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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 08:03
 

On peut retenir les noms de Renée Bonneau et Gisèle Guillo, parmi les auteurs invités au Festival polar de La Ferté-sous-Jouarre, les 28 et 29 novembre 2009,. Voilà l’occasion d’évoquer un des romans de la première, et d’évoquer plusieurs titres de la seconde.

"Nature morte à Giverny", de Renée Bonneau (Editions du Valhermeil, 2006)

Été 1908, à Giverny. L’expert japonais Hakasuko et sa fille Ophélia sont les invités de Claude Monet. Si la vue du Maître âgé faiblit, son art reste intact. Il ne reçoit plus guère, ce que regrette le petit groupe logeant près de chez lui, à l’hôtel Baudy. Ces jeunes peintres américains admirent Monet. Stanley et son frère Linley ne manquent pas de talent. Accompagné de son épouse Elisabeth, Donald est peu créatif. Leur amie photographe Lilian espère quelques clichés du grand peintre. Le journaliste français Robert Fresnot, proche du défunt Lautrec, habite aussi l’hôtel. On y trouve encore un vieux théâtreux et sa compagne, ainsi que le commandant Chamançay (ami de Dreyfus) et sa femme.

Ophélia sympathise bientôt avec les jeunes américains. Elle joue au tennis et passe d’agréables moments en leur compagnie. Elle masque son attirance ambiguë pour Elisabeth. Parfois, Ophélia se montre un peu trop vive, provocant querelles et tension. Certains pourraient s’avérer rancuniers. Un jeune jardinier légèrement simplet est amoureux d’elle. Tout comme Linley qui a peint un portrait singulier d’Ophélia, toile qu’elle déteste. Le vieux comédien et l’officier ont également des raisons de lui en vouloir. En outre, une ombre rôde la nuit dans la propriété de Monet, mal protégée contre les voleurs. Un matin, le Maître découvre le cadavre de la jeune femme dans son "jardin d’eau", le fameux bassin aux nymphéas. La police interroge tout le monde, soupçonnant fort le jardinier. C’est le journaliste qui va remarquer l’indice capital dénonçant l’assassin…

Les "polars historiques" laissent parfois sceptiques. Soit ils donnent plus d’importance au contexte de l’époque qu’à l’intrigue. Soit l’étalage d’érudition nuit a l’intérêt du récit. Ici, au contraire, l’harmonie est parfaitement respectée. Un drame couve au sein de ce groupe d’amis, la mort d’Ophélia est inéluctable. Dans ce décor début du 20e siècle, entre insouciance et malaise, l’ambiance est absolument crédible. Comme ces jeunes gens, nous approchons avec plaisir et émotion le merveilleux Claude Monet. Voilà un roman de très belle qualité.

Tous les titres suivants de Gisèle Guillo sont publiés aux Éditions Alain Bargain.

"Tempête à Quiberon" (2003)

Margot, 35 ans, chroniqueuse de mode, s’est installée à l’hôtel "Santez Anna" de Quiberon. Elle y fait la connaissance d’une diva qui fut célèbre, Francesca Verani-Gobi. Celle-ci est choyée par Stéphanopoulos (le directeur) comme par Edouard (le maître d’hôtel). La mort par noyade sur la Côte Sauvage d’un retraité semble être une erreur. C’est le grand chef d’orchestre Herman Sébastian qui était visé. Il est en cure et réside à l’hôtel, sans contact avec les autres clients. Impossible pour Margot d’obtenir une interview. Peu après la mort du retraité, Sébastian est tué par balle presque au même endroit. "Vous avez vu ! Cette fois, je ne l’ai pas raté !" confie Francesca à Margot. Difficile de savoir si la diva est mythomane ; mais elle détient effectivement un revolver prêté par un admirateur anonyme. Il peut s’agir d’une vengeance, Sébastian ayant interrompu la carrière de Francesca. Margot est rejointe par ses amis Vincent, Jean-Luc et Anne-Marie. Les deux hommes, reporters-télé, mènent leur propre enquête. La version de Francesca paraît peu crédible : elle est manipulée. Quand on découvre le vol des deux stradivarius de Sébastian, cela réduit le nombre des suspects. Membres du personnel et habitués de l’hôtel (comme les joueurs de poker venant la nuit) peuvent être soupçonnés. Alors que la diva craint désormais d’être impliquée dans ces meurtres, elle est agressée…

"Le saigneur de Quimper" (2005)

