Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 05:39

 

Jean-Paul Nozière est connu grâce à ses polars destinés à la jeunesse, peut-être plus que pour ses romans parus chez Série Noire, Fleuve Noir, au Seuil, aux Éd.La Branche ou chez Rivages/Noir. Voici deux exemples parmi la quarantaine de titres qu’il a écrits. Souviens-toi de Titus est un de ses grands succès auprès des jeunes lecteurs, publié chez Rageot Éditeur en 1989, réédité en 1994 puis en 2004. Il a été récompensé par le Prix Gavroche et le Prix Polar Jeunes. La tonalité est aussi enjouée que l’intrigue est énigmatique. C’est dire que ce genre de romans peut être savouré autant par les adultes que par les ados…NOZIERE-1994

 

Une petite ville de bourgogne va bientôt célébrer les cinquante ans de son lycée. On attend beaucoup de monde, en particulier des notables qui fréquentèrent jadis l’établissement. Jeune journaliste du quotidien local, Iossip Martin va suivre l’évènement. Antoine Grappin sera également présent. Vingt-cinq ans plus tôt, alors débutant, Grappin fut ici professeur de littérature. Tous le surnommaient Titus. Il eut la malchance de tomber sur une classe de 3e fort turbulente. Ce qui entraîna injustement son exclusion de l’école et de l’Éducation Nationale.

C’est d’abord de Jacques Talard, le maire, dont il a décidé de se venger. Coline, la fille de Talard, s’était éloignée de son père. Maintenant, elle veut connaître la vérité sur ce meurtre, comme sur le passé. Installée chez Iossip, elle ne quittera la ville qu’une fois l’affaire résolue… Fred Ascore, le PDG de la principale usine locale, est la deuxième victime choisie par Titus-Grappin. Que les fautes oubliées d’Ascore viennent aux oreilles de son épouse, et c’est un homme fini. D’autant qu’il a également de lourdes dettes de jeu. Poussé à bout, il se suicide… Luc Bidart, conseiller général très apprécié, et le caractériel Dr Lagorce sont les suivants sur la liste. Le cinquième visé pourrait bien être le commissaire Jérôme Lequimpois.

Mettre la main sur celui qu’on a appelé Le fou aux citations parait impossible, car il a eu le temps de parfaitement préparer sa vengeance. Si vous m‘en croyez, cueillez, cueillez votre jeunesse répètent les messages du mystérieux corbeau. Marc Lénorde, patron du journal Le Courrier Bourguignon, n’a pas autorisé Iossip à écrire des articles là-dessus. La succession de meurtres l’amène à changer d’opinion. Iossip et Coline vont se consacrer à part entière à la recherche du coupable. Viré de son bureau par des enquêteurs se pensant plus habiles que lui, Lequimpois va indirectement donner un coup de main aux deux jeunes. Bien sûr, Titus est le probable suspect, sauf qu’apparaît un problème : Antoine Grappin semble être décédé…

 

Jean-Paul Nozière a écrit une série ayant pour héros Slimane Rahili, fils de harki, quadragénaire voyageant avec son chien Bogart dans un camping-car à travers la France, NOZIERE-2001détective privé à l’occasion. On peut évoquer le quatrième titre de la série Trois petites mortes (Seuil, 2001), récompensé par le Prix du Festival polar de Montigny-lès-Cormeilles.

Slimane Rahili gare son camping-car sur le parking de l’ossuaire de Douaumont, près de Verdun. Sa mère lui a demandé de retrouver la tombe de son aïeul, mort durant la Première Guerre mondiale. Le gardien de nuit Joseph sympathise avec Slimane, et l’autorise à stationner là. À Batroville, distant de quelques kilomètres, une affaire a récemment fait grand bruit. Yves Loude, un prof que la rumeur accusait de pédophilie et du meurtre d’une gamine, s’est suicidé. La chute mortelle d’une autre fillette lui fut aussi imputée. Mara Loude et sa fille Solène vivent toujours dans leur maison, taguée de graffitis insultants et accusateurs. Mara reste persuadée de l’innocence d’Yves. S’improvisant pour elle détective, Slimane interroge le principal du collège et plusieurs enfants qui prenaient des cours particuliers avec Yves. Rien de probant dans leurs témoignages.

