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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 08:14

 

Toni Musulin fait partie de ces personnes ayant marqué les esprits ces dernières années. Peut-être n’est-il toutefois pas inutile de résumer son heure de gloire. Né en juin 1970, Toni Musulin est ce convoyeur de fonds qui détourna 11,6 millions d'euros à bord de son fourgon, à Lyon. Âgé alors de trente-neuf ans, il possédait des placements immobiliers et des véhicules de luxe. Le 5 novembre 2009, il fausse compagnie à ses collègues après un chargement à la Banque de France. La police retrouve le fourgon vide peu après. Le coup semble bien préparé. Pas tant que ça, puisque deux jours plus tard, 9,1 millions d'euros sont découverts dans un garage loué sous une fausse identité par Toni Musulin.

FILM 11-6Activement recherché, le convoyeur se rend à la police de Monaco le 16 novembre, avant d’être remis à la justice française. Il reconnaît le détournement, mais n’aurait pas conservé les millions d'euros manquants. En mai 2010, Toni Musulin est condamné à trois ans de prison ferme. Ayant fait appel, sa peine est alourdie à cinq ans de prison ferme, pour fraude à l'assurance concernant sa Ferrari F430.

La journaliste lyonnaise Alice Géraud-Arfi a recueilli les confidences de Musulin dans le livre Toni 11,6, Histoire du convoyeur(Éd.Stock). C’est cet ouvrage qui sert de base au film de Philippe Godeau 11.6(sortie le 3 avril 2013). Les principaux rôles sont tenus par François Cluzet, Bouli Lanners et Corinne Masiero. Le scénario d’Agnès de Sacy et Philippe Godeau est librement adapté du livre en question. Le faits divers spectaculaire et la personnalité du convoyeur de fonds en font un excellent sujet pour le cinéma, c’est évident.

Ce serait probablement moins convaincant dans un roman. Car Toni Musulin n’est pas un héros, sans être non plus un simple raté. Certes, il peut nous apparaître sympathique puisque, à l’image d’un Albert Spaggiari au temps du mythique Casse de Nice, il n’a causé aucune victime. Voler ainsi les banques, c’est moins immoral aux yeux de beaucoup de gens. Toutefois, Musulin n’est pas un disciple de Robin des Bois, redistribuant le butin aux autres. En réalité, une opération mal pensée, un coup de branquignol, loin du chef d’œuvre de la cambriole. Devenir immédiatement le suspect n°1, laisser tant de millions dans une planque peu sûre, fuir vers une destination indéterminée, pas le profil du héros romanesque.

Oui, il existe des exemples tel Dortmunder, le héros de Donald Westlake, et ses mésaventures. Au moins a-t-il le mérite de nous faire sourire. Quelques autres losers aussi, bien sûr. Quant à Sam Millar, avec On the Brinks, ça se base sur une histoire vraie d’une toute autre ampleur. Surestimant sans doute ses capacités, et seulement motivé par le fric, Toni Musulin serait un piètre personnage de polar. Par contre, on comprend bien le parti que le cinéma peut tirer des mésaventures du convoyeur. L’excellent François Cluzet, né quant à lui en 1955, va sûrement incarner à merveille le rôle de ce délinquant pas comme les autres. Rendez-vous au cinéma dès le 3 avril pour découvrir ce 11.6.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
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commentaires

Philippe 16/03/2013 15:55

Bonjour M. Le Nocher,

Je me trompe peut-être, mais quand vous dîtes " François Cluzet, né lui en 1955 " , j'ai un peu l'impression que vous laissez entendre que vous le trouvez trop âgé pour le rôle de Tony Musulin, né
en 1970 ? Il a 57 ans et interprète quelqu'un qui en avait 39 à l'époque des faits.

Je saisis l'occasion de parler d'une personne née à la même époque que François Cluzet, en 1957 et qui vient de sortir son livre dont vous avez sans doute entendu parler la semaine dernière.
C'est Delphine Renard, cette fillette dont la France et le monde ont vu la photo, le visage ensanglanté, quand à quatre ans en 1962 un commando OAS a plastiqué l'immeuble de Boulogne où habitait
André Malraux. Ce dernier, la cible visée, était absent, mais la petite Delphine, la fille des propriétaires, était là et a été très grièvement blessée. Elle a perdu la vue d'un oeil et a subi de
multiples opérations pendant des années après l'attentat. Elle est devenue psychologue et, selon ses propres dires, s'évertue à ne plus être seulement cette icône de la guerre d'Algérie que le
monde a vu en elle.

