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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 07:09
 

Que vont nous présenter les éditeurs en ce début 2010 ? Voici une douzaine de titres parmi les suspenses à venir. Pour les sorties du mois de janvier, commençons avec notre vieil ami Salvo Montalbano.

Camilleri-mini.JPGAndrea Camilleri : Les ailes du sphinx (Fleuve Noir). Lorsque le corps d’une jeune femme, un papillon tatoué sur l’épaule, est découvert dans une décharge, le commissaire Montalbano traverse une mauvaise passe. Les choses vont mal avec Livia, son éternelle fiancée génoise, depuis son incartade avec une très jeune fille à l’épisode précédent (Un été ardent), sans compter que son récent infarctus l’inquiète. Et puis il vieillit et ça lui mine le moral. Il se charge néanmoins de l’enquête qui va le mener à une pieuse association favorisant l’immigration de filles de l’Est. Seulement, tandis qu’il s’occupe en même temps d’un étrange enlèvement, il se heurte à l’évêque et aux plus hautes sphères de l’Église et de l’État, mobilisées jusqu’à Rome pour entraver la découverte d’une vérité glaçante. Avec une galerie de personnages hauts en couleur et dans cette langue savoureuse qu‘on aime, Camilleri nous dévoile, bien au-delà de son île, l’universelle vilenie d’une certaine bonne société.

Didier Sénécal : Mortelle collection (Fleuve Noir). En se réveillant dans sa chambre d’hôpital après un long coma, SENECAL-miniBertrand Cousin éprouve la joie du miraculé. Mais lorsqu’une infirmière vient lui annoncer que son épouse a perdu la vie dans leur tragique accident de voiture, toute l’horreur de la situation lui revient en bloc. La route Napoléon, la voiture grise dont il est sûr qu’elle les suivait depuis l’après-midi, et la queue de poisson, juste avant le ravin. Bertrand Cousin n’a plus rien à perdre et c’est désormais une question d’honneur. Il doit retrouver l’assassin. Puisqu’il s’agit d’un crime, Cousin en est certain. Qui pourrait bien vouloir du mal à cette banale grenouille, à ce professeur sans histoire ? C’est ce que se demandent les deux agents américains chargés de le surveiller, ignorant tout de la mission qui les contraint de jour comme de nuit à épier les faits et gestes de ce pauvre petit homme. Et l’équipe de la DST mandatée pour espionner les deux Américains n’y comprend guère davantage. De rencontres en rencontres une seule chose est sûre : le petit homme en question les met sur la piste d’un autre petit homme dont la grandeur a traversé les siècles... (L’auteur marque une pause dans le récit des aventures du commissaire Lediacre. Il a choisi ici un mode de narration qui ménage le suspense en alternant trois points de vue : GRULEY-minile protagoniste principal, les agents américains et les agents français.)

Bryan Gruley : Starvation Lake (Le Cherche-Midi Éditeur). L'État du Michigan, vaste étendue de la région des Grands Lacs à la frontière canadienne, connaît des hivers rigoureux, où l'ennui est souvent aussi mortel que le blizzard. C'est là, dans la ville de Starvation Lake où il est né et a grandi, que Gus Carpenter est revenu pour s'occuper du journal local après une brillante carrière dans un grand quotidien national. Cette petite communauté où tout le monde se connaît est en état de choc le jour où la motoneige de l'ancien entraîneur de hockey disparu vingt ans plus tôt refait surface au milieu d'un lac gelé, criblée d'impacts de balles. Ancien joueur de l'équipe, Gus va chercher à élucider ce mystère, qui le touche de près. Cette petite société qu'il croyait pourtant bien connaître ne va pas tarder à révéler des secrets tous plus sombres et sordides les uns que les autres. Le premier suspense de Bryan Gruley, un portrait sans concession d'une petite ville de province et de ses turpitudes.

KELLERMAN-miniJonathan Kellerman : Meurtre et obsession (Seuil Policiers). Tanya Bigelow était une fillette très rangée lorsque le psychologue Alex Delaware la soigna pour des troubles obsessionnels. Âgée maintenant de 19 ans, elle vient le revoir parce que sa tante et mère adoptive, Patty Bigelow, lui a avoué un crime sur son lit de mort. Delaware se souvient de Patty comme de quelqu’un qui n’aurait jamais pu commettre cette chose terrible. Mais pour apaiser Tanya, il décide d’enquêter et demande à son ami, l’inspecteur Milo Sturgis, de lui donner un coup de main. N’ayant que de vagues détails de la supposée affaire, les deux amis se lancent dans une enquête qui les conduit des quartiers les plus minables aux plus belles propriétés de Los Angeles et leur fait découvrir des personnages bizarres et inquiétants. Jusqu’au jour où un meurtre horrible, et bien réel celui-là, leur ouvre les portes d’un passé où désespoir, vengeance et mort formaient un cocktail absolument sordide.

