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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:21

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Un personnage : PERELLO VALLESPI
d'André Lay

 

André Lay fit partie des prolifiques auteurs de la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. Il y publia son premier roman en 1956 : LE DIABLE EST AU FOND DU SAC (S.P.88). Il en écrivit 128, jusqu’en 1987. LES BONNES INTENTIONS (S.P.2067) fut son dernier titre. A la fin des années 60, il créa l’un des plus singuliers personnages de la littérature policière : le commissaire Vallespi. Les aventures de ce truculent héros se passent au Venezuela. Il est l’autoritaire chef de la police d’Apolonia.

« La petite ville située à peu près à égale distance de Merida et Trujillo, sur la Transandine reliant San Cristobal à Caracas, dominée au sud par la Cordillère, au nord par le lac Maracaibo, ne pouvant rivaliser avec ses voisines en pleine expansion, était un peu oubliée des pouvoirs publics. » (Sacré Vallespi,1968)

Perello Vallespi est un colosse de 120 kilos, rouge de figure, aux sourcils épais, à la moustache noire, qui a toujours un cigare coincé entre les lèvres. Voilà plus de 25 ans qu’il est dans la police. Il vit en couple avec la « voluptueuse Adelina » dont il est certainement amoureux. Ses subordonnés n’ont pas intérêt à évoquer la compagne de leur chef, sous peine de sanction. Malgré son poids, Vallespi ne manque pas de vitalité. Dès qu’il arrive, le commissariat tremble :

« … le colosse, cigare conquérant, moustache à l’horizontale, œil brillant, chemise de brousse impeccable, entrait en tornade dans le bâtiment. » (D’un seul coup d’linceul, 1976)

Les énormes colères de Vallespi font trembler tout le monde. Il passe peu de temps dans son bureau. Il préfère sauter dans sa Land Rover, pilotée par Fortino, pour mener l’enquête sur les lieux concernés. Il n’hésite jamais à affronter ses adversaires, le danger ne lui faisant pas peur. Son intrépidité le conduit parfois dans les pièges tendus par ses ennemis. Il trouve évidemment toujours le moyen de s’en sortir, et de faire éclater la vérité.

Santaca est le fluet adjoint du commissaire. Il représente exactement le contraire du corpulent et sanguin Vallespi :

« Grand, maigre, d’une pâleur maladive, le cheveu rare et terne, il paraissait fragile à côté du gros commissaire. Erudit, intelligent, sarcastique, il attendait sans impatience que son chef se casse une bonne fois les reins pour prendre sa place, ses connaissances dépassant de loin celles de Perello (…) Malgré leurs continuelles algarades, les deux hommes ne pouvaient se passer l’un de l’autre. » (Vallespi voit rouge, 1968)

Santaca n’est pas un instinctif comme son supérieur. Il sait se servir de son cerveau, se montrant aussi ironique qu’astucieux. Vallespi l’entraîne contre son gré dans ses aventures sur le terrain. S’il n’y est pas à l’aise, Santaca contribue souvent à sauver la situation, et à éclaircir un grand nombre d’affaires. Même au cœur de l’action, il n’est pas inutile de réfléchir.

Fortino est le chauffeur personnel de Vallespi. C’est un Noir toujours souriant. Il vit avec sa Doudou, une belle guadeloupéenne qui sait concocter des préparations miraculeuses. S’il se repose volontiers au commissariat ou dans la Land Rover, Fortino est prêt dès que son chef fait appel a lui. On le surnomme le Kamikaze d’Apolonia, car Fortino est un vrai danger au volant :

« Comme Vallespi faisait le vide devant lui dans les bureaux, Fortino faisait place nette dans les rues (…) Santaca ne pouvait monter en voiture sans songer que c’était pour son dernier voyage. » (V comme Vallespi, 1976) Dans cet épisode, la Doudou de Fortino est victime d’un enlèvement. Elle apparaît dans plusieurs autres romans.

L’inspecteur Scavaroni est la tête de turc de Vallespi. Il suffit de le présenter pour comprendre :

« Scavaroni, impeccable dans un costume feuille morte, cravate marron foncé, manchettes et col de chemise immaculés, fixait avec une désapprobation muette Perello Vallespi, vautré dans son fauteuil (…) Sorti frais émoulu de l’Ecole de Police de Caracas, le jeune inspecteur, en perpétuel désaccord avec son chef, devait chaque jour prendre sur lui pour retenir les propos cinglants qui lui venaient aux lèvres… » (One Man Show pour Vallespi, 1971)

N’ayant que mépris pour ce jeune policier sans envergure et trop raffiné, Vallespi l’écarte systématiquement de ses enquêtes. Il l’envoie sur des fausses pistes, car il veut résoudre seul les affaires. Un succès de Scavaroni diminuerait son prestige de chef, selon lui. Toutefois, l’inspecteur reste quelquefois impliqué dans l’histoire.

Bien sûr, le caractériel Vallespi n’a guère d’estime pour les autorités officielles, ni pour ses collègues d’autres villes. Tous des incompétents !

« Je parie que le commissariat de ce petit prétentieux d’Hernandez a brûlé. Il collectionne tellement de paperasse que cela devait arriver (…) Les fuyards n’ont pas de soucis à se faire. Les inspecteurs d’Hernandez ne retrouveraient pas une meule de foin cachée derrière une aiguille. » (Vas-y, Vallespi !, 1977)

Les aventures de Perello Vallespi sont, avant tout, des romans d’action. Néanmoins, les intrigues ne sont pas négligées dans ces histoires solides et mouvementées. Les péripéties sont racontées avec vivacité et humour par ce grand pro que fut André Lay. Il réussit à nous rendre sympathique, et même attachant, ce monstre de commissaire exotique.

 

Vallespi est le héros des romans Spécial-Police : SACRE VALLESPI (1968, SP 668) VALLESPI VOIT ROUGE (1968, SP 680) VALLESPI ET LE DELUGE (1969, SP 716) SAFARI POUR VALLESPI (1969, SP 734) VALLESPI CREVE L’ECRAN (1970, SP 788) VALLESPI CHASSE LA SORCIERE (1970, SP 813) ONE MAN SHOW POUR VALLESPI (1971, SP 871) VALLESPI ET LES SOUCOUPES VOLANTES (1971, SP 909) LES 12 TRAVAUX DE VALLESPI (1972, SP 952) VALLESPI, GO HOME ! (1972, SP 986) AVANTI, VALLESPI ! (1973,SP 1022) VALLESPI SENT LA POUDRE (1973, SP 1063) VALLESPI ET LES KAMIKAZES (1974, SP 1091) VALLESPI CHEZ LES AMAZONES (1975, SP 1168) HOURRA VALLESPI (1975, SP 1189) VALLESPI AU PILORI (1976, SP 1234) V COMME VALLESPI (1976, SP 1252) D’UN SEUL COUP D’LINCEUL (1976, SP 1289) -Y, VALLESPI ! (1977, SP 1332)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:18