Après avoir passé une nuit avec Mara, Slimane visite le bureau de son mari. Les agendas et les seringues qu’il y trouve suscitent bien des questions. Slimane est rejoint par sa sœur Yasmina et son amie flic, Florence. Un patron de pizzeria indic des RG noircit l’image d’Yves, alors qu’un vieux monsieur le décrit sous son meilleur jour. Imaginer ce prof en pédophile assassin, doublé d’un escroc qui supprimait par ailleurs des personnes âgées, Slimane n’y croit pas. Une autre petite fille blonde mourut trois ans plus tôt, le jour de l’arrivée d’Yves Loude à Batroville. Le prof ne pouvait être concerné, mais c’est ainsi qu’apparaît un jeune suspect sujet à des crises nerveuses…NOZIERE-photo

 

Les romans de cette excellente série Slimane Rahili : Un regrettable accident (1999, Prix du Festival polar de Saint-Nazaire 2000), Bogart et moi (1999), Fatal tango (2000), Trois petites mortes (2001), L’axe du mal (2003). Parmi ses noirs polars, on peut encore citer ceux publiés chez Rivages, dont le héros est l’ex-policier Christian Milius (dit Slo) : Le silence des morts (2006, Grand Prix du roman noir au Festival de Cognac 2007), Je vais tuer mon papa (2007), Cocktail Molotov (2009), Dernier tour de manège (2011). Il semble qu’un futur titre soit prochainement publié dans cette série (Le chat était aux aguets), et que les aventures de Slimane Rahili soit bientôt rééditées dans l’ordre chez Rivages/Noir. On peut aussi lire ma chronique ici sur "Des manches et la belle", publié en 2010 dans la collection Suite Noire aux Éditions La Branche. Visitez aussi le site de Jean-Paul Nozière.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
commenter cet article
8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 08:45

 

Plusieurs articles ont déjà été consacrés à Jean Mazarin, connu aussi sous le pseudo d’Emmanuel Errer. Sa série ayant pour héros le commissaire Poirel reste de très bon niveau. MAZARIN-1982Le Grand Prix de Littérature policière fut décerné à Jean Mazarin, pour son roman "Collabo-song" (Fleuve Noir, 1982). Il s’agit d’un polar historique situé à Paris durant l’occupation allemande, en 1942-1943.

C’est l’histoire d’une femme, Laure Santenac. Elle est l’épouse de Georges, un médecin dont elle n’est guère éprise, qui a la réputation de séduire toutes les infirmières de son service. Laure s’ennuie loin de son Bordelais natal, dans cette ville qu’on appelait lumière, et sur laquelle la guerre est tombée comme un éteignoir. Elle a peu d’amies, à part Camille de la Roncière, qui habite avec un son mari Jean un hôtel particulier à deux pas des Jardins du Ranelagh. Ce couple mondain est de retour à Paris depuis peu.

Laure Santenac a-t-elle réellement conscience de causer la mort de son mari en passant un appel téléphonique anonyme ? Sans doute pas, puisqu’elle se contente de signaler la présence de tracts d’une organisation juive secrète. Par la suite, Laure commence à fréquenter le tout-Paris de la Collaboration, entrant sans hésiter dans ce monde trop facile qui veut ignorer la complexité de l’époque. MAZARIN-1982bElle prend un amant, Bernard, journaliste qui adhère lui aussi aux théories de ce temps-là. Laure sait finalement bien peu de choses à son sujet. Elle se laisse porter par l’hypocrisie générale. Les gens qu’elle côtoie, qui sont-ils ? Par exemple, quel rôle joue ce petit capitaine allemand, Hildsheim, que Laure trouve fort antipathique ?

