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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 05:55

Âgée de trente-cinq ans, Claire DeWitt est native de Brooklyn. Elle avait onze-douze ans quand elle se passionna pour la résolution de mystères. Sa bible fut le seul livre du détective français Jacques Silette, “Détection”. Un ouvrage obscur, qui dit tout et son contraire, mais qui guide toujours les enquêtes de Claire DeWitt, devenue détective privé. Jacques Silette, dont la fille Belle fut kidnappée et jamais retrouvée, était lui-même énigmatique. Une des copines ados de Claire disparut elle aussi sans laisser de traces. Quittant sa famille dès qu'elle eut dix-sept ans, le parcours de Claire fut cahoteux, avec casier judiciaire et curieux tatouages.

À La Nouvelle-Orléans, elle poursuivit sa formation de détective privé, grâce à Constance Darling. Qui ne vivait que pour les investigations, interprétait aussi sûrement les signes ésotériques que les indices. Constance mêlait augures extra-lucides et philosophie asiatique. Comme son ex-ami Mick Pendell, reconverti prof de criminologie en Louisiane, Claire apprit beaucoup avec Constance Darling. Fumer quelques joints l'aide parfois à se concentrer. En Californie, Claire a été perturbée par une récente enquête. Elle a dû suivre une cure, genre retour à la vie naturelle. Quand on la contacte pour une enquête à La Nouvelle-Orléans, Claire apparaît de nouveau en forme.

Ce n'est pas la ville la plus sécurisante qui soit, elle ne l'a pas oublié. Les crimes y sont rarement résolus, les accusés sont généralement vite libérés. Pourtant, “un suspect dans une affaire d'homicide à la Nouvelle-Orléans avait davantage de chance de se retrouver lui-même à la morgue plutôt qu'au tribunal.” On est en janvier 2007, un an et demi après l'ouragan Katrina. Partout subsistent des séquelles de la tempête qui sema la mort et détruisit des quartiers modestes, où les trafics ont déjà repris. C'est durant la catastrophe Katrina que semble avoir disparu Vic Willing, qui habitait au bout de Bourbon Street.

Ce riche magistrat était honnête et généreux, un peu hautain sans doute par sa fonction de District Attorney. Claire inspecte son appartement, sa bibliothèque et son bureau. “Vic n'avait sûrement pas été tué chez lui. Pas de sang, pas de balle, aucun détail suspect.” Elle prend des empreintes, et remarque un perroquet vert aux alentours. Les empreintes sont celles de Andray Fairview, jeune délinquant afro-américain qui vient d'être incarcéré à l'Orleans Parish Prison, au cœur de la ville. Quand Claire l'y rencontre, il nie avoir tué Vic Willing. Fairview aurait sympathisé avec le magistrat, qui avait une passion pour les oiseaux. Claire note une incongruité : Fairview possède un exemplaire de “Détection”, le livre de Jacques Silette. Le criminologue Mick Pendell parvient à faire sortir le délinquant de prison. Peu après, Fairview, son ami Terrell (dit Dreadlocks) et Claire sont la cible de tirs dans des rues mal famées…

Sara Gran : La ville des morts (Éd.Points, 2016)

Avec “Dope” et “Viens plus près”, Sara Gran imposait une tonalité aussi personnelle qu'originale. Serait-ce ici une banale enquête d'une détective privée qu'elle nous propose ? Certes non, il y a toujours ce refus de la bien-pensance qui la caractérise. Tous les "privés" ont un vécu, ayant traversé tant d'expériences qui ont été des épreuves. Dans le cas de Claire DeWitt, on sent très vite que son hyper-sensibilité s'est amalgamée avec sa volonté de devenir enquêtrice. Pourtant, son parcours n'a rien de larmoyant. Au contraire, l'ironie est perceptible dans son regard sur les autres, sur tout ce qui l'entoure. Ses retrouvailles avec son ancien ami Mick Pendell en sont un bon exemple. Ce sourire décalé est présent tout au long de l'aventure.

Il est aisé de comprendre que Katrina a marqué les Américains. À la fois par le manque de "réponses" rapides et flagrantes pour venir en aide aux populations. Aussi, parce que cette partie de la Louisiane a toujours été éloignée des règles en vigueur aux États-Unis. Sara Grant ne cache pas que police et justice, Blancs et Noirs, se sont toujours mutuellement accusés de tous les maux. Comme un statu-quo permettant à chacun d'évoluer au mépris de toute paix sociale, fric et trafic dominant tout.

