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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 07:14
 

Dans l’œuvre d’Ed McBain, la série mettant en scène les inspecteurs du 87e District d’Isola débute en 1956 avecDu balai !. Si le flegmatique et humaniste policier Steve Carella émerge du lot, tous ses collègues ont un réel rôle à jouer dans chacune des enquêtes. Sur plusieurs dizaines de titres parus dans cette attachante série, tous sont passionnants. Voici trois exemples illustrant la diversité des intrigues. Bienvenue à Isola, métropole américaine où règne le suspense.

McBAIN-Soufflerpastuer.jpgSouffler n’est pas tuer(1959). Un message anonyme a été apporté par un gamin de dix ans au commissariat du 87e.Je tuerai la dame ce soir à huit heures. Qu’est-ce que vous allez faire ?dit ce courrier. Qu’il s’agisse d’une provocation, d’une vraie menace de mort ou de la lettre d’un fou, les policiers du 87e sont tenus d’enquêter. Peut-être l’expéditeur veut-il qu’on l’empêche de commettre ce meurtre. Avant tout, il faut situerla dame. Est-ce plutôt cette chanteuse qui reprend son tour de chant, ou cette prostituée à la fausse biographie ? Quel rôle joue cet écrivaillon, qui gêne tout son immeuble en tapant à la machine, et ce type qui prétend avoir perdu ses jumelles ? L’inspecteur Cotton Hawes a failli mettre la main sur l’auteur du message. Des empreintes sur les jumelles méritent qu’on vérifie si on ne les a pas dans les fichiers de police. Il serait bon de retrouver le gamin qui apporta la lettre, afin d’établir un portrait-robot de l’inconnu. Le temps passe, le temps file. La chaleur pèse sur la ville. Il ne reste que douze heures pour retrouver l’expéditeur du courrier. Cotton Hawes espère bien qu’à huit heures tout sera résolu, car il a rendez-vous avec une jolie libraire. Une nouvelle fois, il est tout près d’attraper le tueur potentiel, qui s’échappe encore. Le portrait-robot n’est pas une si bonne idée, puisque aucun témoin ne reconnaît l’individu. Malgré la tension, Steve Carella finit par définir avec astuce le sens caché du message. S’i a vu juste, Cotton Hawes n’a que quelques minutes pour sauver la victime…

McBAIN-SoupeauxpouletsSoupe aux poulets(1959). Une femme toute de noir vêtue se présente au commissariat du 87e. Elle parait un peu âgée, mais n’a que trente-deux ans. Elle demande à rencontrer l’inspecteur Carella. Sortant une arme, elle annonce être venue tuer le policier. Elle le considère comme responsable de la mort de son mari, Frank Dodge. Ce dernier était un truand, un voleur, un meurtrier. Inutile de la raisonner, la veuve n’a qu’une idée en tête: abattre Carella, absent pour le moment. Au premier étage du commissariat, elle prend en otage les flics du 87e, avec une bouteille de nitroglycérine qu’elle menace de faire sauter. Le lieutenant Byrnes, les inspecteurs Cotton Hawes, Bert Kling, Meyer Meyer, tous doivent lui obéir. Le policier Hal Willis qui arrive avec Angelica, une Portoricaine qui vient d’égorger un type, est bientôt retenu lui aussi. Meyer tente de lancer des messages écrits dans la rue, mais seront-ils lus ? Hawes a son idée en accentuant le chauffage. Byrnes essaie d’alerter le flic de garde, sans être sûr d’avoir été compris. Angelica aide un peu la veuve, espérant pouvoir fuir. Pendant ce temps, Steve Carella enquête sur le présumé suicide du riche Mr Scott. À moins qu’il ne s’agisse d’un meurtre en chambre close ? Alan, David, ou Mark, l’un des fils Scott a-t-il tué leur père, en s’y prenant comment ? Un vrai casse-tête pour le patient Carella, qui sait réfléchir. Au 87e, la situation se complique quand la veuve blesse gravement le policier Miscolo. En outre, Mme Carella vient attendre son mari au commissariat. Cotton Hawes finit par se demander si la bouteille contient vraiment de la nitroglycérine…

McBAIN-OnsuicideOn suicide(1964). Délicate affaire pour Carella et ses collègues. Un couple s’est suicidé par le gaz. Après une explosion, on retrouve leurs corps côte à côte sur leur lit. Pour tout vêtement, ils ne portent que chacun un slip. Deux bouteilles de whisky largement entamées se trouvent au pied du lit. Un mot d’adieu tapé à la machine semble leur ultime message. Thomas et Irène étaient amants. Ils envisageaient de se marier, selon la mère de la jeune femme. Amos, le frère de Thomas, ne croit ni au suicide, ni à des projets de mariage. Quant au mari d’Irène, il affirme n’avoir rien su des infidélités de son épouse. Pour Carella et Hawes, certains détails sont troublants. Pas la moindre empreinte sur les lieux, même les verres ont été lavés. Curieux que ce couple nu n’ait pas fait l’amour avant de se suicider. Aucun véritable suspect parmi les proches. Mary Tomlinson, la mère d’Irène, ne voulait que le bonheur de sa fille. Amos Barlow, le frère de Thomas, vénérait littéralement celui-ci. Le mari d’Irène parait bien incapable de tuer. Carella est victime de deux agressions, sans qu’il y ait de lien certain avec ce dossier. Faute d’éléments nouveaux, il faudrait se résoudre à clore l’enquête. Mais les inspecteurs du 87e n’aiment guère les affaires aussi bancales que celle-ci…

