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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 06:08

 

Parmi les nouveautés de janvier en format de poche, La femme que j’aimais de Franck Hériot fait partie des suspenses à retenir. Ce roman fut récompensé par le Prix Plume de Cristal 2010 à Liège, par le Prix des Mouettes création littéraire, et par le Prix du Printemps des lecteurs en 2010. Un polar remarquable, en effet.

HERIOT-2013-PocketAssureur à La Rochelle, Antoine Jolimai vient de passer la nuit dans un hôtel parisien, avec son épouse Marie et leurs deux fils de dix et douze ans. À son réveil, sa femme a été étranglée alors qu’il dormait à ses côtés, et ses fils ont disparu de la chambre attenante. Les enquêteurs du Quai des Orfèvres ne cherchent pas loin leur coupable. D’autant que le veilleur de nuit de l’hôtel Balard affirme que le couple, qui semblait nerveux, est arrivé sans ses enfants. Le juge d’instruction et même l’avocat d’Antoine ne croient guère en son innocence. Il est condamné à une peine de sûreté de trente ans. En prison, Antoine a sympathisé avec un truand chevronné, Corcos. Lors du transfert qui ramène Antoine à Fresnes, un guet-apens permet l’évasion de Corcos et de son protégé. “L’assureur de La Rochelle” est activement recherché.

Le policier Gorin a toujours douté de la culpabilité d’Antoine. Enfants adoptés, ce dernier et son épouse Marie furent élevés par un couple de la région de Marennes. Ces parents adoptifs décédèrent d’ailleurs dans des conditions dramatiques. C’est du côté de la défunte vraie mère de Marie, prostituée toxicomane toulousaine, que Gorin va chercher une piste. À Nice, Monsieur Bob s’intéresse aussi à l’affaire. Ce proxénète s’occupa un temps de Marie, au décès de sa mère. Il reprend contact avec un ami flic de Toulouse, avant de fixer un rendez-vous à Gorin.

Le cadavre d’un homme aux mains coupées a été découvert dans la région toulousaine. Gorin comprend bientôt qu’il s’agit de Piotr, le veilleur de nuit qui témoigna contre Antoine. Le policier doit maintenant retrouver la trace de Mona, ex-prostituée qui fut l’amie de la mère de Marie. Antoine Jolimai est entré en contact avec la seule personne l’ayant défendu lors du procès, la journaliste Dominique Petiot. S’étant un temps caché chez un ami de celle-ci, il poursuit une cavale dangereusement mouvementée…

 

Victime injustement condamnée, le héros incarne l’incompréhension face aux circonstances énigmatiques, mais conserve la volonté de se battre : “N’étais-je pas seul face au monde entier depuis ma naissance ? Je devais puiser ma force dans cette image.” Voilà une intrigue policière dans la meilleure tradition, où les méandres de l’affaire constituent autant de péripéties agitées. S’il y a ici des allusions à l’univers de Simenon, elles évoquent plutôt les romans sombres de cet écrivain que la série des Maigret. Avec ses rebondissements et ses personnages bien campés, un roman solide ayant mérité les récompenses qui lui ont été décernées. En janvier, le policier Gorin est de retour dans Le Diable d’abord, aux éditions Le Cherche-Midi.

-La femme que j’aimais est disponible dès le 10 janvier 2013-

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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commentaires

Serge 31 02/01/2013 00:42

Salut Claude.
Je le note. J'ai quelques lubies de lecteur, dont celle d'aimer lire des premiers romans...
Amitiés.

Claude LE NOCHER 02/01/2013 06:16



Salut Serge.


Un trés bon roman. Franck Hériot en est à son troisième suspense, désormais. J'évoquerai dans les jours à venir ce nouveau titre, assez différent de "La femme que
j'aimais".


Amitiés.



Philippe 31/12/2012 11:39

Bonjour M. Le Nocher,

Peut-être est-ce avec un brin d'humour que l'auteur a appelé son héros Jolimai, cela fait penser au " joli mois de Mai " ?
( Au passage, quand on cite cette expression, on pense à mai 68, mais j'ai lu qu'il s'agissait à l'origine de mai 1962, le premier mois de Mai après les accords d'Evian mettant - officiellement
sinon dans les faits - fin à la guerre d'Algérie. )

C'est incidemment que vous citez le nom de Simenon, mais cela me rappelle qu'il y avait eu un livre, épuisé aujourd'hui, sur les rapports de Simenon avec la région Charente, où il vécut pendant la
guerre et où il situe certaines de ses histoires.