Vincent est à Quimper en vue d’un article sur l’artisanat traditionnel. Une nuit, il trouve le cadavre d’une femme assassinée dans la rue. Involontairement mêlé à l’enquête, il s’aperçoit qu’il y a déjà eu deux autres victimes. Peu après, un 4e meurtre se produit. A chaque fois, le criminel dérobe une des chaussures de la victime. Une criminologue de la gendarmerie est envoyée à Quimper pour étudier l’affaire. Elle se montre froide avec Vincent, qui loge dans le même hôtel. Elle accepte de l’associer à l’enquête, à condition qu’il soit discret. L’assassin fait une nouvelle victime, elle aussi mortellement blessée à la carotide. Pour son reportage, Vincent rencontre Justine Dervin. L’histoire de son père, artiste méconnu de la faïencerie, intéresse finalement peu le journaliste. Vincent et son collègue Jean-Luc, qui l’a rejoint, soupçonnent un fleuriste. La 6e femme tuée dans les mêmes circonstances est Claire Dervin, cousine de Justine. Les enquêteurs gardent le silence sur ce meurtre. Un point commun entre toutes les victimes les aide à démasquer le coupable probable…

"Vol de pigeons à Arradon" (2007)

Femme mûre et séduisante, Rosalie vit avec son fils Charlie. Tous deux apprécient les beaux jeunes hommes. Rosalie tient une boutique de luminaires dans un quartier huppé de Paris. Façade respectable, qui masque des trafics auxquels elle participe. Le camionneur Luciano la prévient qu’il y a des complications dans la livraison des colis. La maison leur servant de relais près du Golfe du Morbihan serait moins sûre. Le fournisseur envisage de livrer les paquets suivants par la mer. C’est ennuyeux car Ni Rosalie, ni Charlie ne savent manœuvrer un bateau. Actionnaire de diverses sociétés, Timothée Lepic en possède un. Ce naïf accepte d’aider Rosalie, sans savoir ce que ça cache. Luciano propose que son ami Joseph leur donne un coup de main. Charlie ne veut pas se séparer du charmant étudiant Jean-Maurice. Le petit groupe s’installe à Vannes. “Le Colombier”, la maison-relais du trafic, ne paraît pas surveillée. Il faut néanmoins se montrer prudent. Les colis qui attendent contiennent ce que Rosalie appelle des “reproductions” d’objets précieux. Luciano connaît un client prêt à racheter immédiatement le lot à bon prix. L’échange nocturne rend la transaction mystérieuse, mais l’affaire s’avère rentable. Alors qu’on attend confirmation de la prochaine livraison en mer, des suspicions naissent dans le groupe…

"Cash Cash au Crouesty" (2008)

Vincent Hermelin est averti en priorité du décès de Ghislain Brieuc. Ce célèbre financier a été trouvé mort dans sa voiture, à Saint-Gildas-de-Rhuys. Ça ressemble à un suicide. Vincent quitte Paris pour mener son enquête du côté du Crouesty, en Bretagne Sud. Il réalise vite que la propriété de Ghislain Brieuc est exagérément protégée. La rumeur prétend que le défunt y organisait des soirées sado-maso. Ghislain Brieuc était gaucher, indice démontrant qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Vincent s’intéresse surtout au nommé Ludovic, l’homme de confiance de Brieuc, disparu depuis la mort de son patron. Ancien baroudeur, Ludovic est absent de ses deux domiciles. Il prend bientôt contact avec Vincent, pour une suite de rendez-vous discrets. Le factotum nie avoir assassiné Ghislain Brieuc. La confiance s’établit entre Vincent et Ludovic. Son patron était amateur de prostituées de luxe, mais l’aspect sado-maso n’était qu’un décor. L’épouse du défunt et le gardien de sa propriété bretonne cachent leurs origines russes. Vincent est conscient que le danger plane autour de ces rencontres avec Ludovic. Le duo projette une opération commando afin de visiter les caves de chez Brieuc. Mais Ludovic est supprimé par ses adversaires. Plusieurs messages sont adressés à Vincent : "Laissez tomber!". Le reporter reçoit un courrier posté par Ludovic avant sa mort. Il a dissimulé des documents dans l’église de Saint-Gildas. Il situe des caches d’armes, et témoigne de ce qu’il sait sur la mort de son patron. Peu après, Vincent est la cible d’un tireur…
Lire l'article sur son nouveau roman :
"Le diable noir de Saint-Cado" (2009)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 07:19
 

C’est un coup de pouce à un roman de Martina Moriss, “Une clef pour mourir” (PubliBook), qu’Action-Suspense donne aujourd’hui. Il s'agit d'une bonne enquête de police classique, on va le constater.

