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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 04:55
Ingrid Desjours : Sa vie dans les yeux d'une poupée (Pocket, 2014)

Barbara Bilessi est une esthéticienne fraîchement diplômée âgée de vingt-quatre ans. Elle habite avec sa mère aveugle, Marthe. Les deux femmes ne s'entendent pas très bien, la mère se montrant mordante avec sa fille. Barbara collectionne les poupées authentiques. Elle vient d'en acquérir une quand, rentrant chez elle ce soir-là, elle est agressée et violée dans un parc. Peu après, Barbara commence à travailler dans un institut de beauté. Elle reste dans le déni de son récent viol. Elle dialogue régulièrement avec la dernière poupée achetée, Sweet Doriane. Barbara se fâche contre l'influence qu'exercerait sur elle cette poupée, et la martyrise. Si elle a un petit ami, ce Raoul Poncet n'est certainement pas le prince charmant. Il se proclame “son mec”, mais ignore bien des choses sur Barbara.

Dans son personnage de Barbie, la jeune femme augmente son salaire en se prostituant. Ce second métier ne nécessite aucune attirance sexuelle, juste d'avoir l'esprit clair vis-à-vis des hommes. Par le bouche à oreille, elle se fait vite une petite clientèle. Dans son déni du viol, Barbara a vécu une grossesse fantôme. La voilà qui accouche par surprise d'un bébé. Un garçon, qu'elle n'a pas l'intention de déclarer officiellement. Fatalement, la mère de Barbara est mêlée à cette situation. C'est Marthe qui surveillera le petit quand, après quelques jours d'arrêt-maladie, l'esthéticienne retourne à l'institut de beauté. Barbara se comporte telle une maman attentive. Par contre, l'arrivée du bébé entraîne des disputes sérieuses avec la jalouse poupée Sweet Doriane.

Policier, Marc Pergolès a été victime avec sa compagne Annabelle d'un accident de voiture. La femme est décédée. Le policier a été amputé d'une jambe. Il est maintenant équipé d'une prothèse. De l'avis de son collègue et ami Ange Gardeni, Marc aurait dû prolonger sa convalescence. Car le caractère de Marc est plus agressif que jamais. Peut-être parce qu'il savait qu'Annabelle lui était infidèle, l'accident prend un autre sens dans sa tête. Il ne se contente pas de jouer au provocateur, mais pratique aussi la roulette russe. Ange est inquiet pour la santé mentale de Marc. Tandis qu'il suggère à son ami de voir un psy, il fait intégrer le policier dans la brigade des mœurs de leur commissariat.

Marc Pergolès va y être bientôt confronté à une affaire qui captive son attention. Le psy qu'il a rencontré est la troisième victime d'une prostituée. Celle-ci attache ses clients, se grime avec une moustache, et torture les hommes venus la voir. Marc, ayant esquissé un profil assez juste de la coupable, estime que cette femme n'en restera pas là. Qu'elle va finir par carrément tuer ses clients. Marc réussit à identifier la prostituée, et se propose de servir d'appât pour l'arrêter. Il imagine la détresse psychologique de la coupable, ce qui n'est pas sans l'émouvoir, lui qui n'éprouve plus guère de sentiments…

“Barbara a besoin d'être aimée. Par son enfant, par sa mère, par un homme. Et cet amour, elle l'obtiendra, même si ce doit être par la force.”

“Barbara a besoin d'être aimée. Par son enfant, par sa mère, par un homme. Et cet amour, elle l'obtiendra, même si ce doit être par la force.”

Moitié-moitié. C'est la forme choisie par l'auteure pour nous raconter cette histoire. D'un côté, il y a Barbara. Un cas psychiatrique, pas la peine de le taire. De l'autre, il y a Marc. Un caractériel suicidaire, inutile de le cacher. Existent donc deux possibilités pour les lecteurs. Soit on les accepte tels qu'ils sont, avec risque d'aggravation de leur état, car une amélioration est improbable pour l'un des cas. Soit on les juge négativement, en tant que personnages dérangés. Car la folie, schizophrénie ou instincts violents, peut constituer une explication, pas une excuse à tout.

