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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 05:11

 

Le Grand prix de Littérature policière sera remis en mains propres à Donald Ray Pollock le mardi 23 octobre à 18h30 (à la BILIPO, 48-50 rue du Cardinal Lemoine, 75005 Paris). En effet, l’auteur de Le Diable, tout le temps (Albin Michel) sera en France du 22 au 26 octobre 2012. Ce roman est un vrai chef d’œuvre.

POLLOCK-2012Arvin Russell est né au printemps 1948 à Meade, Ohio. Deux ans et demi plus tôt, son père Willard était démobilisé, après avoir fait la guerre dans le Pacifique. Une meurtrière expérience pour un jeune Américain né en 1924. Il rentrait chez lui à Coal Creek, en Virginie Occidentale. Il allait y retrouver sa pieuse mère Emma et son vieil oncle. Déjà, sa mère projetait de le marier à Helen, brave fille laide. En chemin, Willard avait fait halte à Meade, pas l’endroit le plus agréable du monde. Néanmoins, il y revint afin d’épouser Charlotte, belle serveuse de bar. Le couple s’installa bientôt dans une maison isolée de la vallée boisée de Knockemstiff. Le propriétaire, arrogant avocat local cocufié par son épouse, ne fit jamais de cadeau à Willard. Le malheur s’abattit sur la famille alors que le petit Arvin était encore enfant. Charlotte agonisa chez elle pendant plusieurs mois. Bien qu’il ait aménagé un autel dans une clairière voisine, les prières incessantes de Willard ne suffirent pas à améliorer l’état de sa jeune épouse, sans rémission. Il utilisa des méthodes sacrificielles, qui n’y changèrent rien. Arvin assista à cet infernal processus.

Confié à sa grand-mère, Arvin partit vivre en Virginie Occidentale. Il serait élevé par Emma et l’oncle de son père Willard. La grand-mère avait déjà recueilli chez elle Lenora, la fille de son ex-protégée, la laide Helen. Celle-ci avait connu un sort terrible. Quand un duo de prédicateurs illuminés vint faire son show à l’église de Coal Creek, elle s’amouracha de l’un d’eux. Malgré son comportement délirant, la pauvre Helen finit par l’épouser. Elle eut une fille, avant d’être victime de la folie de son mari. Le duo de prêcheurs disparut ensuite de la circulation, participant à un spectacle forain à travers le pays. Un jour, son grand-oncle confia à Arvin le seul héritage de son père, un pistolet Luger. Cette arme n’est efficace qu’à courte portée, l’adolescent le comprit bientôt. Toutefois, Arvin n’avait besoin que de sa force pour se venger de ceux qui s’attaquaient parfois à la faible Lenora.

Au début des années 1960, Sandy et Carl formaient un couple de malfrats qui enlevait et tuait les autostoppeurs sur les routes américaines. La sexy Sandy était l’appât, son compagnon photographe Carl était le shooteur. Leurs victimes, ils les appelaient des modèles. Soldats en vadrouille ou semi-vagabonds, le couple n’en épargnait aucun, pour quelques dollars. Leurs méfaits accomplis, ils revenaient dans l’Ohio, à Meade. Serveuse se prostituant à l’occasion, Sandy était la sœur de Lee Bodecker, le shérif de la ville et de la région de Ross County. Sa réélection à ce poste n’était pas acquise d’avance, car Bodecker acceptait des arrangements qu’il valait mieux taire. Et si l’on apprenait que Sandy faisait la pute, ce serait plus difficile. Encore ignorait-il les massacres d’autostoppeurs par Carl et Sandy. Quand il aura dix-huit ans, Arvin voudra revenir à Meade, Ohio. Peut-être pour effacer les traces du Diable que son père y a laissées…

 

Un pur joyau du roman noir, une intrigue remarquable, une histoire magnifique racontée avec une parfaite maîtrise. Pourtant, ces superlatifs ne suffisent pas à traduire l’émotion ressentie à la lecture de ce livre. Émotion, oui, car l’ensemble des personnages sont crédibles, jusqu’à une vérité absolue. D’une piété excessive comme la grand-mère Emma ou monstrueusement cyniques tels Carl et Sandy, fou de douleur comme Willard au point d’accomplir d’incroyables sacrifices ou d’une supériorité illusoire tel l’avocat Dunlap, tous sont l’expression de la réalité. Beauté envoûtante et tragique de leur destin, aussi paumés que soient la plupart de ces protagonistes.

