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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 06:39

 

INTERVIEWS-EXPRESSNos z’amis z’auteurs de polars ont accepté de répondre à l’interview express 2011 d’Action-Suspense, une nouvelle série dans l’esprit des Portraits Chinois. Ils nous donnent chacun leur version, amusée ou sérieuse, aux six questions décalées qui leur sont posées.

Aujourd’hui : Gérard Alle

 

L’ambiance de vos romans, c’est plutôt : Soleil bruineux sur jungle urbaine, ou Grisaille radieuse sur cambrousse pittoresque ?

Je suis plutôt "grisaille sur cambrousse", mais au pittoresque je préfère la pitanche burlesque et le paysage massacré. La jungle urbaine de mon enfance ne m'a jamais fasciné. Pour moi, elle reste synonyme de terrible ennui et de situations convenues...

Vos héros sont plutôt : Beaujolais de comptoir, ou Double whisky sec ?

PC-ALLE-léoComme je n'y connais pas grand chose, au whisky, je serais plus volontiers pinard. Mais j'aime m'aventurer dans des contrées interlopes et goûter des boissons inconnues. De la même façon, même si je ne m'y risque pas souvent, je ne déteste pas écrire sur des endroits où je ne suis jamais allé.

Vos héros sont du genre : J’aime personne, ou Je me déteste ?

Par nature, j'irais plus facilement vers le "Je me déteste". Je suis trop gentil mais je me soigne et je ne désespère pas, un méchant jour, de finir par ne plus aimer personne.

Vos intrigues, c’est : J’ai tout inventé, ou Y a sûrement du vrai ?

Quand j'invente, on me dit : Mais ça s'est vraiment passé comme ça, j'y étais. Et quand je raconte du vrai de vrai, on me dit : Là, tu pousses un peu le bouchon. Bon. Faut que je règle la mire.

Vos intrigues sont : Des torrents imprévisibles, ou Des fleuves canalisés?

L'adolescence est un torrent imprévisible, les premiers romans aussi. On grandit, faut nourrir les gosses, on cherche à canaliser le flux, on joue à faire l'adulte. Comme si écrire était un métier ! Et puis, on s'aperçoit que l'âge est là, qu'il ne faut pas perdre son temps et qu'on est toujours aussi con que quand on était jeune. Alors, on se lâche ! Les fantômes prennent le pouvoir, vous dérivez. Laissez-vous porter, emporter. Rien de tel qu'un bon vieux canal qui se transforme en torrent impétueux. Pas de plan préconçu. Je ne sais pas où je vais, mais j'y vais !

Quel est votre propre état d’esprit : C’était mieux demain, ou Le futur c’est maintenant ?

PC-ALLE-trilogieJe vais faire docte : la littérature, c'est fait pour s'affranchir de l'espace et du temps. Tout est permis : faire parler les morts, tuer les gens que l'on déteste, faire vivre des personnages en les changeant d'époque et de pays, baiser la voisine de palier, se jeter du dixième étage et décrire sa chute, modifier le cours de la grande histoire même si elle est déjà écrite, et puis surtout, mettre du futur dans le présent et du passé dans le futur, recycler les désagréments. Sinon, y a pas que l'écriture dans la vie, y a le réel qu'est pas mal non plus, même si j'ai du mal, des fois, à faire la distinction entre fiction et réalité...

 

On peut aussi lire ma chronique sur "Les jeunes tiennent pas la marée" de Gérard Alle, une des premières aventures de la série Léo Tanguy. Chez Rayonpolar.com, mes autres chroniques concernant cet auteur, pour "Les papys féroces", et sur deux titres de la série Lancelot.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Interviews Express
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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 06:35

 

INTERVIEWS-EXPRESSNos z’amis z’auteurs de polars ont accepté de répondre à l’interview express 2011 d’Action-Suspense, une nouvelle série dans l’esprit des Portraits Chinois. Ils nous donnent chacun leur version, amusée ou sérieuse, aux six questions décalées qui leur sont posées.

