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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 10:39

CINQ FOIS CRIFO

 

Une sélection de cinq romans de Thierry Crifo...

 

« OBSESSION ELLE » (2004, Coll.Rail Noir)

En prison pendant quatre ans, Marc Voisin n’a pas cessé de penser à Eléonore. C’est à cause de son amour pour elle qu’il a été détenu. Il en sort aujourd’hui. Personne ne l’attend dehors. Ill ne veut pas être hébergé par des amis, refusant leur pitié. Dans le bus, à la gare, il retourne à la vie réelle. Dès ce premier jour, son but est la rue du Commerce. Eléonore habitait là ; elle y vit encore. Marc s’installe à l’hôtel Zola, au 2e étage, juste en face de chez elle, de la fenêtre de sa chambre.

Il y a quatre ans… Marc attendait Eléonore à la Gare de Lyon. Il lui offrait un voyage vers le Sud et le soleil. Elle n’était pas au rendez-vous. Bien qu’elle fut injoignable au téléphone, Marc ne paniqua pas : un malentendu, sans doute. Elle avait laissé sur le répondeur de Marc un message de rupture, pas hostile mais définitif. Il chercha à comprendre, la relança par courrier, rôda autour de chez Eléonore. Un soir, il s’énerva devant sa porte. Il frappa avec violence un voisin voulant le calmer. Ce sentiment d’abandon, il tenta de l’expliquer à son procès. La jeune femme n’y assista pas. On le décrivit comme immature et narcissique. Marc ne se pensait pas possessif : Eléonore l’avait trahiundefined, alors qu’il l’aimait... Il n'en a pas fini avec Elle...

En 2002, Thierry Crifo publia la nouvelle « Retour de flamme » dans le recueil « Billets brûlés » (Baleine). Voici une version longue de ce texte. Le sujet est simple : une brutale rupture. Mais, pour en évoquer les circonstances et les effets, l’auteur nous présente un récit subtil. Une histoire sombre et psychologique, très réussie. Le style personnel de Thierry Crifo ne manque pas d’une belle originalité.

 



« J’AIME PAS LES TYPES QUI COUCHENT AVEC MAMAN » (2004, Le Masque)

Bénédicte est une ado de 14 ans et demi, qui en paraît 18. Elle affiche un look gothique, tête rasé, vêtements informes masquant un joli corps qu’elle refuse. Son père est décédé depuis 8 ans. Elle vit avec sa mère, femme active. Plutôt, elles se croisent dans le même appartement. Souvent, elles ne se parlent que par messages téléphoniques. Parfois, Béné rencontre chez elles les amants de sa mère. Elle déteste ces « gros ventres » venant sauter sa mère dans « la chambre à niquer ». Béné voudrait une maman comme Meryl Streep, pas une telle salope... éné est attirée par les femmes. Elle aime sa copine Rosy, fiancée avec Marco. Et la belle Leïla du bar lesbien Chez Nénette. Et aussi Fanfan, batteuse d’un groupe hardcore.

Béné sait depuis 4 ans que son père s’est suicidé. Sa mère le lui avait caché. Une fois, Béné incendia la voiture neuve d’un amant de sa mère. Avec le même type, elle simula plus tard une agression sexuelle. Malgré un non-lieu, il ne s’en est jamais remis. Solitaire, Béné fait des films. Avec sa caméra, mais surtout dans sa tête. Bénédicte a disparu. Absente, sa mère alerte tardivement la police...

L’esprit tourmenté d’une ado habitée de profondes rancœurs n’est pas facile à décrire. Ce très beau portrait dépasse le simple « mal de vivre », exprimant toute la complexité de la jeune Bénédicte. Outre la psychologie, l’auteur propose aussi un subtil suspense autour de la disparition de l’héroïne.

 

« FEMMES DANS LA VILLE » (L’idée Bleue, 2006)

Recueil de deux nouvelles.

Les portes de la liberté. Maryse, 40 ans, sort de prison après trois ans de détention. Elle redécouvre la normalité, le plaisir d’un repas dans une brasserie et d’une après-midi sensuelle avec le serveur. Le soir, elle prend le train pour Paris. Elle remarque une jeune fille suspecte, qui dérobe bientôt le portefeuille d’un homme âgé. Maryse l’oblige à le rendre. Le vieux monsieur la remercie. A la gare Montparnasse, la jeune voleuse a été arrêtée. On désigne Maryse comme témoin. Elle refuse de dénoncer la fille. Vu sa situation, Maryse risque d’être impliquée. La policière qui l’interroge est compréhensive. L’avenir de Maryse s’annonce heureux…

Marguerite et les dimanches. Marguerite, 79 ans, est veuve depuis quelques mois. À Saint-Mandé, son appartement est bien ordonné. Restant très active, elle aide volontiers le voisinage. Elle a de vieilles copines, fréquente la Maison de Quartier. Elle participe à des activités théâtrales. M.Bertrand, l’animateur, l’attire plus que ce vieux dragueur de Gustave. Pour Marguerite, le dimanche est sacré. Ce jour lui rappelle tant de souvenirs liés à son défunt mari, Ernest. Et puis, il y a la coiffeuse et le marché. Ce dimanche-là, elle ne se réveille pas dans son état normal. Sortie hâtivement, elle ne retrouve plus ses repères. Marguerite est perdue…

Deux textes qui expriment une fois encore un réel plaisir d’écriture, caractéristique chez Crifo. Très réussis, ces portraits de femmes décrivent un moment majeur de leur existence. Deux histoires sensibles, attachantes, de belle qualité.

 

« FLAMBEUR » (Editions Le Passage, 2006)

Flambeur n’est pas n’importe quel quidam dans la foule anonyme. Il appartient à l’aristocratie des joueurs. C’est un as de la roulette, un champion des casinos, un roi des grosses mises. Les jeux d’argent sont toute sa vie. S’il perd, s’il doit retourner à un quotidien sans attrait, il n’existe plus. Dès qu’il en a de nouveau les moyens, quitte à s’endetter un peu, le frisson du jeu l’envahit. Sa destination préférée, c’est la Station Balnéaire. On y fait des efforts de promotion pour attirer la clientèle, en particulier les amateurs de jeux de hasard. Selon son rituel, Flambeur s’installe, se prépare. Au casino, il jauge les autres joueurs, flaire l’atmosphère. Il est dans son univers.

L’excitation monte. Flambeur sait gérer ses pulsions, pour que la chance soit avec lui. Des échecs, des déconvenues, il en a connu : cette fameuse course hippique qui pouvait lui rapporter le pactole, si le 4e n’avait été battu d’un rien ; ce « Tapis Vert » qu’il rata à cause du stress. Jouer à la Station Balnéaire, où se côtoient vacanciers, miss d’un jours, seniors, amants en week-end, autochtones commerçants : les sensations sont ici bien plus fortes. Près de Flambeur, ce Crétin gagne et frime, sans l’impressionner. Flambeur calcule et théorise. S’il est en veine, si la tactique est bonne, cette fois ce sera un coup magistral...

Ce très beau « portrait d’un joueur » n’est certes pas une histoire criminelle. Pourtant, le jeu assassin détruit la vie de Flambeur, héros solitaire et pitoyable qui se marginalise. Thierry Crifo peaufine ses descriptions des personnages ou de la Station Balnéaire. Le tableau n’est pas figé. L’action progresse par petites touches, ver l’inéluctable destin de Flambeur.

 

« PATERNEL A MORT » (Le Masque, 2006)

Cadre supérieur parisien surmené, le père de Sophie se montre exagérément protecteur avec sa fille majeure. Inventant des prétextes à ses absences, il passe des nuits entières à surveiller Sophie en cachette. Il admet mal que sa princesse intouchable, sa « liebellule », vive sa propre vie. Trop nerveux, il est parfois violent avec des inconnus. Il en oublie même l’anniversaire des 23 ans de Sophie. Son petit ami, ce Fred à barbichette fils de médecins, il ne l’aime pas du tout. Pourtant, Sophie et Fred déménagent pour habiter ensemble. Le père rôde autour du nouveau domicile de sa fille.

Il néglige sa femme Marthe et leur cadette Marie, 13 ans. Après de sévères disputes conjugales, Marthe pourrait bien se laisser tenter par le beau Marco, un copain de Fred. Sophie est heureuse dans son nid douillet pour petit couple normal. Epanouie, elle pense déjà à un bébé. Son père rumine ses souvenirs dans l’ancienne chambre de sa fille. Il écoute en boucle cette cassette qu’elle enregistra pour lui à 12 ans. Sa collègue Elisabeth “La Louve” cherche à le séduire : premier essai raté en club échangiste, puis rendez-vous au Lutetia qui se termine encore plus mal. Son idée fixe est incompatible avec le sexe. Son décalage avec le monde réel se creuse toujours davantage....