DEUX AUTEURS BRESTOIS :

CHRISTIAN BLANCHARD & YANNICK LETTY

 

Christian Blanchard est né le 20 juin 1959 à Dieppe. Titulaire d’un DESS de sciences humaines, il a été professeur de dessin industriel, puis proviseur. Il crée en 2004 à Brest les Editions du Barbu, publiant ses romans. Le héros des cinq premiers titres est Claude Le Noan. Célibataire de trente ans, ce passionné d’informatique et de photo, vit seul dans sa maison des Monts d’Arrée, en Bretagne. Son amie de cœur est lieutenant de police à Rennes. Après deux aventures à suspense, l’état psychologique de Le Noan se dégrade. Il devient accro à l’alcool et aux drogues dures. Dans La double « O », il est confronté à une dangereuse secte. Le chemin de souffrance l’amène à enquêter sur ses troubles origines, face à un adversaire sans pitié et bien renseigné. Pour Résiliences, il est impliqué dans une expérience risquant de le traumatiser définitivement. Cette très noire série explore les limites de la dépendance et de la résistance humaine. Sans rapport avec les précédents, Chairs amis est aussi extrême. Il s’agit d’une descente aux enfers dans le monde du vice avilissant et morbide. De jeunes hommes sont piégés afin d’assouvir les fantasmes de cruels obsédés. Les romans singuliers de Christian Blanchard s’adressent en priorité à un public adulte aux nerfs solides.

Bibliographie [Editions du Barbu, « Suspense et romans noirs »]

La mort des sens (2004) ; Incendie(s) (2005) ; La double « O » (2005) ; Le chemin de souffrance (2005) ; Résiliences (2006) ; Chairs amis (2006) ; Le théorème du Singe (2007) ; Que les gens sont laids! (Pamphlet, 2007)undefined

 





















Yannick Letty
est né le 16 mai 1959, Brest. De formation scientifique (océanographie), il a été pendant une douzaine d’années instituteur dans de petites écoles rurales du Finistère, avant de devenir professeur de sciences de la vie et de la terre. L’héroïne de ses romans est Marguerite Coadou. Dans Empreinte génétique, elle est inspecteur de police. Après dix ans à Paris, elle est de retour à Brest. Elle doit y affronter des souvenirs marquants. Elle enquête sur une série de meurtres, visant des employées d’un centre de recherche. Le principal suspect est l’ancien compagnon de Marguerite. Les analyses ADN sont formelles. Refusant d’y croire, la jeune femme interroge les proches de son ami. Jusqu’à ce qu’une autre piste s’impose. Pour Mémoire de sang, Marguerite a démissionné de la police et ouvert une librairie. Elle mène deux enquêtes parallèles. L’une concerne une affaire vieille de trois siècles, jamais élucidée, évoquée dans un récit de l’écrivain Anatole Le Braz ; l’autre, sur la mort d’un retraité, auteur d’un manuscrit racontant la 2e Guerre en Bretagne. Avec sa voisine et amie, Marguerite découvre des secrets oubliés. Poupées russes a pour décors les Alpes, où la brestoise va passer ses vacances d’hiver. Elle vient en aide à une jeune russe pourchassée. Une étrange clinique Italienne est au centre d’un trafic d’êtres humains. Seul l’inspecteur Pietramorta accepte de croire Marguerite. Avec lui, elle tente de regagner la France. Mais des tueurs sont à leurs trousses. Sur leur chemin, une forteresse cache de sombres expériences. Dans Passé décomposé, Marguerite enquête sur sa famille, tenant de comprendre ce qui a conduit sa mère et sa grand-mère à la folie. Pendant ce temps, un tueur enlève des femmes de la région. L’histoire de Brest, autrefois bombardée et rasée, plane sur cette affaire. Toute guerre est traumatisante ; celle d’Irak est à l’origine de ce roman.

Bibliographie [Editions Terre de Brume, « Granit Noir »]

Empreinte génétique (2001) ; Mémoire de sang (2002) ; Poupées russes (2003) ; Passé décomposé (2006)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:16

Deux romans de Renaud Marhic

« Schisme'n'Blues » (Terre de Brume, 2003)

Le narrateur est un journaliste quadragénaire désabusé, exagérant les beuveries. La chronique hebdomadaire de cet anti-conformiste athée est supprimée. Heureusement, il a Sandya. Cette étudiante en histoire pourrait être sa fille ; c’est sa « p’tite caille ». Parmi tous les « revendicatifs neuneux » lui proposant des sujets improbables, Désiré Cailleron lui présente un curieux dossier... Le Grand Schisme d’Occident date d’il y a six siècles, époque où les papes siégeaient en Avignon. Nombreuses furent les embrouilles pour qu’ils retournent à Rome. Une tendance de la chrétienté s’y opposa, celle de Benoît XIII. Soutenus par saint Vincent Ferrier, ses partisans et lui résistèrent jusqu’à leur apparente extinction. Cailleron pense qu’existent encore des « papes de l’ombre ». Cailleron a disparu. Avec Sandya, le journaliste visite les sites évoqués dans son rapport. A commencer par l’île du Comte, devenu centre de villégiature, où il reconnaît des symboles de la papauté sécrète. Ici furent reçus des puissants de ce monde. Des enjeux stratégiques et géo-politiques justifieraient qu’ils aient tenté des alliances avec les descendants de Benoît...

Les sectes, les sociétés secrètes, les Eglises, ce sont les sujets de prédilection de Renaud Marhic. La vie et l’œuvre de Benoît XIII ne nous sont certes pas familières. Mais la narration vivante entraîne les lecteurs dans les arcanes de ce lointain schisme. On suit avec grand plaisir les ironiques mésaventures du héros. Ce loser très crédible est en quête d’une incertaine vérité qui n’intéresse plus que lui – et nous. L’écriture peut déconcerter, mais elle offre le ton adéquat au récit. Un roman plutôundefinedt original, fort convaincant.

« Teminus Brocéliande » (AK Editions, 2007)

Etudiant rennais, Christophe R. a disparu au cœur de la forêt de Brocéliande, au “Val sans retour”. La mère du jeune homme engage un profiler afin de retrouver son fils. Si le parcours de Maël Mac’Herig est particulier, il connaît bien les affaires de “playing killers”. Pourtant, il se sait mal accepté par les spécialistes. Christophe R. a laissé des textes et autres signes, qu’il s’agit de décrypter... L’étudiant tente d’explorer un monde parallèle, où vit la troublante Linoï. N’ayant pas toutes les clés, il traverse des scènes éprouvantes dans cet étrange Méta-Monde. Il participe à un Jeu de l’Oie animé par un gnome, suit la “Caravane des Semences” jusqu’à la cité de Versalia, survole des paysages inconnus, fréquente un bar issu du passé, cherche en Arcadie les traces du Grand Pan, aperçoit parfois Linoï... Grâce à un appel à témoins sur une radio indépendante, Mac’Herig tient une piste sérieuse. Christophe R. et ses amis satanistes se réunissent en secret. La cérémonie qui se prépare risque d’être fatale à Christophe R. La police intervient. Le quiproquo frôle la bavure. Par ailleurs, l’étudiant était en contact avec un mystérieux bouquiniste...