Aujourd’hui : Hugo Buan

 

L’ambiance de vos romans, c’est plutôt : Soleil bruineux sur jungle urbaine, ou Grisaille radieuse sur cambrousse pittoresque ? [*]

Quel temps fait-il en Bretagne mon cher Claude ?

[* Les enquêtes du commissaire Workan qui se déroule autour de Rennes bénéficient donc d’environ 1630 heures d’ensoleillement annuel, 1735 h. s’il se rend à Lorient, 1850 h. s’il est du côté de Dinard, 1630 h. aussi à Paris]

 

Vos héros sont plutôt : Beaujolais de comptoir, ou Double whisky sec ?

Les deux mon capitaine. Mais avec modération. Un type comme Workan, de par son ascendance diplomatique, devrait plutôt être champagne et whisky, mais il a jeté son dévolu sur la bière et le Merlot. Un nouveau personnage que j'ai créé dans un roman plus sombre que les précédents (qui paraîtra bientôt) carbure aux acides aminés genre Red Bull. Il en faut pour tous les goûts.

PC-BUANVos héros sont du genre : J’aime personne, ou Je me déteste ?

En vérité tous les héros adorent se détester et aiment leur prochain. Mais pas trop. Faut pas déconner, non plus.

Vos intrigues, c’est : J’ai tout inventé, ou Y a sûrement du vrai ?

J'ai tout inventé, mais tout est vrai. La fiction est souvent pâlichonne à coté de la réalité.

Vos intrigues sont : Des torrents imprévisibles, ou Des fleuves canalisés?

J'aime les canalisations (même Khadafi y trouve refuge) les fuites d'eau sont ma hantise, le cauchemar de mes nuits, alors je canalise.

Quel est votre propre état d’esprit : C’était mieux demain, ou Le futur c’est maintenant ?

C'est bien mieux aujourd'hui car c'est le jour du poulet rôti chez moi. Et demain j'ai pas trop hâte d'y être, j'ai une rectumscopie.

 

Plusieurs articles ont été consacrés à Hugo Buan. On peut lire mes chroniques sur les deux premières enquêtes du commissaire Workan ("Hortensias blues" et "Cézembre noir"). Ainsi que ma chronique concernant "L'oeil du singe". L'Oncle Paul a parlé de "La nuit du tricheur" d'Hugo Buan chez Mystère Jazz.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Interviews Express
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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 06:31

 

INTERVIEWS-EXPRESSNos z’amis z’auteurs de polars ont accepté de répondre à l’interview express 2011 d’Action-Suspense, une nouvelle série dans l’esprit des Portraits Chinois. Ils nous donnent chacun leur version, amusée ou sérieuse, aux six questions décalées qui leur sont posées.

Aujourd’hui : Michel Brosseau

 

L’ambiance de vos romans, c’est plutôt : Soleil bruineux sur jungle urbaine, ou Grisaille radieuse sur cambrousse pittoresque ?

Pour ce qui est du cadre, j'ai pour l'instant privilégié ce que j'appellerais volontiers une option intermédiaire: banlieue résidentielle dans La Bac d'abord, alternance entre ville et campagne dans La dame blanche était en noir et Folie d'Ys. Côté météo, tendance assez nette à la pluie et à la brume pour les deux derniers... Question de géographie, la collection "Polars&Grimoires" dans laquelle ils s’inscrivent proposant des récits prenant pour cadre plus particulièrement la Bretagne... Et question d'ambiance: un paysage aux contours estompés par les intempéries participe non seulement de la mise en place du mystère mais traduit aussi l'état d'esprit d'enquêteurs hésitants, parfois même maladroits. Le flou créé par les intempéries se fait ainsi l'écho du flou qui règne dans les têtes des personnages ballottés entre rationalité et légendaire.

Vos héros sont plutôt : Beaujolais de comptoir, ou Double whisky sec ?

Peu de vin, mais pas mal de comptoirs pour mes enquêteurs, lieux parfaits pour prendre le pouls de ce que certains appellent l'opinion publique. Pour demeurer dans les considérations liquides, j’ai l'impression qu'ils boivent le plus souvent de la bière, les boissons plus raides n'intervenant que dans les moments de tension, de crise, et leur réussissant assez peu... Pas mal de lendemains difficiles dans ce que j'ai écrit, gueules de bois réelles mais sans doute aussi un brin métaphoriques...PC-BROSSEAU

Vos héros sont du genre : J’aime personne, ou Je me déteste ?

