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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 05:37

 

Évoquer romans et collections d’autrefois, c’est un plaisir teinté de nostalgie qu’il m’arrive de partager ici avec d’autres lecteurs. POP1Parmi ces grandes collections sétalant des années 1950 aux années 1980, Spécial-Police du Fleuve Noir fut ma préférée. Car il ny eut pas que la mythique Série Noire ou l’inusable collection Le Masque qui attiraient les lecteurs, loin sen faut. On publiait tous azimuts, des éditions Ferenczi à celles de lArabesque, en passant par Un Mystère aux Presses de la Cité, La Chouette créée par Frédéric Ditis (les prémices de Jai Lu), Crime-Club chez Denoël, et tant dautres collections oubliées. Leur format de poche limitait les tarifs de ces livres, qui s’adressaient donc à un large public. Il s’agissait d’inédits en poche, très peu de rééditions.

 

L’ami blogueur Mic m’a toutefois fait remarquer qu’il manquait quelque chose dans ces évocations des romans de l’époque : le contexte éditorial et social. En effet, le système de diffusion actuel n’a guère de rapport avec ce qui existait alors. Pourrais-tu nous éclairer sur cette période particulière où la lecture était à chaque coin de rue : kiosque à journaux, gare ferroviaire, épicerie du coin...? demande Mic.

POP2Habitant d’un quartier de la gare, il est vrai que ces romans ont toujours fait partie de mon univers, les ayant vus dans les boutiques et kiosques de gare. On doit se souvenir que la vie s’organisait autour des petits commerces de quartier, de l’épicerie au boucher, du coiffeur au marchand de chaussures. Les grandes galeries marchandes ne sont apparues que plus tard. Le livre était à portée de main, pas forcément dans un lieu dévolu. La preuve, je me souviens d’une anecdote étant ado, au début des années 1970. En vacances avec mes parents, nous passions dans un hameau vraiment isolé au cœur du terroir, loin des routes principales. Deux commerces un brin vieillots, un bistrot et une boulangerie. Cette boulangerie vendait le quotidien du coin et… avait un présentoir (tourniquet) garni de romans du Fleuve Noir. Autrement dit, à cinq kilomètres à la ronde peut-être dix kilomètres, on ne pouvait se procurer en guise de lecture que le journal et des Fleuve Noir.

Voilà ce qui faisait la force, l’impact même de ces collections : leur implantation dans la moindre bourgade et dans des commerces non destinés à vendre des livres. Le réseau des commerciaux du Fleuve Noir fut particulièrement efficace sur ce point. POP6Frédéric Ditis négocia pour que J’ai Lu Policier, après sa collection La Chouette, se vende dans les Monoprix. Superettes de proximité avant la création des hypermarchés, c’était un excellent vecteur de ventes populaires. La Série Noire visait davantage les librairies, prestige Gallimard oblige. Des petites librairies, il y en avait bien plus que de nos jours. D’autres collections ont périclité assez vite, c’est évidement à cause d’un manque de visibilité. Ce qui reste peut-être vrai encore aujourd’hui pour des petits éditeurs, il faut l’avouer.

 

—“On trouvait ce genre de livres un peu partout dans les maisons (notamment les greniers et les caves) et c'est comme cela qu'à l'âge de 7 ou 8 ans j'ai découvert chez mes grands-parents ou chez mes oncles et tantes, ces fameux petits bouquins” précise Mic. Oui, ce formats poche aux tirages conséquents expliquent qu’on en trouvait dans toutes les familles, sans qu’importe le niveau social. Je me souviens encore que c’est mon copain de 6e, Didier N., qui m’a parlé de ces San-Antonio que lisaient son grand frère. Ils étaient d’une famille d’agriculteurs. Plus tard, une fille de milieu BCBG, étudiante en filière littéraire, me raconta qu’elle adorait “ces petits romans-là­” bien davantage que ceux qui étaient au programme de ses études.

POP3Des années 1950 au début des années 1980, ces livres bénéficiaient donc de très gros tirage. Restons prudents sur les chiffres. Je me souviens de ce que m’en a dit Brice Pelman, auteur du Fleuve Noir. Cela concerne globalement la période 1965-1980. Un débutant pouvait compter sur un tirage de 30.000 à 40.000 exemplaires; un auteur confirmé c’était le double, parfois le triple si sa notoriété grandissait. San-Antonio se vendait, au minimum, entre 100.000 et 120.000 pour des romans courants, souvent bien plus. Ses grands formats rivalisaient en tirage avec les Prix Goncourt. (pour plus de détails, lire l’article Le Fleuve Noir en chiffres, de l’Oncle Paul).

Un exemple : le premier roman de Brice Pelman au Fleuve Noir sorti en mai 1968 ne s’est pas très bien vendu, à cause des évènements, les grèves entraînant des blocages. Il a dû s’en vendre quand même dans les 10.000 exemplaires minimum. Plus tôt, fin des années 1950, les enquêtes des sœurs Bodin écrites par Jean-Pierre Ferrière se vendirent à 50.000 exemplaires par volume. Dans cette collection La Chouette, le tirage moyen était estimé autour de 25.000 exemplaires.

POP8Ne nous hasardons pas à chercher des comparaisons avec les tirages actuels, d’autant que les ventes annoncées incluent souvent grands formats et rééditions en poche. À part pour une poignée d’auteurs, on est loin des chiffres d’antan.

Un mot sur les romans d’espionnage, très prisés à l’époque. Deux principales raisons à leur succès. D’abord, en ces temps de Guerre Froide et de manque d’informations, le lecteur avait l’impression (bien relative) d’en savoir un peu plus sur la situation mondiale. Ensuite, il s’agissait pour l’essentiel de trépidants romans d’aventure, avec scènes sexy soft et rebondissements explosifs. De quoi satisfaire un lectorat alors généralement masculin. En majorité, les intrigues étaient plus linéaires que celles des romans policiers, se contentant de suivre les tribulations du héros intrépide.

