Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 10:52

Un rendez-vous télé à ne pas manquer, vendredi 18 novembre sur ARTE :

l'adaptation du roman de Marin Ledun "Les visages écrasés"

avec Isabelle Adjani dans le rôle principal.

Cliquez sur le lien ci-dessus pour lire ma chronique autour de ce téléfilm.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
commenter cet article
12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 05:59
Lamballe : 20 ans du festival Noir sur la Ville, 19-20 novembre 2016

Les vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 novembre 2016, le festival Noir sur la Ville fête son 20e anniversaire à Lamballe (Côtes d’Armor, 22). Débats, animations, expos, c’est chaque année une occasion privilégiée pour rencontrer les auteurs de romans noirs, de polars et de romans-jeunesse.

Les auteurs annoncés le week-end à la Salle municipale de Lamballe : Franck Thilliez, Hervé Commère, Franck Bouysse, Caryl Férey, Hervé Le Corre, Thomas Bronnec, Stuart Neville, Sophie Hénaff, Sophie Loubière, Olivier Truc, Morgan Audic, Tim Willocks, Jérôme Leroy, Alain Emery, Elena Piacentini, Anne-Céline Dartevel, Mouloud Akkouche, Gérard Alle, Pascal Millet, Isabelle Micaleff, Pascale Dietrich, Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal, Marc Villard, Jean-Hugues Oppel, Manon Fargetton, Sandra Martineau, Colin Niel, Jean-Paul Nozière, Patrick Pécherot, Benoît Séverac, Benjamin Legrand, Christian Roux, Sylvie Deshors, Marion Brunet, Jean-Noël Levavasseur, Ian Manook, Patrick Delperdange, Mickaël Mention, Pascale Fonteneau, Olivier Thomas, Luc Jacamon, Hervé Boivin, Patrick Bard, Denis Flageul, Jean-Christophe Tixier, François Guérif et Claude Mesplède. (Olivier Truc ne sera présent que le samedi, Hervé Le Corre partira le dimanche à 15h, Patrick Delperdange et Claude Mesplède partiront dimanche à 16 heures).

La plupart des auteurs présents à Lamballe ont été l’objet d’articles chez Action-Suspense. Pour les noms figurant ci-dessus en BLEU, il suffit de cliquer sur le lien pour lire ma chronique sur un de leurs romans.

Lamballe : 20 ans du festival Noir sur la Ville, 19-20 novembre 2016
Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
commenter cet article
3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 18:27

La librairie du Québec à Paris invite les lectrices et les lecteurs à rencontrer le samedi 19 novembre 2016, dès 15h, deux auteures présentant leurs livres.

Anne Pélouas : "Les Inuits résistants ! Lignes de vie d'un peuple"

Peuple de l’Arctique à l’histoire millénaire, les Inuits ont traversé le 20e siècle en passant du nomadisme à la sédentarité. Doués d’une faculté d’adaptation exceptionnelle, ils traversent aujourd’hui les temps troubles générés par le réchauffement climatique et s’attachent à concilier tradition et modernité dans leur vie au quotidien. Au Nunavut comme au Nunavik, l’auteure est partie à la rencontre des Inuits d’aujourd’hui, hommes et femmes, qu’ils soient ranger, sculpteur, pilote, pêcheur, cinéaste, garde-parc, rapper, musher, designer de vêtements… Au travers de récits vivants qui traitent aussi bien de géopolitique, que d’économie, de culture, d’environnement ou de défis sociaux, elle enquête sur le terrain et leur donne la parole. Chaque chapitre est introduit par un grand entretien avec, notamment, Peter Taptuna, Premier ministre du Nunavut, Sheila Watt-Cloutier, l’une des voix inuites les plus marquantes, Norman Vorano, spécialiste de l’art inuit, Gérard Duhaime, sociologue et politologue, et Adam Tanuyak, jeune musicien-chanteur.

