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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 16:19
Grand prix de Littérature policière 2014 : les sélectionnés

Voici la liste des 28 titres sélectionnés pour le Grand prix de Littérature policière 2014, qui sera attribué cet automne.

 

14 ROMANS FRANCAIS

Chainas, Antoine « Pur » Gallimard (Série noire), sept. 2013

Marc Charuel « Chiens enragés » Albin Michel, février 2014

Couao-Zotti, Florent « La traque de la musaraigne » Jigal (Polar), fév. 2014

Grand, Emmanuel « Terminus Belz » Liana Levi (policier), janv. 2014

Guez, Jérémie « Du vide plein les yeux » La tengo, nov. 2013

Hervouët, Daniel « Le grand sacrifice » Rocher (Ligne de feu), mars 2013

Ledun, Marin « L’homme qui a vu l’homme » Ombres noires, janv. 2014

Manook, Ian (Patrick Manoukian) « Yeruldelgger » Albin Michel, oct. 2013

Maravelias, Eric « La faux soyeuse » Gallimard (Série noire), mars 2014 

Mathieu, Nicolas « Aux animaux la guerre » Actes sud (Actes noirs), mars 2014

Ragougneau, Alexis « La madone de Notre-Dame » V.Hamy, janv. 2014

Sanders, Louis « La chute de Mr Fernand » Seuil (Seuil. Policiers), fév. 2014

Suaudeau, Julien « Dawa »  R. Laffont, mars 2014

Vix, Elisa « L'hexamètre de Quintilien » Rouergue (Rouergue noir), avril 2014

Grand prix de Littérature policière 2014 : les sélectionnés

14 ROMANS ETRANGERS

Berg Alex « La marionnette » Actes sud (Actes noirs), mai 2014

Burke, Shannon « 911 » Sonatine, mai 2014

Camilleri, Andreas « La danse de la mouette » Fleuve Editions, janvier 2014

Cook, Thomas H. « Le dernier message de Sandrine Madison » Seuil, mars 2014

Desai, Kishwar « Témoin de nuit » L’Aube (Aube noire), sept. 2013

Gonzales Ledesma, Francisco « Des morts bien pires » Rivages, avril 2014 

Hobbs, Roger « Ghostman » R. Laffont (Best-sellers), fév. 2014

McKinty, Adrian « Dans la rue j’entends les sirènes » Stock, oct. 2013

Mishani, Dror «Une disparition inquiétante » Seuil (Seuil policiers), mars 2014

Pötzch, Oliver « La fille du bourreau » J. Chambon, juin 2014

Rash, Ron « Une terre d’ombre » Seuil (Cadre vert), janv. 2014

Stokoe, Matthew “Empty Mile” Gallimard (Série noire), janv. 2014

Unsworth, Cathi "Zarbi" Rivages (Rivages/Thriller), mars 2014

Waites, Martyn « Né sous les coups » Rivages (Rivages/Thriller), août 2013

Les titres inscrit en bleu ont été chroniqués ici : cliquez sur ces liens.

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 15:17

Les auteurs récompensés par le Grand prix de Littérature policière 2013 sont :

 

Sandrine Collette "Des nœuds d'acier" (Denoël "Sueurs Froides", sorti le 17 janvier 2013)

« Avril 2001. Dans la cave d'une ferme miteuse, au creux d'une vallée isolée couverte d'une forêt noire et dense, un homme est enchaîné. Il s'appelle Théo, il a quarante ans, il a été capturé par deux vieillards qui veulent faire de lui leur esclave.
Comment Théo a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence ? Il n'a pourtant rien d'une proie facile : athlétique et brutal, il sortait de prison quand ces deux vieux fous l'ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d'autres. Alors, allongé contre les pierres suintantes de la cave, battu, privé d'eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d'échapper à ses geôliers. Mais qui pourrait sortir de ce huis clos sauvage d'où toute humanité a disparu ? »

Sandrine Collette est née en 1970. Elle partage sa vie entre l'université de Nanterre et son élevage de chevaux dans le Morvan. "Des noeuds d'acier" est son premier roman.

