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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 05:55

La France du milieu des années 1960. Nathalie Farnel a été une célébrité du cinéma, dans la période 1938-1958. Depuis, cette solitaire âgée de quarante-six ans a le sentiment de végéter en jouant dans des tournées théâtres en province. Elle a précipité son retour en train, afin de retrouver la capitale. Son agente Gaby Walder n'a toujours pas grand-chose à lui proposer comme rôle. Nathalie Farnel apprend que, resté inédit depuis le tournage en 1944, son film “Dévotion” connaît un très beau succès en salle. Il fut réalisé par Richard Stresner, qui eut des ennuis au moment de l’Épuration et mourut bientôt en prison. Après avoir accordé une interview au jeune journaliste Hervé de Saint-Lieu, un séducteur âgé de vingt-huit ans, Nathalie Farnel va enfin voir au cinéma ce film trop longtemps oublié.

Ayant constaté que le dénouement a été changé au montage, la comédienne contacte l'ex-assistant réalisateur de Stresner, Pierre Rémusat. C'est lui qui, après avoir connu quelques problèmes après-guerre, détient les droits et exploite ce film. Il confirme que c'est selon les ultimes directives de Stresner qu'il a changé la fin de l'histoire. Même si il est certain de gagner beaucoup d'argent cette fois, Rémusat reste plein d'amertume. Aussi Nathalie n'est-elle pas surprise d'apprendre son suicide, intervenu peu après leur rencontre. Elle ne révèle pas tout à l'inspecteur de police Calvi, mais ne risque pas d'être inquiétée. Nathalie est présente aux obsèques de Pierre Rémusat. C'est l'occasion de faire la connaissance de sa veuve, Nadine, ainsi que du frère du défunt, Lucien Rémusat.

Grâce à un détail, la comédienne comprend avoir été victime d'un subterfuge. Ce n'est pas Pierre, mais Lucien Rémusat grimé qu'elle a vu ce soir-là. Nathalie Farnel ne tarde pas à faire chanter le couple d'amants ayant tué le mari. Elle va les obliger à financer un film où elle aura la vedette, et à payer quelques frais personnels. Le journaliste Hervé de Saint-Lieu organise la promotion du “retour” de Nathalie, s'affichant avec elle dans les soirées mondaines. Une adaptation au cinéma de “Chéri” d'après Colette serait l'idéal. La vieille cabotine Rosemonde n'est pas celle qui posera un problème à Nathalie. Par contre, elle est contactée par Philippe Mercier, son ancien partenaire dans “Dévotion”. Ce dernier risque de contrarier ses projets cinématographiques. Nathalie doit s'attendre à d'autres soucis et revirements, d'autant que Lucien et Nadine ne se laisseront pas plumer…

Jean-Pierre Ferrière : Retour en noir (Éd.Noir Délire, 2014)

Auteur de plus de soixante-dix romans, ce vétéran du polar qu'est Jean-Pierre Ferrière a toujours été un passionné de cinéma. Dans les décennies 1950 et 1960, avant que la télé ne s'impose, on produisait quantité de films. Dans des conditions parfois assez précaires, éloignées de l'industrie du cinéma d'aujourd'hui. Il n'était pas rare que les “têtes d'affiche” ne soient que des acteurs en devenir, des seconds rôles expressifs ou, à l'inverse, d'ex-gloires déclinantes du grand écran. Tel est le contexte que restitue ici l'auteur. L'essentiel consistait à lancer des projets, aussi bancals fussent-ils, même lorsque les scénarios s'avéraient rachitiques ou bâclés. Des qualificatifs qui ne s'appliquent assurément pas à l'intrigue concoctée par Jean-Pierre Ferrière.

Sans être du tout antipathique, bien sûr, Nathalie Farnel n'est pas un personnage suscitant une totale empathie. Ses côtés hautains, prétentieux, sont à l'image des stars has-been. Sa méthode pour financer son film n'est pas non plus très morale. Son impresario Gaby Walder fait preuve d'ironie, tandis que le journaliste voit le parti qu'il pourra tirer de cette affaire. Le couple criminel ne renonce pas non plus. On l'aura compris, l'ambiance reste incertaine entre les protagonistes, sans être inutilement chargée. Comme toujours, c'est la fluidité narrative qui donne sa tonalité à l'histoire, pour le plus grand plaisir du lecteur. Un brin de nostalgie du cinéma d'antan, mais surtout un solide suspense.

