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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 06:22

S’il y a un livre qui suscite un enthousiasme tout particulier, c’est bien “L’affaire de Road Hill House”, de Kate Summerscale, aujourd’hui réédité chez 10-18. Ce n’est pas exactement un roman, mais une reconstitution soigneuse vraiment remarquable, à tous points de vue passionnante, tant sur le plan historique que judiciaire. Un livre de qualité supérieure!

Le crime a lieu dans la nuit du 30 juin 1860 à Road Hill House, propriété située aux confins du Wiltshire et du Somerset. Le petit Saville Kent, à peine quatre ans, fils du maître des lieux, Mr Kent, a disparu. Élizabeth Gough, sa nurse, donne un peu tardivement l’alerte, croyant l’enfant dans la chambre de sa mère. On découvre bientôt le cadavre de Saville dans des latrines proches. Il a été égorgé et mutilé. Si une fenêtre du salon a été entrouverte, il est possible mais improbable que le meurtrier soit venu de l’extérieur. Soupçonnant vivement la nurse, les enquêteurs locaux voient d’un mauvais œil l’arrivée d’un détective de la police londonienne.

Âgé de 45 ans, Jonathan “Jack” Whicher est un détective confirmé, appartenant à l’élite de la police. Observateur attentif ne manquant ni de sagacité, ni d’instinct, Jack Whicher ne tarde pas à reconstituer l’évidence des faits. L’hypothèse impliquant Élizabeth Gough ne repose sur rien de tangible. Par contre, l’organisation familiale est ici particulière. Après le décès de sa première épouse, Mr Kent s’est remarié avec leur ancienne gouvernante. Whicher remarque que les enfants du second mariage sont mieux traités que les aînés, du premier. Si le jeune William Kent est très affecté par le meurtre de son demi-frère, sa sœur Constance parait bien moins touchée.

À 16 ans, Constance Kent possède un caractère indifférent, et même durement volontaire. De précédents incidents le démontrent. Elle ne s’est jamais attaquée publiquement au petit Saville, mais l’aimait peu. Whicher s’intéresse à une chemise de nuit manquante, celle de Constance, qui a pu être tachée de sang. Des amies de la jeune fille témoignent qu’elle aurait la force de tuer. Mais, faute de preuve, et grâce au plaidoyer d’un excellent avocat, Constance est libérée sous caution. C’est un fiasco pour Whicher. L’hostilité des policiers locaux, les rumeurs visant la nurse et Mr Kent, les campagnes de presse de plusieurs journaux favorables à Constance, sont cause de cet échec.

L’affaire enflamme le pays. Malgré tant de cas avérés d’infanticides, le public pense Constance innocente. On préfère penser que la nurse avait un amant, Mr Kent ou un voisin, formant avec un couple de meurtriers. De retour à Londres, Whicher et ses collègues reçoivent quantité de lettres, exposant des hypothèses variées, rarement sérieuses. Le détective reste convaincu de ses conclusions. Quelques années passent. La famille Kent a déménagé. Constance passe d’un collège de Dinan (en Bretagne) à un établissement dirigé par un religieux, le révérend Wagner. En 1864, Whicher prend sa retraite, devenant détective privé.

L’année suivante, des aveux relancent cette mystérieuse affaire…

Il s’agit donc d’une histoire criminelle bien réelle, retracée avec une magnifique précision par Kate Summerscale. On comprend que toute la Grande-Bretagne fut captivée par ce cas, ce qui entraîna quelques vives polémiques. Le rôle des détectives de la police fut contesté. On rappela l’inviolabilité du foyer anglais, fondement de la société victorienne. On développa les positions psychologiques de l’époque. Mais, surtout, cette affaire inspira les plus brillants romanciers, tels Wilkie Collins ou Mary Élizabeth Braddon. Même Charles Dickens fut troublé par ce dossier, admirant les détectives tout en défendant l’accusée. La formule “Ça se lit comme un polar” est bien faible pour exprimer la qualité de ce livre.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Coups de Cœur
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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 06:29
 

Le vol Regis 753 atterrit à l’aéroport JFK de New York. À peine sur le tarmac, l’équipage de ce Boeing en provenance d’Allemagne ne répond plus. Liaisons coupées et lumières éteintes, on pourrait penser à une panne, pourtant improbable. Très vite, on se rend compte que tous les passagers de l’avion fantôme sont morts. Dans l’hypothèse d’un virus meurtrier fulgurant, l’avion est immédiatement placé en quarantaine. L’épidémiologiste Éphraïm Goodweather et son assistante Nora Martinez sont appelés en urgence sur les lieux… Ainsi débute “La Lignée”, de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan (Presses de la Cité, 2009), un roman monstrueusement riche en surprises.

