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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 04:55

Policier sud-africain, Benny Griessel considère avoir raté bien des choses dans sa vie. Son mariage, même s'il reste en contact avec ses deux enfants. Sa carrière de flic, même s'il a intégré le prestigieux service des Hawks. Son rôle d'ange gardien auprès de son amie de cœur, la chanteuse Alexa, même s'il a limité l'alcoolisme de celle-ci. Benny lui-même reste sobre depuis environ deux-cent-trente jours. Alexa commence à replonger, car son proche retour sur scène la rend nerveuse. L’État-major de la police confie à Benny une affaire des plus délicates. Un sniper menace d'abattre des policiers, un par jour, si on ne relance pas l'enquête sur le meurtre de l'avocate Hanneke Sloet. Qu'il s'agisse d'un terroriste ou d'un dingue, ses mails mélangent connotations religieuses et politiques. Benny aura un œil neuf sur ce dossier, jusqu'à présent absolument insoluble pour ses collègues. Nxesi, le jeune flic chargé de l'enquête initiale manquait, il est vrai, d'instinct ou d'intuition.

Bien que Benny n'apprécie guère le travail d'équipe, il n'est pas fâché que la capitaine Mbali Kaleni soit désignée pour traquer le sniper. Elle est peu appréciée de ses collègues, mais elle sera la plus efficace. Mbali commence par définir le probable emploi du temps du tireur, et par s'informer sur le type de silencieux dont il se sert. Le sniper a mis sa menace a exécution, allant jusqu'à viser un officier du poste de police de Green Point. De son côté, Benny a visité l'appartement neuf de Hanneke Sloet, examiné son bureau perso, contacté l'assistante de la victime. L'avocate d'affaires était une jeune femme très ambitieuse, qui consacrait plus de temps à son métier qu'à sa vie privée. Encore qu'elle s'était faite refaire les seins, avait posé pour des photos suggestives, et possédait quelques objets sexuels. Suspecter le gardien de l'immeuble, qui n'était pas encore sécurisé au jour du meurtre, ou l'ex-fiancé de l'avocate, Egan Roch ? Ils ont des alibis, même si ça reste à vérifier.

Le directeur du cabinet d'avocat employant Hannelore Sloet est coopératif. La transaction financière dont elle s'occupait à son décès n'avait rien d'exceptionnel. Montage complexe entre une société minière et un groupe d'investissement, dont les rouages échappent un peu à Benny. Mais, depuis que se construit la nouvelle Afrique du Sud, ces opérations ont cours sans qu'on recherche trop dans le passé des parties prenantes. Que le politicien Masondo, ex-communiste, soit intervenu dans la transaction n'est même pas un secret. À moins que l'apparente clarté financière masque d'autres intérêts. Benny ne néglige pas la vie privée de la victime. Improbable qu'elle ait cultivé une telle beauté “juste pour elle”. Si le policier Vaughn Cupido admire Benny, l'inverse est moins vrai. Néanmoins, son collègue est plus compétent que lui en informatique et en connectique actuelle. Quant au sniper, s'il échappe encore à Mbali, elle progresse. Toutefois, un capitaine de police des Hawks reste en danger...

Deon Meyer : 7 jours (Éd.Seuil, 2013)

La page de l'apartheid est définitivement tournée en Afrique du Sud, depuis une vingtaine d'années. Il est évident que ce pays, un des plus riches du continent africain, attire toutes les convoitises. Avec diverses combinaisons financières qui ressemblent certainement à de la corruption, des arrangements au sein de l'élite qui sentent fort la magouille. Éternelles malversations, dès qu'on a accès à une parcelle de pouvoir. C'est ce que nous suggère la toile de fond de cette histoire. En effet, le premier mérite de ce roman consiste à nous présenter, de l'intérieur, des réalités sud-africaines actuelles. L'image du pays est positive, mais qu'en sait-on vraiment ? Il s'agit ici d'une fiction, bien sûr. De celles qui permettent de témoigner et de s'interroger.