Jacques Silette, détective français exemplaire pour Claire DeWitt ? Ça fait penser au chevalier Dupin, l'enquêteur d'Edgar Allan Poe. Adapté par Sara Gran, c'est un théoricien de l'investigation criminelle un peu fumeux, dont on peut interpréter les conseils de maintes façons. Un des personnages-clé de l'histoire. Claire est une dure-à-cuire. Du moins dans l'image qu'elle veut afficher... Chapitres courts, non-conformisme, témoignage sur une ville hors norme, multiplication de péripéties, voilà ce qui rend réjouissant cet excellent suspense de Sara Gran.

- Disponible chez Points dès le 7 janvier 2016 -

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2016 Livres et auteurs
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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 05:55

En Grèce, au début du 20e siècle. Âgé de vingt-trois ans, Nikos Molochanthis se présente comme étudiant. En vérité, ce blond fluet au teint pâle se contente de dilapider l'héritage de son père à Athènes. Il fait la fête avec différentes bandes d'amis, qui voient en lui un généreux mécène. Nikos apprécie le jeune Stéphanos, et la sœur de celui, Phrosso, dont il est vaguement épris. Pour lui qui adore les films policiers et les romans à suspense, la fiction est plus excitante que le quotidien. “Dans cet univers empli de chimères, il rêvait de se signaler et de se couvrir de gloire, de la même façon que les jeunes gens de son âge ambitionnent de se distinguer dans le monde réel. Ainsi, les frontières entre la fiction et la réalité s'étaient quelque peu brouillées dans son esprit...”

Un crime a été commis dans le quartier athénien de Psychiko. On a retrouvé dans un petit ravin le cadavre d'une jeune femme poignardée, grossièrement masqué par des pierres. Il s'agirait d'une belle aristocrate, dont on ignore l'identité. Le vol n'apparaît pas le mobile du crime. Les journaux évoquent l'affaire, à grands renforts d'hypothèses hasardeuses. De criantes zones d'ombres persistent, néanmoins. Les autorités promettent une arrestation rapide, mais l'enquête s'enlise vite. Pour accéder à la gloire, Nikos envisage d'endosser le crime. Projet chimérique auquel souscrit son ami Stéphanos qui, afin de le disculper, sera là pour produire un alibi le moment venu. Au final, il ne court pas grand risque.

Nikos bâtit le scénario de la soirée du meurtre, crée des pièces à conviction contre lui-même, donne procuration à Stéphanos pour qu'il gère sa fortune durant son incarcération. L'arrestation de Nikos se produit quasiment par hasard. Les journaux accablent bientôt le suspect, la presse étant ravie de relancer l'affaire de Psychiko. Nikos a prévu de bonnes photos à leur transmettre. Le voilà mis au cachot : en présence de cette mauviette, ses codétenus endurcis ne manquent pas d'ironiser. Niant le crime, n'expliquant rien du tout, Nikos devient aussitôt la star de la prison, avec des journalistes venant l'interviewer, et une flopée d'admiratrices empressées de le complimenter. 

Membre de la haute-société athénienne, adepte d'Oscar Wilde et de Thomas de Quincey, Lina Aréani entreprend de sauver Nikos avec l'aide de cinq amies. Son soutien financier est le bienvenu. Dans les milieux aisés, des dames font circuler des rumeurs sur l'identité de la victime, avec un scénario rocambolesque. N'obtenant pas de confessions de sa part, Lina risque de rompre avec Nikos. Avant qu'il puisse s'évader, son procès approche, et une condamnation à la guillotine fait peu de doutes. “Il aurait beau avouer son rôle dans cette farce macabre, personne ne le croirait. Le couteau sanguinolent et la veste couverte de taches rouges que les enquêteurs avaient trouvés dans sa malle suffisaient en effet à établir sa culpabilité. Et, bien sûr, personne ne pourrait croire que quelqu'un, même fou ou déséquilibré, fut capable d'inventer ce type de canular tragique.”

 

Paul Nirvanas : Psychiko (Mirobole Éditions, 2016)

Ce “Psychiko” est une véritable curiosité, à plus d'un titre. Il fut publié en 1928, époque où la littérature policière est inexistante en Grèce. La criminalité d'alors dans ce pays, ce sont des "crimes d'honneur" où le mari trompé abat l'épouse, et des bandits récidivistes rattrapés après quelques méfaits. Imaginer des meurtres organisés selon un plan précis, une machination assassine, ça ne correspond sans doute plus à l'esprit grec. Si “Œdipe roi” de Sophocle figure depuis 1994 au catalogue de la Série Noire, le présent roman est très certainement à classer parmi les pionniers du genre en Grèce.