Brigitte Leroux se réveille au milieu de la nuit dans son appartement parisien, l’esprit embrumé. Somnolente, allongée sur le canapé du salon, elle ne se souvient plus clairement de sa soirée. Quand elle parvient à remettre ses idées en place, Brigitte découvre le cadavre de Jean-Yves Noblet, le directeur de l’agence de publicité où elle est comptable. Elle appelle immédiatement la police, qui arrive rapidement. Brigitte leur explique que la victime et elle étudiaient ensemble un dossier, avant qu’elle ne s’évanouisse. Ils étaient seuls dans cet appartement clos, dont elle est seule à posséder la clé. La serrure n’a pas été forcée, et aucune trace exploitable n’apparaît.

L’équipe du commissaire Renaud est chargée de l’enquête. C’est lui qui annonce le meurtre de Noblet à son épouse Anne. Délicate mission, car cette femme de 42 ans est souffrante. En réalité, Anne Noblet cache à ses proches qu’elle est atteinte d’un cancer du pancréas. Elle n’a plus que quelques mois à vivre, mais évoque de simples problèmes hépatiques. L’analyse de sang indique que Brigitte et Noblet ont ingurgité un sirop sédatif, apparemment à leur insu. Les policiers trouvent sur l’ordinateur de Brigitte un message qu’elle a du mal à expliquer. Elle finit par admettre qu’ils étaient amants depuis quelques mois, mais nie avoir assassiné Noblet. Selon l’enquête des policiers, il semble que le directeur ait été un séducteur, tentant parfois sa chance avec des employées. Seule la secrétaire Mlle Dumont, à l’allure ingrate, n’a jamais eu sa chance.

Le commissaire Renaud soupçonne sérieusement Brigitte. Mais Xavier Delarue, ex-amant de la jeune femme, figure aussi bientôt parmi les suspects. Ancien employé de l’agence, il est resté en contact avec Brigitte. Il n’est pas impossible qu’il ait fait fabriquer une autre clé de son appartement. L’enquête de voisinage apporte un troublant indice : Delarue utilise couramment un sirop antitussif, un sédatif. De retour de vacances, il est interrogé par la police. Il ne fournit pas d’alibi sérieux. Une vengeance de sa part, visant Brigitte, n’est pas exclue. Mais on peut aussi imaginer une complicité criminelle entre plusieurs personnes. De plus en plus fatiguée, Anne Noblet gère autant que possible le quotidien. C’est un vagabond qui va offrir une piste déterminante aux policiers…

Est-ce que comptable rime avec coupable ? Tel pourrait être l’argument de ce roman. On est immédiatement plongé dans les faits, avec la découverte du meurtre. Proche de la réalité, la procédure est respectée, sans détails inutiles qui alourdiraient le récit. Les hypothèses sur une poignée de suspects entretiennent le suspense, dans la tradition du genre. Les portraits des protagonistes sont bien dessinés, y compris à travers des témoignages. Il s’agit d’une histoire assez courte (115 pages), format adéquat pour ce type d’intrigue. Voilà donc un roman très plaisant à lire, fort convaincant, conforme à la tradition.

On se procure ce roman sur www.publibook.com et autres sites diffusant des livres.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 07:17
 

Voici la sixième aventure du shérif Carl Houseman, le héros de Donald Harstad, depuis ses premiers exploits dansOnze jours. On le retrouve cette fois en voyage en Grande-Bretagne, dans6 heures plus tard(Le Cherche Midi, 2009).

Londres, automne 2003. Un comité de militants pour la libération de prisonniers politiques regroupe le professeur Northwood, la jeune avocate Hanadi Tamish, et l’ingénieur Imad. Le premier est un idéaliste naïf; la seconde obéit à une recherche d’identité personnelle; mais Imad est proche du fanatisme d’Al Qaida. Sous l’impulsion d’un quatrième membre, l’inquiétant M.Kazan, ils organisent un kidnapping revendicatif. La visite en Grande-Bretagne du président Bush étant proche, ils enlèvent une américaine. Étudiante d’une petite trentaine d’années, Emma est bientôt séquestrée, sous la garde de deux sbires engagés par Kazan. On l’oblige à figurer sur une vidéo propagandiste. Northwood pensait la relâcher ensuite, mais Kazan estime qu’il faut la supprimer. Toutefois, pas avant la visite de Bush. Ça laisse à Northwood du temps pour trouver une autre solution.