Grave question! Ils me semblent avoir assez peu confiance dans le genre humain en général et se méfier de manière absolue de toute personne détentrice d'un peu de pouvoir. Pas pour autant des anars ou des gauchistes pur jus, plutôt des gars désabusés qui, à force d'exercer un regard critique sur leurs contemporains, se sont éloignés de toute forme d'engagement et ont l'impression qu'ils ont eu tort étant donné le monde qu'ils ont sous les yeux...

Vos intrigues, c’est : J’ai tout inventé, ou Y a sûrement du vrai ?

D'une part, un jeu de transposition à partir d'éléments réels: les tripatouillages politico-financiers de Folie d'Ys prennent pour cadre le littoral de Douarnenez mais trouvent en grande partie leurs racines du côté de Compiègne et d'une "affaire" qui a fait la une il y a quelque temps... D'autre part, un sérieux boulot de documentation concernant le légendaire mis en scène et ses résurgences contemporaines. Qu'il s'agisse de la dame blanche ou de la ville d'Ys, la recherche documentaire a précédé l'écriture et accompagné, sinon impulsé en partie la mise en place de l'intrigue.

Vos intrigues sont : Des torrents imprévisibles, ou Des fleuves canalisés?

Plutôt des fleuves canalisés, avec synopsis serré au départ. Synopsis revu et modifié au fil de l'écriture, mais néanmoins toujours présent. Ce qui est sans doute dû au travail de recherche documentaire évoqué précédemment: il m'a semblé dans mes deux derniers romans que l'intrigue prenait corps lorsque réalité transposée et légendaire entraient en convergence, le second venant éclairer le premier.

Quel est votre propre état d’esprit : C’était mieux demain, ou Le futur c’est maintenant ?

Le futur c'est maintenant... et ça craint !

 

Les romans de Michel Brosseau "La dame blanche était en noir" et "Folie d'Ys", parus dans la collection Polars&Grimoires sont chroniqués ici. J'ai également consacré une chronique à "La BAC d'abord" (2008), autre excellent roman de cet auteur.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Interviews Express
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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 06:58

 

INTERVIEWS-EXPRESSNos z’amis z’auteurs de polars ont accepté de répondre à l’interview express 2011 d’Action-Suspense, une nouvelle série dans l’esprit des Portraits Chinois. Ils nous donnent chacun leur version, amusée ou sérieuse, aux six questions décalées qui leur sont posées.

Aujourd’hui : Frédéric Paulin

 

L’ambiance de vos romans, c’est plutôt : Soleil bruineux sur jungle urbaine, ou Grisaille radieuse sur cambrousse pittoresque ?

Si je me laissais aller, l’ambiance de mes romans serait grisaille bruineuse sur jungle urbaine. Disons qu’à mon avis, le polar est un genre littéraire qui nécessite une mise en condition : le fond est largement influencé par la forme. C’est parce que les hommes vivent dans des lieux anonymes, sordides ou violents qu’ils développent une propension à la corruption, au crime ou à la lâcheté.

Vos héros sont plutôt : Beaujolais de comptoir, ou Double whisky sec ?

Les héros positifs apprécieraient plus un Beaujolais de comptoir; les salauds, eux, donneraient plus dans le whisky single malt 14 ans d’âge. Mais c’est finalement plus compliqué que cela : mes héros sont parfois bien plus tordus que les salauds, ils aiment aussi les alcools forts et virils que l’on déguste en fumant des cigares hors de prix dans les salons des hôtels de luxe et en tenant des propos borderline.

Vos héros sont du genre : J’aime personne, ou Je me déteste ?

PC-PAULINA bien y réfléchir, mes héros ont fréquemment un problème avec leur père. Ils ont souvent du mal à s’aimer et, d’ailleurs, à détester les autres. Ils naviguent dans cet entre-deux psychanalytique qui voudrait qu’on tue le père mais sans le faire disparaître. Alors forcément, la misanthropie et la dévalorisation personnelle sont souvent deux compagnes des personnages principaux de mes romans.

