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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:25

 

« DES AVOCATS AVISES »


C'est, bien sûr, un clin d’œil aux titres de la série Perry Mason publiés autrefois dans la collection Un Mystère. S’il reste le maître absolu en ce domaine, d’autres personnages ne doivent pas pour autant être oubliés.

Qu’il s’agisse de Me Loursat, l’avocat alcoolique de Les inconnus dans la maison (de Georges Simenon, Gallimard, 1940) ignorant ce qui se passait sous son toit et plaidant la cause d’un jeune homme moins favorisé que ses « amis » de bonne famille… ou de Paul Biegler, déroutant avocat mi-blasé mi-combattif, de Anatomie d’un meurtre (de Robert Traver, Calmann-Lévy, 1958) défendant le lieutenant Manion, jugé pour avoir tué l’agresseur de son épouse, la trop belle Laura Manion… les avocats font partie des grands héros classiques de la Littérature policière. C’est bien naturel, puisque toute affaire élucidée – ou supposée telle – finit en justice. On parle de « romans de prétoire » pour qualifier ce genre d’ouvrages. Abusivement, car les séances au tribunal ne constituent jamais l’essentiel du récit. undefined

En effet, dans un roman comme dans la réalité, le rôle d’un avocat ne commence pas à la première audience des Assises. L’élaboration du dossier de la défense est primordial, et souvent difficile. Parfois, il faut établir quelle est la personnalité d’un accusé qui reste muet – comme dans Plaidoyer pour l’absent (d’Alain Page, Fleuve Noir, 1968) où l’assistant de l’avocat devra retrouver des témoignages de moralité favorables à cet homme qui, après des débuts artistiques prometteurs, a peut-être manqué de chance. La plupart du temps, il s’agit logiquement de découvrir le vrai coupable. Les enquêteurs s’étant fourvoyés, l’avocat doit reconsidérer l’ensemble des faits. Là où un défenseur réel se contente des pièces du dossier, l’avocat de roman prend une part active dans la recherche de preuves. Il met tout en œuvre pour sauver son client, prenant des risques pour démêler une situation complexe.

Il n’est pas question de recenser tous les avocats de romans (auxquels il conviendrait d’ajouter les juges d’instruction, les présidents des Assises, les procureurs, et autres districts attorneys, personnages-clés d’une multitude d’histoires). D’ailleurs, beaucoup n’entreraient pas dans le cadre qui vient d’être défini : les avocats meurtriers ou les avocats assassinés, par exemple. Intéressons-nous à trois d’entre eux ayant fait l’objet de séries. Le nom de Perry Mason vient immédiatement à l’esprit. C’est le champion toute catégorie en la matière, avec environ 80 romans, des millions d’exemplaires vendus, des adaptations télé. Voilà 70 ans qu’il existe, et il n’a quasiment pas vieilli. Mais évoquons d’abord deux de ses collègues, moins prestigieux mais aussi sympathiques : l’américain John Adams (du français Jean-Pierre Garen) et Valentin Roussel (d’André Héléna – sous le pseudo de Noël Vexin). Le premier ne totalise que dix-huit titres, le second dix-sept. Néanmoins, on aurait tort de minorer leurs qualités. Faisons plus ample connaissance avec ces héros, leur entourage, leur clientèle et leurs méthodes, avant de retrouver l’inusable Perry Mason.

 

JOHN ADAMS, de J.P.Garen (Fleuve Noir Spécial Police, 1961-1982)

 

John Adams est avocat dans une ville de Californie, Pin City – qui deviendra Big Pine. Il se décrit lui-même ainsi : «… Je mesure un mètre quatre-vingt-cinq et pèse dans les quatre-vingt dix kilos. Ma profession d’avocat ne me prédispose pas particulièrement aux sports violents, seulement j’ai fait la guerre de Corée dans les Marines et j’ai gardé un certain entraînement » (Poursuite sans espoir, 1963). Il est marié à Sylvia, une jeune veuve qu’il a rencontrée et défendue dans Justice à rendre (1961), premier roman de la série. Elle sera plusieurs fois directement mêlée aux affaires de son mari. Adams est associé à Patrick Sheldon (marié à Jane), leur cabinet est prospère : « Quoi que dix ans plus jeune que moi, c’est Pat Sheldon qui a provoqué notre association. Cette installation à l’âge de trente-cinq ans, après une sanglante aventure et mon mariage, a constitué un changement radical de mon existence » (Défense sans pitié, 1963). Si cet associé est présent dans l’histoire, il n’y tient généralement (comme Jane) qu’un petit rôle, devenant de plus en plus insignifiant. C’est dans Morte sous la pluie (1964) qu’il est le plus concerné par l’affaire.