 

—“Mais je suppose (mais peut-être que je me trompe), que les lecteurs en lisant ces bouquins ne retenaient pratiquement jamais le nom de l'auteur” s’interroge encore Mic, qui n’a pas connu cette époque.

POP7Question notoriété, il faut distinguer plusieurs temps assez différents. Au risque de schématiser, nous avons d’abord l’époque 1950-1965. Les collections et leurs auteurs doivent s’imposer auprès du public. Georges Simenon et Agatha Christie sont maîtres du roman policier. Les auteurs américains tels Dashiell Hammett et Raymond Chandler gagnent un public français. Peter Cheney, James Hadley Chase, Mickey Spillane, Ed McBain, William Irish et quelques autres en profitent. Côté auteurs français, San-Antonio ou Charles Exbrayat sont parmi les premiers à imposer leur style. Beaucoup d’auteurs, qui passent pour des besogneux, vont s’avérer de bons artisans. Ils intègrent les collections se vendant bien, mais on retient encore peu leurs noms. De 1965 à presque 1980, les lecteurs ont adopté quelques-uns de ces auteurs (notamment du Fleuve Noir) qu’ils suivent régulièrement.

Pourquoi ? Il savent que ceux-là ne les décevront pas, tout simplement. Et puis, ces livres de 220 à 250 pages se lisaient aisément. Dans les années 1970, quelques romanciers s’imposent un peu plus solidement, tels G.J.Arnaud ou Brice Pelman. POP5Leur vocation d’auteur et leur expérience font d’eux des valeurs sûres, attirant les lecteurs. D’autres ont progressé grâce à leur productivité. Il n’est pas rare qu’ils aient écrit un roman tous les deux mois. Six romans par an (ou plus) d’un Peter Randa, d’une Mario Ropp ou d’un Roger Faller, ça finit par marquer le public. Ceux qui ne publiaient qu’un roman par an, voire moins, avaient moins la cote auprès des lecteurs.

Être présents, proposer sans cesse de nouveaux romans, tel était le secret de leur notoriété. Ce qui explique aussi que certains auteurs ayant été publié chez Série Noire, pour deux ou trois titres (Pierre Latour, Pierre Vial-Lesou, Serge Laforest, etc.) aient acquis leur véritable réputation chez Fleuve Noir. En outre, ceux qui furent présents dans plusieurs collections Fleuve Noir (Spécial-Police, Espionnage, Angoisse, Anticipation, l’Aventurier) multipliaient les chances d’imposer leur nom. Alain Page, plus tard auteur de Tchao Pantin, en fit partie.

 

Le public retenait les auteurs qui lui plaisaient. À part San-Antonio, aucun n’a jamais été destiné à devenir une star dans l’esprit des lecteurs. On récompensait le bon boulot de ces auteurs en achetant leurs livres. Mais, pour la célébrité, André Lay ne serait jamais Alain Delon, M.G.Braun n’égalerait pas Belmondo. POP10Même Léo Malet, Jean Amila ou Michel Lebrun n’eurent le droit à une logique reconnaissance que sur le tard, parfois après avoir cessé d’écrire. Toutefois, on parle là d’une époque où Louis De Funès, Bourvil, Fernandel, Darry Cowl, ou d’autres amuseurs était plus apprécié du public populaire que les tragédiens de théâtre ou de cinéma. Cette génération préférait ceux qui leurs ressemblaient. Or, les romans policiers de ces auteurs leurs ressemblaient. Sans prétention à un quelconque élitisme.

Les couvertures illustrées de ces romans participèrent à leur succès. Le talent de Michel Gourdon au Fleuve Noir, de Giovanni Benvenutti chez La Chouette, donnaient une identité aux collections, créant une incitation à la lecture. Une sale tête de truand buriné, une jolie pin-up déshabillée, un portrait de mamie détective, une cave insalubre baignée de sang, un cadavre dans un paysage mystérieux, tout cela suggérait déjà le contenu. Quand, fin des années 1970, les photos remplacèrent les illustrations, le public ne s’y retrouva que rarement.

 

POP9Foisonnement d’éditions et de lecteurs, en ces temps où la télévision était encore rare, jusqu’à la décennie 1970. Ce média entrant dans tous les foyers n’explique pas tout. Les habitudes des Français changeaient, que ce soit pour la lecture ou pour divers autres loisirs. Pour la consommation, en général. L’édition populaire perdit le statut légal de publication mensuelle qui était très favorable à la diffusion massive. Elle connut donc un net fléchissement dans les années 1980 et 1990. Puis, outre le prix unique du livre, avec la mise en place effective des actuels systèmes de diffusion, on est enfin revenu à une visibilité incitative pour les lecteurs dès les années 2000.

Toutefois, ne confondons pas les best-sellers actuels avec les romans populaires d’antan. Pour cela, la fréquentation des Festivals et Salons du livre apporte quelques éléments de réflexion. Certes, on a vu la queue sur quinze mètres pour une dédicace de Fred Vargas ou de Maxime Chattam. POP4Mais aussi ces lecteurs ou lectrices approchant de la caisse avec une pile d’une dizaine de livres, dont aucun auteur très connu. C’est la curiosité qui guide le choix de ces lecteurs-là. Dans leurs livres en stock, qu’ils liront réellement, on ne trouverait guère que 10% d’auteurs stars, de best-sellers. La majorité de leurs lectures, ce sont des découvertes qui ne doivent rien au marketing publicitaire. Peut-être vaut-il mieux acheter chaque année vingt livres qu’on lira réellement, plutôt que trois ou quatre best-sellers qu’on survolera à peine, non ? Libre choix, qui s’apparente au lectorat traditionnel des romans populaires dont nous parlons ici. Plaisir et goût de la lecture guident encore une large partie du public. Heureusement !