Il s’agit du magnifique portrait d’un père stressé, possessif à l’extrême, qui dérape jusqu’à l’inévitable drame. Ce récit noir, empreint de schizophrénie, est finement raconté. Des personnages fort glissant sur une pente fatale...

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 10:37

MARIE-CLAUDE DEVOIS

(extrait de son interview)

Claude Le Nocher : «Faits d’hiver à Montigny», votre dernier roman, débute lors du célèbre Festival polar de Montigny-lès-Cormeilles, autour duquel sont commis trois meurtres…undefined

Marie-Claude DEVOIS : «Faits d’hiver à Montigny»… Décembre 2007, dixième anniversaire du Salon du Polar de Montigny-lès-Cormeilles… Les invités du salon tombent comme des mouches… pourquoi ? Une nouvelle enquête du Juge Britten et une plongée dans ce monde étrange de l’écriture et de ses moteurs.

Que sait-on après tout de ces auteurs qui paraissent si « comme il faut » ? C’est une des questions que se pose Mathilde Demais, journaliste dépêchée par Val d’Oise Hebdo pour écrire un papier sur le Salon…Clé de voûte de cette affaire judiciaire, elle nous entraîne dans un monde en noir et blanc où réalité et fiction se mêlent intimement.

«Faits d’hiver à Montigny» c’est aussi un clin d’œil à cette ville qui a su relever un étonnant défi : faire entrer le livre dans la cité, amener des classes entières de jeunes à l’écriture pour leur apprendre la magie des mots et de la lecture… et cela méritait bien un coup de projecteur !

 

Claude Le Nocher : Le juge Edouard Britten est le héros récurrent de vos romans. Toutefois, vous laissez une large place à d’autres protagonistes dans ces histoires…

Marie-Claude DEVOIS : Oui, il y a bien d’autres personnages dans mes polars car le monde du Juge Britten est bien ce monde dans lequel nous sommes plongés au quotidien : avec des « gens » de chair et d’os que j’ai envie de mettre en scène car ils appartiennent à cette réalité : la greffière (que ferait-il sans elle, pas grand chose selon notre code de procédure pénale !) la boulangère (ça mange, un juge, et ça fait les courses quelquefois !) la famille, les amis, les collègues …

Edouard Britten est certes un héros récurrent mais qui cède (contre sa volonté bien sûr) la première place à un autre personnage : sa femme, ou bien encore une jolie journaliste…..

 

Claude Le Nocher : Dans «Faits d’hiver à Montigny», Mathilde s’interroge sur le fait que nul n’est à l’abri du crime, du passage à l’acte, surtout chez les romanciers…

Marie-Claude DEVOIS : Je confirme. Regardez l’actualité : un romancier polonais vient d’être condamné pour meurtre , lequel meurtre avait été décrit dans un de ses romans.

Mais on peut également regarder beaucoup plus loin en arrière : Pierre-François Lacenaire guillotiné en 1836. A son actif : faux en écriture, vols… puis double assassinat. Ecrivain frustré de n’être pas reconnu, il n’a imaginé que la voie criminelle pour obtenir du monde cette reconnaissance ! Sans parler du très célèbre Marquis de Sade, écrivain et philosophe… qui a passé 30 années de sa vie en prison, a été condamné à mort par contumace, et n’a finalement échappé à la peine capitale qu’à cause d’une «erreur administrative». Et à côté des condamnés, il y a la cohorte de ceux dont on ne saura jamais…qu’ils sont passés à l’acte !

Mais après tout, rien d’étonnant à cela : les statistiques révèlent que de nombreux criminels affichaient, avant d’être démasqués , un «casier judiciaire néant».

- Lire l'intégralité de cette interview de
Marie-Claude Devois sur
www.rayonpolar.com  

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 10:33
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Solenn Colléter

(extrait de son interview)

 

Claude Le Nocher : Ton premier roman littéraire « Je suis morte et je n’ai rien appris » est sorti en août 2007. Il traite de la délicate question du bizutage ?

 

Solenn Colléter : Programmé pour la rentrée littéraire 2007, le livre se déroule effectivement dans le cadre du bizutage au sein des grandes écoles françaises. J’ai voulu rebondir sur un fait d’actualité : la mutation autoritaire en septembre 2006 d’un agrégé de mathématiques, sanctionné pour avoir dénoncé le bizutage qui sévirait toujours entre les murs de son lycée. Il se trouve que cet établissement, le meilleur lycée privé de l’Hexagone, est justement celui où j’ai effectué mes « Classes Prépa » ; j’y ai moi-même à l’époque subi un rite initiatique que je continue à juger stupéfiant.

J’ai voulu, avec le recul, ma colère désormais largement apaisée, partager cette expérience. Combattre les clichés, les idées reçues sur le bizutage. Explorer les dynamiques de groupe, l’instinct grégaire, les petits courages, les grandes lâchetés. Démonter les mécanismes de manipulation mentale mis en jeu, infiniment plus subtils et pervers que ce que l’on imagine. Montrer comment un grand gaillard de dix-huit ans, en pleine forme, intelligent, cultivé, peut passer une semaine à pleurer, vomir, s’évanouir, puis, un beau jour, se réveiller avec comme seul souvenir de cette épreuve celui d’une aimable partie de rigolade, tradition nécessaire à perpétuer à tout prix pour le bien des nouveaux élèves.

 

Claude Le Nocher : Ton livre n’aborde-t-il pas aussi la problématique de l’éducation des élites ?

 

Solenn Colléter : Le système éducatif formate au lieu d’ouvrir l’esprit et il est consternant de voir que les plus grandes écoles, parfois, s’y emploient par la force. Il est terrifiant, surtout, de constater que la France est dirigée par des individus (hommes et femmes politiques, PDGs du CAC40) qu’il a été si facile de transformer, à un moment de leur vie, en sous-hommes puis en tortionnaires.

 

Claude Le Nocher : En parallèle avec cette analyse engagée du bizutage, « Je suis morte et je n’ai rien appris » déroule aussi une intrigue à suspense. Pourquoi l’avoir voulu ainsi ?

 

Solenn Colléter : Je crois beaucoup à la fiction, pour amener à s’intéresser à un sujet un lecteur qui n’aurait pas naturellement tendance à le faire. Une intrigue ludique (mais elle aussi porteuse d’un message si tu regardes bien) me semblait primordiale pour aller au devant du lecteur, le prendre par la main, le faire basculer avec moi dans l’enfer du bizutage. Je fais le pari qu’une fois mis en situation, quand il se sentira lui aussi mordu par la faim, le froid, la douleur, le manque de sommeil, la haine de soi, le lecteur initialement indifférent sera lui aussi fasciné par cet incroyable lavage de cerveau.

 

Lire l'intégralité de l'interview de
Solenn Colléter sur
www.rayonpolar.com

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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 10:30

Huit romans de Christian Denis

[contact : 06.79.45.04.43]

 

« BON A TIRER » (Liv'Editions, 2002)

Patrice est le véritable auteur des romans policiers signés par Balizaire, personnalité médiatique. Ce soir-là, Patrice va publiquement dévoiler la supercherie. Il apporte d’incontestables preuves. Balizaire crie au complot, menace ! Mais Patrice l’a discrédité devant la France entière. Tandis que Balizaire disparaît (momentanément ?) Patrice voit reconnaître ses mérites. Il est publié, commence à vivre de ses écrits. C’est de façon insolite qu’il rencontre Annabelle. Celle-ci débarque à Paris, venant d’Angoulême. Issue d’une famille ultra conformiste, la jeune fille veut changer de vie. Sans prévenir06--DENIS-2.JPG ses parents, elle devient la compagne de Patrice.

Leur voyage en Irlande est moins réussi que prévu. Un homme les suivait. Un sbire de Balizaire ? Ce type va subir quelques ennuis de santé. Retour à Paris, où Anne – que le couple a connu aux îles d’Aran – les rejoint bientôt. Annabelle supportant mal la pollution parisienne, Patrice et elle s’installent en Anjou. Richard, un petit voyou, est surpris par Anne alors qu’il cambriolait l’appartement de Patrice. Il est payé par Balizaire, lequel cherche à se venger. Patrice va de nouveau lui tendre un piège. Cette fois le « gros » Balizaire ne peut plus nuire à Patrice. Mais il surgit dans la maison campagnarde du couple, menace de les tuer. Heureusement, un ange gardien veille et intervient.