Bien qu'apparu dans deux précédents romans de l'auteur, il n'est pas indispensable de connaître par avance Benny Griessel. Flic tourmenté, alcoolo en voie de sevrage, ce serait un portrait trop simplifié du personnage. Maîtrisant mal ses soucis tout en faisant bonne figure, on le sent en décalage avec la société. Benny s'efforce de poursuivre ses investigations, dans une enquête fatalement tortueuse, où démêler vies privées et persos s'avère compliqué. Il est bon de s'intéresser également aux autres policiers, tout autant impliqués que lui. On ne cherche pas ici un tempo fracassant. Grâce au format long du roman, le lecteur peut s'immerger dans leur univers, les côtoyer pendant sept jours. Un noir suspense qui se lit avec plaisir.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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commentaires

Philippe 11/06/2013 17:32

Bonjour M. Le Nocher,

En parlant d'auteurs écrivant en anglais.
J'ai acquis, il est vrai sans avoir commencé à les lire car je lis plutôt de courts romans de 250 pages que des pavés de 500, des romans de deux auteurs qui ont en commun d'être d'une autre nationalité que britannique et pourtant d'écrire des histoires situées le plus souvent en Grande-Bretagne.
L'Allemande Charlotte Link : L'enfant de personne ( Presses de la Cité, 2011 ).
L'Australienne Kate Morton : Les heures lointaines et La scène des souvenirs ( même éditeur ).
Ce ne sont peut-être pas des polars strictement, enfin si pour le livre de Charlotte Link, mais ces trois histoires partent du présent pour remonter dans le temps, la clé de l'énigme étant à rechercher dans le lointain passé de certains protagonistes.
Dans L'enfant de personne, des meurtres, celui d'une jeune fille puis un autre sans rapport apparent, amènent l'héroïne à tenter de retracer l'enfance de l'un des personnages - peut-être sa mère, j'écris de mémoire sans revérifier - au temps où, au début de la guerre en 1940, les autorités britanniques organisaient l'évacuation des enfants des villes vers les campagnes dans des familles d'accueil ( foster families ), en supposant à tort ou à raison que les bombardements allemands du Blitz se concentreraient sur les villes.
( L'acteur Michael Caine, qui a joué entre autres Sherlock Holmes, ou l'inspecteur Frederick Abberline dans le téléfilm de 1988 sur Jack l'Eventreur, fut ainsi évacué enfant de sa banlieue londonienne populaire cockney pour la campagne, genre Kent. )
Les deux romans de Kate Morton aussi montrent l'héroïne fouiller dans le passé d'un proche.
Je ne sais plus très bien pour Les heures lointaines - mais je crois qu'il est aussi question des enfants évacués en 1940 - , pour La scène des souvenirs l'héroïne trouve une lettre écrite cinquante ou soixante ans plus tôt par ou à une célèbre actrice de l'époque.
Dommage que le téléfilm tiré de L'enfant de personne de Charlotte Link n'existe pas en DVD, mais j'ai pu demander à quelqu'un de m'enregistrer sur DVD-R la diffusion télévisée sur Arte il y a quelques semaines.

Je ne connaissais pas Laura Moriarty ( oui, elle s'appelle comme le professeur de ce nom, l'ennemi juré de Sherlock Holmes ), mais j'ai acheté son roman Un été avec Louise.
Là ce n'est pas un polar du tout, bien que publié chez Fleuve Noir.
C'est l'histoire d'une jeune femme qui est chargée vers 1920 ou 1925 de chaperonner- je dis bien - la jeune Louise, lors d'un séjour à New York - ou je me trompe de ville - , cette dernière étant avide de vivre une vie libre, affranchie des contraintes sociales de ce temps. Louise, c'est Louise Brooks, la future star dont la carrière commence en même temps que le passage du cinéma muet au parlant en 1927.

J'avoue que je ne connaissais pas Kerry Greenwood. Mais je regarde le dimanche sur France 3 la série " Miss Fisher enquête " avec Essie Davis, située en Australie là aussi dans les années 1920.
J'ai eu la curiosité, Télé 7 Jours indiquant que cette série était adaptée des romans de Kerry Greenwood, de regarder : ce sont des polars publiés chez 10/18, collection Grands détectives, entre 2006 et 2009.
Il semble que tous les titres des enquêtes de Phryne Fisher n'aient pas été traduits en français. Et que 10/18 ait arrêté. Ces livres ne semblent plus disponibles en neuf.

