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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 10:32

Jean-Louis Nogaro : « Saint-Etienne Santiago »

(Ravet-Anceau, « Polars en Région » 2007)

Une dame âgée, Nadège Ponsil, décède dans une luxueuse maison de retraite des environs de Saint-Etienne. Rapidement, il apparaît au policier Gérald Séverine que cette mort n’est pas naturelle. Nogaro.JPGUne enquête sur la victime s’impose. On perquisionne son ancien domicile. Si la belle demeure est vide, le cadavre du fils de la propriétaire est retrouvé dans un cabanon du jardin. SDF, ce Frédéric Ponsil vivotait, notamment en vendant des objets ayant appartenu à sa mère (avec laquelle il n’avait plus de rapport)... Ancien professeur, divorcé, Eric Assemond s’est improvisé brocanteur. Il vit dans une certaine précarité, mais reste optimiste. Le lot qu’il a acheté au nommé Ponsil l’inquiète un peu, car le vendeur ne lui a pas semblé clair. De même, il s’interroge sur la visite à son dépôt d’un homme se disant collectionneur de vieux papiers. Dans le lot Ponsil, Eric est intrigué par une lettre de 1973. Peu après, un incendie ravage le dépôt d’Eric. Si la police s’intéresse peu au sinistre, le brocanteur se sent suspecté pour avoir récemment rencontré Frédéric Ponsil... Candidat d'un parti extrémiste aux prochaines élections l’avocat Yves Coukri est soucieux. Il a de bonnes chances de gagner, mais quelqu’un menace de révéler un épisode de son passé. Aidé de comparses, Coukri a déjà commencé à réagir. Surtout, il voudrait récupérer une lettre pouvant le compromettre… Grâce à son ami prof Lizard Sallibert, Eric peut espérer remonter la pente. Même si leurs retrouvailles, dans les circonstances présentes, lui semblent aussi curieuses que le comportement de son ami...

Le capitaine de police Gérald Séverine ressemble à « un épagneul breton sous la pluie, un épagneul triste et tenace ». Il traite ici une affaire à connotation politique, qui montre que les adversaires de la démocratie sont toujours présents. Tolérant et obstiné, le policier n’envisage pas de classer le dossier. Les méandres de ses investigations le conduisent par des chemins détournés jusqu’à la vérité. Le personnage d’Eric, brocanteur poissard impliqué dans des embrouilles qui le dépassent, apporte une note souriante. Suspense et enquête très réussis.

 

© Claude Le Nocher

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 10:11

 

EN SOUVENIR DE LA GUERRE

 

Certains auteurs choisissent d’évoquer la 2e Guerre Mondiale dans leurs romans, dont l’action est actuelle (ou postérieure à l’époque en question). Il peut s’agir de vengeance, thème classique dans la Littérature Policière. Ou bien c’est la vérité sur des faits remontant à cette période, que les héros recherchent. Souvenir-Guerre.JPGLa guerre est propice à tant de secrets ! Voici une sélection de romans récents qui, sous des facettes différentes, présentent un lien direct avec 1939-1945…

 

Sylvain Pettinotti : « Les oubliés du Vercors » (L’Ecir, 2006) 

Juillet 2004, à Saint-François-en-Vercors. Léo, 14 ans, est en vacances avec sa jeune sœur et leur père instituteur. Lors d’une sortie VTT, Léo et ses copains (Michael et Antoine) trouvent dans une cache la sacoche d’un soldat allemand de la seconde guerre mondiale. L’objet rejoint l’exposition sur la Résistance organisée par son père dans l’école. Cette nuit-là, l’église est cambriolée, l’expo vandalisée, et la sacoche volée. Léo pense que le site historique d’une ruine autrefois incendiée a été aussi visité. Il mène sa petite enquête avec ses amis. Ingrid, jeune et belle Alsacienne logeant à l’hôtel, sympathise avec eux. Plusieurs personnes ont des comportements suspects, et la ruine reçoit beaucoup de visites nocturnes, comme si ses murs recelaient des secrets...