Deuxième aspect plus qu'intéressant : la mégalomanie teintée de naïveté du personnage central. Pour devenir un "héros", il est prêt à endurer une situation périlleuse. Pendant un temps, du moins, à la condition incertaine d'en profiter de son vivant, donc de s'en sortir. Un cas psychiatrique entre Nietzsche et Freud, allusif à Oscar Wilde et Thomas de Quincey (“De l'assassinat considéré comme l'un des Beaux-Arts”). Si les maladies mentales ont été beaucoup exploitées dans le polar dès la fin du 20e siècle, c'était moins habituel en 1928.

Il convient également de souligner le regard de l'auteur sur la bonne société hellénique, avec des langues de vipères semant le venin de la calomnie, et sur les journaux toujours friands de spectaculaire, accusateurs non sans parti pris. Enfin, atout essentiel destiné à provoquer la complicité du lecteur, c'est sur le ton de la comédie que cette aventure nous est racontée. Il serait fort dommage de ne pas découvrir ce roman original.

 

— “Psychiko” est disponible dès le 7 janvier 2016 —

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 05:55

À l'origine, un fait divers vécu par Dashiell Hammett, à l'époque où il était détective chez Pinkerton, lui inspira son célèbre roman “Le faucon maltais” (1930), qui consacra son talent. L'affaire criminelle remontait au printemps 1922, à San Francisco. Il transforma les noms des protagonistes : son coéquipier Mike Arnette devint Miles Archer, la secrétaire Evie LeFabre de l'agence Pinkerton étant changée en Effie Perine, tandis que la coupable Moira O'Shea serait désormais Brigid O'Shaughnessy. Quant à Sam Spade, il offrit au détective privé son premier prénom, Samuel. Le séducteur Hammett éprouva-t-il des sentiments amoureux envers Moira O'Shea ? Sans doute préféra-t-il que le tribunal la condamne à un internement psychiatrique plutôt qu'à de la prison. Pour le reste, la vie de l'écrivain se poursuivit, aux côtés de sa maîtresse, la dramaturge Lillian Hellman.

En 1933, après onze ans en psychiatrie, Moira s'arrange pour retrouver Hammett. La rousse aux yeux bleus et aux longues jambes admet n'avoir guère changé : “Je suis une garce sournoise, y a pas à tortiller là-dessus.” Renouer intimement avec l'écrivain ? Il n'en est question ni pour lui, ni pour elle. Moira souhaite juste récupérer la fausse statuette du Faucon noir, qu'Hammett possède maintenant. Pour se débarrasser d'elle, il la lui donne. Une erreur, peut-être, si cet objet de pierre date bien du temps des Croisés, si c'est une sorte de talisman aux vertus magiques. Par la suite, il n'écrira plus de roman, mais Dash va croiser bien des gens qui lui parleront de la statuette. Si le cinéaste John Huston sait d'avance que sa carrière va décoller, grâce à son adaptation avec Humphrey Bogart et Mary Astor, d'autres gardent un certain antagonisme envers l'écrivain.

À San Francisco, quatorze ans après les faits, il rencontre Evie LeFabre. L'ex-secrétaire de chez Pinkerton, insatisfaite de son personnage dans le roman, est sur la mauvaise pente. En 1948, Hammett donne des cours à la Jefferson School for Social Sciences, non sans but politique. Il reçoit la visite de son ancien coéquipier Mike Arnette. Qui lui en veut toujours pour le rôle qu'il lui attribua dans “Le faucon maltais”. Et alors ? Malade, Mike n'enquêta pas, et Sam sauta sa femme, en effet. Le détective ne cache pas qu'il est au service du sénateur Joseph McCarthy : trois ans plus tard, ça vaudra quelques semaines de détention à Hammett. Dans sa prison du Kentucky, se trouve un des coupables de l'affaire de 1922. Plus étonnant, en 1942, s'était produit un face-à-face entre l'écrivain et quelqu'un laissé pour mort dans cette histoire. Qui cherchait lui aussi la fameuse statuette.

À la Saint-Sylvestre 1959, Hammett n'en a quasiment plus que pour une année à vivre, il en est conscient. La réponse à toutes ses interrogations sur le sens mystique, et les vertus bénéfiques ou maléfiques du Faucon Noir, il espère la trouver au domicile de Mme Paxton, une riche veuve de médecin. À condition qu'elle ne soit pas devenue amnésique…

Owen Fitzstephen : Le dossier Hammett (Rivages/Noir, 2015)

Attention, la quatrième de couverture peut induire en erreur : “Pourquoi Dashiell Hammett a-t-il cessé d'écrire ? […] "Le dossier Hammett" lève le voile sur les causes de cette terrible malédiction.” Il eût été bon de préciser qu'il s'agit d'une fiction, d'un roman autour de l'écrivain et du "Faucon maltais", d'une sorte de biopic dirait-on pour le cinéma. Et non d'un "dossier" documentaire, comme le laisse supposer le titre. Certes, l'auteur évoque des épisodes avérés du parcours de Dashiell Hammett, mais il introduit surtout des scènes imaginées pour alimenter l'intrigue. Sympathique jeu littéraire : on apprécie par exemple les romans de Gyles Brandreth dont Oscar Wilde est le héros.

