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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 04:55

En ce mois d'octobre, le commissaire Lucien Workan et sa fine équipe de policiers rennais sont appelés à enquêter du côté de Saint-Malo. Là-bas se prépare le départ de la Route du Rhum, célèbre course de voiliers. Au volant de sa Bentley, ce n'est pas pour participer à cette fête nautique que Workan se rend dans la cité corsaire. Robert Boverger, conseiller en nutrition animale, a été retrouvé mort dans un entrepôt de sel du port malouin. Avant cela, débarquant du TGV, il avait été victime d'une chute accidentelle tout près de la gare. On peut se demander comment il transita jusqu'à la société portuaire où on fit en sorte de le saumurer. On n'a pas retrouvé la valise à roulettes qu'il ramenait de Paris.

Sa veuve, qui tient une boutique de toilettage canin, paraît plutôt évasive au commissaire Workan. Est-il vrai qu'elle ignorait la raison de l'aller-retour parisien de son époux, et qu'il avait une valise pour rentrer ? Aux abords de la gare, Workan ne tarde pas à rencontrer M.Villard, le témoin qui alerta les secours après la chute de Boverger. Ce sont des habitués des lieux, avec son chien pisseur. Avec un limier tel que Workan, on ne tait pas longtemps la vérité : M.Villard avoue qu'il est quelque peu responsable de l'accident de Boverger. Il n'est nullement complice du reste de l'affaire, ne sait rien du transfert du cadavre, ni de la valise disparue. Workan visite l'entrepôt stockant du sel venant du monde entier.

La deuxième victime dans ce dossier n'est autre que la veuve de Boverger, la spécialiste du toilettage. Il semble bien qu'elle ait été exécutée afin de récupérer la précieuse valise à roulettes, qui était en sa possession. Un évènement attirant les foules comme la Route du Rhum, avec les équipages, les invités privilégiés et le public de curieux, ça fait craindre un attentat aux autorités. Les agents des services anti-terroristes sont venus en nombre dans la cité malouine, restant incognito. Tel ce vigile à l'entrée d'une soirée festive offerte au club Toad Horny par un sponsor russe, riche septuagénaire. Ce Bermakov, qu'il croise ce soir-là, le commissaire Workan ferait bien de l'avoir à l'œil.

Pour les meurtres des Boverger, le policier a peut-être un suspect, le nommé Jérémy. Mais celui-ci produit des alibis inattaquables. C'est vers les Rochers de Rothéneuf qu'un troisième crime est perpétré. Retraité fortuné, M.Prince a été assassiné chez lui. Sachant que son assistant Stuart Gibson a disparu subitement, on doit légitimement le soupçonner. Grâce au témoignage d'un chauffeur de taxi, Workan a de bonnes raisons de s'interroger sur le rôle réel de Jérémy. Un autre corps mal identifiable est retrouvé. Le policier anti-terroriste Felice Paoli, vieil ami de Workan, lui confirme qu'un attentat est bel et bien à redouter ici. Le commissaire devra faire appel à sa sœur, Alice Workan, pour mesurer les risques encourus…

Hugo Buan : Le quai des enrhumés (Éd.du Palémon, 2016)

Septième aventure pour le commissaire Workan, enquêtes désormais toutes disponibles aux Éditions du Palémon. C'est toujours avec grand plaisir qu'ont suit ce fougueux policier et son équipe : son adjointe berbère et amante Leila Mahir, le capitaine Lerouyer qui a des soucis avec l'IGS, et le policier Roberto. Sa hiérarchie peut compter sur des résultats, à condition de ne pas faire la fine bouche quant aux méthodes de Workan. Il ne déteste pas secouer les témoins. Face à une secrétaire nymphomane, il saura garder ses distances. Si l'intrigue est sérieuse et maîtrisée, le ton est largement celui de la comédie policière. Un flic circulant en Bentley, logeant dans un hôtel malouin de grand luxe, on imagine bien que c'est fait pour sourire. Les scènes drôles, et même ironiques, ne manquent pas.