Jean-Pierre Ferrière : Retour en noir (Éd.Noir Délire, 2014)
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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 05:55

Bien d'autres romancières sont célèbres pour leurs fictions criminelles. Néanmoins, si le public ne retient qu'un seul nom pour désigner la Reine du Crime, ce sera Agatha Christie (1890-1976). Issue de la bonne société britannique, elle connut une vie bien remplie et un immense succès avec ses romans policiers. Ne regardons pas avec un dédain ironique son œuvre, bien plus excitante qu'usant de ce conformisme qu'on lui attribue souvent. Cette encyclopédie sur l'univers d'Agatha Christie explore quantité de facettes de son existence et de ses histoires. Définitions pas trop longues, toujours claires, pour cerner ses romans, ses personnages, certains lieux marquants, mais aussi les films, adaptations télévisées ou radio, pièces de théâtre, jeux vidéos et bédés tirés de ses créations.

On se précipitera sûrement vers les “entrées” concernant ses héros récurrents : Hercule Poirot, le Belge à moustache, aux légendaires petites cellules grises ; Miss Jane Marple, la vieille dame observatrice de St Mary Mead riche de douce sensibilité ; Tommy et Tuppence Beresford qui ont créé leur agence de détectives, un couple dont on nous rappelle ici les origines ; sans oublier le capitaine Arthur Hastings, fidèle faire-valoir d'Hercule Poirot, ni la romancière Ariadne Oliver se mêlant d'enquêtes, bien proche d'Agatha Christie elle-même. L'inspecteur Japp a bien le droit à sa notice, lui aussi. De Peter Ustinov à David Suchet, plusieurs articles sont dédiés aux comédien(ne)s qui ont incarné Poirot, ou vus dans des adaptations de ses intrigues. Retenons aussi le nom de Joan Hickson qui interpréta délicieusement Miss Marple pour la télé, de 1984 à 1992. Et celui d'Angela Lansbury, dont le personnage de Jessica Fletcher (Arabesques) fut très “christinien”.

Bien sûr, les lieux (au sens large) font partie de l'univers d'Agatha Christie. Qu'il s'agisse d'un hôtel en bord de mer, d'un manoir victorien, ou d'une demeure villageoise, c'est le théâtre dans lequel se joue souvent l'acte criminel. Burgh Island, par exemple, n'est pas un endroit anodin, puisqu'il inspira l'auteure. On évoque aussi Bagdad, en se souvenant qu'Agatha Christie voyagea jusqu'en Mésopotamie. Une “entrée” intéressante concerne les “villes imaginaires” dans l'œuvre de la romancière. Un détour par la Belgique évoque Spa et la ville d'Ellezelles, possédant une amusante particularité. Les lieux, ce sont encore les gares et les trains. L'Orient-Express, où Pierre Michel assure le service des wagons-lits, et le Train Bleu, mais aussi celui de 16h50 au départ de Paddington.

Anne Martinetti – Guillaume Lebeau : Agatha Christie de A à Z (2014, Éd.Télémaque)

En décembre 1926, la disparition d'Agatha Christie fit grand bruit, une absence sans doute volontaire mais dont les détails ne furent jamais réellement résolus. Certes, on peut se renseigner ici sur Archibald Christie, premier mari de la romancière, père de sa fille unique Rosalind. Le cas de Max Mallowan, son second époux archéologue, est aussi à découvrir. On n'oublie pas non plus qu'elle écrit sous le pseudonyme de Mary Westmacott des livres plus romantiques, comme “L'If et la Rose”. Derrière ses intrigues purement policières, elle exploita avec autant de réussite des thèmes ayant trait à l'Espionnage ou au Fantastique. Bien entendu, un article évoque le Detection Club, dont Agatha Christie fut un des piliers. Il est même question de Chandler, pas de l'écrivain Raymond Chandler, mais d'un père et d'un fils héros d'une nouvelle dans “Les travaux d'Hercule”.

Alors quoi, il n'est pas question de meurtres dans cette encyclopédie ? Armes à feu, contondantes, tranchantes, noyades, strangulations, accidents, poisons divers, chantages, crimes à huis-clos, un peu d'adultère, vengeance, autant d'actes et de mobiles conduisant à tuer son prochain… et surtout à faire fonctionner son cerveau pour résoudre les énigmes alambiquées que l'auteure concocta. Prenons le cas de Félicie Bault, dans la nouvelle “Le quatrième homme” (recueil “Le Flambeau”) : une jeune femme, mais quatre personnalités selon les témoins qui en parlent. “Ce personnage digne de Stephen King a inspiré de nombreux auteurs, et notamment Mary Higgins Clark” nous rappelle-t-on.