Grand prix de Littérature policière 2013 : les vainqueurs

James Sallis "Le tueur se meurt" (Rivages/Thrillers, sorti le 8 mai 2013)

« Arizona, Chrétien, un tueur à gages en fin de vie, cherche celui qui a tiré sur l'homme qu'il était chargé d'abattre. Aidé de son coéquipier Graves, le policier Sayles enquête sur le meurtre avorté, mais l'affaire semble peu à peu lui échapper. Pendant ce temps, Jimmie, jeune garçon d'une dizaine d'années, vit seul dans la maison où ses parents l'ont abandonné et tente de survivre grâce au commerce sur Internet.

Ces trois personnages que tout sépare vont se trouver réunis par les circonstances, la communication sur la Toile et... leurs rêves qui se mêlent à la réalité de leur quotidien de manière troublante.»

Né le 21 décembre 1944 dans l'Arkansas, James Sallis est déjà un grand nom du roman noir, spécialiste de Chester Himes et de Raymond Queneau, auteur de deux séries de polars consacrés à ses héros Lew Griffin, d'une part, et John Turner, d'autre part.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 04:55

Rex Buchanan, trente-huit ans, et sa jeune épouse Paula sont mariés depuis sept ans. Rex fut un aviateur émérite durant la guerre, puis il s'est reconverti comme auteur de romans policiers. Activité sympathique, prestige mondain, mais ça ne va pas enrichir le couple. Il met au point une escroquerie à l'assurance-vie, qui devrait leur rapporter 120.000 Livres au final. Paula ayant été vaguement comédienne, elle est capable de jouer le rôle dévolu. Il s'agit d'abord de tout préparer en détail, et surtout de simuler des maux afin de tromper leur médecin habituel. Grâce à une astuce, le moment venu, le docteur est trop pressé pour vérifier si Rex est bien mort. Il accorde le permis d'inhumer, qui sera contresigné par un second médecin, aussi dupe que le premier. Tandis que Rex change d'identité, Paula doit attendre plusieurs mois le versement des 10000 Livres de l'assurance.

Robert et Phyllis Jerome s'installent à Leckenbridge, dans la région de Birmingham. Sous ces nouveaux noms, Rex et Paula sont vite insérés socialement, fréquentant la population locale. Leur comportement est plus discret que celui du couple Buchanan, cordial envers chacun. Si Rex sympathise avec Charley Dexter, c'est parce que ce dernier lui ressemble physiquement. Il s'arrange pour voler le passeport de cet ami, document dont il a besoin. Quand le couple Jerome fait la traversée en bateau de Southampton au Havre, la mer est agitée. Une imprudence conduit à la noyade accidentelle de Robert Jerome. L'assurance n'ignore pas qu'il y a eu des précédentes escroqueries dans le genre, mais verse 10000 Livres à la veuve. Rebaptisés Brewster, le couple s'installe dans la région de Durban, en Afrique du Sud. Cette fois, c'est le coup principal qui se joue, pour 100.000 Livres.

Ross Vanbrugh et son épouse Polly sont de passage à Genève. C'est le nouveau nom des Buchanan, venus régler les questions financières avant de partir vivre au Guatemala. Le jeune Stephen Maddox reconnaît par hasard Paula, qu'il rencontra autrefois à Londres. Il se dit en vacances, ou plus exactement en congés maladie. Pourtant, le couple s'interroge à son sujet. D'autant qu'ils le retrouvent bientôt lors de ce séjour en Suisse. Rex ne tient nullement à ce qu'il les prennent en photos, alors qu'ils font du tourisme ensemble. Leur brusque départ vers la France ne suffit pas à décourager Maddox, épris de Paula. Une affaire qui, après avoir laissé un cadavre du côté d'Annecy, se conclura à Paris...