Connaissant parfaitement les lieux, Hugo Buan se sert d'un contexte existant, la Route du Rhum, un des évènements destinés à attirer la manne touristique à Saint-Malo. On trouve encore des budgets conséquents pour célébrer le nautisme, même par temps de crise. Le type de menace qui, dans cette histoire, plane sur cette fête des voileux est totalement crédible, hélas. De l'humour et du danger, une affaire riche en péripéties : les tribulations malouines du commissaire Workan régalent une fois de plus les lecteurs.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2016 Livres et auteurs
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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 04:55

Figure majeure de la littérature américaine, Dashiell Hammett (1894-1961) est considéré comme le fondateur du roman noir. “Moisson rouge”, “Sang maudit”, “Le faucon maltais”, “La clé de verre”, “L'introuvable” : cinq titres, et des dizaines de nouvelles, qui ont fait sa réputation. Au-delà du parcours de l'écrivain, celui de l'homme Dashiell Hammett s'avère singulier. C'est probablement au travers des lettres qu'il adressa à ses proches, que se dessine le mieux son portrait personnel. Toute sa correspondance réunie dans cet ouvrage (publié précédemment sous le titre “La mort c'est pour les poires”) permet de le cerner. Il n'est pas inutile de lire les présentations dues à Josephine Hammett, fille de l'auteur, et de l'éditeur Richard Layman, qui a composé ce livre. Une bonne entrée en matière.

On distingue ici cinq étapes de la vie de Dashiell Hammett. Ses débuts ("Écrivain") et sa grande période ("Célébrité") sont déjà intéressants. En particulier parce que cet homme marié, père de deux filles, rencontre la femme de sa vie, la dramaturge Lillian Hellman. La fidélité qui naît entre eux n'est pas "conjugale", puisque l'une et l'autre ne se priveront pas de relations amoureuses extérieures. Leur complicité est autant artistique qu'intime. C'est à la troisième étape ("Soldat") que l'on va vraiment partager les sentiments profonds de Dashiell Hammett, exprimés dans ses lettres. Malgré sa santé précaire, le patriotisme de l'écrivain l'a poussé à s'engager dans l'armée. Âgé d'une quarantaine d'années, il est affecté dans une garnison des îles Aléoutiennes, au sud de l'Alaska.

Il va créer et animer, quasiment seul, un petit journal à destination des troupes locales. Une publication intelligente, loin de la simple propagande militaire. Il écrit beaucoup à ses proches, isolement oblige : à Lillian Hellman, à ses filles Josephine et Mary, à des amies de New York, etc. On sent un certain enthousiasme, et il a tant de choses à raconter, sur lui-même et sa tendresse envers les personnes qui lui tiennent à cœur, sur son quotidien dans l'armée : “Cette machine à écrire, que j'ai récupérée à la suite de marchandages compliqués avec un mécanicien de la marine, n'a pas été beaucoup utilisée, et vu qu'elle a été bringuebalée de bateau en bateau, certaines de ses pièces sont foutues, ce qui ne rend pas son utilisation facile. Je dois penser à la faire réparer...”

Dashiell Hammett : Un type bien – Correspondance 1921-1960 (Éd.Points, 2016)

De ce période, pas si désagréable pour lui, Dashiell Hammett tirera l'ébauche d'un sixième roman, quelque peu autobiographique, “Tulip”. L'après-guerre ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices pour l'écrivain. C'est l'étape du "Militant" : avant le conflit mondial, il ne cachait nullement ses sympathies communistes. Non pas pour imposer cette idéologie aux États-Unis, mais pour donner la parole au peuple, au nom de la liberté d'expression. La Guerre Froide n'est pas sans conséquence sur le monde culturel américain : début 1950, le sénateur Joseph McCarthy entreprend la persécution de nombreux intellectuels. Écrivain et président d'une association communiste, Dashiell Hammett est entendu par le comité de McCarthy. Il va être condamné à quelques mois de prison, pour refus de coopérer.