En 1943, le Reich entame sa perte de vitesse. Les plus impliqués dans la Collaboration ont déjà compris qu’ils ont des choix à faire. Plusieurs parmi les truands de la Gestapo française ont senti le vent tourner. Quelle place pour Laure dans les bouleversement annoncés ? Elle s’exile dans la région de Bordeaux, logeant chez sa cousine dont l’époux est vigneron. Salutaire redécouverte d’un monde plus normal, mais son amie Camille la supplie de revenir à Paris. Le destin de Laure est en marche…

Paru en 1982 au Fleuve Noir, ce remarquable roman a été réédité en 1999 aux Éditions Zulma.

Repost 0
7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 05:32

 

Dans la collection Rouergue Noir, Promenade du crime de Peter Guttridge nous amène à Brighton, une des plus célèbres stations balnéaires d’Angleterre. Cette ville du Sussex constitue une grosse agglomération, comptant plus de 155.000 habitants. Ses jetées s’avançant dans la Manche (Palace Peer, West Peer) sont connues ainsi que son Royal Pavilion, vaste bâtiment d’inspiration indienne. Des gens riches de tous horizons, y compris des mafieux, habitent cet endroit. La criminalité n’est pas absente à Brighton. Homme mûr ambitieux aux positions tranchées, Robert Watts y est le grand patron de la police. Il va bientôt réaliser que ses services ne fonctionnent pas si bien. En effet, quand l’assaut est donné par les flics contre un logement hébergeant un truand, l’affaire tourne au carnage.

GUTTRIDGE-2012Quatre victimes sont recensées mais pas le type ciblé. Les policiers semblent s’être trompés de maison. Alors que les flics de cette équipe sont suspendus, Robert Watts tente avec maladresse de les soutenir publiquement. Une émeute secoue le quartier en question, Milldean. William Simpson, éminence grise du gouvernement et ami de Watts le pousse à la démission. Une info compromettante parvient à la presse, qui complique les problèmes de couple de Watts. Il n’a plus d’autre choix que de quitter son poste, et de s’éloigner de son épouse. Le nonagénaire Donald Watts, père du policier, ne lui apportera évidemment aucun soutien. Auteur de polars sous le nom de Victor Tempest, cet éternel séducteur a toujours exprimé une dureté de caractère, en particulier envers son fils.

Au repos, Robert Watts est contacté par la policière Sarah Gilchrist. Celle-ci participa à l’assaut foireux, sans être impliquée dans la fusillade mortelle, grâce à quoi elle a récupéré son poste. Elle est sûre qu’une des victimes tenait en main un objet, non répertorié au cours de l’enquête. Deux collègues flics ont disparu, le policier chef de l’assaut semble s’être suicidé, les investigations sont au point mort malgré le temps qui passe. Un vrai foutoir, et surtout un piège le visant, selon Robert Watts. Sarah s’occupe de plusieurs cas criminels spectaculaires, tout en cherchant à comprendre ce qui s’est passé réellement durant l’assaut.

De son côté, la journaliste radio Kate Simpson s’intéresse à un vieux faits divers remontant à 1934. L’affaire de la malle sanglante de Brighton reste dans les annales policières, d’autant qu’un des aspects de l’affaire ne fut jamais éclairci. On retrouva à l’époque, en gare de Brighton, le cadavre démembré d’une jeune femme enceinte dans une grosse valise. En juin 1934, des dizaines de milliers de voyageurs y passaient chaque jour, ce qui embrouilla l’enquête. Le directeur du Royal Pavilion a retrouvé un document non transmis aux archives de la police. S’il offre d’intéressants éléments, sans doute capitaux, ce témoignage d’un narrateur anonyme n’est pas aisé à décrypter. Kate Simpson sollicite l’aide de Robert Watts à ce sujet.