Shelley Smith : La fin des fins - Grand prix de Littérature policière 1963

Ce suspense de Shelley Smith fut récompensé par le Grand prix de Littérature policière en 1963. Sachant qu'il se produisit de nombreux cas bien réels d'escroqueries à l'assurance-vie, c'est un thème qui fut aussi parfois utilisé dans les polars. Néanmoins, le sujet n'est pas si facile à traiter en fiction, si l'on veut rester crédible. On risque de créer un “roi de l'arnaque”, trop brillant calculateur, tant soit peu imitateur d'Arsène Lupin. Ce n'est pas le cas de Rex Buchanan. Il est plutôt sûr de lui, de son épouse, et de leur projet, mais les impondérables ne sont jamais loin des plans mieux préparés. Rex ne manque pas d'un flegme tout britannique, du moins jusqu'à un certain point.

Grâce à l'habile construction du récit, en quatre actes, l'auteure produit un roman-malin comme on savait en écrire à cette époque. Avec une dernière partie tendue et plus sombre, d'une densité vraiment entraînante pour les lecteurs. Probablement oubliée du public actuel, Shelley Smith (1912-1998) nous concocta ici une intrigue de très belle qualité.

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 04:55

Virginie Brac est scénariste de télévision et romancière. Elle se fit connaître avec les polars “Sourire kabyle” (1982) et “Mort d'un fauve” (1983). Sa trilogie consacrée aux enquêtes de la psychiatre urgentiste Véra Cabral obtint un beau succès : “Tropique du pervers” (2000), “Notre-Dame des barjots” (2002) et “Double peine” (2004). Récompensé par le Grand prix de Littérature policière, ce dernier titre était en effet de qualité supérieure.

Entre vie privée compliquée et vie professionnelle agitée, le personnage de Véra Cabral est très réussi, vivant et attachant. Virginie Brac eut l'intelligence d’inclure des passages plus souriants dans cette histoire largement sombre. Percer les plus noirs secrets de chacun pour expliquer la psychologie de la meurtrière, ce n’est pas simple quand personne ne dit la vérité. Celle-ci apparaît progressivement, dans un récit très bien dosé. “Double peine” est un captivant noir suspense.

Virginie Brac: Double peine (Grand prix de Littérature policière 2004)

Lors d’une intervention d’urgence à Fleury-Mérogis, la psychiatre Véra Cabral arrive trop tard. Giselle, une détenue, a tué une surveillante pourtant amicale. Incompréhensible, la prisonnière devant sortir une semaine plus tard, après une peine de dix ans pour meurtre. À Véra, elle a parlé d’un fils mort, mais son défenseur affirme que Giselle n’a pas d’enfant. Un bilan d’évaluation doit établir si elle est psychotique ou dangereuse. Véra a des soucis avec la famille huppée de son fiancé Hugo. Ils refusent d'admettre que leur fils aîné bat sa femme. Quand le problème tourne au drame, Véra s’en mêle. En outre, elle a raison de penser qu’Hugo lui échappe pour une autre.

Le policier algérien Hakim Salem est en mission en France. Il s’intéresse à Giselle, qui fut la compagne d’un terroriste islamique. Véra Cabral s'avoue n'être pas insensible à son charme froid. Il est bien renseigné sur elle et sur son enquête. Les parents de Giselle se veulent irréprochables. Si le père, ancien sergent de la guerre d’Algérie, ne cache pas ses opinions, il nie avoir tué l’enfant de Giselle. Celle-ci, tabassée en prison, est soignée à l’hôpital où exerce Véra. La psy visite clandestinement la maison des parents, y devinant une présence cachée.

Véra reçoit un paquet contenant une petite oreille. Elle apprend où naquit Giselle. Elle veut joindre Hakim pour qu’il l’aide et s’explique. Il semble être reparti chez lui. Véra demande à la police une perquisition au domicile des parents de Giselle. S’il y a eu un enfant ici, ils ne trouvent rien. Il peut s'agir d'une fuite, ou plutôt d'un kidnapping. Le père finira par dire la vérité à Véra sur les vraies origines de Giselle.