Carl Houseman est shérif adjoint de Maitland, petite ville de l’Iowa. Étudiantes à Londres, sa fille Jane et son amie Vicky ont signalé la disparition d’Emma, leur colocataire. Toutes trois viennent du comté de Nation. Les autorités locales envoient Carl Houseman sur place, afin de s’informer auprès de Scotland Yard. Il est accompagné du jeune avocat général Carson Hilgenberg, qui voit là une occasion d’aller se balader à Londres. Dix jours après les faits, peu de chances d’obtenir des éléments nouveaux. Carl craint qu’Emma soit déjà morte, mais affiche un optimisme de façade. La police londonienne accueille avec sympathie le shérif. Leur rapport sur la dernière soirée connue d’Emma n’apporte guère d’indices, pas plus que le témoignage de la serveuse du pub où elle a été vue. La police reçoit la vidéo tournée avec Emma, ce qui indique qu’elle est vivante.

Selon la police, les ravisseurs seraient des terroristes à l’amateurisme flagrant. Quand on découvre le cadavre congelé d’une femme, Carl ne tarde pas à identifier Emma. En effet, elle est décédée accidentellement, à cause des deux sbires qui la gardaient. L’inspecteur Blyth, du MI5, est aussi chevronné que Carl, ce qui les rapproche. Il exige le silence total sur la mort d’Emma. La journaliste Sarah Mitchell tente d’en savoir plus auprès du shérif. Les infos qu’elle possède sur Northwood, Hanadi et Imad, ne sont pas probantes. Blyth charge sa collègue Alice d’assister Carl. Elle se fait passer pour son avocate avec la journaliste. Sa fille Jane et Vicky ayant envie de visiter une station désaffectée du métro, Carl et Alice les accompagnent. Le groupe est attaqué par les deux sbires en fuite, qui se cachaient là. La police trouve de puissants explosifs sur les lieux. Indice sérieux, mais l’affaire est encore loin d’être réglée…

Le shérif Carl Houseman s’adapte vite aux particularités de Londres, un monde bien éloigné de ses habitudes. N’étant pas sur son territoire, il ne mène pas vraiment l’enquête. Pourtant, il ne se contente pas de rester un observateur réaliste, il est au cœur de l’action. Dans tous les cas, il garde son sang-froid, même quand il est touché de près. Utilisant le contexte du fanatisme islamique, l’auteur décrit un groupuscule à la fois caricatural et dangereux, inexpérimenté et manipulé. Un tel comité apparaît assez plausible, il faut l’avouer. Quant au professionnalisme de police anglaise, il est un peu débordé par des situations difficiles à analyser. Grâce à tout cela, Harstad nous offre un captivant récit, riche en péripéties, mouvementé à souhait. Une bonne dose de tension et de suspense, mais aussi une part d’humour bienvenue. Un polar de belle qualité, dans la meilleure tradition, qui ne décevra pas les lecteurs.

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 07:18
 

Bruno Geneste vient de publier la quatrième aventure de son duo de héros, qui va devoir faire la lumière sur “Le mystère de Pors Carn (Éd.Les Chemins Bleus, 2009).

Le journaliste Jack Elemor rejoint son ami Loïc Le Bars, le détective du Pays Bigouden, qui enquête sur une vieille affaire. Après la guerre civile espagnole, Luiz Esperanza se réfugia en Bretagne. Cet émigré basque fut accueilli par la municipalité du Guilvinec en 1939. Puis il fut interné au camp d’Argelès, dans le sud, où il mourut en 1941. Élena, la fille de Luiz Esperanza, a engagé Le Bars pour avoir des précisions sur la dernière période de la vie de son père. On peut penser que Luiz cacha un trésor par ici, mais les indications sont vagues.

Un homme a trouvé la mort dans l’église de Loctudy. On n’identifie pas tout de suite Tristan Le Bris, un vieux marginal, sans domicile fixe. Peut-être sa mort est-elle seulement dû à un choc émotionnel, comme l’indique l’autopsie. Un autre décès touche de plus près Jack Elemor et Loïc Le Bars. Albert Le Coz était un vieux marin de leurs amis. Il vient de périr noyé dans le naufrage de son canot. Difficile d’imaginer que cet homme, qui avait connu mille aventures maritimes, finisse sa vie par un banal accident côtier. Dans sa jeunesse, Albert Le Coz fit partie des Brigades Internationales soutenant les républicains durant la guerre civile en Espagne. Il s’avère que Tristan Le Bris combattit lui aussi dans ces mêmes Brigades, opposées au totalitarisme politico-religieux.