Quant aux décors de l’Ohio, il faut dire que l’auteur est natif de Knockemstiff, localité à laquelle il consacra son premier recueil de nouvelles. Pollock, qui y fut longtemps ouvrier, sait sans nul doute ce que représente la détresse d’une population, dans un coin aussi perdu de l’Amérique. Quant à la construction du récit, elle est tout simplement exemplaire. Ce roman magistral méritait effectivement d’être récompensé par le Grand prix de Littérature policière 2012.

 

Extrait - Le shérif Bodecker, en visite chez sa sœur, situe le style de l’auteur :

GPLP-2012-2En haut des marches, il y avait un petit palier que Sandy appelait le patio. Un sac d’ordures renversé était posé dans un coin, des mouches vertes rampant sur des coquilles d’œuf, du marc de café et des emballages de hamburger roulés en boule. À côté de la rambarde en bois se trouvait une chaise de cuisine capitonnée et, en dessous, une boite en fer blanc à moitié pleine de mégots de cigares. Vu la façon dont-ils vivaient, pensa-t-il, Carl et Sandy étaient pire que les «colorés» de White Heaven et que les péquenauds de Knockemstiff. Mon Dieu, comme il détestait les ploucs. Chaque matin, à tour de rôle, les détenus de la prison du comté lavaient son véhicule ; les plis de son pantalon kaki étaient aussi tranchants que des lames. D’un coup de pied, il dégagea de son chemin une boite de conserve vide et frappa à la porte, mais personne ne répondit.

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 05:30

 

Après Un pied au paradis et Serena (Éd.Le Masque), le nouveau roman de Ron Rash est disponible dès le 23 août aux Éditions Seuil. Le monde à l’endroit n’est pas exactement un polar, mais tout simplement un remarquable roman.

RASH-2012Dans le comté de Madison en Caroline du Nord, autour de la ville de Marshall, à la toute fin des années 1970, sous la présidence de Jimmy Carter. C’est une région rurale, où l’on cultive encore la tabac, tel le fermier Shelton. D’autres, comme Carlton Toomey et son fils Hubert, s’essaient à des plantations clandestines de cannabis. Ex-prof, Leonard Shuler s’est installé dans le coin, habitant un mobile home. Divorcé de Kera, père de la petite Emily, il a été viré de l’enseignement suite à un coup monté. Dealant diverses drogues, Leonard ne manque pas de fric. Il a accueilli depuis quelques mois une paumée nommée Dena. Déjà usée, elle se shoote aux cachets gratuits du stock de Leonard. Quand le fils Shelton âgé de dix-sept ans, Travis, lui propose quelques pieds de cannabis volés, il les achète sans se poser la question de leur provenance.

Rudoyé par son sévère père, Travis Shelton est un garçon malingre, bon pêcheur, sans grand avenir comme son ami Shank et leurs copains. Quand il tente une troisième fois de dérober des pieds de cannabis, les Toomey interviennent. Travis a le tendon sectionné par Carlton Toomey, qui finit par le faire hospitaliser. Une blessure qui passera pour accidentelle. Mais rien ne va plus entre Travis et son père. Le jeune homme quitte la maison, et se réfugie chez Leonard. Ce dernier a remarqué les capacités de Travis, qu’il estime récupérable s’il veut se cultiver. Dans le mobile home rempli de livres, et avec ceux de la bibliothèque municipale, Travis a la possibilité de préparer un examen GED, qui l’autoriserait à reprendre l’école. Pendant plusieurs mois, Leonard l’aide à parvenir à un bon niveau. Lori, devenue la petite amie de Travis, lui apporte également un vrai soutien.

Ce comté, c’est aussi celui du massacre de Shelton Laurel en 1863, pendant la Guerre de Sécession, qui dura ici quatre années. Selon Leonard, les deux camps se montrèrent aussi féroces. Outre les ouvrages consacrés à cette période, il consulte aussi les registres du Dr Joshua Candler, établi dans la région dès 1850. Il soigna la population modeste du secteur, puis les combattants. Le jeune Travis garde le contact avec sa mère, mais s’éloigne un peu de Shank et des autres, trop lourdingues. À part Lori et Léonard, on comprend mal ses ambitions. Dena n’a rien à attendre de bon si, après un week-end sexuel, elle finit par vivre avec les Toomey père et fils. Possédant assez d’argent, Leonard songe à cesser l’activité de dealer, d’autant que ce ripou de shérif local commence à sévir. Pour Travis et Lori, le résultat de l’examen GED sera déterminant quant à la suite…

 

Ce n’est pas purement un polar, pas un roman strictement criminel. Même si des actes délictueux, le souvenir d’un massacre, et le dénouement, associent cette histoire au genre. Roman noir, par sa dimension sociologique, certainement. Une bonne part de suspense aussi. En particulier concernant ce Dr Candler, dont les extraits de registres du 19e siècle ponctuent le déroulement du récit. Ron Rash situe son sujet à une époque (vers 1978) où la ruralité reste souvent synonyme d’échec social. Il faut une forte volonté et être bien conseillé pour sortir de cette cambrousse sans perspective, peut-être plus encore que de nos jours.

