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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 06:49

 

On connaît le talent d’Elmore Leonard, romancier émérite, écrivain chevronné. Avec N’ayez crainte ! publié chez l’Archipel, on découvre Peter Leonard, son fils. Ce dernier nous a concocté une intrigue plutôt mouvementée…

L’action se passe autour de Detroit, dans le Michigan. Séduisante rousse de plus de trente-cinq ans, Karen Delaney tourne occasionnellement dans des publicités. Elle est attirée par les hommes fortunés. Ainsi, elle a vécu quelques mois avec Samir Fakir, propriétaire d’épiceries. En réalité, il s’agit d’un puissant usurier d’origine chaldéenne, entouré de sbires chargés du recouvrement des dettes. Samir n’a jamais restitué à Karen les 300.000 dollars qu’elle lui avait confiés. La jeune femme vit désormais avec le riche Lou Starr, qui possède des restaurants. L’idylle romantique a cédé la place à de la lassitude, chez Karen. Bobby est un joueur compulsif, un perdant endetté. Il vit avec Megan, employée d’un casino. Bobby s’est acoquiné avec Lloyd, un repris de justice sorti de prison depuis peu, qui vit dans un mobil home. Quand Karen rencontre ce duo de minables, elle voit le moyen de récupérer chez Samir la somme qu’il ne lui a pas rendue.

LEONARD-2011Ancien policier de Detroit ayant fait de la prison, O’Clair est un hommes de main de Samir. Nettement plus fiable que Ricky, le neveu du patron, même si tous les deux manquent cruellement d’argent. Plus sûr aussi que Johnny, autre sbire de Samir, trop occupé avec ses conquêtes féminines. Ce soir-là, O’Clair et Johnny sont absents quand trois types déguisés en policiers s’introduisent chez Samir. Ce sont Bobby, Lloyd et Wade, troisième complice recruté par Karen. Comme on pouvait le craindre, l’opération tourne mal. Un employé est abattu. Blessé, Samir va être bientôt hospitalisé, dans le coma. Karen et ses comparses ont un peu de mal à ouvrir le coffre de Samir, qu’ils ont emporté. Une fois mieux équipés, ils utilisent les grands moyens pour le forcer. Étrangement, le coffre est vide. La tension monte entre les complices, et Wade est le premier à en faire les frais. Karen échappe à Bobby et Lloyd, qui ont flairé une grosse embrouille.

O’Clair continue à mener son enquête personnelle pour retrouver Bobby, qui doit une belle somme à Samir. Pour l’ex-flic, pas difficile de comprendre que c’est Karen qui a organisé le braquage sanglant chez son patron. La jeune femme a rejoint son autre complice, amant du moment. Qu’elle ne tarde pas à abattre, car elle craint qu’il devienne trop gourmand. Bobby et Lloyd sont en maraude pas loin de l’hôtel où logeait le couple. Obligée de fuir avec précipitation, Karen emprunte la BMW de son défunt amant, ce qui lui permet de semer le duo de poursuivants. Elle se réfugie dans un hôtel de grand luxe, d’où elle prend contact avec sa sœur Virginia. Ricky a sans doute tort de se prendre pour le nouveau patron, à la place de Samir. Persévérant et bien inspiré, O’Clair a compris que Megan pouvait le mener à son petit ami Bobby. En outre, il repère l’hôtel où se trouve Karen. Celle-ci doit encore fuir, se réfugiant chez son avocat…

 

C’est d’abord un polar musclé et nerveux, une succession incessante de péripéties, où chacun traque l’autre dans un feu d’artifice d’arnaques ou de coups tordus. Pour tous les protagonistes, l’évolution de la situation est rythmée à souhaits. S’emparer du pactole en cavale, voilà un thème classique. Toute l’originalité réside dans le traitement du sujet, dans la maîtrise des rebondissements. Le résultat est ici impeccable.

En plus d’un tempo vif, il faut souligner une belle part d’humour. Un caïd chaldéen, par exemple, ce n’est pas si banal. Sourires aussi, à travers le comportement des personnages, qui sont pour la plupart des médiocres, en décalage avec la vie américaine ordinaire. On s’amuse même avec les rôles annexes : Cindy, ouais, c’était ça. D’après elle, elle travaillait pour une société d’édition spécialisée dans les communications. En réalité, elle téléphonait aux gens le soir, après leur longue et dure journée de travail, et tentait de leur vendre des abonnements pour des revues. L’appel de merde qu’on reçoit pendant le dîner. Un polar diablement percutant, dans la plus excitante des traditions.

