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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 04:55

Dans l'Amérique de la décennie 1970, Karl Gut est un ancien du Vietnam, reconverti en chasseur de primes, en lien avec les mafias de l'époque. S'il a perdu une main au combat, Karl Gut n'est pas manchot avec les femmes. Son moignon, elles lui trouvent même une certaine utilité. En mai 1972, Karl Gut traque Whity Bullfrog, qui a commis trois meurtres dans l'Indiana. Deux mois que le chasseur de primes reste bredouille.

Ce jour-là, sur une route perdue de l'Ohio, il prend en auto-stop une fille joliment carrossée, Butterface. Elle est plus ou moins chanteuse, la belle blonde, et n'a pas l'air farouche. Elle dit avoir fui Gulch City, un bled de 1275 âmes où son mac Colson Fry devenait insupportable. Pour Karl, l'essentiel c'est qu'elle soit bonne côté sexe. Il glane quelques infos sur Bullfrog au bordel local, où on cultive la nostalgie d'un Vietnam érotique. L'excitante Butterface va disparaître dès le lendemain, en laissant à Karl Gut une surprise dans sa valise.

Quatre ans plus tard, en février 1976, le chasseur de primes se rend à Chicago. Dans le train, il rencontre deux nénettes bien chaudes. Le trio va poursuivre ses galipettes à leur hôtel. Sa mission du jour, c'est de participer au grand meeting des syndicats mafieux, en observateur. Et qui reconnaît-il parmi les proches de Sad Goodwheel, le caïd en chef de la Mafia ? Butterface, version brune. Grâce à son vieux pote Joe, il est facile à Karl de fureter dans les coulisses du palace où sont réunis les gros pontes du banditisme. Dont le fameux Colson Fry. Il y a de la partouze dans l'air, à l'issue des festivités. Butterface n'est pas là pour le sexe, mais pour abattre une cible. Puis elle file sans demander son reste, laissant Karl Gut quasiment aussi impliqué qu'elle dans l'affaire.

Pour le chasseur de prime, il est prudent de se mettre à l'abri après le crime du Plaza Congress Hall. Ce n'est pas chez les Salzmann, sa famille adoptive, qu'on ira le chercher. Sa tata Sula lui trouve un logement chez l'habitante, la veuve Myrta. Encore une qui est exigeante côté sexe, il fallait qu'il s'y attende. Pourtant, Karl espère toujours éclaircir le cas de Butterface, qui l'obsède. Sous un faux nom, il retourne à Gulch City.

Pour obtenir des renseignements, il lui suffit de sauter la serveuse rousse Vic. Pas de Butterface, ni de Colson Fry en vue, toutefois. Une piste à l'Université Marwell ? Sauf qu'il y arrive alors qu'une jeune femme vient de se faire buter. Ce pourrait être Butterface, vu que la morte lui ressemble beaucoup. Ayant découvert sa véritable identité, Karl voyage jusqu'au Kansas, où vivent la mère et la jeune sœur de Butterface, Fergie. Reste pour lui à dénicher la planque de Colson Fry, un chalet dans la cambrousse près de Silver Lake…

Nigel Greyman : Butterface (Éd.du Horsain, 2015)

Il n'est pas interdit de classer ce roman-là parmi les polars, puisqu'on y trouve tous les éléments du genre. Énigmatique femme fatale, héros marginal tendance loser, quelques meurtres, tribulations à travers les décors de l'Amérique profonde avec étape à Chicago : c'est conforme à l'esprit des romans noirs. Ces derniers restent dans l'évocateur, sur la vie sexuelle de leurs personnages. Qu'on ne compte pas sur Mickey Spillane pour nous dire si le détective Mike Hammer s'est tapé sa secrétaire Velda avec sa brutalité bien connue. Et pourtant, ils ont bien une vie érotique tous ces durs-à-cuire, non ? Ce ne sont pas les volées de coups qu'ils dégustent ponctuellement qui les ramollissent, quand même ? Leur virilité, il n'y a pas qu'un revolver en main pour la démontrer, suppose-t-on.