 

Quelle est votre approche du polar ? Je serais heureux d’avoir votre témoignage sur vos motivations et autres anecdotes. Merci de laisser un commentaire (ci-dessous) sur votre propre démarche de lecteur.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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commentaires

daniel 12/07/2016 15:49

je suis a la recherche d'un polar américain lu dans les années 70 80 . des policiers kidnappaient a la sortie d'aéroport des couples puis les amenaient dans une propriété ou après avoir abusé de la femme les laissait partir pour les chasser . Dans le polar un autre flic dont la fille avait été violé se venge . avez vous une idée du titre merci de votre réponse

Valcogne 26/06/2014 18:19

Le cinéma a trouvé en Robert Ludlum une source d'inspiration notamment avec la très bonne trilogie des Jason Bourne prolongée par un film mettant en scène un autre héros, mais ceci est une autre histoire. Sam Peckinpah avait pris "Osterman week end". C'est un signe. J'espère que vous sourirez autant que moi à cette "route de Gandolfo" le jour où vous pourrez ou aurez envie de la découvrir, tout en sachant que l'humour est toujours personnel et que ce qui amuse quelqu'un peut laisser une autre personne indifférente, voire agacée! Cordialement.

Claude LE NOCHER 26/06/2014 18:24

Une part d'humour est toujours la bienvenue dans le polar, même quand l'histoire par elle-même est sombre voire très noire. A bientôt.

Valcogne 26/06/2014 13:46

Bonjour. Le temps passe à une vitesse folle mais je ne manque pas de passer sur votre blog quand j'en ai l'occasion, il y a énormément d'informations et d'avis éclairés, un régal. Je ne puis m’empêcher de vous faire part de ma dernière bonne surprise. Robert Ludlum est un écrivain de qualité et plutôt "sérieux", très documenté, hors je viens de lire sous sa plume inspiré un bijou d'humour dont j'étais loin de soupçonner qu'il en détenait tant: " Sur la route de Gandolfo". je n'ai pas vérifié si vous l'avez chroniqué, en tout cas, je le recommande chaudement à ceux qui ne le connaitraient pas. Amitiés. ( édition livre de Poche n° 7562 )

Claude LE NOCHER 26/06/2014 16:10

Bonjour
J'avoue ne pas être un lecteur habituel de Robert Ludlum, romancier hautement estimable en effet. Je n'ai pas lu (donc pas chroniqué) "Sur la route de Gandolfo", un roman qu'il faudra que je teste. Amitiés.

Patrick 29/09/2013 13:37

Bonjour Claude
Belle brocante ce matin , malgré un temps maussade et surprise de belles trouvailles..

Les détrousseurs - G.J. Arnaud
Rayé des vivants - Roger Vilard
Tourbillon - Claude Rank
Feu vert - Georges Vidal
Pas encore assez morte - Mario Ropp
2 Frédéric Dard et 2 André Caroff.....

Bon dimanche Amitiés..

Claude LE NOCHER 29/09/2013 18:19

L'Oncle Paul a dû nous écrire un article sur elle, il me semble.
Amitiés, cher Patrick.

Patrick 29/09/2013 18:08

Merci Claude , je ne savais pas que Mario était une femme....
Je vais la suivre de près....:)

Claude LE NOCHER 29/09/2013 17:26

Encore une très jolie récolte, mon cher Patrick.
Celui que je connais ici le moins bien, c'est Georges Vidal, qui fut aussi publié précédemment dans la coll. Feux Rouges chez Ferenczi. Quant à la brave Mario Ropp, elle a parfois produit de bons titres.
Amitiés.

valcogne 14/07/2013 21:23

J'avais des doutes sur André Lay mais je vais y regarder de plus près...

Claude LE NOCHER 15/07/2013 10:26

Je vous rassure : il fait plein soleil à l'Ouest, également, avec une trentaine de degrés l'après-midi. Je passerais volontiers mon temps à lire sous mon cerisier, mais...
Amitiés.

valcogne 15/07/2013 10:11

Alors je vais me concentrer sur ceux ci. Merci pour vos conseils, je vous adresse un rayon de soleil du sud, une bonne raison de lire un bon polar dans une chaise longue§

Claude LE NOCHER 14/07/2013 21:33

La série "Shérif..." d'André Lay est plutôt à éviter, mais bon nombre de ses autres romans sont sympathiques.
Amitiés.

Patrick 14/07/2013 18:36

Bonsoir Claude
Ce matin j'ai trouvé 2 SP Fleuve Noir : La mort en douce d'André Lay et Mauvaise carte de M. Coulmer un peu abîmé mais pour 1 euro.....
Connais -tu cet auteur et as tu des renseignements le concernant ?
Merci et bonne soirée.
Amitiés
Patrick

Claude LE NOCHER 14/07/2013 20:10

Salut Patrick
Michel Coulmer n'a que peu publié, sous ce nom en tout cas, chez Fleuve Noir : "Mauvaise carte" en 1954 et "La nuit de ma mort" en 1958 (j'ai celui-là). Coulmer est un village de l'Orne, peut-être à l'origine de ce pseudo ? Il y a eu quelques auteurs d'un ou deux titres comme ça, en Spécial-Police... Quant à André Lay, c'était l'inverse, le super-productif. Si tu croises des enquêtes de la série Vallespî, c'est plein de drôlerie et d'aventures.
Amitiés.

valcogne.over-blog.com 05/03/2013 17:14

J'ai dévoré "Un pied au paradis " de Ron Rash. Depuis "1275 âmes " de Jim Thompson et "Tandis que j'agonise "de William Faulkner, je n'avais pas lu un tel chef d'oeuvre. Une pèpite noire.