Les deux meilleurs amis de John Adams sont Joe Scott et Bill Landon. Joe tient un snack-bar (puis un restaurant) que l’avocat fréquente très souvent, pour y faire le point sur le dossier en cours. Joe est un chaud lapin, qui n’hésite pas à aider Adams quand il doit se battre physiquement. Bill Landon est journaliste au « Pin City News », un informateur précieux et complice. En face, police et justice s’allient pour lui rendre la tâche difficile. Le capitaine Cartling est un policier efficace, qui sait rester juste : « La porte s’ouvre brutalement, et le capitaine Cartling apparaît. C’est un homme massif d’une cinquantaine d’années, les épaules légèrement tombantes, mais il ne faut pas se laisser abuser par son apparence car sous la couche de graisse roulent encore de solides muscles » (Malheur à la défense, 1964). C’est un enquêteur sérieux, sachant admettre ses erreurs, se basant sur les faits et non sur les rancœurs ou les impressions partisanes du district attorney. Laissons Adams nous présenter le D.A. : « Hillary Himes est petit, ventripotent et joufflu. Son crâne dégarni et brillant pourrait servir de publicité à une marque d’encaustique. Sa petite taille lui a donné sans aucun doute des complexes car il a un caractère épouvantable, mais je sais pour l’avoir affronté lors de précédentes affaires qu’il est aussi tenace qu’un bouledogue et aussi rusé qu’une tribu de renards » (Une semaine pour la défense, 1971). Un rude adversaire, très Américain dans sa mentalité bornée.

Quelle est la clientèle de John Adams ? Variée, puisqu’il défend aussi bien un petit truand de Los Angeles qu’un pompiste de Sun City. Mais ce sont souvent les proches de l’avocat qui sont en accusation. A commencer par son épouse Sylvia, plusieurs fois en cause, et par son ami Joe. Il assurera aussi la défense de son pire ennemi, le D.A.Himes. Et, restant dans la tradition, Adams sera en personne obligé de s’expliquer devant la Justice : « Voir un avocat accusé d’un crime n’est pas chose courante, à Pin City tout au moins, et cela attire la foule des grands jours. – Etat de Californie contre John D.Adams. Audience préliminaire, annonce le juge » (Dangereuse hospitalité, 1965). Sa méthode d’investigation est active et musclée. Outre les renseignements obtenus par Bill Landon, Adams affronte volontiers la partie adverse ou les suspects probables pour obtenir des preuves – quitte à se montrer quelquefois très violent. L’action est privilégiée, les séances au tribunal ne représentant en moyenne qu’un petit quart du récit. La plupart du temps, l’avocat n’a qu’un court délai pour préparer la défense de son client – ce qui donne une évidente vivacité à l’histoire. Plus que les intrigues, ce sont les conditions de chaque enquête – racontée à la première personne par l’avocat – qui priment, et donnent leur saveur à ces romans.

 

VALENTIN ROUSSEL, de Noël Vexin (Ditis-La Chouette, 1956-1961)

 

André Héléna créa ce personnage de série après en avoir discuté avec Frédéric Ditis, qui venait de lancer la collection « La Chouette ». Dans la postface de La croix des vaches (Fanval Noir, 1988) Ditis précisait : « Ce n’est pas au hasard qu’il avait décidé de faire de son héros un avocat. Le code de procédure pénale n’avait pas de secret pour lui. Gilles Perrault, qui appréciait ses romans et qui à cette époque était avocat, m’avait fait remarquer qu’Héléna ne commettait jamais la moindre erreur dans les scènes se déroulant au Quai des Orfèvres ou dans les descriptions des interrogatoires. Il était parfaitement au courant des méthodes de la police judiciaire… » En effet, Valentin Roussel ne plaide guère au tribunal, mais on le voit face à des juges d’instruction ou à la police, défendant habilement ses clients.

« - Roussel, Valentin, Roger, Alexis, 104 rue de Rennes, avocat » se présente-t-il au secrétaire d’un commissariat dans Ces messieurs de la famille (1956). Il n’est alors qu’un jeune avocat plein d’ambition. Au fil de ses aventures, il gagnera clientèle et prospérité, s’installant avenue Mozart avec sa compagne. Celle-ci se prénomme Roberte. Elle est journaliste à « Soir de France ». Une jeune femme dynamique qui participe aux affaires de Valentin (sous le prétexte d’en tirer des reportages). Gaston, rédacteur en chef du journal, apporte de l’aide à son ami avocat dans les premières histoires.