 

Jean-Luc et Didier Arlotti : « Nous ne nous verrons plus sur terre » (Ed.du Valhermeil, 2005)

A Versailles, le commissaire Sivincci dirige une bonne équipe d’enquêteurs. Le suicide d’un retraité, Albert Magenaud, semble incontestable. Il s’est asphyxié avec les gaz d’échappement de sa voiture. On ignore la raison de son geste. Quant à la mort de Georges Landrageon, elle paraît accidentelle : il a chuté dans sa piscine. Dans les deux cas, on relève sur les lieux des traces de fuel et de salpêtre. Surtout, ces hommes du même âge étaient tous deux natifs de La Roche-Guyon, coïncidence méritant un complément d’enquête. Sivincci y envoie des policiers, où ils interrogent le vieux curé. et Albert étaient adolescents durant la deuxième Guerre Mondiale. Ils avaient un autre copain, Louis. La région abritait des gens recherchés, se cachant dans des boves, grottes bien dissimulées. Quand Rommel s’installa en avril 1944 au château de La Roche-Guyon, la situation se compliqua...

 

Harold J.Benjamin : « Morte en passant » (Editions Bénévent, 2005)

Printemps 2007. Dans une France au climat sécuritaire, un parti d’extrême-droite arrive au pouvoir suite aux élections législatives. Des responsables de ce mouvement sont nommés aux postes-clés. Déjà, une nouvelle carte d’identité est créée, authentifiée par un “Serment de citoyenneté française”. La liberté régresse. Employée de la Préfecture de Police, Aline est retrouvée étranglée dans une benne à gravats. La commissaire Zahia Cherkaoui et son adjoint Olivier enquêtent sur ce meurtre. Hostiles au pouvoir actuel, Aline et son mari Fabien s’interrogeaient sur l’avenir. Le soir de sa disparition, la jeune femme semblait inquiète. Esperandieu, son supérieur, nouveau directeur de la police, exprime son estime pour la victime, très compétente. L’ordinateur d’Aline a été visité après son décès. Il peut s'avérer dangereux de s'intéresser à une affaire qui trouve son origine avant et pendant la seconde Guerre mondiale…

 

Michel Dréan : « Keromansonge » (Ed. Chemin Faisant, 2006)

Lorient, base des sous-marins de Keroman. Un cadavre datant de la dernière guerre est découvert dans le mur d’un des bâtiments. Maigre indice, une chevalière ne permet guère d’identifier le corps. Vincent Terrach est un ex-policier, devenu détective privé à Lorient. Cliente aisée, Valérie Lecerf l’engage pour surveiller son mari Serge. Enceinte, elle pense que celui-ci la trompe. Vincent a bientôt la preuve que c’est le cas. Serge Lecerf est abattu sous les yeux du détective par un motard casqué. Son épouse demande à Vincent de poursuivre l’enquête. La rousse maîtresse de la victime n’est pas impliquée. Peu après, un commerçant vannetais est assassiné. Vincent pense qu’il existe un lien entre les deux meurtres. Anna est une vieille dame qui sent approcher sa fin. Elle se souvient de sa jeunesse. En 1938, elle s'installa à Lorient...

 

Sylvie Rouch: « Corps-mort » (Après la Lune, 2006)

François Laguigne est de passage du côté de Granville, dans le Cotentin. Son père, qui l’avait abandonné en bas âge, y est mort voici quelques jours, à l’hospice. Natif d’ici, ce père absent fut marqué par de sombres origines familiales. En juin 1940, le grand-père de François tenta de passer en Angleterre. Mais il échoua à Guernesey. A son retour en 1945, Charcot et Taupin dominaient la région. Ces deux-là étaient des trafiquants et des collabos, il pouvait le prouver. Quand il fut tué par Charcot, on ne condamna pas l’assassin. Aujourd’hui, les fils de ces profiteurs sont toujours puissants dans le secteur. ïn, ivrogne local, a repéré une tête empalée sur un pieu dans les moulières. Le lieutenant de police Laroche enquête. Avec l'aide de la gendarme Coisel, au caractère affirmé. Depuis qu’il a lu les carnets de son grand-père, François Laguigne veut lui rendre justice…

 

Bernard Morin : « Trahison à Guerlédan » (Ed. Alain Bargain, 2006)