Un rendez-vous québécois (à Paris) le samedi 19 novembre 2016

Monique Durand : "Le petit caillou de la mémoire"

Le petit caillou de la mémoire, c’est l’homme face à la nature démesurée. C’est William de la mer et des forêts profondes, qui pêche des saumons, abat des arbres, aime des femmes, cuit au soleil lent de sa vie. Une ode aux gens simples, aux défricheurs. Écriture somptueuse et grâce tranquille, le roman nous entraîne de Saint-Suliac sur Rance aux bords de mer gaspésiens, en passant par Terre-Neuve. "J’ai souhaité raconter un peu de cette race d’hommes et de femmes en bois dur en train de disparaître, déjà disparue sous les coups de boutoir des temps qui changent et qui bouleversent tout de nos êtres et de nos us. Simplement dire qu’elle fut, avec ses grandeurs et ses misères. Quelque chose de nous s’éteint avec elle. J’ai aussi voulu raconter, par la médiation d’un petit caillou, la transmission d’une génération à l’autre de la folle furieuse faim de vivre, du sens de la beauté du monde et de la nostalgie, le plus humain des sentiments."

La librairie du Québec, 30 rue Gay-Lussac, Paris 5e.

Repost 0
30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 06:05

Aucun auteur n’a probablement écrit un polar se passant intégralement dans un cimetière. Ce genre de décor sert parfois à quelques scènes pathétiques. Des obsèques sous une fine pluie qui symbolise larmes et tristesse. Des funérailles où l’enquêteur espère repérer un assassin, venu par obligation ou par défi. Ça peut constituer le pivot d’une intrigue, quand le crime est commis dans un cimetière, ou quand le héros est attiré en ces lieux de façon obsessionnelle. Il y aurait quantité de titres à citer, certainement.

Que toute une histoire se déroule entre les murs d’un cimetière, on doute que l’expérience ait été tentée par des romanciers. Pourtant, une parfaite unité de lieu. Ont-ils craint qu’un tel décor soit trop statique, comme figé pour l’éternité ? Diable, ça ne manque pas, les détails à exploiter, y compris dans un modeste cimetière rural. Celui de La Chèze (Côtes d’Armor, 600 âmes) vaut sûrement celui du Père Lachaise, même s’il est moins prestigieux, moins visité. La centaine de tombes du petit cimetière de Montplaisant (Dordogne) n’a rien à envier à celui de Montparnasse.

On a Toussaint cimetière qui nous attend…

Au fil des allées et des travées, rares sont les sépultures identiques, monumentales ou sans artifice, selon la volonté ou les moyens des défunts (mourir coûte cher, il est vrai). On verra un ou plusieurs majestueux caveaux de familles dans le carré des véritables autochtones, des habitants ancestraux de la commune. Quelques-uns sont délaissés, faute de descendants. Là-bas, peut-être un mausolée en souvenir d’une gloire locale enterrée ailleurs ? Pas si loin, des cyprès séculaires laissent-ils peu à peu la place à des arbres plus rachitiques, minés par la pollution ? N’y a-t-il pas un remarquable chêne ou un bon vieux sapin symbolisant on ne sait plus quoi ? Ceinturés de murs de pierres à l’ancienne ou en béton grisaillant, enfermés dans leurs tombes scellées, les défunts ne s’évaderont plus d’ici.

Quand on est mort, c’est pour longtemps.

Il est à noter que, fort heureusement, nos cimetières ne regorgent pas de victimes d’assassinats. Lorsque c’est le cas, les inscriptions sur les tombes évitent les précisions du genre : "À la mémoire de l’oncle Jean-Louis, célibataire fortuné, occis par ses neveux pour se partager l’héritage". Si l’affaire fit grand bruit en son temps, à part une poignée de commères venimeuses (il en existe encore), qui se souvient de ce crime vénal ? D’ailleurs, les aimables épitaphes sont passées de modes, hélas : "La coquette mémé Huguette nous laisse tant de souvenirs chouettes" est remplacé par une simple plaque "Souvenir", d’une affligeante banalité. Pauvre mémé Huguette, vous méritiez mieux !