Le jeune disparu nous entraîne dans ses délires fantasmagoriques, “de l’autre côté du miroir”. On le suit avec curiosité dans cet univers décalé. Néanmoins, l’auteur est plus cartésien qu’il y paraît. L’ésotérisme démoniaque et les mythes celtiques sont ici le prétexte (bien documenté) à une vraie enquête. S'il ne manque pas d’expérience, le solitaire Mac’Herig se laisse convaincre par des faux-semblants. Marhic maîtrise avec subtilité le rythme de ce kaléidoscope, avant d’en décoder les images. Un “thriller féerique”, déroutant, atypique. Un roman d'une belle originalité.
- Cette collection est désormais rééditée par les Editions du Barbu, coll.
Polars & Grimoires -

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:09

 

JEAN-BERNARD POUY EN 12 TITRES

 

SUZANNE ET LES RINGARDS (1985, Gallimard)

On l’appelle Dumbo, à cause de son visage repoussant. Il est roadie, régisseur de la tournée du groupe rock « Bande à Part ». Il n’aime ni leur musique, ni les musiciens. Trop de boisson, de drogue, et de filles, pour être excellents. Notoriété trop facile, aussi. Dumbo n’aurait pas dû laisser Suzanne rencontrer les rockers. On a retrouvé la gamine, sauvagement assassinée, dans la baignoire de la chambre de Dumbo. Il est innocenté. Le suspect arrêté se suicide… La route, les concerts. Dumbo interroge les musiciens du groupe, qu’il pense coupables. Il les emmerde avec ses questions. De quoi se souviendraient-ils ? Ils n’avaient accordé aucune importance à Suzanundefinedne. Quand l’hostilité contre Dumbo se fait plus dure, Lucie est là pour l’aider. La responsable technique sait se faire respecter...

L’HOMME A L’OREILLE CROQUEE (1987, Gallimard)

Dans le train qu’il emprunte de Nantes à La Rochelle, Marcel (15 ans et demi) rentre de vacances scolaires. Un grave accident se produit. Marcel reste bloqué plusieurs heures sous des tonnes de tôle. Il n’est pas seul : Marie-Claude, une jolie jeune femme, est bloquée avec lui, tout contre lui. En attendant les secours, il broie du noir. Ils sont finalement sauvés. Retour au collège, puis nouvelles vacances chez son copain Eric. Il est contacté par un type patibulaire, qui lui parle d’Arlette (le vrai prénom de Marie-Claude). Si elle est encore vivante, Marcel doit la retrouver, la prévenir du danger. Pénible périple vers le Centre-Bretagne, ou elle se cache...

LA BELLE DE FONTENAY (1992, Gallimard)

Enric Jovillar est retraité, en région parisienne. Il y cultive un jardin ouvrier, avec un soin particulier pour les pommes de terres. Né en 1929 en Espagne, sourd-muet depuis l’enfance, il s’est réfugié en France avec sa sœur. Durant toute sa vie, il a milité dans les mouvements anarchistes. Il est fiché par la police. Aujourd’hui, plus grand chose ne perturbe sa vie de célibataire… Sauf la mort de Laura. Il aimait bien cette adolescente, qui venait au jardin. Le commissaire Gaillet suspecte Enric ? Il ne s’en inquiète guère, s’en amuserait presque. Il mène sa propre enquête : Laura, bonne élève sans histoire, plutôt mûre, aimait fréquenter les adultes. Portrait trop simpliste, selon Enric. Menaces à l’appui, il est fermement prié de ne plus s’occuper de l’affaire...

R.N.86 (1992, Editions Clô)

Léonard ignore pourquoi son épouse Lucie avait tant changé depuis son retour d’un stage dans le Gard. Il ne comprend pas pourquoi elle s’est suicidée. Il se rend dans la région de Nîmes, s’arrête à Remoulins, sur la R.N.86. Non loin du fameux Pont du Gard, dont Lucie lui avait adressé une carte postale. Il lui semble que cet ouvrage majestueux est lié à la mort de sa femme. La gendarmerie, trop occupée à l’époque, n’a aucun motif de se souvenir de « l’accident » de Lucie. Ses amis de stages non plus ne renseignent guère Léonard. Vague piste, d’un blond nordique, vu avec elle. Le hasard conduit Léonard dans un luxueux hôtel de Castillon. Il y rencontre un écrivain original. Celui-ci se souvient de Lucie et de son amant...

PLEIN TARIF (1994, Mille & Une Nuits, Petite Collection)

Heureuse initiative humanitaire que de loger les SDF en période de grand froid. On utilise des vieux wagons de chemins de fer, installés en dix convois dans une gare parisienne désaffectée. Le narrateur retrouve son oncle parmi cette faune odorante et bruyante. L’oncle a rejeté sa famille, mais accepte son neveu. Celui-ci vient le voir quotidiennement. Bientôt les hébergés devront lever le camp. Soutenus ou excités par divers mouvements politiques très marginaux, ils refusent de céder, de partir...

DEMONS ET VERMEILS (2000, Baleine, Série Grise)

Ulysse est employé municipal à Pailhaste, dans le Gard. Pour la sortie des personnes âgées de la maison de retraite locale, il remplace le chauffeur de car titulaire. Quatre jours de promenade pour aérer les petits vieux. Dans le car, ils sont plutôt bruyants, les anciens. Pas drôle leur vie, oubliés qu’ils sont par leurs familles. Comme le brave Norbert, qui vient de mourir. Ils en profitent donc pour s’amuser. Ulysse les aime bien, mais reste vigilant. Ils insistent pour faire un détour imprévu, qu’Ulysse refuse… Trop mal au dos, impossible de conduire ! Les passagers imposent leur solution : ancien chauffeur, Lucien va le remplacer...

1280 ÂMES (2000, Baleine, Pierre de Gondol)

L’auteur américain Jim Thompson écrivit dans les années 1960 un singulier et glauque roman noir : « Pop.1280 ». Traduit en France, ce livre fut titré par Marcel Duhamel : « 1275 âmes ». Quelques pages sautèrent. Pourquoi cette différence de cinq âmes ? Le libraire-bouquiniste Pierre de Gondol aime les défis intellectuels. Quand un client lui pose cette énigme, il se documente. La logique voudrait que les cinq supprimés se trouvent dans les pages non traduites. Dans ces passages surréalistes, il retrouve effectivement trois personnes. Disons trois et demi, avec le cheval. Il poursuit son enquête aux Etats-Unis. D’abord, situer Pottsville – où se déroule l’histoire...