Automne 1962. Quinquagénaire ayant besoin de repos, Edgar Morn séjourne au cœur de la Bretagne, non loin du lac de Guerlédan. Sa logeuse s’occupe de Pierre et Gaëlle, neveu et nièce orphelins. Gaëlle, 17 ans, est comme Edgar passionnée d’histoire et de littérature. Elle prend plaisir à en débattre avec lui, qui est plus expérimenté. La seconde Guerre Mondiale date d’à peine vingt ans. Elle laisse encore ici de douloureux souvenirs. Un groupe de maquisards fut abattu dans les gorges du Daoulas, trahis par le résistant Job Thoraval. Celui-ci est mort, mais sa famille est toujours détestée de la population. de la Résistance, Edgar Morn est convaincu de l’innocence de Thoraval. Il s’informe auprès de ceux qui vécurent le maquis, dont un héros local, le Dr Hervé. Job semblait se méfier de ce rendez-vous dans les gorges...

 

Christine Desrousseaux : « Drame au Cap Gris-Nez » (Ravet-Anceau, « Polars en Nord », 2006)

Lucette habite Wimereux, station balnéaire ancienne. Cette jeune fille, pas laide mais sans grâce, issue d’une famille de bistrotiers, est aide-jardinière au Parc du Moulin… Etudiante en astronomie, fille d’un pianiste réputé, la jolie Gaëlle séjourne pour plusieurs mois dans cette région qu’elle a connu étant enfant. Dès leur rencontre due au hasard, Lucette est très attirée par Gaëlle. Née dans un milieu aisé, méprisant ouvertement Lucette, Irène Botz entend accaparer Gaëlle. Bien que gênée par la différence sociale, Lucette reste proche de son amie – ce qui agace Irène. grand-mère et la mère de Gaëlle sont toutes deux mortes à l’âge de 24 ans, similitude qui intrigue Lucette. Propriétaire de l’ex-villa de la famille de Gaëlle, Mme Blanche confie une boite de souvenirs à Lucette...

 

Jean-François Coatmeur: « On l'appelait Johnny » (Liv’Editions 2006)

Le cargo du commandant Berthier va bientôt quitter la rade d’Abidjan. Avec l’accord du second, le capitaine Marzin, il accepte un passager clandestin, Blanck. Mêlé à un complot, ce Français pas très clair doit fuir le pays. De nuit, il embarque avec trois amis : Petrovian, sa sensuelle maîtresse métisse Ina Desroze, et Charles, le frère d’Ina. Malgré cet imprévu, le commandant s’arrange pour les loger à bord. La compagnie impose un autre passager, officiel celui-là : Lagouge, comédien en tournée. Situation difficile à gérer. Charles sympathise avec le comédien. Pétrovian se méfie de tous. On découvre Blanck pendu dans sa cabine. L’assassin est un certain Johnny, rôdant sur le navire. Des indices laissent à penser que ce meurtre est en rapport avec une affaire datant de 1943...

 

© Claude Le Nocher

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 10:06

Jérôme Bucy

Le “Dictionnaire des Littératures Policières″ de Claude Mesplède (Editions Joseph K.) écrit à son sujet : « Jérôme Bucy développe des intrigues complexes dans des ambiances mystérieuses, presque surnaturelles, nourries de descriptions de lieux imaginaires (le sémaphore des chimères) ou réels (le marché des Enfants-Rougesundefined à Paris) souvent inspirés de ses voyages. » La quête identitaire est au centre de ses trois premiers romans. Après Jérusalem interdite, il a publié Amères désillusions et La maison des Enfants-RougesAu printemps 2008, Jérôme Bucy a publié "La chambre d'ambre" aux Editions Belfond. Brève présentation de deux titres de cet excellent auteur.

« LA MAISON DES ENFANTS ROUGES » (Liv’Editions, 2004)

Paris. Dépressive et anorexique, Marine (18 ans) tente de se suicider. Sauvée, elle accepte de consulter un psy. En suivant une fillette vêtue de rouge remarquée dans le métro, Marine apprend qu’il existait des orphelinats appelés « Maisons des Enfants Rouges ». L’une d’elles se trouve encore en Bretagne, transformée en centre de vacances. Séjournant chez sa grand-mère, Marine visite Le Faouët. Elle prend contact avec Virginie, qu’elle surnomme la Madone triste, qui habite en face de l’ancien orphelinat. L’endroit garde mauvaise réputation. La petite Marion, mal-aimée des autres enfants, monte chaque nuit s’isoler au grenier. Comme Marine, Virginie a reçu une lettre anonyme, sous forme d’une cruelle comptine. Emue par Virginie, Marine veut l’aider à savoir ce qu’il est advenu de sa sœur disparue depuis peu. La deuxième comptine fait allusion à la chapelle Sainte-Barbe, au Faouët. La petite Morgane s’y rend avec le moniteur du centre de vacances. Elle y subit un grave choc psychologique. Marine et Virginie se rendent dans ce lieu si particulier, où quelques images troublent la jeune fille... Un remarquable roman à suspense. Suivant un parfait dosage, s’y côtoient le présent et le passé, la vérité et les apparences, les craintes et les doutes. La narration maîtrisée crée un climat d’étrangeté diaboliquement réussi.