Balizaire s’est réfugié dans un monastère. Alors que le père d’Annabelle (homme aux idées farfelues ou visionnaires) les rejoint, Patrice s’interroge sur la repentance de Balizaire. Il n’a pas tort. Profitant de la naïveté des moines, Balizaire subtilise le manuscrit ignoré écrit par le défunt frère Athanase – ainsi que deux incunables, qu’il vend pour se refaire une santé financière. Habilement, il refait parler de lui en bien, puis se présente comme l’auteur du livre sur Saint-Augustin (œuvre d’Athanase). Patrice devine vite une nouvelle arnaque. Bien difficile à prouver, car les soupçons ne suffisent pas. Une visite à la sœur du moine décédé leur offre de quoi griller définitivement l’imposteur…

 

« ACCORD PARENTAL SOUHAITABLE » (Liv'Editions, 2002)

Par hasard, Jeanne apprend ce que Gérard a manigancé 19 ans plus tôt pour l’épouser. Mariage sans passion, trois enfants – dont Béatrice, l’aînée. Jeanne cause la mort de son mari. Un accident, en apparence. Catherine, l’amie de Jeanne, a son rôle dans cette sombre affaire. François, séduisant jeune universitaire, est gêné par une maladie de peau, qui nuit à ses relations avec les filles. Jocelyne (étudiante) et lui pouvaient former un couple idéal. Un problème surgit. Il cherche son salut dans la fuite, refusant un poste important.

Les années passent. Devenu historien reconnu, écrivain et enseignant, François rencontre Jeanne. Malgré les filles de celle-ci, une opportunité pour tous deux. « Histoire d’amour » intéressant peu l’égocentrique Emmanuel, ami de François. Lui n’est pas si attaché à Catherine. Durant des vacances en commun, il séduit la jeune Béatrice. Est-ce par crainte de Catherine que la jeune fille disparaît ? Jeanne et François la retrouvent dans les Alpes, soignée pour dépression...

 

« PETITS MEURTRES NANTAIS » (Editions d’Arçay, 2005)

Louis-Marie Le Goupil est un publicitaire nantais indépendant. Homme cultivé, amateur de bourgogne blanc, marié à Agathe, il a deux enfants. Il dirige son agence avec succès. Un soir, il croise un groupe de jeunes femmes en goguette, menées par Alexandra. Une des copines enterre sa vie de célibataire. Louis-Marie passe la nuit avec leur amie Caroline. Dès le lendemain, il déchante. La rencontre ne doit rien à sa séduction. Ce n’était qu’un jeu entre filles. Pourtant, il reste obsédé. Il engage Caroline pour une campagne de pub. Ayant appris qu’elle a un petit ami, il ne renonce pas.

Caroline a été étranglée, alors que Louis-Marie venait de passer deux jours avec elle en secret. La police n’a pas de meilleur coupable. Le publicitaire emprisonné, son agence décline et sa femme prévoit de divorcer. Quand une amie de Caroline est à son tour assassinée, Louis-Marie est disculpé. Grâce à son livre «  La publicité dans la littérature », il connaît une certaine notoriété. Il est bientôt rejoint par ses enfants, qui ne supportent plus leur mère maniaque de la propreté. Alexandra, meneuse du groupe de jeunes femmes, devrait être interrogée. Mais le tueur reste dangereux. Les enquêteurs trouvent un suspect sérieux, un homme s’étant fait plumer comme un pigeon lors d’une autre virée entre filles. Pour Louis-Marie, l’affaire n’est pas terminée…

 

« MASSACRE A LA FAUTE-SUR-MER » (Éditions d’Espard, 2006)

L’oncle Sébastien, son neveu Pierre, l’inspecteur Renaudin, et leurs compagnes, sont en vacances à La Faute-sur-Mer, en Vendée. Le sharpeï alcoolique La Dent est là aussi. Marcel, un vieil ami de Sébastien, vient de se faire égorger. Il lui avait demandé de veiller sur son petit-fils, Benoît. Cet ex-étudiant aux Beaux-Arts abuse de la bibine. Il n’est pas impliqué dans le meurtre de son aïeul. Marcel avait retrouvé de la drogue et une forte somme, perdus par des trafiquants. Sébastien et Pierre ne tardent pas à découvrir où il a caché cette fortune (de mer).

Logeant chez le vieil Émile Raballand, un trio d’Américains menacent Sébastien. Brad Pitbull et ses copains Indiens sont les émissaires des trafiquants. Dopé, le sharpeï s’occupe de Brad. Quand ce dernier est égorgé, on soupçonne les Indiens en fuite. Sous l’influence de sa nouvelle amie Céline, Benoît se remet au dessin et à la peinture. La jeune femme est moins innocente qu’elle paraît. Arrêtés, les Indiens nient les meurtres. Sébastien s’interroge sur Émile Raballand, victime d’une attaque cérébrale qui entraîne son décès. C’est son employée, Yvonne, qui hérite de sa ferme. La jeune Yvonne n’est pas si demeurée qu’on l’a dit. Benoît et elle rénovent la ferme pour en faire un vrai gîte et organiser une expo.

 

« LA DUCHESSE DES NANTAIS » (Editions E.C.D., 2006)

L’oncle Sébastien, son neveu Pierre, et leur tribu incluant l’inspecteur Renaudin, vivent à Nantes. Lors d’un vide-grenier dans son quartier, Sébastien achète de vieux cahiers. Il s’agit d’un manuscrit relatant l’histoire de Françoise d’Amboise, Duchesse de Bretagne au 15e siècle. Respectée par le petit peuple, cette dame pieuse et riche aurait laissé un trésor caché. Sébastien situe bientôt l’endroit où il serait dissimulé. Il acquiert ce terrain de deux hectares. Sur une telle surface, les fouilles s’annoncent fastidieuses. Sous prétexte d’archéologie, les scouts de l’intégriste abbé Souiller peuvent apporter une aide utile. A défaut de trésor, on déterre un menhir d’un intérêt historique relatif. Pourtant, la propriété attire beaucoup de monde : une rave-party sauvage, où un petit dealer égare une précieuse clé ; le gourou des « Gaéliens », escrocs dont les projets seront contrariés ; Merlin, un vieux Celte susceptible et rancunier ; des malfrats, dont le chien alcoolique de Sébastien va s’occuper ; des gens du voyage, invités par on ne sait qui… Pendant ce temps, les fouilles restent vaines. Le mystérieux ultime message de la Duchesse n’éclaire guère Sébastien et les siens. Le policier Renaudin enquête, lui, sur les meurtres du dealer de la rave et d’un indic...

 

« TERREUR AUX SABLES D’OLONNE » (Editions ECD, 2007)

Esthète philanthrope, l’oncle Sébastien est toujours entouré de sa tribu : sa compagne Annette, son neveu Pierre et son épouse Aurélie, l’inspecteur Renaudin avec sa smala. Sans oublier l’abbé Souiller, le prêtre intégriste, de nouveau actif grâce au pape Benoît XVI. Une vieille dame des Sables d’Olonne a raconté à l’abbé une histoire de « trésor maudit », caché quelque part dans l’ancienne ferme de sa famille. Le prêtre en parle à Sébastien, qu’il sait expert en la matière. Selon un ami journaliste, bien renseigné sur le contexte de l’affaire, il ne s’agit pas d’une légende. Intéressé, l’oncle Sébastien loue une villa dans la région des Sables d’Olonne, pour lui et les siens. Il n’est pas seul à connaître l’existence du trésor. Ex-prostituée, Mylène est la petite-fille de la vieille dame. Elle s’est installée dans le secteur avec une bande de motards patibulaires. Sébastien s’avoue sensible au charme de Mylène.

Pour calmer l’agressivité des motards, Sébastien fait appel à Moïse, le gardien de sa propriété en Val de Loire. L’Estonien Moïse et son ami Irakien Rachid sont d’anciens militaires aux méthodes efficaces...

 

« HECATOMBE A LA ROCHE-SUR-YON » (E.C.D., 2007)

Le jeune Aziz, d’origine marocaine, a trouvé un ciboire ancien, objet religieux de grande valeur. L’oncle Sébastien est informé de cette découverte. Toujours en quête de trésor, cet esthète nantais se renseigne. Le ciboire peut provenir du butin d’un mythomane qui, durant la Révolution Française, se prétendit évêque de Vendée. Si Aziz, rappeur inspiré, fait confiance à Sébastien, il ne lui indique pas où il trouva l’objet. Dans sa cité, Aziz se méfie des intégristes musulmans. Au nom de l’Islam, les barbus veulent le racketter. Ce qui n’arrange pas le moral du Chibani, le père d’Aziz.

