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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 04:55

À New York, le dentiste Craig Sheldrake et son épouse Crystal sont divorcés. Craig a demandé au cambrioleur Bernie Rhodenbarr de s’introduire chez son ex-femme en son absence, et d’y récupérer un maximum de bijoux et des montres, ainsi que les quelques centaines de dollars qu’il trouvera. À l’époque de leur mariage, ces bijoux étaient un placement pour masquer des sommes non-déclarées. Bien que l’immeuble soit sécurisé, Bernie Rhodenbarr n’éprouve aucune difficulté à pénétrer dans l’appartement. Pensant être tranquille pour la soirée, il remplit sans se presser la mallette qu’il a apportée. Mais Crystal est de retour plus tôt que prévu, en compagnie d’un amant d’un soir, comme souvent. Bernie est obligé de se réfugier dans la penderie de la chambre de Crystal, où il risque d’étouffer si les ébats de la femme du dentiste s’éternisent.

Bernie a juste oublié sa mallette dans une pièce de l’appartement. Il se retrouve bientôt enfermé à clé dans ce fichu placard. Il est témoin auditif du meurtre de Crystal Sheldrake, qu’il constate avant de quitter les lieux. Sans sa fameuse mallette, qui a disparu. Jillian Paar est la svelte et menue assistante du dentiste Craig Sheldrake, et sans nul doute son amante. Jillian n’ignore pas que Bernie est un cambrioleur, et pense le plus grand mal de l’ex-épouse de son patron. Dès le lendemain, elle contacte Bernie afin de lui apprendre l’arrestation du mari de Crystal. Elle ne peut pas vraiment fourni d’alibi au dentiste. Bernie ne tarde pas à la rejoindre. Deux duettistes de la police, pas franchement désopilants, viennent les interroger. C’est ainsi que Bernie et Jillian vont savoir que la victime a été tuée avec un scalpel de dentiste. Un indice un peu trop évident pour désigner le mari.

Face aux deux flics Todras et Nyswander, Jillian et Bernie font semblant d’être ensemble. Par la suite, elle et lui vont mener chacun leur petite enquête. Dans les bistrots fréquentés par Crystal, Bernie est obligé de s’alcooliser mais ça porte ses fruits. Grâce à Frankie, une amie proche de la victime, il situe trois hommes possiblement suspects. Peut-être furent-ils des patients du dentiste, c’est à vérifier. À ce stade, Ray Kirschmann – “le meilleur flic qu’on puisse se payer avec du fric” – pointe son nez dans cette affaire. La moitié du butin, voilà ce qu’il réclame, après avoir fait part de ses déductions à Bernie.

Pendant ce temps, Craig Sheldrake a été libéré, après avoir balancé le cambrioleur aux flics. Pour se dédouaner, Bernie suit ses principales pistes. L’artiste-peinte Walter Grabow n’est pas facile à retrouver, et il vaut mieux ne pas s’éterniser avec lui. Quant au nommé Knobby, c’est un barman logeant dans un studio pas du tout propre. Bernie y découvre une mallette. Pas la sienne, mais celle-ci contient une forte somme en billets. Ça sent la combine à haut risque, il est donc préférable de cacher ladite mallette au plus tôt. Quand un témoin de l’affaire est assassiné, Bernie devient plus suspect que jamais pour les flics…

Lawrence Block : Le monte-en-l’air dans le placard (Super Noire, 1979)

Jillian était incontestablement une charmante jeune personne. De plus, je préférais de beaucoup être appelé Bernie, plutôt que M.Rhodenbarr que j’avais toujours trouvé un peu pompeux. Ses doigts sentaient bon les épices, et il semblait raisonnable de supposer que cela ne se limitait pas à ses doigts. Jillian était le tendre objet de Craig, bien sûr, ce qui ne me dérangeait pas car je n’avais aucune intention d’aller semer la discorde dans les relations passionnelles d’autrui. Ce n’est pas mon genre. Je ne vole que des espèces et des objets inanimés. Malgré tout, on n’a pas besoin d’avoir des visées sur une jeune personne pour apprécier sa compagnie. Et si Craig était reconnu coupable, Jillian se retrouverait sans emploi et sans amant, tout comme je serais sans dentiste, donc nous n’aurions aucune raison de ne pas nous consoler mutuellement.
Mais pourquoi bâtir des châteaux en Espagne ? Un salaud n’avait pas seulement tué Crystal Sheldrake. Il avait eu le culot de voler les bijoux que j’avais déjà volés. Et j’avais la ferme intention de lui faire payer ça.