Ses lettres d'alors se veulent optimistes, mais cette incarcération le marque fortement sur le plan physique. Il subissait depuis longtemps des problèmes respiratoires, que les abus d'alcool aggravaient. “J'ai pris une cuite monumentale pendant trois semaines pour fêter mon retour à la vie civile, puis j'ai essayé de m'en remettre, ce qui n'est pas allé sans quelques difficultés” racontait-il déjà en octobre 1945 à sa fille Josephine. Après la prison, et compte-tenu de divers problèmes financiers, l'état de santé d'Hammett le fait entrer dans l'ultime étape de sa vie, "Survivant". Entre son appartement de Katonah (État de New York) et ses séjours à Martha's Vineyard, sa santé est instable, mais il reste en contact avec Josephine, prenant des nouvelles de la famille de sa fille.

Dashiell Hammett meurt le 10 janvier 1961, à l'âge de soixante-six ans, d'un cancer et suite à une généralisation de ses maux. Son œuvre littéraire, interrompue de longues années plus tôt, fait référence pour quantité de lecteurs. Réunie sur 700 pages, sa correspondance nous offre quelques clés pour comprendre son personnage privé, et la fascination dont il est toujours l'objet. Un ouvrage documentaire remarquable.

Mes chroniques sur quelques livres dans l'univers de Dashiell Hammett :

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2016
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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 04:55

Un Coup de cœur fut attribué par Action-Suspense à “La mauvaise pente” de Chris Womersley, à sa sortie. Ce roman est désormais disponible en format poche, chez J'ai lu.

Polar poche : “La mauvaise pente” de Chris Womersley chez J'ai Lu

Lee est âgé d'une vingtaine d'années. Sa sœur Claire et son mari Graeme restent sa seule famille. Ado au décès de ses parents, Lee a rapidement mal tourné. La délinquance l'a bientôt mené en prison. Il sut faire face à un dur comme le nommé Morris. Il semble même qu'il ait causé la mort de quelqu'un, là-bas. Employé par le caïd Marcel, le repris de justice Josef est un truand vieillissant, qui a toute sa vie été trop tourmenté pour se montrer brillant. Il a repéré Lee à sa sortie de prison, lui faisant miroiter une existence facile s'il bossait pour lui. La première mission importante du jeune malfaiteur consistait à intervenir chez la famille Stella, mêlée au trafic du caïd Marcel. Guère impressionnés, ils lui ont tiré dessus, puis ils ont déposé son corps dans un motel miteux, avec la valise de Lee contenant l'argent de Marcel, pas plus de 6000 $.

Wild est un médecin généraliste quinquagénaire aux yeux bleus, mais à l'allure fatiguée. Morphinomane, il a plusieurs fois tenté de décrocher, sans succès. Sa dépendance lui a fait commettre une erreur médicale. Wild vient de tout quitter, fuyant les suites judiciaires de cette affaire. Il s'est arrêté dans ce même motel minable où Lee gît, gravement blessé. Si le médecin peut nettoyer la plaie, il est incapable de retirer la balle du corps. Ne pouvant s'éterniser là, Wild envisage de se rendre chez son vieux maître, le Dr Sherman. Sur le trajet, une première halte oppose le duo à deux étudiants, un frère et une sœur, qu'ils doivent menacer. Rien ne garantit leur silence. Wild et Lee font étape dans un second motel, où leur véhicule est remarqué par la police. Malgré l'état de santé de Lee, le duo doit s'enfuir au plus vite.