Dans l’affaire actuelle, il est probable que les victimes aient été d’origine étrangère. Par ailleurs, le cadavre d’un des inspecteurs disparus est retrouvé. Un meurtre, c’est quasi-certain. Grâce à son ami James Tingley, ex-baroudeur des services secrets, Robert Watts espère découvrir qui a manigancé tout ça. Tingley pourrait en savoir plus en approchant Hathaway, un des caïds de la mafia locale…

 

Il est fort agréable de proposer un résumé quelque peu détaillé, sans finalement rien révéler d’essentiel. Il n’est pas exactement question de chercher un coupable. Ou plutôt, des coupables, puisque le crime de 1934 et l’affaire d’aujourd’hui se côtoient. Non, c’est l’ambiance criminelle par elle-même qui rend passionnante cette intrigue. La suspicion touche tous les protagonistes rencontrés, même parmi les flics morts. L’histoire s’installe et progresse à travers le regard de Watts, de Sarah, et de Kate, dont nous devenons de plus en plus proches. On n’avance pas au gré des hypothèses, mais en suivant ces trois personnes. Certes, comme Robert Watts, nous supposons une sorte de complot, mais c’est en définissant les pourquoi des deux énigmes qu’on ira vers la vérité. La pittoresque ville de Brighton ajoutent un décor délicieusement british à ce roman. Voilà un excellent suspense et un auteur à découvrir au plus tôt !

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
commenter cet article
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 05:38

 

Maintenant disponible en format poche chez Points, "La nuit de Geronimo" de Dominique Sylvain est une aventure de Louise Morvan. Il n’est pas indispensable d’avoir lu les précédentes pour apprécier cette héroïne. On la devine aussi déterminée dans ses enquêtes que bien plus incertaine sur le plan sentimental. Indépendante et obstinée, elle garde une belle part de fragilité. Elle est ici confrontée aux secrets d’un clan familial, mais aussi à un mystérieux danger mafieux.

 

SYLVAIN-GERONIMOMédecin légiste âgée de trente ans exerçant à Paris, Philippine Domeniac s’est réinstallée chez son grand-père, dans le village où sa famille a ses origines. Comme tous les Domeniac, elle reçoit un curieux courriel, qui fait référence à son père Thierry. Éminent biologiste, celui-ci se suicida vingt-quatre ans plus tôt. Philippine en informe son ami le policier Serge Clémenti. Ne sachant s’il s’agit d’une menace, la jeune femme fait appel à la détective Louise Morvan. Une enquête psychologique sur les Domeniac reposera Louise de missions agitées et de liaisons incertaines.

Dans la famille, il y a d’abord le grand-père Jean-Pascal, ancien expert psychiatre. On ne peut exclure la vengeance d’un accusé qu’il aurait fait condamner. Sujette à des troubles mentaux, son épouse est sous la garde du dévoué Pierrick. Ils eurent deux fils. Thierry fit une brillante carrière, avant de se poser des questions sur les avancées de la biologie moléculaire, et sur les OGM. Son couple fonctionnait mal, aussi. Son suicide s’explique grâce à de nombreux facteurs. Hadrien, l’oncle de Philippine, représente la branche aisée des Domeniac. Mariée à Judith, qui évolue dans le monde artistique, Hadrien est un puissant homme d’affaire qui n’apprécie guère les investigations de Louise. Alcoolique et stressé, son fils Stanislas dirige un grand quotidien. La détective privée éprouve plus d’affinités envers Édouard, l’autre fils qui est avocat.

Ayant interrogé, non sans difficulté, chacun des membres de la famille, Louise estime qu’aucun des Domeniac n’a de motif de jouer au corbeau. Quand la tombe de Thierry est souillée, ça semble une suite au courriel anonyme. Un certain Matthias Dotko surveille les Domeniac et prend Louise en filature, avant de la contacter. Il a de sérieux griefs contre Hadrien. Dotko l’accuse d’avoir fait couler la société de sécurité créée par son défunt père, mort dans l’explosion de sa voiture. Pierrick, le gardien de Mme Domeniac, disparaît avant d’être retrouvé assassiné. Louise le soupçonnait pourtant d’être l’auteur des courriels…

 

Intrigues complexes et personnages intenses sont les caractéristiques des suspenses de Dominique Sylvain. C’est par la densité narrative qu’elle capte l’attention des lecteurs. On se trouve entraîné au cœur d’un labyrinthe : pas d’autre choix que de suivre le guide, l’auteur. Encore un roman de très belle qualité !