Jack Elemor remarque des inconnus, qui auraient du mal à passer inaperçus dans le secteur. Il s’agit d’hommes vêtus de vêtements à capuches, rappelant les tenues des moines d’antan. Il est probable qu’ils aient un rapport avec ces messages de menaces reçus depuis quelques temps par Jack et le détective. À l’époque de la guerre civile espagnole, fut créé l’Ordre de la Sainte-Croix, dans la tradition du pape Pie IX. Ces fanatiques religieux pourchassaient les Rouges et les Noirs, communistes et anarchistes engagés avec les républicains. C’est sans doute une résurgence de cet Ordre de la Sainte-Croix qui se manifeste en Pays Bigouden. Un historien renseigne le duo sur l’époque en question.

Le duo d’enquêteurs découvre un cadavre décapité dans les ruines de la chapelle de Laguidou. Selon des témoins, une douzaine de types à capuches vivent isolés dans une maison de Pors Carn. Si le détective Loïc Le Bars maîtrise mal son enquête (“Je suis dans le black, Jack !” avoue-t-il à son ami), c’est aussi parce qu’il est amoureux de l’énigmatique Estelle. Une autre autopsie des trois victimes relance l’affaire. Sans doute Jack et ses amis vont-il devoir affronter ces gens à capuches, aux méthodes violentes…

Quand les plaies du passé réapparaissent, quand les mouvements issus du fascisme redeviennent actifs, le danger est bien réel. C’est l’occasion pour l’auteur d’évoquer la guerre civile d’Espagne. Évitant le manichéisme, il admet que chaque camp commit des exactions, que la responsabilité de certains crimes reste incertaine. C’est sur des musiques de blues que ses enquêteurs avancent dans leurs investigations, sans précipitation, à leur propre rythme. Cependant, le récit ne manque pas de péripéties. La tonalité personnelle choisie par Bruno Geneste n’imite pas la forme ordinaire des romans noirs, mais garde le même esprit.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 07:14
 

Le nouveau suspense de Serge Brussolo a pour titre "Dortoir interdit" (Fleuve Noir). Belle occasion de plonger dans l’univers particulier de cet excellent auteur, un fascinant théâtre d’ombres avec ses mystères et ses multiples dangers.

D’origine franco-américaine, Mickie Katz a vécu une enfance assez perturbée en Europe. Plus tard, aux Etats-Unis, elle est devenue l’assistante d’une célèbre décoratrice. Par la suite, Mickie a connu de sérieux ennuis, étant impliquée dans une sombre affaire mal élucidée. Âgée maintenant de 29 ans, elle vivote en Californie. Elle est contactée par M.Devereaux, de l’Agence 13, qui lui explique le concept développé par sa société. Il s’agit d’aménager et de décorer des lieux où se sont produits des drames sanglants. Son client actuel est le milliardaire Tobbey Zufrau-Clarckson. Celui-ci a acheté une ancienne base militaire. Il veut faire rénover l’immense bunker anti-nucléaire qui s’y trouve. Cet endroit fit l’objet d’une expérience voilà une quarantaine d’année. Ce qui se termina tragiquement, les cobayes humains s’étant presque tous entre-tués.

Ayant préparé avec sérieux son projet, Mickie rejoint la vaste propriété de Tobbey Zufrau-Clarckson. Il y a installé un camp d’entraînement pour son armée privée. Les combats s’y déroulent dans des conditions réelles, face à des robots programmés pour abattre tout ennemi. Mickie est accueillie par Evita, la médium du milliardaire. Celle-ci lui confie que Tobbey reste obsédé par le fantôme de son ancêtre, colonel dans l’armée sudiste. C’est sur le champ de bataille tout proche de Shiloh que son valeureux aïeul perdit la vie. Portant les stigmates des mêmes blessures que le colonel, Tobbey croit en une malédiction. Si l’on retrouve une trace de son ancêtre, il espère en être délivré. Evita cultive ses fantasmes.

Mickie rencontre l’épouse de Tobbey, Jenny, et sympathise avec une de leurs filles, Sarah Jane, presque 15 ans. Ces gens croient encore à la tradition sudiste d’autrefois. Tel une Arche de Noé, le bunker rénové est destiné à les protéger d’une guerre civile à venir, menace paranoïaque que Jenny imagine réelle. Quant à Sarah Jane, qui devra épouser le plus vaillant guerrier de l’armée de son père, elle trouve ça quasiment normal. Sa sœur aînée Willa, qui vit avec son mari dans un campement sur la propriété, a connu le même sort avant elle. Aimant s’isoler dans le bunker, Sarah Jane parle à Mickie de “l’œuf de plomb”, endroit sécurisé jamais détecté en ces lieux, pouvant encore receler des cadavres. La famille de Tobbey cultive son délire, jusqu’à faire exorciser le bunker par Evita.