TRAIN PERDU WAGON MORT (2003, La vie du rail, Rail Noir)

Un train de nuit se dirige vers la capitale de la Zoldavie. Prof de géopolitique, chargé de transmettre un contrat commercial, François est l’un des passagers. En fin de nuit, le train s’arrête en pleine campagne. Le wagon de queue a été décroché. 18 voyageurs sont maintenant seuls, au cœur d’une immense plaine, à quarante kilomètres de la prochaine gare. Cinq personnes tentent de s’y rendre à pied. François préfère attendre sur place, avec la belle Violette, et le solide Albert. On s’organise ; on se rationne ; on espère en devinant une lointaine lueur ; on s’inquiète aussi. Avec un gros tracteur, on peut enfin tirer le wagon jusqu’à proximité de la gare. L’hypothèse d’une guerre-surprise se confirme...

H 4 BLUES (2003, Gallimard)

Lionel, le meilleur ami de Nicolas depuis leur scolarité au lycée Henri IV, vient de mourir. Sa veuve ne croit pas à une mort naturelle. Pour oublier ses actuels ennuis, Nicolas va jouer au détective. Il n’y a pas grand chose de suspect. Peut-être des tracesundefined de curare dans le corps de Lionel ? Peut-être ces femmes gravitant autour du séduisant Lionel ? Pour Nicolas, c’est surtout l’occasion de se remémorer les élèves et les profs d’Henri IV, à son époque. Il apprend que certains condisciples sont récemment décédés. L’appartement de Nicolas est détruit par un incendie. Est-ce une vengeance après avoir défendu et hébergé une jeune gothique overdosée ?

NYCTHEMERE (2004, Les Contrebandiers)

Depuis quelques mois, le chaos destructeur sévit dans le Paysage Idéologique Français. Les diverses organisations politiques ont fait le ménage. Eliminées la Maison Blanche vendéenne, la fascisante Maison Brune, la Maison Verte du Jura, et toutes les autres. La Maison Bleue et la Maison Rose, principaux copropriétaires du pouvoir, se sont alliées sans se faire confiance. Mieux armée, la Maison Bleue reste bientôt seule. Mais un petit groupe de résistants se prépare dans l’ombre, bientôt rejoints par d’autres improbables mouvements...

LA VIE PAYENNE (2004, Autrement, Noir Urbain)

Dans un square parisien, Pascal est en avance à un rendez-vous fixé dix ans plus tôt avec ses anciens amis. Ils étaient cinq idéalistes, une fille et quatre jeunes hommes. La vie les a séparés. Ayant abusé de l’alcool, l’un d’eux est mort. Sylvie est la première a rejoindre Pascal. La seule, car elle lui apprend la mort d’un autre membre du groupe, disparu en Afrique. Quant à Romain, le plus brillant d’entre eux… Sylvie et lui vivent ensemble. Pascal accompagne Sylvie chez eux. Pénibles retrouvailles avec Romain. Il a un service à demander à Pascal...

LA FARCE DU DESTIN (2004, Les Contrebandiers) – avec Patrick Raynal.

Frère Antoine est moine à l’abbaye St Tugdual, près de Carhaix en Bretagne. Chargé des achats à l’hypermarché, il est troublé par les femmes. On l’a oublié, mais il a un passé mouvementé, Antoine ! Il rencontre la pulpeuse Mado. Elle fait du strip-tease dans un club ringard, le « Paradiso ». Rencontre due au hasard ? Dominique, protecteur de Mado, provoque Antoine. Celui-ci le bat au poker. Pourtant, peu après, Antoine tombe dans un piège. Son supérieur n’est pas plus dupe que lui. Le capitaine de gendarmerie n’y croit pas non plus. Reste à savoir ce que veulent le truand Dominique et son dangereux ami Kouzma. Si Antoine feint d’accepter le chantage, il va réagir…

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:03

MICHEL LEBRUN, FLORILEGE

 

Pour beaucoup de lecteurs actuels qui connaissent encore son nom, Michel Lebrun fut surtout un ardent défenseur de la Littérature Policière. Celui qu’on appela « le Pape du Polar » écrivit de nombreuses chroniques sur le sujet, dans divers magazines, dans ses fameux « Almanach du Crime » et « Année du polar » parus de 1980 à 1988. Ses articles restent une référence pour les passionnés.

Mais Michel Lebrun (1930-1996) fut avant tout un très grand auteur. N’oublions pas qu’il obtint en 1956 le Grand Prix de Littérature Policière, pour « Pleins feux sur Sylvie ». Ses romans publiés sous d’autres pseudonymes (Pierre Anduze, Michel Lecler, Michel Lenoir, Oliver King, Laurence Nelson, Lou Blanc) ne sont pas moins savoureux que ceux qu’il signa sous le nom de Michel Lebrun (qui était aussi un pseudo, puisqu’il se nommait Michel cade).

Sa bibliographie complète figure dans le livre qu’Alfred Eibel lui a consacré : « Michel Lebrun, témoignages » (Editions Hors Commerce, collection Hors Noir, 2002). Le magazine Polar, dont il fut un des piliers, lui consacra un dossier spécial dans le N°19, en mai 1981. La revue « 813 », dont il fut un des adhérents fondateurs, publia en décembre 1996 un numéro spécial Lebrun (n°52). Ces documents permettent de mieux faire connaissance avec ce personnage, que tout ceux qui l’ont connu qualifient d’attachant et de généreux. Voici les résumés de quelques livres de cet auteur talentueux, qui proposait aux lecteurs des romans malins. Aujourd’hui encore, ces histoires entraînantes et souvent souriantes restent extrêmement agréables à lire.

 

« FAUX NUMEROS » (Un Mystère,undefined 1956)

Alain Vinel, 30 ans, marié, auteur de théâtre, rentre chez lui au milieu de la nuit (sa femme est en vacances). Huguette, son ancienne petite amie perdue de vue depuis sept ans, l’attend devant sa porte. Elle s’inquiète pour son fiancé et futur mari, Serge, qu’elle ne parvient pas à joindre. Intrigué, Alain téléphone puis visite l’appartement de cet homme. Personne ! Le lendemain, ils découvrent Serge assassiné chez la jeune femme. L’inspecteur Toussaint soupçonne Alain et Huguette d’être impliqués dans ce meurtre. Huguette est la plus suspecte. Pourtant, elle affirme à Alain qu’elle est innocente. Elle lui transmet un indice important pour retrouver le vrai coupable. Peu après, le suicide d’Huguette semble mettre un terme à l’affaire. Pas pour Alain, qui se sert du fameux indice. Il rencontre M.Challier. Cet ancien avocat, infirme, lui révèle que Serge était son fils. Il espère qu’Alain trouvera l’assassin. Le témoignage de l’épouse de Challier donne un nouvel éclairage à cette affaire...

