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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 06:58

 

Le roman de Massimo Carlotto et Marco Videtta Padana City est maintenant disponible en version poche, chez Points. Le contexte de cette affaire criminelle donne une force certaine à l’histoire…

Au Nord-Est de l’Italie, la plaine du Pô a connu un développement économique important, ce qui intéresse aujourd’hui des investisseurs étrangers. Jeune avocat dans une ville de cette région, Francesco Visentin appartient à une des grandes familles locales. Il est le fils unique du magistrat le plus respecté ici, Antonio Visentin. Sa fiancée Giovanna Barovier est d’ailleurs avocate dans le cabinet de son père. La famille de cette dernière fut longtemps puissante, mais connut des revers de fortune. Alvise Barovier, le père de Giovanna, fut impliqué dans une sale affaire, et fit de la prison avant de disparaître. Bien que ça rende furieux Filippo, ex-petit ami de la jeune femme, Francesco et Giovanna vont se marier dans quelques jours. Filippo n’est autre que le fils de la comtesse Selvaggia, qui dirige la Fondation Torrefranchi. Cette organisation a beaucoup investi dans l’essor économique du secteur. C’est le père de Francesco qui est leur avocat.

CARLOTTO-VIDETTA-2011Quand Francesco découvre sa fiancée morte dans sa baignoire, il est bientôt soupçonné de meurtre par le juge Zan, magistrat sans envergure. Honnête et consciencieux, le Lieutenant Mele (des carabiniers) est plus objectif. Filippo refuse de confirmer l’alibi bien réel de Francesco. Il s’avère que Giovanna venait d’avoir un rapport sexuel consenti. On peut supposer qu’elle a été assassinée par son amant. Carla, la meilleure amie de la victime, confirme que Giovanna devait révéler la chose à son fiancé : Elle m’a dit qu’elle était devenue la putain de l’homme qui lui avait gâché la vie. Quand une bagarre oppose Francesco et Filippo, le reporter local médiatise sans hésiter cette querelle entre deux fils de bonnes familles. La puissante comtesse Selvaggia fait comprendre au journaliste où est son intérêt. Un nouveau reportage détourne l’attention de cette affaire, dans lequel le journaliste désigne les étrangers à la vindicte populaire.

Filippo disculpe finalement Francesco. Le jour des obsèques de Giovanna est celui où ils devaient se marier. Le père de la jeune femme a toujours clamé qu’il était victime d’un complot. Carla désigne à Francesco un terrain ayant appartenu à Alvise Barovier, servant désormais de décharge pour des produits toxiques censés être recyclés. Barovier fut ruiné à cause du banquier véreux Zuglio. C’est un combinard ayant dupé bien des gens avec des placements bidons, un usurier protégé en haut lieu car il sait blanchir l’argent sale. Le Lieutenant Mele cherche depuis longtemps à le coincer. C’est une société appartenant à Davide Trevisan, un ami de Francesco, qui devait s’occuper de l’élimination des déchets. Elle est agrée par la Fondation Torrefranchi, aussi est-il préférable de rester discret sur ce dysfonctionnement. Une photo montrant Giovanna en compagnie de Lucio Zuglio, fils du banquier, permet de faire avancer l’enquête de Francesco…

 

Les traditionnelles méthodes d’enrichissement douteux sont toujours de mise dans la haute société italienne actuelle, nous dit-on ici. Sous couvert de progrès économique, la spirale des investissements modifie en pire la vie de la population. Pour calmer le peuple, la télévision cible des responsables, des fautifs forcément étrangers.

Au sein de la bourgeoisie dirigeante, règne une hypocrisie basée sur une prétendue méritocratie élitiste. Ces familles forment des réseaux, afin de rester les véritables maîtres occultes d’une région ou d’un pays. Le même constat serait assurément valable en France et ailleurs. Tous nos dirigeants ne sont-ils pas issus de sphères semblables ? Les arrangements vis-à-vis de la légalité, et autres conflits d’intérêts, ne sont hélas pas qu’une spécialité italienne.

