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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 06:57

 

Une chronique fut ici consacrée à Arnaud Le Gouëfflec, auteur d’un épisode de la série Léo Tanguy intitulé “Mon nom est Person” (Coop Breizh). Il est aussi scénariste de BD. Avec Olivier Balez pour les dessins, Arnaud Le Gouëfflec a déjà publié “Topless” chez Glénat. Le même duo nous propose aujourd’hui de faire la connaissance d’un étonnant personnage, “Le Chanteur sans nom” (Glénat). Il convient de préciser qu’il a réellement existé…

BD-GOUËFFLEC-BALEZLe fantôme du Chanteur sans nom s’est réveillé. Quand un jeune homme a retrouvé dans un carton à chaussures des traces de l’artiste, celui-ci est revenu des limbes. Ça l’agace autant que ça le flatte, cet intérêt pour sa vie passée. Certains épisodes, il ne souhaite sans doute pas trop y revenir. Néanmoins, sa célébrité fut bien réelle. Le Chanteur sans nom s’appelait Roland Avellis. Grâce au clown Champi, il débuta au milieu des années 1930 au club Les Noctambules, à Pigalle. Puis il écuma les cabarets, avant de d’interpréter les succès du moment sur Radio Cité. C’est là qu’on lui trouva son curieux pseudonyme, qui fit de lui le Fantômas de la chanson. Célèbre, ce corpulent interprète enregistra environ quatre cent disques 78 tours. Il fit la connaissance d’une jeune artiste qui aimait sa bonne humeur, la môme Piaf. Il devint bientôt l’ami d’un auteur-compositeur au talent prometteur, un certain Charles Aznavour.

De 1936 à 1945, ce bon-vivant qu’est Roland Avellis va connaître une période faste. Il cultive sa notoriété due à Radio Cité, fait la fête avec les prostituées “Pas pour la bagatelle, mais parce qu’on rigolait bien. C’était peut-être l’esprit de corps.” C’était un joyeux drille, autant qu’une aimable fripouille. Dépensant beaucoup, ce filou savait tromper son monde pour trouver de l’argent. Durant la guerre, ses origines juives auraient pu lui causer quelques ennuis. Il relance sa carrière déclinante en se faisant accompagner par l’accordéoniste Émile Prud’homme. Leurs tournées en province s’accompagnent d’un peu de marché noir, pas négligeable en ce temps-là. Coup de foudre quand il rencontre Paule. Ils se marient avec la bénédiction avinée du curé de Saint-Honoré d’Eylau. Ils ont une fille, Françoise, qui ne tarde pas à repérer les défauts de son père. Dépensier et alcoolique, Le Chanteur sans nom finira gravement diabétique.

Après-guerre, suite à une mésaventure en forme d’escroquerie, Roland Avellis entre parmi les proches d’Édith Piaf. Il y retrouve Charles Aznavour, le protégé de la chanteuse devenue riche et célèbre. Puis l’ancien cycliste André Pousse (futur comédien) devient l’amant de Piaf. Toujours désargenté, Roland commet maints petits larcins au détriment de la star et de son entourage. “Il nous a donné tellement en échange de ce qu’il nous a pris” témoigne Aznavour, qui lui pardonne comme tous ceux qui connurent Roland Avellis. Chassé finalement par Piaf, il devrait ménager sa santé. C’est l’inverse qui se produit, il se montre plus excessif. Suivi par une Luxembourgeoise amoureuse de lui, Hélène, il poursuit laborieusement des tournées dans les années 1960...

 

Le Chanteur sans nomS’il fallait plaider en sa faveur, voici ce que dirait un avocat : “Menteur, roublard, parfois escroc et souvent lâche, il n’a jamais dérobé que des clopinettes. Alors qu’il aurait pu dévaliser Piaf, il ne lui a chipé que des peccadilles. Il n’a jamais menti que pour se payer un coup de rouge. Et il a en contrepartie semé la bonne humeur et l’amour autour de lui.”

  Après avoir recueilli documentation et témoignages, Arnaud Le Gouëfflec signe là un remarquable scénario ! Il ne s’agit pas d’une biographie linéaire, mais d’un rapprochement astucieux entre passé et présent. La forme est pleine de fantaisie, à l’image de l’exubérant personnage. Rares sont les gens qui se souviennent encore de cet artiste, Le Chanteur sans nom. C’est un portrait attachant que, grâce à ses proches, nous découvrons à travers cette histoire. Loin d’être une époque idéale, notre regard sur ce temps-là est certainement un brin nostalgique. Question graphisme, soulignons la belle qualité des dessins d’Olivier Balez, parfaitement en harmonie avec le scénario. Quelques cases reprennent l’humour des blagues d’éphémérides, plaisanteries dont fut friand Roland Avellis. Hommage à un artiste hors norme oublié, cette excellente BD mérite d’être appréciée par un large public.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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