Étrange impression pour Eph et Nora, découvrant ces deux cent personnes mortes soudainement. Il y a néanmoins quatre rescapés, bientôt hospitalisés. Le confinement de l’appareil permettra des analyses précises, avant les autopsies. Dans la soute, on retrouve un grand coffre noir vide, sorte de cercueil tapissé de terre. Une conférence de presse est destinée à calmer l’opinion. D’ailleurs, la foule des new-yorkais s’intéresse à un autre phénomène, une éclipse solaire. De retour dans l’avion, Eph et Nora constatent d’étranges irisations dans l’habitacle. Le curieux coffre noir a disparu si brusquement, que même la surveillance vidéo n’a pas capté cet instant. Encore les deux scientifiques ignorent-ils que l’objet a déjà fait une victime, la bagagiste qui avait approché l’avion. Les quatre rescapés se sont vite rétablis. Tous sont rentrés chez eux, sauf le copilote Redfern, qui se montre coopératif pour analyser son état. Toutefois, les passagers saufs vont ressentir des douleurs inquiétantes. À l’autopsie des victimes, on remarque que tous les cadavres portent des marques de lacérations, sans plaies. Les corps sont exsangues, mais aucun début de décomposition n’apparaît.

Abraham Setrakian est un vieux prêteur sur gages du quartier de Spanish Harlem. Lui, qui a connu les camps d’extermination et traversé bien des horreurs durant sa vie, a déjà compris ce qui se passe. Depuis son enfance, il connaît la légende de Jusef Czardu. Cette créature, il l’a plusieurs fois affronté. Abraham tente de contacter Eph et Nora à l’hôpital. Il les conjure de détruire au plus tôt les corps des victimes. Interpellé par la police, il est incarcéré au commissariat. Abraham va y croiser Gus, un jeune latino, involontairement mêlé à l’affaire. Alors que tous les corps ont mystérieusement disparu de l’Institut Médico-légal, et que le copilote Redfern subit une crise violente, Eph et Nora font finalement libérer Abraham. À l’abri de sa boutique, celui-ci va tout leur expliquer.

Vous pensez prendre un risque en vous fiant à la parole d’un vieux bonhomme dont vous ignorez tout. Mais, en un sens, je prends un risque mille fois plus grand en vous confiant cette responsabilité. Ce que nous évoquons là, ce n’est rien moins que l’avenir de l’humanité.Celui qui a voyagé dans le cercueil noir de l’avion, qui a conditionné les passagers, c’est le Maître vampire qu’Abraham traque depuis toujours. Il prédit avec justesse que, dès leur première nuit dans New York, les zombies vont faire des ravages. La contamination continuera la deuxième nuit, sans grand espoir de les arrêter. Bientôt accusé par le FBI, à cause d’une manipulation, Eph va devoir fuir avec Nora et Abraham. Il craint que les zombies s’attaquent à son fils Zack et à son ex-épouse. Le trio en cavale va élaborer une stratégie pour contrer le Maître des vampires. L’aide d’un courageux dératiseur ne sera pas de trop pour faire face au monstre…

Voici donc le premier épisode d’une trilogie écrite par le cinéaste Guillermo Del Toro, expert passionné de la mythologie des vampires, et le romancier Chuck Hogan. Depuis Dracula ou Nosferatu, visions romantiques issues de légendes anciennes, ces créatures appartiennent à la grande Littérature populaire. Les auteurs ont ici adopté une version plus puissante, où vampires et zombies symbolisent le Mal invincible et perpétuel. Pour la population ignorante du danger, le péril s’accroît au fil des heures et des jours. Frissons garantis pour les amateurs de spectaculaires scènes sous haute tension. Dès le départ, l’étrange situation interroge, puis on est captivé par le combat d’Éphraïm Goodweather, d’Abraham Setrakian, et de Nora Martinez. Inutile de préciser qu’il s’agit d’un scénario solide et très visuel, qui progresse dans la terreur et la violence. Même à un second niveau de lecture, plus décalé, cette histoire reste extrêmement réjouissante. Un roman très réussi, absolument entraînant.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 10:48
 

Bien que publiés chez ­Grasset Jeunesse, les romans d’Hervé Moisan (qui signe H.M.) s’adressent autant aux adultes qu’aux lecteurs ados. Certes, les faits ont pour décor l’univers lycéen (ainsi que des quartiers parisiens). Néanmoins, c’est sur la réalité actuelle que s’appuie l’auteur pour nous raconter ces histoires. Découvrons les aventures diablement mouvementées (et sanglantes) dans lesquelles sont entraînés Alex et Alexandra.

Gorges Rouges(2008). Le lycée professionnel Arthur Rimbaud est situé dans le 7e arrondissement de Paris. En Seconde BEP, Alex est un des 230 élèves de l’établissement. Ce jour-là, avec son pote black Tiago, ils découvrent leur prof de maths assassiné dans sa classe. Le sévère M.Guillaume a été égorgé. Ils alertent les autres enseignants. Peu après, la séduisante proviseure est tuée de la même manière dans son bureau. Alex pense avoir vu s’enfuir John, son copain de primaire et frère de sang, qui fréquente aujourd’hui des cailleras. L’enquête de police est dirigée par le commissaire Marouet, un Noir que les élèves surnomment vite Mariolle. Il interroge Alex, qui garde le silence au sujet de John. Ensuite, Alex a besoin de se confier à son amie complice, la rousse Alexandra, qui est en Terminale Bac Pro. Émettre des hypothèses ne les avance guère. Bien qu’il y ait une poignée de mecs louches parmi les élèves, ils pensent que l’assassin est plutôt un adulte.