Après une brève absence, Mickie et Evita retourne chez le milliardaire. Un carnage s’y est produit. Les antécédents de Mickie et la douteuse activité d’Evita ne plaident pas en leur faveur. Mais c’est plutôt vers Vince Vaughan que se portent les soupçons des enquêteurs. Cet ancien guerrier de l’armée de Tobbey avait des comptes à régler. Sarah Jane ayant disparu, on a du mal à la localiser malgré la puce électronique dont elle est équipée. Mickie et Evita vont devoir traverser de dangereuses situations, avant que les mystères soient éclaircis…

Chez d’autres auteurs, les mêmes personnages apparaîtraient trop caricaturaux. Avec Serge Brussolo, ces héros sont singuliers ou étranges, mais nous semblent crédibles. Leurs parcours peut-être chaotique, leurs angoisses profondes, leur vision du monde surannée, leurs excès délirants ou leurs projets fous, on y adhère sans hésiter. Ce n’est pas exactement dans une ambiance de terreur que l’on évolue ici. Mais inquiétude et questions sont omniprésentes. Bien sûr, il convient de s’interroger sur le rôle de chacun des protagonistes, car on doit s’attendre à des faux-semblants. En réalité, ce camp paramilitaire est-il tellement imaginaire, quand on connaît certaines obsessions américaines ? Dans ces décors et ce contexte où tout peut se produire, les péripéties sont foisonnantes. Habile narrateur, Brussolo nous entraîne dans cette aventure avec sa maestria habituelle.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 09:01
 

Il existe mille et une façons de découvrir la Bretagne. Le polar en fait partie, puisque cette région en publie beaucoup. Ce n’est pas Jean Failler, créateur du personnage de Mary Lester, qui avancera le contraire. Les enquêtes de sa jeune enquêtrice de police connaissent un réel succès populaire. Il se renouvelle depuis cette fin 2009, avec un autre cycle de romans :Mammig. Cette fois, c’est dans le passé de la Bretagne qu’il va situer le récit. On en reparlera ici.

Si les guides touristiques ou les ouvrages historiques permettent de s’informer sur cette région, c’est une autre approche que propose Jean Failler dans “Gens et choses de Bretagne” (Éditions du Palémon). À travers soixante textes à la tonalité personnelle, il cherche transmettre l’esprit de la région et des Bretons. En effet, le patrimoine se compose autant de choses immatérielles que de faits concrets. Ainsi quand Jean Failler évoque la pêche à pied, que tout le monde peut pratiquer sur le littoral, ou le bistrot du port, où l’actualité locale est aussi importante que la consommation de boissons, c’est bien de traditions et du vécu de la population dont il parle. Idem pour le crachin : “Pour les vrais Bretons, cette pluie fine et tenace est une bénédiction. Crachine-t-il ? Les rues grouillent de monde, les affaires marchent, la bonne humeur est générale. C’est en ces jours de crachin que l’on discerne le Breton natif de l’importé (…) Les marins-pêcheurs appellent le crachin «la boucaille». C’est un mot qu’ils prononcent avec satisfaction…” Cette douce pluie, même tenace, fait partie de ces éléments impalpables que les Bretons incluent effectivement dans leurs traditions.

Bien sûr, Jean Failler évoque des choses beaucoup plus concrètes. Les coiffes, la faïence de Quimper, la coquille Saint-Jacques, les talus indispensables au paysage, les chalutiers bigoudens, les calvaires, la vache pie-noire, le granit ou la fraise de Plougastel. Avec une incursion en Loire-Atlantique (département qui fit partie de la région), citant le sel de Guérande, le Muscadet, le Petit-Beurre Lu. Sans oublier des personnages natifs ou ayant fréquenté la région, depuis les peintres de Pont-Aven jusqu’à Éric Tabarly. Le peintre Mathurin Méheut, l’écrivain Jean Merrien (auteur de romans policiers sous le nom de René Madec), le poète Tristan Corbière, Pierre-Jakez Hélias, tous ont joué leur rôle dans l’image de la Bretagne.

