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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 05:45

 

"David S.Khara, un nom à retenir !" Cette formule peut sembler facile, pourtant c’est le cas de cet auteur. Publié par les libraires rennais des éditions Critic, son roman Le projet Bleiberg a connu un énorme succès, une véritable adhésion des lecteurs. Aujourd’hui, David S.Khara participe à l’écriture d’un projet cinéma, auprès d’un metteur en scène confirmé, Alain Berbérian (réalisateur de Six-Pack, d’après le roman de J.H.Oppel). Le 19 mai 2011, David S.Khara publie chez Michel Lafon une version réécrite et affinée de son tout premier roman, Les vestiges de l’aube. En avant-première, il a accepté de répondre à quelques questions.

 

KHARA-2011

Revenons d’abord sur le succès auprès du public pour votre roman Le projet Bleiberg. Le soutien de Gérard Collard et de divers chroniqueurs, un bon bouche-à-oreille surtout via Internet, et un peu chance : est-ce l’explication de ces ventes ?

David S.Khara : La conjonction des éléments que vous citez explique en effet le succès de Bleiberg, même si j’ai depuis longtemps renoncé à essayer de comprendre les mécaniques de ce succès…(Rires). Il est évident que Gérard Collard et Marina Carrère d’Encausse ont joué un rôle capital. Ce que j’aime particulièrement dans cette aventure, c’est que Bleiberg doit son succès aux libraires et aux lecteurs. Le budget marketing du livre doit approcher les trois cents euros. On ne pourra pas accuser Critic [l’éditeur] d’avoir donné dans le matraquage publicitaire !

Je ne me risquerai pas à décortiquer ce succès, mais il démontre que dans le monde de l’édition, les surprises sont possibles et même un petit éditeur et un auteur inconnu peuvent émerger. C’est là le vrai encouragement qu’il faut voir dans cette aventure.

 

Votre actualité de mai 2011, c’est de nouveau Les vestiges de l’aube. Quand nous en avons discuté, j’ai bien cru comprendre que votre premier roman écrit vous tenait particulièrement à cœur ?

David S.Khara : En effet, j’ai pour Werner et Barry une affection toute particulière qui s’explique très simplement. J’ai créé Les vestiges sur une période de cinq ans, et les deux héros n’ont cessé de m’accompagner tout au long de ces années.

Mais je pourrais aujourd’hui vous dire la même chose concernant Eytan Morg. J’aime mes personnages, autant pour leurs défauts que leurs qualités. D’ailleurs, c’est peut-être une autre raison du succès du Projet Bleiberg. De très nombreux lecteurs m’ont fait part de leur attachement aux protagonistes. Inutile de vous dire à quel point cela me fait plaisir !

Les vestiges de l’aubereste mon premier roman. Il a signé mon entrée dans un monde dont j’ignorais tout et m’a permis de faire de fantastiques rencontres. Je pourrais citer pas mal de monde, auteurs, lecteurs, libraires, mais la liste serait trop longue. Je ne parlerai donc ici que de Philippe Ward [créateur de la collection Rivière Blanche] qui m’a appris ce qu’être écrivain signifiait et qui m’a fait travailler et progresser. De ce point de vue, je lui dois tout.

Alors, oui, Les vestiges de l’aube aura toujours un écho particulier.

 KHARA-2010

Comment votre roman se retrouve-t-il maintenant publié chez Michel Lafon ? Il va bénéficier désormais d’une plus large diffusion, vous l’espériez ?

David S.Khara : Honnêtement ? Non ! (Rires) Je ne m’attendais déjà pas au succès de Bleiberg, ni même de la première version des vestiges de l’aube; alors recevoir un appel de Michel Lafon en personne était pour le moins inattendu… Nous nous sommes rencontré à Rennes et nous avons évoqué les possibilités de collaboration. Laetitia Amar, la directrice de collection a lu les Vestiges et s’est laissée entraîner dans l’histoire. Mais nous ne souhaitions ni les uns ni les autres ressortir le même roman que celui édité chez Rivière Blanche. J’avais envie d’aller plus loin dans ma vision des personnages, d’en donner plus au lecteur, et que le roman puisse globalement progresser. Je me suis donc attelé à une nouvelle version dans laquelle j’ai repris le style, rajouté des chapitres, réécris des chapitres existants, un vrai travail de fond.

Aujourd’hui je ne suis pas mécontent du résultat et surtout, je pense délivrer une version plus aboutie.

Je tiens à préciser que j’ai donné mon accord à Michel Lafon après avoir reçu la bénédiction de Philippe Ward et de Rivière Blanche. Mais, après tout, Rivière Blanche édite de jeunes auteurs dans l’espoir qu’ils soient repérés. A ce titre, l’aventure des Vestiges est une totale réussite et démontre à quel point les petits éditeurs ont un rôle capital à jouer dès lors qu’ils font un travail honnête et passionné. Ce qui est le cas de Philippe Ward et Jean-Marc Lofficier.