Ingrid Desjours maîtrise très bien la construction de l'intrigue. Le déni de grossesse après viol, le petit ami qui ne correspond nullement à la jeune femme, les sautes d'humeur du policier, tout cela est distillé selon un bon dosage. Néanmoins, on pourra regretter une tendance à surcharger certains effets. Débuter un chapitre par “Putain de bordel de merde !”, parce qu'une sixième agression est découverte, c'est excessif. Si les dialogues avec la poupée sont justifiés, quelques passages de ces conversations apparaissent plus artificiels. En somme, la tension est déjà présente, n'en rajoutons pas. Petit défaut qui n'a rien de rédhibitoire, toutefois. En acceptant le jeu psychologique, c'est un roman qui se lit avec un certain entrain.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 04:55
Jérôme Zolma : 3 morts sinon rien (Éditions Wartberg, 2014)

Lily Verdine est une détective privée parisienne, qui n'a pas totalement renoncé à l'esprit gaucho tendance anar de sa jeunesse. Quand l'avocat maître Illouz, ténor du barreau, lui soumet le cas de Julien Vaudreuil, elle lit attentivement le texte personnel dans lequel ce suspect, incarcéré depuis six mois, expose les faits. Habitant Perpignan, Julien Vaudreuil est âgé de quarante-cinq ans. Guide pour des voyages thématiques, il vit seul. Ce jour-là, il se trouvait dans le train à destination d'Hyères, où il allait voir ses parents. Il remarqua la jolie jeune femme de vingt-quatre ans dans la même voiture. À l'arrivée, il s'aperçut qu'elle était morte entre-temps. Le voilà unique témoin du meurtre par empoisonnement de Sarah Pigani. Une affaire dont la presse ne se fit pas l'écho, note Lily Verdine.

Peu après son retour à Perpignan, Julien Vaudreuil fut mis en état d'arrestation. Deux cas similaires, ayant pour arme un “parapluie bulgare” lanceur de poison, se sont produits à Barcelone et à Stockholm. Or, Julien y était présent à ces moments-là, dans le cadre de son métier de guide. La Justice dispose d'indices, se base sur des présomptions, mais il n'y a pas de véritable mobile accusant Julien. Ce dernier a préféré un cador plutôt qu'un avocat local perpignanais. Misant sur l'innocence de son client, maître Illouz imagine un complot visant Julien, sans en discerner la raison. Lily contacte un flic sympa écarté de cette affaire, Jean-Yves Floch. En désaccord avec sa hiérarchie, ce Breton opiniâtre pense qu'un tel sac de nœuds pourrait bien masquer une obscure machination.

Lily s'avoue séduite par ce veuf élevant deux enfants. Le flic Floch pourra actionner des leviers l'aidant pour son enquête. Victor, voisin retraité de Lily, lui donnera un petit coup de main, lui aussi. La détective rend visite à la famille de Sarah Pigani, à Hyères, dont le frère apparaît plutôt surexcité. Puis elle se dirige vers Perpignan, espérant interroger un témoin propriétaire d'une casse-auto, Roland Vila. S'introduisant avec hardiesse sur le chantier, Lily découvre que l'homme a été assassiné. Un meurtre qui, plus tard, lui vaudra quelques ennuis, même si la version officielle évoque un crime de truand. Lily reste en contact avec Jean-Yves Floch, avant d'aller voir Julien Vaudreuil aux Baumettes, puis de chercher des éléments à Barcelone. Où la famille modeste de Pilar Esteban ne peut l'aider.