On a Toussaint cimetière qui nous attend…

Le cimetière, lieu de recueillement, cela empêche-t-il d’y placer l’action d’un roman ? On n’est pas obligé de penser à des saccages, des profanations, du vandalisme dû à des sagouins incultes, des malfaisants ivres, des satanistes d’opérette, ou autres sombres crétins provocateurs. Encore qu’une surveillance policière pour alpaguer les auteurs de telles dégradations, ça peut servir de base au récit. À condition qu’il y ait ensuite des trucidés au boulevard des allongés, c’est un minimum. Ou alors imaginons un rendez-vous après la fermeture du cimetière, entre chien et loup, tandis qu’une brume vespérale envahit l’endroit. Le tueur potentiel et sa future victime retardent la rencontre fatale. Un jeu de cache-cache autour des sépultures qui peut durer des heures, toute la nuit. Unité de temps, en plus.

Pour densifier l’ambiance, ponctuons-la de coups de feu sourds, chacun possédant un de ces revolvers munis de silencieux. Comme dans les films de Georges Lautner, un "plop" fuse de temps à autre. Un troisième protagoniste viendra-t-il perturber la vengeance en cours ? Apportera-t-il des révélations fracassantes sur ce qui motive la rivalité haineuse entre nos deux antagonistes ? Des rebondissements, il faut que ça bouge ! Tiens, un voisin trop curieux qui promenait son chien pointe le nez au portail ? Attention, il risque une balle perdue. Le clodo qui squatte l’appentis des services techniques municipaux ferait bien de déguerpir également, s’il est capable de sauter par dessus le mur d’enceinte.

On a Toussaint cimetière qui nous attend…

Et voici que résonne un téléphone portable dans le silence nocturne. Premier appel, si un complice s’impatiente : “Ben quoi, toujours au cimetière, tu ne l’as pas encore abattu ?” Plus tard, à la seconde sonnerie du portable, c’est le commissaire Javert (connu de la France entière) qui prévient le coupable : “Les forces de l’ordre cernent le cimetière, sortez immédiatement les mains en l’air.” Ce policier croit-il vraiment que le criminel va se rendre sans résister, sans au moins cracher ce qu’il a sur le cœur ? Des rebondissements ne sont pas impossibles, d’ici le dénouement.

Tout un polar situé dans un cimetière ? Ça aboutirait sans doute à une accumulation de clichés, au mieux à une parodie tragi-comique. Finalement, abandonnons l’idée. Gardons juste une ou deux scènes, c’est suffisant. Revenons dans la réalité : vers la Toussaint, profitons de prendre l’air tout en rendant hommage à nos défunts, décédés de mort naturelle.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
commenter cet article
26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 05:12

La revue “Temps Noir” n’est pas un magazine polar, mais une publication annuelle de référence pour celles et ceux intéressés par l’univers des littératures policières, d’hier et d’aujourd’hui. Animée par Franck Lhomeau, qui a en particulier le privilège d’avoir accès aux archives de la Série Noire, cette revue présente de précieux témoignages, documents et illustrations, sur ce genre littéraire et son histoire…

“On ne présente plus Jean-Bernard Pouy…” Il n’est pas rare que débute ainsi un article ou un interview consacrés à cet auteur de polars, créateur littéraire par excellence. Sans doute a-t-on tort de ne plus suffisamment rappeler le parcours du “père” de Gabriel Lecouvreur, Le Poulpe. Car les lecteurs risquent de ne retenir qu’une des facettes de J.B.Pouy. Soit c’est l’auteur labellisé Série Noire, où il publia une dizaine de titres, qui reste dans les mémoires. Soit on le situe comme initiateur de la série du Poulpe, où quasiment chaque roman est dû à un auteur différent. Ou alors, dans sa production disparate, on aura adoré quelques romans dont on se souvient encore. Certains, qui l’auront rencontré dans un des multiples festivals auxquels il participe, garderont l’image d’un J.B.Pouy qui les a tutoyés d’emblée, fraternellement, et leur a conseillé tel ou tel livre d’un confrère polardeux.

