois Michael Curtiz ( Robin des Bois, 1938 ). L'Allemand Fritz Lang. Son compatriote relativement oublié Robert Siodmak ( Les Tueurs ( version de 1946 ) avec Burt Lancaster d'après Ernest Hemingway ; The Spiral Staircase ( 1946 ) d'après la Britannique Ethel Lina White aussi auteur du roman adapté par Hitchcock dans " Une femme disparaît " en 1938 ).
Douglas Sirk était un Danois élevé en Allemagne principalement. Anti-nazi, il fuit ce pays pour les Etats-Unis. Il tourna en 1945 " Le Temps d'aimer et le temps de mourir " sur l'histoire d'un soldat allemand à la fin de la guerre. Et alors que son propre fils resté lui en Allemagne était soldat dans la Wehrmacht, porté disparu au combat.
Fritz Lang avait tourné " Furie " ( 1936 ), l'histoire d'un homme dans une petite ville du Sud, injustement accusé de viol et poursuivi par la foule qui veut le lyncher. Lang, peut-être plus sensible au sujet que des Américains de naissance, entendait illustrer la question des lynchages dans les Etats du Sud, touchant des hommes noirs le plus souvent ( des Blancs, Asiatiques ou autres ont quand même été lynchés dans l'Histoire des Etats-Unis ) pour avoir supposément - sans preuves - violé des femmes ( toujours blanches sans aucune exception ). Lang avait d'abord voulu confier le rôle de l'innocent à un acteur de race noire, mais y renonça et choisit l'acteur Spencer Tracy. Car dans ces années 1930 un Noir dans un rôle principal était une chose inenvisageable. En outre, tout le monde, producteurs, spectateurs, distributeurs, aurait boycotté le film. Des spectateurs voyant un Noir menacé de lynchage n'aurait pas compris que le film condamnait la pratique du lynchage, ils auraient cru que le personnage était coupable et méritait ce qu'on voulait lui faire. Il fallait que l'acteur soit blanc pour que les spectateurs perçoivent la dénonciation des lynchages.

Le " Mirage de la vie " raconte l'amitié entre deux jeunes filles dont les mères séparées de leurs maris se rencontrent sur une plage, les filles étant encore toute jeunes. Elles sympathisent malgré leur différence de race. Annie ( Juanita Moore ) propose ses services comme domestique à Lora ( Lana Turner ), actrice en difficultés. Susie ( Sandra Dee ) est la fille blonde de Lora. Sarah Jane ( Susan Kohner ) est la fille d'Annie, une Noire. Sarah Jane doit à son père, qu'elle n'a pas connu, qui était noir mais d'un teint plus clair qu'Annie, une pigmentation claire et des traits fins qui peuvent la faire passer pour une Blanche. Ce qu'elle mettra à profit. Rejettant ses origines noires, devenue jeune fille, elle se fait passer pour blance. Dans la société ouvertement et légalement ségrégationniste d'alors ( le film de 1959 est le plus connu, mais c'est le remake d'un film de 1934 disponible en bonus dans le DVD ), on peut le concevoir à défaut de l'approuver.
Les deux filles grandissent et s'éloignent ou se rapprochent alternativement.
Vous voyez le synopsis dans l'article ci-dessus.
Sarah Jane rejette sa mèreouvertement noire, y compris quand elle vient la voir au cabaret où elle est danseuse en tant que Blanche, aux côtés des autres danseuses vraiment blanches.
A la fin du film, Annie meurt, ses obsèques ont lieu, Sarah Jane revient vers elle, trop tard.

Dans la réalité, citons Merle Oberon. Une actrice tombée dans un relatif oubli comme d'autres. Elle jouait Catherine Earnshaw dans l'adaptation des Hauts de Hurlevent, d'Emily Brontë. Un film de 1939 avec Laurence Olivier dans le rôle de Heathcliff.
Merle Oberon était née dans l'Inde alors colonie britannique d'avant la Seconde Guerre mondiale, dans les années 1910. Sa mère était Indienne. Elle-même avait des traits européens, mais un teint moins clair que des Britanniques d'Angleterre. En grandissant, soucieuse d'échapper au racisme dont étaient victimes les Indiens, elle faisait passer sa mère pour sa bonne quand il y avait des visiteurs.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Merle_Oberon

Savez-vous qu'il ne reste que trois survivants de l'âge d'or d'Hollywood encore en vie ?
Kirk Douglas et Olivia de Havilland ( nés en 1916 ) et Zsa Zsa Gábor ( née en 1917 ).