Claude LE NOCHER 05/03/2013 17:19



Bonjour


C'est un de mes "coups de coeur" de 2012, je ne peux donc que confirmer.


En ajoutant que la frontière n'existe plus ici entre roman classique et roman noir.


Amitiés.



valcogne.over-blog.com 25/02/2013 09:30

Poursuivant nos sympathiques échanges je me suis lancé dans la découverte progressive des oeuvres de Serge Laforest. Vous évoquez souvent Jean Pierre Ferrière dont j'ai lu la plupart des titres
jadis et que je vais m'employer à relire tant, vous avez raison, cet auteur est excellent, inventif et surtout empreint d'un humour bien personnel. Dans les nouveaux auteurs je me ferai un plaisir
d'aborder Ron Rash. Bonne journée.

Claude LE NOCHER 25/02/2013 18:06



Bonjour


Avec Ron Rash, on dépasse le strict cadre du polar, et c'est un des écrivains à ne pas rater en ce moment... En effet, la finesse d'écriture et l'ironie perso de
Jean-Pierre Ferrière sont un délice. J'ai la chance d'être en contact régulier avec lui, et nous conversations sont toujours un bonheur pour moi (qui suis aussi un de ses lecteurs de longue
date)...


Nous avons tous tant d'excellents romans à lire et/ou à relire. Alors faisons-nous plaisir.


Amitiés.



valcogne 16/01/2013 19:05

Absolument! Je m'accorde avec beaucoup de vos choix mais sans doute selon la vieille loi du 80/20 qui touche bien des domaines de la vie. J'aime beaucoup Thomas Cook. Dans mes auteurs de
prédilection je place ,entre autres ,aussi Henri Crews, Peter Chambers , le grand Jim Thompson , Joe R Lonsdale et , même si son oeuvre est un peu inégale, Patricia Cornwell . Je vais explorer les
pistes dont vous me parlez avec plaisir.

Claude LE NOCHER 16/01/2013 20:18



Le 80/20 penche plutôt côté Harlan Coben, Guillaume Musso ou Marc Lévy, faut avouer.


Mais que voulez-vous, G.J.Arnaud, Brice Pelman, J.P.Ferrière, Dominique Arly et autres dans cette génération, m'ont apporté de grands plaisirs de lecture. Ils
restent très agréables à lire. Quant à Jim Thompson, Ed McBain, Charles Williams, Donald Westlake, Elmore Leonard ou Joe R.Lansdale par exemple, c'est l'évidence même du bonheur de
lecture.


Amitiés.


 



valcogne.over-blog.com 16/01/2013 14:30

Bon, j'ai lu plusieurs livres de Ken Bruen.Je comprend qu'on l'aime, mais pour moi ce n'est pas la révélation du siècle. J'ai repris des Westlake de jadis, je m'ouvre, grâce à vous, à des Piet
Legay,Paul Kenny, Dan dastier, pour voir, Serge Laforest, que je ne connais pratiquement pas, et ai relu avec bonheur "Les Ruffians" de José Giovanni", 40 ans plus tard,quoique ne l'ayant jamais
oublié. Peut être suis je un vieux ringard trop nostalgique des "tontons flingueurs", ce que j'admet humblement, mais les nouveaux auteurs ont du mal à me convaincre. On a fait tout un cirque avec
Harlan Coben, par exemple, bien. Pour moi, il a fait un chef d'oeuvre: "Ne le dis à personne", le reste, c'est de la redite, du procédé. R.j Ellory par contre est à la hauteur de mes espérances.
Cela dit, les goûts et les couleurs...sont là pour être discutés.

Claude LE NOCHER 16/01/2013 17:08



Bonjour. Non, je suis convaincu qu'il n'y a pas la moindre ringardise à apprécier des romans d'antan. Ceux de José Giovanni sont souvent puissants. Relisez "Le trou"
qui reste un grand polar (presque autant que le film de Jacques Becker). Dan Dastier ou Piet Legay, c'est bien fichu, mais (parmi bien d'autres) Serge Laforest m'apparait plus original.


Parmi les auteurs actuels, on peut reprocher à certains d'appliquer des recettes de cuisine étiquetées Thriller, c'est vrai. Le plus ennuyeux est quand il nous
pondent des "pavés" qui seraient sans doute plus excitants en moitié moins de pages. R.J.Ellory est excellent, oui. Je reste un admirateur de Ken Bruen. Vous pourriez essayer (si ce n'est
fait) des auteurs tels que Thomas H.Cook, Ron Rash ou Megan Abbott, mes préférés depuis quelques années. Et chez les Français, les romans de Sylvie Granotier ou Joseph Incardona par
exemple.


Ce ne sont là que des suggestions, j'insiste sur ce point. Car, on n'est pas tous forcément sensibles aux mêmes ambiances, au mêmes genres d'intrigues... Et c'est
tant mieux !


Amitiés.



valcogne 04/10/2012 23:19

Votre mémoire est sans failles, oui, le mauvais garçon en question ressemblait à...Johnnny Halliday et la couverture de Gourdon est explicite. L'auteur usait de ficelles personnelles car, ce
"héros", qui justifie la moitié du livre, devait le lasser et il l'abandonne en plein milieu sans qu'on sache trop pourquoi pour rebondir ailleurs! Dommage, j'aurai aimé qu'il m'explique ce que
devenait Stéphane/halliday dans le futur... ceci mis à part, agréable moment de lecture facile.