Ce roman a été transposé au cinéma en 1987 sous le titre “Burglar”, un film d’Hugh Wilson avec Whoopi Goldberg, dans le rôle principal. Bernie devient Bernice Rhodenbarr, cambrioleuse californienne. Avec un Carl, à la place de sa meilleure amie Carolyn. Le flic malhonnête Ray Kirschmann est présent, mais c’est la dentiste Cynthia Sheldrake qui embauche Bernie et son mari qui sera assassiné. Lawrence Block aurait peu apprécié cette version de son roman. Il est vrai que l’image de la pétulante Whoopi Goldberg colle assez mal avec celle du libraire-cambrioleur Bernie Rhodenbarr. Et que l’ambiance new-yorkaise joue son rôle dans cette série de romans.

Après “Le tueur du dessus” (1978), “Le monte-en-l’air dans le placard” (1979) est la deuxième aventure de Bernie, sur les onze romans dont il est le héros (jusqu’en 2016). Son amie lesbienne Carolyn Kaiser ne figure pas encore au casting. Habitant dans la 71e Rue, côté West End, il n’a pas encore repris la librairie Barnegat Books sur la 11e Rue-est de Greenwich Village. Fortement soupçonné, il a tout intérêt à se sortir du pétrin en retrouvant le vrai coupable : intrigue classique du polar. Évidemment, c’est la tonalité enjouée de Lawrence Block qui fait toute la différence. Bernie étant un charmeur, on verra s’il a des chances de garder la belle Jillian. S’il doit parfois filer en vitesse, il aime beaucoup ruser avec la police, et improviser une identité-bidon afin d’obtenir des renseignements. Nul doute qu’il saura tirer profit de cette histoire, pourtant mal engagée. Le roman noir peut s’avérer souriant, en voici la preuve.

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commentaires

Philippe 19/07/2017 02:14

A propos d'envierges, je viens de chercher un peu, il faudrait comprendre que la Vierge serait apparue.
Je ne connaissais pas ce site mais voyez ( l'article date de 2008, mais les photos valent le coup d'oeil ) :

http://lesdurocasseriesdepierlouim.blog50.com/tag/rue+des+Envierges

Cordialement

Claude LE NOCHER 19/07/2017 16:51

Bonjour Philippe
Les titres de la série d'origine commencent tous par "The burglar...", ce qui n'a pas été respecté par l'édition française. La formule "le monte-en-l'air" est-elle toujours synonyme de cambrioleur dans l'esprit du public ? Je n'en suis pas sûr. Sauf erreur de ma part, "burglar" désigne d'ailleurs les cambrioleurs traditionnels, à l'ancienne, pas les braqueurs violents.
D'où viendrait le mot "Envierges" ? Un sens religieux en référence à la Vierge ? Alors, pourquoi ce pluriel ? Ou bien, quand la rue fut nommée, était-elle vierge de toute construction ? Notons encore qu'existe un verbe "enverger" qui peut avoir été mal écrit ?
Amitiés.

Philippe 19/07/2017 02:03

Rebonjour M. Le Nocher,

J'ajoute qu'il existe à Paris 20ème une librairie qui s'appelle le Monte-en-l'air, ceci étant dû à sa situation dans le quartier de Ménilmontant. Pour y aller, il faut emprunter deux escaliers.
Ce n'est pas un quartier ou une librairie que je fréquente habituellement, j'y suis allé une seule fois à ce jour.

https://www.parislibrairies.fr/librairie-2809/Le-monte-en-l-air/

2 rue de la Mare
75020 Paris

https://montenlair.wordpress.com/

Librairie Galerie Le Monte-en-l’air
71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare
75020 Paris

Vous savez que c'est le même quartier où Maurice Chevalier passa son enfance puisqu'il se présentait lui-même comme un " p'tit gars de Ménilmontant " .
Et aussi le quartier - surtout autour de la rue des Cascades, des Rigoles ou des Envierges ( j'avoue ne pas savoir ce qu'est une envierge ) - où se déroula l'histoire de Casque d'Or ( Amélie Hélie ) vers 1900, sur fond d'Apaches de Belleville. On pense bien sûr au film de 1952 avec Simone Signoret, Serge Reggiani, Raymond Bussières, réalisé par Jean ou Jacques Becker.

