Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 06:13

 

Extrait de l’épilogue :Ce roman raconte une histoire vraie. Il s’agit d’une affaire mineure et désormais oubliée de la chronique policière, mais qui à mes yeux, au fur et à mesure que je faisais des recherches, a acquis la lumière et le pathos d’une légendeécrit Ricardo Piglia dansArgent brûlé, publié aux éditions Zulma. Voici un petit résumé de l’histoire qu’il nous raconte.

En Argentine, durant l’automne 1965. Malito et ses complices ont préparé un braquage spectaculaire. La bande se compose de Bazán le Bancal, du chauffeur Mereles le Corbeau, et de ceux qu’on nomme les Jumeaux : le blond Gaucho Dorda et son ami Bébé Brignone. Quant à Malito, il veut ressembler aux criminels évoqués dans les journaux “…alors qu’aux yeux des gens, il passait pour un homme froid et calculateur, un scientifique qui montait ses coups avec une précision de chirurgien.” En réalité, son impitoyable cruauté sanglante ne connaît aucune limite. Excités par toutes sortes de drogues, ses complices sont également sans états d’âmes. Le 27 septembre après 15 h., la bande attaque un transport de fonds. PIGLIA-2010L’action ne dure que quelques instants. La mitraillade est intense. Les agents chargés du transfert sont froidement abattus. Sauf le gros Spector, miraculeusement sauvé, car le projectile qui le visait est dévié.

Profitant de la confusion, la violente bande prend rapidement la fuite. Ils sont pourchassés, sans grand succès. Quand leur puissante voiture est accidentée, ils s’emparent d’une camionnette. Ils se réfugient dans leur planque, fournie par Nando. Ce péroniste nostalgique est le logisticien des braquages de Malito. Avec lui, activisme politique et banditisme se rejoignent. D’ailleurs, la presse du pays relate l’affaire en suggérant autant un coup d’anciens militaires ou de péronistes. C’est le policier Silva qui est chargé de retrouver les criminels. “Le commissaire Silva de la division Vols et effractions n’enquête pas, il se contente de torturer. Sa méthode : la délation (…) Il avait monté un escadron de la mort suivant le modèle brésilien. Pourtant, il agissait en toute légalité.” Il fait arrêter Bazán le Bancal, un de ses indics. Relâché peu après, le traître Bazán est exécuté quelques heures plus tard. Ce qui ne surprend guère le policier inflexible.

Fontan Reyes, complice ayant informé Malito avant le braquage, et Blanquita Galéano (dite La Petite), jeune concubine de Mereles, sont vite arrêtés à leur tour. Brignone, Dorda et Mereles s’installent à Montevideo, dans une nouvelle planque, en attendant de passer en Uruguay. Tandis que Dorda ressasse ses perversions déviantes, dopé au haschich Brignone confie à une prostituée une version fantasmée de sa vie. Des policiers sont sur le point d’arrêter la bande lorsqu’ils contactent leur passeur uruguayen. Sous les tirs, ils parviennent à fuir dans leur Studebaker. Malgré tout, ils se réfugient en Uruguay. L’appartement n°9 où ils se cachent est une souricière. La bande est bientôt cernée par les forces de police. Toute négociation est inutile, ainsi des tentatives d‘intervention armée. “Ce sera une lutte à mort (…) La fusillade se prolonge malgré quelques interruptions et les curieux se mettent à l’abri du crachin incessant, sous le porche des immeubles où les journalistes des chaînes de télévisions les interrogent.” L’essentiel du siège dure quinze heures d’affilée…

Ne voyons pas ici une fiction inspirée de faits réels, mais une reconstitution méthodique de l’affaire. “J’ai respecté la continuité de l’action et (dans la mesure du possible) le langage de ses protagonistes et des témoins de l’histoire.” précise l’auteur. Il imagine des scènes, extrapolant d’après des sources vérifiées. La bande se compose donc de criminels sanguinaires, dans un contexte argentin lui-même violent. Ce sont des allumés, des hallucinés, animés par un jusqu’auboutisme suicidaire. Chacun des cas psychologiques et des parcours de ces types, caricaturaux par leurs propres excès, est détaillé. Le plus troublant reste probablement leur décalage avec la réalité, qui n’existe pas pour eux. Pour le policier Silva les situe comme “des cadavres vivants (…) L’adrénaline les aide à surmonter la terreur. Ce sont des camés, des machines à tuer.” Ce roman noir “vécu” est remarquable de qualité, absolument captivant.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
commenter cet article

commentaires

Action-Suspense Contact

  • : Le blog de Claude LE NOCHER
  • Le blog de Claude LE NOCHER
  • : Chaque jour des infos sur la Littérature Policière dans toute sa diversité : polar, suspense, thriller, romans noirs et d'enquête, auteurs français et étrangers. Abonnez-vous, c'est gratuit !
  • Contact

Toutes mes chroniques

Plusieurs centaines de mes chroniques sur le polar sont chez ABC Polar (mon blog annexe) http://abcpolar.over-blog.com/

Mes chroniques polars sont toujours chez Rayon Polar http://www.rayonpolar.com/

Recherchez D'autres Infos Ici

Action-Suspense via Twitter

Pour suivre l'actualité d'Action-Suspense via Twitter. Il suffit de s'abonner ici

http://twitter.com/ClaudeLeNocher  Twitter-Logo 

Libres lectures

Petit rappel : Toutes mes chroniques, résumés et commentaires, sont des créations issues de lectures intégrales des romans analysés ici, choisis librement, sans influence des éditeurs. Le seul but est de partager nos plaisirs entre lecteurs.

Abonnez-vous à Action-Suspense, pour recevoir chaque jour mes chroniques et mes infos sur l'univers du polar. Facile et gratuit !

Spécial Roland Sadaune

Roland Sadaune est romancier, peintre de talent, et un ami fidèle.

http://www.polaroland-sadaune.com/

ClaudeBySadauneClaude Le Nocher, by R.Sadaune

 http://www.polaroland-sadaune.com/