On retient en priorité l’humanisme dont est empreinte l’ambiance. Si Leonard fut prof, ce n’est pas un donneur de leçon. Faute de pouvoir protéger sa famille, il offre un refuge à la pauvre Dena et au prometteur Travis. Ce dernier est un garçon en pleine quête identitaire, qui doit impérativement opérer une rupture dans sa vie pour évoluer. Travis observa avec attention le type assis dans le fauteuil relax, en tâchant de comprendre pourquoi Leonard Shuler était un gars à qui on n’avait pas envie de se frotter. Il pensa à son père et à Carlton Toomey, des grands gaillards qui n’avaient pas besoin d’élever la voix parce qu’ils pouvaient vider une pièce d’un seul regard sévère. Travis se demanda si un jour on le traiterait de brute, et regretta une fois de plus de ressembler à sa mère, à l’ossature si grêle. Les questions sur la tuerie de Shelton Laurel l’intéressent aussi, car ses aïeux en furent victimes, même si Leonard est le plus impliqué. Un roman d’une belle puissance évocatrice, avec sa fausse simplicité narrative. Voilà assurément un livre de qualité supérieure.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Coups de Cœur
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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 05:38

 

Après Retour à la nuit (Éd.Écorce, Prix lycéen du Polar d’Aubusson, 2011) c’est dans la collection Polars & Grimoires qu’est publié le nouveau roman d’Éric Maneval. Rennes-le-Château Tome Sang (Éd.Terre de Brume) mérite un sincère Coup de Cœur.

Jean-Pierre Lamasse (dit Jipé) est bouquiniste à Quillan, dans l’Aude. Son associé Stéphane, qui fait les marchés de la région, a un passé judiciaire. Leur copain gay Charlène leur rend quelques services, en particulier pour le ménage. MANEVAL-2012Récemment, Jipé a sympathisé avec Luc et sa compagne Aurore, jeune couple habitant Bursac. Luc est un ancien pompier ayant baroudé à travers le monde, qui avait besoin de s’isoler quelque peu. Il est plus âgé qu’Aurore. D’origine Bretonne, celle-ci a suivi diverses études, notamment littéraires. C’est un incident en forêt de Brocéliande qui les a réunis. Ils ont décidé de filer ensemble vers le Sud, aboutissant dans ce petit village proche de Quillan, de Bugarach et de Rennes-le-Château, terre de légendes. Jipé vient d’acheter à Luc, qu’il surnomme le Chevalier, l’ensemble de ses livres. La plupart traitent des mystères locaux et d’ésotérisme.

Aurore et Luc ont vécu une relation amoureuse très charnelle. Dahu, marginal qui les hébergea un temps, n’était pas insensible à la sensualité de la jeune femme. C’est parce qu’Aurore a disparu, que Luc s’est séparé de sa bibliothèque. Sans doute parce qu’il compte retrouver sa belle, peut-être enlevée par des personnes malveillantes, il se cache maintenant. Propriétaire de la maison louée par le couple, le comte de Brigoles semble s’intéresser aux croyances nées du mystère de Rennes-le-Château et autres fadaises ésotériques. Charlène connaît bien la véritable histoire de Gilles Debrigoles, pas un aristocrate mais un homme restant inquiétant. Recherchant Luc, Jipé croise un curieux couple, Solange et André. Elle se prétend astrologue, et connaît des remèdes secrets contre certains maux. C’est Stéphane qui retrouve bientôt Luc, toujours en quête de son Aurore.

La boutique de Jipé a été cambriolée, ou plutôt vandalisée. Menaçante mise en scène satanique et culotte d’Aurore, des signes énigmatiques. Au fil du temps, Jipé est victime de fièvres hallucinatoires, que le Dr Pujol ne peut guérir. Dans la région, en particulier à Bugarach, on continue à cultiver des mythes qui attirent des pèlerins. À leur installation ici, Luc et Aurore furent très impressionnés par le site de Rennes-le-Château, et par sa légende. La jeune femme étudia des auteurs de la veine satanique tels que Huysmans, qui l’ont beaucoup marqué. De Brigoles, le Dahu, Luc et Aurore, Solange et André : Jipé ne parvient pas vraiment à faire le lien, ni a établir le rôle de chacune de ces personnes. Quand arrivera la vérité, elle risque pourtant d’être explosive…

 

C’est l’abbé Bérenger Saunière qui, dans des intermèdes, sert de fil conducteur à cette affaire. L’auteur nous rappelle astucieusement l’origine et l’exploitation des prétendus mystères autour de Rennes-le-Château. Si ce curé avait effectivement des secrets, il est amusant de suivre l’évolution de la fabrication du mythe, de Noël Corbu au Da Vinci Code de Dan Brown, en passant par l’incontournable Gérard de Sède et autres extrapolations farfelues. N’importe quelle spéculation a du sens, et la crédulité entretient de vaines questions théologiques ou autour d’un illusoire trésor.