Michael Koryta : La nuit de tomahawk (Seuil Policiers). Voilà sept ans que Frank Temple a appris l’horrible secret de son père: héros de la guerre du Vietnam (comme son propre père avait été un héros du débarquement en Normandie), celui-ci l’était réellement. Mais c’était aussi un tueur à gages, cette double existence le conduisant au suicide. KORYTA-miniBouleversé, Frank a passé sept ans à fuir ce sombre héritage et ne peut croire que son père ait été si ignoble. Après tout, ses victimes n’avaient rien d’innocent. Et Devin Matteson, l’homme qui l’a entraîné dans le crime avant de le dénoncer au FBI, n’était pas un saint non plus. Quand un vieil ami appelle Frank pour lui dire que Matteson revient s’installer dans un lieu sacré de la famille, celui-ci ne le supporte pas et envisage de le tuer. Sauf que Matteson est introuvable et qu’il tombe sur une femme aussi superbe qu’étrange et un monsieur très nerveux et fortement armé. Que faire ? La solution se dessine lorsque deux tueurs de Miami se pointent à leur tour…

Jeffrey Archer : Le sentier de la gloire (First Éditions). Le 8 juin 1924 à 12h50, à environ 620 pieds du mont Everest, George Leigh Mallory, alpiniste de renommée mondiale, et son compagnon de cordée, Andrew Irvine, sont aperçus vivants pour la dernière fois. Soixante-seize ans plus tard, le 1er mai 1999, une expédition américaine découvre à 8229 mètres sur la face nord de l’Everest le corps exceptionnellement conservé de George Mallory. Est-il mort en montant vers le sommet, ou au retour de son ascension ? Car, dans ce cas, ce ne sont peut-être pas Edmund Hillary et son sherpa Tensing Norgay qui furent les premiers vainqueurs à vaincre mille difficultés pour arriver au sommet.

Sara Gran : Viens plus près (Sonatine Éditions). Amanda a tout pour être heureuse : un mari qu’elle aime, un métier (architecte) qui la comble. Une vie parfaite, en apparence. Jusqu’au jour où, dans un état second, elle se met peu à peu à réaliser ses désirs les plus fous, à donner libre cours à toutes ses pulsions. Est-elle possédée? Cherche-t-elle inconsciemment une libération totale, absolue? Jusqu’où ira cette descente aux enfers, qui peut parfois prendre des allures de paradis?

FLYNN-Gillian-miniUn coup d’œil sur quelques titres à paraître en février 2010.

Gillian Flynn : Les lieux sombres (Sonatine Éditions). Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l’innocence bafouée. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s’est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d’un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé. C’est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu’une vérité inimaginable commence à émerger. Libby n’a d’autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l’affaire Quelles qu’en soient les conséquences.

Jérôme Bucy : La colonie des ténèbres (Éd.Belfond). À Paris, aujourd’hui. Des colonies de chauves-souris installées dans les souterrains du RER sont mystérieusement décimées. Andersen est un biologique travaillant pour Naturalis, fleuron de l’industrie chimique. BUCY-miniIl étudie l’influence d’un nouvel insecticide sur le comportement de ces animaux. En parallèle, Éphémère a piraté le site internet de Naturalis. Vivant près d’un site de production, cette jeune femme s’intéresse au cas de son voisin. Ce dernier, employé de l’usine, est tombé gravement malade après avoir respiré des gaz toxiques. Dans leurs quêtes respectives, Andersen et Éphémère vont remonter jusqu’à une série de crimes atroces perpétrés à Berlin-Est dans les années 1960. Bientôt, leur apparaît la vérité, plus terrifiante encore que ce qu’ils imaginaient.

Le 8e roman de John Connoly : L’empreinte des amants (Presses de la Cité). Ancien inspecteur devenu détective privé, Charlie Parker reste obsédé par une trahison jamais expliquée qu’il vécut autrefois. Il n’avait que quinze ans, lorsque sont père policier se suicida après avoir abattu un couple d’adolescents. Quand on lui enlève sa licence de détective, Charlie Parker part pour New York, sur les lieux de son enfance. Il tient à faire la lumière sur cette vieille affaire. Il retrouve et interroge les anciens collègues de son père, et l’entourage des victimes. En fouillant dans son passé, Charlie Parker réveille certains fantômes plus que malsains.

Greg Iles : Poison conjugal (Coll. Sang d’Encre). Chris Shepard mène une tranquille vie de médecin à Natchez, dans le Mississippi. Jusqu’au jour où l’agent du FBI Alexandra Morse se présente à son cabinet. Elle lui annonce que la femme qu’il vient d’épouser cherche à l’assassiner. D’abord dans le déni, Chris finit par douter et accepte de collaborer à l’enquête. Les investigations visent le célèbre avocat Andrew Rusk, spécialisé dans les divorces. Les conjoints de ses clients meurent sans qu’on puisse jamais prouver qu’il s’agit de meurtres. Puisque le nom de Mme Shepard figure sur l’agenda d’Andrew Rusk, il ne reste plus à Chris qu’à servir d’appât…

Un inédit de Gyles Brandreth : Oscar Wilde et le cadavre souriant (10-18). En 1882, Oscar Wilde n’est encore qu’un jeune poète ambitieux, dandy et tapageur. La série de conférences qu’il donne pendant plusieurs mois aux Etats-Unis lui apporte enfin fortune et notoriété. À New York, il rencontre Edmond La Grange, qui lui propose de monter Hamlet dans son théâtre parisien. PLAQUE1.jpgOscar Wilde accepte l’offre. À Paris, il se lie à un jeune écrivain anglais, Robert Sherard, fréquente Sarah Bernhardt et ses amis décadents. Plusieurs drames marquent les répétitions de la pièce. L’habilleur Traquair meurt intoxiqué par le gaz. Oscar est agressé. Fille d’Edmond et star de la troupe, Agnès La Grange disparaît. Malgré l’ambiance pesante, la première d’Hamlet est un triomphe. Pourtant le sort s’acharne sur Oscar Wilde et son entourage.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Boulevard du Polar
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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 07:39

 

Pour rendre hommage à Jean Amila (1910-1995), voici une sélection totalement subjective de trois titres. Certes, il en écrivit de plus sombres et denses que les deux premiers, que l’on peut qualifier de comédies noires. Quant au troisième, c’est l’ultime roman de Jean Amila publié dans la collection Série Noire.