Qui ne connaît le paté Hénaff, les galettes de blé noir, les cirés Cotten, ou l’école de voile des Glénan ? Mais ceux qui ignorent encore ce qu’est un penty, le Barzaz-Breizh ou le Gwenn ha Du, pourront compléter leur culture générale. Avec le Tro Breizh, les ex-voto maritimes, la Troménie de Locronan, la ville d’Ys, sont aussi évoqués diverses formes de croyances. Par ces thèmes, ces choses et ces personnages, Jean Failler nous invite à mieux apprécier l’histoire autant que le quotidien des Bretons. Une manière de montrer quelques unes des racines de la région. Chacun de ces textes est illustré, avec le sourire, par Nono dans cette nouvelle édition (revue et corrigée) de “Gens et choses de Bretagne”.

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 07:18
 

Parmi les premiers titres de la collection Noir 7.5 des Éditions Parigramme, découvrons le roman de Caroline Sers, “Des voisins qui vous veulent du bien”. Une histoire qui s’apparente aux meilleurs titres de Georges-J.Arnaud, lorsqu’il traitait du thème de la maison, du quartier. Quand s’y produisent des incidents mal expliqués, l’ambiance dans ces microcosmes peut susciter une certaine paranoïa. Si on s’accommode de rumeurs et médisances, comment réagir face à de possibles faits criminels ?

Jeune couple parisien, Bénédicte et Rodolphe Verneuil s’installent dans un immeuble proche de la rue de Bagnolet, où ils ont acheté leur appartement. Le déménagement puis les travaux de finition créent de petites tensions entre eux. Ils sont bien accueillis par leurs serviables voisins du dessus, Antoine et Laura, impliqués dans le milieu associatif. Le lendemain, de retour après quelques achats de bricolage, Bénédicte trouve un chat égorgé à la porte de leur immeuble. Laura lui explique qu’il s’agit d’un acte d’intimidation des promoteurs visant le quartier, et qu’il est inutile de prévenir la police. Bénédicte réalise que, issue d’une conformiste famille bourgeoise catholique, elle n’est pas vraiment en phase avec Laura. Celle-ci prône la solidarité, afin que le quartier conserve sa tradition populaire. Peu après, un incendie détruit le bar d’à côté, causant une victime. Ce Paulo était un poivrot connu et plutôt apprécié dans le secteur.

Le policier Nicolas Gardent enquête sur l’incendie criminel du bar. Bénédicte n’ose pas lui dire qu’elle a vu les patrons de l’endroit déménager des tables et du matériel juste avant. Quand Rodolphe reçoit le livre Le sexe pour les nuls, il croit à une mauvaise plaisanterie de sa femme. Il s’agit bien d’une commande par Internet, depuis leur adresse IP. Les petites fâcheries du couple se transforment en disputes. Bénédicte vérifie leurs comptes bancaires, notant de curieuses anomalies. Dans le quartier, les avis sont partagés sur l’incendie et le décès de Paulo. Les promoteurs immobiliers voulant moderniser sont toujours incriminés. Bénédicte se décide à contacter Nicolas Gardent, lui parlant cette fois des objets déménagés du bar incendié. Le policier reste sceptique, d’autant que c’est son collègue et ami Karim, de la Criminelle, qui est désormais chargé de l’affaire. Laura, qui ne cache pas son hostilité contre la police, est dans les parages quand Bénédicte sort du commissariat. Elle se montre indiscrète, en particulier sur les questions bancaires du couple.

Plus tard, Bénédicte constate que certains objets ont été déplacés dans l’appartement. Une nuit, un autre immeuble est incendié dans la rue. Celui-ci ayant fait cinq victimes, le voisin Antoine crée un collectif solidaire contre les promoteurs. Quand Bénédicte s’aperçoit qu’on s’est fait passer pour elle auprès de sa banque, elle porte plainte. Lors d’une soirée avec des amis, l’un d’eux avait effectivement souligné les risques d’Internet. Les sommes détournées sont minimes, mais il est préférable de suspendre sa ligne WiFi. Le policier Nicolas Gardent est toujours peu convaincu par les témoignages de Bénédicte, nouvelle arrivée dans ce quartier. À la Criminelle, l’équipe de son ami Karim poursuit l’enquête. Tandis qu’entre Bénédicte et son mari les relations se dégradent, la situation apparaît de plus en plus tendue autour de la jeune femme…

Dans un tel contexte, chacun n’ayant pas le même degré socioculturel que son voisin, ça peut engendrer une suspicion mutuelle. Des doutes qui risquent de s’insinuer même au sein d’un couple. Cette histoire pose aussi la question de certains comités, associations plus obscures qu’efficaces. Venue d’un milieu confiné, Bénédicte connaît des difficultés à s’adapter à une nouvelle ambiance. D’abord spectatrice, elle est vite impliquée dans les évènements. On s’interroge avec l’héroïne, et on se passionne pour ses mésaventures. Fluide et bien construit, le récit est réellement entraînant.