Cherchant John, le duo passe chez son père, M.Moukrane, épicier Rue des Martyrs et fan de Johnny Hallyday. Grâce à Leïla, amie d’Alexandra, ils trouvent une piste. Mais Alex est agressé par deux jeunes caïds, Requin et Squale, qui protègent la planque de John. Quand Alex parvient à lui parler, John s’explique. Risquant d’être impliqué, il voulait récupérer le cassette de vidéo-surveillance dans le bureau de la proviseure. Il a assisté au meurtre, sans reconnaître le tueur. Le lendemain, peu concentré durant les cours, Alex est encore interrogé par le commissaire. Celui-ci suspecte fortement John, trop connu des services de police. Alex n’imagine pas son copain dans le rôle de l’Affreux (c’est ainsi qu’il surnomme l’assassin). Le soir, Alex et Alexandra tentent de contacter à nouveau John. À proximité de la planque, Squale a été égorgé par l’Affreux. Il leur faut retrouver Requin, dans une soirée reggae, pour suivre la piste de John.

Alex est directement confronté à l’assassin, qui le pourchasse et commet un véritable carnage. Heureusement, Alexandra intervient à temps pour sauver son ami. Hospitalisé, Alex apprend du commissaire que le criminel a fait en tout sept victimes. Cette série de meurtre a-t-elle un rapport avec le militantisme de M.Guillaume ? Le policier ne peut rien affirmer. Si, grâce à son héroïsme, Alex est devenu la star du lycée, il est conscient d’être surtout un appât pour attirer le tueur. Par un cousin de John, Alex va bientôt disposer d’un indice capital…

D’un côté, l’auteur évoque le harcèlement des jeunes blacks ou le sort de l’amie Leïla, mais n’oublie pas qu’il y aussi des cas graves de délinquance parmi la jeunesse “issue de l’immigration”. Et le racisme imbécile est contagieux. Pas de candeur complaisante dans le propos, donc. Narration claire et tempo rythmé, suspense et rebondissements au programme !

Samira(2009). Alex et Alexandra sont toujours scolarisés au même lycée. Ce jour-là, un incident se produit à la sortie de létablissement : les frères de leur copine Samira, qui a fui sa famille et vit dans un foyer, débarquent pour la récupérer de force. Le commando est vite repoussé, en particulier grâce à lintrépide Katia, qui va héberger Samira chez elle. Selon Alex et Alexandra, reste à savoir qui a mouchardé pour que les frangins arrivent à point nommé. Sans doute Saïd, plus délinquant que vrai lycéen. Pour glaner des infos, Alex se rapproche dAhmed, ami de Saïd. Comme Ahmed nest pas bavard, Alex le prend en filature jusquau Père-Lachaise. Il a rendez-vous avec Saïd et un autre jeune. Le trio repère vite Alex. Soudain, Saïd est abattu par arme à feu. Ahmet préfère fuir, tandis quAlex contacte (sans trop en dire) le commissaire Marouet.

Au Lycée, la réunion du petit comité de soutien à Samira est perturbé par des ados machos provocateurs. Mauvais prétextes et autres rumeurs sur la jeune fille fusent. Ça risque de virer à l’altercation violente. Pour une fois solidaires, les écervelées de Seconde arrivent en renfort. Pour comprendre le meurtre de Saïd, seul Ahmed a les réponses. Alex et Katia, toujours offensive, le pistent depuis les Passages Couverts jusqu’à La Défense. Bien que jouant au chef de gang protégé par ses comparses, qui malmènent Alex, Ahmed est abattu comme le fut Saïd. Pour Alex et Katia, la situation reste tendue tant qu’ils n’ont pas quitté le quartier. En y réfléchissant un peu plus tard avec Alexandra, ils concluent que le troisième jeune vu au Père-Lachaise est également en danger. Il s’agit d’un nommé Seb, vivant dans un milieu aisé, qui a un job dans un restaurant. Avec les deux autres, c’était la fête, le shit, le fric, et les filles trop crédules.