Un mystère Hammett sur sa “panne d'inspiration qui allait s'éterniser jusqu'à la fin de sa vie”, pourquoi pas ? On sait que Joe Gores (1931-2011) exploita les mêmes principes avec “Hammett” (1975), “Spade et Archer” (2009). Que l'on n'espère pas retrouver dans cette fiction le style d'Hammett, ce béhaviorisme qui constate les faits et les comportements. Sur la base d'un puzzle d'éléments, on tente de reconstituer le lien entre la statuette et l'écrivain. Il n'est pas indispensable d'avoir lu “Le faucon maltais” pour suivre ce roman.

L'auteur respecte l'authenticité de l'univers de l'écrivain : “Hammett acquiesça. Il aimait "Dashiell" sur les couvertures de ses livres. Dans la vie, il préférait Sam. Mais Lily lui disait "Dash" et à présent, tous ses amis à New York et à Hollywood, avaient adopté ce prénom.” Ambiance durs-à-cuire, comme il se doit, exempte de violence véritable. Si toutes les scènes ont leur charme, ou sont explicatives, on peut éprouver un petit penchant pour la rencontre avec John Huston et la visite des studios de tournage du film. Ce polar noir (inédit) est un bel hommage au maître, Dashiell Hammett.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 21:55

J'aimerais tellement vous annoncer qu'en 2016, nous vivrons dans le meilleur des mondes possible, que nous serons idéalement heureux, que régnera une parfaite tranquillité en sécurité, que chacun de nous baignera dans l'opulence. N'étant pas devin, ce ne serait qu'un vœu, un espoir illusoire, probablement une utopie. Comment ne pas penser à toutes les victimes de la barbarie sanglante, en 2015 ? Depuis près d'un an, pas un jour sans que je pense aux pauvres Cabu et Wolinski qui ont, autant que les auteurs de polars, participé à mon évolution dans la lecture.

Il est courant de dire que “le livre est un refuge”. Pour celles et ceux qui aiment le polar, la diversité du genre nous permet effectivement de trouver une sorte de protection dans les romans, un cocon aussi sombre ou mystérieux soit-il. Pourtant, lire ce n'est pas s'isoler du monde réel. Au contraire, bien des romans possèdent une force psychologique ou sociale qui témoignent de la complexité des âmes ou des circonstances de la vie. Le polar et le roman noir ne sont pas uniquement destinés au divertissement, ils peuvent être riches d'enseignements.

Nous avons la chance de choisir, d'avoir la liberté de lire ce qui nous plaît. Ça participe sûrement à notre équilibre personnel ; ça nous paraît naturel, légitime, ordinaire. Ce qui nous intéresse, c'est de lire librement avec une bonne dose de passion. Qu'il s'agisse de nouveautés ou de livres plus anciens, personne ne nous oblige à consacrer du temps à la lecture. Nous en avons l'envie, nous en éprouvons le besoin. Cultivons notre plaisir. 

Autoportrait du lecteur intensif.

Autoportrait du lecteur intensif.

Les premiers titres de 2016 laissent augurer une bonne année pour les amateurs de polars tous azimuts. Si vous le voulez bien, nous allons les découvrir ensemble. Énigme, noirceur, mystère, action mouvementée, enquête sinueuse, suspense captivant, ce sera à chacun d'entre nous de se diriger vers ses polars préférés. Depuis mi-janvier 2008, j'essaie ici de “défricher” parmi l'ensemble de la production, de trouver des romans qui n'ont parfois pas beaucoup d'échos ailleurs. Je n'ai pas de mérite : je préfère me hasarder dans les petites ruelles du polar, que de fréquenter les avenues bien tracées des best-sellers. Merci encore et toujours à celles et ceux qui ont l'amabilité de consulter mes chroniques.

 

Bonne Année 2016 à toutes et à tous !