Claude LE NOCHER 05/10/2012 06:29



L'idée d'un sosie de Johnny est sans nul doute assez convenue, c'est vrai, et probablement difficile d'en faire un coupable crédible. D'où une autre
orientation de l'affaire.


Amitiés. 



valcogne.over-blog.com 04/10/2012 16:29

A la suite de ces commentaires, et peut être à cause d'eux, en vacances vers Vence, je tombe sur un polar à couverture Gourdon certifiée d'un auteur dont je n'avais lu AUCUN bouquin et, d'occase,
je l'achète. Heureuse surprise que ce "L'aiguille dans le foin" d'Adam Saint-Moore! Les années soixante comme si vous y étiez, un bon rythme, de l'idée, une bonne écriture... je vais farfouiller
pour trouver d'autres oeuvres de ce poulain de Fleuve Noir que j'avais injustement négligé...

Claude LE NOCHER 04/10/2012 20:15



Bonjour, h'avais consacré un article à quelques romans de cet auteur : http://action-suspense.over-blog.com/article-adam-saint-moore-un-hommage-huit-romans-58106320.html


Je n'y cite pas "L'aiguille dans le foin", dommage car, c'est vrai, on est typiquement dans l'ambiance des années soixante. Je crois me rappeller qu'un "mauvais garçon" y incarnait la voyoucratie
(pas forcément coupable) de ce temps-là. Eh oui, les romans d'autrefois ont également une "valeur de témoignage" sur une période disparue depuis longtemps.


Amitiés.



valcogne 17/06/2011 11:39


Bonjour. Merci de m'avoir répondu, là où j'évoquais le plaisir de lire des polars. Ce plaisir c'est aussi celui de l'écriture de ces écrivains dignes des classiques.Ainsi, même sous la traduction,
on perçoit la nostalgie romantique du tough-guy chez Raymond Chandler. Qui profiterai de l'argot magnifique de Paris et d'ailleurs sans Simonin,Dard,Giovanni? Voyez comme Ellroy se défonce pour
user de styles différents avec des histoires prenantes et des héros inoubliables. Le plaisir évoqué est donc multiforme et il faudrait des...livres entiers pour le détailler. Cordialement


Claude LE NOCHER 17/06/2011 15:52



Bonjour. Effectivement, le plaisir d'écriture "se sent" chez certains romanciers. De partir d'un schéma qui a déjà bien servi, pour en donner sa version. De s'amuser
avec le langage, quitte à inventer les mots comme F.Dard ou jouer avec l'argot, tel Simonin ou Le Breton. De multiplier les niveaux d'intrigues (Ellroy) ou les "entrées", comme je l'ai vu
récemment dans "Bizango" de Stanley Péan. D'inverser les codes, comme le fait Megan Abbott dans "Gloria". Les exemples ne manquent pas, de ce plaisir d'écrire.


Certes, les auteurs de l'époque 1950-80 produisaient beaucoup. Mais on a le sentiment que nombre d'entre eux, voulant écrire des "romans malins", se sont pas mal
amusés avec leurs intrigues. Les cas de Michel Lebrun ou J.P.Ferrière sont éloquents, je crois.


Sans doute faudrait-il consacrer des livres entiers aux thèmes en question, c'est vrai. La perception d'une histoire selon le moment où on la lit (exemple : un
couple assassiné dans un chalet de montagne, alors que vous lecteur séjournez avec votre compagne dans un tel chalet) fait partie des idées souriantes peut-être à développer.


Amitiés.


 


 


 



René Berano 16/06/2011 19:30


Bel article qui me replonge à la fin des années 50 où j'ai découvert le polar avec la collection La Chouette et les merveilleuses illustrations de Benvenutti. Des couvertures jamais égalées amha !
Il y avait plusieurs série, en particulier celle des Cadavres de J.P. Ferrière, celle du Commodore Frédéric Horn de B. Cheyenne, celle de l'avocat Maître Valentin Roussel par Noël Vexin/André
Héléna, sans oublier les romans d'action de Gil(lles) Perrault et pour citer le titre d'un de ses romans : C'était le bon temps !


Claude LE NOCHER 16/06/2011 20:22



Bienvenue au Club des Nostalgiques, mon cher René !


Je sais que tu reste un afficionado de La Chouette, collection populaire s'il en fut, qui a produit de très bon petits romans. Dominique Dorn, Bruno Bax ou
Geneviève Manceron sont des noms qui ne disent plus rien à personne. André Héléna-N.Vexin est réhabilité par certains d'entre nous. Gilles Perrault a évolué mi-écrivain, mi-avocat, mi-historien
(ça fait trois moitiés, tout dépend de la grosseur des moitiés).


Quant à mon/notre camarade Jean-Pierre Ferrière, il m'a souvent avoué : "On était des enfants gâtés de l'édition" au regard des tirages de l'époque. Bon temps (fait
d'une part d'insouciance) sûrement, mais surtout éqpoque florissante pour le roman populaire. Bon, tu connais tout ça, je t'en raconte pas plus !


Amitiés.



valcogne.over-blog.com 16/06/2011 10:51


Je lis des polars et de la SF depuis cinquante ans,et bien d'autres choses aussi.La plupart des meilleurs polars vous font découvrir des mondes insoupçonnés, des gens inconnus.Le meurtre n'y est
souvent qu'un prétexte à de belles ambiances et descriptions sociales. Certains sont d'un humour incontournable, tels Westlake, Dard. On en sait plus en lisant James Ellroy qu'en ouvrant le
Midi-Libre... Et puis, simplement, un excellent polar, c'est un plaisir sans mélange.