Quand le jeune homme est assassiné, Sébastien charge Rachid (un de ses protégés, ancien baroudeur) d’infiltrer la communauté où vivait Aziz. Cette initiative attire l’attention de Sylvie Morel, séduisante commissaire de la DST. Sébastien et elle ont la même cible, mais l’enjeu est très différent : lui vise le trésor, elle sait qu’un terroriste va venir ici préparer un attentat. En l’absence de sa compagne, Sébastien devient intime avec la jolie policière. Rachid repère un autre objet catholique chez les intégristes musulmans. Preuve qu’ils possèdent les pièces religieuses trouvées par Aziz. Le terroriste est arrivé. Sébastien et la commissaire pensent qu'il vise une free party, une rave près du site d’une pittoresque guinguette...

 

Et un roman-jeunesse : « COUP DE GENIE » (Editions ECD, 2006)

Si Mlle Lepetit était plus juste avec Kévin Martin, bientôt 12 ans, tout irait mieux pour lui en classe. Petits délinquants, les frères Bastard le prennent parfois pour cible. Dans sa famille recomposée, le beau-père de Kévin est un crétin rendant sa mère dépressive. Le jour où il trouve une lampe de poche usagée, la vie de Kévin change radicalement. La lampe abritait un génie nommé Hugo, qui exauce les vœux de Kévin. Ça lui rend bien service, à condition de ne pas en abuser. Sous la surveillance de Sir Walter et de son ami Max, Kévin est progressivement initié au sein de leur Confrérie. Il utilise les lunettes à lire dans les pensées des autres, apprend que les nains de jardin ne sont pas seulement décoratifs.

Quand son collège reçoit des élèves Suédois, Kévin tombe amoureux de Suzan. Le magique chewing-gum qui permet de parler des langues étrangères aide Kévin à conquérir Suzan. Grâce à l’avion d’un manège secret, Hugo et Kévin voyagent loin et vite. Pourtant, Sir Walter et Max savent que des dangers guettent leur jeune protégé...

 

[contactez directement Christian Denis : 06.79.45.04.43]

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:28

JEAN-PIERRE FERRIERE
interviewé pour
www.bibliopoche.com à l'automne 2006 :

 

Claude Le Nocher : Vous avez aujourd’hui 50 ans (de carrière). Dans quelles circonstances Frédéric Ditis vous proposa-t-il d’écrire pour sa collection «La Chouette» ?

Jean-Pierre Ferrière : J’ai effectué mon service militaire au Maroc, à Rabat et à Casablanca. Des relations de mes parents qui travaillaient à Radio-Maroc m’ont suggéré d’écrire des pièces, qui ont été acceptées et diffusées – ce qui a beaucoup impressionné mes camarades de chambrée et mes supérieurs ! Pour moi, ce n’était qu’un jeu. Libéré et rentré à Paris sans un sou, j’ai cherché du travail. Grâce à une annonce publiée par le Figaro (dans un roman on n’y croirait pas) je suis devenu le secrétaire de Brigitte Bardot, qui était déjà une star. Moi qui ne pensais qu’au cinéma (mon rêve : être assistant, puis réalisateur) j’ai tenté de me rapprocher du très sympathique Roger Vadim… au moment même où celui-ci se séparait de sa glorieuse épouse. Déception ! Pendant ce temps, l’une de mes amies qui connaissait Frédéric Ditis (lequel était à la recherche de jeunes auteurs pour sa maison d’édition) lui a, sans me le dire, fait lire mes textes de radio. Accroché, Ditis m’a convoqué, et très vite proposé un contrat. Perplexe et moyennement motivé, je me suis lancé… tout en abandonnant Brigitte Bardot ! Le manuscrit terminé, je l’ai remis à Ditis. Sa réaction a été plus que mitigée : « Je ne m’attendais pas du tout à ça ! » Ce à quoi j’ai répondu, très décontracté car persuadé que ce roman serait à la fois mon premier et mon dernier : « C’est ça ou rien ! » Ditis a soupiré et s’est résigné à le publier, avec une formidable couverture signée Gianni Benvenuti. C’était « Cadavres en soldes ». Résultat des ventes : 50 000 exemplaires en quelques semaines, et de nombreuses lettres de lecteurs réclamant la suite des aventures des sœurs Bodin, mes deux héroïnes. Stupéfait mais beau joueur, Ditis m’a pressé de lui donner un second « Bodin », puis un troisième, puis un quatrième… Au septième, j’ai réclamé le droit d’écrire autre chose ; ce qui, bien sûr, m’a été accordé.

CLN : Ditis et vous semblez être resté amis puisque, au début des années 1980, vous avez été publié chez « J’ai Lu » ?

J-P.Ferrière : Amis et complices, puisque Ditis a publié chez J’ai Lu, qu’il dirigeait, mes Grands Romans parus au Fleuve Noir, puis des inédits. Je peux dire qu’il a été mon père spirituel, et que je lui dois ma carrière. Quand il a quitté J’ai Lu pour Le Livre de Poche, il m’a emmené dans ses bagages… où je n’avais peut-être pas ma place ! Heureusement « Bronzage intégral » est sorti au début de l’été, et fut un succès. Mon second roman, « Une femme sans histoire », a été acheté par la télévision dès sa parution. Ce qui a momentanément muselé mes « opposants », car j’en avais.

CLN : Entre temps, vous avez appartenu au « Fleuve Noir Spécial-Police ». Quels furent vos rapports avec cet éditeur, vous qui étiez un auteur déjà confirmé ?

J-P.Ferrière : J’ai publié une trentaine de livres au Fleuve Noir dans une ambiance formidable : on me fichait une paix royale ! J’écrivais ce que je voulais, sans censure, sans conseils, sans ordres. Comme, à cette époque, j’étais très sauvage, je ne voyais presque personne, et cela me convenait parfaitement. Mais je garde un très bon souvenir de Patrick Siry et Jean-Marie Carpentier.

CLN : A part les sœurs Bodin (7 titres), Evangéline Saint-Léger (4 titres), et des héros apparaissant dans deux aventures, vous n’avez pas souhaité créer un personnage pour une longue série ?

J-P.Ferrière : Non, je n’ai jamais eu envie de me lancer dans d’autres séries. En revanche, j’aime faire revivre des personnages que j’ai déjà utilisés. Comme Florence Farnèse, star de théâtre et de cinéma, la soixantaine champagnisée, renaissant sans cesse de ses cendres, et ne vieillissant jamais. Elle a, selon les histoires, l’un des rôles principaux, ou doit se contenter d’une « participation ».

CLN : La ville (inventée) de Châtignes sert de décor à plusieurs de vos romans. Il s’agirait de votre ville natale, Châteaudun ? Elle a dû évoluer, non ?

J-P.Ferrière : Châtignes est, bien entendu, un Châteaudun en réduction. Mais un Châteaudun vu avec mes yeux d’enfant ou de collégien. J’ai toujours l’impression qu’il y pleuvait tout le temps (ce qui est évidemment faux) ; et que les commères et les curieux y étaient nombreux (ce qui est évidemment vrai). J’habitais face au Mail, promenade plantée de gros marronniers ; un endroit propice au rêve et au mystère. C’est depuis longtemps un parking… que je n’ai jamais vu, et que je ne veux pas voir !

CLN : Vous avez été un des premiers auteurs français à introduire des personnages homos ou ambigus dans vos romans ?

J-P.Ferrière : Il est exact, je crois, que j’ai été l’un des premiers à faire d’un jeune homme ouvertement gay le héros d’un roman en 1964, avec « Un diable sur mesure ». Merci au Fleuve Noir, qui n’a pas tiqué… et à Germaine Beaumont, qui m’a fait une très bonne critique dans Les Nouvelles Littéraires. Elle m’a commandé une version radio du livre, pour son émission Les Maîtres du Mystère, à laquelle j’ai collaboré pendant une douzaine d’années. Bien sûr, il n’y avait pas de scènes choquantes. Mais toute l’intrigue reposait sur le fait que le jeune meneur de jeu était homosexuel, et ne s’en cachait pas. J’ai d’ailleurs repris le thème en 1999, dans « Le passage du gay », en l’enrichissant d’une seconde partie. Car « Un diable sur mesure » avait une fin ouverte. Cette nouvelle version est évidemment beaucoup plus réaliste, et ne craint pas d’évoquer les amours et les désirs de mon héros. Depuis « Un diable sur mesure », j’ai souvent mis en scène et en lumière des gays dans de nombreux romans. Je crois que le plus émouvant est le personnage principal du « Trouble-Crime ».

CLN : Il suffit de lire vos romans pour deviner votre passion du cinéma, thème que vous abordez souvent. Satisfait du résultat quand vos livres ont été adaptés (parfois vous y avez contribué) ? 