 

« REPRODUCTION INTERDITE » (Un Mystère, 1957)

Marc Kelber tient une galerie de tableaux à Paris. Il sait bien que sa vie n’est pas une réussite. Marié à Clara, une femme beaucoup plus jeune que lui, il déteste le fils et la famille de son épouse. Il a voulu s’affranchir de leur fortune et de leur mode de vie, mais il admet avoir du mal à sortir du pétrin. Quand un nommé Lacroy lui propose un lot de tableaux, il ne croit d’abord pas en sa chance. Vérification faite, il y a bien un authentique Gauguin parmi ces croûtes. De quoi faire un joli bénéfice… dont son épouse n’a pas à profiter. Marc s’empare des bijoux de son épouse, vend sa voiture, et emporte les toiles. L’expert est formel : la première fois qu’il a vu le tableau, c’était un vrai. Celui-ci est un faux Gauguin. Marc est ruiné, et les rapports familiaux se détériorent encore plus...

 

 

« DANS MON JOLI PAVILLON » (Un Mystère, 1961)

Germain Lormont, auteur de théâtre qui prépare une nouvelle pièce, vit dans sa propriété de l’Eure (où il fait effectuer de gros travaux) entouré de sa femme Rika, de son collaborateur Louis (qui est en réalité l’auteur de ses pièces), de son ami pique-assiette Robert, et de sa secrétaire Josette. Un soir où il revient tard de Paris, Germain échappe de peu à un accident : une cheminée de sa maison s’écroule sur son passage. Plus tard, Germain est victime d’un curieux accident de voiture. Il s’inquiète, espère des réponses en contactant un détective privé. Le rapport de ce dernier est décevant. Germain décide de prendre les devants : au lieu d’être la victime désignée, il décide de devenir l’assassin. Son premier projet vise son ami Robert. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. De même pour la mort de Louis (qui venait de terminer la pièce de théâtre en cours). La vérité n’était peut-être pas telle que Germain l’avait lue dans le rapport du détective. Même s’il n’est pas exactement coupable, Germain risque gros…

 

« LA PROIE DU FEU » (Un Mystère, 1962)

Philippe découvre un tableau chez un brocanteur. Une œuvre non signée pas tellement originale (un paysage), mais dont il est certain de connaître l’auteur. Ou plutôt de l’avoir connu, car il a perdu sa trace depuis plusieurs années. Pour retrouver ce peintre, il se lance dans une enquête ayant peu de chance d’aboutir. Après des investigations vouées à l’échec, il parvient à identifier le décor de ce tableau. Francis – son auteur – est certainement allé sur les lieux. Peut-être se souviendra-t-on de lui ? Non, nul ne peut lui donner de renseignements utiles. Pourtant Philippe trouve une piste qu’il entend exploiter : Francis avait-il pris un autre nom ? Ce Jacques Leclerc, mari d’Odile Leclerc, c’était sûrement Francis. Il apprend qu’il s’est tué à l’époque dans un accident de voiture. Philippe a besoin d’en savoir plus. Il s’arrange pour rencontrer Odile, prise de contact assez insolite. Puis il espère bien que son charme l’aidera à conquérir le cœur de la jeune femme. Elle reste plutôt réticente au début. Un peu à cause de Michel, son ami-amant, un peintre possédant un certain talent. Sans doute aussi parce que ses expériences masculines n’ont jamais été une parfaite réussite...

 

« LES OGRES » (Mystère, 1971 & Le Masque)

Virginie Boistel et son vieux cousin Pierre-Armand vivent dans une grande propriété entourée de hauts murs, en Normandie. Un endroit plutôt isolé. Par petites annonces, ils recrutent des jeunes filles pour leur service. Celles-ci sont destinées à devenir leurs victimes. Roselyne (dite Bogey) et Geneviève (dite Rosebud), des marginales, ont décidé de se mettre au vert. C’est Bogey qui a répondu à une annonce, mais c’est son amie qui va se présenter à sa place. Bien étrange domaine que celui de Virginie Boistel, se dit Geneviève. Elle réalise vite qu’il s’y trame de drôles de choses. Qu’importe ! Si elle s’y planque pendant quelques semaines, ni les trafiquants qu’elle fuit, ni sa famille qui la recherche, ne l’y trouveront. Pourquoi y a-t-il de la vaisselle pour quatre, alors qu’ils ne sont qu’à trois personnes ? Pourquoi les restes de nourriture disparaissent-ils ? Quels sont ces bruits nocturnes au dessus de sa tête ? Quels sont les rapports réels entre Virginie et Pierre-Armand ? Les chiens vont-ils la dévorer si elle tente de sortir ? La menace est partout.

 

« UN REVOLVER, C’EST COMME UN PORTEFEUILLE » (Mystère 1971 & Le Masque)

Daniel est un révolutionnaire. José est un petit truand. Ils cambriolent une banque. Deux flics interviennent. Daniel est blessé. José tire sur le deuxième gardien de la paix. Les voleurs s’enfuient. José trouve refuge dans une maison, dont la propriétaire est bientôt de retour. Elle joue un drôle de jeu pour garder José. Le revolver, José s’en est débarrassé. Oscar Zing l’a trouvé, ce qui l’arrange bien car son propriétaire veut l’expulser de son appartement. Il peut ainsi supprimer ce gêneur, avant de se séparer de l’arme. Un jeune couple récupère le revolver. Ils sont conviés à finir la soirée chez de vieux partouzards. Des dingues, qui ont voulu jouer à la roulette russe. Qui est responsable du dérapage ? Ennuyeux : la jeune femme a perdu son sac à main, contenant l’arme. C’est Victor qui hérite du revolver. Détesté par sa femme (qui le trompe) il voudrait divorcer. Et s’il profitait des circonstances pour en finir avec elle ? Réussira-t-il enfin quelque chose de valable, Victor ?

 

« LOUBARD ET PECUCHET » (Fleuve Noir 1982, Engrenage)

Comme tous les jeunes gens de dix-sept ans et demie, Pécu (de son vrai nom Pécuchet) a envie de liberté, et besoin d’argent pour réaliser ses rêves. Pas des projets fastueux : un grand voyage, ou posséder un wagon-appartement sur un bout de voie ferrée. Mais Pécu n’est pas un « jeune homme » ordinaire. Ce qui l’avantagera lorsqu’il s’attaquera à ses victimes. Qui se méfierait de Pécu ? Ni les volés, ni son voisin l’inspecteur Montescourt – dont les renseignements seront utiles. Puis Hélène surgit dans la vie de Pécu. Hélène, et sa chienne Didine. Hélène et son estafette bariolée. Elle lui a sauvé la mise, mais est-ce une raison pour être aussi collante ? Pécu n’a pas besoin d’une nounou dans son genre ! D’autant qu’Hélène a des projets. Pas des braquages à quat’sous. Non, il faut s’en prendre à ceux qui sortent beaucoup d’argent de la banque. Voire même braquer un transport de fonds...