Cet homme-là n’est pourtant pas monolithique, bien au contraire. L’étiqueter et le ranger dans une catégorie normative, ce serait ne rien comprendre au personnage Pouy. Ce sont des rencontres et des amitiés fortes (Daniel Pennac, Patrick Raynal) qui décidèrent de son destin. Non pas d’écrivain, qualificatif qu’il rejette, mais d’auteur passionné d’écriture. Un graphomane pour qui tout est source d’inspiration, d’exploration, d’utilisation. Il n’y a pas de calcul (sûrement pas de carriérisme), ni la moindre posture chez lui : jamais Pouy ne dit "non" quand on lui demande un texte inédit, car il entrevoit toujours l’occasion de se triturer les méninges et de gratter sa tignasse pour en sortir le meilleur possible. Il lui vient l’idée de lancer une collection, fût-elle improbable ? Il essaie. Des amis ont besoin ou envie de l’avoir au catalogue de leurs éditions ? Il accepte. Ne rien s’interdire.

C’est Jean-Bernard Pouy dans la globalité de sa démarche que le lecteur doit chercher à approcher. L’entretien très complet qu’il accorde à Jean-Marie David dans le numéro 19 de Temps Noir permet de décrypter, derrière l’auteur de polar, ses motivations altruistes et ses plaisirs d’anar modéré. Avec en prime, une bibliographie intégrale et une iconographie incluant, hormis beaucoup de couvertures de ses livres, des photos plus rares.

(On ne tardera pas à évoquer son nouvel ouvrage, “Le casse-pipe intérieur”, qui paraît en parallèle aux Éd.Joseph K)

Jean-Bernard Pouy (et Patrick Raynal) Saint-Malo, mai 2004 © photos Claude Le Nocher

Jean-Bernard Pouy (et Patrick Raynal) Saint-Malo, mai 2004 © photos Claude Le Nocher

Si Pouy figure incontestablement parmi les auteurs de littérature populaire, il en est un autre qu’on a trop vite oublié : Francis Didelot (1902-1985), auquel Jacques Baudou rend un hommage amplement mérité. C’est à l’âge de trente ans que Didelot débute dans le roman policier. Avant-guerre, il publie des histoires énigmatiques fort bien ficelées, dont “Le suicide de Caïman” qui sera adapté au cinéma (“Les gosses mènent l’enquête”) ainsi que plusieurs autres de ses titres. Si son aventurier Samson Clairval n’est le héros que de deux romans, Dominique Lecain est le premier policier officiel qu’il va créer. Après-guerre, c’est le commissaire Bignon qui prendra la relève dans ses suspenses, avant que ne lui succède le policier Gaston Renard. Tous des "cousins" du commissaire Maigret ? Un air de famille, sûrement, mais les affaires traitées se distinguent de l’original, estime Baudou.

Magistrat de formation, Francis Didelot est très convaincant aussi dans les énigmes aux ambiances judiciaires. Son roman “Le 7e juré” est probablement celui dont on se souvient le mieux, car il fut porté au cinéma par Georges Lautner, avec Bernard Blier dans une de ses plus belles interprétations. Si Didelot collabora à quelques films, il fut encore un très bon auteur de pièces radiophoniques, et le panel de ses créations est multiple (recensé intégralement à la suite de l’article). Une œuvre riche pour un écrivain aujourd’hui méconnu, ayant toute sa place dans le panthéon des grands noms du roman populaire.