Ce n’est qu’au septième roman que Valentin bénéficiera d’une secrétaire : « Maintenant, Mlle Perlin était là en permanence (…) Il pouvait se payer une employée, et ce n’était pas là un mince triomphe. De plus, Mlle Perlin avait une excellente qualité. Elle n’était pas belle (…) C’était à cause de ces désavantages multiples que Roberte avait contraint Valentin à choisir Mlle Perlin parmi la foule des jeunes femmes accourues à son appel, non parce qu’elle était jalouse mais l’air bon chien de la pauvre fille lui avait plu » (Descente à Pigalle, 1958). Mlle Perlin jouera un rôle à part entière dans les aventures de l’avocat. Valentin Roussel se doit d’avoir un interlocuteur dans la police : ce sera le commissaire Chennier. Considérant que tous les flics se ressemblent, il le décrit peu : « Chennier le regarda et haussa les épaules. L’homme avait la quarantaine, il y avait donc assez longtemps qu’il était dans la police. Ce n’étaient sûrement pas les spectacles sordides qui lui avaient manqué » (Crochet au cœur, 1957).

La clientèle de Valentin Roussel vient de tous les milieux : des jeunes voyous qu’il essaie d’extraire de la mouise avant qu’ils ne s’y enfoncent, aussi bien que des gens modestes mal préparés aux problèmes. En s’embourgeoisant, il enquêtera Du côté de Passy (1959) et rencontrera la baronne de Cuxac (Diamants d’avril, 1960) ou M. de Puyvalador (Arrivederci Paris, 1960). S’il ne respecte pas toujours la stricte légalité, il est assez malin pour ne pas risquer sa carrière. S’il fréquente la faune de Pigalle, au point d’assister à certains règlements de compte entre bandes, il ne copine pas exagérément avec les truands (dans la postface déjà citée, Ditis ajoutait : « Il m’a toujours semblé aussi qu’il parlait très bien des hommes du Milieu. Que d’ailleurs il méprisait. » C’est absolument certain). Ses aventures permettent de découvrir les coulisses du monde des jeux d’argent clandestins, des Halles, de la boxe, des boites de nuit servant de façades aux truands, des receleurs, etc… On ne peut pas parler de méthodes d’enquête : Valentin est averti d’une sale affaire, ou il trouve un cadavre, ou il est consulté par un brave homme inquiet… et voilà notre héros plongé dans une nouvelle histoire mouvementée, aux nombreux rebondissements (le savoir-faire de l’auteur est indéniable). Les intrigues ne sont pas aussi simplistes qu’on pourrait le croire. Ce qui est remarquable, c’est la narration plutôt souriante de ces aventures, l’auteur ayant sans doute réalisé qu’on n’attire pas le public sans une dose d’humour.

Rappelons qu’il fut encadré pour les premiers romans de la série par Simone Sauvage, puis par Claire Cailleaux.

 

PERRY MASON, d’Erle Stanley Gardner (Presses de la Cité, Gallimard)

 

On ne présente plus l’avocat Perry Mason. Dans sa toute première affaire écrite en 1933, en réponse à une visiteuse, il livre une véritable profession de foi : « - D’accord, moi je suis différent. Si je me suis fait une clientèle, c’est parce que je lutte pour mes clients (…) Les gens ne viennent pas me trouver parce que ma tête ou mon mobilier les ont séduits, ou parce qu’ils ont fait ma connaissance à un club. Ils viennent me trouver parce qu’ils ont besoin de moi. Ils viennent me trouver parce qu’ils attendent que je fasse quelque chose pour eux » (Sur la corde raide, Gallimard, 1951).

Mais que serait Perry Mason sans Della Street ? C’est M.B.Endrèbe, traducteur d’une grande partie de la série, qui la décrit le mieux : « Dévouée corps et âme à son employeur – qu’elle appelle « patron » et dont elle est discrètement amoureuse – Della Street est d’un loyalisme à toute épreuve. Jamais prise de court par les réactions imprévues de l’avocat, il lui arrive même de prévenir par ses initiatives les demandes de Perry Mason, tant elle est habituée à penser comme lui. Elle est toujours prête à le seconder dans ses recherches, au risque même de se compromettre personnellement (…) En sus de quoi, elle est fort jolie, extrêmement féminine, et possède un cœur prompt à s’émouvoir devant une cause désespérée… » (Préface de l’Omnibus Objection, votre honneur, Presses de la Cité, 1990).