Lire aussi ma chronique sur "Baka", de Dominique Sylvain, la première enquête de Louise Morvan (réécrite entièrement par l'auteure, disponible chez Points).

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
commenter cet article
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 15:46

 

Malte-Mystere2012Le Prix Mystère de la Critique 2012 a été attribué à Marcus Malte pour "Les Harmoniques" (Série Noire). Le Prix Mystère 2012 du Meilleur roman étranger est décerné à Stuart Neville pour "Les fantômes de Belfast" (Rivages).

 

J’ai eu l’honneur d’être sollicité parmi les 34 critiques qui ont choisi cette année les lauréats, en proposant une liste de nos dix meilleurs romans. Un brin de fierté, car j’éprouve un grand respect pour beaucoup des jurés. Outre mes amis Claude Mesplède et Paul Maugendre, je pense en particulier à Pierre Lebedel et Georges Rieben, qui œuvrent depuis longtemps pour la diversité du polar. Sans oublier quelques experts nettement plus prestigieux que moi dans ce domaine.

Même si je n’ai pas voté pour les vainqueurs, qui méritent amplement leurs Prix, j’avoue ne pas être mécontent. En effet, huit de mes choix sont assez bien classés. Neville-Mystere2012

 

A l’arrivée, Thomas H.Cook (Les leçons du mal) se classe 3e. Bien qu’hors concours, puisqu’il était le lauréat 2011, Marin Ledun (Les visages écrasés) est 4e. Carlos Salem (Je reste roi d’Espagne) finit à la 11e place. Parmi les 20e ex-aequo, on trouve Romain Slocombe (Monsieur le Commandant), Joseph Incardona (220 Volts) et Eric Miles Williamson (Bienvenue à Oakland). Chez les 28e ex-aequo, Megan Abbott (Red room lounge) et Olivier Bordaçarre (La France tranquille). J’avais encore proposé Keigo Higashino (Le dévouement du suspect X) et Pierre Lemaitre (Alex), qui semblent s’être perdus dans le profondeurs du classement. Parmi ceux que je n’avais pu retenir, je note que Sylvie Granotier (La rigole du Diable) est dans les 20e, Walter Mosley (Les griffes du passé) dans les 28e. De très beaux résultats pour tous ces auteurs méritants.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
commenter cet article
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 05:30

 

Louarnig Gwaskell a été récompensé par le Prix 2010 du livre insulaire policier, à Ouessant, pour son précédent titre Mauvaises graines, un épisode de la série Léo Tanguy. Toujours chez Coop Breizh, il publie aujourd’hui Avenir radieux.

GWASKELL-2012En Bretagne, Gwendall Brañig est journaliste pour un hebdo local, L’Écho des Montagnes Noires. Jeune divorcé, c’est un amateur des standards musicaux rock des seventies. Il compte beaucoup d’amis dans les milieux culturels et militants du secteur, en particulier ceux de la revue L’Hermine Sauvage. Entre son meilleur copain Bernard et un marginal nommé l’Indien, Gwendall garde un peu de temps pour sa fille Julie et sa compagne Sandrine. S’il traite généralement des infos très ordinaires, il est cette fois intrigué par un accident mortel nocturne. Une sortie de route avant un virage, une voiture abîmée aussi à l’arrière dont l’épave est bien cachée dans une casse du coin, la gendarmerie moins coopérative que jamais, il ne lui en faut pas plus pour suspecter autre chose que la fatalité.