Alex et Alexandra s’arrangent pour le rencontrer. Seb est déjà conscient d’être la nouvelle cible. Il hésite quand Alex lui propose de tout raconter au commissaire. Il a tort, car le tueur n’est pas loin. Pour Alex, impossible de rattraper l’assassin qui s’enfuit en Vélib’. Une fois encore, Alex est interrogé par le policier Marouet. Tous deux pensent que le motif de ces crimes est probablement une vengeance. De leur côté, les frères de Samira ont maltraité une fille du Lycée pour savoir que le sœur se cachait chez Katia…

Cette histoire vivante, et même trépidante, montre une réalité du monde actuel, sans masquer ses contradictions et ambiguïtés. Si ados et adultes n’ont logiquement pas les mêmes valeurs, certains comportements n’évoluent guère : “Un mec qui couche, c’est un vrai de vrai, et une nana qui les imite, c’est une salope.” La tolérance n’empêchant pas la lucidité, Hervé Moisan nous décrit sans naïveté le contexte. Alex est de nouveau mêlé à une affaire dure et mouvementée, qui laisse une petite place à ses émois amoureux. Il va prendre quelques coups, y compris au moral. Car, à l’heure où l’enquête semble se dénouer, il va connaître des surprises supplémentaires.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 06:30
 

L’association Les Habits Noirs a été fondée en 2007 par Stéfanie Delestré, Jean-Bernard Pouy, Clémentine Thiebault, Marc Villard. Cette association a pour vocation la promotion de la littérature populaire et du roman noir sous toutes ses formes et l’envie affirmée de décloisonner les genres, disciplines et autres modes d’expression du «noir» et du polar.

Les Habits Noirs organisent un week-end d’animation les 26 et 27 septembre 2009 au Point Éphémère, 200 quai de Valmy à Paris. Voici le programme :

samedi 26 septembre (entrée libre sauf pour la projection).

• 14h à 16h - Enregistrement public du « casque et l’enclume » Émission littéraire podcastable : en présence de six auteurs (Jean-Bernard Pouy, Caryl Férey, Sophie Couronne, Francis Mizio, Sébastien Gendron et Marc Villard), Stéfanie Delestré, animé par Isabelle Pehourticq et Clémentine Thiébault avec des lectures d’Alice Varenne et Anne Azoulay.

• 16h à 17h - Lectures sauvages à partir du textes de Paul Féval « Les Habits Noirs », des lectures par des comédiens sont proposées au public dans des lieux insolites -dans et aux alentours du Point Ephémère. Ces lectures libres donnent lieu à un échange avec les lecteurs/spectateurs.

• 17h à 18h - « fausse conférence » sur l’édition et le monde du livre, par Yves Pagès (auteur, éditeur chez Verticales) et François Wastiaux (comédien, metteur en scène).

• 18h à 18h30 - Lectures sauvages à partir de textes des auteurs présents (dont les livres seront sur le stand de « la librairie sauvage »), des lectures par des comédiens sont proposées au public dans des lieux insolites -dans et aux alentours du Point Ephémère. Ces lectures libres donnent lieu à un échange avec les lecteurs/spectateurs.

• 18h30 à 20h - Inauguration autour des «marronniers» (clichés des littératures blanche et noire) de Jean Bernard Pouy et Francis Mizio.

• 20h30 à 22h - Zone noire : Projection d’un film noir sous-titré (Nosferatu, de Murnau) avec une mise en musique improvisée sur scène par le trio ZONE LIBRE (Serge Teyssot-Gay et Marc Sens -guitares électriques ; Cyril Bilbeau -batterie). Entrée payante. L’idée : mettre en décalage deux univers liés (le film noir et la musique) pour une mise en forme radicalement différente, une lecture de l’image unique façonnée par l’improvisation musicale.

• à partir de 22h30 : set du DJ ManuSound : sur le thème des musiques citées dans les romans de Georges Pélécanos, sélectionnées par Frantz Hoez et Clémentine Thiébault, puis set dancefloor.

dimanche 27 septembre (entrée libre sauf pour le spectacle «Crevasses»)

• 14h30 à 16h : «Territoires de la peur». Vidéo projection de 150 photos «noires» signées Cyrille Derouineau et mises en son par Sophie Couronne. Voix : Alice Varenne (textes de Didier Daeninckx, Marcus Malte, Marc Villard, Jean-Bernard Pouy, Michel Quint).

• 16h à 17h30 - Enregistrement public du «Casque et l’enclume» spécial BD : J-C.C hauzy, Marc Villard, J.B.Pouy, Deup, Loustal, José-Louis Bocquet… animé par Frédéric Prilleux et Mikael Demetz.

• 17h30 à 18h30 - Représentation de la pièce «Crevasses» écrite par Caryl Férey, jouée par 3 comédiens et 2 slameurs et mise en musique par Marc Sens (durée: 50 min - entrée payante). À la suite du "géocide" perpétré par les Hommes, deux crevasses, filles de la Terre, se vengent sur les derniers humains rescapés de leur propre folie : ils ne sont à présent plus que trois. Dans le froid du Grand Nord, les crevasses évoquent le passé, l’assassinat de leur mère, quand enfin un homme tombe dans leur faille. Le malheureux a beau clamer son innocence, expliquer les ambiguïtés de l’humanité, les crevasses l’enserrent dans leurs bras de glace, et l’écrasent… Ne reste plus désormais qu’un couple d’humains, dont l’histoire est celle de tous les Hommes…

• 18h30 : Projection du court-métrage réalisé par l’équipe de Chicken’s Chicots pendant la durée du festival.
http://leshabitsnoirs.blogspot.com/  

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 06:25
 

Voici les rendez-vous d’automne de Pierre Hanot, auteur de Les clous du fakir (Fayard Noir), présélectionné pour le Prix Polar 2009 de Cognac, en octobre.