Des simples lecteurs jusqu’aux universitaires, nombreux sont ceux qui cherchent la clé qui ouvrirait la porte du cerveau de James Ellroy. Dans son article “Sweetest Taboo”, Frédéric Sounac s’efforce d’analyser "la représentation de l’homosexualité chez James Ellroy". On partagera son constat, ou pas. On ne peut qu’admettre la complexité de pensée de cet écrivain. Il décrit un temps où, de Montgomery Clift à J.Edgar Hoover en passant par Rock Hudson et bien d’autres, les homosexuels affichent une virilité de façade. Au fil de ses intrigues, Ellroy ne leur attribue généralement pas le beau rôle à ces délinquants ou ces criminels, à ces pervers de sodomites. En face, les flics et leur virilité violente, ça ce sont de vrais hommes. Sauf que, chez les policiers, la notion de "partenaires" introduirait une ambiguïté nuançant l’homophobie patente de James Ellroy. En relisant quelques titres de cet auteur, Frédéric Sounac pense avoir déniché de la tolérance homophile chez lui.

Le dossier réalisé par Pierre Charrel s’intitule “D’après une histoire vraie…”. Ce qui pourrait faire tiquer certains lecteurs de polars noirs, peu partisans qu’une fiction s’inspire d’un fait divers, ou colle de trop près à un scandale médiatisé. Néanmoins, la spécificité du roman noir consiste à utiliser, en toile de fond ou au cœur de l’affaire, un contexte social réaliste. À travers des entretiens avec Dominique Manotti (sur l’or noir), Kishwar Desai (sur l’Inde), Anne Rambach (sur l’amiante), Leonardo Padura (sur Cuba), Nathalie Ferlut, Pierre Schoeller, Dominique Kalifa, Richard Birkefeld et Göran Hachmeister (sur Berlin), Xavier Mauméjean (sur Jack l’Éventreur), c’est autant l’intention de chacun des auteurs que le thème abordé dont il est question.

Revue “Temps Noir” n°19 – Jean-Bernard Pouy (Éd.Joseph K, 2016)

Premier roman édité de William R.Burnett, "Little Caesar", l’ascension et la déchéance de César Bandello, le chef d’un gang italien de Chicago, a été porté à l’écran deux ans après par Mervyn LeRoy […] Ainsi, du 25 février au 5 avril 1933, la traduction de Marcel Duhamel paraît dans l’un des plus forts tirages de la presse parisienne, chaque feuilleton étant accompagné d’un bon de réduction de 2 Francs pour une place au cinéma Rexy, où repasse pour l’occasion le film.
Cette traduction va bouleverser la vie de Marcel Duhamel et mettre fin à sa série de petits boulots.

Nul n’est censé ignorer que Marcel Duhamel fut le créateur de la Série Noire, aux éditions Gallimard. Mais, si l’on n’a pas lu son autobiographie “Raconte pas ta vie”, il est probable que l’on connaisse moins bien les jeunes années de Marcel Duhamel. Parlant la langue anglaise, il aurait pu être directeur de grands hôtels durant toute sa vie. Son amitié avec une bande de joyeux drilles en décida tout autrement. On ne fréquente par impunément les frères Prévert, le peintre Yves Tanguy, le poète Benjamin Péret, et tant d’artistes qui faisaient bouger la culture dans les années 1930. De petits rôles au théâtre et au cinéma, et surtout beaucoup de doublages de films, l’aideront à passer ce cap, tandis que la guerre approche.

Franck Lhomeau retrace la vie de Marcel Duhamel jusqu’à la naissance effective de la collection Série Noire. Au sortir de la guerre, malgré la solidité de la maison Gallimard et un prometteur début de catalogue, pas simple d’attirer et de garder Peter Cheyney (par ailleurs auteur star des Presses de la Cité, rivales de Gallimard), James Hadley Chase ou Raymond Chandler. Se posent autant des questions de droits d’auteurs que de traductions. La trajectoire de Marcel Duhamel est hors norme, passionnante.