Face aux suppositions de Gwendall, la veuve de la victime Jean-Pierre Mahé reste incrédule. Pourtant, le journaliste se sent surveillé. Son article sur l’accident a été supprimé. Peu après, les locaux de l’hebdo sont clandestinement visités par des inconnus. Gwendall s’aperçoit que son ordinateur a été piraté. Au bar de Ronan, il apprend la disparition de Robin Kergoat, qu’il connaît peu mais qu’il sait militant. Un ami gendarme avertit officieusement Gwendall que sa petite enquête déplait, et qu’il court un danger direct. Son ami Bernard lui recommande aussi de laisser tomber, devinant un adversaire trop puissant. Enfin, c’est Julie qui est agressée à cause des investigations de son père. Pour Gwendall, lucide, plus question d’aller au-devant de nouveaux périls. Il le fait savoir aux autorités.

Un énigmatique M.Nobody, de la DGSE, donne rendez-vous à Gwendall pour lui révéler ce qui s’est produit cette nuit-là. S’il y a eu erreur de cible, le journaliste apprend que les services secrets français ne sont pas les seuls en cause. Car le groupe Sécurity, au service de l’industrie nucléaire, dispose de gros moyens pour écarter définitivement tous les gêneurs. Essayant d’entrer en contact avec Robin Kergoat grâce à son réseau d’amis, Gwendall tente de reprendre discrètement son enquête. Il peut s’appuyer sur Bernard, pour d’efficaces services. Posséder un revolver Silver Lady est plus rassurant dans sa situation. Direction Concarneau et le voilier Book of Kelts, pour en savoir plus. Les affrontements larvés avec ses adversaires pourraient maintenant devenir plus violents, peut-être meurtriers…

 

Après le lobby des semenciers dans Mauvaises graines, c’est l’industrie nucléaire que l’auteur évoque cette fois. Pour le démantèlement comme pour la construction de centrales, la France est prête à beaucoup de concessions. Occultant les terribles explosions de réacteurs nucléaires, gommant les multiples incidents dans les centrales en activité, on ne pratique guère la transparence dans ces milieux. Au nom de l’intérêt supérieur, il convient de museler ceux qui posent des questions. Ou d’utiliser des méthodes encore plus expéditives. Tu ne savais pas encore que Marianne est une radasse vérolée qui vendrait sa mère pour même pas trente deniers de pétrole, de gaz ou d’uranium?

Sujet sensible s’il en est, que Louarnig Gwaskell ne traite pas telle une simple démonstration militante. Bien sûr, l’histoire est mouvementée, riche en mystères et en suspense. Mais c’est bien la tonalité narrative que l’on retient dans ce roman d’aventures. Car l’auteur nous présente des personnages du quotidien, vivant dans leur normalité, s’exprimant dans leur langage courrant. Gwendall est juste un peu plus curieux que la moyenne de nos compatriotes, ce qui nous entraîne avec lui dans toutes ces péripéties. Humour et clins d’œil sont aussi de mise (le capitaine Paul Barril est ici incarné par un certain Pierre Tonneau; et on rencontre un M.Gallouzeau, soucieux des Affaires Étrangères de la France). Voilà un polar extrêmement agréable à lire, sur un thème toujours d’actualité.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
commenter cet article
2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 05:31

 

Offrons-nous un voyage en Amérique du Sud avec Henry Trujillo et son roman “Trois vautours” (Actes Noirs, 2012).

Citoyen de l’Uruguay, Javier Michel est un jeune homme blond d’une vingtaine d’années. Pour réaliser un projet de voyage en Espagne, il a besoin d’argent. La solution qu’il a trouvée consiste à vendre en Bolivie un 4x4 volé qu’il a acheté en Argentine. TRUJILLO-2012C’est sa première expérience dans ce trafic, aussi doit-il quelque peu se fier au hasard. Grâce au nommé Raúl, il franchit clandestinement la rivière qui sert de frontière entre Argentine et Bolivie. Même si le cours d’eau est à sec, ce passage nocturne n’est pas de tout repos. Le duo arrive chez Cobas, qui gère certains trafics frontaliers. Depuis que son associé a été abattu, il évite de faire transiter de la drogue. Cobas remarque l’inexpérience de Javier Michel, qui ignore qu’avec des plaques argentines sa voiture serait vite repérée.