Tu choisiras la vie
Delphine Renard
Grasset, 6 mars 2013

http://www.amazon.fr/gp/product/2246803705/ref=olp_product_details?ie=UTF8&me=&seller=

http://www.grasset.fr/nouveautes/nouveau.htm#renard

« Il y a cinquante ans, ma chambre d'enfant a explosé. J'avais quatre ans et demi. La bombe, posée par des activistes de l'OAS sur l'appui de ma fenêtre, était destinée à l'écrivain André Malraux,
alors ministre du général de Gaulle, dont le gouvernement était en train de mettre fin à 130 ans de colonisation en Algérie. Il habitait les étages de notre maison. Il était absent à ce moment-là.
Ma chambre était au rez-de-chaussée. J'étais là, à jouer en attendant l'heure de retourner à l'école après le déjeuner. Blessée dans l'attentat, j'ai perdu un œil, puis deux. J'ai dû faire avec,
pour grandir quand même. La trajectoire que m'avait préparée ma famille a donc buté sur l'impensable. J'ai eu à inventer ma propre façon d'aller vers la vie. Ce chemin m'a conduite de la peinture à
la musique, mais surtout à la psychanalyse et à l'écriture. »

" Delphine Renard est psychologue et psychanalyste. "

Etre devenue psychologue, il y a plusieurs raisons pour lesquelles on peut avoir fait ce choix, mais dans son cas peut-être cela a-t-il été entre autres choses une manière d'exorciser ce qui lui
était arrivé.
Cette pensée me vient par le fait d'avoir à l'esprit qu'Agnès de Marnhac, l'une des trois filles de Jean Bastien-Thiry, l'organisateur de l'attentat du Petit-Clamart contre le général De Gaulle(
fusillé en mars 1963, il y a cinquante ans depuis quelques jours, la dernière exécution politique en France, et dont l'histoire a inspiré le premier film intitulé " Le Chacal " en 1973 ) était
psychogénéalogiste.
Une profession et un terme peu connus, consistant à en juger par le nom à trouver des explications psychologiques à partir de la généalogie d'une personne. Agnès de Marnhac ( auteur du livre " Mon
père, le dernier des fusillés " vers 2002-2003 ) a choisi son métier à partir de sa propre expérience. Elle est malheureusement morte d'un cancer à 47 ans il y a déjà quelques années.
Elle était allée sur les lieux de l'attentat du Petit Clamart, dans la commune de Clamart, en compagnie de Lajos Marton ( auteur de " Ma vie pour la patrie " , paru en 2011 ou 2012 chez un éditeur
dont on peut certes ne pas partager toute la ligne éditoriale, version remaniée du livre " Tuer De Gaulle " , Pygmalion, 2002 ), l'un des trois Hongrois qui faisaient partie du commando.

Delphine Renard : « Les apologistes de l'OAS continuent de brandir des idéaux racistes et fascisants ». Elle avait quatre ans lorsqu'elle fut grièvement blessée dans un attentat de l'OAS visant
André...

histoireetsociete.wordpress.com/2013/02/09/delphine-renard-les-apologistes-de-loas-continuent-de-brandir-des-ideaux-racistes-et-fascisants/

Cordialement

Claude LE NOCHER 16/03/2013 16:08



Merci pour ces précisions, mon cher Philippe.


J'étais moi-même bien petit en 1962-63 pour me souvenir de ces faits, historiques. Néanmoins, j'ai lu quelques documents à ce sujet, comme chacun d'entre
nous.


Non, j'ai souligné l'âge de François Cluzet (acteur que j'apprécie) pour exprimer qu'il ne joue pas sans doute ici "strictement" Toni Musulin. Encore qu'il
soit capable de se rajeunir de quinze ans pour un rôle, certainement.


Amitiés.



La petite souris 16/03/2013 11:14

c'est vrai que ce bonhomme aurait pu être un personnage sorti tout droit d'un polar ! pour compléter modestement ton propos quant à l'influence qu'à eu cet individu suite à son exploit, je me
permets de te signaler le roman " La canne a tête de chien" de Boris Clément, un bon roman qui s'inspire également de cette histoire véridique, même si bien sûr, il s'en éloigne ensuite. AMitiés

Claude LE NOCHER 16/03/2013 11:38



Salut Bruno


Justement, le cas de Musulin ne fait pas un polar (roman) en tant que tel, à mon avis. Trop simpliste comme histoire. D'ailleurs, je présume que les scénaristes n'ont ici gardé que ce qui "le
noeud de l'intrigue" pour le film, y ajoutant des caractéristques psychologiques autres que celles de Musulin.


 Amitiés.



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