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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 07:20

 

Né en 1894, Dashiell Hammett est décédé le 10 janvier 1961, il y a tout juste cinquante ans. Fin 1922, il intègre l’équipe du magazine Black Mask, qui publie des nouvelles criminelles. Hammett devient très rapidement le chef de file du mouvement littéraire hard-boiled, dont les héros sont des durs-à-cuire. Il devient l’exemple à suivre pour les autres rédacteurs de Black Mask. Son sens des dialogues, l’utilisation du langage de la rue, de l’argot, ses descriptions par touches successives, précises, la force du rythme de ses phrases : tout ce qui définira son style apparaît déjà dans les premières nouvelles dit Natalie Beunat, en préface de Coups de feu dans la nuit. Cet Omnibus, qu’elle présente et supervise (en VF), propose soixante-cinq nouvelles (dont neuf inédites en français) réunies pour la première fois en un seul ouvrage.

HAMMETT-2011Père du Roman Noir, Dashiell Hammett fut lui-même un personnage singulier. Son œuvre fut écrite en quelques années seulement, de 1922 à 1934. Pour bien situer l’auteur, il est souhaitable de lire d’abord les deux préfaces, dont celle de Richard Layman, biographe de Hammett. Le texte de la petite-fille de Dashiell Hammett, Julie Marshall Rivett, intéresse aussi les admirateurs de l’écrivain.

Cinq magnifiques romans et leurs adaptions à l’écran ont apporté la notoriété à Dashiell Hammett. Ils ont été re-traduits et réédités en un seul volume dans la collection Quarto, chez Gallimard. Néanmoins, ses nouvelles offrent une autre approche aux lecteurs. De nombreux livres historiques et une multitude d’informations variées permettent de se documenter sur l’Amérique des années 1920-1930. Bien qu’étant des fictions, les textes d’Hammett donnent tout autant un témoignage sur l’époque, une illustration vivante du contexte. Car l’écrivain observa sans nul doute le monde de son temps, et pas seulement quand il fut détective (de 1919 à 1921) pour Pinkerton.

L’ensemble des protagonistes de ses histoires semblent issus de la réalité, décrits avec justesse. Il n’étale pas leur psychologie, puisque leur comportement et les faits suffisent à les comprendre. Voici un exemple d’une situation exposée clairement, indiquant une ambiance en quelques phrases. Le plancher vacilla sous mes pieds. Les fenêtres vibrèrent avec une violence qui dépassait l’intensité de l’orage. Le fracas assourdi d’une grosse explosion couvrit les bruits du vent et de la pluie qui tombait. Sans être toute proche, la déflagration n’était pas assez éloignée pour s’être produite hors de l’île. Grâce à pareille concision, les faits sont partagés et ressentis par le lecteur, bien mieux qu’en délayant la scène ou en prêtant au personnage d’inutiles hypothèses.

Au fil du temps, les nouvelles d’Hammett contiennent davantage de violence, pour obéir au thème de Black Mask. Pourtant, il évite généralement de montrer crûment les meurtres, n’en rajoute pas sur la brutalité. Si son héros est en difficulté, il fait face aussi sereinement que possible au danger. Je levai les mains. Je n’étais pas armé, n’ayant pas pour habitude de me munir d’un pistolet, sauf lorsque je sais que je vais en avoir besoin. Et mes poches auraient pu être bourrées d’une douzaine de flingues, ça n’aurait pas changé grand-chose. Je ne déteste pas tenter ma chance, mais elle n’existe pas lorsqu’on fait face au mufle d’un automatique qu’un homme décidé braque sur vous.

Histoires de détectives privés, avec le Continental Op (l’agent de la Continental) et, bien sûr, Sam Spade faisant ses premières apparitions dans ces nouvelles. Il faut rappeler que ce sont des hommes mûrs, des enquêteurs efficaces. S’ils sont dans l’action, rien à voir avec des super-héros dotés de facultés supérieures. Ils font leur métier, cherchant à définir la vérité, le plus humainement possible. La jungle urbaine est leur terrain de prédilection. Ils ne sont pas confrontés qu’aux gangsters ou à la Prohibition. Les combines tordues et les criminels les plus retors, souvent peu soupçonnables, tel est l’univers de ces détectives.

