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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:21

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Un personnage : PERELLO VALLESPI
d'André Lay

 

André Lay fit partie des prolifiques auteurs de la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. Il y publia son premier roman en 1956 : LE DIABLE EST AU FOND DU SAC (S.P.88). Il en écrivit 128, jusqu’en 1987. LES BONNES INTENTIONS (S.P.2067) fut son dernier titre. A la fin des années 60, il créa l’un des plus singuliers personnages de la littérature policière : le commissaire Vallespi. Les aventures de ce truculent héros se passent au Venezuela. Il est l’autoritaire chef de la police d’Apolonia.

« La petite ville située à peu près à égale distance de Merida et Trujillo, sur la Transandine reliant San Cristobal à Caracas, dominée au sud par la Cordillère, au nord par le lac Maracaibo, ne pouvant rivaliser avec ses voisines en pleine expansion, était un peu oubliée des pouvoirs publics. » (Sacré Vallespi,1968)

Perello Vallespi est un colosse de 120 kilos, rouge de figure, aux sourcils épais, à la moustache noire, qui a toujours un cigare coincé entre les lèvres. Voilà plus de 25 ans qu’il est dans la police. Il vit en couple avec la « voluptueuse Adelina » dont il est certainement amoureux. Ses subordonnés n’ont pas intérêt à évoquer la compagne de leur chef, sous peine de sanction. Malgré son poids, Vallespi ne manque pas de vitalité. Dès qu’il arrive, le commissariat tremble :

« … le colosse, cigare conquérant, moustache à l’horizontale, œil brillant, chemise de brousse impeccable, entrait en tornade dans le bâtiment. » (D’un seul coup d’linceul, 1976)

Les énormes colères de Vallespi font trembler tout le monde. Il passe peu de temps dans son bureau. Il préfère sauter dans sa Land Rover, pilotée par Fortino, pour mener l’enquête sur les lieux concernés. Il n’hésite jamais à affronter ses adversaires, le danger ne lui faisant pas peur. Son intrépidité le conduit parfois dans les pièges tendus par ses ennemis. Il trouve évidemment toujours le moyen de s’en sortir, et de faire éclater la vérité.

Santaca est le fluet adjoint du commissaire. Il représente exactement le contraire du corpulent et sanguin Vallespi :

« Grand, maigre, d’une pâleur maladive, le cheveu rare et terne, il paraissait fragile à côté du gros commissaire. Erudit, intelligent, sarcastique, il attendait sans impatience que son chef se casse une bonne fois les reins pour prendre sa place, ses connaissances dépassant de loin celles de Perello (…) Malgré leurs continuelles algarades, les deux hommes ne pouvaient se passer l’un de l’autre. » (Vallespi voit rouge, 1968)

Santaca n’est pas un instinctif comme son supérieur. Il sait se servir de son cerveau, se montrant aussi ironique qu’astucieux. Vallespi l’entraîne contre son gré dans ses aventures sur le terrain. S’il n’y est pas à l’aise, Santaca contribue souvent à sauver la situation, et à éclaircir un grand nombre d’affaires. Même au cœur de l’action, il n’est pas inutile de réfléchir.

Fortino est le chauffeur personnel de Vallespi. C’est un Noir toujours souriant. Il vit avec sa Doudou, une belle guadeloupéenne qui sait concocter des préparations miraculeuses. S’il se repose volontiers au commissariat ou dans la Land Rover, Fortino est prêt dès que son chef fait appel a lui. On le surnomme le Kamikaze d’Apolonia, car Fortino est un vrai danger au volant :

« Comme Vallespi faisait le vide devant lui dans les bureaux, Fortino faisait place nette dans les rues (…) Santaca ne pouvait monter en voiture sans songer que c’était pour son dernier voyage. » (V comme Vallespi, 1976) Dans cet épisode, la Doudou de Fortino est victime d’un enlèvement. Elle apparaît dans plusieurs autres romans.

L’inspecteur Scavaroni est la tête de turc de Vallespi. Il suffit de le présenter pour comprendre :

« Scavaroni, impeccable dans un costume feuille morte, cravate marron foncé, manchettes et col de chemise immaculés, fixait avec une désapprobation muette Perello Vallespi, vautré dans son fauteuil (…) Sorti frais émoulu de l’Ecole de Police de Caracas, le jeune inspecteur, en perpétuel désaccord avec son chef, devait chaque jour prendre sur lui pour retenir les propos cinglants qui lui venaient aux lèvres… » (One Man Show pour Vallespi, 1971)

N’ayant que mépris pour ce jeune policier sans envergure et trop raffiné, Vallespi l’écarte systématiquement de ses enquêtes. Il l’envoie sur des fausses pistes, car il veut résoudre seul les affaires. Un succès de Scavaroni diminuerait son prestige de chef, selon lui. Toutefois, l’inspecteur reste quelquefois impliqué dans l’histoire.

Bien sûr, le caractériel Vallespi n’a guère d’estime pour les autorités officielles, ni pour ses collègues d’autres villes. Tous des incompétents !

« Je parie que le commissariat de ce petit prétentieux d’Hernandez a brûlé. Il collectionne tellement de paperasse que cela devait arriver (…) Les fuyards n’ont pas de soucis à se faire. Les inspecteurs d’Hernandez ne retrouveraient pas une meule de foin cachée derrière une aiguille. » (Vas-y, Vallespi !, 1977)

Les aventures de Perello Vallespi sont, avant tout, des romans d’action. Néanmoins, les intrigues ne sont pas négligées dans ces histoires solides et mouvementées. Les péripéties sont racontées avec vivacité et humour par ce grand pro que fut André Lay. Il réussit à nous rendre sympathique, et même attachant, ce monstre de commissaire exotique.

 

Vallespi est le héros des romans Spécial-Police : SACRE VALLESPI (1968, SP 668) VALLESPI VOIT ROUGE (1968, SP 680) VALLESPI ET LE DELUGE (1969, SP 716) SAFARI POUR VALLESPI (1969, SP 734) VALLESPI CREVE L’ECRAN (1970, SP 788) VALLESPI CHASSE LA SORCIERE (1970, SP 813) ONE MAN SHOW POUR VALLESPI (1971, SP 871) VALLESPI ET LES SOUCOUPES VOLANTES (1971, SP 909) LES 12 TRAVAUX DE VALLESPI (1972, SP 952) VALLESPI, GO HOME ! (1972, SP 986) AVANTI, VALLESPI ! (1973,SP 1022) VALLESPI SENT LA POUDRE (1973, SP 1063) VALLESPI ET LES KAMIKAZES (1974, SP 1091) VALLESPI CHEZ LES AMAZONES (1975, SP 1168) HOURRA VALLESPI (1975, SP 1189) VALLESPI AU PILORI (1976, SP 1234) V COMME VALLESPI (1976, SP 1252) D’UN SEUL COUP D’LINCEUL (1976, SP 1289) -Y, VALLESPI ! (1977, SP 1332)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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