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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 05:39

 

La carrière du romancier nantais Serge Arcouët (1916-1983) débuta dès 1947. Il écrivit sous divers pseudonymes : John Silver Lee, Russ Rasher, Terry Stewart pour la Série Noire. De 1953 à 1969, c’est sous le nom de Serge Laforest (en breton, Arcouët ou Arcoat signifie "la forêt") qu’il publia trente-cinq romans policiers dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. Beaucoup cultivent des ambiances dignes du pur roman noir, d’autres sont de savoureuses comédies. En voici quelques exemples…

 

Les Croix de cire (1964)

LAFOREST-1Deux jeunes d’à peine vingt ans ont disparu sur l’île d’Ouessant. D’abord François Morvan, puis Noëlla Berven. L’enquête est un échec pour le premier policier envoyé à Ouessant. Le commissaire Yves Glénan va s’en charger en personne. Il est natif de l’île, qu’il a quittée depuis longtemps. Ses origines devraient rendre la population plus coopérative. Il est invité à s’installer chez Thérèse, son ancienne nourrice. Pour la mère de Noëlla, comme pour les parents de François, leurs enfants sont assurément morts. Très autoritaire, le père de François lui avait interdit de sortir avec Noëlla. Il voulait qu’il épouse Hermine, suite à un arrangement avec la tante de celle-ci. Yves Glénan est très attiré par Gaud Jagu, qui vend ses créations aux touristes. Il rencontre aussi la non moins séduisante Hermine, qui a quitté la maison de sa tante. C’est grâce à Gwenn, qui passe pour un simplet, que le policier retrouve le cadavre de Noëlla dans les marais. La jeune fille se serait suicidée. Quelques jours plus tard, le corps de François est, à son tour, découvert dans une grotte. Il a été poignardé. Yves Glénan cherche à définir les relations exactes entre François et les trois jeunes femmes. Les lettres trouvées le laissent perplexe. Quand le père de François s’attaque à Gwenn, le policier doit user de la force. La mère de Noëlla, Gaud Jagu, Hermine, et sa tante, quatre suspectes auxquelles Yves Glénan rend visite, jusqu’à l’affrontement avec la coupable…

 

Si ce roman reste sombre, Serge Laforest est ensuite l’auteur d’une tétralogie villageoise, quatre comédies policières hilarantes ayant pour héros un duo de gendarmes. Le chef est le brigadier Stanislas Belhomme, un grand Tourangeau athlétique, aux yeux d’un gris bleuté, au visage énergique mais d’expression aimable. Il parlait d’une voix tranquille et grave. Ses uniformes étaient de bonne coupe car, en plus de sa solde, il possédait des revenus personnels. Il est assisté par le gendarme Pietro Carbucci un Corse trapu au regard perçant et noir. Selon les circonstances, il s’exprimait d’un ton cassant ou, au contraire, d’une voix sucrée et insinuante. Rien ne le réjouissait davantage que de faire dire à un témoin le contraire de ce qu’il avait raconté cinq minutes plus tôt. Ils vont être confrontés à d’amusantes ambiances de bourgades perdues, où se produisent néanmoins des crimes mystérieux. Les noms des personnages (Victor Ratichon, Justin Verdevin, Athanase Tranchemuse, etc.) suffisent à comprendre qu’on est là dans un humour bon enfant, qui n’est pas sans rappeler certains romans de Charles Exbrayat. Ces intrigues racontées avec fluidité sont extrêmement agréables à lire.

 

Un pas en enfer (1967)

LAFOREST-3Félicie Mouillon possède un visage ingrat, mais un corps de rêve. Comme elle n’est pas farouche, tous les garçons de la contrée ont droit à ses faveurs. Cette jeune paysanne semble aimer faire l’amour, pas de raison de s’en priver. Si sa réputation au village et dans le secteur n’est pas brillante, elle s’en accommode. Et puis ses parents, un peu primaires sans doute, n’y trouvent rien à redire. Voilà donc une situation qui convient à tous. Quand Félicie disparaît, sa famille finit par alerter la gendarmerie. Le brigadier Belhomme et le gendarme Carbucci tentent d’établir les faits. Une fugue de Félicie ? Peu crédible pour une fille satisfaite de son sort. Un jeune amoureux qu’elle aurait repoussé et qui se serait vengé d’elle ? Impensable, puisqu’elle était toujours d’accord. Un voisin n’aimant pas le père Mouillon, qui s’en serait pris à sa fille ? Difficile à croire. D’autres suspects sont possibles. Tel le fils du comte des Entrailles, Thierry. Celui-ci a fait de la prison pour meurtre et affiche un comportement curieux. Il affirme bien aimer Félicie. Et cette vieille vipère d’Anna Grellon ? Elle se veut garante de la vertu dans la région. Certains n’ont pas peur d’elle, et le montreront bientôt. Quelques jeunes hommes du village font aussi preuve d’une bizarre nervosité depuis le début de l’affaire. Tout en courtisant l’institutrice locale, Fernande, le brigadier poursuit son enquête. Il doit parfois freiner son fougueux adjoint. Mais les deux gendarmes ne sont pas les seuls à chercher le coupable…