Dans chaque texte, les intrigues sont diablement bien pensées et développées. Un humour certain est perceptible dans nombre de ces nouvelles. Pour ne citer qu’un exemple, L’ange de l’étage (1923) offre un joli clin d’œil : Le squelette d’histoire que la fille lui avait raconté par-dessus les reliefs de son repas pouvait, grâce à un minimum d’efforts, se muer en une longue nouvelle qu’il n’aurait aucun mal à placer. Les histoires de truand étaient toujours très demandées, et celle-ci comporterait une monte-en-l’air femelle piquée sur le vif. Gardons évidemment le suspense sur le savoureux dénouement de l’affaire.

Dashiell Hammett ne fut pas un simple raconteur d’histoires. À travers ces nouvelles, on comprend sa volonté de créer une intensité, une force narrative, et certainement une forme de témoignage. Son style direct lançait les prémices du Roman Noir, dont il est pour tous les passionnés et pour toujours le créateur. Ces Coups de feu dans la nuit pourraient bien devenir le livre de référence des amateurs de noirs polars.

 

En complément, on peut aussi lire ou relire les "Interrogatoires" de Dashiell Hammett (Éd. Allia, 2009), document essentiel sur l'auteur.  

HAMMETT-2009Dans les années 1950, le maccarthysme et sa paranoïa anti-communiste créent aux Etats-Unis un climat dangereusement malsain. En ces temps de Guerre Froide, on accuse bon nombre d’intellectuels de sympathies pour la cause communiste. S’il se qualifie toujours d’écrivain, Dashiell Hammett n’a plus produit de romans ou nouvelles depuis fort longtemps. En 1946, il a été élu président du Congress of Civil Rights de New York, groupe ayant institué un fonds de cautionnement visant à faire libérer les militants de gauche arrêtés pour raisons politiques. Après que quatre d’entre eux se soient soustraits à l’obligation de comparaître devant un tribunal, Dashiell Hammett et d’autres administrateurs du Congress of Civil Rights furent convoqués en justice. Son témoignage, le 9 juillet 1951, constitue le premier interrogatoire de ce livre. Hammett refuse de répondre à toutes les questions concernant les quatre fugitifs, ainsi que sur son éventuel militantisme communiste. Il invoque le Cinquième Amendement de la Constitution américaine (qui permet à tout citoyen de ne pas témoigner, si la réponse peut lui porter préjudice). Les initiales DH figurent sur des documents de cautionnement. Hammett reconnaît le fait, sans admettre qu’il s’agit de sa signature. Quant à fournir les livres de compte de son association, il n’en est pas question. Dashiell Hammett va être condamné à six mois de prison (pour outrage à magistrat).

Le deuxième interrogatoire intervient le 24 mars 1953, devant une sous-commission sénatoriale. Cette fois, on est dans le cadre de “la chasse aux sorcières”, sous l’égide de Joseph McCarthy, même s’il n’est pas présent. Dans ce document (nouveau, car disponible depuis 2003), Hammett témoigne de ses activités d’écrivain. On veut encore lui faire avouer des sympathies communistes, lui demandant si ses textes évoquent des questions sociales. Il cite sa nouvelle Night Shade, qui traite plutôt des problèmes raciaux entre Blancs et Noirs. Deux jours plus tard, le 26 mars 1953, Dashiell Hammett est entendu pour un troisième interrogatoire, cette fois en présence de McCarthy. L’une des principales questions est la suivante : est-ce ses droits d’auteurs ont partiellement servi à financer des activités communistes aux Etats-Unis. Sur le sujet, Hammett invoque toujours le Cinquième Amendement. Le sénateur McCarthy ne manque pas de l’interroger sur ses idées politiques. On appréciera les réponses (réfléchies) de Dashiell Hammett.

Il faut se souvenir de la forme solennelle des procès et des auditions de ces commissions dirigées par Joseph McCarthy, telles que quelques documentaires nous les ont montrées. La froideur méprisante - voire ironique - des accusateurs, si sûrs d’incarner le patriotisme et la justice, est effrayant. Purs exemples du délit d’opinion, indignes d’une nation prétendant défendre la Liberté, qu’aucun complot subversif ne menaçait. Remarquable témoignage sur la personnalité du principal pilier du Roman noir, en un temps où le militantisme n’était pas une idée abstraite. Traduits et présentés par Natalie Beunat, ces “Interrogatoires” constituent un document extrêmement intéressant.