J-P.Ferrière : J’ai toujours eu la passion, la folie du cinéma. Entre 15 et 45 ans, je voyais au moins un ou deux films par jour, et j’étais un rat de cinémathèque. D’ailleurs, j’ai l’habitude de dire que mes romans sont les films que je n’ai pas tournés… J’ai aimé l’adaptation de « Constance aux enfers » [avec Michèle Morgan] – à laquelle j’ai beaucoup collaboré. Moins celle des « Veuves » qui s’est faite sans moi ; mais j’ai eu l’immense bonheur d’avoir Danielle Darrieux – mon idole depuis l’âge de sept ans – pour interprète. Elle est devenue une amie très chère… A la télévision, je me suis beaucoup amusé avec Alice Sapritch, pour « Une atroce petite musique ». Elle n’était pas le personnage, mais avait une telle présence qu’elle embarquait tout le monde avec elle. J’ai adoré Danièle Lebrun et Martine Chevalier dans « Une femme sans histoire ». J’ai oublié le reste… mais il me semble que « Cadavres en vacances » (malheureusement invisible aujourd’hui) était un nanar très rigolo, avec l’irrésistible Noël Roquevert en commissaire ! Mes regrets : ne pas avoir eu l’occasion de concrétiser les projets, pourtant très avancés, que j’avais avec deux excellents amis : Jacques Demy (dont j’étais fan) et Michel Drach.

 

DEUX LIVRES RECENTS DE JEAN-PIERRE FERRIERE

« Les ténébreuses » (Noir Délire, 2006) Réédition de trois romans.

Marie-Meurtre (Réédition de « Une atroce petite musique », Fleuve Noir 1971) : Marie, bientôt 40 ans, est bibliothécaire à Châtignes. Cette célibataire est assistée dans son travail par la jeune Joëlle, éprise d’un fils de notaire. Marie a connu l’amour vingt ans plus tôt avec Daniel, qu’elle aime encore, mais qui épousa la riche Irène. La vie de Marie est bousculée par l’arrivée de son frère Gérard. Celui-ci meurt chez elle d’une attaque cardiaque. Peu après, un truand parisien nommé Clarence apparaît, cherchant des bijoux volés. Marie voit là l’opportunité de se venger d’Irène. Elle oblige Clarence à la supprimer. Le plan de Marie fonctionne, même s’il s’agit réellement d’un accident...

Un diable sur mesure (Fleuve Noir 1965) : Hélène tient une boutique d’antiquités à Châtignes. Sa sœur cadette Jeanne est mariée à Etienne, souvent absent. Ils habitent la maison d’Alexandre Sauvage, qui fut un célèbre pianiste. Ils logent au rez-de-chaussée, lui à l’étage. Alexandre vient de mourir. Le jour de l’enterrement, Etienne découvre que Jeanne s’est suicidée. Hélène affirme au policier Vialles qu’elle n’y croit pas. Pourtant, Etienne a un alibi. Dans son journal intime, Jeanne confessait sa relation amoureuse avec Alexandre. Cette fois, le suicide n’est plus douteux. Stéphane loge à l’hôtel de Mme Cochart. Il fut le seul proche aux obsèques d’Alexandre Sauvage...

Le dernier sursaut (Fleuve Noir 1986) : Pauline, 50 ans, est employée dans une agence de documentation photographique. Elle mène une vie sans fantaisie. Même ses vacances à Saint-Jean-Cap-Ferrat sont moins glorieuses qu’elle ne le laisse entendre. Jean-Marc, un de ses jeunes collègues de l’agence, vient d’être assassiné. Il était l’amant d’Agnès, une autre employée, qui est enceinte de lui. Pauline éprouve de la tendresse pour ce couple : elle a autrefois connu une situation similaire avec un homme ressemblant à Jean-Marc. Pauline décide de protéger Agnès et de retrouver le meurtrier. Son enquête progresse vite. Ce crime a un rapport avec l’élection de Miss Trouville en juin 1946...

 

« Cinémaniaques » (Noir Délire, 2007) Réédition de trois romans.

Cinémassacre (Cinémaniaque, Fleuve Noir, 1973) Dix ans après sa sortie en salles, le film de Jean-Gabriel Ernal est diffusé à la télévision. Son unique film fut mal compris à son époque. Aujourd’hui, le cinéaste tient une boutique d’antiquités avec son ami Tony. Ce passage à la télé peut être une nouvelle chance pour Françoise Constant, ex-grande vedette dont la carrière décline depuis longtemps. Ernal retrouvera peut-être l’envie de tourner. Plusieurs meurtres ou tentatives de meurtres se produisent dans les jours qui suivent. Quelqu’un s’attaque aux « anciens » de cette production. On ne sait ce qu’est devenue Léna lord, la jeune actrice du film. Le jeune journaliste Bruno Merlier mène sa propre enquête, ce qui lui fournit des articles-choc. Il espère se montrer plus malin que la police…

Le bel imposteur (Le Livre de poche, 1986) Lionel Vignon est depuis dix ans le mari de la célèbre comédienne Doris Arnal. Etre « M.Arnal » le dérange un peu. L’impresario de son épouse lui propose de signer une pièce de théâtre qui n’est pas de lui, dont elle a acheté le texte. Lionel s’interroge. Il n’est pas long à comprendre que cette Mme Mercier, le supposé auteur réel, joue la comédie. Le vrai auteur, Bernard Berthelot, a été assassiné. Lionel cherche à en savoir plus sur ce meurtre. En même temps, il découvre un aspect insolite ignoré de son propre passé...

Le trouble-crime (Fleuve Noir, 1985) A la fin de son service militaire, Philippe ne retourne pas chez lui à Châtignes. Il est tombé sous le charme de son ami Maxime, qu’il rejoint à Paris. Libéré trois mois plus tôt, Maxime a dû en profiter pour organiser l’achat d’un commerce qu’il tiendront ensemble. A Paris, Maxime a disparu. Grâce à la gardienne, Philippe s’installe dans l’appartement de son ami. Le jeune homme est désorienté par les relations de Maxime, par les lieux pour homos qu’il fréquente. Maxime semblait faire chanter le n°2 d’un petit parti politique. Il aurait volé les tableaux d’une vieille comédienne. Il fournirait de la drogue à des petites camées mineures...

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:25

 

« DES AVOCATS AVISES »


C'est, bien sûr, un clin d’œil aux titres de la série Perry Mason publiés autrefois dans la collection Un Mystère. S’il reste le maître absolu en ce domaine, d’autres personnages ne doivent pas pour autant être oubliés.

Qu’il s’agisse de Me Loursat, l’avocat alcoolique de Les inconnus dans la maison (de Georges Simenon, Gallimard, 1940) ignorant ce qui se passait sous son toit et plaidant la cause d’un jeune homme moins favorisé que ses « amis » de bonne famille… ou de Paul Biegler, déroutant avocat mi-blasé mi-combattif, de Anatomie d’un meurtre (de Robert Traver, Calmann-Lévy, 1958) défendant le lieutenant Manion, jugé pour avoir tué l’agresseur de son épouse, la trop belle Laura Manion… les avocats font partie des grands héros classiques de la Littérature policière. C’est bien naturel, puisque toute affaire élucidée – ou supposée telle – finit en justice. On parle de « romans de prétoire » pour qualifier ce genre d’ouvrages. Abusivement, car les séances au tribunal ne constituent jamais l’essentiel du récit. undefined

En effet, dans un roman comme dans la réalité, le rôle d’un avocat ne commence pas à la première audience des Assises. L’élaboration du dossier de la défense est primordial, et souvent difficile. Parfois, il faut établir quelle est la personnalité d’un accusé qui reste muet – comme dans Plaidoyer pour l’absent (d’Alain Page, Fleuve Noir, 1968) où l’assistant de l’avocat devra retrouver des témoignages de moralité favorables à cet homme qui, après des débuts artistiques prometteurs, a peut-être manqué de chance. La plupart du temps, il s’agit logiquement de découvrir le vrai coupable. Les enquêteurs s’étant fourvoyés, l’avocat doit reconsidérer l’ensemble des faits. Là où un défenseur réel se contente des pièces du dossier, l’avocat de roman prend une part active dans la recherche de preuves. Il met tout en œuvre pour sauver son client, prenant des risques pour démêler une situation complexe.