La jeune victime barcelonaise était employée par un journal économique. N'obtenant pas les documents souhaités, l'intrépide Lily Verdine se laisse enfermer dans les locaux afin de copier un rapport de Pilar Esteban. De retour à Paris, il se confirme qu'elle ne peut mener incognito son enquête, ce dont Floch l'avait avertie. Lui-même prend des précautions. Elle finit par se demander si elle doit faire confiance à ce policier…

Jérôme Zolma : 3 morts sinon rien (Éditions Wartberg, 2014)

Si l'on n'a pas eu la chance de suivre les précédentes aventures de Lily Verdine (Mistral cinglant, Croisière jaune, Adios Viracocha, Lily en eaux troubles – disponibles chez Jigal), il n'est pas trop tard pour faire sa connaissance grâce à ce titre. Qu'elle soit une détective femme n'est pas la seule originalité de ces suspenses. S'il lui arrive de tomber amoureuse de partenaires d'enquêtes, comme ici, la percutante Lily est surtout une solitaire. Elle n'a pas renié ses opinions d'antan : son caractère reste rebelle face aux magouilles, qui sont monnaie courante dans notre monde. Il n'est pas exclu que ce soit le cas cette fois aussi.

Jérôme Zolma, dont il faut aussi lire l'excellent “Amères thunes”, fait partie de ces auteurs sachant concocter des intrigues plus tortueuses qu'il y paraît. Roman d'enquête riche en péripéties, certes, mais il faut compter avec une construction habile pouvant réserver des surprises. N'ignorant pas que la fluidité de la narration est capitale, Zolma n'utilise pas de moyens dilatoires pour égarer ses lecteurs. Ce sont les faits tels qu'ils sont vécus par Lily Verdine qu'il nous raconte. Non sans quelques sourires, on le verra par exemple quand elle se laisse enfermer dans les bureaux d'un journal catalan. Ou quand elle tente une intimité contrariée avec le flic Floch. Un solide polar, comme on les aime.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 05:20

Il s'agit d'un recueil de dix-neuf nouvelles. Jetons un coup d'œil sur une dizaine d'entre elles...

-“Les gros mensonges”. Jason Updike est l'un des pseudonymes d'un auteur de polars français, qui écrit des romans au kilomètre. Un sacerdoce alimentaire, dit-il. La série Tom O'Flaherty détective compte déjà douze titres. Le prochain est en écriture. Pourtant, un scénario est tellement virtuel qu'on n'est pas à l'abri des surprises.

-“La défaite du dormeur”. Le lycéen Karim est amoureux de la belle Iola. De nos jours, le romantisme façon Rimbaud peut entraîner de fâcheuses conséquences.

-“L'alibi d'os”. Ou le résumé frappant d'une mauvaise rencontre.

-“Cutter”. L'équipe du shérif intervient pour le meurtre d'une femme découpée. Une mise-en-scène macabre dans un lieu isolé. Le coupable, un tueur en série pas encore détecté, est l'un des agents du shérif. Une nonne fantomatique se met à hanter son esprit.

-“Marie-France”. En cette année 1985, Djemi, son amante Kanitha et leurs copines du Celtic sont de fervente militante lesbiennes. Touche pas à ma pote, c'est leur credo. Pour l'instable Djemi, un univers enthousiasmant. Toutefois, le destin ne sera pas tendre envers plusieurs d'entre elles, Djemi en tête.

-“Las des haines”. Léon Rava est un biologiste amateur juif, qui néglige son entourage. Ses expériences génétiques sur une bactérie, et la mémoire de sa chatte Mireille vont bientôt faire de lui un autre homme, ou plus sûrement un monstre.

Max Obione : Les gros mensonges (Éd.du Horsain, 2014)

-“Orphans”. À Growthcastel, en Grande-Bretagne, sont confinées quelques orphelines de la maladie, parias des soins médicaux. La visite d'une princesse charitable n'ajoute qu'une dose d'hypocrisie au sein de ce zoo humain. Étant quoi qu'il advienne des victimes, il n'est pas exclu que certaines finissent par se rebeller, quitte à ce que l'issue soit dramatique.

-“Choc”. Dans les années 1950, c'est le départ en vacances familial dans la 203 paternelle, vers la côte normande. Les passagers d'une Triumph TR3 sont victimes d'un accident mortel. La vue des corps abîmés marque le jeune garçon. Au point d'en faire un criminel.