La rencontre avec Michel est aussi une vraie histoire humaine, et c’est ce qui compte le plus pour moi dans cette aventure littéraire. Nous n’aurions pas travaillé ensemble si le courant n’était pas passé, c’était clair des deux côtés.

 

Les héros en sont deux hommes très éloignés, Barry et Werner. Le premier est en plein 21e siècle, le second vit depuis le 19e siècle. Pourtant, ils ne sont pas si étranger l’un à l’autre ?

David S.Khara : Les Vestiges content l’histoire d’une amitié improbable, bravant le temps, le statut social et même les barrières de la réalité. Je me garderai bien de définir l’amitié ou l’amour, dans mon esprit ce sont deux sentiments très proches, faits d’un subtil mélange de différences et de similitudes entre les individus. Et c’est l’alchimie entre ces différences et ces similitudes qui font le sel de la relation entre Werner et Barry. En théorie, tout les oppose, et pourtant l’alchimie se produit, même s’ils doivent en arriver à certaines concessions pour la faire perdurer.

De plus, ils ont connu un drame similaire, extrême, qui pourrait, hélas, frapper chacun de nous. Cela créé un lien très fort entre ces deux hommes.

En fait, si je devais résumer leur relation, je dirais qu’ils ont tous deux souffert de la rage de la perte, goûté à la douleur de l’absence et trouvé l’espoir dans le regard de l’autre. En cela, la relation entre Werner et Barry est une histoire universelle.

 KHARA-2011

Si je définis votre culture romanesque à travers le cinéma ou les séries-télé (américaines, en particulier) avec de l’action, de l’étrange (de l’horrifique, peut-être), la violence actuelle (et à venir) du monde, entre humanisme et experts scientifiques, que retenez-vous là-dedans ?

David S.Khara : Que vous me connaissez trop bien !

Ma génération se trouve au confluent de plusieurs cultures allant de la littérature au cinéma en passant par les séries télé, la bande dessinée et les jeux vidéo.

Sur un plan littéraire, j’ai été élevé avec Rostand, Dumas, Hugo puis Shakespeare. Aujourd’hui, quand j’ai le temps de lire, je saisis un Lehane et je suis un fan absolu de Salvatore, dans un style très différent. Mais j’aime les métissages, le mélange des cultures et des genres.

J’assume le fait d’écrire des romans très cinématographiés, de manier les points de vue de narrations comme un réalisateur déplace sa caméra, ce qui explique certainement pourquoi le monde du cinéma s’est intéressé à mon travail.

J’utilise les codes du divertissement pour exposer les horreurs dont l’histoire humaine est jonchée et poser, à travers les choix des personnages, certaines questions. Je ne suis pas un moralisateur qui assène des certitudes. Je présente des faits et laisse les lecteurs apporter leurs propres réponses.

Quant à l’humanisme, il est au cœur de mes préoccupations, et pas seulement lorsque je suis plongé dans mes romans…

 

Un grand merci à David S.Khara pour ses réponses. Bientôt, nous aurons l’occasion d’évoquer ce projet cinéma auquel il collabore. Les vestiges de l’aube est disponible dès le 19 mai.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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commentaires

Mic 02/05/2011 08:26


Merci cher Claude, pour cet excellent commentaire! à bientôt, MIC.


Claude LE NOCHER 02/05/2011 16:44



Juste notre manière de souligner que nous ne trichons pas, nous autres lecteurs : quand nous aimons un livre, nous en parlons avec sincérité ou enthousiasme. A
bientôt...


Amitiés.



claire 01/05/2011 15:22


je passe te souhaiter un bon dimanche de Mai avec du beau temps je l'espére et un bon livre a l'ombre bizzz


Claude LE NOCHER 01/05/2011 16:21



Bonjour Claire,


J'espère que tu te sens mieux, et que tu ne te tracasses plus de cette stupide agression. Réfugies-toi dans la lecture, c'est l'univers le plus agréable et
distrayant.


Considérations météo : après une nuit orageuse et pluvieuse (c'est bon pour mon jardin), une plutôt belle journée. Je viens d'entamer une nouvelle lecture, un roman
dont je parlerai très bientôt. Mais, dès ce lundi, une nouvelle chronique est déjà prête...


Amitiés.