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 15:51

Viviane Veneault : La disparue des Baronnies
(Ravet-Ance07-VENEAULT-copie-1.JPGau, Polars en région n°4, décembre 2007)


Dans ce village de la Drôme, vivent trois amis. Homme mûr, Paul produit des abricots, avec sa famille. Veuf de 48 ans, Stanislas est un romancier reconnu. Jeune gendarme, Manu a de l’ambition. Dans l’intention d’aider son protégé Paco, qui ignore encore le secret de sa naissance, Paul rend visite à la vieille et acariâtre Mme Raplin, grand-mère du jeune homme. Il aimait bien Mina, la défunte fille de celle-ci. Dans sa fureur, Mme Raplin est prise d’un malaise. Paul s’enfuit, sans lui apporter d’aide. Par la suite, il hésite à se confier à Stan, et ne parvient pas à en parler à Manu. La disparition de Mme Raplin n’est que tardivement signalée par son voisin, Raoul Malvers, qui était absent. Voulant se dénoncer, Paul tergiverse. Gagné par des idées suicidaires, il est gravement blessé dans un accident de la route. Manu enquête sur le cas de la vieille dame. Sans être suspect, le vieux voisin ne dit sans doute pas tout ce qu’il sait.

C'est le qualificatif « roman de secrets » qui convient ici. Tous les protagonistes dissimulent des aspects de leur vie, de leurs sentiments. Les personnages annexes ne sont pas moins dignes d’intérêt. Non pas un « pur polar », mais une intrigue psychologique très réussie.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 11:26

GERARD ALLE EN DEUX QUESTIONS undefined

 

Né en 1953, Gérard Alle est un romancier guidé par une exigence de qualité, dans un univers proche du roman noir. Depuis ses débuts chez Baleine en 2000, il a publié six romans, dirigé ou participé à plusieurs recueils de nouvelles, et sorti en 2007 Les papys féroces, regroupant trois courts “romans gris”. Sur RayonPolar.com, il a largement répondu à deux questions qui l'inspirent.

 

Claude Le Nocher : Dans quelle mesure le roman doit-il être le reflet de la réalité ?

Gérard Alle : Le rapport à la réalité est en effet préoccupant. Je vois le romancier comme un conteur. Il doit être capable de faire avaler des couleuvres au lecteur. Plus la couleuvre est grosse tout en restant consommable, plus le livre est réussi. C'est sans doute l'intérêt premier de l'écriture de fiction, car chacun peut constater à quel point la réalité est déjà incroyable et peu crédible. La fiction doit nous affranchir des contraintes de l'espace et du temps. Dans ce sens, les contraintes de la langue sont parfois un frein à l'imaginaire et au basculement nécessaire du point de vue. Il faudrait pouvoir écrire à la première personne quand il s'agit de toucher le réel de l'émotion, du ressenti, au plus près, et passer à la troisième personne quand on veut donner de la distance. Il faudrait en même temps pouvoir écrire au présent, pour être au plus près de l'action, et au passé, pour installer la narration. Il faudrait aussi être ici et ailleurs, au même instant, et puis vivant et mort. Il faudrait se débarrasser de la structure même du langage, parfois, pour traduire l'urgence, la fulgurance d'un instant.  G--rard-ALLE.JPG

Mais la réalité est le port d'attache du lecteur. Et il faut l'entraîner à larguer les amarres. Pourquoi ? Parce que l'imaginaire c'est l'aventure de l'esprit, la subversion. Celui qui n'entre jamais dans l'imaginaire d'un auteur a peu de chance de libérer le sien, d'imaginer sa propre vie, et risque fort de se laisser dicter ses choix. Mais il ne faut pas oublier pour autant le port d'attache. Le réel contient sans doute toutes les merveilles du monde, là, à portée de la main, dans notre quotidien. Mais notre sensibilité est émoussée, on ne veut pas voir, on ne veut pas entendre, on ne veut pas savoir, on veut oublier, aussi. Embrasser dans l'instant toute la réalité passée, présente et à venir est sans doute quelque chose d'insupportable pour notre cervelle et nos sens. Et comme notre vision de la réalité est forcément partielle, il faut changer de temps en temps d'angle de vue.

Souvent, imaginer, ce n'est pas inventer de toutes pièces une situation, mais c'est coller ensemble deux situations réelles ou vécues qui n'avaient rien à voir au départ; c'est aussi créer un personnages en assemblant les morceaux épars de plusieurs caractères bien réels. La littérature est là au moins pour nous proposer d'aborder les choses sous un angle inattendu. Tout part du réel, l'important c'est de ne pas y rester. Le reflet pur et simple de la réalité est sans intérêt. Il faut pour le moins que le reflet trouble nous trouble, que le miroir déformant nous déforme. S'il fallait donner un seul exemple, je citerai cet écrivain irlandais (Joyce ? Becket ? Oscar Wilde ?... je ne sais plus) qui a dit : “La réalité n'est qu'une hallucination due au manque d'alcool.”

 

Le roman peut-il cultiver la prise de conscience citoyenne sur l’environnement et l’écologie (respect de la nature et du cadre de vie, pollutions évitables et risques pour la santé) ? 

Gérard Alle : Il est toujours risqué d'utiliser la fiction romanesque pour essayer de faire passer un message, quelle que soit la pertinence de ce message. Il m'est arrivé de décrire certaines dérives agri-environnementales, notamment dans un roman intitulé Il faut buter les patates [Baleine, 2001], et l'absence de réaction de la part des lobbies mis en cause montre à quel point la littérature n'est pas faite pour changer le monde - tout au plus peut-elle changer les gens (une personne, ici ou là, pourra être chamboulée par la lecture d'un ouvrage). En fait, les coupables sont cyniques, sûrs de leur puissance, et les citoyens, quelque peu fatalistes, alors, l'inertie est immense.

Le plus efficace - j'entends au sens littéraire du terme, est peut-être la science-fiction, le roman d'anticipation, quand il nous projette dans un avenir inquiétant et nous oblige à refuser cette fatalité. Le roman noir, aussi, peut nous bousculer, en nous faisant voyager dans la réalité glauque d'un complexe chimico-oligo-mafieux du fin-fond de la Russie ou de la Chine, par exemple, mais il risque, alors,  de nous faire croire que le danger vient d'ailleurs, alors qu'il vient surtout de nous-mêmes.

Le roman que je suis en train d'écrire en ce moment, troisième d'un cycle intitulé Lancelot fils de salaud (*), nous projette dans une vingtaine d'années. La technologie y côtoie le chaos, plein de choses en lesquelles nous croyons aujourd'hui ne fonctionnent plus, ou par intermittence; il y a des vieillards séniles dans les maisons; il fait un brin plus chaud, ce qui permet de faire du vin en Bretagne et même en Suède (en fait ce sont les amplitudes climatiques qui augmentent, ainsi que les tempêtes). Le chaos qui règne dans certaines zones fait des dégâts socialement, mais il permet aussi des expériences originales, lorsque les hommes savent désobéir et se réinventer un vivre ensemble.