AMILA-Soif.JPG"Jusqu’à plus soif" (1962). Nomville est un tout petit village de Normandie, pas exactement comme les autres. Ici, on ne vit que pour la goutte, la gnole. On y fabrique une eau-de-vie si forte qu’elle attaque le système nerveux, poussant souvent au suicide. C’est dans cette ambiance que Marie-Anne, institutrice arrivant de Paris, va devoir enseigner. Apprendre quelque chose à des fillettes qui, à la récréation, boivent du café en ajoutant une bonne dose d’alcool, est-ce vraiment possible ?

De retour de la guerre dans les Aurès, Pierrot Soulage habite Nomville. Dans sa famille, on distille peut-être encore plus que la moyenne. Pierrot rencontre ce qu’il pense être la chance de sa vie : des trafiquants ont besoin de bons chauffeurs comme lui. Puisqu’il est recommandé par le père Bardin, un des responsables du trafic, tout devrait aller pour le mieux. Toutefois, le père Bardin n’aime pas du tout les truands qui envisagent de gérer le trafic à sa place.

Augereau, le cousin de Marie-Anne, est employé à la répression des fraudes, particulièrement chargé des trafics illicites d’alcool. Malgré une préparation et une efficacité évidente, Augereau a du mal à mettre la main sur ceux qu’il poursuit. Il manque de moyens contre un réseau bien organisé, sans doute soutenu dans de hautes sphères. Prise en grippe par sa directrice et une partie des parents d’élèves, Marie-Anne peut-elle continuer à enseigner ? Le risque d’agression est bien réel. À fréquenter des truands qui n’hésitent pas à éliminer les gens trop curieux, Pierrot n’est pas à l’abri du danger. Quant à Augereau, il prend des risques en s’en prenant à ce juteux trafic… Ce roman a été adapté au cinéma sous le même titre par Maurice Labro.

AMILA-Langes radieux"Langes radieux" (1963). Roger-le-Boucher est abattu par la police de Montargis, après avoir été signalé anonymement par Eugène Long, honnête comptable qui l’avait pris en auto-stop. C’est le prélude à une véritable course au butin, nombreux étant ceux qui veulent savoir où le truand a caché son magot. Claire, l’épouse légitime du défunt, vient d’accoucher. Aux policiers comme aux anciens amis de son mari, elle répond qu’elle ignore où il a planqué l’argent. De son côté, le brave Eugène Long pense avoir une excellente idée. Il veut retrouver l’argent pour que la famille de Bernier, un des convoyeurs tués dans le casse de Roger-le-Boucher, puisse le rendre à la banque. Adrienne, la fille de Bernier, estime l’idée stupide.

Avec la complicité de son amie Marité, Claire s’enfuit de la maison de l’Assistance Publique où elles vivaient. Les deux femmes et leurs bébés sont pistées par Cicisse et Jo-de-Fréjus, chacun de leur côté. Ceux-ci appartiennent à deux bandes de truands rivaux. Tous deux sont prêts à s’associer pour récupérer le butin. Truands et policiers descendent vers la Côte d’Azur, jusqu’à la villa Fleur d’Épine, perdue dans l’arrière-pays. Remue-ménage qui trouble la quiétude de Gallière, un peintre désargenté vivant non loin de ladite villa. Être sur place ne signifie pas qu’il soit plus facile de retrouver le fric. Eugène Long s’aperçoit un peu tard qu’il n’aurait pas dû se mêler de cette affaire. Claire et Marité risquent bien d’être bientôt au cœur d’un jeu sanglant… Ce roman a été adapté au cinéma par Georges Lautner (Fleur d’oseille, 1967).

AMILA-Hiroshima"Au balcon d’Hiroshima" (1985). En France, la fin de la 2e Guerre Mondiale approche. Delaveine et Roblet, deux petits truands, profitent d’une attaque de la R.A.F. pour s’évader de la prison où ils purgeaient leur peine. Sous les noms de Capitaine Carcasse et de Blaireau, le duo prétend ensuite appartenir à la Résistance. Leurs activités réelles restent douteuses. Leur principal but consiste à retrouver Roger Dampierre (dit Roro-des-Amandiers), qui a fui avec le butin de leur dernier casse. Celui-ci se fait désormais appeler Jérémy Gilbert. Il vit au Japon, où il exploite des machines à sous.

Bien qu’ayant retrouvé sa trace, le commissaire Bergeret aura des difficultés à aller plus loin en cette période troublée. En effet, au Japon, la guerre n’est pas terminée. Un raid aérien sur Tokyo détruit une grande partie de la ville. Roger perd sa femme et ses enfants, avant d’être fait prisonnier avec un groupe de Français. Déplacés d’un camp à l’autre, ils sont bientôt au bord de la famine. Pendant ce temps, ses anciens complices ont fini par reconstituer son parcours, et partent au Japon. Non sans mal, ils parviennent à leur but. Mais ils tombent aux mains de militaires japonais, qui mettent en prison tous les Occidentaux. Delaveine et Roblet ont-ils la moindre chance de retrouver Roger Dampierre dans de telles conditions ? Le butin ou la survie, qu’est-ce qui importe finalement le plus ? D’autant que la guerre va ici se terminer de la façon explosive que l’Histoire à retenu… C’est le dernier roman de Jean Amila, publié dans la Série Noire.

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 07:16
 

Suite de notre série consacrée aux romans de Léo Malet. Avant de retrouver Nestor Burma, évoquons un roman qui mérite assurément d’être redécouvert. Parmi les héros éphémères créés par Léo Malet, on peut retenir le commissaire Raffin dans “Énigme aux Folies-Bergère”(1952). S’il s’agit d’un policier officiel, son enquête n’est pas moins sinueuse que celles du détective, avec lequel il partage de subtils points communs.