Multiples “entrées” autour d'Agatha Christie, donc, puisqu'il est aussi question de bateaux, de surf, de chiens et de chats, d'avions, d'archéologie, de chocolat, de féminisme, de tous les romans et nouvelles de l'auteure, de nombreux thèmes. On ne se lasse pas de sauter d'une notice à l'autre, chacune attisant notre curiosité. Deux cahiers-photos évoquent en image la “présence” encore vivace d'Agatha Christie. Il faut absolument saluer le travail remarquable d'Anne Martinetti et Guillaume Lebeau. Le couple nous présente un ouvrage désormais indispensable pour tous les passionnés de Littératures policières et pour les admirateurs d'Agatha Christie.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2014
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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 05:55

Le Trégor se situe sur la côte nord-ouest de la Bretagne, du côté de Lannion. Ancien marin sexagénaire, Fanch Bugalez s'est y installé à Trébeurden avec sa famille. Gwendoline, son épouse venue du Saskatchewan (Canada), ex-chanteuse, est âgée de vingt-cinq ans de moins que lui. Ils sont les parents du petit Valentin, et de sa sœur. Ils ont repris le “Café du Loup rouge”, bar d'habitués contribuant à la vie locale. Eugène Cabioch, dit La Brebis, vieil ami de Fanch n'a pas loin de soixante-quinze ans. Tout en gardant ses bases dans leur Trélouzic natal, où ils ont vécu plusieurs aventures, Eugène reste proche de Fanch. Ils sont toujours en contact avec le commissaire Cesare Le Tellier, qui officie dans la région. Ce dernier va de nouveau devoir enquêter sur des crimes perpétrés dans les parages.

On a assassiné un fossoyeur, employé communal de Trébeurden, qui creusait une tombe. Le tueur a emporté un squelette qui gisait là, bien dissimulé. Puis c'est une femme qui est découverte morte, allongée dans un terrain vague, entourée de coquillages signant une curieuse mise en scène. Chanteuse lyrique âgée de trente-deux ans, Alexandra a été poignardée. Il ne faudrait pas que ces meurtres causent trop de remous, car actuellement un investisseur anglais séjourne par ici. Dave Nakheel-Sandman semble avoir des projets respectueux de l'environnement et des lois en vigueur. Toutefois, ses relations discrètes avec Susheila Winterhorn, une Australienne, pousseraient à s'interroger si elles étaient connues du grand public. Car tous deux sont liés à l'industrie sablière.

En effet, depuis quelques temps, des multinationales visent le sable du littoral breton, en particulier. L'extraction, assez près des côtes, ne serait pas du tout dommageable, selon les dossiers bien ficelés qu'ils soumettent. Pourtant, des études plus fouillées montrent les inévitables conséquences pour la dune sous-marine et la faune qui y vit, sur les courants marins, et pour l'ensemble des activités touristiques. Un collectif d'association a dénoncé le futur gâchis, “Le peuple des dunes en Trégor”. Se fiant à son instinct, Eugène Cabioch ne cache pas son scepticisme envers Dave Nakheel-Sandman. Tandis que des agences immobilières de la région ont reçu des lettres anonymes entraînant une petite enquête des gendarmes, le commissaire Le Tellier pourrait explorer la piste d'un expatrié disparu…

Yann Venner : Les chevaliers de la dune (Éditions de Trozoul, 2014)

Des débats concernant l'extraction de sable non loin des côtes ont bel et bien soulevé des réactions de la part des habitants, du Morbihan jusqu'au Trégor. Il ne s'agit pas d'un esprit de contestation contre toute modernité, tout changement. Certes, chacun sait qu'il faut du sable pour construire, pour le béton. Plus on le soutire près de chez nous, moins il coûte cher, c'est entendu. Toutefois, ce n'est pas sans influence sur l'environnement et le climat, ni sur l'économie locale. Des efforts sont faits pour protéger le littoral, attention aux effets néfastes de ces exploitations du sable. Tel est le thème qui sert de toile de fond à cette intrigue sympathique. Car, entre le gendarme retraité Félix Stereden, le vieil anar Eugène Cabioch, et quelques autres protagonistes, on sourit également.

Ce ne sont pas des enquêtes policières balisées ou rectilignes, que Yann Venner nous présente dans ses romans. Son commissaire explique très bien que la réalité des faits n'est pas obligatoirement le principal critère : “Mais le réel n'est pas que tangible, n'est pas fait uniquement d'évènements, de lieux, de mots prononcés. Bien sûr, le réel est cela, chargé d'actualité et d'histoire, mais s'y ajoute aussi la somme infinie de pensées et de leurs revirements, la somme des intentions, des éclats de désir ou de mémoire, des hypothèses, des possibles demeurés inaccomplis, des intuitions.” L'auteur nous invite à entrer dans l'univers de cette population qui, autour de Fanch Bugalez, aspire à une vie respectueuse des autres et de la nature. Une tranquillité troublée par ces faits de société inspirés du quotidien, et quelques crimes qui sont – ou non – en rapport avec tout cela.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 06:00

Le prix du quai des Orfèvres 2015 a été attribué mardi dernier à Maryse Rivière pour son roman "Tromper la mort". Un suspense qui raconte la traque d'un tueur en série, érudit et fin lettré, qui a agi par le passé à Paris. Il récidive en Irlande cette fois alors que les policiers français le croyaient mort. Ceux-ci sont appelés à la rescousse par leurs homologues irlandais.