Repost 0
23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 04:55

À l’origine, “Quinzinzinzili” est le titre d’un roman de l’universitaire Régis Messac (1893-1945). Depuis quelques années déjà, c’est aussi le titre d’une excellente revue trimestrielle rendant hommage non seulement à cet écrivain, mais aux mouvements intellectuels de l’Entre-deux-guerres. Car, s’il fut l’auteur de la thèse “Le «detective Novel» et l'influence de la pensée scientifique” (publiée en 1929 et rééditée par Les Belles Lettres, récompensée en 2012 par le Prix Maurice Renault de l’association 813), Messac fut un écrivain éclectique des littératures populaires ("Valcrétin", "Le miroir flexible", "La cité des asphyxiés", "A bas le latin !").

Étant un des principaux contributeurs de la revue "Les Primaires", il participa à la réflexion sur son époque, et sur le sombre avenir qu’il fallait redouter. On en a un bel exemple dans ce n°31 de “Quinzinzinzili” : en décembre 1933, Messac signe un article présentant une nouvelle publication, Commune”, revue d’obédience communiste. Pacifiste, Régis Messac souligne : “Il est évident que si la dictature de Hitler parvient à durer, nos nationalistes préconiseront une alliance avec lui. À ce moment-là, il faudra faire croire au bon public français que le bel Adolf est un homme de génie et toute une part de la presse française lui prodiguera les flatteries les plus plates.” Quelques lignes prémonitoires, c’est peu dire, mais combien de gens avaient alors cette lucidité sur un proche futur dramatique ?

Dans ce n°31 de la revue, les amateurs de polars pourront lire un article de Jean-Louis Touchant, qui fut longtemps le président de l’association 813 : Grandeur et déclin du Detective Novel”. Il s’agit d’un parfait résumé de l’évolution de la littérature policière, des origines jusqu’au roman noir actuel, en passant par les piliers du roman d’enquête ou plus sociétal. On a souvent prédit la mort de ce genre littéraire, alors qu’il s’est logiquement adapté à chaque époque. Dans ce même numéro, on nous parle d’un débat rediffusé chez France Culture, datant de novembre 1948. Des grands noms de l’édition d’alors dialoguèrent sur la question Le roman policier est-il essentiellement anglo-saxon ?”.

Le n°31 de la revue Quinzinzinzili est disponible

Conformément à son objectif, “Quinzinzinzili” évoque cette fois encore des ouvrages actuels faisant référence à des intellectuels ayant œuvré tout ou partie dans les années 1920 et 1930. Ce qui fut le cas de François Fosca (1881-1980), dont un certain nombre de titres, sur la peinture et autres thèmes variés, méritent d’être rappelés. En 1937, il publia un essai intitulé Histoire et technique du roman policier”. Hommage est aussi rendu à Karin Boye (1900-1941), Suédoise d’origine allemande, chrétienne et féministe, dont le grand roman Kallocaïneest à nouveau réédité. Une fiction sur les totalitarismes, dont il n’est pas impossible qu’elle ait influencé le 1984de George Orwell.

Ce n°31 de “Quinzinzinzili” comporte bien d’autres articles, dont quelques lettres de Régis Messac issues de sa correspondance, et un texte sur Jean-Luc Buard, spécialiste de l’édition populaire depuis 1830 jusqu’à nos jours. C’est encore l’occasion de présenter la souscription pour le prochain livre de Régis Messac, un inédit, La loi du Kampilan”. Publié aux Éditions Ex-Nihilo, ce tropical roman d’aventure sortira le 16 janvier 2017. Ce tirage est limité, il convient donc de pré-commander ce livre. Chaque numéro de la revue “Quinzinzinzili” coûte 7€. On peut s'y abonner en s'adressant à la Société des Amis de Régis Messac (71 rue de Tolbiac, Paris 13e). À Paris, cette revue est disponible chez plusieurs libraires. Les romans et autres écrits de Régis Messac sont réédités aux éditions Ex-Nihilo, 42bis rue Poliveau, Paris 5e.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
commenter cet article
21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 15:20
Grand Prix de Littérature Policière 2016 : les lauréats

Créé en 1948 par le critique et romancier Maurice-Bernard Endrèbe, le Grand Prix de Littérature Policière récompense chaque année les meilleurs romans policiers français et étrangers, publiés durant les mois précédents.