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 05:58

 

C’est en 1957 que Pierre Humblot opte pour le pseudonyme de Fred Kassak, ses romans étant publiés aux Éditions de l’Arabesque. Très vite, ses trois premiers titres sont salués par Maurice-Bernard Endrèbe, éminent chroniqueur de l’époque, auteur et traducteur influent dans l’édition. KASSAK-58-1Déjà sélectionné l’année précédente pour un autre titre, c’est avec son troisième suspense que Fred Kassak va être récompensé en 1958 par le Grand prix de Littérature policière. L’intrigue de On n’enterre pas le dimanche est vraiment très astucieuse. La parfaite structure du récit et la narration fluide en font un roman criminel captivant. Il faut patienter jusqu’à l’ultime dénouement surprise, après avoir suivi les nombreuses péripéties de cette histoire. Impeccable suspense, M.B.Endrèbe ne s’y était pas trompé.

Kassak joue sur la thématique de l’écrivain débutant, ce qu’il était encore. Pour l’anecdote, le héros est employé au début par le Musée Grévin, où l’auteur fut lui-même guide bilingue. Dans ce roman, est évoqué un inspecteur Lecler; ce qui fut un des pseudonymes du romancier Michel Lebrun, grand ami de Fred Kassak. Le cinéaste Michel Drach adapta On n’enterre pas le dimanche à l’écran, avec Philippe Mory (Philippe Valence), Hella Petri (Mme Courtalès), Christina Bendt (Margareta), Albert Gilou (M.Courtalès), Marcel Cuvelier (le commissaire). KASSAK-58-2Pas de star dans la distribution de ce film, néanmoins couronné par le Prix Louis-Delluc. Ce titre à succès fut republié aux Presses de la Cité dans la collection Mystère (fin des années 1960), puis dans la collection Punch (années 1970). Une dernière réédition chez Le Masque date de 1988. Bien entendu, le contexte est celui de la fin des années 1950 (on y cite Darry Cowl, Brigitte Bardot, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault). Ce qui offre aujourd’hui un certain parfum de nostalgie…

 

Philippe Valence est natif de la Guadeloupe. Fier de ses origines, il insiste pour ne pas être confondu avec un Africain. Étudiant à Paris, il est aussi guide au Musée Grévin. C’est là qu’un soir, il rencontre une jeune Suédoise. Margareta Lundal est pour quelques semaines en France. Souffrant de solitude, au point d’avoir tenté de se suicider, Valence se montre assez maladroit avec la visiteuse du Musée. Néanmoins, une romance amoureuse naît entre eux, puis Margareta retourne en Suède. Valence se sert de cet épisode et d’une partie de son vécu pour écrire un roman, intitulé symboliquement On n’enterre pas le dimanche. Bientôt, la Suédoise décide de s’installer à Paris comme jeune fille au pair. Valence lui trouve une famille prête à l’engager, les Courtalès. Le fait que Georges Courtalès soit agent littéraire a sans doute orienté le choix de Valence. Grâce à Margareta, l’étudiant trouve l’occasion de lui soumettre le manuscrit de son roman.

Courtalès ne tarde pas à faire jouer ses relations. Les origines guadeloupéennes de Valence constituent un bon argument de vente pour un livre, quelle qu’en soit l’histoire. L’éditeur lui réclame d’écrire vite un second roman. Le premier est publié, avec un beau succès critique. Entre-temps, invité plusieurs fois chez son agent, Valence a fait la connaissance de Maryse Courtalès. Les yeux violets de cette belle femme fascinent le jeune écrivain. C’était un regard difficile à définir, mais où luisait une sorte d’appel. Dans les yeux de Mme Courtalès, il croit discerner du désir, une certaine lubricité. Elle parvient à semer le doute dans l’esprit de Valence, quand elle suggère que Margareta et son mari auraient une liaison. La jeune Suédoise semble amoureuse de lui, mais Valence admet son inexpérience en psychologie féminine. D’ailleurs, Courtalès et Margareta s’absentant ensemble, la version de l’épouse parait bien se confirmer.KASSAK-58-3