Née en 1962, navigante à Air France pendant vingt-cinq ans puis responsable du service culturel de Gournay-sur-Marne en Seine-Saint-Denis, Maryse Rivière connaît fort bien l'Irlande : «J'y vais très souvent. J'y ai des liens familiaux, ce pays me fascine, l'ambiance surtout et bien sûr son histoire, tout à fait passionnante. Les Irlandais sont des gens très attachants. Je ne parle pas des pubs et des paysages qui contribuent évidemment à l'ambiance...»

La présentation de "Tromper la mort" (Fayard 2014) Prix du Quai des Orfèvres : «Pas assez d'eau pour noyer un homme, pas assez de bois pour le pendre, pas assez de terre pour l'enterrer. Rattrapé par l'âpreté de l'Irlande, le libraire de Montmartre pourra-t-il échapper à son destin ? Traqué par les polices française et irlandaise, son spectre se fond dans les tourbières, se confond aux brumes, se morfond dans les pubs. Ombres et lumières des légendes celtiques, mystères de l'âme irlandaise, au cœur de l'action policière.»

 

Maryse Rivière avait été récompensée par le Prix du Goéland Masqué 2009, pour "Sous le signe de la Souris" (Liv'Editions, 2008) : «Le 18e arrondissement de Paris est le théâtre de crimes inexpliqués, la signature du tueur, comme un dessin d’enfant, laisse les enquêteurs perplexes. Quand les féticheurs s’en mêlent, la panique est à son comble. Du monde de la rue à celui de l’édition, le passé trouble des victimes recèle bien des zones d’ombre. Et cette bande des quatre, ces honnêtes commerçants de la butte Montmartre, que dissimulent-ils derrière l’apparence d’une vie bien rangée ? Meurtres, rituels, machinations, vengeances ? Les hommes de la brigade criminelle doivent affronter des situations inattendues. Confronté à ces énigmes, le jeune capitaine Escoffier devra accepter de faire face à ses propres démons pour dénouer l’enquête.»

«"Tromper la mort" se raccroche plus ou moins à celui-ci. On y retrouve le même meurtrier, qui prend donc la fuite en Irlande, et le même groupe d'enquêteurs français […] Il s'agit davantage d'une traque que d'une enquête à proprement parler». Maryse Rivière a aussi écrit : "Le roman de Gournay" (Liv'Editions, 2009) – "Le fracas des hommes" (avec Marc Bernard, Calmann-Levy, 2011).

Prix du quai des Orfèvres 2015 - Maryse Rivière : "Tromper la mort"
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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 05:55

En 1857, des révoltes secouent depuis quelques temps les Indes Britanniques. Assiégée, la garnison de Kanpur n'a pas échappé aux destructions des insurgés de la région. À deux semaines de Noël, l'ambiance n'est pas aux festivités. D'autant qu'un prisonnier sikh, Dhuleep Singh, s'est s'échappé en supprimant le gardien, sikh lui aussi. Le fugitif détenait certaines informations capitales pour l'armée. Une patrouille militaire a été massacrée peu après, ne laissant qu'un survivant très mal en point, le soldat Tierney. L’État-Major est convaincu que Singh a bénéficié de la complicité de l'infirmier John Tallis. Le colonel Latimer charge Victor Narraway, âgé de vingt ans, d'assurer la défense de l'accusé. Affecté en Inde depuis un an, il n'est à Kanpur que depuis quinze jours.

Le lieutenant comprend immédiatement qu'on lui confie une cause perdue. Il est insensé de défendre un traître, de préparer un bon dossier en deux jours. D'autant que le major Strafford et le capitaine Busby, pour l'accusation, seront intransigeant avec l'honneur de l'Armée. On ne se prive pas de rappeler son devoir de fidélité à Victor Narraway. Bien qu'il n'ait pas d'alibi vérifiable, John Tallis nie être impliqué. Cet infirmier trentenaire à l'humour un brin cynique n'aurait rien vu. Le lieutenant interroge le caporal Grant, premier à être intervenu suite à l'évasion. Pour lui comme pour les deux autres soldats présents, les faits sont limpides, et la condamnation de Tallis est une évidence. Le médecin de la garnison ne voit pas d'autres versions possibles, lui non plus.