Mic 30/04/2011 20:35


Bonjour Claude,

D'abord merci pour ce billet très intéressant à lire, sûr qu'après avoir lu "Le projet bleiberg", je vais me précipiter sur "Les vestiges de l'aube", même si je ne suis pas branché "fantastique",
mais certains auteurs ont la manière de vous accrocher plus que d'autres!
Quant au commentaire ci-dessus de Oncle Paul, il est très bien analysé. Il est bon aussi que les libraires n'aient pas les mêmes idées, ni les mêmes opinions sur les livres et sur les auteurs
(notamment parisiens), Gérard Collard se démarque de ce point de vue là, et c'est tant mieux! Il aborde d'une façon beaucoup plus décontracté les bouquins et ça fait du bien car on a besoin d'avis
différents ... Enfin, il me semble que la littérature (en général) se fait et se défait à Paris avec toujours les mêmes protagonistes et qu'à la longue, ça en devient pénible. A les entendre, pas
étonnant que certains personnes aient peur de rentrer dans une librairie ou une bibliothèque, tellement ces gens-là "intellectualise" la lecture... Merci pour ce billet mon cher Claude et à
bientôt, amitiés, MIC.


Claude LE NOCHER 01/05/2011 16:18



Salut Mic,


La principale qualité de Gérard Collard me semble être sa sincérité dans l'enthousiasme. Ce qui est une vertu que nous partageons sur la plupart des blogs consacrés
aux livres, aux polars. Si la présentation sincère des romans permet d'en faire vendre plus, ou d'en faire connaître d'autres, c'est tant mieux. Mais notre démarche n'est pas commerciale. Même si
Gérard Collard est aussi libraire, je crois qu'il garde cet esprit de découverte, de conseils de proposition vers des romans moins connus à la base (il a bien soutenu Hugo Buan, aussi).


Certes, le microcosme éditorial parisien paraît incontournable. Pourtant, et heureusement, bon nombre d'initiatives se font ailleurs. Des "petits éditeurs" ont le
mérite de mettre en valeur des auteurs qui, par leur volonté commune, se feront un nom. Je pense à mon ami Jérôme Bucy, aujourd'hui publié chez Belfond, qui débuta (par choix) chez un éditeur en
Bretagne. Ou à Elena Piacentini, aujourd'hui publiée chez Polars en Nord, qui sera un jour où l'autre repérée par un éditeur national, j'en suis convaincu.


Quant à ceux dont les critiques "intellectualisent" trop, je suis bien d'accord pour dire qu'ils rebutent les lecteurs, leur gâchent souvent l'envie de lire. Nous
pratiquons une lecture-plaisir, assortie parfois de réflexions profondes oui, mais sans chercher à disserter inutilement sur tel aspect intello-chiant. Retenons juste notre bonheur de lire, notre
curiosité de découvrir des auteurs et romans qui nous plaisent.


Comme le dit Paul, si "Les vestiges de l'aube" appartient au genre Fantastique, il ne déroute pas les lecteurs moins habitués à cette catégorie. Un roman vraiment
d'excellent niveau.


Amitiés.



holden 29/04/2011 16:43


bon j'ai vachement hesite
c'est lire clauduis, t es sure ?


Claude LE NOCHER 29/04/2011 17:23



Salut Holden,


Notre bon vieux et légitime réflexe nous fait hésiter face aux labels "thriller" ou "best-seller", c'est vrai. Je sais que tu ne détestes pas les histoires un peu
"strange". Ayant lu la première version de "Les vestiges de l'aube", que j'ai sincèrement bien aimé, je crois que celle qui vient devrait être à la hauteur, peut-être meilleure encore. Quant
au "Projet Bleiberg", pas mal de blogs ont trouvé que c'était excellent, et le public a eu la curiosité de le lire. Donc...


Amitiés.



Oncle Paul 29/04/2011 09:53


Bonjour Claude
Ayant lu les vestiges de l'aube chez Rivière Blanche, je confirme que c'était déjà un excellent bouquin, et les lecteurs devraient aimer le seconde mouture, même s'ils ne sont pas branchés
fantastiques.
Quant au Projet Bleiberg, ce succès devrait donner à réfléchir aux éditeurs qui dépensent des sommes folles pour la promotion d'un roman, alors que le succès provient souvent d'une bonne chronique,
télévisée ou via le truchement des blogs.
Amitiés


Claude LE NOCHER 29/04/2011 11:52



Salut Paul,


David est un perfectionniste, je l'ai senti en conversant avec lui en décembre dernier. Aussi, je pense que la nouvelle version des "Vestiges de l'aube" sera encore
plus juste et réussie. En effet, même si on aime modérement le Fantastique, pas de problème pour lire cette histoire.


L'enthousiasme de Gérard Collard (et de Marina Carrère d'Encausse) a servi "Le Projet Bleiberg", et les chroniques -dont la tienne- tout autant. Simplement, parce
qu'il s'agissait de vrais lecteurs s'exprimant sur un roman qu'ils ont aimé, sans esprit mercantile.


Je suis assez fier de cet entretien avec David S.Khara - et de ce petit scoop (projet cinéma) - car c'est vraiment un auteur d'avenir. Et tu sais combien nous aimons
"découvrir des talents" un peu avant les autres...


Amitiés.



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