Burma-Folies-BergereRaffin reçoit un appel téléphonique d’Hubert Courvoisier, qu’il a rencontré chez des amis, avec lequel il a sympathisé. Celui-ci ne précise pas pourquoi il souhaite rencontrer le policier. Trois jours plus tard, Courvoisier est retrouvé mort assassiné, dans la Marne au volant de sa voiture. La famille de la victime se compose de sa femme Irène, qui adore les mondanités, et de sa belle-fille Solange Darnay, née du précédent mariage d’Irène. Solange est actuellement danseuse nue aux Folies-Bergère, un choix probablement en réaction à la vie trop bourgeoise de sa famille. Pour le commissaire Raffin, difficile de trouver le motif du meurtre de Courvoisier. Quand un petit truand jouant les indics est assassiné sur le palier du policier, ce dernier se demande s’il existe un rapport direct avec le premier meurtre. Peu après, un inconnu assomme le commissaire dans une guinguette inoccupée des bords de Marne. Selon leur amie commune, Mme Marchand, Courvoisier s’inquiétait de voir sa belle-fille employée aux Folies-Bergère. Peut-être voulait-il voir Raffin pour cette raison. Quel rapport existe-t-il entre le décès accidentel d’un certain Aaron Rosenthal, la vocation de Solange pour la danse nue, et l’étrange Clara. BURMA-120gareCelle-ci fut aussi danseuse aux Folies-Bergère, avant de perdre une jambe. On peut encore s’interroger sur deux danseuses, la jeune Jacky et la jalouse Dora, ainsi que sur leur logeuse, Marie Daugier. On retrouve entre leurs mains le 6.35 qui a abattu Courvoisier, mais faut-il en conclure que ce sont des criminelles ? Fatigué, le commissaire va lancer son équipe sur toutes les pistes pour enfin dénicher le coupable…

Souvent rééditée, la toute première enquête du détective Nestor Burma “120 rue de la gare” (1943) est de nouveau publiée chez Pocket. Bob Colomer, l’assistant de Nestor Burma, est assassiné sur un quai de gare, sous les yeux de son patron. Une jeune fille en trench-coat (ressemblant à Michèle Morgan) est présente, serrant dans sa main un pistolet. Avant de mourir, la victime cite une adresse dont le détective a déjà entendu parler. Un amnésique lui avait donné la même, quand il était prisonnier dans un stalag en Allemagne. À son retour de captivité, en 1941, Nestor doit séjourner un temps à Lyon. En cette époque trouble où les détectives n’ont guère de raison d’être, bonne occasion se reposer dans cette ville. Mais la mort de Colomer entraîne bien des questions. Comment se fait-il que cet éternel fauché détenait tant d’argent sur lui ? D’où connaissait-il Montbrison, célébrité du barreau réfugié en zone libre ? Et, surtout, où donc se trouve cette fameuse Rue de la gare ?

Burma-LouvresPublié en 1954, “Le soleil naît derrière Le Louvre” est le premier épisode des Nouveaux Mystères de Paris. Nestor Burma s’occupe d’un cas tranquille. Il doit faire en sorte que M.Lheureux puisse retourner chez lui en province. Zavatter est affecté comme garde du corps de ce client aisé. Lorsqu’un escroc du nom d’Étienne Larpent est assassiné, le détective n’est pas concerné. Sauf quand son ami le commissaire Florimond Faroux lui apprend qu’il y aurait une prime à la clé. En effet, ce meurtre a un rapport avec le vol d’un tableau de Raphaël, au Louvre. Nestor entreprend de surveiller Geneviève Levasseur, mannequin et maîtresse d’Étienne Larpent. Peut-être ignorait-elle tout des activités délictueuses du défunt, mais ça reste à vérifier. Parmi les amis de l’escroc, Nicolas Birikos, un Grec jouant très mal la comédie, et Maurice Chassard, un gigolo sans scrupules voulant s’essayer au chantage. Se montrant trop curieux, Nestor va recevoir quelques mauvais coups, qu’il sait encaisser. Suivant sa petite idée, il s’arrange pour que M.Lheureux ne quitte pas Paris trop vite. Après l’escroc, d’autres vont être supprimés. On trouve même un cadavre dans le bureau du détective. Quant au tableau de Raphaël, Nestor ne l’oublie pas. Mais il doit rester sur ses gardes, ne pas manquer de réflexes s’il veut sauver sa peau…

Le détective revient dans le deuxième épisode, “Des kilomètres de linceul” (1955). Nestor Burma est engagé par une amie d’autrefois, afin qu’il la protège de Moreno, son ancien amant. Toutefois, Esther Levyberg ne dit pas toute la vérité au détective. Celui-ci sait que Moreno est supposé être mort durant la Guerre d’Espagne. C’est plutôt le frère d’Esther, René Levyberg, qui a besoin des services de Nestor. Cet homme d’affaire, qui cherche à racheter un journal, semble être victime d’un chantage. Le clandé de la Rue de la Lune sert de boite à lettres au maître-chanteur. Lemeunier, un vrai pro du chantage, a été éliminé car il en savait probablement trop. Nestor se retrouve bientôt en mauvaise posture, avec un cadavre attaché à son poignet…