« AMERES DESILLUSIONS » (Liv’Editions, 2003)

Jeune Américain de 23 ans, Jeremy Davenport vient en Allemagne afin de rencontrer son rencontrer son grand-père maternel, Kurt Steiner, qu’il ne connaît pas encore. Kurt est mort peu avant son arrivée au château, et l’accueil de son oncle Hans est glacial. Jeremy veut en savoir plus sur Kurt. Certains voyaient en lui un homme dur mais généreux. La plupart le décrivent comme un être froid, hautain, insensible. Avec ses amis Gunther, Klaus et Ernst, ils se sont enrichis grâce aux courses des chevaux qu’ils élèvent. Leur fortune peut expliquer qu’ils sont jalousés. Mais Jeremy découvre plusieurs mystères concernant les quatre hommes, dont l’un (Ernst) est décédé deux ans plus tôt. Les performances de leurs chevaux posent question. Jeremy se rend dans un petit village de l’île de Sumatra pour trouver des indices sur une « semence » dont on lui a parlé. Ce n’est que bien plus tard qu’il va comprendre de quoi il s’agit. En Allemagne, de nombreux bébés sont nés avec de graves malformations. On a accusé le marionnettiste Georg (dit Gepetto), mais Steiner et ses amis se sont servis de lui. Quatre tableaux sur Jeanne d’Arc furent autrefois volés en Picardie. Jeremy veut les rendre à la légitime héritière des œuvres... Une histoire solidement construite. Jérôme Bucy fait preuve d’une vraie habileté, entremêlant avec astuce les principaux nœuds de l’intrigue. La narration est aussi assez subtile, ne livrant qu’à petite dose chaque élément.

 

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 15:48

3 romans de Lucienne Cluytens

 

Les héroïnes de Lucienne Cluytens sont toujours singulières. La grosse Eva obsédée par un emploi de postière ; l’institutrice raciste dans Le petit assassin ; la naïve Mariette, qui flaire une affaire louche CluytensX2.JPGdans Les Peupliers Noirs. On aura compris qu'il s'agit d'histoires à la tonalité grinçante, avec une belle part d'humour décalé. Voici un aperçu de ces trois romans.

 

« LES PEUPLIERS NOIRS » (Ravet-Anceau « Polars en Nord », 2006)

Mariette, 26 ans, est employée à la maison de retraite Les Peupliers Noirs. Elle s’entend bien avec le cuisinier Marek, mais se méfie de l’infirmier Jacky. Le poste de Mariette étant encore précaire, elle craint Mme Fauquembert, la directrice. La jeune femme s’étonne du mariage de sa collègue Danielle avec Louis, octogénaire ami d’une résidante. Cette curieuse union parait ne choquer personne, pas même la directrice. Jacky influence certaines pensionnaires, leur prescrit des médicaments à risques, et se fait peut-être offrir des cadeaux. Mariette est sûre que l’infirmier est malhonnête.

Marek et Mariette ont aidé un SDF de 30 ans à s’en sortir. David a pu créer sa petite entreprise d’entretien de jardins. Mariette lui demande d’enquêter avec elle sur les agissements de Danielle, Jacky et Mme Fauquembert. Le trio aurait précédemment sévi dans une autre maison de retraite, où vols et détournements furent constatés. La mort du vieux Louis, après huit mois de mariage, confirme l’opinion de Mariette. Elle se sent bientôt repérée par ceux qu’elle suspecte. Le policier qu’elle contacte n’est guère intéressé par l’affaire, faute de plainte...