Cette histoire en quatre parties étant teintée d'érotisme autant que d'humour, qualifions-la pudiquement de "roman de charme" puisque c'est ainsi qu'on les appela naguère. Notons qu'en argot, Butterface signifie "une femme au corps attrayant mais au visage assez laid". Ici, plutôt que sa tête, ce serait l'âme de Butterface, son état d'esprit qui apparaît moins séduisant que son corps. À côtoyer la pègre, ces aventurières adoptent vite de malsaines habitudes, que voulez-vous ! Un suspense sympathique et divertissant, "traduit par" Max Obione, dont on connaît les qualités de romancier.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 04:55

Depuis qu'il a perdu sans regret son job, la vie de Basile Chavet se résume à s'alcooliser dans les bistrots brestois. Célibataire quadragénaire, peu soucieux de l'hygiène, il loge dans un “appartement en friche” qu'il n'a jamais pris le temps d'aménager. Son point fixe, c'est le bar Le National où il retrouve une poignée d'amis. Ce bistrot “avait tout du coupe-gorge, n'attirait que des perdus, ou des pervers dans notre genre, accros à cette amitié confite dans l'alcool. Nous étions l'élite, le dernier carré, la garde prétorienne.” Le National est tenu par Bison, pas si âgé mais déjà bien fatigué par la vie. Il est marié à Fernande, plus jeune que lui, encore jolie, sans doute un peu fanée par une vie de couple sans joie.

Parmi les habitués, on compte Mireille, boucher chez son frère, trouvant plus facilement le chemin du bar que du billot. Et le sage Luciole, un vieil intellectuel qui observe le monde sans y participer ni juger ses contemporains, selon la philosophie personnelle qu'il cultive. Surtout, il y a le meilleur ami de Basile, le costaud Massue. Ancien de la Marine qui vécut dans des îles tropicales, il a finalement posé son sac à Brest-même. Massue et Basile sont coutumiers de la tournée des bistrots, jusqu'à plus soif et même au-delà de l'ivresse. “La vie ne nous avait pas encore totalement pliés, on restait mal peignés, un peu de travers. On avait l'air de vieux bambins, encore à l'affût d'une dernière connerie d'avant sommeil, prêts à dire une dernière blague avant de ramener la couverture à nous.”

Une joyeuse soirée costumée de Mardi-Gras sur le port de Brest dégénère en pugilat. Le duo prend la fuite, coursé par d'aussi saouls qu'eux. Grâce au nommé Jussieu, ils peuvent échapper à leurs poursuivants. Ce type-là, Basile l'a senti malsain depuis qu'il rôde dans le quartier. Jussieu a l'air d'un animal de proie tournoyant autour de Massue. Ce dernier ne masque pas son trouble, en effet, restant silencieux sur ce qui les relie. Si l'amitié entre Basile et Massue est solide, basée sur leurs échecs passés, le costaud a un autre copain, Firmin. Un brin de jalousie effleure Basile, le concernant. Mais une nuit, alors que Massue et Basile s'enivrent à outrance, Firmin est poignardé mortellement chez lui.

Pour Hélène, commissaire de police, Massue apparaît comme le plus probable suspect. Sa réputation de poivrot violent n'est plus à faire. Basile ne peut le laisser tomber : il fournit à la policière un alibi bancal pour Massue. Pas tellement crédible, bien sûr, Basile ne se souvenant plus très bien du déroulement de la nuit en question. Mais suffisant pour que son ami soit relâché, provisoirement. Bonne nouvelle, qui entraîne une nouvelle tournée des bars pour Bison, Massue et Basile. Ça se termine par une dure altercation avec Jussieu, toujours en travers de leur route. Ce ne sera pas la dernière bagarre alcoolisée pour Massue et Basile, quitte à passer par la case hôpital.

Même si l'on a déjà oublié la mort de Firmin, l'ambiance au bar Le National est en train de changer. Massue y vient beaucoup moins, depuis qu'il a trouvé l'amour. Fernande semble souffrante, et Bison est moins brillant que jamais. Luciole ne fréquentera plus le bistrot, ni ce parc urbain propice à sa philosophie. En vue d'un petit héritage, Basile serait bien avisé de faire une cure pour rompre avec son addiction à l'alcool. Pourtant, est-il possible de tourner la page sans que toute la vérité soit faite ?…

Arnaud Le Gouëfflec : Basile et Massue ("Le cercle" Éd.Sixto, 2015)

Voilà une réédition qui est la bienvenue. Ce roman publié en 2004 aux éditions L'Escarbille fut récompensé par deux prix littéraires en 2005. Entre ses chansons et les scénarios de bédés (couronnés par quelques distinctions aussi) dont il est l'auteur, Arnaud Le Gouëfflec suit son petit bonhomme de chemin. On peut affirmer qu'il ne déçoit jamais ses lecteurs. Car il existe une poésie, une humanité dans ce qu'il décrit. Basile et ses amis sont-ils de méchants alcoolos ? Non, plutôt des poissards marginalisés par leurs abus, manquant de ce supplément de fantaisie qui en ferait des "princes de la cuite". Chez eux, c'est le refus du système qui guide leurs choix : “Les gens ont toujours mieux à faire que de vivre, mieux à faire que de se réaliser.” Quitte à subir le dédain des autres, tel le cafetier Francis qui n'est pourtant pas une flèche, lui non plus.