Claude LE NOCHER 16/06/2011 17:52



Bonjour... La simple notion de plaisir est bien celle que j'essaie de valoriser ici, plaisir et liberté de nos lectures. Dans le roman d'énigme ou d'enquête, on
cherche l'identité de l'assassin. Mais il est bien vrai que les ambiances et parfois les tensions, les thèmes sociaux et sociétaux, les types de personnages jamais loin du réel, participent à
l'univers du lecteur de polars. Humour, ironie, cynisme, aujoutent du piment à ces histoires. Merci de ce témoignage...


Amitiés.



Boris 16/06/2011 01:16


Salut Claude,
c'est un message de Serge B. sur la liste qui m'a renvoyé vers cet article. J'ai commencé le polar en 4e avec surtout l'espionnage. Dans l'internat, on se refilait les San Antonio, les OSS 117 et
autres fleuves noirs. Dans cette même période, je lisais les Alice (Biblio Verte) et tout Arséène Lupin au fur et à mesure des rééditions en livre de poche. Ensuite, j'ai lu des Chester Himes. Mais
le véritable déclic a été à la fin des années 70, quand un copain m'a prêté 'le Grand sommeil' ; je suis tombé dedans. Depuis je n'ai cessé de lire des polars, quasiment exclusivement.
Quant aux couvertures que tu produis, cela me rappelle l'époque où je chinais les foires et les puces à Bordeaux et où j'achetais les Un Mystère uniquement pour la couverture (époque des eighties
où les couvertures étaient plutôt moches - par exemple Eurodif...)

Amitiés


Claude LE NOCHER 16/06/2011 07:07



Salut Boris... D'Arsène Lupin à Chester Himes, voilà une trajectoire qui pourrait résumer le parcours initiatique d'un grand nombre de passionnés du polar. Si
San-Antonio et autres séries nous ont amenés à en lire, ce sont bien les grands noms qui ont entretenu notre plaisir : Hammett, Chandler, McBain, Ch.Williams, Westlake, Elmore
Leonard et tant d'autres depuis. Avec, la plupart du temps, une envie de découvrir, une curiosité qui nous guide.


Il est vrai que les simplistes et laides couvertures d'Eurodif et autres, avec photos de jolies filles peu vêtues, étaient bien moins excitantes que les
illustrations "pin-up" d'Un Mystère, les dessins de Gourdon et autres grands. Heureusement, il y a eu, par exemple, J.C.Claeys pour revenir à la belle illustration ces années-là. Depuis
Myles Hyman ou Joe G.Pinelli sont un peu dans la même lignée.


Amitiés.



El JC 13/06/2011 11:03


Bonjour à tous. Voici un excellent article qui évoques inévitablement des souvenirs heureux et délicieux. Le club des 5, les six compagnons, Langelot, Arsène Lupin, Fantomas, les romans de Jules
Verne ou de Zane Grey, Bas de cuir, Coplan, Le saint... et j'en passe. A la diffusion présentée il me semble qu'il faut ajouter les camions parcourant la campagne d'alors. Amenant dans les petits
villages le pain un peu d'épicerie et bien évidemment le lot de romans populaires toujours fort attendu.


Claude LE NOCHER 13/06/2011 11:16



Bonjour... Il est fort possible que des camions-épiceries aient aussi diffusé certains romans populaires, en effet. Ce qui correspondait à la demande des clients,
tout simplement. Dans les points de vente fixes, les commerciaux faisaient généralement du "laisser sur place", garnissant présentoirs et tourniquets, relevant le nombre de ventes. Là encore, un
système simple. Souvenirs heureux, c'est certain !


Amitiés.



Mic 11/06/2011 09:56


Il me semble que le lectorat en général, est très influencé par la notoriété d'un auteur. Lorsque je me rends à la FNAC, il m'arrive souvent de regarder, ce que les gens emportent sous le bras, et
je suis frappé de voir que très souvent, ils choisissent des auteurs très médiatiques dont on entend souvent parler, notamment à la radio. Dernièrement, je me suis rendu à Londres (un pays très
fermé à la culture latine, en général), et tu trouves systématiquement en tête de gondole, les livres de Fred Vargas, très populaire au Royaume Uni, les anglais raffolent ses romans. Pourquoi elle
plutôt qu'une autre, j'ai souvent poser la question à mes amis, mais je n'ai jamais eu de réponses satisfaisantes. Le succès tient à peu de chose finalement ... Amitiés, MIC.


Mic 10/06/2011 17:17


Un très grand merci cher Claude, pour cet excellent billet qui nous éclaire formidablement bien, sur une époque révolue mais tellement regrettée (Ah! la nostalgie ...). On se rend bien compte qu'à
l'époque, la lecture faisait partie du quotidien pour de nombreuses personnes et de tous âges. La lecture doit impérativement faire partie de l'éducation du jeune enfant, pour un tas de raison (car
je dis souvent aux miens : on n'a jamais vu un gros lecteur cancre à l'école! A très bientôt, cher Claude et bravo! MIC.


Claude LE NOCHER 10/06/2011 20:24



Merci Mic, cet article étant né de tes questions...


Le livre n'est pas un objet de consommation pour les lecteurs, c'est une curiosité vers la découverte d'une histoire, d'un roman. Prétendre à un quelconque élitisme,
c'est éloigner les futurs lecteurs dans la plupart des cas. C'est les placer devant un mur infranchissable.


Par contre, rendre le livre accessible partout, tout le temps, suggérer et proposer, initier parfois, donner l'envie, voilà qui est positif. Si on laisse traîner un
livre sur une table de salon, un môme finira par l'ouvrir. Si on admet qu'un ado apprécie d'autres livres que ceux "conseillés" pour lui, on lui laisse la liberté du choix de lecture.
Autant de gestes simples, d'invitations à la lecture.