On a donné à Javier Michel l’adresse d’un garage de Santa Cruz. Le vieux patron feint de ne pas s’occuper de voitures volées. Une jeune femme présente accélère la transaction. L’énigmatique Paula semble à peine plus âgée que Javier Michel, mais est sûrement beaucoup plus mûre. Suit une soirée pluvieuse, que tous deux passent ensemble. Paula raconte ses études en Grande-Bretagne, mais reste fort évasive sur sa vie. Elle finit par lui proposer d’acheter son passeport. Javier Michel refuse. Le lendemain, Paula profite de son absence dans sa chambre d’hôtel pour dérober le passeport. Voler n’est pas exactement le mot, car elle a laissé une belle somme pour le prix de la voiture et celui du document. Javier Michel la cherche au garage, mais elle a disparu. Après tout, il admet que ce n’est pas si grave.

Alors que se prépare une grève générale, il est préférable de quitter Santa Cruz et la Bolivie, avec son seul sac à dos et son fric. Javier Michel prend le car qui le ramène non loin de la frontière. Il retourne chez Cobas, qui devine pour qui Paula a dérobé le passeport. D’ailleurs, la jeune femme ne tarde pas à arriver elle aussi chez Cobas. Elle doit passer la frontière clandestinement avec un véhicule, selon sa version. Javier Michel est convaincu qu’elle ne lui dit pas toute la vérité. Cobas lui demande d’aider Paula à traverser dans l’autre sens la rivière sèche. Le couple y parvient, puis se dirige vers la ville de Güemes. Là, ils retrouvent le personnage agressif et dépressif auquel était destiné le passeport de Javier Michel…

 

Une bien curieuse histoire, troublante sans être fascinante. Théâtrale par certains aspects, puisque découpée en quatre actes et un dénouement, faisant référence à un des thèmes de la pièce “Hamlet”. Initiatique également, car c’est la première découverte du monde pour le héros. Il se lance dans une affaire où il ne maîtrise quasiment rien. Ce n’est pas vraiment un paumé, comme le lui explique un vieux bonhomme : “Oui, il y a aussi beaucoup de paumés qui débarquent ici… Mais c’est une autre sorte de paumés. Des gens qui ont perdu leur âme et sont partis à sa recherche. Vous n’êtes pas de ceux-là…”

Notre plaisir est un peu gâté, puisqu’on n’adhère que partiellement à ce personnage. On ne peut pas éprouver d’empathie pour lui. Sa candeur est sympathique autant qu’agaçante. Il ne semble pas tirer de leçons de ses mésaventures, pas plus qu’il n’a interprété le signe des “trois vautours”. Néanmoins, sentant poindre un drame, le lecteur suit les tribulations de ce jeune homme. Et puis, les auteurs uruguayens étant probablement rares, voilà une bonne occasion de visiter l’Amérique latine avec l’un d’eux.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
commenter cet article
31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 05:32

 

Publié chez Emmanuel Proust Éditions, Dos à la mer est une bédé polar signée Olivier Berlion, Antonin Varenne et Olivier Thomas, des valeurs sûres.

BD-DOSalaMERHenri Coutôt est ouvrier soudeur dans la construction navale, à Saint-Nazaire. Autrefois enfant renfermé dans une famille nerveuse, ce jeune célibataire reste peu causant. Il garde quelques relations avec sa mère, en maison de retraite, et sa sœur Paulette. Le sobre Henri a ses habitudes au Bar de l’Atlantique, où il manifeste peu ses sentiments. C’est là que se produit une altercation entre lui et un certain Jipé, qui molestait une femme, Natacha. Au chantier naval, un grave accident s’est produit suite à une de ses soudures, à cause d’un alliage d’acier de mauvaise qualité. Henri est mis en congés, en attendant d’éclaircir le problème.