Le couple Luc et Aurore est au centre du récit qui, lui, se passe à notre époque. Encore qu’ils apparaissent quelque peu magnétisés par l’étrange région où ils ont débarqué. Le bouquiniste Jipé est le témoin, le candide de cette aventure. Car il s’agit bel et bien d’un roman fourmillant de péripéties à suspense. Sans oublier une psychologie, tourmentée chez certains personnages, de bon aloi. Loin de la lourdeur de thrillers dédiés aux mêmes thèmes, soulignons surtout la manière narrative très fluide d’Éric Maneval, qui rend la lecture fort agréable. Une histoire captivante et bien racontée, du plaisir garanti.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Coups de Cœur
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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 07:20

 

Publié chez Actes Sud, Le bon hiver du romancier portugais João Tordo est une très belle découverte, qui mérite un grand Coup de Cœur.

C’est le récit d’un écrivain portugais âgé de trente ans, sans grand avenir. L’échec le rend hypocondriaque. Imitant le Dr House, il s’est acheté une canne de luxe. Il affiche sans vraie raison une claudication, attirant les regards. Puisque c’est payé, il accepte de participer à un colloque à Budapest. Belle ville, mais réunion inutile d’écrivains mineurs. TORDO-2012Toutefois, il sympathise avec le jeune auteur italien Vincenzo Gentile, sa compagne Olivia, et leur amie anglaise Nina. Celle-ci est l’agent et la fiancée de John McGill, écrivain prometteur ayant connu un premier succès. Par son père, Vincenzo connaît le respecté producteur de cinéma Don Metzger. Connu pour soutenir avec réussite des projets incertains, cet homme puissant se montre fort peu. Il possède une propriété en Italie, où se rassemble chaque été quelques-uns de ses amis. Vincenzo y entraîne le Portugais, Olivia et Nina.

Entre forêt et mer, on n’arrive pas facilement jusqu’au domaine de Don Metzger à Sabaudia. Le quatuor est accueilli par un improbable cinéaste australien figurant parmi les invités. Attendu lui aussi, John McGill a du retard. Et Don Metzger n’est pas encore à Sabaudia, non plus. Ils rencontrent le personnage le plus insolite de l’entourage du producteur, un Catalan nommé Bosco. Celui-ci est concepteur de ballons à air chaud, des montgolfières qu’il fait s’envoler vides pour le plaisir de Don Metzger. Parmi les invités, il y a une véritable star de cinéma, Elsa Gorski. Elle fut naguère découverte par le producteur alors qu’elle survivait à Salinas, en Californie. Les autres personnes présentes cet été chez Metzger sont des artistes plus négligeables. Plutôt qu’avec ces parasites, Le Portugais se sent mieux à la cuisine avec Bosco, le vieux régisseur Alipio et son épouse cuisinière Susanna.

Cette nuit-là, alors que le Portugais était plongé dans un sommeil comateux, Don Metzger déboula chez lui de manière fracassante. C’est John McGill, arrivé à son tour, qui découvrit sur le lac attenant le corps du producteur. Bosco organise des funérailles originales pour Metzger. Pour le concepteur de ballons, pas question d’avertir la police. Les onze personnes présentes étant suspectes, il exige les aveux du coupable. Quand la justice est rendue, les morts continuent à vivre, insista Bosco. La justice les délivre de la mort. Elle leur apporte la paix. Don Metzger sera en paix et nous aussi, nous serons en paix avec lui. Des tensions naissent vite chez les invités. Cherchant à fuir les lieux, John McGill sera la deuxième victime, sans doute pas la dernière. Le groupe prend conscience qu’il est prisonnier de cet endroit. Le Portugais essaie de négocier avec Bosco, mais l’été s’annonce telle une pénible attente…

 

Qu’est-ce qui est donc si fascinant dans cette histoire ? Son suspense, alors qu’il ne s’agit pas d’un pur polar ? Son ambiance, à la fois lente et pourtant riche en fortes péripéties ? Ses personnages, oui, certainement. Le narrateur, d’abord, qui renie quasiment son état d’écrivain, jouant d’un handicap imaginaire, à la fois impliqué et distant face aux évènements. Bosco, bien sûr, sorte d’ogre fidèle à la mémoire du défunt, intransigeant dans sa logique de Justice. Nina la volontaire et Olivia la transparente, l’ambitieux et complexe Vincenzo, ainsi que tous les autres sont admirablement dessinés.