Les Chemins charentais de Simenon
Paul Mercier
Editions du Croît vif, 2003

http://www.croitvif.com/catalogue/collection-generale/109-chemins-charentais-de-simenon.html

" Il est plusieurs façons de prendre plaisir à lire Simenon : se laisser séduire par l'intrigue, se délecter de l'énigme policière, chercher à retrouver l'homme à travers les obsessions intimes de
l'auteur... et pour mille autres raisons. Il en est une, bien particulière, qui m'a guidé dans cette exploration: la géographie physique et sociale utilisée par Simenon pour choisir un cadre
spatial à ses fictions romanesques. Marsilly, Nieul, Esnandes et La Rochelle sont des hauts lieux simenoniens par excellence, des lieux d'enracinement agissant bien au delà de la passade pour
Simenon et ses héros, en particulier Maigret. La Rochelle, certes, impose les marques de sa notoriété, de sa population, de son histoire, de son port, de sa préfecture et de ses voies de
communication... "

Il me vient à l'esprit que Georges Simenon et le commandant Jacques-Yves Cousteau, qui sont parmi les hommes les plus aimés du monde, ont en commun d'avoir eu un frère ainé collaborateur ( l'un
journaliste vichyste, l'autre rexiste dans la mouvance de Léon Degrelle et Waffen-SS ) pendant la guerre.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Antoine_Cousteau

http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Simenon

( Paragraphe :
Simenon et la région de La Rochelle

" Pendant toute la guerre, entre 1940 et 1945, Simenon a continué à vivre en Vendée et Charente-Maritime, mais cette période, assez mal connue, est sujette à de multiples soupçons. Représentant de
l'état Belge auprès des Belges réfugiés, il refuse d'aider ceux d'entre eux qui sont juifs. Non seulement son frère fut volontaire auprès de la Waffen-SS Wallonie... "

( Je crois que ce frère se nommait Christian, me souvenant d'un numéro de Secrets d'actualité sur M6 il y a quelques années en 2007 qui parlait d'une affaire criminelle actuelle, l'assassinat du
mari de Geneviève Simenon, petite-nièce de Georges et petite-fille de son frère. Elle avait été accusée d'en être l'instigatrice, mais acquittée. )

Toujours dans la région Charente, on a reparlé de l'affaire de la disparition en 1972 la nuit du réveillon de Noël de la famille Méchinaud qui vivait à Boutiers.

M. Le Nocher, je suppose que vous avez suivi cette histoire ?

http://philippe.dumas.pagesperso-orange.fr/

Les disparus de Boutiers : 40 ans de mystère !
Cette nuit, cela fera exactement 40 ans qu'a disparu la famille Méchinaud. Triste anniversaire !
La presse locale (Sud-Ouest) est revenue aujourd'hui sur ce drame peu banal...

http://philippe.dumas.pagesperso-orange.fr/actua2.htm#bas

Cordialement

Claude LE NOCHER 31/12/2012 17:01



Bonjour Philippe


Eh bé, il s'en passe des choses criminelles et mystérieuses à Boutiers Saint-Trojan ! Une famille enlevée par des extra-terrestres, rien que ça ! Eparpillée aux
quatre coins de la stratosphère, façon puzzle, peut-être ? Bon, je plaisante, mais il est vrai que les disparition inexpliquées (et définitives) ne sont
pas si rares.


Moins dramatique, une personne me raconta un jour son propre cas de disparition volontaire : alors étudiante "à fond dans ses
études" sans envie d'histoires amoureuses, elle s'était réfugiée en Suisse car sa famille bourgeoise avait manigancé un mariage avec un jeune homme de leur choix. Quelque peu surprenant
quand on précise que ça se passait début des années '80. Elle a rompu avec sa famille, quitté la France, changé de nom.


Quant à Simenon, bien que ça ne change rien à son talent, surtout dans ses romans plus noirs, il faut avouer qu'il eut ses zones d'ombres. Que ses biographes actuels
éludent toujours. Sans doute faudrait-il resituer l'esprit de l'Entre-deux-guerres, le colonialisme, le populisme, le pangermanisme, etc. pour mieux comprendre s'il y eut ou non de sa part une
véritable implication politique. Ce dont il se défendait, à ma connaissance.


Enfin, je doute que "le joli mois de mai" évoque en particulier ni mai 62, ni mai 68. Peut-être les congés payés à partir de mai 1936 ?  Il y aurait
aussi une chanson de Bourvil : "Joli, joli, joli mois de mai, celle que j'aimais m'abandonnne. Elle est partie pour longtemps, chercher ailleurs son printemps. Joli, joli, joli mois de mai,
je n'ai désormais plus personne. Il faut que tu me pardonnes, si je n'ai pas le coeur gai."


Amitiés.




Pierre FAVEROLLE 30/12/2012 12:23

Salut Claude, il me parait intéressant, celui là. Je note ! Merci. Amitiés

Claude LE NOCHER 30/12/2012 16:05



Salut Pierre


Un premier roman très réussi. Un auteur dont je reparlerai bientôt.


Amitiés.



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