BURMA-TOLBIACOn peut considérer le neuvième épisode des Nouveaux Mystères de Paris comme un grand classique, actuellement réédité chez Pocket: “Brouillard au pont de Tolbiac” (1956). Ayant reçu une lettre d’un nommé Abel Benoit, qu’il ne connaît pas, Nestor Burma se rend en métro à l’hôpital de la Salpêtrière, d’où lui a écrit cet homme. Durant le trajet, il remarque qu’une jeune gitane le suit. Cette Bélita Moralès, qui a posté le courrier d’Abel Benoit, lui apprend que celui-ci vient de mourir. Nestor vérifie à la Salpêtrière, où il croise l’inspecteur de police Fabre. En voyant le corps, le détective reconnaît Albert Lenantais. Nestor a bien connu cet anarchiste autrefois, quand il fréquentait le Foyer Végétalien, à l’époque de sa lointaine jeunesse. Entre des utopistes nuancés tel Lenantais et des partisans d’actions radicales, les discussions étaient alors tendues. Le commissaire Florimond Faroux, qui les a rejoints, lui apprend que le vieil anar poursuivait ses traficotages. Quant à savoir qui l’a agressé, avant qu’il ne soit soigné à l’hôpital, la police n’a guère avancé dans son enquête. Le détective contacte le journaliste Marc Covet, afin qu’il glane des infos sur cette affaire. Puis Nestor se rend dans le triste quartier du passage des Hautes-Formes, où logeait Lenantais. Il intervient pour protéger Bélita, battue par une grosse sorcière nommée Dolorès, qui croit avoir des droits sur elle. Bélita voyait en Lenantais comme un père adoptif, qui payait pour que son clan manouche la laisse en paix. Nestor récupère le portefeuille que Lenantais avait confié à Bélita, espérant y trouver plus tard un quelconque indice. Lenantais est-il mort à cause d’une vieille affaire sanglante jamais élucidée, de la bande de gitans menaçant Bélita, de sa marginalité choisie ? Le détective devient intime avec la jeune femme, sans perdre de vue qu’il doit mener à son terme cette enquête…
Cliquez aussi sur : Léo Malet et les détectives (Nestor Burma) 
et aussi ici : Léo Malet : Pas de bavards à La Muette (Nestor Burma)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 07:16
 

Publié au printemps 2009, le nouveau roman d’Hubert Monteilhet est intituléChoc en retour(Éditions de Fallois). Intrigue solide et subtile, pour un roman très plaisant à lire.

À Vaison-la-Romaine peu avant la 2e Guerre Mondiale, “Le Mas des Sources” est devenu une référence gastronomique grâce à la passion du cuisinier Urbain Desgenettes. 09-MONTEILHET.JPGEn juin 1944, alors qu’il vient de se marier avec Irène, Urbain est dénoncé à la Gestapo. Déporté en Allemagne, puis prisonnier des Russes, il n’est de retour dans son restaurant que le 21 décembre 1948. C’est aujourd’hui son cousin Gustave qui est chef de cuisine au “Mas”, toujours dirigé par Irène. Tant qu’il s’occupait de son “Auberge du Ventoux”, Gustave n’était qu’un piètre cuisinier, mais il s’est amélioré. Sœur de celui-ci et ex-amante d’Urbain, Angélique est toujours employée au “Mas”. Urbain découvre qu’Irène aurait eu deux filles jumelles, dont le père serait Gustave. Étonnant pour lui qui connaît la froideur sexuelle de son épouse, et vu le manque de séduction de son cousin.

Le commissaire Amédée Fontanège s’interroge toujours sur la dénonciation qui envoya Urbain en déportation. Suspecter Irène n’aurait pas de sens, puisque la jeune mariée s’est retrouvée dans l’embarras. On pourrait soupçonner Gustave, visant la place de cuisinier au “Mas”, établissement plus prestigieux que le sien. Il ne répond guère au profil d’un coupable, choqué qu’il est des accusations suggérées contre lui. Concernant Irène, des faits probables expliquent son refus de sexualité. Enfant, elle fut victime de son père incestueux, le marquis de Manges. Si elle garde le secret au sujet des fillettes jumelles, un échange de courriers entre Irène et son amie Louise permet de mieux comprendre le mystère. Quant au rôle de Gustave, dont le compte bancaire n’est pas très net, il reste encore à déterminer.

Accompagné d’Angélique, dont il s’avoue peu épris, Urbain s’accorde des vacances pour un safari au Ruanda. Là-bas, il sympathise avec des colons wallons. Selon eux, Angélique a le “mauvais œil”, idée laissant Urbain sceptique. Sur place, il rencontre aussi Lamantin, ex-secrétaire du commissariat de police, qui vola l’original de la lettre de dénonciation. Au courrant des pressions qu’Irène exerce sur Gustave, celui-ci lui présente son opinion sur l’affaire. En rentrant au “Mas”, Urbain a une franche explication avec son épouse. Peu après, on vole le manuscrit du traité d’Urbain sur la cuisine provençale. Plus grave, leur plombier est empoisonné à la place d’Urbain. Celui-ci et Irène éloignent le cadavre pour préserver la réputation du “Mas”. Même si le policier Fontanège conclut à une mort naturelle du plombier, d’autres décès surviennent…

Le héros narrateur est un gourmet raffiné, dont on comprend l’état d’esprit à travers ce genre de propos: “J’avais mis toute mon expérience, toute mon âme, toute ma générosité native dans cet essai [de 732 pages, sur la cuisine provençale]. Tandis que des fous furieux s’acharnent à détruire la planète, il est bon que des êtres raisonnables œuvrent modestement à de véritables progrès. La recette de la blanquette a quand même plus de portée que la bombe atomique.” Il est à l’image de l’auteur, outre sa production littéraire, qui fut un temps chroniqueur gastronomique. Grand prix de Littérature policière 1960, Hubert Monteilhet n’a rien perdu du plaisir de nous concocter un bon suspense, de nous raconter cette histoire sur le ton enjoué qu’il affectionne.