Sans doute le dialogue suivant éclaire-t-il un peu le destin qui les réunit : Mais Bosco, même un écrivain, ce que je ne suis pas, n’est le dieu que de ses personnages. Son seul pouvoir est de décider de leur destin et encore, même ses personnages lui filent parfois entre les doigts. Comment puis-je décider du destin de ces personnes ? Qui m’en donne le droit ? Moi, je te le donne, dit Bosco. Parce que je suis Dieu dans ta petite histoire. Il existe ici une part de dramaturgie théâtrale, façon huis clos avec son climat oppressant. Sans négliger l’évolution mouvementée de l’intrigue, des hypothèses sur les suspects et les faits, et un final spectaculaire. Un roman déstabilisant et enthousiasmant, de très belle qualité.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Coups de Cœur
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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 09:19

 

Coup de cœur. Les Éditions Lokomodo-Asgard rééditent dans leur collection Zone d’Ombres le remarquable suspense d’Olivier Gérard Prions pour la mort.

C’est à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, que Romain Martonne a établi son laboratoire pharmaceutique indépendant, Martocosme. Certes, il n’a pas le poids de grands groupes, tels Ellsner International ou Corpen-Gilda basés à Berlin. Mais il exploite déjà des médicaments très rentables, et prépare une molécule contre le cancer du poumon, le Néfédron. GERARD-2012Malgré la fidélité de son adjoint Dauphin, Romain Martonne est confronté à un manque de finances pour continuer. À sa banque, qui vient curieusement d’être rachetée, une nouvelle interlocutrice lui refuse un prêt déterminant. Il sent planer l’ombre de ses adversaires du monde pharmaceutique, bien informé sur ses soucis budgétaires. Son confrère et ami Flémant, PDG d’un autre petit laboratoire, lui présente Uwe Schwan. Cet Allemand accepte de l’aider, en obtenant l’accord d’une importante banque européenne.

À Berlin, Calixte Ellsner règne sur sa multinationale. Sans état d’âme, il cherche à dévorer la concurrence, et vire ses cadres jugés inefficaces, tel Edmond Gattivier. Sa secrétaire de direction Marta possède une raison supplémentaire d’en vouloir à Ellsner, car Gattivier est son amant préféré. Elle sait que son féroce patron cache quelque part des dossiers DQC, prouvant qu’il est capable d’utiliser des méthodes définitives contre ses ennemis. Calixte Ellsner s’est arrangé pour rencontrer Martonne, mais celui-ci a fait comme s’il ne le voyait pas. Grave offense touchant l’ego du puissant Ellsner. Depuis le décès accidentel assez suspect de son épouse adorée Dawn, Martonne se sent seul pour mener une opération comme celle qui mobilise actuellement son énergie. Il aurait bien besoin aussi de son ami Stefano Gallo, reporter photographe, qui ne donne plus jamais de ses nouvelles.

Walter Leblanc est un jeune homme bohème qui, après une mission en Égypte, poursuit sa formation dans un musée allemand. D’un côté, il a contacté Martonne, pour un projet de forme idéale destinée aux gélules de Néfédron. Surtout, Walter est un des discrets agents de Calixte Ellsner. Mais il est aussi très amoureux de la marginale Vera, sans doute trop fragile. Quant à Marta, la secrétaire semble avoir trouvé les documents qu’elle visait, avant d’être éliminée… Les tests du nouveau médicaments ayant prouvé sa fiabilité, Martonne est désormais prêt au lancement du produit sur le marché américain. Quand un patient ayant participé aux tests est hospitalisé en soins intensifs, tout est remis en cause. La menace n’est plus seulement financière pour Martonne, qui se sait la cible d’Ellsner…

 

Heureuse initiative que cette réédition (revue et corrigée 2012) d’un suspense paru en 2005. Car il s’agit d’un authentique roman d’action, dans la meilleure tradition. Une de ces aventures où un homme quasiment seul, honnête et volontaire, doit affronter les pires manigances de ses ennemis. Tandis que les mauvais coups se multiplient autour de lui et contre son projet, il avance au gré d’une farandole de rebondissements. On pourrait se dire que l’auteur fait du mogul Calixte Ellsner un personnage un peu caricatural. Rien n’est moins sûr, finalement : il semble au contraire représentatif de ces décideurs, égocentriques jusqu’à l’excès peut-être criminel.