Il n’est pas question de recenser tous les avocats de romans (auxquels il conviendrait d’ajouter les juges d’instruction, les présidents des Assises, les procureurs, et autres districts attorneys, personnages-clés d’une multitude d’histoires). D’ailleurs, beaucoup n’entreraient pas dans le cadre qui vient d’être défini : les avocats meurtriers ou les avocats assassinés, par exemple. Intéressons-nous à trois d’entre eux ayant fait l’objet de séries. Le nom de Perry Mason vient immédiatement à l’esprit. C’est le champion toute catégorie en la matière, avec environ 80 romans, des millions d’exemplaires vendus, des adaptations télé. Voilà 70 ans qu’il existe, et il n’a quasiment pas vieilli. Mais évoquons d’abord deux de ses collègues, moins prestigieux mais aussi sympathiques : l’américain John Adams (du français Jean-Pierre Garen) et Valentin Roussel (d’André Héléna – sous le pseudo de Noël Vexin). Le premier ne totalise que dix-huit titres, le second dix-sept. Néanmoins, on aurait tort de minorer leurs qualités. Faisons plus ample connaissance avec ces héros, leur entourage, leur clientèle et leurs méthodes, avant de retrouver l’inusable Perry Mason.

 

JOHN ADAMS, de J.P.Garen (Fleuve Noir Spécial Police, 1961-1982)

 

John Adams est avocat dans une ville de Californie, Pin City – qui deviendra Big Pine. Il se décrit lui-même ainsi : «… Je mesure un mètre quatre-vingt-cinq et pèse dans les quatre-vingt dix kilos. Ma profession d’avocat ne me prédispose pas particulièrement aux sports violents, seulement j’ai fait la guerre de Corée dans les Marines et j’ai gardé un certain entraînement » (Poursuite sans espoir, 1963). Il est marié à Sylvia, une jeune veuve qu’il a rencontrée et défendue dans Justice à rendre (1961), premier roman de la série. Elle sera plusieurs fois directement mêlée aux affaires de son mari. Adams est associé à Patrick Sheldon (marié à Jane), leur cabinet est prospère : « Quoi que dix ans plus jeune que moi, c’est Pat Sheldon qui a provoqué notre association. Cette installation à l’âge de trente-cinq ans, après une sanglante aventure et mon mariage, a constitué un changement radical de mon existence » (Défense sans pitié, 1963). Si cet associé est présent dans l’histoire, il n’y tient généralement (comme Jane) qu’un petit rôle, devenant de plus en plus insignifiant. C’est dans Morte sous la pluie (1964) qu’il est le plus concerné par l’affaire.

Les deux meilleurs amis de John Adams sont Joe Scott et Bill Landon. Joe tient un snack-bar (puis un restaurant) que l’avocat fréquente très souvent, pour y faire le point sur le dossier en cours. Joe est un chaud lapin, qui n’hésite pas à aider Adams quand il doit se battre physiquement. Bill Landon est journaliste au « Pin City News », un informateur précieux et complice. En face, police et justice s’allient pour lui rendre la tâche difficile. Le capitaine Cartling est un policier efficace, qui sait rester juste : « La porte s’ouvre brutalement, et le capitaine Cartling apparaît. C’est un homme massif d’une cinquantaine d’années, les épaules légèrement tombantes, mais il ne faut pas se laisser abuser par son apparence car sous la couche de graisse roulent encore de solides muscles » (Malheur à la défense, 1964). C’est un enquêteur sérieux, sachant admettre ses erreurs, se basant sur les faits et non sur les rancœurs ou les impressions partisanes du district attorney. Laissons Adams nous présenter le D.A. : « Hillary Himes est petit, ventripotent et joufflu. Son crâne dégarni et brillant pourrait servir de publicité à une marque d’encaustique. Sa petite taille lui a donné sans aucun doute des complexes car il a un caractère épouvantable, mais je sais pour l’avoir affronté lors de précédentes affaires qu’il est aussi tenace qu’un bouledogue et aussi rusé qu’une tribu de renards » (Une semaine pour la défense, 1971). Un rude adversaire, très Américain dans sa mentalité bornée.

Quelle est la clientèle de John Adams ? Variée, puisqu’il défend aussi bien un petit truand de Los Angeles qu’un pompiste de Sun City. Mais ce sont souvent les proches de l’avocat qui sont en accusation. A commencer par son épouse Sylvia, plusieurs fois en cause, et par son ami Joe. Il assurera aussi la défense de son pire ennemi, le D.A.Himes. Et, restant dans la tradition, Adams sera en personne obligé de s’expliquer devant la Justice : « Voir un avocat accusé d’un crime n’est pas chose courante, à Pin City tout au moins, et cela attire la foule des grands jours. – Etat de Californie contre John D.Adams. Audience préliminaire, annonce le juge » (Dangereuse hospitalité, 1965). Sa méthode d’investigation est active et musclée. Outre les renseignements obtenus par Bill Landon, Adams affronte volontiers la partie adverse ou les suspects probables pour obtenir des preuves – quitte à se montrer quelquefois très violent. L’action est privilégiée, les séances au tribunal ne représentant en moyenne qu’un petit quart du récit. La plupart du temps, l’avocat n’a qu’un court délai pour préparer la défense de son client – ce qui donne une évidente vivacité à l’histoire. Plus que les intrigues, ce sont les conditions de chaque enquête – racontée à la première personne par l’avocat – qui priment, et donnent leur saveur à ces romans.

 

VALENTIN ROUSSEL, de Noël Vexin (Ditis-La Chouette, 1956-1961)

 

André Héléna créa ce personnage de série après en avoir discuté avec Frédéric Ditis, qui venait de lancer la collection « La Chouette ». Dans la postface de La croix des vaches (Fanval Noir, 1988) Ditis précisait : « Ce n’est pas au hasard qu’il avait décidé de faire de son héros un avocat. Le code de procédure pénale n’avait pas de secret pour lui. Gilles Perrault, qui appréciait ses romans et qui à cette époque était avocat, m’avait fait remarquer qu’Héléna ne commettait jamais la moindre erreur dans les scènes se déroulant au Quai des Orfèvres ou dans les descriptions des interrogatoires. Il était parfaitement au courant des méthodes de la police judiciaire… » En effet, Valentin Roussel ne plaide guère au tribunal, mais on le voit face à des juges d’instruction ou à la police, défendant habilement ses clients.

« - Roussel, Valentin, Roger, Alexis, 104 rue de Rennes, avocat » se présente-t-il au secrétaire d’un commissariat dans Ces messieurs de la famille (1956). Il n’est alors qu’un jeune avocat plein d’ambition. Au fil de ses aventures, il gagnera clientèle et prospérité, s’installant avenue Mozart avec sa compagne. Celle-ci se prénomme Roberte. Elle est journaliste à « Soir de France ». Une jeune femme dynamique qui participe aux affaires de Valentin (sous le prétexte d’en tirer des reportages). Gaston, rédacteur en chef du journal, apporte de l’aide à son ami avocat dans les premières histoires.

Ce n’est qu’au septième roman que Valentin bénéficiera d’une secrétaire : « Maintenant, Mlle Perlin était là en permanence (…) Il pouvait se payer une employée, et ce n’était pas là un mince triomphe. De plus, Mlle Perlin avait une excellente qualité. Elle n’était pas belle (…) C’était à cause de ces désavantages multiples que Roberte avait contraint Valentin à choisir Mlle Perlin parmi la foule des jeunes femmes accourues à son appel, non parce qu’elle était jalouse mais l’air bon chien de la pauvre fille lui avait plu » (Descente à Pigalle, 1958). Mlle Perlin jouera un rôle à part entière dans les aventures de l’avocat. Valentin Roussel se doit d’avoir un interlocuteur dans la police : ce sera le commissaire Chennier. Considérant que tous les flics se ressemblent, il le décrit peu : « Chennier le regarda et haussa les épaules. L’homme avait la quarantaine, il y avait donc assez longtemps qu’il était dans la police. Ce n’étaient sûrement pas les spectacles sordides qui lui avaient manqué » (Crochet au cœur, 1957).

La clientèle de Valentin Roussel vient de tous les milieux : des jeunes voyous qu’il essaie d’extraire de la mouise avant qu’ils ne s’y enfoncent, aussi bien que des gens modestes mal préparés aux problèmes. En s’embourgeoisant, il enquêtera Du côté de Passy (1959) et rencontrera la baronne de Cuxac (Diamants d’avril, 1960) ou M. de Puyvalador (Arrivederci Paris, 1960). S’il ne respecte pas toujours la stricte légalité, il est assez malin pour ne pas risquer sa carrière. S’il fréquente la faune de Pigalle, au point d’assister à certains règlements de compte entre bandes, il ne copine pas exagérément avec les truands (dans la postface déjà citée, Ditis ajoutait : « Il m’a toujours semblé aussi qu’il parlait très bien des hommes du Milieu. Que d’ailleurs il méprisait. » C’est absolument certain). Ses aventures permettent de découvrir les coulisses du monde des jeux d’argent clandestins, des Halles, de la boxe, des boites de nuit servant de façades aux truands, des receleurs, etc… On ne peut pas parler de méthodes d’enquête : Valentin est averti d’une sale affaire, ou il trouve un cadavre, ou il est consulté par un brave homme inquiet… et voilà notre héros plongé dans une nouvelle histoire mouvementée, aux nombreux rebondissements (le savoir-faire de l’auteur est indéniable). Les intrigues ne sont pas aussi simplistes qu’on pourrait le croire. Ce qui est remarquable, c’est la narration plutôt souriante de ces aventures, l’auteur ayant sans doute réalisé qu’on n’attire pas le public sans une dose d’humour.