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 07:22
 

La collection Noir 7.5 des Éditions Parigramme publie le nouveau roman de Lalie Walker, “Aux malheurs des dames”. Décor parisien, puisque tel est le principe. Mais l’auteur cultive surtout une atmosphère fort particulière, peuplée de personnages aussi singuliers que crédibles. Avec une intrigue solidement maîtrisée.

Rebecca Levasseur est une jeune sociologue aimant tester la vie réelle. Elle se fait engager comme intérimaire au Marché Saint-Pierre. Entre Montmartre et Barbès, ce temple du tissu à bon prix est une institution. Rebecca remplace Violette, la caissière habituelle. La disparition soudaine de Violette n’est pas le seul élément suspect autour du Marché Saint-Pierre. Une odeur de brûlé règne ponctuellement dans le magasin, obligeant à alerter les pompiers. Des poupées vaudou clouées aux portes feraient soupçonner les commerçants africains du secteur. Antoine Michel et son frère Jérôme ont reçu des lettres de menace, indiquant qu’ils sont bel et bien visés. La police du 18e arrondissement ne se préoccupe guère du problème. À l’exemple du séduisant Ange Pérez, les commerçants du quartier s’inquiètent de ces troubles. Si la clientèle fuit le Marché Saint-Pierre, elle désertera les magasins des alentours.

Antoine Michel est plus réaliste que son frère sur leur situation financière. Joueur de poker, Jérôme Michel est moins attaché que lui à ce commerce créé par leurs parents. Ces derniers sont décédés dans un accident de voiture, qui ne fut peut-être pas dû au hasard. Amoureux de Violette, le paranoïaque Léon Witz a autant de mal à surmonter la perte de son psy que la disparition de son amie de cœur. Une deuxième employée, Marianne, disparaît sans explication. Rebecca devient l’amante d’Ange Pérez, sans encore lui révéler sa vraie profession. Le policier Thomas Klein admet intérieurement ne pas être fait pour ce métier. Quand ses collègues expérimentés Mike et Éric sont chargés d’une autre affaire, c’est Klein qui hérite de celle du Marché Saint-Pierre. Fatigué des alertes dérangeant les pompiers et obligeant à fermer boutique, Antoine Michel est interrogé par Klein. S’il est vrai qu’on fait pression sur son frère et lui, il n’y a aucun chantage.

Séquestrée, humiliée, affamée et maltraité par un ravisseur, Violette garde assez de force et d’espoir pour tenir. Sa compagne de captivité, Marianne, est plus fragile. Le kidnappeur fou poursuit son délirant projet inconnu, n’hésitant pas à supprimer d’autres filles qu’il a attiré et droguées. Une mise en scène sordide à la porte du Marché entraîne une nouvelle fermeture. Les commerçants voisins montrent leur solidarité envers Antoine Michel. De son côté, Jérôme continue à s’endetter au poker, sans réaliser que Lucas Diaz et son complice le mènent à la ruine. Rebecca cherche toujours d’où vient la menace. Le policier Klein s’aperçoit qu’on a dérobé les plans cadastraux qui pouvaient l’aider. Après une alerte au feu, son collègue Mike reprend les rênes de l’enquête. Pour le ravisseur, le jour J approche, celui de sa spectaculaire vengeance…

Un grand magasin qui rappelle ceux du temps de Zola, locomotive d’un quartier de boutiquiers, des employés attachés à ce lieu autant que leur patron, un bistrot où Rebecca prend vite ses habitudes, et une affaire énigmatique. Dans la galerie de portraits, nous croisons de copieux déjantés, à commencer par un cruel ravisseur aux obscures motivations. Perturbé mais brave, Léon Witz va chercher sa belle Violette jusque dans les galeries sous le Cimetière du Nord. Pas moins égaré, Thomas Klein s’interroge sur son rôle en ce monde. Les caractéristiques des personnage sont affinés, ce qui les rend tous vivants. On aura compris qu’il ne s’agit pas d’un roman d’enquête, même si l’identité du kidnappeur doit être déterminée, ainsi que les raisons de ses actes. L’ambiance sombre et mystérieuse de cet excellent suspense psychologique est diaboliquement captivante.

Ce roman a été sélectionné pour le Prix SNCF du polar 2010. Sans aucun doute, "Aux malheurs des dames" mérite de figurer parmi la sélection finale.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs
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