LA COURNEUVE (93) "Village du livre" de la Fête de l'Huma, les 12-13 septembre - NANCY (54) "Le livre sur la place", les 18-19-20 septembre - DRAP (06) "Polar à Drap", les 26-27 septembre - LONGWY (54) "Les ailes du livre", les 3-4 octobre - LE MANS (72) "La 25e heure du livre", les 10-11 octobre - COGNAC (16) "Polar & co le salon", les 16-17-18 octobre - BRIVE (19) "Salon du livre", les 6-7-8 novembre - COLMAR (68) "Salon du livre", les 21-22 novembre.

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 06:31
 

Pour fêter ses 30 ans, la collection Spécial-Suspense publie deux romans de très belle qualité. Voici celui de Mikaël Ollivier : “La promesse du feu (Albin Michel, 2009).

Un incendie de forêt dans la région de Montpellier cause une victime. Prisonnier dans son 4x4, Baptiste Legendre périt dans les flammes. Pilote de Canadair, Târiq Amraoui intervient sur ce feu. Il effectue même un largage imprévu, pensant avoir repéré une femme au cœur du brasier. En effet, la photographe Tiffany Roche prend des clichés au plus près de le l’incendie. Cernée par le feu, elle est sauvée par l’initiative de Târiq. Technicien d’Investigation Criminelle, le maréchal des logis-chef Damien Le Guen enquête sur les lieux. La victime habitait dans un maisonnette non loin de là. Ouvrier forestier quadragénaire, Legendre avait la réputation d’être mêlé à des affaires malhonnêtes. Damien note qu’une femme avait passé la nuit chez Legendre. Il apprend plus tard que Tiffany Roche était l’amante du forestier. En guise d’alibi, elle prétend avoir dormi cette nuit-là à Marseille, chez son meilleur ami, Xavier.

Damien se souvient que, étant enfant, il rencontra une fois Tiffany par hasard. Guillaume Le Guen, le frère aîné de Damien, est commissaire de police. Ils se retrouvent de temps à autre chez leur mère, Nancy. À 72 ans, cette passionnée d’intrigues policières ne manque pas de fantaisie. Après enquête, Damien doit conclure que l’incendie fut accidentel. Quand il évoque Tiffany, sa mère se souvient du drame vécu par la famille Roche en 1992. Le père, la tante et la cousine de Tiffany périrent dans l’incendie de leur maison. C’est sans doute ce qui explique l’attrait du feu chez la jeune femme, et ses troubles “absences”. Elle reste obnubilée par les images d’Alexandra, sa cousine, avec laquelle elle entretenait une relation sensuelle. Malgré l’aide morale de son ami Xavier et de son agent Anne-Laure, Tiffany sent une sourde menace autour d’elle. Pourtant, l’expo-photos qu’elle prépare sur le thème du feu s’annonce une réussite.

Damien s’est aussi interrogé sur le rôle de Târiq Amraoui dans cet incendie. Il est originaire de Villeneuve-Saint-Georges, comme Baptiste Legendre. Simple coïncidence, peut-être, mais plusieurs amis fachos du forestier ont été victimes d’incidents fâcheux au fil des ans. Damien et Târiq sont présents lors de l’expo-photos de Tiffany, tous deux amoureux de la jeune femme. Au printemps suivant, Xavier épouse enfin Mary, sa compagne depuis près d’un an. À l’issue de la fête qui se déroulait chez l’oncle de Tiffany, ce dernier est assassiné et immolé dans le chalet de jardin où il se retirait. Guillaume et Damien ne peuvent croire qu’il s’agisse cette fois d’un accident. Quand arrive l’été, Târiq est affecté sur les incendies en Corse. Pour un reportage sur l’action des Canadairs, Tiffany va l’accompagner dans ses missions. Tandis que Damien tente toujours de comprendre les faits, le danger diffus se précise autour de la photographe…

Bien qu’un gendarme et un policier soient concernés, ne nous y trompons pas : il ne s’agit nullement d’un roman d’enquête, au sens strict. La qualité principale de Mikaël Ollivier consiste, ici comme dans ses précédents titres, à soigner tout particulièrement les ambiances, à entretenir une tension énigmatique. C’est à travers le vécu des personnages qu’avance l’histoire. On nous offre des détails sur leur passé, des épisodes marquants. On partage certains de leurs états d’âmes, de leurs doutes intimes. On s’interroge sur l’ombre rôdant peut-être autour de Tiffany. Pourtant, malgré ces précisions, subsiste un flou sur leur responsabilité effective. C’est là que réside le talent de cet auteur. Comment ne pas apprécier la passionnée de polars Nancy Le Guen, élément souriant qui n’est pas une simple figurante? Le récit est aussi alimenté par des scènes d’action, dont les rigoureuses reconstitutions des interventions de Canadairs. Un suspense riche en questions sur le rôle de chacun, et tout en finesse psychologique, dans lequel on s’installe avec délectation.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 06:21
 

Pour fêter ses 30 ans, la collection Spécial-Suspense publie deux romans de très belle qualité. Voici celui de Lisa Gardner : “Sauver sa peau (Albin Michel, 2009). À ceux qui imaginent que le petit résumé suivant raconte toute l’histoire, il convient de répondre qu’ils se trompent. Ce n’est là qu’un survol, à travers les grandes lignes du scénario concocté par l’auteur. Tortueuse à souhait, l’intrigue est bien plus dense encore, plus intense.