M. Le Nocher, auriez-vous lu certains titres de cette série ?
Je ne crois pas en tout cas que vous en ayiez chroniqués ?

A partir de l'article Wikipedia ( seulement en anglais, il reste à écrire celui en français ) sur Kerry Greenwood, Australienne elle aussi, née en 1954, il y a un lien vers le site consacré à son héroïne Phryne Fisher.

www.phrynefisher.com

Pas regardé dans le détail, mais j'aime beaucoup les illustrations, avec Phryne portant ce fameux chapeau en forme de cloche ou de pétale si typique des années 1920 qui identifie tout de suite cette décennie quand on le voit.
Je vois que le prochain titre à paraître - pas de traduction en français prévue pour l'instant - concerne la disparition de jeunes filles pensionnaires de l'une des Magdalene Laundries - de sinistre mémoire - . Ces terribles établissements tenus par des religieuses monstrueuses où des filles, enfermées là uniquement parce qu'orphelines, prostituées, pauvres, filles-mères ou heurtant d'une façon ou d'une autre l'ordre social de leur époque, étaient maltraitées et contraintes à de harassants travaux de blanchisserie.
J'ignorais que les Magdalene Laundries avaient existé en Australie, je savais qu'il y en avait eu en Irlande. Alors même que l'Australie ne connaissait pas une emprise de l'Eglise catholique comme en Irlande à la même époque.
Je me souviens d'avoir lu que la dernière Magdalen Laundry d'Irlande n'avait fermé qu'en 1996, et parce qu'avec les alternatives contemporaines dans l'activité de blanchisserie les Magdalen n'étaient économiquement plus rentables. Et non pas pour des raisons humanitaires. Ceci, bien que dans les dernières années d'existence, les Magdalen n'étaient sans doute plus ce qu'elles avaient été jusque dans les années 1970 disons.
En Irlande, on parle périodiquement de reconnaître officiellement - cela, c'est fait je crois - mais aussi d'indemniser financièrement les femmes qui ont été internées abusivement dans les Magdalen ou leurs familles. En ajoutant que, d'un point de vue financier, le pays pourrait supporter cette charge, puis qu'aujourd'hui il n'y a plus guère que 70 femmes encore en vie et ayant été internées. Pourtant, à ce jour on continue sans cesse à repousser un projet d'indemnisation.
Cette idée est à rapprocher des mesures prises ces dernières années pour que le diocèse de tel endroit indemnise, parfois en se mettant en faillite, les personnes victimes d'actes de pédophilie dans le ressort de ce diocèse à des époques plus ou moins lointaines.
Quand il n'y a pas prescription comme c'est souvent le cas.

Je pense aussi au fait que depuis une vingtaine d'années, surtout aux Etats-Unis - bien qu'il y ait eu d'autres pays touchés, notamment l'Allemagne nazie, mais aussi la Suède jusque dans les années 1970 - on a vu des gouverneurs de divers Etats présenter publiquement les excuses de cet Etat pour avoir dans le passé voté et mis en oeuvre des lois visant à la stérilisation obligatoire de personnes handicapées mentales. Du moins de celles qui étaient considérées comme telles, alors que souvent en réalité elles étaient pauvres ou avaient un parent alcoolique, un milieu social méprisé, une maladie ou une mauvaise vue - je pense à cette Suédoise diagnostiquée handicapée mentale à l'école parce que, très myope, elle ne voyait pas ce qui était écrit au tableau - .
Et dire qu'aux Etats-Unis les lois d'Etats instaurant la possibilité de stérilisation obligatoire des handicapés mentaux ont été validées, déclarées constitutionnelles, conformes à la Constitution fédérale, par le célèbre arrêt de 1927 de la Cour Suprême, Buck contre Bell.
Arrêt rendu par Oliver Wendell Holmes, considéré encore aujourd'hui comme le plus grand juge américain de tous les temps.
Avec cette phrase célèbre en son temps et parfois encore citée : " Three generations of imbeciles are enough. " " Trois générations d'imbéciles suffisent. "
Des personnes très estimées pourtant ont apporté leur caution à la stérilisation forcée, dont Margaret Sanger.
Citée, comme Oliver Wendell Holmes, dans un épisode de la série New York District, avec Sam Waterston.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Margaret_Sanger

http://en.wikipedia.org/wiki/Oliver_Wendell_Holmes,_Jr.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Oliver_Wendell_Holmes_Jr.

"Nous avons vu plus d'une fois que le bien public peut exiger la vie des meilleurs citoyens. Ce serait étrange qu'il ne puisse en appeler à ceux qui ruinent déjà la force de l'État pour des sacrifices moins importants, qui ne sont d'ailleurs souvent pas ressentis comme tels par les personnes concernées, afin de protéger la société contre un excès d'incompétence. Il vaut mieux, pour le monde entier, qu'au lieu d'attendre qu'on exécute la progéniture dégénérée suite à un crime de leur part, ou qu'on les laisse mourir de faim en raison de leur imbécillité, la société puisse empêcher ceux qui sont manifestement incapables de perpétuer leur genre. Le principe qui soutient la vaccination obligatoire est assez large pour légitimer de sectionner les trompes de Fallope (…) Trois générations d'imbéciles sont suffisantes."