Ayant abusé du whisky, par vengeance, Valence se laisse entraîner à une relation sexuelle avec Mme Courtalès. La sortie de son premier roman aurait pu effacer cet intermède, car peut-être y avait-il méprise. D’autant qu’il n’avait aucune intention de renouveler ses rapports intimes avec l’épouse de son agent. Mais voilà que, huit mois plus tôt, Georges Courtalès disparut brutalement alors qu’il se rendait à un cocktail. Depuis, l’enquête de police n’a rien donné. Aujourd’hui, Valence est interrogé en tant que témoin au Quai des Orfèvres. Il sait qu’on le soupçonne, oui mais un commencement de preuve matérielle sans mobile, ça ne peut gère leur servir; un juge d’instruction n’acceptera jamais de m’inculper là-dessus. Un jury ne me condamnera pas. D’ailleurs, Valence dit la vérité au policier. Pas toute la vérité, en effet. Ces appels téléphoniques qui ponctuent son interrogatoire, est-ce la preuve qu’attendent les enquêteurs ?

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 05:59

 

Joseph Bialot est décédé le dimanche 25 novembre 2012. Né à Varsovie en 1923, il venait d’avoir quatre-vingt-neuf ans le dix août. Installé en France à partir de 1930, Joseph Bialot était un authentique rescapé d’Auschwitz. Après la guerre, sa vie professionnelle s’exerce dans le prêt-à-porter, puis il complète ses études. BIALOT-GPLP1979À l’âge de cinquante-cinq ans, il publie son premier roman dans la collection Super Noire (1978) : Le salon du prêt-à-saigner est récompensé par le Grand prix de Littérature policière 1979. Ce livre sera maintes fois réédité, en Série Noire, Carré Noir, Folio, et chez Folio policier depuis 2000. Le quartier du Sentier est au centre de cette intrigue. Cette histoire reste un témoignage sur l’activité dans ce monde du vêtement et du textile, même si cela a évolué depuis l’époque en question.

 

Il y a d’abord cette jeune femme qu’on découvre égorgée sur une petite place, dans le Sentier. Peu après, c’est le cadavre d’un homme qui est retrouvé non loin de là, rue du Caire. Puis, lorsqu’un camionneur s’apprête à livrer sa marchandise, un troisième corps poignardé a été placé dans son véhicule. Chargés d’enquêter, le commissaire Faidherbe, son adjoint Chaligny, et le policier Brancion n’ont guère de pistes, car les trois victimes sont inconnues dans le quartier. Grâce au hasard, et à un duo de stylistes, on parvient quand même à identifier la jeune femme. Michèle Boulat fabriquait dans son petit atelier des modèles commandés par des créateurs du Sentier. Toutefois, un problème se pose, puisqu’il n’y avait aucune machine chez elle. Il faut donc supposer qu’elle sous-traitait ces travaux.

La police va procéder à une interpellation agitée et inutile dans l’immeuble de Michèle Boulat. Et l’inspecteur Brancion va se lancer dans la poursuite de l’Alfa Romeo rouge d’un suspect qui l’a menacé. Ce qui n’empêchera pas cet homme de continuer à narguer les flics, pour récupérer des photos érotiques chez la victime. À Maisons-Alfort, où le troisième cadavre a été mis dans le camion, Robert Biotto est un témoin gênant. Bien qu’il soit hospitalisé, le tueur parvient à l’éliminer. Cet assassin se nomme Josip Vissarianovitch, un Yougoslave exilé âgé de trente ans. Plutôt séduisant et cultivé, il s’adonne depuis quelques temps au racket, visant des gens en rapport avec le Sentier. Une de ses cibles est Mustafa Demirel et sa famille, des Turcs habitant dans un bidonville de proche banlieue.

Sans doute Josip a-t-il eu tort d’affronter ce clan, car Mustafa et les siens sont sans pitié. C’est avec le secours de la petite Yamina, que Josip réussit à se tirer de ce mauvais pas. Entre-temps, un fils de Mustafa a saccagé l’appartement de Josip. Requinqué, le Yougoslave s’attaque de nouveau à la famille turque, mettant le feu à leur bidonville. Pour Josip, il serait prudent de s’éloigner, mais un policier de l’aéroport d’Orly le repère avant l’embarquement. De son côté, la jeune Vania est de retour à Paris après un voyage dans son pays natal. Elle recherche son compagnon Kosta. Sa disparition est inquiétante, mais elle préfère ne pas mêler la police à tout ça. Vania n’a pas de papiers en règle, ce qui ne l’empêchait pas d’effectuer les travaux de confection commandés à Michèle Boulat.

