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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 05:58

 

C’est en 1957 que Pierre Humblot opte pour le pseudonyme de Fred Kassak, ses romans étant publiés aux Éditions de l’Arabesque. Très vite, ses trois premiers titres sont salués par Maurice-Bernard Endrèbe, éminent chroniqueur de l’époque, auteur et traducteur influent dans l’édition. KASSAK-58-1Déjà sélectionné l’année précédente pour un autre titre, c’est avec son troisième suspense que Fred Kassak va être récompensé en 1958 par le Grand prix de Littérature policière. L’intrigue de On n’enterre pas le dimanche est vraiment très astucieuse. La parfaite structure du récit et la narration fluide en font un roman criminel captivant. Il faut patienter jusqu’à l’ultime dénouement surprise, après avoir suivi les nombreuses péripéties de cette histoire. Impeccable suspense, M.B.Endrèbe ne s’y était pas trompé.

Kassak joue sur la thématique de l’écrivain débutant, ce qu’il était encore. Pour l’anecdote, le héros est employé au début par le Musée Grévin, où l’auteur fut lui-même guide bilingue. Dans ce roman, est évoqué un inspecteur Lecler; ce qui fut un des pseudonymes du romancier Michel Lebrun, grand ami de Fred Kassak. Le cinéaste Michel Drach adapta On n’enterre pas le dimanche à l’écran, avec Philippe Mory (Philippe Valence), Hella Petri (Mme Courtalès), Christina Bendt (Margareta), Albert Gilou (M.Courtalès), Marcel Cuvelier (le commissaire). KASSAK-58-2Pas de star dans la distribution de ce film, néanmoins couronné par le Prix Louis-Delluc. Ce titre à succès fut republié aux Presses de la Cité dans la collection Mystère (fin des années 1960), puis dans la collection Punch (années 1970). Une dernière réédition chez Le Masque date de 1988. Bien entendu, le contexte est celui de la fin des années 1950 (on y cite Darry Cowl, Brigitte Bardot, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault). Ce qui offre aujourd’hui un certain parfum de nostalgie…

 

Philippe Valence est natif de la Guadeloupe. Fier de ses origines, il insiste pour ne pas être confondu avec un Africain. Étudiant à Paris, il est aussi guide au Musée Grévin. C’est là qu’un soir, il rencontre une jeune Suédoise. Margareta Lundal est pour quelques semaines en France. Souffrant de solitude, au point d’avoir tenté de se suicider, Valence se montre assez maladroit avec la visiteuse du Musée. Néanmoins, une romance amoureuse naît entre eux, puis Margareta retourne en Suède. Valence se sert de cet épisode et d’une partie de son vécu pour écrire un roman, intitulé symboliquement On n’enterre pas le dimanche. Bientôt, la Suédoise décide de s’installer à Paris comme jeune fille au pair. Valence lui trouve une famille prête à l’engager, les Courtalès. Le fait que Georges Courtalès soit agent littéraire a sans doute orienté le choix de Valence. Grâce à Margareta, l’étudiant trouve l’occasion de lui soumettre le manuscrit de son roman.

Courtalès ne tarde pas à faire jouer ses relations. Les origines guadeloupéennes de Valence constituent un bon argument de vente pour un livre, quelle qu’en soit l’histoire. L’éditeur lui réclame d’écrire vite un second roman. Le premier est publié, avec un beau succès critique. Entre-temps, invité plusieurs fois chez son agent, Valence a fait la connaissance de Maryse Courtalès. Les yeux violets de cette belle femme fascinent le jeune écrivain. C’était un regard difficile à définir, mais où luisait une sorte d’appel. Dans les yeux de Mme Courtalès, il croit discerner du désir, une certaine lubricité. Elle parvient à semer le doute dans l’esprit de Valence, quand elle suggère que Margareta et son mari auraient une liaison. La jeune Suédoise semble amoureuse de lui, mais Valence admet son inexpérience en psychologie féminine. D’ailleurs, Courtalès et Margareta s’absentant ensemble, la version de l’épouse parait bien se confirmer.KASSAK-58-3

Ayant abusé du whisky, par vengeance, Valence se laisse entraîner à une relation sexuelle avec Mme Courtalès. La sortie de son premier roman aurait pu effacer cet intermède, car peut-être y avait-il méprise. D’autant qu’il n’avait aucune intention de renouveler ses rapports intimes avec l’épouse de son agent. Mais voilà que, huit mois plus tôt, Georges Courtalès disparut brutalement alors qu’il se rendait à un cocktail. Depuis, l’enquête de police n’a rien donné. Aujourd’hui, Valence est interrogé en tant que témoin au Quai des Orfèvres. Il sait qu’on le soupçonne, oui mais un commencement de preuve matérielle sans mobile, ça ne peut gère leur servir; un juge d’instruction n’acceptera jamais de m’inculper là-dessus. Un jury ne me condamnera pas. D’ailleurs, Valence dit la vérité au policier. Pas toute la vérité, en effet. Ces appels téléphoniques qui ponctuent son interrogatoire, est-ce la preuve qu’attendent les enquêteurs ?

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commentaires

Max 07/12/2012 21:22

Salut Claude, et les autres aussi, d'ailleurs....
Kassak, ce palindrome cache un des meilleurs auteurs français des années 60/70, des intrigues savamment ourdies, de l'humour, dommage que sa production soit si peu abondante, 7 romans, si je ne
m'abuse...
Quant au plus prolifique Lebrun, j'ai lu la plupart de ses bouquins, relu récemment "Reproduction interdite". Une œuvre solide, de bonnes intrigues et un remarquable document sociologique sur la
France des années 60/70.
Amicalement,
Max

Claude LE NOCHER 08/12/2012 16:13



Bonjour Max


Hélas pour les lecteurs, Fred Kassak s'est principalement orienté vers les scénarios pour la télévision. Outre ses (trop rares) romans, beaucoup de ses
nouvelles furent disséminées dans divers magazines. Toutefois, je garde un bon souvenir de son recueil de nouvelles "Qui a peur d'Ed Garpo?", chez Le Masque. Les éditions Cheminements ont dû
publier un ou deux volumes de ses textes, dans les années 2005.


Michel Lebrun, je lui avais consacré une petite vidéo d'hommage, assez sympa, ici :


http://action-suspense.over-blog.com/article-21470843.html


Amitiés.



Oncle Paul 07/12/2012 08:33

Bonjour Claude
Fred Kassak,avec Michel Lebrun, faisait partie de ces romanciers qui privilégiaient l'humour dans des histoires particulièrement léchées.
Amitiés

Claude LE NOCHER 07/12/2012 09:00



Bonjour Paul


Pour ne rien te cacher, j'ai pris un énorme plaisir à relire ce roman. Je ne sais plus quand je l'ai lu une première fois (vers 1978, je crois), mais la dernière
fois, c'était en 1995. Il faudra aussi que je relise quelques titres de Michel Lebrun, autre auteur vénéré.


Amitiés.



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