Il a été attribué le mercredi 21 septembre 2016, à la BILIPO,

aux deux romans suivants :


Prix roman français 2016 :

 

"Un trou dans la toile", de Luc CHOMARAT, Rivages/Noir, 2016

devant :

"D’ombres et de flammes", de Pierric GUITTAUT, Série noire, 2016


Prix  roman étranger 2016 :

 

"Tant de chiens", de Boris QUERCIA, Asphalte (Fictions), 2015

devant :

"Berlin 49," de Joseph KANON, Le Seuil (Seuil policiers), 2016

Grand Prix de Littérature Policière 2016 : les lauréats
Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
commenter cet article
16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 07:00
Lisle-sur-Tarn 24 et 25 septembre, festival polars et vins LISLE NOIR

Samedi 24 et dimanche 25 septembre 2016, ce sera la fête du polar et du vin, au festival LISLE NOIR, à Lisle-sur-Tarn. De nombreuses animations sont programmées, autour de ces deux thèmes. Les lecteurs de polars ont rendez-vous avec le gratin des auteurs, pour les dédicaces, mais aussi la dictée de Daniel Picouly, des conférences et des débats.

Les auteurs annoncés : Inger Wolf, Anne Bourrel, Marie Vindy, Danièle Thiéry, Rosa Ribas, Naïri Nahapétian, Sophie Hénaff, Alicia Gimenez Bartlett, Ingrid Desjours, Sonia Delzongle, Roger-Jon Ellory, Daniel Picouly, Michael Mention, Gilles Vincent, Gunnar Staalesen, Giampaolo Simi, Loriano Macchiavelli, Ignacio Del Valle, Benoît Séverac, Philippe Setbon, Paul Colize, Sire Cédric, Colin Niel, Philippe Huet, Jean-Pierre Alaux, Noël Balen.

Et les auteurs de la « Ligue de l’Imaginaire » : Frank Thilliez, Bernard Minier, Jacques Ravenne, Eric Giacometti, Jean-Luc Bizien, David Khara, Ian Manook.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements
commenter cet article

Action-Suspense Contact

  • : Le blog de Claude LE NOCHER
  • Le blog de Claude LE NOCHER
  • : Chaque jour des infos sur la Littérature Policière dans toute sa diversité : polar, suspense, thriller, romans noirs et d'enquête, auteurs français et étrangers. Abonnez-vous, c'est gratuit !
  • Contact

Toutes mes chroniques

Plusieurs centaines de mes chroniques sur le polar sont chez ABC Polar (mon blog annexe) http://abcpolar.over-blog.com/

Mes chroniques polars sont toujours chez Rayon Polar http://www.rayonpolar.com/

Recherchez D'autres Infos Ici

Action-Suspense via Twitter

Pour suivre l'actualité d'Action-Suspense via Twitter. Il suffit de s'abonner ici

http://twitter.com/ClaudeLeNocher  Twitter-Logo 

Libres lectures

Petit rappel : Toutes mes chroniques, résumés et commentaires, sont des créations issues de lectures intégrales des romans analysés ici, choisis librement, sans influence des éditeurs. Le seul but est de partager nos plaisirs entre lecteurs.

Abonnez-vous à Action-Suspense, pour recevoir chaque jour mes chroniques et mes infos sur l'univers du polar. Facile et gratuit !

Spécial Roland Sadaune

Roland Sadaune est romancier, peintre de talent, et un ami fidèle.

http://www.polaroland-sadaune.com/

ClaudeBySadauneClaude Le Nocher, by R.Sadaune

 http://www.polaroland-sadaune.com/