Choisir de lire, c'est se faire plaisir, et donc dans l'esprit du roman populaire.


Amitiés.


 



Elena 09/06/2011 23:17


Bonsoir Claude,
Je crois bien que j'ai commencé avec des Club des 5, Clan des 7, fantômette, puis la collection des Lupin, suivie par les enquêtes de Rouletabille... Tous offerts au fil des passages dans la classe
supérieure de l'école primaire. Mais je dois aussi avouer que, dans une vieille malle du grenier, sommeillait un hétéroclite assemblage de divers titres de la collection du masque, des Simenon, des
San Antonio,quelques SAS, Agatha Christie, et même un certain nombre de livres de SF...Bref des livres abandonnés à la fin des vacances et qui, à l'âge de 8 ans, me paraissaient "interdits"
puisqu'achetés par les adultes et rangés à l'abri des regards...J'ai passé beaucoup de temps dans ce grenier...


Claude LE NOCHER 10/06/2011 08:11



Bonjour Elena... Eh oui, pour les filles, il y avait aussi Fantomette ! Ces nombreuses séries pour enfants et ados ont fidélisé à la lecture, c'est certain.


Ce qui confirme aussi, comme le disait Mic, l'influence des greniers familiaux sur l'univers de beaucoup de lecteurs. Cela suscitait une curiosité vers le livre. Et
puis, quand on a baigné dans une ambiance "avec livres", ça donne parfois même le goût d'écrire des romans, n'est-ce pas ?


Amitiés.



Jean d'Aillon 09/06/2011 13:29


Article passionnant, qui a fait surgir tant de souvenirs dans mon esprit (j'ai 63ans et j'ai bien connu cette époque), même si je lisais plutôt Bob Morane!! Toutes les remarques sont d'une grande
justesse!
BRAVO


Claude LE NOCHER 09/06/2011 16:23



Merci pour le compliment. Il me va droit au coeur, d'autant plus qu'il émane d'un auteur comme vous, qui sait ce que signifie l'écriture. Situer pour les générations actuelles un contexte extrêmement différent d'aujourd'hui, c' est toujours un peu compliqué. Mais si ceux qui ont connu cette époque s'y
retrouve, c'est déjà une énorme satisfaction. Quant à Bob Morane, qui a évidemment influencé l'imaginaire de nombreux jeunes lecteurs, il figurait parmi les gros tirages de l'époque en
question. 


Merci de votre visite. Amitiés. 



Serge 31 08/06/2011 01:36


Salut Claude.
Eh bé, tu nous l’avais promis, celui-là, et on n’est pas déçu ! Il suffit de voir les commentaires : tu agites nostalgie et souvenir au plus profond de chacun, et je ne suis pas épargné (vite, des
sels !!!). Etonnant comment le parcours des découvertes littéraires des uns et des autres est quasi similaire. De mon côté, il y eut les tremplins Bibliothèque Rose (on ne mesurera jamais assez
l’étendue de notre dette envers Le Club des Cinq) et Verte ( Les 6 Compagnons et surtout Langelot), les collections Rouge et Or (Jacques Rogy), Marabout (Bob Morane et les Dylan Stark de Pierre
Pelot). Puis , très vite, Sherlock Holmes, le choc Arsène Lupin, et le piment San Antonio, qui m’emporta définitivement du côté obscur de la Force… Je peux aussi citer la découverte d’un stock de
Mystère Magazine dont les notes critiques (c’est plus tard que j’ai appris qui étaient Endrèbe et Maslowsky) m’on conduit très tôt vers Japrisot, Irish et Boileau-Narcejac … De là m’est resté un
fort goût pour les romans à suspense.
Dernier point, les présentoirs/tourniquets me restent aussi en mémoire. Mal foutus, certes (ils couinaient atrocement quand tu tentais de les faire tourner, les livres mal répartis les
déséquilibraient…), mais c’est sur eux que j’ai acheté nombre de Kenny et San Antonio. Ou que, désargenté, je ne me lassais pas de la contemplation de mes futurs achats… ou plus simplement de la
sensualité des dessins de Gourdon.
Amitiés!


Claude LE NOCHER 08/06/2011 07:10



Salut Serge... Comme dirait notre Oncle Paul, cet article pourrait être "à suivre". Car je me rends compte que d'autres éléments entrent dans l'omniprésence du livre
à l'époque. Au sujet des romans-jeunesse, les parents (+ oncles, parrains, cousins) offraient facilement des livres aux enfants que nous étions. Club des cinq, Clan des sept, Jacques Rogy,
Michel, Bob Morane, etc arrivaient par ce biais. Initiation, en effet, avant des auteurs plus prestigieux tels Conan Doyle ou Edgar Poe, avant des collections populaires aux romanciers de
qualité. Pas bien vu d'évoquer publiquement ces lectures-là, mais cette relative "clandestinité" participait sans doute aussi à notre plaisir, inconsciemment. 


Chez Denoël, Boileau-Narcejac, Sébastien Japrisot, Jean-François Coatmeur, Hubert Monteilhet et quelques autres "pointures" nous firent pas mal frémir, c'est
vrai.


Parfois les tourniquets grinçants servaient à repérer les jeunes chapardeurs de bouquins, m'a dit un commerçant retraité qui vendait des Fleuve Noir dans son
bistrot. Alarme rudimentaire, mais le bonhomme avait l'oeil (et l'oreille) aux aguets. Les commerciaux du Fleuve Noir venaient recharger chaque mois ces tourniquets. Selon le bistrotier
retraité, il avait une demie douzaine de clients qui patientaient, au jour prévu, pour acquérir les livres de leurs auteurs préférés. Autres temps, autres moeurs !