 

« LE PETIT ASSASSIN » (Liv’Editions, 2006)

Les parents d’Hermance étaient de riches colons d’Algérie. En 1959, elle fut témoin d’une tuerie. Elle reste marquée par l’image arrogante du jeune assassin. En 1977, Hermance a cinquante-six ans. Depuis longtemps, elle habite à Lille avec son mari Francis, militaire retraité. Elle est institutrice. Aigrie, elle n’apprécie ni ses collègues, ni les méthodes actuelles. Elle masque à peine son mépris pour les Arabes. Elle s’imagine persécutée, défiée par un élève. Akim Belkacem lui rappelle le gamin meurtrier d’autrefois. Jeune remplaçante, Christine tente d’amadouer Hermance, sans grand succès. Hermance cultive son obsession paranoïaque et raciste. Elle ne compte guère sur le soutien de son mari. Cet ivrogne et ses amis ont créé une douteuse milice de bistrot. Bien que vite étouffé, un récent incident inquiète Francis. Car la police pourrait s’intéresser à son arsenal d’armes à feu. Se croyant toujours visée par Akim, Hermance a une idée pour le faire renvoyer : elle place un pistolet appartenant à son mari dans le cartable de l’élève. Elle espère qu’un enseignant le découvrira. Son plan risque fort de déraper...

 

« LA GROSSE » (Liv’Editions, 2004)

Eva Calot, 29 ans, pèse 126 kilos. Elle vit dans les Ardennes, à Basse-Rive. Elle habite avec sa mère, une épicière âgée. L’obsession d’Eva est d’obtenir un emploi fixe au bureau de poste. Elle serait la plus compétente au guichet. Mais l’intolérant receveur la déteste. Il refuse de l’engager pour remplacer l’ex-titulaire, retraitée. La nouvelle employée se nomme Sandrine. Eva attise la jalousie de la jeune fille envers son fiancé. Elle provoque même le suicide de la crédule Sandrine. Eva est interrogée par les gendarmes, mais on ne trouve rien contre elle. A la poste, la place est libre. Pourtant, cette fois encore, le receveur en choisit une autre. Eva ne tarde pas à éliminer sa rivale. A Basse-Rive, on commence à parler de mauvais sort. Arrive une nouvelle guichetière. Eva peut-elle continuer à assassiner impunément ses rivales ?

 

© Claude Le Nocher

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 08:37

LES ROMANS D'ALAIN VINCE 
(aux éditions Terre de Brume)

Du raisiné sur le P'tit LU (2003)

C'est la canicule à Nantes. Le commissaire Noblet, la jeune policière Sylvie Boutron, un serrurier, et un huissier, ouvrent un appartement au loyer impayé. Il s'agit de l’ancien repaire des «Fils du Che», activistes emprisonnés. Ils y trouvent des armes, et un sac rempli d’argent provenant d’un hold-up. Sylvie abat les trois témoins, cache le sac, et brouille les pistes. Le lendemain, elle part en vacances. La disparition du commissaire n’est pas encore signalée. A Paris, elle fait quelques dépenses. N’ayant pas de projets précis, elle est embarrassée par cet argent. Elle croise son collègue Alex Binet. Sylvie joue la surprise lorsqu’il lui annonce la mort de Noblet. Tous étant rappelés à Nantes, elle doit suivre Binet. Sophie Noblet, la fille du commissaire, est la juge d’instruction qui dirige l’affaire. Le policier nantais Madec apparaît le plus efficace pour mener l’enquête. Sylvie le craint un peu, mais Madec a de la sympathie pour elle. La juge Noblet passe un accord avec «les Fils du Che» emprisonnés. Ils envoient sur place Spartaco, qui a pour mission de retrouver l’argent et le tueur. Sylvie devient intime avec sa voisine, la prostituée VINCE-COUV-3.JPGAlba, qui peut lui offrir des alibis. Le policier Binet est trouvé mort. Un flic anti-terroriste s’est joint à l’équipe du commissariat. Il suggère que Binet pouvait être l’assassin, hypothèse séduisante...