Ville portuaire, Brest est un lieu intemporel. Peu nous importe que cette histoire se passe aujourd'hui, il y a trente ou soixante ans. C'est un décor vivant, nuit et jour, calme ou plus agité, pas toujours pluvieux mais généralement arrosé. Pour ça, les bistrots où se donner rendez-vous sont légion, et les fêtards perpétuellement nombreux. Le vent marin ne balaie ni les amertumes, ni les rancœurs. Alors la mort et le drame ont-il davantage leur place dans un tel port qu'ailleurs ? Peut-être que la noirceur s'inscrit naturellement dans le quotidien des personnages présentés ici par l'auteur ? Une histoire criminelle, en effet, mais riche de sensibilité.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 04:55

Le 20 novembre 1975, l'Espagne perdait son chef absolu, "Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de Dios". Les caciques franquistes ne risquaient rien, car le défunt avait exigé que "aucune chasse aux sorcières contre des militaires ou des membres de l'administration ne serait effectuée en cas de démocratisation du régime." On vit plus tard un quarteron de militaires tenter un coup d'état, un putsch qui fit pschitt. La population espagnole tourna la page du régime de Franco. Les plaies de la Guerre de 1936 n'étaient pourtant pas encore refermées pour tout le monde. Beaucoup de ceux qui durent quitter leur pays à cause de la domination violente des nationalistes, pouvaient-ils effacer d'un seul coup des décennies de despotisme ? Le décès trop paisible de Franco laissait une certaine amertume, également, chez les activistes continuant à combattre son régime.

Quarante ans ont passé. Un anniversaire en demie-teinte, peut-être. Même imparfaite, comme partout, la démocratie a permis à l'Espagne d'évoluer. Le franquisme appartient au passé. Ce qui n'empêche pas de se souvenir, pour éviter de semblables erreurs. Dans ce recueil, une vingtaine d'auteurs nous proposent des textes traduisant leur perception du franquisme, d'hier à aujourd'hui. Que leur regard soit plutôt militant ou davantage en décalage, ces nouvelles sont une forme d'hommage à ceux qui s'opposèrent à Franco.

Collectif : Franco la muerte (Éditions Arcane 17, 2015)

Patrick Amand garde une image militante et contrastée de l'Espagne. Il s'interroge : que se serait-il passé si, en juin 1951, un commando anti-franquiste de la CNT s'était introduit et caché dans le vaste parc du Pardo ? En ce lieu où Franco prenait plaisir à chasser avec quelques-uns de ses courtisans ? Alain Bellet évoque un prestigieux comité d'accueil pour le dictateur, composé des témoins de ses atrocités d'antan. Antoine Blocier nous parle du village de Janovas, jadis évacué manu militari en vue de la construction d'un barrage. La famille Grimau Cordero fut persécutée et dut s'exiler en France, tandis qu'un ex-franquiste figure toujours parmi les notables de la région.

Frédéric Bertin-Denis raconte comment le jeune gardien de chèvres Pedro se retrouva prisonnier politique communiste en 1942. Il put recevoir une base éducative et, après avoir réussi à s'évader, il poursuivit le combat jusqu'au bout. Avec Didier Daeninckx, on est au début des années 1950 dans la région de Lyon, où la police traque sans ménagement un gang d'Espagnols. Pas hostile aux anars, l'inspecteur Bernabé approfondit l'enquête, pour faire la part des choses entre banditisme et résistance anti-franquiste. La photo d'un avion le renvoie à une tentative visant Franco. Retour en 1976 pour Jeanne Desaubry, quand la naïve étudiante Valérie a la malchance de rencontrer au Quartier Latin le séduisant Miguel. Un dangereux jeune homme, dont les hautes fonctions du père en Espagne lui assurent l'impunité.

Pierre Domenges nous parle d'Esteban : vingt ans après la mort de Franco, est-ce que l'hypnose l'aidera à élucider le secret de son enfance, de sa filiation avec un dignitaire proche du Caudillo ? Avec Maurice Gouiran, retrouvons Madrid un 20 novembre. Cérémonies en l'honneur de Primo de Rivera et de Franco, retrouvailles entre fachos des mouvements d'extrême-droite européens. Le petit-fils d'une victime de la dictature a organisé un supplément de spectacle, sur le site de la basilique de la Valle de Los Caídos. Sophie Loubière se substitue au jeune Franco, plein de hargne contre son père qui humiliait sa famille. Militaire en devenir, l'ambition planifiée du futur Caudillo est de dominer, d'être le plus puissant, d'avoir ses propres armoiries.