Vos intrigues, c’est : J’ai tout inventé, ou Y a sûrement du vrai ?

Le polar est devenu un genre littéraire qui englobe de nombreuses écoles et certaines louchent franchement vers la littérature "blanche" très consensuelle. Moi, je dois faire partie d’une école que l’on pourrait appeler "polar-social" à la suite du "néo-polar" de Jean-Patrick Manchette, ADG, puis aussi de Didier Daeninckx, Thierry Jonquet ou Jean-Bernard Pouy. Alors forcément, je me situe plus dans le "Y’a sûrement du vrai". Considérant que la société est fondée sur des rapports de forces et une pression économique et culturelle qui écrasent un nombre toujours plus important de citoyens, je suis de ceux qui voient le polar comme un instrument de critique sociale - et pourquoi pas, politique ?

Vos intrigues sont : Des torrents imprévisibles, ou Des fleuves canalisés?

Mes intrigues sont des excuses pour dresser des tableaux et raconter des "gueules". Là encore, mais ça reste un raccourci très rapide, je suis plutôt dans le hard-boiled que dans le whodunnit. Les intrigues à la Agatha Christie ne m’ont jamais vraiment passionné alors que celles de Chandler ou de Hammett m’ont fasciné quand j’étais plus jeune.

Quel est votre propre état d’esprit : C’était mieux demain, ou Le futur c’est maintenant ?

Un petit peu pessimiste en ce moment. La gueule des vainqueurs d’aujourd’hui, de ceux qui détiennent le pouvoir politique, économique ou culturel, qui ont dans l’idée de donner un sens à la chose publique, ne me plaît pas beaucoup. Mais ce n’était pas forcément mieux avant. Pour tout dire, j’ai un problème avec le pouvoir, que ce soit celui de la République, celui d’un petit chef de bureau, ou celui d’un individu sur un autre, le soir, au fond d’une ruelle sombre. Mes romans s’en font sans aucun doute l’écho.

 

Frédéric Paulin est l'auteur de "La grande déglingue" (Ed.Les Perséides, 2009) et "La dignité des psychopathes" (Ed.Alphée, 2010). Ma chronique sur son excellent roman "Rappelez-vous ce qui est arrivé aux dinosaures" (2011) est ici. L'Oncle Paul parle de ce même roman chez "Mystère Jazz".

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Interviews Express
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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 06:40

 

INTERVIEWS-EXPRESSNos z’amis z’auteurs de polars ont accepté de répondre à l’interview express 2011 d’Action-Suspense, une nouvelle série dans l’esprit des Portraits Chinois. Ils nous donnent chacun leur version, amusée ou sérieuse, aux six questions décalées qui leur sont posées.

Aujourd’hui : Michel Vézina

 

L’ambiance de vos romans, c’est plutôt : Soleil bruineux sur jungle urbaine, ou Grisaille radieuse sur cambrousse pittoresque ?

Les deux. Je déteste les villages et les petites villes, terrains trop fertiles aux délations, médisances, potins et autres back stabbings de langues sales et de gueules pourries. Je suis à la fois un hyper urbain forcené qui, en ville, n'écoute jamais d'autres musiques que celles des cris, des sirènes et des bouchons qui se pète la gueule. En plein hiver montréalais je garde une fenêtre ouverte en face de ma table de travail pour entendre geindre les roues des trains qui crissent sur les rails à une centaine de mètres de chez moi.

La sauvagerie magnifique de la campagne totale m'émeut : je n'ai jamais aussi peur, dans la forêt, que de rencontrer un autre homme. Emmenez-en des coyotes et des ours! Je suis un poilu des bois, un sauvage absolu qui n'écoute jamais d'autres musiques, dans les bois, que celle du sifflements des oiseaux, des cris des écureuils, et des coyotes qui s'arrachent les restes d'un chevreuil crevé. PC-VEZINA

Vos héros sont plutôt : Beaujolais de comptoir, ou Double whisky sec ?