Voilà l’occasion de revenir sur un autre très bon roman d’Hubert Monteilhet publié en 1993 aux Éditions de Fallois, “Œdipe en Médoc”. Monteilhet-93C’est une des aventures de son héros Peter Rössli, qui enquête aussi dans “La part des anges” (1990), “Étoiles filantes” (1994) et “Le taureau par les cornes” (1996).

Dans le Médoc, deux amis quadragénaires possèdent chacun un domaine vinicole. Appartenant à l’aristocratique race des jouisseurs, Claude gère au mieux son château et ses crus de Pauillac. Philippe produit un faible Saint-Estèphe, et dirige mal ses affaires. Son épouse Christine est récemment décédée. Leur fille Claudine est âgée de dix-sept ans. Philippe a appris que Christine le trompait depuis des années avec Claude. Il a songé à divorcer. Dans une lettre écrite peu avant sa mort, sa femme lui avoue que Claudine est, en réalité, la fille de Claude. Endetté à l’extrême, Philippe laisse se développer (et encourage) une relation amoureuse entre Claude et la jeune fille.

Quand Claudine se trouve enceinte, Claude est ravi de l’épouser. Philippe ne cache guère qu’il va tirer financièrement parti de cette union. Ce n’est qu’après le mariage qu’il révèle à son gendre l’incestueuse vérité, preuve à l’appui. Son domaine étant en travaux aux frais de Claude, Philippe envisage de s’installer chez ce dernier.

Enquêteur à l’Union Suisse d’Assurances, Peter Rössli s’occupe d’une affaire douteuse pouvant impliquer Philippe. Celui-ci l’invite à un dîner prévu chez Claude. Ses hôtes passent une soirée très arrosée, avec Peter pour témoin. Le matin suivant, les deux hommes sont trouvés morts dans leurs chambres fermées à clé. Peter mène une enquête parallèle à celle du capitaine de gendarmerie. Ce qui est en jeu, c’est le versement d’une grosse prime d’assurances. Restant le seul à connaître la vérité sur le vrai père de Claudine, il s’efforce de protéger la jeune fille. Pour reconstituer les évènements de la nuit du crime, Peter a besoin de l’aide de son épouse...

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 17:15
 

Disponible chez Pocket, “Mortelle protection” de Robert Crais est une nouvelle aventure du détective Joe Pike et de son associé Elvis Cole. Rappelons que Joe Pike reste la bête noire de tous les flics de Los Angeles. Chez eux, personne n’a oublié son renvoi fracassant de la police, des années plus tôt, après la mort mystérieuse de son équipier lors d’une arrestation.

CRAIS-Mortelle_ptotection.JPGLos Angeles, en pleine nuit, Hollywood Boulevard est désert. Roulant à 160 km/h, la jeune héritière Larkin Conner Barkley (22 ans) ne se préoccupe pas des feux rouges. Soudain, c’est l’accident, son Aston Martin part en tête-à-queue. Dans la Mercedes gris métallisé qu’elle a heurté, une personne semble blessée. Malgré l’intervention de Larkin, les autres redémarrent et décampent rapidement. L’affaire aurait dû se terminer après son témoignage aux policiers. Mais dans les quarante-huit heures qui suivent, elle reçoit la visite d’agents du ministère de la Justice et des services du procureur. Quelques jours plus tard, elle est victime d’une première tentative de meurtre. Finie l’insouciance, quand elle réalise qu’elle est un témoin gênant.

Elle contacte le ténébreux Joe Pike, afin d’assurer sa protection. Ainsi naît un tandem forcé, bientôt confronté aux attaques d'un ennemi un peu trop bien informé. Tentatives de meurtre, courses poursuites et trahisons : Joe a trouvé des adversaires à sa taille. PLAQUE1.jpgIl ne peut compter que sur lui-même et son fidèle ami, Elvis Cole, pour mettre la fille à l'abri et sauver leurs peaux. La cavale infernale de ce couple improbable nous offre une plongée dans la jungle urbaine de la Cité des Anges. Un thriller musclé, nerveux.

Pike a parfois du mal à maîtriser sa protégée, comme dans cette scène où il la récupère dans un night-club arménien.

"La fille le repéra au moment où il atteignit le bar, et cessa de danser aussi soudainement qu’un enfant pris en flagrant délit de bêtise. Elle se releva et baissa les yeux sur lui, honteuse et effrayée. Pike s’immobilisa à ses pieds et, l’espace d’un instant, ils furent seuls dans la salle à ne pas être en transes. 
« Descendez, cria Pike entre deux pulsations de basses. »

Elle ne bougea pas. Ses traits exprimaient une tristesse qui le troubla. Il ne prit pas la peine de se répéter. Il n’était pas sur qu’elle l’ait entendu. Elle ne résista pas quand il la descendit du comptoir. Pike l’entraîna vers la sortie. Les clients ne savaient trop comment réagir, certains riaient, d’autres huaient ; mais tout à coup deux des cousins, les plus âgés, ainsi qu’un type massif à la bedaine saillante, s’interposèrent devant Pike…"

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Boulevard du Polar
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 07:15

 

Dès le début 2010, les éditions Points lance le “Prix du Meilleur Polar des lecteurs de Points”. Après une sélection participative et exigeante, un prix sera décerné au roman noir, au thriller ou au roman policier qui aura séduit le plus grand nombre de jurés-lecteurs. Neuf titres seront retenus, dont la liste sera dévoilée au fil des mois, et il n’y aura qu’un seul gagnant. Les grands noms devraient y côtoyer les nouveaux talents actuels. Ces romans seront issus des collections Points Policiers, Points Thrillers, et Points Romans Noirs. Le Président d’honneur de l’opération est Arnaldur Indridason, l’auteur de “La femme en vert” (Grand Prix des lectrices de Elle), “La voix” (Grand prix de Littérature policière, Trophée 813 du meilleur roman étranger), “L’homme du lac” (Prix polar européen du Point).