-“No passaran !”. L'action armée anti-fascistes, digne des républicains espagnols de jadis, c'est un scénario trop peu crédible aujourd'hui.

-“Arte Nera”. Pour passer le temps, deux amis s'invitent à un prétentieux vernissage parisien. Observer les réactions ridicules des initiés, écouter leur vocabulaire abscons, ça offre un certain plaisir. Un vieux monsieur à l'accent alémanique, rencontré là, s'avère mille fois plus intéressant et émouvant.

 

Certains textes s'inspirent ici d'une chanson des Béruriers Noirs, d'une autre de Little Bob, voire d'un célèbre conte de Charles Perrault (devenant un érotique léger). Tel est l'un des buts du recueil de nouvelles, proposer une diversité de sujets. En variant autant que possible les petites intrigues et la tonalité de ces histoires. L'essentiel est de faire mouche à chaque fois, de capter illico l'attention du lecteur, de le surprendre un peu sans doute.

C'est bien ce que réussit à faire Max Obione dans toutes ces nouvelles. Qu'il s'agisse d'un thème imposé (la santé, par exemple, pour “Orphans”) ou de sujets librement choisis, on sent que l'auteur veut à la fois se faire plaisir et convaincre ceux qui le liront. L'écriture est d'une belle souplesse, atout favorable s'il en est. On fait ici et là appel à l'étrangeté, on passe parfois de l'ironie à l'émotion, ce qui ne manque pas de charme. Ce nouveau recueil de Max Obione est diablement excitant.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2014
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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 04:55
Dominique Dyens : Intuitions (Pocket, 2013)

La famille Royer habite depuis toujours à Bois-Joli, ville huppée des Yvelines. À quarante-sept ans, la blonde Nathalie est agent immobilier. Son époux Patrice est avocat. Ils ont un fils de vingt-deux ans, Grégoire, expatrié à New York pour faire carrière dans la finance. Leur narquoise fille Amélie est âgée de seize ans. Les Royer sont catholiques pratiquants, comme il sied dans la bonne bourgeoisie de Bois-Joli. Ils reçoivent ponctuellement leurs relations, qu'ils appellent leurs amis, pour des dîners. La jeune Amélie n'est pas dupe de ces apparentes amitiés-là, ni du poids de l'hypocrisie régnant dans ces milieux. Nathalie et Patrice n'ont plus d'activité sexuelle, ce qui développe des fantasmes chez l'épouse. Elle sent que la vie paroissiale ne lui apporte plus autant de joie spirituelle qu'avant.

Nathalie n'est guère optimiste sur son avenir. Surtout qu'en ce mois de septembre 2008, après la faillite de la banque Lehman Brothers, la crise économique prévisible risque d'être catastrophique. Les familles de leur catégorie sociale pourraient être les plus touchées. À New York, Grégoire a rencontré la jolie brune Gala. Française, elle se nomme en réalité Victoire Mallet de Puysere. Comme lui, elle est originaire des Yvelines, issue d'une famille aisée. Malgré ses moments migraineux, Gala séduit bientôt Grégoire, au point qu'ils vont former un vrai couple. C'est par SMS que le jeune homme annonce son futur mariage à sa famille, et leur retour en France. Une bonne nouvelle pour Nathalie et Patrice, puisque les parents de Gala appartiennent à des milieux fortunés comparables au leur.

Amélie s'avoue plus sceptique. Pour son frère, s'agit-il d'une histoire d'amour, ou bien de se marier pour assurer sa position sociale dans leur univers ? Amélie se désespère de voir Grégoire si conformiste, à l'image de leurs parents. Sans être ouvertement rebelle, elle se sent moins sclérosée que sa famille. Après un dîner chez les Mallet de Puysere, manière d'officialiser le couple Grégoire-Gala, Nathalie se montre carrément plus réticente face à cette union. Une impression qu'elle ressasse : “L'idée que Grégoire épouse cette fille lui donne la nausée. Le pire est qu'elle n'a aucune explication. Juste cette terrible intuition. Le regard de Gala la taraude. Et la glace d'effroi.” Elle compte mener son enquête.