Double whisky sec. Sans ambiguïté. Y'en a pas de Beaujolais chez nous. Ou alors c'est du vieux jus de barriques assaisonné aux antigels: beuark! Oui, sans faute: faut que ça brûle, faut que ça sente le bois, faut que ça arrache la gueule, faut que ça saoule, faut que ça laisse une trace quand il en tombe par terre.

Vos héros sont du genre : J’aime personne, ou Je me déteste ?

Les deux, avec une petite tendance pour "Je me déteste". Mes héros aimeraient bien avoir la capacité d'aimer, mais se détestent tellement qu'ils rejettent souvent ceux qui les aiment... Tordu? Oui, peut-être.

Vos intrigues, c’est : J’ai tout inventé, ou Y a sûrement du vrai ?

Ça n'a aucune importance. À partir du moment où c'est inventé, c'est vrai.

Vos intrigues sont : Des torrents imprévisibles, ou Des fleuves canalisés?

Je dirais plutôt "torrents imprévisibles". Je fais très peu de plans et j'aime surprendre le lecteur en l'emmenant là où il ne s'y attend pas. Comme lecteur, j'aime les histoires qui me sortent de mes caleçons, qui tournent si vite qu'on ne sait plus où est l'avant et l'arrière. J'essaie de faire aux lecteurs ce que j'aimerais qu'ils me fassent s'ils étaient écrivains.

Quel est votre propre état d’esprit : C’était mieux demain, ou Le futur c’est maintenant ?

Le futur c'est hier. Nous avons dépassé la science-fiction. Très peu d'auteurs ont su pressentir le monde dans lequel nous vivons, celui qui se présente à nous, depuis quelques années. Le monde s'invente au fur et à mesure du passage des heures et des minutes, comme si les repères dont nous avons besoin pour avancer nous apparaissaient au fil des événements.

J'aime me répéter ce vieux proverbe Rom : "Après-demain, demain sera hier."

Tant qu'il nous restera des histoires à raconter et à se faire raconter, je ne vois pas de quoi nous pourrions avoir besoin de plus.

En littérature comme au lit, rien n'existe d'autre que le présent.

 

Pour en savoir davantage au sujet de Michel Vézina, il est vivement recommandé de lire le précédent entretien avec cet auteur. Deux de ses romans ont été chroniqués : "Sur les rives" et "Zones 5". Il faut rappeler que Michel Vézina dirige la collection "Coups de Tête", qui compte déjà environ cinquante titres (disponibles en France).

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Interviews Express
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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 06:39

 

INTERVIEWS-EXPRESSNos z’amis z’auteurs de polars ont accepté de répondre à l’interview express 2011 d’Action-Suspense, une nouvelle série dans l’esprit des Portraits Chinois. Ils nous donnent chacun leur version, amusée ou sérieuse, aux six questions décalées qui leur sont posées.

Aujourd’hui : Thierry Marignac

 

L’ambiance de vos romans, c’est plutôt : Soleil bruineux sur jungle urbaine, ou Grisaille radieuse sur cambrousse pittoresque ?

Si mes décors sont rarement bucoliques — j’ai plutôt la main noire, mes critiques diront la main lourde voire la main au panier, que la main verte — la météo, c’est, semblable aux femmes, ces chères créatures parfumées, ce qui ou qu’on change. On ne niera pas ici les mérites immédiatement glaciaires du ciel lourd béton froid, mais le contre-emploi a ses avantages, et j’ai préféré pour mon petit dernier "Milieu hostile" (éditions Baleine), situé en Ukraine, dépeindre la Glaçonnie l’été, suffocante, écrasée de soleil.

Vos héros sont plutôt : Beaujolais de comptoir, ou Double whisky sec ?

On touche là à une affaire de la plus extrême importance. Et pas si facile qu’une première approche purement micro-comptoir ne pourrait le laisser supposer. Le prisme franco-américaniste défini dans les termes ne me convient pas bien. Pour des raisons de goût et d’esthétique, je ne touche pas au vin rouge, difficile donc d’en parler. Je suis beaucoup plus cultivé sur le Scotch, et lâchez-moi avec vos tourbes fumées à vous emporter le bec, ou plutôt buvez donc votre réglisse infâme en vous croyant raffiné, tandis que dans les Midlands on fabrique du rond, de l’enthousiaste révélateur de céréales.