Le troisième pilier des aventures de Perry Mason est le détective privé Paul Drake, prêt 24 heures sur 24 à enquêter pour son voisin avocat. Lui aussi mérite bien d’être présenté : « Paul Drake, le détective, ne ressemblait en rien à l’idée qu’on se fait généralement du directeur d’une agence privée. Il était grand, avec un long coup tendu en avant. Ses yeux globuleux, à fleur de tête, avaient une perpétuelle expression d’amusement secret. Pour lui, le meurtre était un petit incident sans importance de la vie quotidienne » (La jeune fille boudeuse, Gallimard, 1951). Dans le personnel de Perry, outre Jackson – un obsédé des textes de loi – on ne peut oublier la standardiste Gertie, amusante jeune femme souvent pleine de bon sens qui joue parfois un rôle fort utile à son patron.

Le lieutenant Tragg est la plupart du temps chargé des enquêtes de police. Entre Mason et lui, on note un grand respect mutuel. Tragg est un pro, consciencieux, cherchant uniquement la vérité, ouvert à toute hypothèse si elle s’appuie sur des faits. A l’opposé, le sergent Holcomb représente le flic obtus ne cherchant qu’à nuire à l’avocat et à ses clients. Il est aux ordres du District Attorney. Les relations entre Perry Mason et le D.A.Hamilton Burger sont tendues, voire houleuses : « Les reporters et Mason savaient déjà que Burger serait frustré de la belle publicité qu’il escomptait (…) les rédactions se disputeraient les clichés montrant le district attorney , le visage convulsé de rage, essayant maladroitement de boxer Mason, tandis que l’avocat esquivait légèrement l’attaque » (La femme futée, Un Mystère, 1955). Si, estimant la cause facile, Burger laisse ses substituts s’en occuper au début du procès, il intervient ensuite soit parce qu’il pense triompher, soit pour contrer Perry Mason quand il prend l’avantage. Au final, il est évidemment battu par l’astucieux avocat.

Pour l’essentiel, la clientèle de Perry Mason est féminine – même quand il accepte de défendre des hommes, des femmes sont concernées de près. Ces jolies femmes peuvent être aussi bien serveuses de bars ou filles de milliardaires, risquer une accusation de meurtre ou vouloir sauver celui qu’elles aiment. L’important est que la situation soit insolite et attise la curiosité de Mason. Car c’est bien lui qui choisit sa clientèle. Ses honoraires varient selon les personnes, et sont parfois symboliques. Il peut engager de gros frais pour mener à bien une affaire. Pour comprendre sa méthode, il faut se souvenir que toutes les intrigues sont extrêmement compliquées. Il commence donc par glaner, en personne ou grâce à Paul Drake, un maximum de renseignements et d’indices. Au besoin, il complique encore plus les choses pour égarer la police – risquant d’être lui-même inquiété. La deuxième phase est généralement destinée à effectuer un premier tri parmi les suspects et les hypothèses possibles. Ce n’est que dans le dernier tiers du récit, consacré au tribunal, qu’on approchera peu à peu de la vérité. Toutefois, ce schéma comporte de multiples variantes. Sans doute est-il préférable de ne pas chercher à comprendre trop vite le nœud de chaque affaire. Il est plus prudent de suivre les péripéties de l’histoire afin d’en saisir tous les éléments. Le style de l’auteur étant plutôt simple, et la narration entraînante, on se laisse vite prendre au jeu. Même le grand Raymond Chandler adorait çà, nous dit-on. (Lire aussi les portraits de Perry Mason et Della Street dans L’almanach du Crime 1980 de Michel Lebrun, Editions Guénaud)

 

Il existe des points communs entre ces trois héros, mais aussi des caractéristiques fort différentes. Bien que proches, John Adams est nettement plus violent que Perry Mason – mais moins subtil lorsqu’il interroge les témoins au tribunal. Valentin Roussel entre plus vite dans le vif du sujet que ses deux confrères. Les clients de Perry Mason sont moins francs que ceux de John Adams. Ce dernier et Valentin Roussel ont une vie privée, on ne sait rien de celle de Perry Mason. Ces nuances (et quelques autres) font la particularité de chacun. Intrigues et narration n’ont pas non plus exactement la même forme. Mais laissons aux lecteurs le plaisir de les comparer, de les redécouvrir.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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