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements Polar_2016
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 05:55

Oliver Cross débute comme ambulancier à la Station 18 de Harlem, en 1993. Il compte de nouveau tenter l'examen d'entrée en médecine. Ce qui lui vaudra d'être surnommé “Le Légiste” par les autres. Ollie admet être moins combatif que sa fiancée Clara, déjà admise en médecine. Chez les urgentistes new-yorkais, il va devoir s'accrocher. Éviter d'abord d'être éjecté comme le jeune Phelps, venu du Tennessee rural, jamais inséré au groupe. Sauver un vieil asthmatique dominicain, ne pouvoir rien faire pour une fille tombée d'un immeuble, écarter un clodo alcoolo d'un restaurant propre, appeler les flics si des toxicos mineurs les menacent, tel est le quotidien de leurs interventions. Ollie a de la chance d'opérer en duo avec Gene Rutkovski. Cet ex-militaire est un urgentiste expérimenté, fonceur mais bien moins brutal que leur collègue LaFontaine.

Après quelques erreurs pardonnable, Ollie finit par être mieux apprécié dans leur groupe, quand il réussit à mâter un chien très méchant. Il réalise que savoir doser son altruisme est indispensable dans ce job. D'autant qu'Harlem dans ces années 1990 reste un quartier violent, où l'on ne respecte guère les ambulanciers. Comme le flic Pastori, il convient parfois de férocement rappeler à l'ordre des petits voyous. Imaginer rester indifférent à ce qui les entoure est impossible. Surtout en découvrant un cadavre dans sa vermine, ou même en calmant un jeune suicidaire d'un milieu clean. Ollie risque d'être surnommé “La Mère Teresa de Harlem” s'il montre trop d'empathie. À la Station 18, l'ambulancier confirmé Reggie Verdis, qui faillit devenir prêtre, joue déjà ce rôle de Bon Samaritain.

Sa relation avec Clara devient tendue, car elle éprouve de l'animosité pour Rutkovski, et ne comprend guère que c'est un métier où il faut s'impliquer à fond. S'il reste discret sur sa vie privée, Rutkovski a sa part de problèmes. Il conseille à Ollie de ne pas s'éterniser dans ce job, s'il veut une vie équilibrée. Ce n'est pas le mordant LaFontaine qui calme l'ambiance au boulot. Entre Mitch Green, boxeur du niveau de Mike Tyson qu'il faut maîtriser, et un concert des Fugees qui vire vite à l'émeute, peu de répit pour les urgentistes en cet été caniculaire…

Shannon Burke : “911”  (Éd.10-18, 2016)

Ce "Coup de cœur" figure dans le peloton de tête des meilleurs romans noirs lus depuis quinze ans. Shannon Burke utilise un contexte new-yorkais proche dans son premier titre paru en français, “Manhattan Grand-Angle” (Série Noire, 2007). Cette fois, se servant de sa propre expérience d'ambulancier à New York, il va très loin dans le réalisme. D'abord, le Harlem décrit ressemble d'assez près à l'enfer : “Des rues sales, des stations de métro délabrées, des poubelles qui débordent, des rats, des terrains vagues un peu partout... Les districts les plus violents étaient le 32e à West Harlem et le 34e à Washington Heights. C'était précisément la zone que notre unité quadrillait, et nous en étions fiers.” Dans de pareilles conditions, une sérieuse force de caractère est indispensable pour tenir.

Cette histoire est puissante, sans lyrisme excessif, par la tonalité de son témoignage. Chez les urgentistes, existe un panel de comportements. Ça va du plus soucieux des autres comme Verdis, au plus cynique tel que LaFontaine, en passant par des pros compétents genre Rutkovski, pouvant finir par éprouver des états d'âme négatifs. Plus qu'une vocation, leur métier devient addictif chez la plupart de ces ambulanciers, primordial tout en étant conscients qu'ils ne sauvent pas tant de gens. S'il avait cherché à nous apitoyer, Shannon Burke serait passé à côté de son sujet. Bien au contraire, il montre que vivre à Harlem en ce temps-là, c'est accepter d'être en marge. Y compris pour ces urgentistes mal considérés de tous. Toute la dimension sociale du roman noir, dans cet univers où règne l'incessante présence de la mort.

Remarquable !

 

─ “911” est disponible dès le 7 janvier 2016 chez 10-18 ─

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 05:55

En ce neigeux hiver 1897, Elspeth Howell rentre dans sa ferme isolée du nord de l’État de New York. Elle vient de passer quatre mois en ville, exerçant son métier de sage-femme. Cinq ou six jours plus tôt, trois hommes portant des foulards rouges ont débarqué ici, tuant sans pitié toute la famille : son mari Jora et leurs enfants (Mary, Emma, Jesse et Amos) ont été massacrés. Sauf Caleb, douze ans, fils solitaire des Howell. Il a tout vu depuis le fenil, dans la grange où il passait son temps. Bien que possédant un fusil Ithaca, il n'a pas pu intervenir. Sans le vouloir, Caleb blesse gravement sa mère à son arrivée.