BIALOT-2000Depuis l’épisode d’Orly, le commissaire Faidherbe et ses hommes possèdent enfin une piste, ayant identifié Josip. Mustafa Demirel et ses fils sont, eux, prêts à se venger du Yougoslave par tous les moyens. Se sentant trahie par Josip, la petite Yamina et sa bande de gamins le recherchent également. Quant à Vania, elle comprend rapidement le sale rôle qu’a joué Josip dans ces meurtres. Traqué, le Yougoslave résistera autant qu’il le pourra…

 

C’est dans un magistral chassé-croisé entre les personnages que Joseph Bialot entraîne ses lecteurs. Bien que les protagonistes soient nombreux, on ne s’y perd jamais. Spectaculaires, sombres, ou plus dures, les scènes se succèdent à bon rythme grâce à des chapitres courts. La tonalité du récit ne manque pas d’humour (Les badauds s’apitoyèrent sur le triste sort des meurtriers qui finissent tous dans la misère puisque, comme chacun sait, le crime ne paie pas). Une ironie qui atténue volontairement la noirceur de l’affaire, mouvementée à souhaits. L’auteur décrit çà et là quelques réalités de ce quartier du Sentier, et de l’industrie qu’il génère. Récompense effectivement méritée, que ce Grand prix de Littérature policière qui lui fut attribué.

Mes chroniques sur "L'héritage de Guillemette Gâtinel" et "La station Saint-Martin" est fermée au public" de Joseph Bialot (cliquer sur les titres).

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 05:57

 

John Dann MacDonald (1916-1986) fut un auteur de polars très productif, avec à son actif plus de soixante-dix titres, plus quelques romans de science-fiction. Il débuta dès 1950, et créa le personnage du détective Travis McGee (vingt titres de 1964 à 1984). En 1964, John D.MacDonald fut récompensé en France par le Grand prix de Littérature policière, pour La tête sur le billot (1963, Série Noire n°800, réédité chez Carré Noir en 1985).

 

MACDONALD-GPLP1964Cette histoire se passe dans le complexe hôtelier Sultana, au bord de l’océan. Les congrès de toutes sortes de sociétés s’y succèdent. Ces jours-là, c’est la NAPATAN qui réunit ici ses employés et hauts responsables. Fred Frick, de la société AGR (American General Machine) est chargé de l’organisation, assisté du jeune Bobby Fayhauser. Proche de la retraite, marié à l’intelligente Connie, son patron Jesse Mulaney préside le congrès.

Mulaney n’est pas dupe de ce qui se trame contre lui. Si son expérience est indiscutable, les dirigeants du groupe à Huston considèrent que ses méthodes commerciales sont dépassées. Pourtant, il ne manque pas de bon sens : Je lui ai dit que la meilleure façon de rater une vente, c’était de faire intervenir trop tôt les techniciens, car ces gars-là sont capables de vous dénicher une bonne douzaine de raisons pour expliquer que l’installation ne marchera pas. Je lui ai dit qu’il fallait toujours commencer par conclure la vente d’une manière définitive, et qu’ensuite on se débrouille pour faire marcher le satané fourbi. La direction a envoyé sur place Floyd Hubbard afin de mettre Mulaney sur la touche.

Marié à Jan (Janice), père de deux jeunes enfants, Floyd Hubbard a une trentaine d’années. Ingénieur métallurgiste de formation, ses qualités d’administratif ont été repérées par les dirigeants de Huston. Cette mission au congrès du Sultana, qui vise à vérifier la compétitivité de Mulaney, est aussi un test en vue des fonctions à venir pour Hubbard. Bien que courtois, il ne montre pas d’intention de fraterniser avec les gens d’AGR. Fred Flick n’ignore pas ce qu’il vient faire. Flick est un roublard, qui ne tient à déplaire pas à Mulaney. Il cogite un plan afin de mettre en difficulté Hubbard, une idée que son patron approuve. Flick contacte une maquerelle de sa connaissance, afin qu’elle leur envoie une call-girl. Miss Cory Barlund a suffisamment de classe et d’esprit pour piéger Hubbard. Elle va se faire passer pour une pigiste en reportage sur les coulisses d’un congrès, ce qui serait une bonne publicité pour AGR.