Roger Martin imagine un courrier reçu par Robert Ménard : la fille d'un héros méconnu de l'anti-communisme, qui fut au service de l'OAS puis des GAL espagnols, ne mériterait-il pas un hommage officiel de la part du maire de Béziers ? Dont le parcours idéologique fut également sinueux. Chantal Montellier rappelle l'exécution au garrot, en 1974 alors que ce supplice remontait à l'Antiquité, de Salvador Puig y Antich, opposant au franquisme. Une prof française du même âge, vingt-six ans, se déchaîne alors dans les caricatures qu'elle publie contre le régime de Franco. Ce qui échauffe les autorités espagnoles, et excite les RG., qui comptent la piéger.

Max Obione présente M.Ramon et l'étudiante Juliette, qui loge chez lui et l'assiste. Elle découvre le Panthéon des martyrs du vieux monsieur, puis l'accompagne dans son pèlerinage en Espagne. Visiter les hauts-lieux de la mémoire franquiste, ça soulage M.Ramon. Gérard Streiff relate le marathon médical des dernières semaines de Franco. L'agonie fut suivie en détail par JBM, journaliste français d'une agence de presse à Madrid, informé à la source. On aurait pu prolonger longtemps la survie du vieux tyran. Il y avait tant d'enjeux dans sa succession, et tant de scoops sur son état de santé… Puis encore des nouvelles signées Patrick Fort, Gildas Girodeau, Hervé Le Corre, Jacques Mondoloni, Ricardo Montserrat, Jean-Hugues Oppel, Maria Torres Celada. Autant de facettes, fictives mais malgré tout si proches des faits historiques, pour se remémorer l'anniversaire de la fin d'une dictature qui s'éternisait, si près de chez nous.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 04:55

Préfecture de la Côte d'Or, Dijon est une ville réputée pour son taux de délinquance assez faible. Néanmoins, certaines cités populeuses sont sensibles, abritant trafics et activités en marge de la légalité. Cette fois, c'est pour le suicide de la jeune Malika, seize ans, que le policier Simon Carrière et son équipe doivent intervenir dans ces immeubles. Une mort qui apparaît effectivement volontaire, mais sera prétexte à de vagues escarmouches dans ces quartiers. Les enquêteurs obtiennent peu de témoignages sur la victime, de la part de sa famille ou de ses amies. Carrière et son adjointe Monique Randell associent rapidement ce décès à la disparition récente de Najila Lakmar, aussi âgée de seize ans.

Le capitaine de gendarmerie Francis Humbert voudrait pouvoir consacrer du temps à sa compagne Marianne. Isolée dans sa propriété champêtre, déjà de nature fragile, elle se remet mal après un procès perturbant. Humbert doit mener l'enquête sur la mort d'une jeune inconnue blonde dans un sous-bois de la région dijonnaise, violentée et abattue d'une balle dans la tête. Les parents séparés d'Aude Marchand, dix-huit ans, contactent Simon Carrière, qui les envoie vers le capitaine Humbert. Les gendarmes interrogent une amie d'Aude, dont la mère est avocate. Cette Magalie leur raconte la dernière soirée que la victime et elle ont passé entre copains, le week-end précédent. Humbert retient le nom de Gaétan Daurelle, ex d'Aude, étudiant à Arles, procurant des drogues à ses amis.

Pour le policier Carrière, si la famille de la suicidée Malika semble à peu près propre, c'est nettement moins clair du côté de celle de Najila. Le père est un repris de justice, associé à son gendre tout autant soupçonnable. Sous l'identité de sa sœur aînée, Najila a fait des allers-retours en train de Dijon à Genève ces derniers temps. Simon Carrière apprend par sa compagne Marie-Shan Li, criminologue et psy, que la prostitution se développe chez les mineures, et que la Suisse n'est pas exemplaire pour y remédier. En effet, selon la police helvétique, Najila était employée dans un lupanar genevois, le Luna Lounge. Ni Carrière, ni Humbert ne souhaitent que la fureteuse journaliste Noëlle Rondot publient trop vite des articles sur les cas de ces jeunes filles, mais elle se tient informée de près.