 

Malemort (1967)

LAFOREST-2On retrouve ici le brigadier Belhomme et son adjoint Carbucci, qui officient dans une autre bourgade. Belhomme a épousé l’institutrice Fernande. Les gendarmes sont confrontés à une nouvelle affaire villageoise. Édouard Fluet est le jeune directeur d’une usine récemment installée sur la commune. Une initiative de son père, Germain Fluet, pour de sombres raisons fiscales. Édouard Fluet est un séducteur cynique, qui s’amuse avec les plus belles de ses employées. Il parait qu’il doit prochainement épouser la fille du notaire Circuy, jolie fille sans cervelle. Ce que la marquise de la contrée, fine mouche, considère comme une absurdité. Multipliant les aventures sexuelles, Édouard finit par être détesté de toute la population. La mort de Valérie Cloque est un suicide, c’est exact. Toutefois, le motif de ce suicide, c’est qu’elle était enceinte à cause d’Édouard. Quand celui-ci est retrouvé assassiné dans l’étang gelé, comment ne pas penser à une vengeance du père de Valérie ? Ou peut-être à celle d’un amoureux de la jeune suicidée. Le gendarme Carbucci s’intéresse de près à la jeune Suzanne, qui affirme n’avoir jamais cédé à Édouard. Le brigadier Belhomme recense les ex-conquêtes de la victime. Albertine et Irma sont deux pestes rancunières. Sidonie serait la maîtresse du moment d’Édouard. M.Foigras n’est pas moins suspect. Sous-directeur sur le départ, il en profite pour diriger maintenant l’usine. Quant à la marquise, ses trop bonnes déductions et ses promenades près des lieux du crime, permettent aussi de la soupçonner. Un second meurtre relance l’enquête. Mais si on s’en prend à Suzanne, Carbucci voit rouge…

 

LAFOREST-4Le même duo enquête dans deux autres romans de la même collection. Le mort revient (1967) a pour décor Tendrelieu, charmant village provençal de six cent âmes. Natives d’ici, trois sœurs jumelles âgées de dix-sept ans, Barbe, Julietta et Zoé, filles d’Eusèbe Culevez, possèdent une réputation diabolique. Des évènements inquiétants secouent bientôt Tendrelieu. Quand le vin est tiré (1968) se déroule dans le tranquille village de Troufignolle, commune vinicole proche de l’océan. À bien y regarder, la population est nettement plus excitée (par le vin et le sexe) qu’on peut le croire. C’est autour de l’anglaise Mabel Fayce que se noue une délicieuse intrigue burlesque… Dans ces deux histoires fort drôles, Stanislas Belhomme et Pietro Carbucci ont souvent fort à faire pour calmer les habitants, et ne découvrent pas sans difficulté la vérité des faits. Je ne sais si "Trois coups pour un", son dernier roman publié en 1969 dans cette collection, appartient à la même série. Des romans à redécouvrir, sans nul doute...

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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commentaires

Mic 05/06/2011 20:27


Merci d'éclairer ma lanterne cher oncle Paul, je ne maîtrise pas du tout cette époque et vos blogs respectifs (Claude et Paul) m'aide à approfondir mon désir de curiosité. A vous deux, un grand
merci! Amitiés à tous, MIC.


Claude LE NOCHER 06/06/2011 07:05



Salut Mic (+ Serge & Paul). L'article que tu as sollicité sera prêt dès demain, mardi 7 juin. J'espère qu'il t'éclairera, ainsi que tous ceux qui ont mal connu
le contexte éditorial de l'époque.


Amitiés.