Fiévreuse, Elspeth reste semi-inconsciente durant plusieurs jours. Son esprit lui restitue des images de leur vie passée, entre la pieuse dureté de Jora et leur histoire familiale. C'est le feu qui va intégralement purifier le décor meurtrier. Caleb et sa mère se réfugient dans la grange. Le garçon réfléchit à la suite : “Ils auraient besoin d'un plan, et pour la première de fois depuis le drame, il envisagea la possibilité d'un avenir. La seule chose qu'il révélerait à sa mère, c'est qu'il prévoyait de tuer ces hommes. Sans doute le voudrait-elle aussi.” Après quelques jours de répit, Elspeth affaiblie et Caleb partent à pied dans la neige et le brouillard. Un long chemin de croix dans les campagnes sans vie.

Ils échouent finalement chez un couple de vieux, William H.Wood et sa femme Margaret. Ceux-ci leur procurent chaleur et réconfort. Quatre jours plus tôt, les trois tueurs ont brutalisé William, volant ce qu'ils pouvaient. Ils sont partis en direction de Watersbridge. Elspeth connaît la ville, près du lac Erié : c'est là que naquit Caleb. William et Margaret ne peuvent retenir la mère et son fils, pressés de rester sur les pas du trio criminel.

Tandis qu'ils se logent dans un hôtel, Caleb découvre la civilisation. Déguisée avec les vêtements de son défunt mari, Elspeth se voit offrir un job d'homme à la Compagnie des Grands Lacs. Un boulot difficile où elle fait équipe avec Charles Heather, au caractère plutôt bienveillant. Elle ne peut rien lui révéler dans l'immédiat. Caleb a entendu parler de la Taverne de l'Orme, un lieu mal famé. Il est engagé pour un petit job de service par le patron, London White. Il est convaincu que c'est là qu'il trouvera la trace des trois tueurs. Caleb s'est acheté un Colt, qui ne le quitte pas. À l'Orme, il croise des types comme Owen Trachte, qu'il sent animé d'une sourde colère, ou Martin Shane, un habitué paraissant énervé de nature. Mais il y a également la jeune Ellabelle, qui l'impressionne quelque peu. Elspeth reste hantée par son passé. Caleb ne renoncera pas à sa vengeance…

James Scott : Retour à Watersbridge (Éd.Points, 2016)

À la toute fin du 19e siècle, l'Amérique reste largement un décor de western, la ruralité s'appliquant toujours à de petites villes comme Watersbridge. C'est une époque rude, où le confort reste relatif pour la population ordinaire, chacun défendant ses maigres biens ou sa tranquillité. Non sans utiliser des armes, au besoin. Des notables de la classe un peu plus aisée, tels ceux qui emploient Elspeth Howell, il en existe. Ces conditions de vie engendrent une sélection naturelle au détriment des plus faibles, y compris des bébés. On se raccroche dans certains cas aux préceptes bibliques, comme le fit Jora Howell. Ou on traîne sa peine et ses secrets, telle Elspeth.

Ce que l'on retient en priorité, c'est l'écriture de James Scott, capable de faire passer cette âpreté de l'ambiance d'alors. Certes, il y a des règlements de comptes dans l'air. Au-delà de ça, c'est l'ensemble des rapports entre tous les protagonistes qui sont sous perpétuelle tension. Beaucoup de méfiance, assurément une dose de rancœur. Néanmoins, l'auteur parvient à nuancer, à travers des personnages plus modérés, lueurs humanistes perçant dans cette noirceur. Quant à l'intrigue, le massacre initial en est le moteur, bien sûr. Toutefois, c'est dans l'histoire d'Elspeth et de ses proches que l'affaire prend sa source. C'est avec une très belle maîtrise que James Scott nous raconte ces destins tourmentés.

 

―“Retour à Watersbridge” est disponible chez Points dès le 7 janvier 2016—

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2016 Livres et auteurs
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 05:55

Printemps 1921. Américain francophone, Jeremy Nelson est un pianiste de jazz venu vivre à Paris. Désargenté, il loge rue de Clichy. Âgé de vingt-cinq ans, il en paraît davantage. Sa mère, une Russe expatriée aux États-Unis, n'a guère laissé d'indices sur son père, qu'elle rencontra lors qu'elle fut de passage en France. Jeremy n'a jamais connu ce Paul K., et ne dispose que de vagues éléments déjà anciens. Ce n'est pas à l'Hôtel de Pékin, un meublé décrépi où habita Paul K., qu'il en apprendra plus. Même s'il y croise Rince-Mirettes, un portraitiste express plutôt sympathique. On projette de bons films au cinéma le Rodéo, rue des Couronnes, appartenant à Robert Bradford. La caissière Marie Coudray ne semble pas insensible à la prestance de Jeremy. Elle va lui trouver un emploi de pianiste.