Cordialement

Claude LE NOCHER 11/06/2013 20:35

Beaucoup d'infos dans ce message, cher Philippe...
J'avoue que le nom de Kerry Greenwood, pour la série Miss Fisher, ne m'a pas frappé chez 10-18. Un des défauts de leur collection Grands Détectives, qui empêche de se concentrer sur tel ou tel auteurs, car le panel proposé est très vaste. Mais ça reste une très bonne collection, pas de doute.
Concernant les "manipulations de population" (pour englober divers cas), on sait que ça ne se résumait pas aux mauvais traitements vis-à-vis d'orphelins ou à la stérilisation, voire à l'enfermement définitif, de supposés débiles mentaux. Des expériences "scientifiques" (et génétiques) ont été menées, probablement bien plus honteuses et scabreuses encore qu'on ne peut l'imaginer. S'excuser, au nom de tel ou tel Etat ? Non, ça n'a pas de sens. Car ceux qui ont mené certaines expériences ont joui, jusqu'à la fin, d'un statut "honorable". Une idée fort désagréable, pour le moins.
Vous citez quelques auteures.
Depuis quelques années (quinze, vingt ans ?), le "suspense romantique" s'est développé, parfois sous le prétexte historique. Je n'y suis pas hostile, à condition que... prime l'intrigue polar. Si c'est pour écrire un roman historique, qu'on garde cette étiquette. Si c'est pour faire un ouvrage de documentation sur une période de l'Histoire, qu'on le publie en édition documentaire. Si c'est juste une bluette romantique, pas besoin d'y mêler une enquête prétexte. La diversité, j'y suis favorable, bien sûr. Mais pas de trop mélanger les genres.
Pour le téléfilm tiré de "L'enfant de personne", peut-être devriez-vous essayer la chaine Replay de France Télévision, voire fouiller chez m'sieur Youtube.
Amitiés.

Max 11/06/2013 09:26

Salut Claude,
Deon Meyer est un de mes auteurs contemporains préférés, j'ai lu les 6 premiers, rien que du très bon. Et l'arrière-plan est passionnant !
Amicalement,
Max

Claude LE NOCHER 11/06/2013 20:11

Oui, Max, Mbali Kaleni est un des personnages attachants de cette histoire. Ici, des rumeurs circulent sur elle, suite à un stage en Hollande. (eh eh, je n'en dis pas plus). Quant à Alexa, c'était la veuve de la victime dans le précédent opus. (aie, le trac et l'alcool ne font pas bon ménage). Et voilà, y-a-plus-qu'à lire ce nouvel épisode !
Amitiés.

Max 11/06/2013 17:34

J'ai lu récemment "13 heures" avec Benny Griessel et la chanteuse Alexa, et il me semble bien que Mbali Kaleni y était aussi !

Claude LE NOCHER 11/06/2013 09:35

Bonjour Max
Tu as donc déjà croisé Benny Griessel, dont on suit aussi le parcours privé dans cette nouvelle enquête, et sans doute Alexa, personnage de son enquête précédente. Oui, c'est plutôt excitant à lire, en particulier pour l'ambiance sud-africaine pas si connue de nous autres. Il faudra que je revienne sur les titres passés, d'autant que j'avais lu deux romans (ses deux premiers, il me semble), sans faire de fiches.
Amitiés.

Pierre FAVEROLLE 11/06/2013 06:26

Salut Claude, Compte sur moi pour le lire, celui là, Jean Marc L m'a donné le virus et maintenant lje les lis tous en allant en essayant de récupérer mon retard. Amitiés

Claude LE NOCHER 11/06/2013 06:43

Salut Pierre
J'avoue mal connaitre les romans de Deon Meyer, bien qu'en ayant lu un ou deux précédemment. Par contre, la transition démocratique d'après apartheid fait partie de ces thèmes sur lesquels j'aime m'informer. Contexte, encore et toujours... Si certains "longs romans" m'excitent moins, je me suis très à l'aise avec la lecture de celui-ci. Sans doute un signe de qualité.
Amitiés.

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