Le sujet est d’autant plus noir, qu’est évoqué ici l’univers des laboratoires pharmaceutiques internationaux. Élaborer un médicament coûte cher, mais la rentabilité est incalculable, colossale. Enjeux énormes, trop souvent au mépris du risque sanitaire. Quantité de scandales dans ce domaine nous prouvent depuis longtemps comment ces sociétés exploitent abusivement notre santé. Un palpitant polar, riche en péripéties et qui ne manque pas de sens, c’est un plaisir de lecture et un vrai Coup de cœur.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Coups de Cœur
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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 05:28

 

Coup de cœur pour Le chien de Don Quichotte de Pia Petersen, dans la collection Vendredi 13 des Éditions La Branche.

Froid mois de décembre à Paris. Ancien policier, célibataire, Hugo est employé par la multinationale d’Esteban. Cet homme d’affaires cynique a ses entrées à l’Élysée. Esteban était riche et puissant, il imposait ses propres règles et n’appréciait pas qu’on se mêle de ses affaires. PETERSEN-2012D’ailleurs, il n’était que rarement inquiété et quand cela arrivait, Hugo arrangeait les choses au mieux. Ultra-libéral actif et sans aucun complexe, Esteban avait besoin de conflit pour exister. Consciencieux et obéissant, Hugo élimine pour lui les gêneurs. Il estime n’être ni candide, ni obtus, mais avoir un fort sens du devoir. Il est assisté par le froid Boris, ex-mercenaire venu d’un pays de l’Est. Pourtant, la vie de Hugo change le soir où, dans un bar, il croise le singulier père Calvet.

C’est un prêtre alcoolique, qui se pose depuis toujours des questions sur la Foi. Il ne croit guère en Dieu, pas plus que dans l’être humain. Dans ce monde sans vérité, il lui restait l’humour noir et le whisky. Il donne un livre à Hugo, que celui-ci lit passionnément. C’est l’histoire d’un héros qui décide de faire le bien autour de lui. Voilà ce qu’attendait Hugo, l’occasion de montrer sa propre bienveillance envers les autres. À commencer par ce chiot, Bion, qu’il vient d’adopter et qui ne le quitte plus. Les adversaires de son patron, Hugo compte les sermonner au lieu de les tuer, désormais. Sauf que ce médecin humanitaire, qui veut dénoncer les trafics d’Esteban, n’est pas prêt à négocier. Sauf que ce trader qui a trop gagné de fric n’est pas très compréhensif, non plus.

Le plus gros problème actuel d’Esteban, ce sont les hackers du groupe Vendredi 13. Ils ont piraté de grosses sommes au profit d’œuvres caritatives, et dérobé des dossiers ultrasecrets de la société d’Esteban. Draker, Léonard, Robin, Élise, sont de jeunes surdoués de l’informatique. Le bar de Maud, c’est un peu leur QG. Elle refuse tout conformisme, cette blonde qui se teint en brune, qui fume parce que c’est interdit partout, qui vit avec le philosophe Patrick. Ces jeunes espérant que leurs actions conduisent à un monde plus juste, Maud ne peut que les apprécier. Malgré la complicité de l’informaticien Éric, au service d’Esteban, les V13 finissent par être identifiés. Boris ne comprend rien au nouvel état d’esprit d'Hugo. Esteban s’interroge à son sujet. Plein de bonne volonté, le tueur repenti pense que la situation peut s’arranger. Mais un carnage est si vite arrivé…

 

Vous n’aimez pas tellement les polars, alors lisez ce roman. Vous n’aimez pas tellement les romans, alors lisez ce polar. On l’aura compris, cette histoire est à la frontière des genres. Un face à face, page 152, pourrait le résumer : Je suis celui qui détient les pistolets Et moi, je suis celui qui détient le cerveau. Dans notre société où la violence est autant sociale qu’à main armée, est-il encore possible de faire baisser les tensions ? Envisager un autre mode de vie en se servant de son cerveau, est-ce illusoire ? Une prise de conscience, est-ce le grain de sable qui suffit à changer de comportement ? Hackers utopistes contre champion du libéralisme économique ravageur, le vainqueur semble connu d’avance.