S'il est inexpérimenté, Victor Narraway imagine toutes les hypothèses plausibles. Tallis n'avait aucune véritable raison de se faire le complice de Dhuleep Singh. D'autant moins dans le contexte actuel de l'Inde, où la confiance n'est plus de mise avec les autochtones. Le procès de John Tallis débute dès le lendemain, quasiment à huis-clos, mais le colonel Latimer tient à ce que soit respecté un semblant de procédure légale. Ça risque plutôt de ressembler à un simulacre de procès. L'accusation s'avère précise sur l'évasion de Dhuleep Singh, que l'on a jamais retrouvé, alors que le lieutenant n'a pratiquement aucune carte favorable en mains. Le sort de Tallis ne fait guère de doute…

Anne Perry : Un Noël à Kanpur (Éditions 10-18, 2014)

Les “Petits crimes de Noël” d'Anne Perry sont des romans un peu plus courts que ceux qu'elle écrit généralement, mais il possèdent un charme certain. Qu'on ne pense pas que les intrigues seraient moins ingénieuses ou les contextes plus mal dessinés. “Un Noël à Kanpur” démontre justement le soin pris par l'auteure à nous exposer une situation pas du tout ordinaire :

“Juger un soldat pour la mort d'un garde à Kanpur semblait ridicule alors que, partout dans le nord de l'Inde, des dizaines de milliers d'hommes se mitraillaient et se poignardaient, des hommes en qui ils avaient cru un an plus tôt sans la moindre hésitation.” Le siège de Kanpur, qui causa plus de quatre-cent victimes mutilées et pour beaucoup jetées dans le puits de Bibighar, est resté un épisode dramatique de l'histoire coloniale britannique. Il marqua les débuts de la révolte du peuple indien.

Contexte essentiel, dans cette histoire, on le comprend. L'accusé John Tallis fait preuve de lucidité quand il évoque le colonialisme :

“Nous sommes une poignée d'hommes blancs à un demi-monde de chez nous, quelques dizaines de milliers qui essayons de gouverner un continent entier ! On ne parle par leurs langues, on ne comprend pas leurs religions, on ne supporte pas leur maudit climat, on n'est pas immunisés contre leurs maladies… Pourtant, nous sommes là et nous voulons en plus qu'on nous apprécie ! Et nous sommes tous stupéfaits quand ils nous plantent un couteau dans le dos... Dieu nous préserve, nous sommes des imbéciles !” (traductions Pascale Haas).

D'autant que ces faits se produisent quelques temps après la Guerre de Crimée, où les Anglais ne furent pas très brillants, non plus. Un conte de Noël, oui, mais évoquant des circonstances fort tendues. Ce qui offre une belle intensité à ce suspense.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 05:55

En 2003, à New York. Barry Donovan est un policier de la Brigade Criminelle. Son épouse et sa fille sont décédées lors des attentats du 11-Septembre. “Vivant mort dans un monde dénué de sens, il lutta quotidiennement avec l'envie d'en finir avec une existence devenue vaine.” C'est par Internet qu'il a sympathisé “avec un dénommé Werner von Lowinsky, quinquagénaire énigmatique et spirituel”, lui aussi isolé à sa manière. Ils cultivent depuis une amitié quelque peu irrationnelle. Après une mission où il a été sévèrement blessé (lire “Les vestiges de l'aube”), Barry Donovan est de retour dans son unité. Il y retrouve ses partenaires Abigayle Raven et Jim Steranko (dit Spoutnik), ainsi que le capitaine Stanton. Pour le héros dont la santé est rétablie, il est déjà temps de s'occuper d'un curieux crime.

Le pasteur Deshawn Willard, cinquante-deux ans, et son fils de onze ans, viennent d'être assassinés dans leur appartement. La victime fut autrefois un boxeur puissant et réputé. On lui a tranché une main, qui reste introuvable. Par contre, on découvre bientôt l'arme du crime, une épée courte. Les empreintes confirment que ce sont celles de Jimmy Lean, le suspect resté sur les lieux après le double meurtre et des aveux téléphoniques à la police. Ce repris de justice, ex-toxicomane connu de Barry, était un ami du pasteur.

La victime faisait partie de l'organisation du Possible Pardon, qui s'occupe de Jimmy Lean. Cette enquête peut permettre à Barry de se rapprocher de Lana Carvey, la médecin légiste, tous deux ayant de fortes affinités. Celle-ci va être agressée par un mystérieux trio, deux types baraqués vêtus de longs manteaux et un plus petit au visage masqué par une capuche. Heureusement, Werner a pu intervenir à temps, se servant de ses pouvoirs.