Aujourd’hui âgée de 32 ans, Annabelle est revenue vivre à Boston. Ses parents et elle ont fui le Massachusetts vingt-cinq ans plus tôt. Elle a connu une enfance chaotique, son père décidant souvent de changer de ville. Il lui apprit à se méfier des inconnus, lui fit suivre des cours de boxe. Annabelle ne sut jamais ce que son père, universitaire ayant quitté son poste, redoutait réellement. Ce mode de vie, autant que l’alcool, furent fatals à sa mère. Quelques temps après leur retour à Boston, sous des faux noms, le père d’Annabelle mourut dans un accident. Restant en permanence sur la défensive, la jeune femme vit seule avec sa chienne Bella. À part le livreur d’UPS lui apportant des colis à domicile pour son métier, Annabelle ne cherche pas à communiquer avec quiconque.

Ancien tireur d’élite mêlé à une affaire mal éclaircie, Bobby Dodge est désormais policier. Son amie D.D.Warren, commandante de la police de Boston, fait appel à lui. Dans le quartier de Mattapan, juste à côté de l’ex-hôpital psychiatrique, on vient de faire une macabre découverte. Dans une caverne creusée et aménagée, on a trouvé les corps momifiés de six fillettes dans des sacs. Il s’agit d’enfants enlevés un quart de siècle plus tôt. Ce qui rappelle à Bobby Dodge l’affaire Umbrio. En 1980, ce type kidnappa la jeune Catherine Gagnon. Celle-ci ayant pu s’en sortir, le coupable (mort depuis) était en prison à l’époque où les six fillettes furent enlevées. Par la suite, Bobby et Catherine eurent une relation trouble. La mort brutale du mari de Catherine obligea Bobby à changer de métier.

Annabelle est censée faire partie des six victimes. En réalité, c’est son amie Dori Petracelli qu’on a découverte à sa place. Est-ce l’enlèvement de cette gamine qui alimenta la paranoïa du père d’Annabelle ? La jeune femme explique son cas à Bobby Dodge et D.D.Warren. Les policiers acceptent qu’elle visite “la tombe de sa meilleure amie”. Un témoin s’adresse au trio. Ancien employé de l’hôpital psychiatrique, Charlie Marvin relate quelques cas singuliers qu’il a connus. Il cite notamment celui de Christopher Eola, un cinglé particulièrement fourbe. Cette piste intéresse la police. Ils apprennent que l’introuvable Eola fut trop vite remis en liberté, et qu’il bénéficie d’une rente de sa riche famille. Bobby s’interroge aussi sur le protecteur père d’Annabelle, possible suspect pédophile.

Annabelle revoit les parents de son amie Dori, qui n’ont jamais compris le déménagement express de sa famille, ni la disparition de leur propre fille. Puis, la jeune femme et les deux policiers rencontrent Catherine Gagnon dans sa belle propriété d’Arizona. Elle confirme que son kidnappeur était bien Umbrio, pas un autre. Hospitalisée, elle fut questionnée par le père d’Annabelle qui se faisait passer pour un agent du FBI. Or, l’affaire se passait deux ans avant l’enlèvement de Dori et des fillettes. Au retour, D.D. Warren trouve un message menaçant sur sa voiture. Malgré l’efficacité de Bobby, elle va être exposée à un grave danger. Annabelle reste méfiante, étant certaine que le criminel rôde non loin d’elle. Seul l’ancien supérieur de son père connaît tous les détails et les causes…

La complexe expérience de vie d’Annabelle dès l’enfance, les mystères entourant son père, le cas de Dori Petracelli différent de celui de Catherine Gagnon, ou la situation de Bobby Dodge, rien ici n’est jamais limpides. Quant au meurtrier, inspiré par l’affaire Umbrio ou pas du tout, il serait prématuré de le désigner trop rapidement. L’équipe de policier est active, mais l’adversaire est habile, toujours présent. Personnage central, la dynamique et prudente Annabelle s’avère attachante, car elle n’a jamais un comportement de victime. Savoir si elle doit détester son père, pour avoir perturbé ses jeunes années, reste une des clés de l’énigme. La force de l’auteur consiste à mesurer la tension, sans tomber dans des effets faciles, des schémas attendus. C’est dire que ce roman est idéalement maîtrisé. Un suspense de qualité supérieure.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 06:18
 

Elena Piacentini a publié "Un corse à Lille" et "Art brut" dans la collection Polars en Nord, deux romans qui connaissent un succès certain. Elle répond à quelques questions pour Action-Suspense.