Au BNK (Black Night Klub), les gendarmes questionnent le barman, qui se souvient d'avoir vu Aude méfiante à l'égard de deux jeunes d'origine arabe. Rien ne prouve toutefois qu'ils soient cause des viols qu'elle a subi, ni de son exécution. La piste de Gaétan n'est pas à négliger, non plus. Agressée avec violence, multi-violée, la jeune Adriana Scheder a réussi à s'en sortir. Si son frère Jimmy n'est pas coopératif, elle raconte les sordides détails de sa mésaventure à Simon Carrière et Monique Randell. Ayant peu d'espoir sur son avenir, elle cite des noms. Il se confirme que, comme Najila, elle fréquentait le Luna Lounge. Ce que sait aussi la police Suisse. Le duo de jeunes Arabes est bientôt identifié, ainsi que d'autres voyous parmi leurs proches. Pour les policiers Carrière et Randell, comme pour Francis Humbert avec sa collègue Betty Solvana, l'enquête s'annonce laborieuse…

Marie Vindy : Chiennes (La Manufacture de Livres, 2015)

C'est dans un dédale de trafics de stupéfiants et d'extrême maltraitance, que Marie Vindy nous entraîne à travers cette percutante “chronique criminelle des années 2010”. C'est bien d'un noir aspect de notre époque, dont elle nous parle. Dans des villes moyennes telles que Dijon, on ne suspecte guère la violence souterraine qui peut régner. Car ça se résume à de petits groupes de délinquants et trafiquants, publiquement discrets mais usant intensément du téléphone, éloignés des habituels critères relatifs aux réseaux mafieux. Peu de charges à retenir contre eux s'ils se font prendre, d'ailleurs ils affirmeront ne rien savoir. En fait, ils ne sont que les minuscules rouages d'un système.

Derrière un trafic paraissant dérisoire, destinés aux jeunes ou moins jeunes d'une ville sans histoire, la réalité est beaucoup plus dure. Pour ces féroces petits caïds locaux, les jeunes filles (en particulier de leur entourage) ne sont que des “Chiennes” exploitables. Violence, séquestration, viols à plusieurs dans des endroits miteux, ils démontrent leur supposée virilité, leur position de chef. Un moyen de contrôler leur univers et de faire prospérer leur bizness. N'invoquons pas un laxisme de la police ou de la justice, voire l'absurde argument d'une impunité. Ces jeunes racailles s'arrangent pour faire le moins de vagues possibles. Ce n'est que par la rébellion de certaines victimes, ou quand un meurtre spectaculaire est commis, qu'il est possible de les alpaguer.

La part criminelle, relatée au besoin avec la crudité qui s'impose, n'est pas le seul élément de l'intrigue. Nous suivons également le quotidien des enquêteurs : ce sont des êtres humains ordinaires, avec leur vie privée, leurs petits ou gros tracas, leur sensibilité et leurs interrogations. Ce qui, pour l'ambiance, crédibilise le récit : ce côté personnel n'est pas moins important que la recherche de la vérité, de coupables. Après “Une femme seule” (Fayard noir, 2012) et Cavales” (La Manufacture de livres, 2014), utilisant le même contexte géographique, ce troisième roman réussi confirme le réel talent de Marie Vindy.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 04:55

Allarmont est une commune aux confins des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle, non loin de Raon-l'Étape. La montagne avec ses forêts de sapins y domine la vallée. Paisible de nos jours, cet endroit fut le théâtre d'un épisode dramatique de la guerre, à l'automne 1944. Le jeune Alfred, quinze ans, faisait partie des ultimes recrues de l'armée allemande. Il pensait beaucoup à son amie de cœur, Hilda. Les lettres qu'il écrivait, pour les lui donner un jour, c'était le trésor d'Alfred. Tout comme le soldat Franz avait le sien, son accordéon hérité de ses aïeux. Après une halte dans la cave d'une ferme en ruine, la petite troupe repartit dans la nuit noire de la montagne vosgienne, laissant sur place tout l'excédent. Alfred cacha le paquet de lettres à Hilda, plus un message écrit dissimulé. Un commando français les intercepta peu après dans les sous-bois.

À notre époque, ces paysages sylvestres sont idéaux pour les colonies de vacances. En particulier, lorsque des parents souhaitent que leurs enfants oublient quelques temps leurs outils informatiques. Dans cette colo, on pratique des activités "à l'ancienne", des jeux de piste aux petits travaux ludiques, ce qui induit des journées bien occupées. À quatorze ans, c'est le second séjour de Christophe au sein de la colo, devenu chef de groupe. Il a des rapports difficiles avec Olivier, garçon renfermé avec lequel il aimerait sympathiser. Si ce dernier est maussade, c'est la séparation de ses parents qui le perturbe, mais il ne se confie à personne. Jeu avec indices dans la montagne, marche à la boussole, nettoyage de la tombe d'un soldat allemand inconnu, personne ne s'ennuie dans l'équipe dirigée par le moniteur Bernard. On a même retrouvé un message rédigé en allemand.