De son côté, Josef remonte la piste. 6000, c'est une broutille, mais le caïd Marcel n'aime pas se faire doubler. Le vieux Josef apprend que Lee a une sœur, s'adresse aux Stella, interroge la patronne du motel où on déposa le corps sanglant du jeune homme, découvre qu'un docteur s'occupe du blessé... La morphine dérobée par Wild est utile pour calmer les douleurs de Lee, tandis que le duo continue le voyage dans un wagon de marchandise. Dans une gare de triage, Wild est arrêté tel un vagabond par un agent de sécurité. Bien que faible, Lee intervient pour le sauver avant l'arrivée de la police. Vaille que vaille, le duo arrive jusqu'à la maison du Dr Sherman. Mais rien n'est terminé…

 

La première qualité d'un roman noir consiste à nous montrer, soit comment le Destin avance vers une inexorable fatalité, soit la possible lueur de rédemption qui sauvera le (ou les) héros. Il ne suffit pas de nous dire que ceux-ci se sont lancés dans une fuite éperdue, encore faut-il nous révéler d'où ils viennent. Et, peut-être, quelle est “la faute” qui les a entraînés vers leur perte. Ces circonstances (car il n'y a jamais de raison unique) ne peuvent pas être identiques pour un médecin drogué, un jeune voyou, et un truand déclinant. Il faut fouiller dans leurs vies, revenir sur le passé respectif de chacun, explorer même leurs cauchemars, pour les connaître tant soit peu. C'est là que réside le talent de Chris Womersley, dans cette écriture maîtrisée qui donne une force au contexte et un réalisme crédible à ses personnages. Au fil du récit, leurs portraits s'étoffent, ajoutant une intensité grandissante à leur périple. Sombre histoire, oui. Un roman de qualité supérieure, assurément proche de l'excellence.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2016 Livres et auteurs
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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 04:55

Laurent (né le 9 mai 1976) et son frère William (né le 30 janvier 1978) ont été élevés par leur mère à Marseille. À peine adulte, l'aîné s'installa dans un cabanon en bord de mer. Où il faisait la fête avec des amis, se mêlant de trafics. En 2007, Laurent fut impliqué dans un vol de tableau, et fit un peu de prison. William, intermittent du spectacle, eut un parcours moins agité. Une de ses activités, c'était la photo de mariage. En 2009, à Manosque, alors qu'il préparait ses prises de vues, il repéra un inconnu suspect. Peu après, à l'heure de prendre les photos de groupe du mariage, des braqueurs s'attaquèrent au bureau de la Poste locale. Il y eut des blessés. Un des bandits fut abattu : Luciani, un ami de Laurent. L'affaire agaça quelque peu le truand Del Pappas, caïd pas antipathique, mais qui n'aimait pas que des amateurs troublent ses propres projets.

Comme il l'avait annoncé à son cadet, Laurent partit vivre en Floride, à Naples. Leur amie Léa Kavitchek l'accompagnait. Mais c'est avec une certaine Linda Powers qu'il se maria. Il adressait ponctuellement des photos par mail à son frère William et à leur mère. Laurent claquait visiblement beaucoup d'argent. Sur un des clichés, il figure avec un certain Milan Franek, "l'inconnu suspect" de Manosque, qui échappa au carnage. Un amateur doublé d'un con dangereux, selon Del Pappas. En Floride, Laurent a aussi retrouvé Sol, un copain traficoteur marseillais. Le frère de William s'est lancé dans le bizness des œuvres d'art. On peut penser qu'il a débuté grâce à une toile de maître volée en France. La santé de leur mère déclinant sévèrement, et restant sans nouvelle de son frère depuis janvier, William part rechercher Laurent aux États-Unis en juillet 2014.

William découvre l'ambiance de Miami et de ses environs. “Tant qu'il y a quelque part quelque chose à acheter, que ce soit des donuts ou de l'alcool ou des trucs que tu peux même pas imaginer, (...) mec, t'es à Miami et ici tu seras toujours et partout considéré comme un consommateur potentiel” lui explique-t-on. Il contacte l'ex-épouse de Laurent, et retrouve l'adresse de leur copain Sol. Il renoue avec Léa, D.J. dans un club, mariée à un riche et jaloux Cubain d'origine. C'est du côté de Key Biscayne qu'il espère faire évoluer ses investigations. Il y dénichera la trace de Milan Franek, mais pas celle de son frère.