Rappelons qu’il fut encadré pour les premiers romans de la série par Simone Sauvage, puis par Claire Cailleaux.

 

PERRY MASON, d’Erle Stanley Gardner (Presses de la Cité, Gallimard)

 

On ne présente plus l’avocat Perry Mason. Dans sa toute première affaire écrite en 1933, en réponse à une visiteuse, il livre une véritable profession de foi : « - D’accord, moi je suis différent. Si je me suis fait une clientèle, c’est parce que je lutte pour mes clients (…) Les gens ne viennent pas me trouver parce que ma tête ou mon mobilier les ont séduits, ou parce qu’ils ont fait ma connaissance à un club. Ils viennent me trouver parce qu’ils ont besoin de moi. Ils viennent me trouver parce qu’ils attendent que je fasse quelque chose pour eux » (Sur la corde raide, Gallimard, 1951).

Mais que serait Perry Mason sans Della Street ? C’est M.B.Endrèbe, traducteur d’une grande partie de la série, qui la décrit le mieux : « Dévouée corps et âme à son employeur – qu’elle appelle « patron » et dont elle est discrètement amoureuse – Della Street est d’un loyalisme à toute épreuve. Jamais prise de court par les réactions imprévues de l’avocat, il lui arrive même de prévenir par ses initiatives les demandes de Perry Mason, tant elle est habituée à penser comme lui. Elle est toujours prête à le seconder dans ses recherches, au risque même de se compromettre personnellement (…) En sus de quoi, elle est fort jolie, extrêmement féminine, et possède un cœur prompt à s’émouvoir devant une cause désespérée… » (Préface de l’Omnibus Objection, votre honneur, Presses de la Cité, 1990).

Le troisième pilier des aventures de Perry Mason est le détective privé Paul Drake, prêt 24 heures sur 24 à enquêter pour son voisin avocat. Lui aussi mérite bien d’être présenté : « Paul Drake, le détective, ne ressemblait en rien à l’idée qu’on se fait généralement du directeur d’une agence privée. Il était grand, avec un long coup tendu en avant. Ses yeux globuleux, à fleur de tête, avaient une perpétuelle expression d’amusement secret. Pour lui, le meurtre était un petit incident sans importance de la vie quotidienne » (La jeune fille boudeuse, Gallimard, 1951). Dans le personnel de Perry, outre Jackson – un obsédé des textes de loi – on ne peut oublier la standardiste Gertie, amusante jeune femme souvent pleine de bon sens qui joue parfois un rôle fort utile à son patron.

Le lieutenant Tragg est la plupart du temps chargé des enquêtes de police. Entre Mason et lui, on note un grand respect mutuel. Tragg est un pro, consciencieux, cherchant uniquement la vérité, ouvert à toute hypothèse si elle s’appuie sur des faits. A l’opposé, le sergent Holcomb représente le flic obtus ne cherchant qu’à nuire à l’avocat et à ses clients. Il est aux ordres du District Attorney. Les relations entre Perry Mason et le D.A.Hamilton Burger sont tendues, voire houleuses : « Les reporters et Mason savaient déjà que Burger serait frustré de la belle publicité qu’il escomptait (…) les rédactions se disputeraient les clichés montrant le district attorney , le visage convulsé de rage, essayant maladroitement de boxer Mason, tandis que l’avocat esquivait légèrement l’attaque » (La femme futée, Un Mystère, 1955). Si, estimant la cause facile, Burger laisse ses substituts s’en occuper au début du procès, il intervient ensuite soit parce qu’il pense triompher, soit pour contrer Perry Mason quand il prend l’avantage. Au final, il est évidemment battu par l’astucieux avocat.

Pour l’essentiel, la clientèle de Perry Mason est féminine – même quand il accepte de défendre des hommes, des femmes sont concernées de près. Ces jolies femmes peuvent être aussi bien serveuses de bars ou filles de milliardaires, risquer une accusation de meurtre ou vouloir sauver celui qu’elles aiment. L’important est que la situation soit insolite et attise la curiosité de Mason. Car c’est bien lui qui choisit sa clientèle. Ses honoraires varient selon les personnes, et sont parfois symboliques. Il peut engager de gros frais pour mener à bien une affaire. Pour comprendre sa méthode, il faut se souvenir que toutes les intrigues sont extrêmement compliquées. Il commence donc par glaner, en personne ou grâce à Paul Drake, un maximum de renseignements et d’indices. Au besoin, il complique encore plus les choses pour égarer la police – risquant d’être lui-même inquiété. La deuxième phase est généralement destinée à effectuer un premier tri parmi les suspects et les hypothèses possibles. Ce n’est que dans le dernier tiers du récit, consacré au tribunal, qu’on approchera peu à peu de la vérité. Toutefois, ce schéma comporte de multiples variantes. Sans doute est-il préférable de ne pas chercher à comprendre trop vite le nœud de chaque affaire. Il est plus prudent de suivre les péripéties de l’histoire afin d’en saisir tous les éléments. Le style de l’auteur étant plutôt simple, et la narration entraînante, on se laisse vite prendre au jeu. Même le grand Raymond Chandler adorait çà, nous dit-on. (Lire aussi les portraits de Perry Mason et Della Street dans L’almanach du Crime 1980 de Michel Lebrun, Editions Guénaud)

 

Il existe des points communs entre ces trois héros, mais aussi des caractéristiques fort différentes. Bien que proches, John Adams est nettement plus violent que Perry Mason – mais moins subtil lorsqu’il interroge les témoins au tribunal. Valentin Roussel entre plus vite dans le vif du sujet que ses deux confrères. Les clients de Perry Mason sont moins francs que ceux de John Adams. Ce dernier et Valentin Roussel ont une vie privée, on ne sait rien de celle de Perry Mason. Ces nuances (et quelques autres) font la particularité de chacun. Intrigues et narration n’ont pas non plus exactement la même forme. Mais laissons aux lecteurs le plaisir de les comparer, de les redécouvrir.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:21

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Un personnage : PERELLO VALLESPI
d'André Lay

 

André Lay fit partie des prolifiques auteurs de la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. Il y publia son premier roman en 1956 : LE DIABLE EST AU FOND DU SAC (S.P.88). Il en écrivit 128, jusqu’en 1987. LES BONNES INTENTIONS (S.P.2067) fut son dernier titre. A la fin des années 60, il créa l’un des plus singuliers personnages de la littérature policière : le commissaire Vallespi. Les aventures de ce truculent héros se passent au Venezuela. Il est l’autoritaire chef de la police d’Apolonia.

« La petite ville située à peu près à égale distance de Merida et Trujillo, sur la Transandine reliant San Cristobal à Caracas, dominée au sud par la Cordillère, au nord par le lac Maracaibo, ne pouvant rivaliser avec ses voisines en pleine expansion, était un peu oubliée des pouvoirs publics. » (Sacré Vallespi,1968)

Perello Vallespi est un colosse de 120 kilos, rouge de figure, aux sourcils épais, à la moustache noire, qui a toujours un cigare coincé entre les lèvres. Voilà plus de 25 ans qu’il est dans la police. Il vit en couple avec la « voluptueuse Adelina » dont il est certainement amoureux. Ses subordonnés n’ont pas intérêt à évoquer la compagne de leur chef, sous peine de sanction. Malgré son poids, Vallespi ne manque pas de vitalité. Dès qu’il arrive, le commissariat tremble :

« … le colosse, cigare conquérant, moustache à l’horizontale, œil brillant, chemise de brousse impeccable, entrait en tornade dans le bâtiment. » (D’un seul coup d’linceul, 1976)

Les énormes colères de Vallespi font trembler tout le monde. Il passe peu de temps dans son bureau. Il préfère sauter dans sa Land Rover, pilotée par Fortino, pour mener l’enquête sur les lieux concernés. Il n’hésite jamais à affronter ses adversaires, le danger ne lui faisant pas peur. Son intrépidité le conduit parfois dans les pièges tendus par ses ennemis. Il trouve évidemment toujours le moyen de s’en sortir, et de faire éclater la vérité.