Cliquez ici pour l'interview de Natalie Beunat, autour du livre "Dashiell Hammet, mon père" (de Jo Hammett)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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commentaires

pierre Bondil 17/01/2011 11:53


Cher Claude
De toute façon, il me paraît clair que les "purs et durs" de tout crin sont, eux aussi, des fanatiques, et donc incapables d'écoute et de respect. Plus nombreux, hélas, qu'il n'y paraît.
En tout cas, cela fait plaisir de trouver des blogs où l'on peut discuter, celui de Paul Maugendre en est un autre. car hélas il en est de "purs et durs", plutôt orientés vers le ghetto volontaire
que vers l'échange. Tant pis pour eux.
Bon, je boirai ce soir un apéritif à votre santé en attendant de vous voir un de ces jours.
Amitiés
PS : je suis allé hier à l'exposition consacrée à Felix Nussbaum, rue du Temple, et j'ai été stupéfait par la prescience de l'artiste. Il est vrai qu'il avait connu le camp de Saint Cyprien
("Autoportrait dans un camp") avant de peindre ses dernières toiles et d'être déporté. "Peur" vaut bien "Le Cri" d'Edvard Munch, "Couple en deuil" et surtout "Autoportrait au passeport" et "Les
Damnés" témoignent de l'abattement, de l'enfermement, de l'absence de Dieu et, sur le dernier cité, les yeux dévorent déjà les visages qui bientôt n'auront plus de chair.


Claude LE NOCHER 17/01/2011 16:55



Vous savez Pierre, l'ami Paul Maugendre et moi sommes déjà de vieux complices. Si nous avons tous deux quelque chose à défendre, c'est bien la diversité de la
littérature populaire (hors des ghettos et chapelles, en effet) donc l'échange autour de tout cela.


A une prochaine fois (et "à votre santé" pour l'apéro)  !


Amitiés.



pierre Bondil 17/01/2011 10:57


Non, cher Claude, sur l'histoire de l'Amérique et sa littérature, je pense que vous en savez plus que moi. La négociation du plaider coupable est un grave égarement de la justice et donne lieu
effectivement à de répugnantes négociations (je pense aux victimes). Je ne veux pas envahir votre site, peut-être cela vous conviendrait-il, si vous êtes en région parisienne, que nous poursuivions
cette conversation autour d'un verre ou d'un café ? Vous pouvez, comme vous le souhaitez, utiliser mon adresse mail ou répondre sur votre site.
Un grand merci en tout cas pour cette porte ouverte à l'échange.
Amitiés
Pierre


Claude LE NOCHER 17/01/2011 11:14



C'est un plaisir de conserver, cher Pierre. Il n'y a pas d' "envahissement", rassurez-vous. Les échanges constructifs sont toujours un plaisir. D'ailleurs, les
rares personnes venues vomir des insultes ici (il arrive que j'agace quelques "purs et durs") ne viennent plus interférer.


Hélas, je n'habite pas sur Paris-Région Parisienne, où je me rends peu ces derniers temps. Mais j'aurai toujours plaisir à discuter en votre compagnie (je garde
soigneusement votre mail).


Amitiés.



pierre Bondil 17/01/2011 08:53


Cher Claude, absolument d'accord avec tout ce que vous dites (avec un bémol pour le romancé : la "libération" de Buchenwald racontée par Robert Antelme est un témoignage qui exclut tout romantisme,
et il me semble difficile de cautionner "La Vie est belle" de Roberto Benigni, par exemple).
Donc glorifier Hammett pour l'intelligence (d'autant plus grande qu'elle s'exprime dans des circonstances périlleuses), oui, glorifier son courage en répétant "I decline to answer on the ground
that the answer
might tend to incriminate me", non. (On remarquera au passage le "might" et le "tend to" qui auraient, à mon avis, été plus fidèlement rendus par "pourraient être susceptibles de me porter
préjudice" afin de rendre compte de cette sorte de "double éventualité" prudente : littérairement c'est moins beau, mais juridiquement plus proche de la réalité des auditions).
À propos de John Edgar Hoover, d'accord également, mais n'oublions pas la présence lors de la première session (83ème Congrès) de Hubert H. Humphrey, de John F. Kennedy, et, parmi les conseillers
juridiques de la sous-commission, d'un certain Robert F. Kennedy (du 15/01 au 31/08/1953). Un sacré tremplin politique, non ?
Quant à l'utopie, c'est très bien, malheureusement, lorsqu'elle paraît possible, il y a toujours quelqu'un (je devrais écrire "quelqu'uns",) pour la détourner vers l'horreur.
Amitiés
Pierre


Claude LE NOCHER 17/01/2011 10:43



Bonjour Pierre,


Sur le témoignage romancé, je pense souvent à "La mort est mon métier" de Robert Merle, un des premiers à "faire parler" un nazi, roman controversé en son temps,
juste pourtant avec le recul (il réfutait l'idée que les ex-tortionnaires n'étaient que des exécutants). Certains sujets doivent être maniés avec prudence, il est vrai, sans abus
de candeur. Vous qui avez été le traducteur de Tony Hillerman, vous savez qu'il n'y a pas eu que des gentils Indiens confinés dans les Réserves. La délinquance, la criminalité, existaient aussi
chez les Amérindiens, Ce n'est qu'un clin d'oeil.