Cordialement

Claude LE NOCHER 02/01/2016 20:22

"C'était notre rubrique cinéma des Fêtes, merci Philippe, à vous les studios de la RTF à Cognac-Jay..."
Non, je plaisante...
Quand vous évoquez un acteur que je vénère, Kirk Douglas, je n'ai hélas pas le droit moral de vous raconter une scène véridique avec lui. Je confirme : un grand Monsieur !
Des personnages mythiques, de 1916 à 1926...
J'ai à ce moment une pensée pour mon rockeur historique préféré : le merveilleux Chuck Berry. Qui fêtera (souhaitons-le) ses 90 ans en octobre prochain. Qui croyez-vous que j'écoute tout en vous écrivant ?
Amitiés.

Philippe 02/01/2016 18:12

Je partage ce que vous dîtes sur Hoover et Truman. Mais rappelons des faits que vous ou moi connaissons, mais que beaucoup de gens ignorent.
Certes, Truman, surtout connu pour être le Président des Etats-Unis qui a ordonné les bombardements atomiques au Japon en août 1945, Roosevelt étant mort en cours de mandat en février 1945, a soutenu Hoover. Hoover qui entre autres choses était opposé à l'intégration raciale. Mais c'est sous Truman, en 1948, que la ségrégation raciale aux Etats-Unis a été abolie dans un premier milieu.
On sait que pour une véritable politique nationale de déségrégation raciale aux Etats-Unis, il faudra attendre le milieu des années 1950 avec le célèbre arrêt de la Cour Suprême des Etats-Unis de 1954 Brown contre Board of Education, renversant l'arrêt de 1896 Plessy contre Ferguson. Et la volonté des présidents à partir d'Eisenhower ( oui, je sais qu'il a à son passif l'exécution injustifiée du couple Rosenberg ), Kennedy puis Johnson d'entreprendre une déségrégation raciale généralisée.
Pourtant, c'est un fait peu connu que c'est sous Harry Truman qu'il a été mis fin à la ségrégation raciale, donc non pas partout, mais dans un seul milieu. Et ce n'était ni dans les écoles ni dans les hôpitaux ni les transports publics ou cinémas ou restaurants.
L'armée, milieu supposé conservateur, est le premier milieu où, par un executive order de Truman, la ségrégation raciale a été abolie légalement en 1948. Alors qu'elle existait encore pendant la Seconde Guerre mondiale quand les troupes américaines alliées affrontaient les Nazis et Japonais. Cette mesure est symboliquement remarquable et digne d'être évoquée.
Bien qu'il ne m'échappe pas qu'il s'agissait de pousser un maximum d'hommes à s'engager pour combattre dans la guerre de Corée qui se profilait à l'horizon. Et que le racisme continuait en pratique à exister au sein de l'armée, les militaires blancs ne cessant pas d'être racistes du fait d'une abolition légale de la ségrégation. Les Noirs continuaient après 1948 à se voir attribuer les tâches les plus dangereuses ou les moins valorisantes comme éplucher les pommes de terre.

Rappelons aussi que si Kennedy était humainement et sur le plan des idées l'ennemi d'Hoover, aussitôt après son entrée en fonctions en janvier 1961, son tout premier acte a été de signer l'acte de confirmation de Hoover dans ses fonctions de directeur du FBI. Car chaque Président des Etats-Unis, dés qu'il est investi le 20 janvier suivant son élection en novembre, doit confirmer ou démettre le directeur du FBI.

Encore un fait peu connu ( que j'ai appris en regardant un épisode de la série l'Enfer du devoir ( fin des années 80 à la télévision française sur La 5, série suivant le quotidien d'une unité de combat américaine pendant la guerre du Viêtnam ) : les Nord-Vietnamiens adressaient souvent des messages sonores par haut-parleur à destination explicite et exclusive de ceux des GI américains de race noire. Les invitant à déserter pour venir les rejoindre, alléguant que cette guerre n'était pas la leur, qu'eux, Noirs, étaient déjà victimes dans leur pays du sort réservé aux Noirs par la société américaine. Qu'ils ne devaient pas en plus cautionner l'impérialisme américain en combattant comme GI au Viêtnam.
Rappelons que de nombreux GI ont eu des relations avec des femmes vietnamiennes d'où sont nés des enfants. On sait que certains ont choisi d'emmener femme et enfants aux Etats-Unis après la fin de l'engagement américain au Viêtnam. Mais pour les enfants de GI qui sont restés dans leur famille vietnamienne, on sait que ceux dont le père était noir ont été généralement victimes de rejet même dans la famille de leur mère. Beaucoup plus que quand le père GI était blanc. Encore un exemple qui illustre le racisme dans un pays et un contexte auxquels on ne pense guère.