Oncle Paul 05/06/2011 16:39


Bonjour Claude, Mic et Serge. tout à fait d'accord avec vous dans cet échange consensuel et nostalgique à un petit détail près. Je crois que contrairement à ce que Mic écrit, que les auteurs
étaient connus et reconnus. certains lecteurs achetaient les Fleuve Noir systématiquement, Spécial Police et Espionnage encore plus dès leur parution. Ils étaient fidèles également à un auteur qui
souvent écrivait pour ces deux collections. Les lecteurs connaissaient donc les noms des auteurs mais ce sont les titres qu'ils oubliaient parmi une production abondante. Comment en effet se
souvenir de tous ces titres dus à des auteurs prolifiques ? Forcément on se rappellera ceux d'auteurs qui ne publient qu'un roman tous les trois ans, et encore, seuls émergent des titres phares. Un
petit sondage en vue Claude ?
Amitiés


Claude LE NOCHER 05/06/2011 17:34



Salut Paul... Ton analyse sur la notoriété est juste. Il convient pourtant de distinguer plusieurs périodes. Les débuts, années 50 et moitié des années 60, où
les auteurs imposent peu à peu les collections et leurs noms. Le pic de notoriété allant jusqu'à la fin des années 70, où la production est pléthorique. C'est là que, comme tu le dis, les
lecteurs suivent leurs auteurs préférés. Puis le déclin progressif des années 80. Entre rééditions mal indiquées, romans moins inspirés, mauvaise diffusion des livres, etc, même les fidèles
lecteurs perdent parfois de vue leurs auteurs de référence. Quoi qu'il en soit, je persiste à préciser qu'il s'agissait bien là de "roman populaire" appréciés d'un vaste public.


Amitiés.



Serge 31 05/06/2011 15:22


Claude, tu m'as tuer!!!...
Laforest, joker : c'est ma madeleine de Proust au Fleuve Noir ! Pré-ado, entre un Bob Morane et un Jacques Rogy (Quelqu'un se souvient de ce journaliste-détective de Pierre Lamblin, en collection
Rouge et Or, tremplin idéal pour la découverte de la littérature policière?), un espionnage de Laforest fut mon premier FN lu. A vrai dire, je crois n'avoir guère été captivé par l'intrigue, mais
bien davantage interpelé par les scènes soft érotiques (dans le cahier des charges du FN Espionnage de l'époque), dont la sensualité était parfaitement relayée par la créature en nuisette de la
couverture. Découverte de Gourdon en même temps…
Plus tard, ayant repris le contrôle de mes sens, j’ai lu d’autres Gaunce (le nom du héros de ses romans d’espionnage), mais je préférais quand même le Commandeur, Coplan, voire Mr . Suzuki.
Arcouët/Stewart/Laforest reste néanmoins un grand écrivain populaire, un des meilleurs de ceux que le Fleuve Noir a valorisé. Pour mémoire, il a aussi co-signé quelques titres avec Thomas Narcejac.
Ses Série Noire (« La soupe à la grimace», « Pas de vieux os ») sont mémorables. Ecrivain populaire, et non best-seller, tout à fait ok, et j’attends avec impatience que tu développes ce concept,
cher Claude…
Mic a raison dans la description de la richesse de nos caves et greniers familiaux, et lorsqu'il dénonçe la dictature du grand format, étouffant lecture et écriture populaires… De quoi revenir
encore causer, n’est-ce pas ?
Donc, amitiés et à bientôt.


Claude LE NOCHER 05/06/2011 17:42



Salut Serge. Pour moi aussi, Le Commander et Coplan avaient ma péférence en Espionnage, ainsi que les romans de Gilles Morris-Dumoulin. Mais j'ai bien dû en lire
deux ou trois de Serge Laforest et d'autres auteurs.


Un mot sur Thomas Narcejac : Nantais, il favorisa effectivement des auteurs "locaux" tels Serge Arcouët et... Jean-François Coatmeur (qui reste aujourd'hui encore
fidèle à la mémoire de ce Maître que fut Narcejac, il me l'a confirmé).


Euh, pour faire une plaisanterie à la San-Antonio, il est amusant de voir qu'ici "Paul et Mic" alimentent le débat.


Bon là, les gars, vous me mettez une drôle de pression pour l'article sur ces romans populaires d'antan, mais je tiendrai ma promesse (un peu de temps,
merci).


Amitiés.



