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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 04:55

Pour rendre hommage à celui qui, selon Michel Lebrun, fut un des trois meilleurs auteurs de la collection Spécial-Police (avec Frédéric Dard et G.J.Arnaud), on n'a que l'embarras du choix parmi ses excellents titres. Deux exemples de ses polars très réussis.

 

Les cafards (1971)

Clélia est la jeune épouse de Maître Chalandier. Victime d'un chantage, elle n'en parle pas à son mari. Elle accepte de payer Brignoux, afin qu'il taise son passé à elle, et ne nuise pas à l'ambition politique de Chalandier. Alors qu'elle se trouve chez Brignoux, ce dernier est assassiné par un nommé Slimane. Celui-ci est un professionnel du meurtre, engagé peu avant par un certain Marchand. Ledit Marchand est un intermédiaire, agissant pour une autre victime du maître-chanteur. Slimane s'est aperçu qu'il existait un témoin de son crime. Il croit qu'elle est l'actuelle complice de Brignoux, sa victime. Bien que Clélia se soit enfuie, Slimane a facilement retrouvé sa trace. Il contacte Marchand, qui prend ses ordres auprès du commanditaire. Oui, il faut éliminer au plus tôt la jeune femme.

Rémy Looch (dit Noé) et ses amis sont des anarchistes. Ils veulent perturber les élections. Ils vont s'en prendre à Clélia, pour toucher Chalandier. Voilà qui pourrait bien servir les plans de Slimane. Dans l'immédiat, il a mieux à faire que de tuer cette jolie femme. Il a toujours dû payer pour le sexe. Il compte garder Clélia pour lui pendant un temps, tout en prétendant l'avoir supprimée. La véritable complice de Brignoux existe bien. Elle contacte Chalandier, reprenant à son compte le chantage. Pendant ce temps, Clélia est enfermée dans une cave, comprenant mal ce qu'il lui arrive. Elle va bientôt prendre goût à une étrange “confiserie”, qui va lui faire perdre la raison...

Brice Pelman organisa ici un habile chassé-croisé entre les personnages. Intrigue sinueuse qu'il est conseillé de bien suivre pour en apprécier la subtilité. D'autant que les dérapages psychologiques de Clélia vont bientôt brouiller les cartes.

Brice Pelman : Les cafards – Un innocent, ça trompe

Un innocent, ça trompe (1982)

Au centre de cette famille niçoise, se trouve le jeune Thomas. C'est un ado pas comme les autres, un handicapé mental avec son propre système de pensée, ses lubies et ses petits plaisirs. Auprès de lui, son père Julien qui est libraire, sa mère infirmière en chef Suzy, sa tante Pauline qui s'occupe de la maisonnée. Coup de chance, Julien gagne près d'un milliard de centimes au Loto. Il pense utiliser ce pactole pour les enfants handicapés tel que son fils. Mais il existe un cercle de personnes moins fiables, autour de cette famille Virlanger. À commencer par le docteur Schreiner, patron de Suzy, capable d'utiliser le chantage pour coucher avec elle. Et aussi Élise de Leuze, employée que Julien s'apprête à congédier, snobinarde dont la franchise n'est pas la principale qualité.

Thomas disparaît, certainement victime d'un kidnapping. Les exécutants sont deux frères, Tony et Lazare, truands sans envergure. Ils agissent pour le compte de quelqu'un, bien sûr. Une rançon frôlant le milliard de centimes, il y a intérêt à ne pas rater l'affaire, ni la remise de la somme. Si peu armé devant les problèmes, Thomas est forcément en danger pendant ce temps, d'autant qu'il a des médicaments à prendre impérativement. On peut s'interroger sur le rôle de la journaliste Catherine Brousset, éventuelle complice du rapt. Levert, responsable du service s'occupant de Thomas, ou l'orthophoniste Françoise ne sont pas moins suspects. Le policier Ferdinand Le Chai, amant de Françoise, pourrait devenir un allié efficace pour Julien Virlanger, afin de retrouver Thomas...

Le thème est épineux, délicat à traiter dès lors qu'est évoqué un jeune handicapé mental. Brice Pelman le présente sans apitoiement inutile, ni effets émotionnels larmoyants. Pour modèle, il avait l'exemple de son fils, atteint d'une maladie rare. Il s'inspire donc un peu de sa vie, ayant possédé lui-même une librairie, comme ici le père de famille. Néanmoins, il n'oublie pas de nous proposer une très belle intrigue à suspense.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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commentaires

Oncle Paul 02/10/2013 17:27

Bonjour Claude et René
la réédition de vieux romans policiers est un phénomène de mode. On parle d'un auteur pendant quelques mois, quelques années, puis il retombe vite dans l'oubli. Ce fut le cas d'André Héléna, de Pierre Siniac et de quelques autres. Seuls certains continuent à être réédités en permanence, Simenon, Dard, mais ce sont les arbres qui cachent la forêt. Même Exbrayat qui connut un grand succès semble aujourd'hui quelque peu délaissé...
Dommage
Amitiés

Claude LE NOCHER 02/10/2013 18:13

Les serial killers et les "experts" sont des filons, tu le sais bien, René. Filons qui ont tendance à s'épuiser, me semble-t-il. D'autres tonalités émergent, y compris proche de la tradition du roman noir un peu "à l'ancienne". Oui, la production actuelle est riche, difficile de suivre tous les auteurs. Mais ne nous en plaignons pas.
Amitiés.

Berano 02/10/2013 18:05

Et puis il y a tellement de nouveaux auteurs, on n'arrive pas à suivre tout ce qui sort, alors pourquoi aller exhumer de vieux polars où il n'y a pas de serial killers ? :-)))
RB

Claude LE NOCHER 02/10/2013 17:37

En effet, Paul, les éditeurs cherchent toujours l'évènementiel, donc l'argument de vente. Moins facile pour des auteurs un peu oubliés, ou longtemps surexploités tel Exbrayat. Cela dit, à cause de la Compagnie des Glaces, beaucoup d'éditeurs et de lecteurs auraient tendance à oublier quel auteur de polars fut G.J.Arnaud. Et puis, bon, ces rééditions sont un peu dans nos fantasmes, avouons-le.
Amitiés.

Berano 02/10/2013 08:06

Bonjour
Très bon auteur en effet que les éditeurs oublient de rééditer ! Mais Michel Lebrun (qui mérite lui aussi d'être réédité, ah ces éditeurs !!!) a oublié un autre excellent auteur du Fleuve Noir : Jean-Pierre Ferrière.
RB

Claude LE NOCHER 02/10/2013 08:16

Je ne te dirai sûrement pas le contraire, René. D'ailleurs, Michel Lebrun ne cachait pas sa tendresse pour les romans de l'ami Jean-Pierre. Quant aux rééditions, hélas, il faudrait qu'existe une meilleure culture polar chez un certain nombre d'éditeurs pour qu'ils se souviennent des Brice Pelman et autres grands romanciers du 20e siècle. Ne désespérons pas, puisque ce fut le cas d'André Héléna, redécouvert bien après son décès.
Amitiés.

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