La traduction du petit texte reste obscure : “Mon amour, j'ai dû me séparer de mon trésor, je l'ai confié à la chouette”. Ce qui tracasse Christophe. Quand il descendent au village pour du ravitaillement, l'adolescent contacte une grand-mère locale. Elle lui raconte une légende de la contrée, qui ne correspond pas à ce que cherche Christophe. Par contre, il songe à cette maison en ruine, envahie de végétation, auprès de laquelle il sont souvent passés. Il voudrait bien qu'Olivier l'accompagne pour une expédition nocturne, mais l'autre garçon est de plus en plus mal dans sa tête et refuse. Christophe va ainsi devoir agir seul, affronter cette aventure sans aide. Parmi les broussailles, il repère bientôt une entrée de la cave où la lointaine présence des soldats allemands est encore visible. Son exploration ne sera pas sans conséquences, ni séquelles…

Jean-Marie Charron : Le mystère de la chouette (Éditions Le Verger des Hespérides, 2016)

Ayant pour héros, d'hier et d'aujourd'hui, des ados de quatorze-quinze ans, cette histoire est en priorité destinée à la jeunesse, bien sûr. Néanmoins, pourquoi ne s'adresserait-elle pas autant à des adultes ? Un contexte d'origine remontant à la 2e Guerre Mondiale, une colonie de vacances respectant la tradition des jeux de plein air, un décor lorrain qui ne manque pas de charme, un petit mystère qui plane, voilà de quoi satisfaire un public assez large. D'ailleurs, l'auteur évite une tonalité trop mièvre, ce qui vaut toujours mieux dans un récit de ce genre. S'il n'abuse pas des traditions régionales, notons ce passage qui évoque la vie villageoise : “Cette architecture qui transforme le village en place impose une vie sociale sur le devant des maisons, le long de la grand'rue, c'est "l'usoir". Un banc de pierre permet de prendre le frais le soir, mais surtout favorise le "couarail", discussions qui fusent d'un bord à l'autre de la rue.”

Important, à noter : ce livre est ©2016, donc pas disponible partout. Cependant, il existe en version papier : on peut l'acquérir dans les animations et festivals où est présent cet éditeur de Lorraine. En contactant le site internet des Éditions Le Verger des Hespérides, il doit être possible de l'acheter également. Illustré par Jean-Michel Damien, “Le mystère de la chouette” mérite bien d'être découvert par un maximum de lecteurs, de tous âges.

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 04:55

Ex-journaliste, auteur du livre “Neuf pères”, Adam Langer se considère tel un littéraire. En réalité, il végète quelque peu à Bloomington, dans l'Indiana. Il est marié à l'universitaire Sabine, d'origine allemande. Ils ont deux filles, Ramona et Béatrice, dont Adam s'occupe. Ce qui constitue l'essentiel de son activité. À part pour alimenter leur blog satirique avec Sabine, il n'écrit plus guère depuis six ans. Lorsque le romancier Conner Joyce vient faire une prestation à Bloomington, Adam le contacte. L'auteur des aventures de Cole Padgett se souvient de l'interview qu'il lui accorda quelques années plus tôt. Les ventes des livres de Conner Joyce faiblissent, il est moins inspiré, et son quotidien avec son épouse Angie (Angela De La Roja), ex-flic new-yorkaise, mère de leur fils, apparaît plutôt morose. Son éditrice préfère miser sur Margot Hetley et ses histoires abracadabrantes, qui se vendent beaucoup mieux que les polars un brin répétitifs de Conner Joyce.

À Chicago, le lendemain, le romancier est contacté par un certain Pavel Bilski. Il le met en contact avec le septuagénaire Dexter Dunford, Dex, qui l'appâte avec dix mille dollars. Ce dernier lui montre sa bibliothèque, unique en son genre. Car il est le seul lecteur d'œuvres écrites spécialement pour lui par des auteurs rares, tels Truman Capote, Norman Mailer, Harper Lee, Jaroslaw Dudek, J.D.Salinger, B.Traven. Il propose à Conner Joyce un contrat se chiffrant en millions de dollars pour écrire lui aussi un roman policier en un exemplaire. Cet accord doit rester strictement secret. Néanmoins, Conner parle de l'offre étonnante à Adam Langer. Peut-être est-ce là un aspect de l'avenir du métier d'écrivain, alors Conner aurait bien tort de refuser. Les semaines passent, la situation d'Adam Langer et de son épouse se complique, les espoirs universitaires de Sabine étant contrariés. Ayant terminé son roman pour Dex, Conner Joyce recontacte Adam, lui racontant tout. Au départ, il était excité d'écrire, mais ça ne prenait pas la tournure du polar exigé par Dex.