Pouvez-vous nous présenter en quelques lignes votre héros, le Cdt Pierre-Arsène Leoni, de la PJ de Lille ?

Elena Piacentini : La trentaine, Leoni est un beau brun aux yeux verts. Physiquement, il est irréprochable et célibataire ! Quitte à passer de nombreuses nuits blanches avec un homme… Pour ce qui est du caractère, il est encore perfectible, comme beaucoup de ses congénères, du reste. Abandonné par son père, orphelin de mère, il a été élevé par sa grand-mère maternelle, une femme généreuse au caractère bien trempé, à laquelle il voue un amour inconditionnel. Il est le fils non reconnu et le légataire d’un homme qui a fait fortune. Cette filiation, cet héritage l’encombrent et le façonnent tout à la fois : ils sont à l’origine de sa vocation de flic. C’est un homme dont l’obsession du contrôle cache de nombreuses failles qui se dévoileront au fil de ses enquêtes. Animé de valeurs fortes, Leoni agit avec un sens du devoir et de la justice poussés à l’extrême, ce qui le rend rigide et prompt à enfreindre les règles. En tant que commandant, il sait faire preuve de souplesse et d’écoute. C’est un "patron" un brin protecteur qui assume pleinement la responsabilité de ses actes. Enfin, il glisse en permanence sur le fil ténu, tendu entre la nostalgie du départ et l’espérance du retour : il demeure un corse qui s’est absenté de son île.

Pourquoi avez-vous choisi d’écrire des polars ? Et dans ce cadre, vous sentez-vous plus proche du roman d’enquête ou du roman noir ?

E.P. : C’est un petit peu comme en cuisine : lorsque que l’on aime déguster et partager, vient un moment où l’on a envie de passer derrière les fourneaux. Mon arrière grand-père adorait raconter des légendes sombres et inquiétantes à la veillée. Ma grand-mère me régalait d’anecdotes extraordinaires du temps de sa jeunesse. Enfant, j’ai dévoré le bel Arsène, Rouletabille, le Comte de Monte Cristo et enfin Poe et Barjavel. Ma bibliothèque craque et je serais bien en peine de classer mes livres par genre. Je ne retiens finalement que deux catégories : ceux qui m’ont embarquée "parce que c’était eux et parce que c’était moi" et ceux dont j’ai oublié l’histoire ou les héros. Le polar offre un espace de liberté qui me convient parfaitement. De l’humour au sordide, toute la palette des émotions et des sensations est permise. Alors pourquoi s’enfermer dans un genre ? Je serais bien en peine de procéder à la classification de mes deux titres, je laisse ce soin aux spécialistes qui s’y entendent mieux que moi.

Votre premier titre, "Un Corse à Lille", a connu rapidement un beau succès. Une belle satisfaction, quand on publie son premier roman ?

E.P. : Soulagement serait le terme le plus approprié ! Si les lecteurs avaient boudé Leoni, il aurait sans nul doute disparu prématurément ! Je considère cette aventure comme un encouragement à persévérer et à m’améliorer, en tous cas tant que le plaisir d’imaginer des histoires est au rendez-vous. J’ai écrit ce premier livre pour relever un défi lancé par mon mari. J’ai éprouvé de la satisfaction lorsque j’ai clos le chapitre final, du bonheur lorsque j’ai reçu la réponse positive de mon éditeur, de la fierté lorsque j’ai offert le livre à ma grand-mère (je le lui ai dédié). Cette période d’euphorie a été suivie d’une période de doutes. Les doutes sont toujours là ! Heureusement, mes amis et lecteurs fidèles, de Lille et de l’île, sont là pour les adoucir. Leoni a réussi à franchir la Méditerranée (dans le sens Continent-Corse les péripéties du voyage sont surmontables !), finalement, il me ressemble un peu, il aime les voyages tant que le retour demeure possible.

Être Corse suppose une forte identité, un grand attachement à votre région. Il s’y développe aujourd’hui un vrai mouvement culturel (Corsica polar) avec des auteurs actifs et solidaires ?

E.P. : L’identité est un questionnement sans fin auquel chacun apporte sa réponse singulière, elle est aussi et surtout un formidable terreau en matière de création. Chaque région du monde possède sa petite musique intérieure, son rythme. Ils sont incomparables, indispensables et infiniment plus subtils que les clichés dont on les affuble. A la fin des années 70, porté par un large élan associatif, la Corse est entrée dans le "reaquistu" (réacquisition), un mouvement qui a réensemencé tous les secteurs : histoire, musique, chant, arts populaires, traditions, littérature… Près de trente ans plus tard, la diversité des auteurs et des genres témoignent, comme dans d’autres régions d’ailleurs, d’une belle vitalité : la moisson est florissante.