Cordialement

Philippe 18/07/2017 16:48

Bonjour M. Le Nocher,

Vous savez, à propos de la question de la prise en charge du handicap dans nos sociétés, que Louis XIV, par-delà tout ce qu'on peut par ailleurs critiquer dans divers domaines quand on parle de lui, se montra précurseur en créant le bâtiment des Invalides. A l'origine destiné à veiller à secourir les soldats blessés voire estropiés qui ne pouvaient plus combattre.

Vous connaissez aussi je pense l'histoire d'Alexandre-Olivier Oexmelin ( ou Exquemelin ), qui, parce que le même Louis XIV, déjà vingt ans avant de révoquer en 1685 l'Edit de Nantes que son grand-père Henri IV avait promulgué en 1598, fit interdiction vers 1665 aux Protestants, comme Oexmelin, de l'exercice de la profession de médecin et de chirurgien ( cette dernière ayant été créée, en France, par Louis XIV qui fut opéré de la fistule par un barbier, jusque-là seule existait la profession de barbier ) , choisit de partir aux Antilles. Où il devint le chirurgien attitré de la flibuste et le resta trente ans.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre-Olivier_Exquemelin

Lisez l'article indiqué en bas de page : il rappelle ce fait que vous ou moi connaissons, mais qui fut longtemps méconnu et dont on ne parle que depuis quelques dizaines d'années.
A savoir que les pirates des Antilles furent l'une des premières communautés humaines à prévoir un système d'indemnisation des préjudices et handicaps ( physiques à l'époque, il était quand même un peu tôt pour aborder la question des handicaps mentaux ) résultant de batailles maritimes.
Longtemps avant que les sociétés occidentales qui tenaient ces pirates pour des hors-la-loi qu'elles avaient exclus n'envisagent la mise en place de tels systèmes de santé et de sécurité sociale.

L'appréciation du handicap chez les Frères de la Côte 1664-1675, selon Alexandre-Olivier Exmelin, chirurgien de la Flibuste, par Claude HAMONET (Masson, 2007).

http://claude.hamonet.free.fr/fr/art_exmelin.htm

" L’appréciation du handicap chez les frères de la Côte (1664-1675)
selon Alexandre-Olivier Exmelin, chirurgien de la flibuste.

En hommage à Henri Margeat qui a tant fait pour les victimes et qui m’a indiqué l’existence du code de compensation-réparation de la flibuste. "

" Résumé : La réparation des dommages causés par la violence intentionnelle ou non intentionnelle fait partie des critères d’équilibre et de développement d’une société soucieuse de garantir aux victimes une existence digne. Initiés par Hammourabi et repris par la Bible, ils se sont, jusqu’à présent, appuyés sur des constatations anatomiques lésionnelles directement monétarisées ou appréciées en pourcentages pour l’être secondairement. Le code des frères de la Côte de la Caraïbe avec son barème d’indemnisation en écus ou en esclaves n’échappe pas à ces règles et constitue même une avancée pour cette époque, témoin d’une société originale instaurée sur un mode coopératif sinon démocratique sous la protection de Bertrand d’Ogeron, gouverneur de l’île de la Tortue. "

" Cet article a fait l’objet d’une communication à la Société française d’Histoire de la médecine le 22 avril 2006, CHU Cochin, Paris, qui nous a autorisé à le publier. "

Cordialement

Claude LE NOCHER 18/07/2017 20:06

Bonjour Philippe
Je vais aller lire ça...
Mais oui, je me souviens que les pirates sévissant dans les Caraïbes constituaient une société à part entière. Un peu comme les mafias des favelas brésiliennes, ou - à l'origine- les mafias juives et italiennes à New York. Finances communautaires, logements à terre assurés, soins aux victimes, ce n'étaient pas des barbares. Nos brigands et autres bandits de grands chemins eurent aussi leurs organisations, d'ailleurs. Et dans les villes, les cercles type Cour des Miracles avaient un sens. Chez les malfaiteurs, l'individualisme est un concept finalement assez récent.
Amitiés.

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