Au nom de la rentabilité, il fut carrément viré par son éditrice, choisissant définitivement la vulgaire Margot Hetley. C'est alors qu'un scénario lui vint à l'esprit. Dans “Manuscrit sous embargo”, Conner Joyce se défoula sur les travers du monde de l'édition, pouvant désigner pléthore de suspects dans une affaire criminelle. Pas grave s'il y citait de vrais noms, Dex et Pavel seraient les seuls lecteurs. D'ailleurs, Conner toucha la somme qui lui était promise. De quoi vivre une longue période dans la tranquillité financière.

Entre-temps, il avait dû mentir à son épouse Angie sur le projet en cours, ce qui ne resta pas sans conséquences. La suite des évènements pose un gros problème au romancier. Ayant ses propres soucis, Adam Langer ne tient pas à s'impliquer là-dedans. Il s'étonne même que Conner lui fasse tant de confidences. Écrire un second roman pour Dex, intitulé “Coup du sort”, pourrait sortir Conner Joyce de la panade, ou pas…

Adam Langer : Le contrat Salinger (Super 8 Éditions, 2015) – Coup de cœur –

On ne trouve dans ce roman que des atouts favorables. À commencer par sa construction. Le narrateur est bel et bien Adam Langer. Il nous retrace les mésaventures de son "ami" romancier, en témoin autant que par le récit direct, tout ça avec une remarquable fluidité et des chapitres courts. Une histoire assez addictive, il faut le reconnaître. Le postulat (un contrat singulier) est également séduisant. On pense à ces riches notables d'autrefois, qui commandaient des films érotiques à leur seul usage. En plus "élégant", bien sûr, puisqu'il s'agit ici de littérature.

Comment ne pas être touché par les références évoquant B.Traven, J.D.Salinger, Harper Lee, auteurs se comportant en ermites après leurs succès ? Pour l'anecdote, il est question de la suite "Écrivain", chambre 813, à l'hôtel Drake de Chicago. En hommage à Arsène Lupin ?

L'Édition et son bizness servent de toile de fond à ce roman. L'industrie culturelle a ses règles de fonctionnement, comme les autres. “Toutes les grandes maisons d'édition ont leur superstar...” C'est grâce aux ventes importantes de ces "locomotives" que chacun est payé, que l'on continue à publier des auteurs peu rentables, qu'on tente de nouveaux talents. Adam Langer ne dénonce pas un fait connu et légitime, s'insurgeant plutôt avec ironie contre des comportements hautains, désagréables et stupides. Quant à son propre personnage, il a lui aussi son parcours, avec des détails signifiants quant au sujet. Une formule biscornue, que les futurs lecteurs et lectrices comprendront. Une intrigue riche et diablement maîtrisée, sur le thème du livre et teintée d'un humour bienvenu : on ne peut que savourer avec délectation !

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 06:30
Nolwenn et Maria Blanchard : La Bretagne au cinéma (Riveneuve Éd.)

Coup de projecteur sur un ouvrage à découvrir.

« Depuis les débuts du cinéma, la Bretagne est un lieu privilégié pour les tournages de films. Certains y cherchent un beau décor ou un bâtiment historique, tandis que pour les autres, la Bretagne fait partie intégrante de l’histoire. Elle entoure les protagonistes d’une ambiance, d’une lumière, d’une culture, donnant au film une couleur propre à la région. De Jean Epstein à Claude Chabrol, de "L’Homme du large" à "Un long dimanche de fiançailles" en passant par "Les Vacances de monsieur Hulot", des côtes sauvages de Ouessant à la ville de Nantes, le paysage breton devient parfois le personnage principal. Témoin des premières amours ou berceau des tensions familiales, terre d’angoisse ou de retour aux sources, au gré des films se dessinent différents visages de la Bretagne.