Haro sur le clown (2004)

Anatole Fox est un comédien méconnu. On l'engage pour jouer un clown lors de l’anniversaire d’enfants. Ce soir-là, à l’heure dite, il arrive chez d'anciens marchands d’art suisses qui se sont retirés à Saint-Mandé. Alors que Fox se présente à la porte de leur villa, la police survient. On accuse le clown d’avoir abattu le couple et leur fils handicapé. Tout l’accable, en particulier la vidéo de sécurité ayant filmé les meurtres. Fox est transféré à la brigade criminelle, Quai des Orfèvres. Joël Mahé, son autre lui-même, s’interroge sur la culpabilité de Fox. Il profite de la nuit pour s’évader. Dès le lendemain, Mahé commence à enquêter afin de prouver que Fox est innocent. Il a volé sa carte officielle au policier Tarca, ce qui va beaucoup l’aider. Mahé contacte l’agence ayant engagé Fox. L’excitante Aladine qui le renseigne peut s’avérer une alliée utile. Son talent d’acteur lui permet de questionner des témoins potentiels, et même des policiers qui le croient de l’IGS. Chez un hypnologue, il tente de revivre la scène du crime. Mais le praticien est assassiné. Fox reste l’unique suspect des vrais policiers.

Cinq nazes en Brière (2005)

Un courrier anonyme affirme que le décès de Gaétan Moyon dans le marais de Brière est un meurtre. Peut-être le début d’une série. Vaguement Briéron d’origine, le policier Julien Pézeron est chargé de l’enquête par le juge Beuvelet. Dans cette contrée vivant quasiment en autarcie, où les chasseurs visent d’abord les écolos et tout étranger, difficile de briser l’omerta. A part Tobie, un jeune un peu sauvage, Julien ne rencontre que l’hostilité. La famille Aoustin règne sur ce petit monde : le fils Pierre affiche des ambitions politiques ; vieil anar, son père Alfred vit en reclus. Il a engagé Lorette, prof d’histoire, pour raconter par écrit sa vie et celle des siens. La mort par noyade d’un copain de Moyon confirme qu'il s'agit d’une série. Ce qui paraît troubler le juge Beuvelet, lui aussi originaire du secteur. Julien en sait peu sur ses origines, ayant été élevé par sa seule mère qui s’étaient éloignée de la région. Il ignore aussi qui est intervenu pour qu’on lui attribue cette enquête. Il s'interroge sur les Aoustin, et explore une autre piste : celle d’une nommée Juliette, décédée en 1968, dont quelqu’un fleurit encore la tombe. Symbole légendaire de la mort, le Courtraix est un géant rôdant en Brière. «…C’est une drôle d’histoire, complexe, touffue et rude, comme on les aime en Brière» conclut Lorette à l’issue de l’affaire.. 

La remontée de la civelle (2007)

Région nantaise, en 2005. On découvre un cadavre puant, sans tête ni mains, dans la Loire, à Mauves. La commissaire Dihya Boubakeur et son laid adjoint antillais Philibert sont chargés de l’affaire. Confinés dans leur sous-sol, ils n'obtiennent que de dossiers secondaires. Lemarec, leur supérieur, s’occupe du suicide de son ami le député Duchemin. Grâce à un bout de civelle retrouvé à l’autopsie, Dihya suit une piste qui la mène d’un restaurant de Brière à un bar cajun de Paris. Malgré ses efforts, l’enquête risque d’être classée en “vaines recherches”. Les mains et la tête de la victime sont retrouvées, ce qui permet d’identifier un nommé Victor Thibaudot. Celui-ci exerçait la profession de sosie. A Paris, son ancien agent Timothée Craco et le photographe Jeff Guzman, confirment l'info. Victor a servi de sosie au député Duchemin. La veuve et la secrétaire du député, Bellina, n’ont pas l’air absolument franches. Victor était en rapport avec Félix Le Cunff, retraité des services secrets qui vient d’être assassiné. Selon un ancien collègue, Le Cunff exagérait l’importance de ses missions passées en Irak. Dihya n’en est pas certaine. Renforcée par l’arrivée du policier Edouard Tang, l’équipe recense d’autres cas de cadavres découpés. Quant au député, il fut l’objet d’un chantage. Dihya n’en a pas fini avec la piste des sosies, ce qui lui ouvre de nouvelles hypothèses... Ce foisonnant roman est riche d’une multitude d’autres péripéties. On s’interroge avec Dihya sur chaque détail de cette captivante énigme, sur le lien entre les protagonistes, sur le rôle de chacun, sur le motif des meurtres.