En fait, la question centrale, dans ces histoires de littérature et d'écologie est celle du contrôle social. Agiter la peur de la pollution, de la maladie et de la mort est très contre-productif, politiquement parlant : si tout est foutu, pourquoi se battre ? Si l'on joue avec cette matière explosive, il faut aussi, en face, jouer avec l'utopie. Aujourd'hui, nos enfants nous entendent dire à longueur de temps que le monde est pourri, et que leur vie sera plus dure que la nôtre. Or, demain leur appartient et sera ce qu'ils en feront. En ce sens, le catastrophisme littéraire est réactionnaire. Vive l'utopie !

 

(*) La fugue de l’escargot et L’arbre aux chimères. En 2007 est paru Les papys féroces, tous aux éditions Coop Breizh. 

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 11:22

DOMINIQUE SYLVAIN 
« L’absence de l’ogre », le nouveau roman de Dominique Sylvain, est sorti en mai 2007 (Editions Viviane Hamy). On y retrouve la commissaire retraitée Lola Jost, et son amie américaine Ingrid Diesel.
Brad, un jardinier aux allures de grizzli, originaire de La Nouvelle-Orléans, vit à Paris sous une fausse identité. Il est recherché pour le meurtre de Lou Necker, une rockeuse. Ingrid le connaît bien, et doute de sa culpabilité. La et elle enquêtent, dans les parcs parisiens, et au Centre Artistique Jarmond, squat où vivait la victime. Mais une regrettable opération immobilière, un livre sur un botaniste d’autrefois, l’ambition de l’épouse d’un policier, la réaction des jardiniers de Paris, l’alcoolisme contrarié de Brad, et quelques autres problèmes compliquent cette affaire… Un roman foisonnant et palpitant, réellement entraînant. 
Dominique Sylvain a longuement répondu à trois questions sur le site www.rayonpolar.com, autant sur ses goûts littéraires, que sur sa propre écriture. Une manière d’approcher cette excellente romancière…

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Claude Le Nocher : Dans la Littérature Policière, quel romancier vous a le plus marqué, et a peut-être influencé votre propre écriture ? 
Dominique SYLVAIN : Plutôt qu’un auteur, je citerai un trio : Chandler, Leonard, Montalban. J’ai eu le coup de foudre pour Chandler étant ado. L’élégance de son style, son romantisme désabusé, son humour raffiné et mélancolique et le charme de Philip Marlowe m’ont enthousiasmée, et remuée. Quand j’ai commencé à écrire des polars, en 1993/94, j’ai tout de suite voulu mettre en scène un privé. J’ai choisi un personnage féminin, Louise Morvan, mais lui ai donné quelques aspects du caractère de Marlowe, plus ou moins consciemment. Louise est un rien cynique et désabusée, mais reste une grande romantique capable de panache, pour la simple beauté du geste. Elle a un côté « chevalier blanc » comme Marlowe, et « ni Dieu ni maître ». Comme lui, elle boit pas mal, accumule les relations sentimentales sans suite, se coltine physiquement avec ses adversaires, vit chacune de ses enquêtes comme un voyage initiatique. Elle est intuitive, mais pas seulement : elle mouille sa chemise pour arriver à ses fins et mise sur la logique. C’est une bagarreuse, et une raisonneuse. Mes deux nouvelles héroïnes, Ingrid Diesel et Lola Jost, ont ces deux points communs avec Louise, et Marlowe.

J’ai découvert Elmore Leonard et son humour subtil avec « Freaky Deaky », l’histoire d’un héros cool et malin aux prises avec des ex-activistes des années 60 reconvertis dans le gangstérisme. J’ai été épatée par sa technique. La fluidité de son style, sa manière de bâtir une histoire en trouvant des angles inédits, sa mécanique du suspense rigoureuse et qui ne laisse pas voir les coutures. Son univers est réaliste et jubilatoire. Quand il écrit une scène de séduction, Leonard ne tombe jamais dans la mièvrerie ; il sait parler de la connivence et de l’amitié comme personne, ses scènes d’action sont redoutablement efficaces et la violence n’y est jamais gratuite. Ses héros ont un charme irrésistible, notamment Chili Palmer dans « Get Shorty » (mon polar favori). Leonard prend son temps et accélère sans prévenir pour écrire une scène d’action magistrale, sans un effet de trop, sans une virgule inutile (la scène de massacre entre dealers dans « Out of Sight » est un modèle du genre). Ses méchants sont particulièrement réussis : le duo entre le tueur à gage indien et le petit blanc hystérique de « Killshot » est un morceau de bravoure. Comme tous les grands auteurs américains, Leonard est également très rigoureux dans les détails techniques ou historiques. J’admire ce professionnalisme. La rigueur mariée à une imagination impressionnante, c’est de la dynamite.

Un peu plus tard, je me suis plongée dans Manuel Vazquez Montalban pour lire tous ses Pepe Carvalho à la suite. La proximité du français et de l’espagnol, la qualité des traductions m’ont permis de goûter sans réserve la grande beauté de son style. Il m’arrivait quand j’avais un coup de mou pendant l’écriture d’un roman, d’ouvrir un Montalban au hasard et de lire quelques pages pour me redonner de l’énergie. Son écriture est à la fois délicate et puissante, sa vision du monde lucide et élégante, en grande partie parce qu’il n’assène jamais de leçon politique. Il donne à voir à des lecteurs adultes, leur offre un univers complexe et sensuel, et un regard singulier. Je crois que c’est Montalban qui a dit que le politique finissait toujours par transparaître, et que du coup il n’était pas nécessaire de durcir le trait.

Je suis allée à l’école du polar avec ces trois maîtres et j’ai mis des années à digérer leur technique, et à trouver ma propre voix. Dix ans au bas mot.

Claude Le Nocher : Réel ou réaliste, dans quelle mesure le roman doit-il être le reflet de la réalité ? 

Dominique SYLVAIN : Je n’ai pas de certitudes dans ce domaine. Plutôt des impressions variées. Les trois romans qui m’ont emballée récemment, « Lunar Park » de Bret Easton Ellis, « Kafka on the Shore » (Kafka sur le rivage) de Haruki Murakami et « White Teeth » (Sourire de loup) de Zadie Smith, réinventent un monde en partant (scrupuleusement) du nôtre. A partir de bases plausibles, ils nous embarquent dans un voyage stylistique, narratif, émotionnel d’autant plus fort qu’il est savamment architecturé. Les personnages s’expriment, s’habillent, vivent à peu près comme nos contemporains. Ils ont nos mauvaises habitudes et nos inquiétudes. Mais ce n’est que le début de l’aventure.

Ce qui est intéressant et source d’émotion, c’est que ces mondes recréés nous montrent des « reflets » de notre réalité. Dans le sens où le fantastique est juste derrière la porte. Comme dans ce roman de Murakami, « Danse, danse, danse » où le héros débarque dans une réalité parallèle grâce à l’ascenseur de l’hôtel du Dauphin. Le basculement du monde « réel » vers le monde imaginaire tient à peu de choses. C’est un froissement léger de la réalité, une discrète courbure de l’espace temps.