Santaca est le fluet adjoint du commissaire. Il représente exactement le contraire du corpulent et sanguin Vallespi :

« Grand, maigre, d’une pâleur maladive, le cheveu rare et terne, il paraissait fragile à côté du gros commissaire. Erudit, intelligent, sarcastique, il attendait sans impatience que son chef se casse une bonne fois les reins pour prendre sa place, ses connaissances dépassant de loin celles de Perello (…) Malgré leurs continuelles algarades, les deux hommes ne pouvaient se passer l’un de l’autre. » (Vallespi voit rouge, 1968)

Santaca n’est pas un instinctif comme son supérieur. Il sait se servir de son cerveau, se montrant aussi ironique qu’astucieux. Vallespi l’entraîne contre son gré dans ses aventures sur le terrain. S’il n’y est pas à l’aise, Santaca contribue souvent à sauver la situation, et à éclaircir un grand nombre d’affaires. Même au cœur de l’action, il n’est pas inutile de réfléchir.

Fortino est le chauffeur personnel de Vallespi. C’est un Noir toujours souriant. Il vit avec sa Doudou, une belle guadeloupéenne qui sait concocter des préparations miraculeuses. S’il se repose volontiers au commissariat ou dans la Land Rover, Fortino est prêt dès que son chef fait appel a lui. On le surnomme le Kamikaze d’Apolonia, car Fortino est un vrai danger au volant :

« Comme Vallespi faisait le vide devant lui dans les bureaux, Fortino faisait place nette dans les rues (…) Santaca ne pouvait monter en voiture sans songer que c’était pour son dernier voyage. » (V comme Vallespi, 1976) Dans cet épisode, la Doudou de Fortino est victime d’un enlèvement. Elle apparaît dans plusieurs autres romans.

L’inspecteur Scavaroni est la tête de turc de Vallespi. Il suffit de le présenter pour comprendre :

« Scavaroni, impeccable dans un costume feuille morte, cravate marron foncé, manchettes et col de chemise immaculés, fixait avec une désapprobation muette Perello Vallespi, vautré dans son fauteuil (…) Sorti frais émoulu de l’Ecole de Police de Caracas, le jeune inspecteur, en perpétuel désaccord avec son chef, devait chaque jour prendre sur lui pour retenir les propos cinglants qui lui venaient aux lèvres… » (One Man Show pour Vallespi, 1971)

N’ayant que mépris pour ce jeune policier sans envergure et trop raffiné, Vallespi l’écarte systématiquement de ses enquêtes. Il l’envoie sur des fausses pistes, car il veut résoudre seul les affaires. Un succès de Scavaroni diminuerait son prestige de chef, selon lui. Toutefois, l’inspecteur reste quelquefois impliqué dans l’histoire.

Bien sûr, le caractériel Vallespi n’a guère d’estime pour les autorités officielles, ni pour ses collègues d’autres villes. Tous des incompétents !

« Je parie que le commissariat de ce petit prétentieux d’Hernandez a brûlé. Il collectionne tellement de paperasse que cela devait arriver (…) Les fuyards n’ont pas de soucis à se faire. Les inspecteurs d’Hernandez ne retrouveraient pas une meule de foin cachée derrière une aiguille. » (Vas-y, Vallespi !, 1977)

Les aventures de Perello Vallespi sont, avant tout, des romans d’action. Néanmoins, les intrigues ne sont pas négligées dans ces histoires solides et mouvementées. Les péripéties sont racontées avec vivacité et humour par ce grand pro que fut André Lay. Il réussit à nous rendre sympathique, et même attachant, ce monstre de commissaire exotique.

 

Vallespi est le héros des romans Spécial-Police : SACRE VALLESPI (1968, SP 668) VALLESPI VOIT ROUGE (1968, SP 680) VALLESPI ET LE DELUGE (1969, SP 716) SAFARI POUR VALLESPI (1969, SP 734) VALLESPI CREVE L’ECRAN (1970, SP 788) VALLESPI CHASSE LA SORCIERE (1970, SP 813) ONE MAN SHOW POUR VALLESPI (1971, SP 871) VALLESPI ET LES SOUCOUPES VOLANTES (1971, SP 909) LES 12 TRAVAUX DE VALLESPI (1972, SP 952) VALLESPI, GO HOME ! (1972, SP 986) AVANTI, VALLESPI ! (1973,SP 1022) VALLESPI SENT LA POUDRE (1973, SP 1063) VALLESPI ET LES KAMIKAZES (1974, SP 1091) VALLESPI CHEZ LES AMAZONES (1975, SP 1168) HOURRA VALLESPI (1975, SP 1189) VALLESPI AU PILORI (1976, SP 1234) V COMME VALLESPI (1976, SP 1252) D’UN SEUL COUP D’LINCEUL (1976, SP 1289) -Y, VALLESPI ! (1977, SP 1332)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:18

DEUX AUTEURS BRESTOIS :

CHRISTIAN BLANCHARD & YANNICK LETTY

 

Christian Blanchard est né le 20 juin 1959 à Dieppe. Titulaire d’un DESS de sciences humaines, il a été professeur de dessin industriel, puis proviseur. Il crée en 2004 à Brest les Editions du Barbu, publiant ses romans. Le héros des cinq premiers titres est Claude Le Noan. Célibataire de trente ans, ce passionné d’informatique et de photo, vit seul dans sa maison des Monts d’Arrée, en Bretagne. Son amie de cœur est lieutenant de police à Rennes. Après deux aventures à suspense, l’état psychologique de Le Noan se dégrade. Il devient accro à l’alcool et aux drogues dures. Dans La double « O », il est confronté à une dangereuse secte. Le chemin de souffrance l’amène à enquêter sur ses troubles origines, face à un adversaire sans pitié et bien renseigné. Pour Résiliences, il est impliqué dans une expérience risquant de le traumatiser définitivement. Cette très noire série explore les limites de la dépendance et de la résistance humaine. Sans rapport avec les précédents, Chairs amis est aussi extrême. Il s’agit d’une descente aux enfers dans le monde du vice avilissant et morbide. De jeunes hommes sont piégés afin d’assouvir les fantasmes de cruels obsédés. Les romans singuliers de Christian Blanchard s’adressent en priorité à un public adulte aux nerfs solides.

Bibliographie [Editions du Barbu, « Suspense et romans noirs »]

La mort des sens (2004) ; Incendie(s) (2005) ; La double « O » (2005) ; Le chemin de souffrance (2005) ; Résiliences (2006) ; Chairs amis (2006) ; Le théorème du Singe (2007) ; Que les gens sont laids! (Pamphlet, 2007)undefined

 





















Yannick Letty
est né le 16 mai 1959, Brest. De formation scientifique (océanographie), il a été pendant une douzaine d’années instituteur dans de petites écoles rurales du Finistère, avant de devenir professeur de sciences de la vie et de la terre. L’héroïne de ses romans est Marguerite Coadou. Dans Empreinte génétique, elle est inspecteur de police. Après dix ans à Paris, elle est de retour à Brest. Elle doit y affronter des souvenirs marquants. Elle enquête sur une série de meurtres, visant des employées d’un centre de recherche. Le principal suspect est l’ancien compagnon de Marguerite. Les analyses ADN sont formelles. Refusant d’y croire, la jeune femme interroge les proches de son ami. Jusqu’à ce qu’une autre piste s’impose. Pour Mémoire de sang, Marguerite a démissionné de la police et ouvert une librairie. Elle mène deux enquêtes parallèles. L’une concerne une affaire vieille de trois siècles, jamais élucidée, évoquée dans un récit de l’écrivain Anatole Le Braz ; l’autre, sur la mort d’un retraité, auteur d’un manuscrit racontant la 2e Guerre en Bretagne. Avec sa voisine et amie, Marguerite découvre des secrets oubliés. Poupées russes a pour décors les Alpes, où la brestoise va passer ses vacances d’hiver. Elle vient en aide à une jeune russe pourchassée. Une étrange clinique Italienne est au centre d’un trafic d’êtres humains. Seul l’inspecteur Pietramorta accepte de croire Marguerite. Avec lui, elle tente de regagner la France. Mais des tueurs sont à leurs trousses. Sur leur chemin, une forteresse cache de sombres expériences. Dans Passé décomposé, Marguerite enquête sur sa famille, tenant de comprendre ce qui a conduit sa mère et sa grand-mère à la folie. Pendant ce temps, un tueur enlève des femmes de la région. L’histoire de Brest, autrefois bombardée et rasée, plane sur cette affaire. Toute guerre est traumatisante ; celle d’Irak est à l’origine de ce roman.

Bibliographie [Editions Terre de Brume, « Granit Noir »]

Empreinte génétique (2001) ; Mémoire de sang (2002) ; Poupées russes (2003) ; Passé décomposé (2006)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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