William est bientôt confronté à la police, le lieutenant Willeford (quinqua ressemblant à Alec Baldwin) et le sergent Breedan (sosie de Matt Damon). Le laid colosse Haïtien qui le file depuis plusieurs jours, c'est le détective privé Denis Couleuvre, dit Grand Denis. Il lui explique que Laurent – et ses amis Milan et Sol – ont commis la grave erreur de nuire aux intérêts d'une communauté puissante en Floride, les Cubains anti-Castro. Si la prêtresse Marie-Louise a quelques compétences vaudoues, pas certain que ça mette William à l'abri de dangers à venir. Willeford et Breedan n'ont aucune raison de le protéger, non plus. Son périple risque de finir à l'hôpital, non sans avoir récupéré ce qui appartenait à son frère…

Guillaume Guéraud : Shots (Éd.du Rouergue, 2016)

Auteur d'une quarantaine de livres, Guillaume Guéraud est très connu pour ses romans destinés aux adolescents. C'est bien une histoire visant un public adulte, qu'il a concoctée ici pour la collection La Brune, des Éditions du Rouergue. Un scénario dans la tradition des "pièces du dossier", qui permet de cerner un sujet sans être purement linéaire. William, son héros, nous présente son "carnet de route" illustré par des photographies. Celles qui datent des années passées, plus celles de son voyage en Floride sur la piste de son frère. Sauf qu'il reste plus aucune photo, seulement leurs légendes (c'est le mot qui correspond idéalement, en effet). Est-ce à cause de “Damballa, le dieu serpent, l'esprit de la connaissance” qui n'aime pas que subsistent de mauvaises images ?

Polar ou un roman classique ? Cela n'a guère d'importance. Néanmoins, on notera que Guillaume Guéraud fait ici et là référence à la mythologie polardeuse : n'est-on pas dans le fief de “Deux flics à Miami" ? Un policier nommé Willeford (écrivain publié chez Rivages/Noir) et un truand appelé Del Pappas (“Cheveux gris et barbe grise… Il a les rides du rire et un visage de gamin que sa barbe ne parvient jamais à camoufler”, beau portrait de cet auteur méridional de polars). En Floride, on n'est pas loin de Cuba, ni d'Haïti, on le vérifiera dans cette intrigue palpitante, où le "carnet de voyage" ne tarde pas à évoluer vers une aventure mouvementée. Un suspense très excitant !

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2016 Livres et auteurs
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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 04:55
Samedi 9 avril 2016 “T’es-tu correc' ?”  à la Librairie du Québec

Samedi 9 avril, de 13 h à 18 h, la Librairie du Québec à Paris présente une nouvelle BD sur le Québec. Aby Cyclette, blogeuse-bédéiste-voyageuse-Alsacienne-végétarienne lance sa bande dessinée “T’es-tu correc' ? dans laquelle elle raconte avec humour son périple au Québec. Charlotte Hirth, Française de 27 ans, est arrivée au Québec en juillet 2014 pour une durée d’un an. Elle part avec quelques stéréotypes en tête : « J’imaginais des bûcherons sexy en chemises à carreaux, le sirop d’érable et les grands espaces ». Elle ne voulait pas s’enfermer dans une communauté de Français, dans une grande ville comme Montréal. Elle prend son Guide du routard et choisit une page au hasard. Ce sera à Rimouski.

Pour raconter son aventure, elle prend le stylo. Passionnée de BD, diplômée des beaux-arts de Metz, elle dresse quelques esquisses de ses moments passés dans le Bas-Saint-Laurent sur son blog. Expériences culinaires, galères administratives, quiproquos, elle raconte tout avec un soupçon d’humour bien léché. Gagnante du prix de l’artiste de l’année à Rimouski, « la Française », comme elle se faisait appeler là-bas, acquiert une petite notoriété. On lui suggère alors de compiler ses dessins et d’en faire une bande dessinée. L’idée fait mouche dans la tête de l’Alsacienne. À son retour en France, Charlotte décide de reprendre tous ces dessins, de les refaire, et d’en ajouter pour réaliser un livre. (Source : le Huffington Post Québec)