Nul n'a jamais prétendu que la famille Kennedy eût été exemplaire, c'est certain. L'arrivisme cultivé par les parents a conduit le clan aux postes
supérieurs. Toutefois, il paraît à peu près avéré que J.Edgar Hoover détestait J.F.K. (au point d'être mêlé à l'assassinat de Dallas ?) Tous deux avides de pouvoir, ils n'avaient pas la même
définition du patriotisme, semble-t-il. Mais je vous raconte là une histoire de l'Amérique que vous connaissez plus en détail que moi, je pense.


Depuis l'époque de McCarthy, la justice américaine a inventé le "plaider coupable" (que nous avons importé) et une forme de "négociation judiciaire",
notions dont on peut se demander si c'est un progrès. Bon, là c'est le lecteur passionné de Perry Mason qui parle... et c'est un autre débat.


Amitiés.



pierre Bondil 16/01/2011 18:51


Claude, merci de votre réponse.
Je suis tout à fait d'accord avec vous sur l'importance des témoignages concernant l'époque de la chasse aux sorcières, l'importance qu'il y a à les publier et à en assurer la promotion. Et, je le
répète, Hammett a été admirable. Ce qui est un peu agaçant parfois, c'est l'attitude des gens qui se laissent aller au panégyrique en oubliant, souvent par ignorance, par manque de rigueur
historique, par paresse, aveuglement, allez savoir quoi (pourtant il suffit de regarder : les textes sont disponibles depuis 2003 et consultables sur internet, en anglais il est vrai), que dans
l'hystérie qui
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nous occupe, si chacun était seul, tous étaient dans le même bateau. Et presque tous ont opté pour la même défense. Ce qui n'enlève rien au courage de chacun.
Amitiés, Claude


Claude LE NOCHER 16/01/2011 20:27



Cher Pierre, je crois que c'est par le témoignage (avéré, réel, concret, mais aussi romancé) qu'on peut espérer une prise de conscience, toutes générations
confondues.  C'est pourquoi j'ai encore récemment évoqué ceux de Joseph Bialot ou de Maurice Rajsfus. Pour moi, "Le déserteur" de Boris Vian fut un déclic, ceci vous expliquera bien des
choses. Et, dans l'oeuvre d'Hammett, on trouve aussi ce témoignage (fictionnel, mais sur des bases ô combien véritables). Vous connaissez, je ne vous apprends rien.


Face à des fanatiques, personne n'est héroïque. Pas plus les victimes actuelles de terroristes(hélas, dans l'actualité), que ces Noirs encore lourdement jugés
aux Etats-Unis que l'ADN disculpe trop longtemps après (actualité récente aussi). Face aux tribunaux de McCarthy et de J.Edgar Hoover (n'oublions pas le rôle de cette crapule), tous les accusés -
même supposés simples témoins - risquaient plus que leur liberté. Car déjà, la Presse était complice de cette folie macCarthyste. Je dois dire que les réponses d'Hammett sont d'une intelligence
frappante face à ses accusateurs. Faut-il le glorifier pour ça, je ne sais.


"Seul, et dans le même bateau" rappelez-vous. Justement, à mon sens, c'est la solidarité qui permet généralement de ne pas tomber dans ces excès d'absurdité. Mais
peut-être suis-je un utopiste. Sûrement, même.


Amitiés.