Jeune femme séduisante et pleine de caractère, Cory Barlund ne se laisse pas impressionner par Fred Frick, ni par son collègue souvent ivre Dave Daniels. Elle avait la démarche légère d’un mannequin, sans rien d’affriolant, ni de provocant. Elle avait revêtu sa plus belle «petite robe de rien du tout», une robe de jeune fille sans manche ni ceinture, au col montant, conçue de façon à la mouler quand il le fallait et à lui donner de l’aisance… Cory suit le congrès, côtoie les responsables d’AGR. Dont Floyd Hubbard qui, bien que fidèle à son épouse, est vite troublé par cette beauté. Entre les banquets, les soirées et la plage, un subtil jeu de séduction s’installe entre eux. Fatalement, cette relation se poursuit dans l’intimité. Néanmoins, le comportement de Cory suscite un certain malaise chez Hubbard, gêné d’avoir trompé son épouse.

Qu’est-ce qui pourrait détourner Floyd Hubbard de sa mission ? Une conversation avec l’épouse de Mulaney ? Le plan concocté par Frick et son patron ? Le fait que Cory lui révèle être une prostituée ? Cette affaire va causer deux décès, qui n’ont rien d’accidentels. Le capitaine Brewhane de la Brigade Criminelle a parfaitement saisi les circonstances de cette double mort…

 

MACDONALD-1963-85Voilà une histoire qu’il est très facile de transposer un demi-siècle plus tard. En effet, les pratiques de l’impitoyable monde de l’entreprise n’ont fait qu’empirer. Le héros aurait désormais un poste de DRH, voire d’administrateur de société. Sans avoir besoin de rien justifier, il sacrifierait un directeur régional et son staff, au nom de la rentabilité ou des actionnaires. On peut imaginer qu’existent encore des congrès de ce genre, destinés à régler des comptes au sein de sociétés, où coups bas et manœuvres diffamatoires sont de mise.

Homme d’apparence ordinaire, Hubbard n’est pas cynique, mais n’éprouve pas d’états d’âme : Et puis laissons tomber cette introspection stérile. La recherche des motifs qui nous poussent à faire telle ou telle chose est purement académique. Les tâches sont fixées, les missions sont bien précisées. Il faut être massue, il faut être poignard, il faut être gourdin. Quand on a besoin de certitudes, il faut savoir se contenter des plus simples et des moins embêtantes : l’ordre reçu, la tâche accomplie, le fric encaissé.

L’affaire criminelle ne vient se greffer que tardivement, ce qui indique bien le cruel sujet (social et intemporel) qu’a souhaité traiter l’auteur. Si ce roman noir a été récompensé par le Grand prix de Littérature policière, c’est probablement parce que ce thème était fort peu abordé dans les polars français de l’époque. Un des excellents titres de John D.MacDonald.

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 06:00

 

Né en 1921 dans le Nebraska, Thomas Sterling n’aurait écrit que quatre romans policiers, dont deux traduits en français. Le premier Défense de sortir fut publié dans la collection STERLING-GPLP1960Un Mystère en 1950. Le second Le tricheur de Venise est paru en 1960 dans la collection Le Cachet, Éditions de Trévise. Il a été récompensé par le Grand prix de Littérature policière cette année-là. Ouvertement, c’est un roman qui s’inspire de la pièce de théâtre Volpone de Ben Jonson, datant de 1606. Le riche et cynique usurier vénitien Volpone fait semblant, avec son serviteur Mosca, d’être mourrant afin de jouer un mauvais tour à ceux qui visent son héritage. Une histoire d’argent qui se prêtait parfaitement à une version criminelle actualisée. La pièce de Ben Jonson étant sous-titrée Le Renard, on ne s’étonnera pas que le personnage central se nomme Fox, encore que ce soit une identité d’emprunt.