A priori, un roman qui est le reflet de son époque m’intéresse plus que celui qui est un reflet de la réalité. D’une part parce que la réalité est subjective : nous percevons le monde à travers le crible de nos sens, or, on sait par exemple que les couleurs n’existent pas dans l’absolu mais sont une production de notre perception. Et que la lumière est maîtresse du jeu. D’autre part parce qu’une époque englobe plusieurs réalités.

En revanche, j’émets un bémol concernant le polar. En tant que lectrice, je suis gênée par la réalité tronquée, et les histoires invraisemblables. Quand le revolver se comporte comme un pistolet, ou que les flics se prennent pour Prévert toutes les cinq minutes, ou au contraire passent leur vie à soigner leur gueule de bois, ou que les intrigues se résolvent à coups d’intuition subite. Il y a des éléments de réalisme de base qui me semblent indispensables, une fois ce fait admis, on peut décoller, délirer, réinventer, etc. Mais il faut un minimum. Et je crois que c’est pour cette raison que j’aime la façon dont le polar américain empoigne le réel. Même dans « Shutter Island » qui est un rêve, tout est réaliste. Ça n’empêche pas Dennis Lehane d’avoir un style éblouissant (à ne pas confondre avec un style joli) et de nous offrir un voyage vers des territoires mentaux à la fois connus et inconnus.

L’intéressant, c’est justement quand un auteur évoque une réalité proche de la nôtre et, dans le même temps, nous la fait voir sous un angle complètement nouveau. Un effet de proximité/distance difficile à réussir.

Souvent, pour écrire une scène, il est intéressant de partir du réel. On décrit la vitrine d’un magasin d’antiquité à Tokyo, située à côté d’un cimetière, et tout est vrai. Les objets dans la vitrine, l’allure déglinguée de l’enseigne en bois, les kanji écaillés sur la vitrine, le cri des corbeaux dans les arbres du cimetière. Et la fiction émerge d’autant mieux de cette réalité. Partir de données précises donne souvent du muscle à la fiction. Parce que l’histoire, les personnages obéissent alors à une logique. On en revient à l’histoire de l’ossature solide. Mais c’est pareil pour tous les arts. L’œuvre ne tient pas sans la composition.

D’autre part, j’avoue avoir un faible pour les auteurs qui osent se coltiner à la réalité, même s’ils en donnent une version subjective. Ils sont les plus courageux d’entre nous. Dans ce registre, j’admire Jonquet. Il est le seul à avoir osé travailler sur les émeutes de banlieues. Justement parce que c’est le sujet qui gêne, qui fâche, surtout à gauche. J’admire aussi « Les Particules élémentaires ». Ecrit dans un style volontairement plat, c’est un des rares romans français qui observe la réalité du déclin de l’occident. Pour moi, c’est un livre troublant. Il commence dans le marasme le plus réaliste, il finit comme un roman de science fiction. Tout comme dans « Lunar Park », le réel cède le terrain doucement à l’expression d’une sorte d’hyper réalité romanesque.

Claude Le Nocher : Qu’il s’agisse de la planification par un meurtrier avec préméditation, de la folie ou de la cruauté d’un tueur en série, de l’esprit de vengeance d’un assassin rancunier, les motivations des criminels de romans ressemblent-elles vraiment à la réalité, ou en sont-elles logiquement éloignées ? 

Dominique SYLVAIN : A mon avis, ces motivations ont plutôt intérêt à être logiques et vraisemblables. Et ça concerne tous les personnages et pas seulement les meurtriers. Il m’est arrivé de partir sur une histoire avec une grosse envie de feu d’artifice. Je me construisais mon petit opéra noir dans ma tête, avec l’intention de mettre les personnages au service de cette idée : il fallait que leurs motivations collent à mon projet pour obtenir l’effet escompté. Je les traitais comme des objets parfois, au lieu de les voir comme des êtres de chair et de sang, avec leurs propres désirs, leurs peurs, et surtout leur fonctionnement spécifique dans un écosystème économique. Aujourd’hui, j’ai changé de méthode. J’ai fini par comprendre qu’injecter du réel dans une histoire est un passage obligé, sinon on risque de déraper dans l’artifice, et d’écrire des histoires rocambolesques. J’ai compris qu’en veillant à toujours donner de vraies motivations aux personnages, on débouche sur des histoires intéressantes et touchantes aussi. C’est dans cet esprit que j’ai réécrit « Baka ! », mon premier roman qui était épuisé. J’ai revu toute l’histoire en donnant de vraies motivations à tous les personnages, même aux secondaires. Et cette deuxième version est à mon avis nettement meilleure que la première. Bien sûr, je recherche toujours le feu d’artifice et la jubilation, mais ça passe désormais par le travail sur le style, les inventions langagières, et l’angle d’attaque des scènes. Pour ce qui est des personnages, je me suis mise à les respecter, et à essayer de comprendre encore mieux leur vie. Même si je ne révèle pas tout, j’ai glané suffisamment d’informations pour les rendre plus denses. Par exemple, je dois savoir où ils vivent, visualiser leur rue, leur appartement, connaître une partie de leurs goûts, leurs moyens financiers, leurs amis, etc. Evidemment pour un meurtrier en série ou pour n’importe quel psychopathe, c’est plus délicat. Mais c’est jouable. Il faut se glisser un peu dans sa peau. Quelquefois, ça fatigue mais ça vaut la peine. Ce qui est difficile, c’est la cruauté. Il s’agit d’être plausible mais pas gore pour autant. Un détail suffit quelquefois, mais il faut réussir à le trouver. Il faut du temps, et de l’intuition. De la documentation aussi, mais pas seulement. Et il faut faire très attention parce que notre vécu est largement imbibé par la fiction visuelle, notamment celle des films et des séries policières. Il y a un panthéon grouillant de criminels sous nos crânes. Ils peuvent nous aider mais il faut savoir s’en dégager, trouver l’alchimie.

LES ROMANS DE DOMINIQUE SYLVAIN
Aux Editions Viviane Hamy : « Baka » 1995 - « Sœurs de sang » 1997 - « Travestis » 1998 - « Techno bobo » 1999 - « Vox » 2000 - « Strad » 2001 - « Cobra » 2002 - « Passage du désir » 2004 - « La fille du samouraï » 2005 - « Manta Corridor » 2006 - « L’Absence de l’ogre » 2007 - « Baka ! » mai 2007 (réédition du roman de 1995, dans une nouvelle version).
« Les passeurs de l’Etoile d’Or » (2004, Editions Autrement « Noir Urbain ») - « Mon Brooklyn de quatre sous » (2006, Editions Après La Lune « La Maîtresse en maillot de bain ») – Nouvelles dans « Petite ceinture » (2006) et « Bains Douches » (2007), Arcadia Editions 

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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