Même s’il est jalonné par quelques morts, ce n’est pas un roman d’action, ni une fiction criminelle, que nous a concocté Pia Petersen. Certes, les péripéties et l’humour ne manquent pas. Pourtant, ce qui rend délicieuse cette lecture, c’est le regard de l’auteure sur notre époque, notre système et ses contradictions dans tous les camps. Hugo le tueur a toujours été un rêveur, par exemple. Les plus blasés d’entre nous sont, sans doute, devenus misanthropes (mais pas forcément alcoolos) à l’image du père Calvet. Comment ne pas décerner un Coup de cœur à ce roman hors norme ?

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Coups de Cœur
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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 06:29

 

Coup de cœur pour Trash circus de Joseph Incardona (Éd.Parigramme, 2012), un pur roman noir exprimant le sombre reflet de notre monde…

Exhiber sans pudeur le malheur des gens, sous couvert de compassion exploiter la médiocrité pour faire de l’audience, tel est le concept hypocrite de l’émission-phare de Canal7. Auriol la présente; Thierry Muget la produit. Frédéric Haltier se charge de trouver victimes et bourreaux, prêts à témoigner en exclusivité pour du fric. INCARDONA-2012Trente-trois ans, sportif, veuf d’Hélène, père de jumelles de douze ans, Porsche, Rolex, appartement luxueux, vêtements coûteux, Frédéric Haltier a le profil du gagnant dans l’univers des médias. Son autre facette, ignorée de tous ses proches, est nettement plus sombre. Supporter du PSG, il fait partie de ceux qui pratiquent la baston en marge des matchs, la castagne sauvage mêlant skins fachos et hooligans sans pitié. Cette violence, il en a aussi besoin lors de ses rapports sexuels, traitant les femmes tels de simples objets de luxure.

Que son père soit hospitalisé dans le coma, il s’en fiche. Que ses filles, éduquées dans un collège huppé soient des gamines turbulentes, pas son problème. Que sa belle-famille bourgeoise fasse ou non semblant de l’accepter, qu’importe. Pour Frédéric Haltier, dopé aux excitants, seuls comptent les rapports de force, en particulier pour ses relations féminines. Généralement ça marche, comme avec la jeune Éléonore, qu’il entraîne dans une partouze "de libertins". Parfois ça dérape, comme avec sa collègue Jenny, pas consentante pour le sexe brutal. Il y a aussi le cas de Mourad, un employé de Canal7 qui estime avoir été humilié par Haltier. Ça pourrait finir par un duel, combat réglo. Mais Frédéric choisit de se montrer conciliant. En réalité, il va attirer Mourad dans un sale guet-apens. Dire qu’il ne peut même pas consoler la blonde et sensuelle épouse de celui-ci !

Tandis qu’arrive le mois de décembre, Frédéric Haltier est de plus en plus à cran. Son assistante Rebecca en fait les frais. Il lui semble impossible de renouer avec Jenny. Les soirées sexe en clubs avec de jeunes partenaires lui suffisent à peine pour évacuer le stress. Et voilà qu’un flic de la DCRI, l’ayant repéré parmi les amateurs de baston, lui propose un deal. Plus inquiétant, il reçoit des messages téléphoniques pouvant indiquer que l’on connaît sa vie cachée. Une personne de chez Canal7 en est l’auteur mais, perdu dans son rythme effréné, Haltier ne sait qui soupçonner. Un mystère qui augmente encore sa tension schizophrénique. Autour de la fête de fin d’année, destinée à célébrer les succès des productions de Canal7, l’anxiété violente de Frédéric Haltier est plus forte que jamais…

 

Dans les médias télévisuels où tout n’est qu’apparence, fric et sexe, nul doute que les intéressés s’y reconnaîtront. Pourquoi se priveraient-ils d’humilier leurs téléspectateurs, eux qui appartiennent à une caste supérieure ? Un univers bien plus superficiel ou précaire qu’il y parait, pourtant. Parmi les supporters ultras, pour lesquels le foot n’est que prétexte à libérer leurs bas instincts, ceux qui savent lire s’y retrouveront. Bizness du foot et comédie de l’admiration pour un club, combines qui masquent tant de haine. Quant aux femmes ambitieuses dont le principal talent réside dans leurs aptitudes sexuelles, celles qui sous couvert de relations libertines disent chercher le prince charmant, elles ont leur place dans cette histoire. Voilà donc un roman qui devrait faire l’unanimité chez ces divers publics.