Mais depuis quatre romans je suis à l’Est en général sur un tord-boyau tantôt incolore tantôt caramel trouble, certes lui aussi vaguement fondé sur du grain dans le meilleur des cas, mais plus apprécié pour la brûlure sur les papilles que pour ses notes boisées de banane et fruits rouges… Donc pas de double whisky non plus.

La véritable maîtrise viendra lorsque je saurai expliquer en mots pourquoi une Duvel est une classique indémodable et possible en journée, tandis qu’une Westmalle triple est un démoniaque breuvage de sorcières dont les origines remontent certainement à la grotte de MacBeth, et quel romantisme déplacé me permet d’aimer la Baltika n°9, bière d’alcoolique pur et de junkies à laquelle on rajoute de l’alcool pour la faire grimper en tonnage — à peine plus raffinée qu’une 8,6 de fumeur de crack.

Vos héros sont du genre : J’aime personne, ou Je me déteste ?

Je me déteste peut-être mais je ne vous aime certainement pas assez pour vous le dire. Dans la mesure où, comme on dit en série noire, J’ai pas de frangin, c’est pas non plus vos oignons, vous cherchez les pépins.

PC-MARIGNACVos intrigues, c’est : J’ai tout inventé, ou Y a sûrement du vrai ?

Ce questionnaire franchit les limites du tolérable !… À une époque où l’information toute entière est une entreprise de décervelage du client, fondée sur des sommaires techniques de mensonge mis en scène, qu’on ne reprochera jamais assez à l’obscénité télévisuelle, la fiction a le devoir d’éclairer la réalité du planétaire complot poudre aux yeux. N’importe éclat de vérité, fût-il infime, campé avec audace dans les ambiguïtés et paradoxes du temps présent illumine le théâtre du monde — inoubliable lueur du rêve interdit…

Vos intrigues sont : Des torrents imprévisibles, ou Des fleuves canalisés?

Tout est prévu de A à Z dans l’imperturbable logique bulldozer de l’époque contemporaine, calculé au millimètre selon une architecture à la conception inouïe, tant sur le macrocosme que sur l’infinitésimal, un plan informé par les découvertes les plus récentes, alimenté à flux tendus grâce à un système de communication en-ligne susceptible d’orienter l’intrigue dans ses moindres détails au fur et à mesure de l’évolution darwinienne du Schmilblik selon les lois du cosmos et des courbes libidinales de l’auteur — tout de même vieillissant, susceptible d’avoir recours aux stimulants chimiques qui suppléent à l’impuissance, et qui — eussent-ils été mis au point il y a cinq siècles — nous auraient privés de nombreux chef-d’œuvres de l’art classique. Mais cela ne nous regarde pas.

Quel est votre propre état d’esprit : C’était mieux demain, ou Le futur c’est maintenant ?

La régression — en anglais Reverse Flash-Back — vers le gâtisme émerveillé, et légèrement aborigène gogol devant un bout de miroir ou une ampoule qui clignote, un bolide arrivé avant de partir, une télécommande qui couine, un téléphone portable contraceptif et j’en passe, quoique symptôme du gâtisme contemporain généralisé — en français moderne Alzheimer — nous ouvre les portes des lendemains radieux que le grand Staline lui-même a bien failli ne pas promettre aux masses, agacé qu’il était ce jour-là que les Ricains aient la bombe avant lui. Une histoire à faire fusiller son majordome pour le remplacer par un robot.

 

Un grand merci à Thierry Marignac. Son nouveau roman "Milieu hostile" (Ed.Baleine) sera bientôt chroniqué ici. On peut aussi lire mes articles sur ses précédents titres : "Renegade boxing club", "Le pays où la mort est moins chère", "Maudit soit l'Eternel". Thierry Marignac a répondu au "Portrait Chinois". On peut lire une nouvelle inédite de cet auteur dans le n°10 du magazine L'Indic.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Interviews Express
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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 06:40

 

INTERVIEWS-EXPRESSNos z’amis z’auteurs de polars ont accepté de répondre à l’interview express 2011 d’Action-Suspense, une nouvelle série dans l’esprit des Portraits Chinois. Ils nous donnent chacun leur version, amusée ou sérieuse, aux six questions décalées qui leur sont posées.