Le salon organisé à Ajaccio par Corsicapolar est un exemple de cette richesse et de la solidarité qui anime ses membres. De nombreux auteurs ont notamment participé à l’élaboration d’un recueil de nouvelles policières dont le produit de la vente est entièrement reversé à l’association Handi 20, pour l’achat de fauteuils permettant aux enfants handicapés d’accéder aux plages. Lors du dernier salon Corsicapolar, un auteur qui venait de publier son premier roman confiait à Elisabeth Milleliri (qui a commis "Caveau de famille" et "Comme un chien dans la vigne" il y a quinze ans et qui - mille fois hélas - ne publie plus ) : "C’est en lisant tes livres, que j’ai osé écrire un polar dont l’action se déroule en Corse". Les éditeurs dits "régionaux" ou les coopératives d’auteurs offrent aux lecteurs des univers riches et bariolés qui rompent avec la monotonie d’une production standardisée.

L’action de mes romans se passe essentiellement à Lille. Mon personnage principal, sa grand-mère sont corses. Certaines phrases sont écrites en langue corse et traduites en bas de page. A Lille, mes romans sont classés au rayon "régional". C’était également le cas en Corse pour "Un Corse à Lille". Depuis la sortie de sa deuxième enquête, dans la plupart des librairies corses, Leoni a déménagé au rayon polar, c’est là qu’est sa place. La formulation de "roman régional", les adjectifs réducteurs, ont le don de me hérisser car ils induisent trop souvent une hiérarchisation qui n’a pas lieu d’être : régional, national, international, universel. En tant que lectrice, je me moque de savoir où se déroulera l’action, ce qui m’importe, c’est de cheminer dans l’imaginaire d’un autre. Les polars dits "efficaces", formatés version films d’action à l’américaine m’ennuient, voire m’agacent lorsqu’ils sont écrits par des français. C’est sûrement pour cela que j’aime autant les histoires de Camilleri : nul autre que lui ne pourrait les écrire et les accommoder avec autant de bonheur. En littérature, comme dans la vie du reste, la sincérité, la justesse sont pour moi essentielles. Ecrire un polar qui se déroulerait à New York ou Oslo serait pour moi une imposture. Cette démarche relève davantage du marketing que de la création. Tant pis pour les grandes lois économiques qui régissent l’industrie du livre ! Pour mes voyages littéraires, je préfère les chemins de traverse aux circuits des Tour Operators.

Quel que soit l’adjectif dont on qualifie mes romans policiers, une chose demeure certaine : je suis corse et je suis attachée à la région du Nord qui m’a accueillie. C’est dans le petit village où j’ai grandi que je me sens reliée au reste du monde. Si d’autres considèrent l’insularité comme un enfermement, je la vis comme une passerelle, une porte ouverte sur des milliers d’ailleurs. Là-bas, je me sens héritière et passeuse. J’ai la chance, dans ce monde dément, d’appartenir à un bout de terre où les arbres, les pierres, les sentes oubliées ont une histoire à me raconter. Il y a quelque chose de sacré dans le rapport que j’ai à mon île, à la beauté qu’elle offre au regard. C’est sans doute la raison pour laquelle j’ai besoin d’un certain esthétisme dans mes romans et dans mes lectures. J’imagine que tous les auteurs dont les racines sont profondément ancrées auraient la même histoire d’amour à raconter.

Préparez-vous une future aventure du Cdt Léoni ? Quelques détails ?

E.P. : Oui, j’en suis au dernier quart, le plus excitant et le plus décourageant ! Il me faudrait quinze jours, totalement seule, quelques litres de glace et du vin blanc de Corse ! Si je pastichais le site de présentation du dernier roman de Marc Levy, cela pourrait donner quelque chose dans le style :

« Lui, c’est un enquêteur tenace perdu dans les brumes septentrionales, il enquête sur un meurtre aussi horrible qu’insensé. Elle, c’est un pétulant médecin légiste fuyant une histoire aussi brève qu’enflammée. Elle cherche à s’évader dans l’hémisphère sud, mais la curiosité la met sur la piste d’une bien étrange histoire de famille.»

Il y a des aéroports, des voitures, un bateau mais pas d’avion ni de vélo. Il y a des bêtes mais pas d’animaux. Il y a des Corses, des Normands, un Niçois, un Italien, une Belge et beaucoup de Lillois… Il ne changera pas la face du monde mais apportera, je le souhaite, du plaisir tout simplement. Le premier chapitre s’ouvre sur une ville du Brésil, le dernier pourrait bien se clore sur un petit village en Corse. Ou ailleurs, qui sait ? Les personnages principaux flirteront avec leurs limites, la légiste flirtera avec… mais je n’en dit pas davantage. Plus sérieusement, j’explore dans ce troisième volet la face la plus sombre de Leoni. Je me fais plaisir en me baladant, en espérant de tout cœur que ce plaisir sera partagé par tous ceux qui ont déjà été séduits par les aventures du "Corse du Nord"...

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
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