Cordialement

Claude LE NOCHER 02/01/2016 20:13

Bonsoir Philippe
Pendant longtemps, Harry Truman fut pour moi le Président américain de l'après-guerre, celui du "plan Marshall" dont bénéficia ma grand-mère... bénéfice bien relatif, pour elle qui avait subi le STO, et ne fut "dédommagée" que par un logement précaire. Puis j'ai lu les mémoires de Charles Chaplin qui décrit comment, dès le début de la guerre, ce fumier de Truman se montra infect envers lui, et le fit black-lister (bien avant McCarthy).
"Mais c'est sous Truman, en 1948, que la ségrégation raciale aux Etats-Unis a été abolie dans un premier milieu." Allez dire ça aux mânes de Rosa Parks ! Ce n'est pas absolument faux, mais l'application de ces lois au niveau des Etats américains ne date que du tournant des années 1960. Voire du milieu des années '70 dans certains Etats sudistes.
Richard Bohringer (et d'autres) nous ont rappelé que, même en France, la "bâtardise" (je dis ça sans mépris) avec un soldat ennemi fut dramatique. Au Vietnam, occupé par tant de troupes, on peut imaginer la complexité...
Amitiés.

Philippe 02/01/2016 16:28

Bonjour M. Le Nocher,

Vous m'avez convaincu d'aller acheter ce livre dés aujourd'hui.

Ce qui me rappelle cet autre livre dont vous avez sans doute entendu parler, que j'avais acquis.

http://www.parislibrairies.fr/detaillivre.php?gencod=9782748516883

Hammett détective
Collectif ( plusieurs auteurs dont Stephanie Benson que j'aime beaucoup ou certaines de vos vieilles connaissances, Benjamin et Julien Guérif les deux fils de François - qui dirige la collection Rivages Noir - ou Marcus Malte ou Marc Villard ou T. ( Tim je crois ) Willocks dont vous avez sauf erreur chroniqué au moins un roman )
Syros, mars 2015

En parlant de l'agence de détectives Pinkerton, vous savez comme moi que dans la réalité elle avait des méthodes discutables tout en faisant preuve d'une grande efficacité.
( Lire l'album Lucky Luke contre Pinkerton. )
Mais j'en profite pour conseiller en littérature jeunesse la série Détective Pinkerton ( initialement parue sous le nom les Mystères du Far West ). Par Caroline Lawrence, connue surtout comme l'auteur des Mystères romains, cette série située dans l'Antiquité romaine mettant en scène un quatuor d'enfants qui s'improvisent détectives ( éditions Milan ).
Là, le jeune AJ Pinkerton est un garçon amérindien de douze ans dont les parents adoptifs sont tués et qui, après avoir retrouvé les desperados auteurs de ce crime, ouvre une petite agence de détective dont il est le seul membre et patron.

http://www.parislibrairies.fr/detaillivre.php?gencod=9782013239790

Détective Pinkerton t.1 : Les trois desperados
Caroline Lawrence
Hachette Jeunesse - Le Livre De Poche Jeunesse
2011 et 2013

http://www.parislibrairies.fr/detaillivre.php?gencod=9782013971003

Détective Pinkerton t.2 : Qui a tué Sally Sampson ?
Caroline Lawrence
Hachette Jeunesse - Le Livre De Poche Jeunesse N° 1838

http://www.parislibrairies.fr/detaillivre.php?gencod=9782012028715

Détective Pinkerton t.3 : A la poursuite de Violetta
Caroline Lawrence
Hachette, Livre de Poche, 2014

Il me revient aussi en mémoire ( non pas que je l'ai connue à l'époque, mais j'ai eu des exemplaires d'occasion achetés longtemps après ) une vieille série des années 1970 chez Hachette dans la Bibliothèque Rose.
Bobby-la-science, par Donald Sobol.
Le jeune Bobby aime résoudre des énigmes qui surgissent dans son voisinage. Chaque histoire invite le lecteur à trouver la solution, qui est indiquée dans les dernières pages.
Un peu comme les BD en 2 pages qu'on trouve dans des revues jeunesse, comme les P'tites Sorcières.

Cordialement, continuons bien l'année

Claude LE NOCHER 02/01/2016 17:09

Bonjour Philippe
J'ai effectivement lu (mais pas chroniqué) "Hammett détective" publié sous la direction de Natalie Beunat, traductrice du présent roman, et plus généralement de l'œuvre de Dashiell Hammett.
Par contre, j'avais lu et chroniqué "Lucky Luke contre Pinkerton" :
http://www.action-suspense.com/article-lucky-luke-contre-pinkerton-pennac-benacquista-ashde-58999192.html
Vous constaterez que dans "Le dossier Hammett", l'auteur n'occulte pas la question des briseurs de grèves de chez Pinkerton (son ex-coéquipier en reste fier, Dash beaucoup moins). L'agence Pinkerton représente, dans une certaine mesure, les prémices du FBI. Passons sur l'exécrable J.Edgar Hoover, je déteste encore davantage ce salopard d'Harry Truman qui soutint Hoover à fond, et se servit de cet autre crétin de Joseph McCarthy.
J'ai consacré une chronique aux "Interrogatoires" de Dashiell Hammett :
http://www.action-suspense.com/article-dashiell-hammett-coups-de-feu-dans-la-nuit-omnibus-64660579.html
Amitiés.

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