pierre Bondil 16/01/2011 17:04


Bonjour
Quelques remarques concernant votre article très précis et judicieux. Les nouvelles, à mon avis, auraient quand même été beaucoup plus intéressantes si elles avaient été retraduites (je sais, cela
a un coût), au moins celles qui le méritaient le plus. Au sujet de la supervision, d'ailleurs, comment expliquer que la personne responsable de ce volume important et nécessaire, qui avait proposé
en 2003 une version "bilingue" et "fidèle" de la nouvelle "Dead Yellow Women" sous le titre "Meurtres à Chinatown", fasse reparaître sa propre traduction sous un titre utilisé antérieurement pour
une traduction plus ancienne, "Crimes en jaune", après l'avoir fait bénéficier d'un simple replâtrage, exécuté par un autre traducteur, lequel replâtrage n'a fait disparaître que quelques-uns des
contre-sens (quatre en deux pages de texte) dans ce travail auparavant honteux. Il en devient juste médiocre. Espérons qu'un jour ce texte sera repris de fond en comble par quelqu'un de totalement
compétent et qu'en attendant, lles responsables de la collection bilingue vont le retirer de la vente.
Pour ce qui est d' "Interrogatoires", texte essentiel, peut-être n'est-il pas inutile de rappeler une fois de plus la réalité historique, à savoir que les accusés étaient s'ils le désiraient
assistés de leurs avocats, et que tous les témoins "inamicaux" ont adopté exactement la même ligne de défense en invioquant le 5ème amendement de la constitution. Cette position extrêmement
courageuse et digne d'éloge, Hammett n'est pas le seul à l'avoir adoptée et il n'en est pas l'initiateur. On peut à cet égard relire la déposition de Helen Goldfrank qui témoigna juste après lui,
le 24 mars 1953. Hallucinante.
Enfin, pour en arriver à l'actualité, auraient été retrouvées aux Etats-Unis quinze nouvelles de Dashiell Hammett, dont une seule (qui devrait paraître fin février 2011), "So I shot him", serait
typique du style de l'auteur. Authentiques ou apocryphes, nous l'apprendrons bientôt.
Cordialement


Claude LE NOCHER 16/01/2011 18:19



Cher Pierre, je suis ravi d'avoir l'opinion d'un traducteur émérite tel que vous. Permettez-moi de ne pas entrer dans le débat interne qui agite souvent le monde de
la traduction littéraire. Aussi justifiées soient-elles, ces querelles (si le mot n'est pas exagéré) concernent surtout les pros, nettement moins les lecteurs. Cela dit, la meilleure traduction
possible est évidemment souhaitable. Pour sourire, je me souviens de ces romans où l'on traduisait encore (il y a peu de décennies) "downtown" par "ville basse" au lieu de "centre
ville", ce qui restait assez amusant.


Quant aux "Interrogatoires" de Dashiell Hammett, j'ai souligné (peut-être pas assez) que ces séances "hallucinantes", pour reprendre votre mot, se passaient dans un
climat très particulier, violent en accusations, froid en réponses. Certes, D.H. ne fut pas le seul, ni le premier à se référer au 5e amendement, puisque c'était ce que nous appelerions ici une
position de principe. On peut aujourd'hui rire des délires de McCarthy, pourquoi pas ? Mais n'oublions pas l'essentiel, cet éternel prétexte de la théorie du complot. Il a
récemment servi en Irak, sert encore en Afghanistan, il me semble. Voilà en quoi je pense que ces témoignages méritent réflexion (sans esprit anti-américain pour autant).


S'il existe de vrais inédits, espérons-le, je ne doute pas que les experts sauront déterminer s'ils sont ou non apocryphes... Avec une pensée
pour Joe Gores, qui vient de nous quitter.


Amitiés.   



Oncle Paul 10/01/2011 14:24


Bonjour Claude Claude
Sans être un inconditionnel de Dashiell Hammett, je lirai peut-être cet opus, mais comme une tranche napolitaine: quelques nouvelles, un livre par ailleurs d'un autre auteur, puis re-nouvelles, et
ainsi de suite. Car il me semble indigeste de tous lire en même temps. Mais ce n'est que mon humble avis comme on dit
Amitiés


Claude LE NOCHER 10/01/2011 17:17



Salut Paul,


C'est exactement ce que j'ai fait depuis que j'ai reçu cet Omnibus (merci Natalie Beunat). Quand je parle de "livre de chevet" c'est le mot, car j'ai savouré ces
nouvelles au gré de mes envies, un ou deux textes à la fois, en parallèle d'autres romans. Hammett ne fit pas partie de mes premières lectures. Je devais avoir plus de vingt-cinq ans
quand je me suis décidé à découvrir son oeuvre, seulement après être passé par Charles Williams, Chester Himes, Raymond Chandler, quelques autres Série Noire, et surtout Ed McBain et Erle
Stanley Gardner. Je crois qu'il y a toujours "un moment particulier" pour choisir les auteurs, surtout de cette importance. Question de maturité, peut-être. De curiosité, sans nul doute aussi.
Dashiell Hammett figure depuis dans mon Panthéon personnel.


Amitiés.



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