Librairie du Québec – 30 rue Gay Lussac – 75005 Paris

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 04:55

Écosse, été 1946. Homme mûr, Douglas Brodie vient d'être engagé comme reporter à la Gazette de Glasgow. Policier avant la guerre, il fut sous-officier dans la 51e Division des Highlands. Avec la blonde avocate Samantha Campbell, ils ont besoin de se remettre d'un cas dramatique récent, qui leur a valu quelques mésaventures. Le meurtre spectaculaire d'Alec Morton, élu local chargé des finances, c'est son expérimenté collègue journaliste Wullie McAllister qui va enquêter là-dessus. Les budgets pour la reconstruction de Glasgow doivent attirer toutes sortes de margoulins. La corruption toucherait-elle les élites, ou bien Morton a-t-il voulu y faire obstruction ? Wullie cherchera tous azimuts des infos secrètes.

Douglas Brodie est contacté par un certain "Ismaël", afin que Samantha Campbell défende un ancien soldat de son unité vivant dans la misère, ayant commis un méfait. L'avocate parvient à limiter la peine de prison, mais l'ex-militaire condamné se suicide bientôt. Parmi les faits divers, Douglas note quelques graves agressions ressemblant à des règlements de comptes. Ces actes sont vite revendiqués par Les Marshals de Glasgow, justiciers signant soit en coupant un bout de doigt, soit en laissant une marque infamante sur les victimes. Douglas recense dix-neuf hommes attaqués par ces commandos masqués. Ceux qui sont visés semblent être des coupables trop légèrement sanctionnés par la justice.

Ça donne matière à des articles qui intéressent le public, quelle que soit l'amoralité de ces agressions. Douglas est convaincu que le fameux "Ismaël" est l'organisateur de ces actes. Sans approuver, il admet que l'iniquité des juges peut entraîner de telles réactions. Et ce n'est pas avec l'inspecteur-chef Sangster que la police fera correctement son métier. Le reporter a davantage confiance dans l'honnête sergent Duncan Todd. Glanant çà et là des indices, Douglas essaie de calmer sur le whisky, et de retrouver la forme en pratiquant la natation. Il s'installe dans la grande maison de Samantha, même s'ils ne sont pas prêts à entamer une relation intime. Peut-être menacée par Les Marshals de Glasgow, la mère de Douglas va un temps séjourner avec eux, à l'abri du risque.

Agressé chez lui, en famille, un avocat est hospitalisé dans un état très sérieux. Douglas ne se prive pas de provoquer par ses articles les justiciers autoproclamés. Les extraits de la Bible, cités par les vengeurs violents, ne font que souligner le narcissisme sadique du nommé "Ismaël" et de ses sbires. Quand ils s'introduisent chez l'avocate et Douglas, il est temps de sortir les fusils de chasse Dickson du père de Samantha, qui pourront servir. Les justiciers changent de méthode, appelant désormais la population à dénoncer les salauds. La vague d'agressions qui s'ensuit n'est pas forcément légitime. Quand un homosexuel est tué au Monkey Club, on peut conclure que Les Marshals de Glasgow sont allés trop loin.

Contactant directement le reporter, "Ismaël" prétend qu'ils ne sont pas coupables de ce crime. Il n'empêche que deux autres homos sont assassinés à leur tour. Les recherches de Wullie McAllister, le journaliste chevronné, commencent à porter leurs fruits. Des notables de Glasgow, possiblement concernés par le meurtre de Morton, Douglas ne va pas tarder à en rencontrer lors d'une soirée mondaine. En effet, Samantha Campbell appartient aussi au gotha. Douglas remarque un de ces hauts-responsables : “Entre lui et moi, ce fut la haine au premier regard.” Le reporter devra clarifier ses rapports avec "Ismaël" s'il veut espérer comprendre ce qui se passe actuellement dans cette ville…

Gordon Ferris : Les justiciers de Glasgow (Éd.Seuil, 2016) – Coup de cœur –

Après “La cabane des pendus", première aventure du héros démobilisé Douglas Brodie, retour dans le Glasgow de 1946 pour la deuxième étape d'une tétralogie dédiée à l’Écosse d'après-guerre. Il n'est pas indispensable d'avoir lu le titre précédent, que l'on ne peut que conseiller, désormais disponible en poche chez Points. Gordon Ferris nous plonge directement dans l'ambiance et les lieux de l'époque : c'est donc avec un vrai plaisir que l'on s'installe durablement dans la lecture de cet excellent roman noir.