PRIX_POLAR_POINTS.JPGÀ partir du 3 janvier 2010, rendez-vous en librairie pour découvrir la sélection du mois. Tous les amateurs de polars, du simple lecteur aux libraires, en passant par les bloggeurs sont invités à s’inscrire pour entrer dans le jury. Celui-ci se doit d’être le plus représentatif possible. Il comptera trente jurés-lecteurs, qui défendront leur préférence. Les lecteurs qui souhaitent participer au jury devront se connecter avant le 31 mars sur le site :
www.meilleurpolar.com

En mars, la deuxième sélection sera dévoilée. En avril, les membres du jury seront choisis, et on pourra avoir des infos à leur sujet sur le site dédié. En mai, la troisième sélection sera annoncée. Le processus se poursuit jusqu’à l’automne. Le Prix sera remis au lauréat le 3 décembre 2010 par le Président du jury. L’ensemble du public pourra suivre tout au long de l’année l’évolution de ce Prix grâce au site www.meilleurpolar.com

 

Des infos sur le Prix 2011 ? Cliquez ici.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 07:20

 

AprèsLa tectonique des ploucsetLa guerre des mistons, Sylvain Jazdzewski nous propose une nouvelle aventure du policier Ledru,Macchab’ en eau douce(Le Riffle, 2009). Si la forme semble plus classique, ne nous y trompons pas. Il s’agit d’un polar sombre, qui s’inscrit dans la tradition du roman noir.

09-JAZDZEWSKIAprès s’être marié à l’ex-prostituée junkie Morphy, l’enquêteur Ledru réintègre la police. Il va faire de nouveau équipe avec son jeune collègue David Danrou, qui créa avec lui et la défunte Germaine un foyer pour marginaux. Déjà une affaire mystérieuse se présente. On vient de retrouver un cadavre à l’état de squelette, baignant depuis environ quatre mois dans une rivière. Seuls signes distinctifs, l’homme poignardé non identifié porte deux pendentifs. L’un représente une salamandre, l’autre un dragon. David Danrou se souvient d’une bande, “l’Ordre de la Salamandre”, faisant du trafic sur la zone portuaire. On la soupçonna d’être impliquée dans le meurtre d’une jeune femme. Quant à l’autre symbole, il existe ici une association médiéviste Dragon Vermeil. Janier, le directeur du collège Prévert, est le responsable de ce groupe de passionnés réunis autour de la mythologie du Moyen-Âge et de ses dérivés.

Sur le port, le clochard Tarzan affirme n’avoir quasiment rien vu du meurtre de la jeune femme. Ledru et David interrogent aussi d’anciens marins, qui sont peu loquaces. On cite vaguement le nom d’un certain Piotr, qui passe pour un dur dans le secteur. Le vieux marin Jean semble pourtant en savoir davantage. Le duo de policiers le prend en filature, jusqu’à la planque de Piotr, absent. Ils interrogent ensuite Janier, de l’association Dragon Vermeil. Il leur explique que le dragon symbolise ce qui a trait au merveilleux, au fantastique, et vermeil est un clin d’œil au Chevalier Vermeil de la légende arthurienne. Par contre, le directeur du collège Prévert n’est pas pressé de leur donner la liste des membres du groupe. Les policiers remarquent une auberge nommée La Salamandre et le Dragon, tenue par la pulpeuse Jenny. L’endroit est sympathique, mais pourrait masquer des activités illégales.

Tarzan est assassiné, avant que deux autres morts suspectes ne se produisent. Le décès du vieux marin Jean passe pour accidentelle. Quant au suicide de Rebecca, membre de Dragon Vermeil, il apparaît fort douteux. Ledru obtient quelques informations de Frédo, ancien de l’Ordre de la Salamandre, aujourd’hui atteint d’un cancer. Dans l’enquête sur le squelette non-identifié, le policier va bientôt clore le dossier. La victime doit être Gérard Salmanodan, prof membre disparu de Dragon Vermeil. Mais il y a bien des faits que les policiers ignorent. Ce trafic de filles des pays de l’Est organisé par la bande du port allait sans doute plus loin que de la simple prostitution. Et quand Frédo se fit doubler par ses complices, il se tenait prêt à réagir. De son côté, Rebecca se posait des questions sur les têtes de Dragon Vermeil. Quant à prouver un lien entre les deux affaires, pas si facile pour Ledru et David…

Le policier Ledru s’occupe ici d’une enquête plus conventionnelle. Cadavre inconnu d’un côté, crime mal résolu de l’autre, et nouvelle série de meurtres, sont au programme. Toutefois, comme il ne s’agit pas simplement de résoudre une énigme, Sylvain Jazdzewski articule le récit d’une façon moins linéaire qu’il y parait. Une partie de l’histoire nous décrit la sordide réalité des faits. Entre les trafics sur le port, l’association du Dragon Vermeil, et l’auberge en ville, chacun des protagonistes mène son propre jeu. La noirceur est au rendez-vous, et explique les actes criminels. Quant à l’identité de la victime initiale, l’auteur nous la livre de manière ludique. Un roman fort convaincant.
Lire aussi l'article sur les deux précédents romans de Sylvain Jazdzewski, ayant pour héros le policier Ledru, ainsi que l'interview de l'auteur. Pour tous renseignements, on peut aussi visiter le site de l'éditeur, Le Riffle. (cliquez sur les liens)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 07:14
 

Dans l’œuvre d’Ed McBain, la série mettant en scène les inspecteurs du 87e District d’Isola débute en 1956 avecDu balai !. Si le flegmatique et humaniste policier Steve Carella émerge du lot, tous ses collègues ont un réel rôle à jouer dans chacune des enquêtes. Sur plusieurs dizaines de titres parus dans cette attachante série, tous sont passionnants. Voici trois exemples illustrant la diversité des intrigues. Bienvenue à Isola, métropole américaine où règne le suspense.