La blonde Natacha s’appelait naguère Christine Verneuil, et était brune. Elle fut chargée d’obscures missions pour les indépendantistes basques. En cavale, elle est désormais recherchée par ETA. Natacha est engagée par le nommé Jipé, agent du caïd marseillais Fred. Il s’agit pour elle de récupérer un lot de drogue dans une cargaison débarquant à Saint-Nazaire, Jipé ne tenant pas à se mouiller. Quand la mission est accomplie, Natacha regagne leur hôtel. Le programme ayant changé, elle frappe Jipé avant de s’éclipser avec la drogue.

Prévenu à Marseille, le caïd Fred envoie vers Saint-Nazaire Ricky-le-cinglé. Il alerte également une autre équipe, celle du Bossu, afin qu’ils ne tardent pas à rejoindre Ricky. Menant une rapide enquête, ce dernier repère bientôt la friche industrielle où s’est réfugiée Natacha, sur la route de Donges. Il va patienter, le temps qu’elle y revienne. Jipé avait perdu son téléphone lors de l’altercation au Bar de l’Atlantique. L’ayant en sa possession, Henri cherche à contacter Natacha, dont le numéro est dans le répertoire téléphonique. Celle-ci finit par comprendre qu’Henri n’a rien à voir avec Jipé. Il est certainement le seul à pouvoir l’aider…

 

Sous-titré Ouest, ce premier tome met en scène les prémices de cette histoire, qui s’annonce assez excitante. Dans le second tome à paraître, Sud, on suivra la cavale proprement dite du couple. Le scénario est d’Olivier Berlion, qui a démontré ses qualités en adaptant notamment Tonino Benacquista, et d’Antonin Varenne. Avec Fakirs (Éd.Points), roman noir multi-récompensé, et Le mur, le Kabyle et le marin (Éd.Viviane Hamy), Antonin Varenne est entré parmi l’élite des auteurs de sombres polars.

Les scénaristes nous racontent une histoire solide, où truands et terroristes entrent dans la vie d’un brave ouvrier. Pour ce premier épisode, l’ambiance nazairienne est fort bien suggérée par les dessins d’Olivier Thomas, avec le chantier naval et les décors urbains. Le ciel y est nettement plus gris que dans la réalité, mais on conviendra que c’est pour l'ambiance. Le rythme est à la fois dans l’intrigue et dans l’illustration, en bonne harmonie. Une bédé qui se lit avec grand plaisir, en attendant le second et dernier tome de l’aventure.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
commenter cet article

Action-Suspense Contact

  • : Le blog de Claude LE NOCHER
  • Le blog de Claude LE NOCHER
  • : Chaque jour des infos sur la Littérature Policière dans toute sa diversité : polar, suspense, thriller, romans noirs et d'enquête, auteurs français et étrangers. Abonnez-vous, c'est gratuit !
  • Contact

Toutes mes chroniques

Plusieurs centaines de mes chroniques sur le polar sont chez ABC Polar (mon blog annexe) http://abcpolar.over-blog.com/

Mes chroniques polars sont toujours chez Rayon Polar http://www.rayonpolar.com/

Recherchez D'autres Infos Ici

Action-Suspense via Twitter

Pour suivre l'actualité d'Action-Suspense via Twitter. Il suffit de s'abonner ici

http://twitter.com/ClaudeLeNocher  Twitter-Logo 

Libres lectures

Petit rappel : Toutes mes chroniques, résumés et commentaires, sont des créations issues de lectures intégrales des romans analysés ici, choisis librement, sans influence des éditeurs. Le seul but est de partager nos plaisirs entre lecteurs.

Abonnez-vous à Action-Suspense, pour recevoir chaque jour mes chroniques et mes infos sur l'univers du polar. Facile et gratuit !

Spécial Roland Sadaune

Roland Sadaune est romancier, peintre de talent, et un ami fidèle.

http://www.polaroland-sadaune.com/

ClaudeBySadauneClaude Le Nocher, by R.Sadaune

 http://www.polaroland-sadaune.com/