© Claude Le Nocher

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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 10:12

James Patterson : Promesse de sang (L’Archipel) - 01/2008

Nick Pellisante dirige à New York un service du FBI. Deux de ses hommes ont été abattus par Dominic Cavello,undefined lors de son arrestation. Puissant chef de la mafia que Nick traque depuis longtemps, Cavello va être jugé pour des crimes qu’il a commandités. Parmi les jurés à son procès, Annie DeGrasse est une comédienne qui élève seule son fils de dix ans. Les témoignages de mafieux repentis sont accablants pour le cynique accusé. Nick assiste au procès.

Tueur expérimenté, Remlikov a été engagé par les mafiosi pour faire cesser le procès. Par précaution, on isole les jurés. Sous les yeux de Nick, les sbires de Remlikov font exploser le bus transportant le jury. Annie est la seule rescapée. Cinq mois plus tard. Nick s’est mis en congé du FBI. Annie tente de surmonter le drame. Ils restent en contact. Le nouveau procès de Cavello est annoncé, hautement sécurisé. Remlikov est de retour à New York, où il organise l’évasion de Cavello au tribunal. Nick est blessé lors de cette action sanglante, et impuissant à empêcher leur fuite...

Mouvementé à souhait, ce thriller est impeccable. La fluidité de la narration constitue son atout majeur. On s’attache vite à la jurée, marquée par le drame, mais digne autant que sexy ; et à l’agent du FBI, allant jusqu‘au «bout du monde» pour que justice soit faite. Un scénario solide et captivant.

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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 09:12

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Gisèle Guillo : « Vol de pigeons à Arradon »

(Ed. Alain Bargain, 2007)

Rosalie est une femme mûre et séduisante qui vit avec son fils Charlie. Tous deux apprécient les beaux jeunes hommes. Rosalie dirige une boutique de luminaires à Paris. Cette façade respectable masque des trafics auxquels elle participe. Le camionneur Luciano la prévient qu’il y a des complications dans la livraison des colis. Leur maison-relais près du Golfe du Morbihan serait moins sûre. Le fournisseur livrera les paquets suivants par la mer. Ennuyeux car ni Rosalie, ni Charlie ne savent manœuvrer un bateau. Actionnaire de diverses sociétés, Timothée Lepic en possède un. Ce naïf accepte d’aider Rosalie, sans savoir ce que ça cache. Luciano propose que son ami Joseph leur donne un coup de main. Charlie ne veut pas se séparer du charmant étudiant Jean-Maurice. Le petit groupe s’installe à Vannes, essayant de se montrer prudent. Mais quelques mésaventures les attendent...

Une belle comédie policière de Gisèle Guillo, avec de savoureux portraits de Rosalie et de ses complices traficoteurs. Les péripéties se succèdent, servies par une narration fluide et des dialogues qui sonnent juste. Cette intrigue ne manque ni de suspense, ni d'humour.

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 10:32

SAINT-GERMAIN

un roman en deux tomes de Gerald Messadié

Avec le Chevalier d'Eon, Casanova, Raspoutine, et peu d'autres, le comte de Saint-Germain fut un des plus grands aventuriers de l'Histoire mondiale. Sa vie fut romanesque à souhait. S'il ne s'agit pas d'un polar historique, le roman en deux partie de Gerald Messadié (Saint_Germain.JPGchez Archipoche) nous raconte cette vie, avec une belle part de péripéties et de suspense. Voici ce qu'en dit la 4e de couverture :

« Son apparition en 1740 dans les salons de Vienne, Paris et Saint-Pétersbourg fait connaître le comte de Saint-Germain dans l'Europe entière. Partout, des rumeurs folles circulent sur son compte : il aurait plus de trois mille an, aurait connu Jésus-Christ, saurait fabriquer des diamants et se rendre invisible ! Mais d'où vient donc cet initiés, enveloppé dans un manteau de courtisan, occupé de magie et de brumeuses affaires d'Etat ? Et quel est son secret pour paraître trente ans alors qu'il en a le double ? Possède-t-il vraiment un élixir d'immortalité ?... le comte de Saint-Germain (1707-1784) : alchimiste, chef des francs-maçons, charlatan ? Ou plutôt agent politique de Louis XV et de l'impératrice de Russie ? Saint-Germain est un aventurier de haut-vol, découvreur du radium et occultiste de génie. »

La vie du comte de Saint-Germain fut diablement intéressante...

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