Amitiés.



ric pochet 07/06/2011 16:10


Pour moi le polar fut d'abord avec la collection signe de piste au milieu des années 70 (du siècle dernier). La série des "Chats Tigre" de Mik Fondal (un mix de Dalens et Foncine les auteurs phares
de la collection). Des romans à la portée du lecteur adolescent que j'étais. Plus sérieux et subtil que la série des Michel et des six compagnons en bibliothèque verte, et plus propice à une
identification entre héros et lecteur que les séries noires encore nimbées de mauvaise réputation. Puis sont venus les auteurs du Fleuve Noir: Arnaud, Ropp, Pelman, Morgon et d'autres à la suite:
ADG, Manchette et une brochette d'américains. De fil en aiguille...Comme quoi pour les passionnés de polar tout est histoire de couture...ou de cicatrices.


Claude LE NOCHER 07/06/2011 16:36



Bonjour... Ah, enfin quelqu'un qui a lu comme moi la série Michel, de Georges Bayard ! Je désespérais. Michel et son cousin, Arthur je crois, étaient effectivement
plongés dans de véritables enquêtes, assez dangereuses... David Morgon, du Fleuve Noir, est un des auteurs dont on parle plus rarement. Des histoires assez chaudes côté sexe, si ma mémoire est
bonne. Arnaud, Pelman, ADG, Manchette, c'est le parcours de beaucoup d'entre nous, c'est vrai. 


Merci de ce témoignage. 


Amitiés. 



Oncle Paul 07/06/2011 15:08


Bonjour Claude et autres intervenants.
Je n'ai rien à ajouter à ce que tu as écrit, sauf peut-être y apporter quelques souvenirs. Au collège, au début des années 60, on s'échangeait en classe les San-A, les Laforest, les Kenny et bien
d'autres, pendant que le prof de français faisait son cours. Il fermait les yeux ou il confisquait les ouvrages en question, quelques jours, le temps de les lire et les rendait après. Un prof
intelligent (pour moi!). Un jour je reviendrais sur l'origine de l'expression Roman de gare, terme devenu péjoratif de nos jours.
Amitiés à tous


Claude LE NOCHER 07/06/2011 15:27



Salut Paul... Mes profs de français étaient un peu plus rigides, si je me souviens bien.


Quant à cette expression "roman de gare", non seulement la formule est aujourd'hui péjorative, mais elle est employée de manière inexacte. Désormais, on trouve
principalement des best-sellers issus du marketing pub dans les gares, finalement assez peu de polars. 


Amitiés.  



Max 07/06/2011 11:51


Débuts avec club des 7 et clan des 5, puis, vers 11 ans, en vrac, car c'est loin, Agatha Christie, Arsène Lupin, Le Saint, San-Antonio, Sherlock, Harry Dickson à sa sortie en marabout, bref, que du
héros récurrent ! Et accroché pour la vie, et peut-être plus....
Découvert San-A chez mon beauf cultivateur, qui ne lisait que ça et les espionnages du fleuve....


Claude LE NOCHER 07/06/2011 15:21



Bonjour Max... d'Enid Blyton à Harry Dickson, les héros de séries entraînaient effectivement une fidélisation des lecteurs. Je me rends compte que je connais mieux
le Simon Templar de la télé que celui de Leslie Charteris, que j'ai peu lu. Et tu confirmes la "ruralité" de San-Antonio et du Fleuve Noir, en fait sa "proximité" avec les gens qu'il faisait rire
ou sourire.


Amitiés.



r.sadaune 07/06/2011 11:23


Grand merci de m'avoir replongé dans mes premières décennies de lecteur. J'ai débuté avec Cheyney et Chase... Mes virées chez les bouquinistes des quais de Seine parisiens m'ont permis des
découvertes inoubliables.


Claude LE NOCHER 07/06/2011 11:30



Salut Roland... Incontournables Peter Cheney et James Hadley Chase, pour toute une génération. Même Brice Pelman avouait que le second avait eu une sacrée influence
sur lui. Avoir la chance de tomber chez les bouquinistes sur des vieux polars pas trop cher, pas tous géniaux mais très sympa, c'est aussi un plaisir de lecteur.


Amitiés.



mazel 07/06/2011 09:28


pas très bien vu de lire des polars dans ma jeunesse...
bref, disons que j'ai commencé par "le club des cinq"... puis Agatha Christie...
juste après, découvert San-Antonio... mais attention, en secret...


Claude LE NOCHER 07/06/2011 10:30



Bonjour Annie... Parcours un peu similaire pour moi, avec les même plus Maigret et Arsène Lupin, jusqu'à "la révélation San-Antonio" qui a définitivement fait de moi
un gros lecteur.


Mal vu de lire ça, oui (voir ma réponse à Maneval). Mais tellement plus jouissif que les textes classiques, aussi brillants fussent-ils.


Amitiés.



Maneval 07/06/2011 09:17


Pour ma part je regrette l'époque où le polar était considéré comme un genre marginal, c'était plus rigolo.


Claude LE NOCHER 07/06/2011 10:26



Tu n'as pas tort, Eric... C'était considéré comme de la sous-littérature, une sous-culture indigne des bien-lisant. D'ailleurs, ces "auteurs-là" n'avaient jamais
droit aux médias (ce qui faisait bien rigoler Pierre Pelot, je m'en souviens). Pendant ce temps, on s'amusait beaucoup à la lecture de ces polars, en marginaux (supposés) que nous étions
donc.


Amitiés.



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