Ces titres ont été réédités dans les tomes 1, 2 et 3 des Omnibus consacrés au cycle "87e District" d'Ed McBain.
Voir l'animation-vidéo en hommage à cet auteur (cliquer)
Lire aussi : "Alice en danger" d'Ed McBain (cliquer)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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commentaires

Nicolas 26/02/2010 11:35


Disons que par rapport à Coben, je trouve que ça manque un peu d'âme, de personnalité. Il y a bien du suspense, mais on oublie vite la lecture. Quant à Chattam, je trouve ça gore, peu original et
moyennement écrit. Ce n'est qu'un point de vue, bien sûr. Pour McBain, nous pouvons en effet remercier Omnibus de l'avoir entièrement publié (du moins la saga du 87e), car on n'en trouve maintenant
que trois en poche (chez Folio, et ce ne sont pas forcément les meilleurs). Pour Brussolo, c'est simple, il faut aller à la Fnac et Virgin.


Claude LE NOCHER 26/02/2010 20:44


Je ne suis sûrement pas le premier à le dire : "On n'écrit pas seulement avec la tête, mais aussi avec les tripes (ou avec son propre vécu)". Supposons un auteur qui
croise, même brièvement, un ancien marin qui en raconte sans doute dix fois plus qu'il n'a connu d'épreuves, s'il nous le présente dans un roman nous serons capables d'imaginer le personnage. S'il
est juste sorti d'un scénario schématique, c'est moins probable. Idem pour n'importe quel pilier de bistro citadin. Si un auteur nous présente une île imaginaire, mais décrite à l'opposé de la
carte postale, nous y croirons davantage que si elle est paradisiaque. Nuances que n'ignorait pas McBain (et quelques bons auteurs de sa génération), que Brussolo (par exemple) peut faire passer
aussi. Subtilités, sans doute, mais essentielles à la crédibilité d'un roman.
Amitiés.


Nicolas 25/02/2010 23:24


Ce sont vraiment des monstres même si on les trouve assez peu en librairie (notamment les traditionnelles). Finalement, ceux qui vendent le plus, comme Coben ou Chattam, ont infiniment moins de
talent et je trouve ça assez triste.


Claude LE NOCHER 26/02/2010 07:39


Je ne sais si c'est une question de talent pour Harlan Coben ou Maxime Chattam. Peut-être qu'à trop "scénariser" leurs romans, ils perdent un peu de cette inventivité,
de cette fluidité naturelle, qu'on trouve chez Ed McBain ou Brussolo. Un scénario très précis amène parfois une rigidité, un manque de fantaisie. Cela étant, on a parfaitement le droit d'admirer
Chattam ou Coben, et quelques autres best-sellers.
On doit encore trouver des Omnibus de McBain (87e District) et de Brussolo en librairie, ainsi que les nouveaux romans de ce dernier, y compris en poche. Mais, les points de vente considérant que
ces auteurs ont "déjà leur public", on les met moins en avant, certainement. Pourtant les amateurs de "culture polar" sont demandeurs...
Amitiés.


Nicolas 24/02/2010 11:43


C'est vrai mais cela dit, je trouve que McBain et Brussolo évoluent dans des registres très différents: McBain est plus axé sur l'humour et le "terre-à-terre" (enquêtes classiques, personnages
ordinaires) alors que Brussolo fait davantage travailler son imagination (on frôle souvent le fantastique et même le délire, et les protagonistes sont souvent un peu dingues). Sinon, ils ont en
commun d'être assez méconnus, ou oubliés, malgré leur grand talent. En tout cas, ce sont effectivement deux écrivains que j'apprécie énormément.


Claude LE NOCHER 24/02/2010 17:21


Absolument d'accord. Ils ont tous deux une véritable "virtuosité" qui les classent dans les meilleurs.
Amitiés.


Nicolas 24/02/2010 01:19


Ah McBain, un régal. J'avais aussi beaucoup aimé Poison, Branle-bas au 87, Dix plus un, Faites-moi confiance, Après le trépas, et tant d'autres. Pour moi, cet écrivain est tout simplement le
meilleur du roman policier!


Claude LE NOCHER 24/02/2010 07:31


Voilà un avis que je ne contredirai pas, cher Nico. L'aisance narrative d'Ed McBain, entre autres qualités, m'a aussi toujours impressionné.
Je ne suis pas trop surpris qu'après ça, Nico soit également un admirateur de Serge Brussolo, qui fait preuve d'une belle souplesse narrative, d'une grande inventivité.
Amitiés.


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