En effet, Werner von Lowinsky n'entend pas rester confiné dans son nouvel appartement luxueux. Il usera au besoin de sa capacité de se transformer et de se servir de l'hypnose. Peut-être sent-il déjà qu'existe un lien entre cette affaire et son lointain passé. Celui qui manœuvre dans l'ombre, c'est le Maréchal Nicolae, assisté de fidèle aide de camp Jiles. Ils utilisent de gros moyens pour s'attaquer au convoi d'un transfert de prisonniers, car ils ont besoin de baroudeurs en vue de prochaines missions.

De son côté, Barry Donovan ne croit pas en la culpabilité de Jimmy Lean, qui s'était rangé. Il devra contrer Harry Ziegler, le substitut du procureur, un arriviste prêt à livrer leur suspect à la vindicte populaire. Est-ce que le problème viendrait du “Possible Pardon”, en grosse difficulté financière ? La discrète et efficace protection de Werner n'empêche pas la menace de se rapprocher. La légiste Lana Carvey et Barry vont tomber dans les griffes de l'ennemi, dont l'implacable vengeance remonte à très très loin…

David Khara : Une nuit éternelle (Fleuve Éditions, 2014)

Barry Donovan et Werner von Lowinsky forment un étonnant duo, né dans “Les vestiges de l'aube”, premier roman de David Khara aujourd'hui disponible en poche, chez 10-18. Si leur complémentarité apparaît forte, c'est dû aux épreuves qu'ils ont traversées chacun de son côté. Un flic dans la réalité du 21e siècle, un vampire survivant depuis cent-cinquante ans : on comprendra que l'intelligence de l'auteur a consisté, dès la première aventure, à ne pas en faire une simple “histoire de vampire”. S'il suffit d'interventions sataniques ou magiques pour tout régler, il n'y a guère d'intérêt. Non, ce sont des enquêtes criminelles énigmatiques qui servent réellement de base aux intrigues conçues par David Khara.

Sans en dire trop, ce second épisode permet d'explorer le parcours singulier de Werner et son univers. S'il est issu du 19e, au temps de la Guerre de Sécession, c'est jusque dans la Moldavie du 13e siècle qu'il faut aller chercher des réponses. Réussir à concilier une part de Fantastique avec des investigations policières dans l'ambiance new-yorkaise récente, ça dénote d'une belle maîtrise. Portraits ciselés des personnages, narration fluide ; ajoutons-y des scènes-choc, telles l'attaque du transport de prisonniers ou le face-à-face final avec l'adversaire. Aucun doute, il s'agit là d'un vrai roman d'action et d'un excellent suspense, servi par la tonalité propre à David Khara.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 05:55

Parmi les très bons noirs polars réédités en format poche, deux titres sont à retenir en particulier. “On the Brinks” de Sam Millar, qui fut selon moi le meilleur roman de 2013. Il a été récompensé par un Trophée 813, d'ailleurs. Parce que les suspenses vraiment décalés ne sont pas légion, il faut aussi lire le fort original “Longue division” de Derek Nikitas.


Derek Nikitas : Longue division (Ed.10-18, 2014)

Dans la région d'Atlanta (Géorgie), la rousse Jodie Larkin, trente-deux ans, habite un petit studio avec son chat Nero. Femme de ménage pour la société Kwik Kleen, ce n'est pour elle qu'un job mal payé de plus. Chez un client, elle trouve l'occasion de dérober cinq mille dollars en billet. Elle a peu hésité, mais redoute d'être vite arrêtée. Lors de la soirée de fête chez sa collègue Inez et son ami Hector, Jodie vole une voiture, embarque son chat et l'argent. Hantée par le risque d'être pourchassée, elle prend la direction de Cape Fear, en Caroline du Nord. C'est là que vit son fils Calvin, quinze ans, qui lui a récemment adressé un message. Trop jeune alors pour l'élever, Jodie a dû l'abandonner. Il a été adopté par le couple Nowack. Cal est un garçon imaginatif et intrépide. Croyant avoir des tendances homo, l'ado contacte des inconnus par Internet. Déception assurée, mais ces rencontres aventureuses dopent son adrénaline. Cal repère bientôt sa mère naturelle, lorsqu'elle rôde dans son quartier. La rencontre mère-fils ne tarde pas. Cal et Jodie ayant des envies de départ, ils prennent ensemble en voiture la direction de New York. Un mot destiné aux parents adoptifs de Cal suffira. La mère et son fils n'ont aucune véritable raison de se rendre à New York, sinon d'essayer de se connaître mieux durant le long trajet