Bien sûr, l'action criminelle est présente tout au long du récit. Avec tout ce que l'on peut soupçonner de corruption d'un côté : “Venez profiter d'une occasion de tripler votre mise comme il ne s'en présente qu'une fois par siècle ! Les appels d'offre pleuvraient, et leurs heureux bénéficiaires s'enrichiraient au point de faire passer Crésus pour un clochard…” Il est plus que probable que, en Écosse comme dans toute l'Europe, la reconstruction ait occasionné maintes malversations. Certes, ces chantiers ont donné du travail au peuple, mais ont surtout engraissé honteusement de sales combinards.

D'autre part, l'auteur retrace les comportements revanchards, incitations à la délation qui ciblent des gens jugés avec trop de clémence. Avec le risque de sérieux dérapages, trop punitifs selon les cas, ou donnant le prétexte de se venger de personnes innocentes. Dans tous les cas, c'est franchement malsain. Même si, au départ, on s'interroge comme Brodie sur le bien-fondé de ces actes, on réalise bientôt leurs excès. Y compris sous couvert de citations bibliques, la haine n'amène que la haine… C'est ici tout un contexte, décrit avec une belle souplesse narrative, qui rend fascinante cette sombre histoire.

Une chanson évoquée dans ce roman, de l'immense artiste Peggy Lee.

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 05:30
Le Prix du Goéland Masqué 2016 à Penmarc’h est décerné à…

Présidé par Jean-Bernard Pouy, le jury de l'association Le Goéland Masqué (Penmarc’h, Finistère) a décerné son Prix Littéraire 2016, distinguant un premier roman dans le genre noir ou policier, à "Poulets grillés" de Sophie Hénaff, publié aux Éditions Albin Michel. La remise officielle du Prix, doté de 1000€, a lieu traditionnellement le jour de l’inauguration du festival, cette année le samedi 14 mai.

Pour connaître la liste des invités et les multiples animations de ce festival du polar, durant le week-end de Pentecôte, il suffit de consulter le site du Goéland Masqué (cliquez ci-dessous) :

Ma chronique sur "Poulets grillés" de Sophie Hénaff :

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 04:55

Mathias Croguennec est policier à Sète. Culpabilisant à cause du décès accidentel de son épouse et de sa fille de huit ans, il s'alcoolise et reste dépressif. Quand la prostituée Cindy est retrouvée morte sur une route du côté de Montpellier, elle a sûrement été massacrée par les sbires de son proxénète, Antal. Mathias connaissait bien la jeune Hongroise, seule prostituée qu'il ait fréquentée, à laquelle il s'était confié. Le cadavre a été découvert non loin du Pic Saint-Loup, dans l'Hérault. Le policier ne peut que faire le rapprochement avec une autre Hongroise habitant dans le même secteur, Elizabeth de Monferrand. Celle-ci a acheté et rénové depuis quelques années un château en ruines, et développé le domaine viticole attenant, avec succès. Son vin a été multi-récompensé à Paris, donnant à la région une belle image commerciale appréciée de la Chambre de Commerce.