La sexagénaire Doxie Maxie est propriétaire du dancing-cabaret Le Mi-Ka-Do, à Belleville, rue du Jourdain. Un dresseur de chats, un duo d'Anglais, une goualeuse entonnant des refrains populaires, un pianiste alcoolique : tel est le modeste programme du Mi-Ka-Do. Démontrant qu'il est un virtuose du jazz, Jeremy est vite engagé à la place de son confrère nul. Par la suite, il arrivera à renouveler les attractions du club, avec les mêmes artistes. Pour Marie et quelques amis, c'est un bon moyen d'avoir à l'œil Jeremy, car ils craignent que le musicien s'avère trop curieux. Jeremy et Marie deviennent intimes, mais le pianiste garde sa part de vie privée. Il s'installe rue de Charonne, en colocation avec Jacob, un jeune type débrouillard. Il poursuit son enquête sur la piste de son père.

Il va fureter dans le quartier des Buttes-Chaumont, mais la dame contactée lui rappelle que ses indices remontent à un quart de siècle. Peu après, Jeremy est agressé par une femme mystérieuse. Il pourrait soupçonner Doxie Maxie. Grâce à un vieux cordonnier, il a accès aux registres de l'ex-gérante de l'Hôtel de Pékin. En 1892, un certain Paul Ker-son a habité l'établissement, en effet… Par ailleurs, il y a d'abord eu la mort suspecte dans le métro de Monique Martin, seconde caissière du cinéma le Rodéo. Puis c'est le dresseur de chats du Mi-Ka-Do, Serge Le Hutin, qui meurt dans un douteux accident. Doxie Maxie se pose des questions, elle, sur la disparition de Robert Bradford, propriétaire du Rodéo. Avec Jeremy pour chauffeur, elle se rend à Saint-Mandé, jusqu'à la maison de son amant.

Dans l'ombre, un homme sans pitié exerce sa vengeance, manipulant plusieurs personnes autour de Jeremy. À l'origine, il y a l'incendie d'un immeuble, deux ans plus tôt. Ni le flair du chien Rip, ni l'aide du jeune Sammy (employé du Mi-Ka-Do), ne suffiront probablement à protéger le pianiste de jazz. S'il n'a guère de chances de retrouver traces de son père, Jeremy dénouera peut-être cette affaire criminelle ?…

Claude Izner : Le pas du renard (Éd.10-18, 2016) – Inédit –

Il n'est pas difficile d'expliquer le titre de cet inédit de Claude Izner : “Le pas du renard” étant la traduction de “fox-trot”, une danse à la mode après la Première Guerre Mondiale. Le jeune héros pianiste baigne pour sa part dans l'univers musical des origines du jazz, avec des classiques tels que "Alexander's ragtime band" et autres morceaux ragtime. La play-list de cette histoire inclut aussi bien George Gershwin ou Scott Joplin que des succès français de l'époque, signés Albert Willemetz ou Erik Satie, ou des ritournelles populaires ("Cach' ton piano", "C'est une gamine charmante").

Né en 1896, Jeremy est un grand admirateur de Chaplin (né en 1889, ils sont de la même génération). Il sera donc encore question de cinéma : Pearl White, Mary Pickford, Gloria Swanson, Douglas Fairbanks, Max Linder, et les personnages de cow-boys étant les rois de cette nouvelle industrie rayonnant sur le monde entier. Sont évoqués les Studios de la Victorine, à Nice, qui deviendront un Hollywood à la française.

L'ambiance du Paris de ce temps-là nous est décrite avec soin, ou habilement suggérée selon les scènes : les immeubles vétustes où se loge vaille que vaille une population sans gros moyens, des petits métiers (tel le manchot Georges Vialet avec sa charrette, qui récupère tout et rien), des cabarets vivotant de petits spectacles, des cinémas avec leur programme complet et un pianiste-accompagnateur illustrant le film, des combinards sans malice tel le compagnon de chambre de Jeremy. Et puis, on se déplace moins alors : du cœur de Paris jusqu'à Saint-Mandé, ça reste une équipée, par exemple.

Outre la base documentaire très complète et utilisée avec souplesse, l'intrigue à suspense est riche en mystère. On est bien dans l'esprit des romans énigmatiques de ces débuts de 20e siècle. D'ailleurs, il est même fait allusion à Fantômas dans une scène. Auteures des enquêtes du libraire Victor Legris (douze tomes, chez 10-18), le duo signant Claude Izner ne manque pas d'expérience. On espère déjà retrouver Jeremy Nelson dans de futures aventures, aussi palpitantes et mouvementées que celle-ci.