À Weymouth, Sam Hartwick est adjoint du shérif du comté. Homme mûr et pieux, il est l'époux de Jill. Celle-ci souffre d'un cancer en phase terminale. Ils ont prévu un voyage à l'étranger ensemble, ultime cadeau qu'il pourra lui offrir. Leur fille Erika suit des études littéraires à l'université locale. Quand cette nuit-là, Sam intercepte le véhicule du jeune Dwight Kopeck, il ne devrait pas le laisser filer. Dwight et son ami étudiant Wynn sont à la recherche de Cecilia Kopeck, qui a fui sa famille pour s'installer avec des marginaux. Son frère et Wynn la retrouve dans un camp de mobile-homes. N'ayant pas l'intention de les suivre, la jeune fille déphasée armée tire sur Dwight et le blesse. Dans un état second, Wynn abat la sœur et achève le frère, simulant maladroitement un échange de coups de feu entre eux. Le shérif adjoint Hartwick arrive le premier sur les lieux, après que Wynn ait déguerpi. Sam est conscient qu'il a une grosse part de responsabilité dans le carnage. Il affiche une froide réaction professionnelle face à ses collègues. S'il n'a pas l'air de mener son enquête perso, sa femme Jill se doute que quelque chose le perturbe…

Il s'agit ici des destins croisés de plusieurs personnages, que l'on suit en alternance. Avec cette construction d'histoire, on court parfois le risque de s'y perdre quelque peu. Ce n'est nullement le cas, cette fois. L'auteur est habile à nous présenter les protagonistes, d'une manière vivante, avec leur psychologie et leur quotidien, autant que leur mal-être. Car la vie de chacune des personnes impliquées est loin d'être droite et paisible. S'il existe une véritable tension autour de ces gens, on ne cherche pas à la rendre plus lourde que nécessaire pendant l'essentiel du récit. Un polar intense.

Polars en poche : Derek Nikitas (Ed.10-18) et Sam Millar (Ed.Points)

Sam Millar : On the Brinks (Ed.Points, 2014)

Son grand-père Alexandre Millar venait d’une famille très protestante. Sa grand-mère Elizabeth O’Neill était une catholique militante. Ce fut elle qui imposa la religion de la famille. Sam Millar vécut son enfance à Belfast, dans le quartier de Lancaster Street, durant la décennie 1960. Pas facile d’être un catholique pauvre dans ce secteur où défilaient régulièrement les Orangemen, venant les provoquer. Pas simple, quand on a une mère dépressive alcoolique et un père au caractère dur. “Les catholiques sont comme des soucoupes en Irlande du Nord : près de la tasse, mais jamais autorisés à savourer son contenu” disait-il avec colère. Et puis, il y eut la manifestation meurtrière du 30 janvier 1972. Avec son frère aîné Danny, Sam en revient sain et sauf, mais marqué par la violence des Anglais. À quatorze ans, c’est le début de sa conscience politique. Son meilleur ami Jim Kerr, dix-sept ans, est assassiné par un protestant. Désormais, pour Sam, c’est la fin de la soumission aux Beefs et aux Orangemen extrémistes. Toutefois, l’action politique le mène très vite en prison, à Long Kesh. Pas question d’être assimilé aux vulgaires détenus, puisqu’il est prisonnier politique. Un long tunnel éprouvant : huit ans de prison, de guerre psychologique. Puis arriva la mort de Bobby Sands, le plus symbolique des martyrs de la cause nord-irlandaise. Négocier avec l’ennemi ou tenter de s’évader ? Sam Milar les aura à l’usure. Il est finalement relâché.

Sam s’est installé à New York, dans le Queens. Clandestin, il fréquente le milieu des casinos plus ou moins illégaux, tolérés, rançonnés. Il pourrait y trouver sa place, en tant que croupier. À moins qu’il ne choisisse de suivre son ami Ronnie Gibbons, qui compte ouvrir son propre casino. Sam reste méfiant, il n’a pas tort. Autour de Ronnie, l’organisation familiale fausse le projet. Et cette cliente âgée à l’allure digne, mieux vaut ne pas être trop gentil avec elle. Ratage sur toute la ligne. Connaissant Tom, un ex-flic aujourd’hui agent de la Brinks, Sam songe à un braquage de leur entrepôt. La première tentative, avec Ronnie, échoue presque inévitablement. Avec la complicité de son copain Marco, en janvier 1993, la seconde est la bonne. Malgré la façade de respectabilité qu'il va ensuite afficher, les ennuis ne sont pas finis...