Mic 05/06/2011 11:11


Ce petit monde de l'édition de poche, qui a fait la joie par exemple, de mes oncles était très populaire à l'époque. On trouvait ce genre de livres un peu partout dans les maisons (notamment les
greniers et les caves) et c'est comme cela qu'à l'âge de 7 ou 8 ans j'ai découvert chez mes grands-parents ou chez mes oncles et tantes, ces fameux petits bouquins que tu présentes si bien et signé
bien sur la première page d'un prénom, comme on le faisait si souvent dans le temps. J'arrivais à savoir ce que lisait ma famille dans les années soixante. Ah! cette maudite télé! il n'y a pas que
la lecture qui en a fait les frais, le cinéma peut en dire autant... Quand on voit les âneries qu'ils diffusent sur certaines chaînes herziennes en ce moment, ça fait peur! Amitiés, MIC.


Claude LE NOCHER 05/06/2011 11:49



Salut Mic... Je me permettrai d'emprunter une partie de ton témoignage dans un article à venir sur ce sujet, dans quelques jours (ça ne s'écrit pas tout seul). Vive
la nostalgie !


Amitiés.



Mic 04/06/2011 18:19


Bonjour cher Claude,

C'est une époque que je n'ai pas vraiment connu en tant que lecteur, car beaucoup trop jeune pour goûter à la lecture. A l'époque, les auteurs de polars étaient systématiquement édités en version
"poche" par de grandes maisions d'éditions parisiennes... (qui mine de rien devaient se faire un fric fou!).
Publication et sortie ingrate, je suppose pour toutes ces plumes (dont certaines brillantes, je suppose!), car ces collections (nombreuses à l'époque) bénéficiaient en ce temps-là, d'une
présentation en première de couverture, d'un graphisme souvent semblables avec un code des couleurs bien précis et une illustration souvent identique (notamment le personnage masculin façon OSS
117). J'ai lu, qu'à l'époque les tirages (comme par exemple "Le Fleuve Noir") étaient très importants. Mais je suppose (mais peut-être que je me trompe), que les lecteurs en lisant ces bouquins ne
retenaient pratiquement jamais le nom de l'auteur. Il serait intéressant de consacrer un billet sur ce mode d'édition qui paraît bien loin derrière nous aujourd'hui avec l'apparition des
publications "grand format". Toi le spécialiste, pourrais-tu nous éclairer sur cette période particulière où la lecture était à chaque coin de rue (kiosque à journaux, gare ferrovière, épicerie du
coin etc...)? La lecture était moins cher à l'époque et plus démocratique ... En tout cas, merci pour ces billets très intéressants. Amitiés, MIC.


Claude LE NOCHER 04/06/2011 20:24



Salut Mic,


Merci de ce commentaire car, non seulement le monde de l'édition a évolué (pas toujours en mieux), mais il existe d'énormes différences entre un "best-seller" et un
"roman populaire". J'y reviendrai dans un prochain article, c'est promis.


Précision sur la notoriété des auteurs : San-Antonio est devenu un mythe, car on retenait autant son nom que son style. G.J.Arnaud, Brice Pelman, J.P.Ferrière, et
pas mal d'autres avaient leurs adeptes. Cependant, bon nombre d'auteurs restèrent relativement anonymes, tout en vendant beaucoup. En ce temps-là, la télé n'avait pas encore envahi notre monde,
mais ce n'est pas la seule explication.


J'avais en tête d'en parler, tu me confirmes que c'est un sujet intéressant.


Amitiés.


 



Oncle Paul 04/06/2011 15:41


Bonjour Claude
Serge Laforest est effectivement un des auteurs majeurs de la collection Spécial Police, remercié en 1976 on ne sait pourquoi. Pourtant il était apprécié puisque s'il n'a plus écrit pour Spécial
Police après 1969 se consacrant à Espionnage, quatre de ses romans furent réédités sous des numéros différents, ce qui constituait je crois une première.
Amitiés


Claude LE NOCHER 04/06/2011 17:09



Salut Paul. Peut-être un différend générationel avec Patrick Siry, en 1976 ? Ou bien, déjà âgé de soixante ans, a-t-il mis fin à sa carrière ? J'ai "Un enfant de
choeur", "L'ange infernal", "Feux de mort" dans ces rééditions sous nouveaux numéros, cas rare à l'époque. Par contre, dans les années 80, il y en a eu un certain nombre. Parmi les "bons
artisans" du Fleuve Noir, Serge Laforest pouvait se montrer assez inspiré. La série comique (façon Exbrayat) que je présente le montre assez bien.


Amitiés.



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