 

― “Le pas du renard” est disponible dès le 7 janvier 2016 ―

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2016 Livres et auteurs
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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 05:55

La capitaine de police Élise Verdoux est une rousse quadragénaire en poste à Rouen. Dans un commissariat annexe, afin de s'éloigner un peu de son ancien amant, Raymond Keller, qui était son supérieur avec le grade de commissaire. Assistée du lieutenant Person, Élise s'interroge sur un triple crime : deux agents de police et un SDF serbe ont été assassinés. La signature du tueur, c'est une photo de la grille d'un portail. Pas de quoi avancer dans l'enquête. Une quatrième victime est bientôt recensée, encore un agent de police. Élise reçoit un envoi anonyme, une vidéo de caméscope. Sur les images, probablement dans la propriété correspondant à la grille de la photo, on y un groupe de SDF maltraités. Ce sont les agents assassinés qui les bousculent.

Éloigner les clodos du centre-ville de Rouen, afin qu'ils n'importunent pas les touristes, manu militari s'il le faut ? L'opération pourrait bien être la conséquence d'une directive décidée par l'adjoint au maire Robert Praquetti. Élise retrouve vite l'artiste-peintre Lynda Farnel, qui lui a transmis la vidéo. Seule, la policière se déplace sur les lieux indiqués, une villa désaffectée. Près de laquelle elle découvre le cadavre du lieutenant Person. Comme le SDF serbe, sa peau porte des traces de griffes. Élise est rapidement repérée et séquestrée parmi les déshérités rassemblés là. L'organisateur de ce cirque se surnomme Gladiator. La policière le connaît trop bien : c'est le commissaire Raymond Keller. Elle n'ignore pas qu'il peut se montrer d'une certaine brutalité.

Mathieu Lancaster est écrivain. Il vient de subir un lourd échec autour d'un prix littéraire. Il se réfugie dans la maison ayant appartenu à ses parents, en pleine forêt, à trente-cinq kilomètres de Rouen. Réutilisant sa vieille machine à écrire Underwood, il compte créer ici son prochain roman. Non sans garder en tête l'image d'Angie, son ex-compagne. La vieille voisine l'irrite bientôt, venant lui raconter des histoires de loups-garous sévissant soi-disant dans ce hameau de Gisants-les-Rouen à la pleine lune. Il est vrai que le père de Mathieu s'intéressa à la lycanthropie, et que ça peut donner un sujet de roman. Abusant de ses bouteilles de Bordeaux, l'écrivain ne progresse guère dans l'écriture de son livre. Il finirait presque par s'inquiéter de l'aura maléfique de cet endroit.

Le commissaire Raymond Keller est en cavale, armé et espérant se sortir de ce mauvais pas. Après quelques pépins, il s'invite chez Mathieu Lancaster, prétextant une mission en cours. L'écrivain n'est pas vraiment dupe. Le policier lui raconte une partie de la vérité sur ce qui l'oblige à fuir. Fidèle à son caractère, Keller se montre envahissant et directif. Avant d'arriver là, il vient de supprimer un témoin, et n'hésitera pas à tuer de nouveau. Fouillant chez Keller, Élise a découvert trois DVD démontrant la cruauté du commissaire. Sur les traces de celui-ci, son enquête la conduit à Lyons-la-Forêt. Grâce à un indic, une piste amène Élise à s'intéresser à un écrivain nommé Lancaster…

Roland Sadaune : Gisants-les-Rouen (Val d'Oise Éditions, 2015)

Quand vous entamez la lecture d'un roman de Roland Sadaune, vous pouvez être sûrs d'y trouver quantité de péripéties. S'il existe certains mystères, il n'a pas concocté un roman d'enquête doté d'une énigme à résoudre. C'est toujours avec vivacité qu'il nous entraîne au cœur de l'action. D'ailleurs, le découpage en 74 courts chapitres indique la volonté de l'auteur, de donner du rythme au récit. Sombre intrigue, dans la vraie tradition du roman noir, avec quelques références cinéma chères à Sadaune, et un peu de vieux rock.

Il nous présente évidemment une belle galerie de personnages. Une pulpeuse femme-flic, qui risque réellement sa vie. Un policier sans limite, ni scrupule. Un autre flic, proche d'un élu municipal, qui joue sur plusieurs tableaux. Un écrivain déçu, pas encore totalement désabusé. Une villageoise voisine, un brin agaçante. Il ne nous reste plus qu'à suivre leurs tribulations dans la région de Rouen, sur le tempo décidé par l'auteur. La pleine lune va-t-elle influer en bien ou en mal sur les évènements ? On le verra. Ce nouveau suspense de Roland Sadaune est aussi excitant que ses titres précédents !

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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