Diverses rumeurs malveillantes circulent au sujet d'Elizabeth de Monferrand. Élevant sa petite-fille, la fragile gamine Zsophia, elle est entourée d'une poignée de jeunes femmes originaires de l'Est, comme elle. Si chacun devine sa force de caractère, on ignore d'où vient la fortune qui lui permit d'acquérir et de rentabiliser sa propriété. On ne peut exclure que cette personne sans âge pratique le saphisme. Elle semblait proche de Cindy, gardant un œil sur ces prostituées Roms hongroises. Elle connaît aussi Mirouna, mais celle-ci est assassinée à son tour. Mathias Croguennec se demande s'il existe réellement un lien entre la châtelaine et la comtesse Elizabeth Báthory, la célèbre criminelle ayant perpétré ses forfaits en Transylvanie autour des années 1600. Une photo datant de 1956 intrigue le policier, car la femme y figurant paraît être la future Elizabeth de Monferrand.

Une photo intime de Mathias et Cindy circule bientôt, et d'autres indices accablants placés chez lui, obligent le policier à prendre la fuite. Il maintient un contact avec son collègue homo Fournier, qui l'a prévenu assez tôt. Après une nuit chez le gitan Martinez, Mathias se cache dans un squat artistique des environs, auprès de son amie Sophie. S'il doit trouver des réponses, ce sera en Hongrie. Il embarque dans un car en direction de Budapest, via l'Italie et la Serbie, en compagnie de Sophie. Dans l'Hérault, Elizabeth de Monferrand n'est pas inactive pendant ce temps. L'opération commando contre le camp de Roms, où Antal disposait d'un QG, est un fiasco. Pourtant, elle finit par capturer un précieux otage. C'est à Cegléd, d'où vient la famille Báthory, que Mathias et Sophie obtiennent quelques éléments historiques. Contrer la toute-puissance de la châtelaine Elizabeth, si bien armée, est-ce vraiment possible pour un enquêteur comme Mathias ?…

Waldeck Moreau : Cavale hongroise (Éd.Lajouanie, 2016)

Cette intrigue policière comporte plusieurs belles originalités. Sans doute faut-il signaler qu'elle se déroule début 2012, époque des attentats commis par Mohammed Merah. Pas de lien direct avec le sujet traité, si ce n'est l'ambiance délétère qui en résulta. En France et ailleurs en Europe : en Hongrie, la milice paramilitaire d'extrême-droite Jobbik fit des démonstrations de force. Ces nazillons visaient les Tziganes, tandis que se cultivait dans l'Hexagone le sentiment anti-Roms. Le climat de cette période offre une "toile de fond" crédibilisant le récit. Le portrait du policier Mathias Croguennec s'avère peut-être un peu chargé, mais ça correspond à une certaine tradition du noir polar. Et puis, quand on est soi-même traqué, on n'a d'autre choix que de "mouiller la chemise" pour rétablir la vérité. Ce qui ajoute évidemment du piment à un suspense.

Le véritable personnage central, c'est Elizabeth de Monferrand. Elle porte en elle toute une partie de l'Histoire des anciens pays de l'Est. Le temps du communisme, de l'insurrection de Budapest à l'automne 1956, du régime autoritaire de János Kádár qui s'ensuivit. Des circonstances où certains prennent, par rivalité ou par prudence, l'habitude de ficher leurs contemporains. Mais ne faut-il pas remonter bien plus loin dans les siècles ? Jusqu'à la comtesse Erzsébet Báthory, figurant en bonne place au Panthéon des grandes criminelles ? “Nos ancêtres ont toujours inspiré de la terreur, et si je suis là c'est parce que ceux qui m'entourent me craignent” confiera la châtelaine languedocienne après cette affaire. Entre le mystère actuel entraînant maintes péripéties, et l'évocation d'un sombre passé, l'auteur réussit une alchimie fort convaincante, ce qui rend excitant ce roman mouvementé.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2016 Livres et auteurs
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Libres lectures

Petit rappel : Toutes mes chroniques, résumés et commentaires, sont des créations issues de lectures intégrales des romans analysés ici, choisis librement, sans influence des éditeurs. Le seul but est de partager nos plaisirs entre lecteurs.

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Spécial Roland Sadaune

Roland Sadaune est romancier, peintre de talent, et un ami fidèle.

http://www.polaroland-sadaune.com/

ClaudeBySadauneClaude Le Nocher, by R.Sadaune

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