Aujourd’hui : Nadine Monfils

 

L’ambiance de vos romans, c’est plutôt : Soleil bruineux sur jungle urbaine, ou Grisaille radieuse sur cambrousse pittoresque ?

C’est neige sanglante sur petite culotte de soie. Et parfois avec de la dentelle noire ou rose selon mon humeur…

Vos héros sont plutôt : Beaujolais de comptoir, ou Double whisky sec ?

PC-MONFILSTrappiste au coin du comptoir (je suis belge)

Vos héros sont du genre : J’aime personne, ou Je me déteste ?

J’aime ceux qui ne m’emmerdent pas.

 

  Vos intrigues, c’est : J’ai tout inventé, ou Y a sûrement du vrai ?

J’ai tout inventé mais tout pourrait être vrai.

Vos intrigues sont : Des torrents imprévisibles, ou Des fleuves canalisés?

Le déluge sur un air de musique enfantine

Quel est votre propre état d’esprit : C’était mieux demain, ou Le futur c’est maintenant ?

Le présent c’était bien.

 

Plusieurs chroniques ont été consacrées ici aux romans de Nadine Monfils : "Les vacances d'un serial killer", "Coco givrée", "Le bar crade de kaskouille", "Nickel blues", "Téquilla frappée".

Nadine Monfils a aussi répondu au "Portrait Chinois".

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 06:30

 

INTERVIEWS-EXPRESSNos z’amis z’auteurs de polars ont accepté de répondre à l’interview express 2011 d’Action-Suspense, une nouvelle série dans l’esprit des Portraits Chinois. Ils nous donnent chacun leur version, amusée ou sérieuse, aux six questions décalées qui leur sont posées.

Aujourd’hui : Maxime Gillio

 

L’ambiance de vos romans, c’est plutôt : Soleil bruineux sur jungle urbaine, ou Grisaille radieuse sur cambrousse pittoresque ?

Les deux, mon général, même si je m'interdis pas, de temps en temps, un audacieux soleil radieux sur une jungle pittoresque.

 

Vos héros sont plutôt : Beaujolais de comptoir, ou Double whisky sec ?

Pour un héritier de San-A, beaujolpif, ça va de soi ! Avec une andouillette bien grillée.

 

Vos héros sont du genre : J’aime personne, ou Je me déteste ?

Mes héros n'aiment personne, à commencer par eux-mêmes. C'est pourquoi, comme ils se détestent mais ne veulent pas le montrer à leurs connards de contemporains, ils s'empressent d'afficher une haute opinion d'eux-mêmes.PC-GILLIO

 

Vos intrigues, c’est : J’ai tout inventé, ou Y a sûrement du vrai ?

Je crois toujours tout inventer, jusqu'à ce que je m'aperçoive que la vie m'a précédé et que je n'ai aucune imagination. Ca, c'est la version officielle. En réalité, je pompe tout ce que je peux.

 

Vos intrigues sont : Des torrents imprévisibles, ou Des fleuves canalisés?

Ça dépend de l'état de ma prostate. J'essaie d'endiguer l'impétuosité de mon jet en priant pour ne jamais connaître la miction impossible.

 

Quel est votre propre état d’esprit : C’était mieux demain, ou Le futur c’est maintenant ?

Le meilleur est à venir, et j'y travaille dès aujourd'hui.

 

Plusieurs articles ont été consacrés ici à Maxime Gillio : mes chroniques sur ses romans "Bienvenue à Dunkerque" et "L'abattoir dans la dune", sur "Le cimetière des morts qui chantent", sur "Les disparus de l'A16", sur "La fracture de Coxyde". Maxime Gillio a également répondu au "Portrait Chinois". On peut suivre l'actualité de ce romancier sur son blog.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Interviews Express
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