 

William Fieramosca est un comédien américain fauché, redoutable joueur de cartes, qui vient d’être engagé par le vieux Cecil Fox. Celui-ci vit depuis plusieurs années dans une belle demeure vénitienne, qu’il a fait moderniser. La richesse de cette ville a toujours fasciné cet américain fortuné : Ils ont bâti cette cité avec de l’argent, y ont vécu pendant des siècles. Ils y ont dépensé, dépensé, dépensé. Personne n’a jamais osé en faire autant. Néanmoins, Fox est bien conscient des hypocrisies qu’entraîne l’argent, et il va le démontrer. Ce célibataire n’a jamais eu de véritables amis, ni de famille. Pourtant, il va inviter trois supposés amis, leur faisant croire qu’il est mourant et qu’ils pourraient hériter de ses millions. William Fieramosca sera son complice pour duper ces personnes avides de s’enrichir.

Le quinquagénaire new-yorkais Anson Sims fait partie d’un milieu aisé, marqué par la religion. Le londonien Henry Voltor se dit avocat, mais c’est un oisif plutôt désargenté. Mrs Sheridan fut autrefois la maîtresse de Fox, durant quelques mois. Elle rejoint les autres amis avec sa demoiselle de compagnie, Celia Johns, âgée de vingt ans. Celia a beaucoup côtoyé la mort, car cette orpheline s’est un temps occupé de sa grand-mère. La motivation de Cecil Fox, il l’explique à William : Y gagner ? Que gagne-t-on en tirant sur d’innocents oiseaux, en courant un après-midi entier après un renard malodorant ? C’est le sport, mon garçon. Pour se divertir, les pauvres gens ont le travail; les riches n’ont que le sport. Simulant un état désespéré, il accepte les cadeaux de chacun de ses trois invités.

Anson Sims et Henry Voltor ne tardent pas à comploter contre Mrs Sheridan, imaginant qu’elle a un plan machiavélique pour toucher l’héritage. Elle leur révèle être l’épouse légitime de Cecil Fox, même s’ils ne sont pas mariés légalement. Après un dîner sous tension sans leur hôte, Celia donne un habituel somnifère à Mrs Sheridan qui tient à son sommeil. Puis, William et la jeune femme passent le reste de la soirée ensemble, en ville. Dans la nuit, Celia constate la mort de Mrs Sheridan, mais elle attend le matin pour donner l’alerte. Bien que marié, le policier italien Rizzi n’est pas insensible au charme de Celia. Il interroge Fox sur son lien marital avec la victime, ainsi que Voltor et Sims. Mort accidentelle ou meurtre, il ne semble pas pressé d’en décider trop vite.

Celia finit par rencontrer Fox. Elle n’est pas une de ses cibles, aussi se montre-t-il généreux avec elle. Non content de gagner de l’argent aux cartes contre Fox, Williams escroque Voltor en lui promettant de plaider sa cause pour l’héritage : Le grand désavantage de briguer une richesse excessive, dit-il, est que les compétitions sont diablement nombreuses. OSTERLING-Masquen suppose que Cecil Fox va dicter la version définitive de son testament à son notaire. Tandis que chacun espère tirer son épingle du jeu, il risque d’y avoir un autre cadavre avant la fin du jeu…

 

Ce roman, qui fut plus tard réédité chez Le Masque, a vraiment mérité son Grand prix de Littérature policière. Il ne se contente pas de parodier Volpone, mais il est à la fois bien construit et d’une belle écriture, sans abuser du côté théâtral. Selon la formule disant que l’argent pourrit tout, aucun des héros n’est vraiment attachant. Même la jeune Celia n’est pas si candide, et William est un fieffé filou. Une histoire ironique, évidemment, mais aussi riche en nuances qu’en suspense.

Un excellent polar de cette sorte ne vieillissant pas, c’est donc un roman à redécouvrir.

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