Bienvenue dans la noire réalité des années 2010 ! C’est un portrait de notre époque, dans ses aspects les plus véreux, que dessine ici admirablement Joseph Incardona. Son personnage central est-il vraiment plus cynique que beaucoup de nos contemporains ayant une parcelle de pouvoir ? Plus égoïste, estimant que tout lui est dû ? On se le demande. Dans une société sans freins, Haltier fonce furieusement vers le gouffre. Cette fiction n’est pas seulement criante de vérité. Elle a le mérite d’être parfaitement bien écrite, car l’auteur veille à soigner le style. Quand les excès vont jusqu’à l’écœurement, il n’y a pas de raison d’atténuer le propos. Écriture mordante, ironique, diablement maîtrisée, qui ne peut laisser insensible. Après l‘excellent 220 Volts, Joseph Incardona frappe encore plus fort.

 

Les romans de J.Incardona : "220 Volts" - "Lonely Betty" et "Remington". Il a aussi répondu au Portrait Chinois.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Coups de Cœur Joseph_Incardona
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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 06:43

 

Coup de Cœur pour “Amères thunes”, le nouveau polar de Zolma publié chez Krakoen. Ça se passe au début des années 2000 dans le sud, entre Provence et Dauphiné. Rémy Baugé et Clotilde Massa sont les principaux collaborateurs de Raoul Trille, créateur d’un supermarché qui tourne bien. Âgé de 48 ans, Rémy ne craint pas vraiment l’arrivée du successeur de son patron. Jean-Edgar de Fourchon est un jeune con diplômé qui, sitôt après la passation de pouvoirs, impose ses propres méthodes.

Réduire les coûts pour faire gagner plus à l’actionnaire, importer des produits à bas prix au lieu de continuer avec les fournisseurs locaux, ZOLMA-2012stratégie qui les conduit bientôt à pratiquer le hard discount, en changeant l’enseigne. Alors que son couple se détériore jusqu’à provoquer le départ de son épouse, Rémy se retrouve intronisé responsable des travaux à la con. Y compris quand il s’agit de virer ses collègues. Quand il s’agit de s’en prendre à Clotilde Massa, Rémy se rebiffe. C’est ainsi que tous les deux sont successivement renvoyés.

S’il envisage un cambriolage du supermarché, c’est autant dans le but de causer des ennuis à Jean-Edgar de Fourchon que pour s’emparer d’un gros butin. Rémy connaît parfaitement les lieux. Il a besoin de complices. Nadir et Eddy sont assez fiables. Gutenberg est le plus aguerri. Ancien agent de sécurité du supermarché, Roderer est d’accord, juste pour nuire à celui qui l’a viré. En tant qu’ex-cadre, Rémy n’ignore pas qu’il sera fatalement suspecté. C’est du côté de Saint-Nazaire et parmi des supporters de l’OM, qu’il va se fabriquer un alibi aussi solide que possible. Le jour J, malgré un léger problème de véhicule, l’opération se déroule correctement. Un joli pactole les attend dans le coffre-fort, ainsi qu’une somme colossale en billets plus douteux.

Ses complices sont avertis qu’ils ne doivent rien dépenser dans l’immédiat, pour éviter les soupçons. Comme il s’y attendait, un duo de flic interroge Rémy. Il fournit les détails de son alibi, ce qui n’empêche pas sa garde à vue et la perquisition de son domicile. Jean-Edgar de Fourchon l’a évidemment désigné comme suspect principal. Rien n’est découvert chez Rémy, et son alibi est même conforté par un témoignage indiscutable. Tout irait à peu près bien, si ses complices n’avaient pas emporté le trésor douteux. Pour ce fric-là, qui représente un sérieux danger, la police n’est pas au courrant. Les enquêteurs ont alpagué un probable coupable. Rémy songe alors que son butin dormirait bien mieux en Suisse. Le compagnon de Clotilde Massa va l’y aider…

 

Nous avons là tous les ingrédients d’un excellent polar, écrit dans les règles de l’art. La fluidité narrative est impeccable, sans la moindre lourdeur. Le suspense est permanent, mais jamais pesant. Des pointes d’humour sont les bienvenues. Le monde de l’entreprise, du bizness normal aux méthodes ultra-libérales, est décrit tel qu’il existe. Si le personnage central possède un vécu, il ne trimballe pas toutes les misères du monde, et il assume ses actes. Tous les protagonistes ont leur juste place dans l’histoire, s’avérant parfaitement crédibles. Très solide, le scénario est aux antipodes de romans prétentieux, tarabiscotés. Présentés avec clarté, les faits n’en sont pas moins passionnants. Bien au contraire, c’est en respectant la meilleure tradition du pur polar que Zolma nous entraîne dans cette aventure. Une belle réussite, qui mérite un chaleureux Coup de Cœur.

Mes chroniques sur les autres romans de Zolma : "Mistral Cinglant" - "Adios viracocha" - et sur trois titres (Croisière jaune, Mistral cinglant, Mort en sauce).  

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Coups de Cœur
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