Il y a des livres autour desquels il n’est pas indispensable d’argumenter. Comme une évidence, cet ouvrage est de qualité supérieure, voilà tout. Cette histoire n’est pas de la fiction, plutôt un “polar-vérité”, s’il faut imaginer une étiquette plus précise. Le parcours d’un type pas ordinaire, son témoignage. Digne d’un incroyable scénario à suspense, c’est vrai. Sans doute un des meilleurs polars qu'on puisse lire, surtout sachant qu'il est autobiographique.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 05:55

La France de 1980. Ex-batteur d'un petit groupe rock dans les années 1960, Harry est un modeste artiste peintre parisien. “Je devais me rendre à l'évidence : barbouiller des toiles, avec comme point de mire un accrochage rachitique dans un collectif au Grand palais, n'était pas plus glorieux.” Il vit avec Anna dans son atelier. Longtemps qu'on ne l'appelle plus de son vrai nom, Robert Languedonne. Ça, c'était quand il habitait à Lamberville, avant que Dany et les Princes Rouges connaissent un certain succès. Quinze ans plus tard, Harry entend de nouveau parler de son ami Dany Waxman. Il a fait une petite carrière dans le rock, depuis. Alors que sa compagne Édith Starsky a été poignardée dans leur chambre d'hôtel, Dany a disparu. Il est fortement soupçonné de ce meurtre.

Harry commence par chercher quelques infos sur les lieux, rue Myrha. Il peut s'agir d'une affaire de stupéfiants ayant mal tourné. C'est à Lamberville que, ressassant des souvenirs des sixties, Harry pense retrouver son ancien ami. Après un passage dans la maison où il vécut, il se remémore les répétitions de leur groupe dans une salle paroissiale, autrefois : “Ma préférée, c'était celle du dimanche après-midi. On carburait sur "Hound dog" alors que de l'autre côté de la cloison d'aggloméré, Don Camillo réglait des comptes avec ses ouailles perverties par les suppôts du collectivisme. Coté symboles, mon adolescence fut bien remplie.” Avec comme manager Franck Beltramini, le groupe de rockeurs de banlieue progressa effectivement.

À l'Eldorado, le bar de leur jeunesse, Harry retrouve Cathy. Il y a quinze ans, la jeune fille fut l'objet d'une rivalité amoureuse entre Dany et Harry. En guise de solution, on organisa un défi à moto entre les deux hommes. Pas une réussite, mais ça aurait pu se passer plus mal. Sur la piste de Dany, Harry rend visite à leur ancien ami Le Grec, aujourd'hui interné en psychiatrie. Autre ex-membre du groupe, Sylvain Cotrel est devenu prêtre. Peut-être celui-ci fut-il jadis le plus fasciné par le charisme de Dany. Chez Fred, ex-musicien de leurs amis, Harry déboule à un mauvais moment. La scène de ménage entre Lucette et Fred vire à la violence, y compris contre Harry. À Paris, l'enquête a progressé. Harry et Cathy ne renoncent pas à retrouver Dany…

Marc Villard : Corvette de nuit (Fayard 1981 – Série Noire 1994)

Après “Légitime démence” signé Villard & Degliame (collection Sanguine, 1980), “Corvette de nuit” fut le premier roman publié en solo par Marc Villard. C'est, raconté à la première personne, l'évocation teintée d'amertume d'une jeunesse baignant dans la culture rock et les classiques du cinéma. “J'avais seize ans et j'étais derrière une batterie qui ne tenait debout que par la volonté de Saint Presley.” Entre 1964, l'apogée de Dany et les Princes Rouges, et cette année 1980, les temps ont nettement changé. Les jeunes d'alors ont mûri, ou prématurément vieilli. Certaines plaies d'antan ne sont peut-être pas refermées.

Après avoir publié de la poésie, l'écriture de Marc Villard pour ce quasi-premier roman est déjà d'une sacrée maturité. Pour s'en convaincre, la scène des retrouvailles entre Harry et Cathy en est le meilleur exemple : “Nous laissâmes le garçon remplir nos verre. [Cathy] sirotait le sien à petite gorgées en me regardant au travers, sans sourire. Chacun campait sur ses positions et nous restâmes pendant dix bonnes années à nous regarder dans le blanc des yeux, épiant la moindre ride sur nos visages défaits, le plus infime signe d'affaissement. Elle avait dû en voir de toutes les couleurs depuis le jour maudit où nous avions décidé de tirer un trait sur notre adolescence pour plonger dans l'univers dangereux des sentiments forts et des défis insensés. Un jour, une nuit, que j'aurais préféré laisser à leur place dans les grands fonds de ma mémoire.”

À travers la sombre nostalgie du héros, on sent le besoin pour lui inassouvi de tourner la page de cette époque. C'est avec une grande finesse que sont présentés les caractères. Rancœur d'un ancien copain contre le nouveau maire japonais qui ne vaut pas mieux que le précédent, un magouilleur. Humour aussi, quand leur ex-ami Le Grec est lancé dans ses délires. Et, comme dans tout bon roman noir, l'inexorable destin des protagonistes. Publié chez Fayard en 1981, réédité dans la Série Noire en 1994, un vrai polar d'anthologie.

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