Deux sœurs originaires du Morbihan, toutes deux passionnées de cinéma et attachées à leur région, offrent ici un panorama des représentations de la Bretagne au cinéma. En explorant les différentes visions des réalisateurs au travers de textes richement illustrés, l’ouvrage invite à découvrir les multiples facettes de l’une des plus belles régions de France. Nolwenn Blanchard est ethnomusicologue et travaille sur les enjeux de la transmission des savoirs et des traditions, en Bretagne comme en Afrique. Maria Blanchard est réalisatrice et monteuse professionnelle. [texte éditeur]

Elles ont sélectionné cent trois films tournés entre 1913 et 2013. « Nous ne voulions pas faire un simple catalogue des films qui ont été tournés en Bretagne, raconte Nolwenn. Nous voulions vraiment montrer comment les réalisateurs parlent de notre région. » Après avoir visionné près de 400 films, les sœurs en ont tiré dix thèmes. La mer, l’histoire, la révolte, la carte postale ou encore, les vacances d’été sont autant de représentations de la Bretagne. Mais le livre ne s’adresse pas qu’aux Bretons. Si ces derniers reconnaîtront des endroits qu’ils connaissent dans certaines scènes, les autres pourront les découvrir. « Ce livre est aussi un guide pour ceux qui ont envie de découvrir la Bretagne sous un angle original », considère leur père Loïc Blanchard. [Ouest-France] Riveneuve Éditions – 215 x 285 – 296 pages – 38.00 €

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 07:30

Anonyme dans la foule de la grande ville, Boris Bélaire est un célibataire, sans âge précis. Malgré son traitement médical, il est fatigué car il dort mal. Réveillé en plein milieu de la nuit, soit il reste au lit en attendant le matin, soit il se lève pour regarder la télévision. “Je ne sais plus très bien où j'en suis. J'ai l'impression de m'enfoncer chaque jour un peu plus” conclut ce dépressif. Il pense que ce n'est pas son psy, le docteur Carkan, qui pourra l'aider davantage. Alors, autant arrêter définitivement la thérapie, qu'il suit depuis dix ans. “Je vous conseille de ne pas trop vous isoler” dit le psy. Il recommande à Boris Bélaire une officine qui pourrait lui apporter un soutien. Le patient n'apparaît pas enthousiaste.

Réfugié dans son appartement verrouillé, Bélaire somnole devant la télévision qui diffuse une série américaine indigeste. On sonne à sa porte : ça le dérange au point d'attiser sa vive paranoïa. Ce n'est pourtant que le livreur de chez Rapido Pizza, qui apporte ce qu'il a commandé. Bélaire reste à l'abri, entrouvrant à peine sa porte, attendant le départ du jeune homme pour récupérer ses pizzas. S'il les consomme, ce sera en absorbant aussi des médicaments. Bélaire finit par se résoudre à contacter Magic Dream Box, juste dans le but de se renseigner. À l'accueil, l'employée applique un processus bien rôdé. Bélaire est reçu sans tarder par le directeur de ce “centre de soins”.

Bélaire étale les raisons qui l'ont rendu dépressif. Il estime que la vie actuelle est devenue difficile. À commencer par les conditions de travail, la pression permanente sur les salariés. “...Et puis les rapports humains ont aussi beaucoup changé. Les gens se comportent comme des automates, comme s'ils avaient perdu leur âme. Ils semblent inaccessibles, indifférents, centrés sur eux-mêmes.” Palabres narcissiques, violence au quotidien, harcèlement commercial, c'est un monde cynique et terrifiant que le nôtre. Un monde de fou, qui pousse à devenir misanthrope. Dans un premier temps, le directeur le confie à de splendides créatures qui peuvent compenser son besoin d'amour. Ce n'est pas ce qu'attend Boris Bélaire ? Alors, on lui fait vivre une autre expérience…

Lomig : Magic Dream Box (Éd.Le Moule-à-gaufres, 2013)

Dans un premier album intitulé “Vacadab” (Éd.Le Moule-à-gaufres), Lomig racontait les pérégrinations d'un jeune commercial dans un monde de requins, où comment réussir sans perdre ses illusions. Lomig traitait les ridicules de la société en expert, entre drôlerie et férocité, avec par exemple les portraits du chef de bureau inhumain, ou de la copine qui ne veut rien savoir de vos ennuis. Il poursuit son exploration satirique de la société, avec ce deuxième album chez le même éditeur lorrain.

La vie du 21e siècle nous rend-elle plus paranoïaques ? Plus solitaires face à un quotidien qui peut nous sembler artificiel, conditionné par des questions sans réponses ? Chacun développe-t-il davantage son égocentrisme que par le passé ? C'est, en tout cas, ce qu'en pense Boris Bélaire. S'hypnotiser devant sa télé ne l'aide probablement pas à remonter la pente, à améliorer son état moral. Dans une société qui glorifie sa compétitivité, il ferait figure de parasite sans dignité, peut-être même de rebelle... Cet album en noir et blanc joue beaucoup sur le gris, évoquant la sinistrose qui aboutit au “lâcher prise” de Bélaire, personnage perturbé. Il ne s'agit pas d'un scénario criminel, mais le regard social se rapproche de celui du roman noir. Une BD intéressante, une histoire à découvrir.

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