- Disponible dès le 6 avril 2011 -

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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commentaires

al1 23/04/2011 16:04


Les Kellermann écrivent des polars de Père en fils, maintenant les Leonard... Ca rappelle la chanson ou la télé où il semble que les "fils de" ou "les filles de" ne deviennent jamais chirurgien ou
employé de banque...Intéressant psychologiquement...


Claude LE NOCHER 23/04/2011 20:30



Bonjour Alain,


Il y a là matière à dissertation, c'est sûr.


Jonathan et Faye Kellerman, tous deux écrivains, sont les parents de Jesse Kellerman. Elmore Leonard est le père de Peter, qui a fait d'autres choses avant d'écrire
deux ou trois romans à ce jour (celui-ci, je le confirme, est fort excitant).


Je ne suis généralement pas très admiratif des "fils de" ou "fille de" (encore qu'Emma de Caunes soit ravissante, et Laura Smet très touchante). Argumentaire
inexact, cher ami, puisque le fils de Gabin et celui de Louis de Funès devinrent médecins, il me semble. Bon, le fils de mon boulanger est devenu boulanger, mais ça n'a rien à voir...
car les filles de mon boucher ne sont pas dans la boucherie. Certes, la famille Chedid est/fut peuplée d'artistes, comme chez les Sardou (il parait qu'un d'eux est écrivain
?). Ouais, ouais, on se perd fatalement dans le raisonnement. Cela dit, si le talent est affaire perso, nous ne connaissons pas non plus tous les
enfants de tous les écrivains / auteurs / romanciers. Il doit bien y en avoir qui sont plombiers, routiers, ou dentistes, non ?


Si Amélie Nothomb et Maxime Chattam ont un bébé dont le parrain sera Guillaume Musso ou Marc Lévy, je pense qu'il faut le diriger vers une carrière de barman ou
chauffeur de taxi : ça lui donnera de la matière pour écrire des romans, plus tard, bien plus tard...


Amitiés.


 


 


 


 



Serge 31 24/03/2011 00:51


Salut Claude. Bigrement tentant d'autant que le papa est un de mes écrivains favoris. Question du bac: le talent est-il héréditaire? Cette filiation par la plume n'est pas un cas unique, ce qui m'a
inspiré le lancement d'une recherche sur la liste 813(et, entretemps, j'en ai retrouvé un autre: Olivier Arnaud, fils de G.- J.).
Amitiés


Claude LE NOCHER 24/03/2011 07:09



Salut Serge,


Le talent est-il héréditaire ? Peut-être pas, mais le talent d'un père, d'une mère, donne souvent de bonnes bases à un fils ou une fille. Bases sur lesquelles
peuvent se développer un style perso, une manière différente mais solide. C'est sûrement un peu le cas de Peter Leonard, digne héritier de son père qui écrit depuis plus de
cinquante ans. Je doute que tu sois déçu par ce "N'ayez crainte !" qui renoue avec ces romans vifs et trépidants qu'on aime.


Il y a aussi Philippe Randa, fils de Peter Randa (là on parle de savoir-faire plutôt que de pur talent, à mon avis). En France, l'édition étant plus aléatoire encore
qu'aux Etats-Unis, je ne suis pas sûr qu'il y ait énormément d'exemples. Sinon, il y eut le défunt Marc Simenon, cinéaste, fils de Georges.


Amitiés.



Oncle Paul 22/03/2011 14:28


Bonjour Claude
Si le p'tit gars Leonard a autant de talent que son père, ce roman doit être bougrement intéressant.
Amitiés


Claude LE NOCHER 22/03/2011 15:53



Eh oui, Paul... Elmore Leonard est de ceux qui savent qu'il faut trois éléments pour faire un bon roman : d'abord une bonne histoire, ensuite une bonne histoire,
enfin une bonne histoire. Peter Leonard a certainement retenu la leçon. On peut dire que ça bouge à chaque page ! Si tu as l'occasion, tu ne vas pas t'ennuyer !


Amitiés.



Pierre FAVEROLLE 21/03/2011 11:45


Salut Claude, c'est un livre que je vais lire (gagné sur BoB). Je suis très curieux de lire ce que le fils du papa peut écrire. Etant dévoreur de Elmore, je suis impatient !


Claude LE NOCHER 21/03/2011 11:56



Salut Pierre,


Impatient, c'est le mot ! J'avais le livre depuis quelques jours. J'attendais un peu, puisqu'il ne sort que début avril. Mais, une fois lancé, je l'ai savouré et
voilà ma chronique. Je doute que les lecteurs à venir soient déçus. Ne pas trop se fier à l'étiquette Thriller, car c'est bien du roman noir à l'américaine. Bonne lecture !


Amitiés.



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