On n’oublie évidemment pas qu’il y a un meurtre dans cette intrigue, où le suspense est bien présent. Crime passionnel ou élimination d’un témoin gênant ? Telle est la question. C’est en cherchant le coupable que le jeune avocat découvre le vrai visage de cette société à laquelle il appartient. Voilà un passionnant roman au contexte réellement sombre.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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commentaires

cynic63 05/01/2011 18:58


Je ne l'ai pas lu celui-là. C'était juste pour dire que Carlotto est quand même ce qui se fait de mieux en Italie actuellement (selon moi, bien sûr) et qu'il est dommage qu'il tarde à nous servir
un roman écrit tout seul (surtout qu'il en est plus que capable). Si tu tombes sur les titres que je cite, tu peux y aller sans crainte: en plus, il ne pond pas de pages inutiles (donc tu trouveras
bien un moment). Dans le genre noir plus intense comme tu dis, je viens de publier un post. Mais j'ai hâte de voir ta prochaine sortie. Donc: à demain
Amitiés


Claude LE NOCHER 05/01/2011 20:55



Salut Cynic,


Oui, il faudra que je trouve du temps pour Carlotto. Hélas pas en ce début d'année, où l'actualité des romans noirs et polars est diablement riche.


Je réponds ici sur Scerbanenco, à propos de ton texte chez toi : Les auteurs de cette génération furent souvent sans concession (comme tu le soulignes)
avec leurs personnages (voir G.J.Arnaud, en France). Ils racontaient, sans sympathiser, sans leur chercher de circonstances atténuantes (aujourd'hui, beaucoup de héros de romans ont été
traumatisés par un épisode de leur vie, ce qui est parfois chiant). Quant aux femmes, qu'il n'épargne pas (dis-tu aussi), il y a sûrement du machisme italien. Il faut avouer aussi qu'à l'époque
(années 1950 et 1960), la moindre jolie Italienne se prenait pour Sylvana Mangano, Gina Lollobrigida, Sophia Loren, femmes dominatrices à l'écran, qu'elles cherchaient à imiter au quotidien. Ceci
n'est pas une excuse pour Scerbanenco, juste une réalité de ce temps-là. Quant à l'évolution de l'intrigue, au rythme que tu évoques, là encore une certaine lenteur actuelle
m'agace parfois.


Amitiés.



cynic63 05/01/2011 17:57


Il est pénible Carlotto!!! Est-ce qu'il n'arrive plus à écrire tout seul? C'est plus que dommage car "L'immense obscurité de la mort", "Rien, plus rien au monde" ou "Arrivederci amore" sont quand
même des petites bombes. Et là, je ne fais pas de l'ironie: c'est puissant, noir et absolument imparable tant dans la construction, que dans la thématique et dans l'écriture d'une noirceur d'autant
plus grande que l'auteur ne nous fait jamais la morale...


Claude LE NOCHER 05/01/2011 18:21



Salut Cynic,


Comme je l'ai répondu à Pierre F, si je connais de réputation Carlotto, je ne suis pas expert le concernant. Peut-être son partenaire Marco Videtta connaît-il mieux
le contexte évoqué ? Ou, à l'inverse, Carlotto avait-il besoin d'un scénariste pour asseoir son sujet ? Toujours est-il que si ce roman est (si je comprends bien) moins noir que ses précédents,
il reste plutôt solide.


Si tu veux du noir plus intense, je te sers ça dès demain jeudi.


Amitiés.



Pierre FAVEROLLE 05/01/2011 09:37


Salut Claude, je l'ai lu pendant mes vacances, puisque je l'avais en grand format. Bien que la lecture fut plaisante, j'avoue préférer quand Carlotto nous créé des personnages ignobles. Cela en
fait tout de même une bonne introduction au monde de Carlotto. Amitiés


Claude LE NOCHER 05/01/2011 11:07



Salut Pierre,


J'avoue mal connaître jusqu'à présent l'univers de Massimo Carlotto (même moi, je ne peux pas tout lire). Toutefois, je n'ignore pas qu'il donne dans la noirceur. Ce
qui m'a attiré ici, c'est le portrait et les ambiguïtés d'un milieux tel que celui-là. Je crains toujours la caricature démonstrative, mais ça ne me semble pas être le cas dans "Padana City". Un
très bon roman, donc. A bientôt !


Amitiés.



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