McBAIN-Soufflerpastuer.jpgSouffler n’est pas tuer(1959). Un message anonyme a été apporté par un gamin de dix ans au commissariat du 87e.Je tuerai la dame ce soir à huit heures. Qu’est-ce que vous allez faire ?dit ce courrier. Qu’il s’agisse d’une provocation, d’une vraie menace de mort ou de la lettre d’un fou, les policiers du 87e sont tenus d’enquêter. Peut-être l’expéditeur veut-il qu’on l’empêche de commettre ce meurtre. Avant tout, il faut situerla dame. Est-ce plutôt cette chanteuse qui reprend son tour de chant, ou cette prostituée à la fausse biographie ? Quel rôle joue cet écrivaillon, qui gêne tout son immeuble en tapant à la machine, et ce type qui prétend avoir perdu ses jumelles ? L’inspecteur Cotton Hawes a failli mettre la main sur l’auteur du message. Des empreintes sur les jumelles méritent qu’on vérifie si on ne les a pas dans les fichiers de police. Il serait bon de retrouver le gamin qui apporta la lettre, afin d’établir un portrait-robot de l’inconnu. Le temps passe, le temps file. La chaleur pèse sur la ville. Il ne reste que douze heures pour retrouver l’expéditeur du courrier. Cotton Hawes espère bien qu’à huit heures tout sera résolu, car il a rendez-vous avec une jolie libraire. Une nouvelle fois, il est tout près d’attraper le tueur potentiel, qui s’échappe encore. Le portrait-robot n’est pas une si bonne idée, puisque aucun témoin ne reconnaît l’individu. Malgré la tension, Steve Carella finit par définir avec astuce le sens caché du message. S’i a vu juste, Cotton Hawes n’a que quelques minutes pour sauver la victime…

McBAIN-SoupeauxpouletsSoupe aux poulets(1959). Une femme toute de noir vêtue se présente au commissariat du 87e. Elle parait un peu âgée, mais n’a que trente-deux ans. Elle demande à rencontrer l’inspecteur Carella. Sortant une arme, elle annonce être venue tuer le policier. Elle le considère comme responsable de la mort de son mari, Frank Dodge. Ce dernier était un truand, un voleur, un meurtrier. Inutile de la raisonner, la veuve n’a qu’une idée en tête: abattre Carella, absent pour le moment. Au premier étage du commissariat, elle prend en otage les flics du 87e, avec une bouteille de nitroglycérine qu’elle menace de faire sauter. Le lieutenant Byrnes, les inspecteurs Cotton Hawes, Bert Kling, Meyer Meyer, tous doivent lui obéir. Le policier Hal Willis qui arrive avec Angelica, une Portoricaine qui vient d’égorger un type, est bientôt retenu lui aussi. Meyer tente de lancer des messages écrits dans la rue, mais seront-ils lus ? Hawes a son idée en accentuant le chauffage. Byrnes essaie d’alerter le flic de garde, sans être sûr d’avoir été compris. Angelica aide un peu la veuve, espérant pouvoir fuir. Pendant ce temps, Steve Carella enquête sur le présumé suicide du riche Mr Scott. À moins qu’il ne s’agisse d’un meurtre en chambre close ? Alan, David, ou Mark, l’un des fils Scott a-t-il tué leur père, en s’y prenant comment ? Un vrai casse-tête pour le patient Carella, qui sait réfléchir. Au 87e, la situation se complique quand la veuve blesse gravement le policier Miscolo. En outre, Mme Carella vient attendre son mari au commissariat. Cotton Hawes finit par se demander si la bouteille contient vraiment de la nitroglycérine…

McBAIN-OnsuicideOn suicide(1964). Délicate affaire pour Carella et ses collègues. Un couple s’est suicidé par le gaz. Après une explosion, on retrouve leurs corps côte à côte sur leur lit. Pour tout vêtement, ils ne portent que chacun un slip. Deux bouteilles de whisky largement entamées se trouvent au pied du lit. Un mot d’adieu tapé à la machine semble leur ultime message. Thomas et Irène étaient amants. Ils envisageaient de se marier, selon la mère de la jeune femme. Amos, le frère de Thomas, ne croit ni au suicide, ni à des projets de mariage. Quant au mari d’Irène, il affirme n’avoir rien su des infidélités de son épouse. Pour Carella et Hawes, certains détails sont troublants. Pas la moindre empreinte sur les lieux, même les verres ont été lavés. Curieux que ce couple nu n’ait pas fait l’amour avant de se suicider. Aucun véritable suspect parmi les proches. Mary Tomlinson, la mère d’Irène, ne voulait que le bonheur de sa fille. Amos Barlow, le frère de Thomas, vénérait littéralement celui-ci. Le mari d’Irène parait bien incapable de tuer. Carella est victime de deux agressions, sans qu’il y ait de lien certain avec ce dossier. Faute d’éléments nouveaux, il faudrait se résoudre à clore l’enquête. Mais les inspecteurs du 87e n’aiment guère les affaires aussi bancales que celle-ci…

Ces titres ont été réédités dans les tomes 1, 2 et 3 des Omnibus consacrés au cycle "87e District" d'Ed McBain.
Voir l'animation-vidéo en hommage à cet auteur (cliquer)
Lire aussi : "Alice en danger" d'Ed McBain (cliquer)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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