Patrice Royer n'est pas à l'aise face à cette situation, non plus. Car Marie-Laurence Mallet de Puysere n'est nullement une inconnue pour lui. Et il n'oublie pas que son épouse a été par le passé victime de troubles psychologiques, qu'il ne faudrait pas raviver. Avec l'aide d'anti-dépresseurs ou de l'hypnose, elle devrait calmer ses obsessions contre Gala. Bien au contraire, Nathalie utilise Internet pour se documenter au sujet de sa future belle-fille, usant volontiers de subterfuges. Il est vrai que le parcours de Victoire Mallet de Puysere apparaît plus perturbé que celui des autres enfants de cette famille. C'est en Suisse qu'elle va trouver quelques réponses à ses questions...

Dominique Dyens : Intuitions (Pocket, 2013)

On pourrait se dire que les gens décrits par l'auteure, soit n'existent plus vraiment, soit sont moins caricaturaux qu'elle le suggère. Ce serait à tort, car cette bourgeoisie vivant “entre soi” est réellement présente dans notre société. On s'y considère comme une élite, supérieure au reste de la population. On a reçu la meilleure éducation, on ne connaît pas le moindre souci financier. On a fait de beaux et solides mariages, on a des enfants dont l'avenir est assuré dans les mêmes cercles. On fréquente assidûment la même paroisse, on choisit ses amis selon des critères identiques. Un ordre parfait règne au sein de ces sortes de communautés, à l'écart de la masse. On appartient fièrement au clan des nantis.

Et pourtant, tout ça n'est généralement que fausses certitudes, apparences de sérénité heureuse, façades de respectabilité sociale. Nul besoin de la tempête d'un scandale pour que s'écroulent certains de leurs châteaux de cartes. Il suffit d'une goutte d'eau faisant déborder le vase de leurs secrets de famille. Faire semblant devient alors embarrassant pour eux qui savaient si bien simuler. Encombrante, la maîtresse de monsieur. Gênants, les fantasmes de madame. Énigmatiques donc suspects, la future bru et sa famille.

Si ce roman est classé en “littérature”, il n'est pas interdit de le rapprocher de l'esprit du polar. Derrière l'ironie, la narration laissant une belle part aux sourires, se cachent en effet des facettes beaucoup plus sombres. Équilibrés, ces gens ne le sont pas tant. On assiste à un projet de meurtre, d'ailleurs. Le suspense ne manque pas, dans l'attente de révélations douloureuses. Certainement, un roman qui devrait plaire aux amateurs de polars.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 04:55
Delphine Solère : Les risques de l'improvisation (Michalon Éd. 2014)

Élysée Gaumont est un saxophoniste parisien quinquagénaire. Le jazz entraînant un mode de vie peu sain, il a été victime d'un AVC. Une convalescence s'imposait. “Le saxophone, pas de problème. Deux mois à patienter tout au plus. Vous savez, le plus dangereux pour un musicien de jazz, ce n'est pas l'instrument, c'est la cigarette et le whisky qui vont avec !” a conclu son médecin. C'est ainsi qu'Élysée Gaumont est parti pour Marseille. Vélo, fruits et légumes, thés amers, tel est le régime qu'il doit respecter. Pendant ce temps, il compose des musiques sur les paroles, assez niaises, d'un futur chanteur. Encore un qui va faire deux disques à la fois, son premier et son dernier. Alors qu'il est monté à vélo jusqu'à Notre-Dame-de-la-Garde, surgit un problème aux conséquences dangereuses.

Une jeune fille blonde n'est pas venue récupérer sa bicyclette, près de la basilique. C'est un vélo coûteux, qui semble appartenir à une Mme Escebarria. Élysée se renseigne auprès de son ami Vauchillon, qui dirige une formation de jazz. Celui-ci connaît effectivement Lopez Escebarria, milliardaire qui s'est enrichi dans la production de poulets, remarié à une jolie Italienne. Un nommé Castagnade contacte Élysée afin de récupérer le vélo de la jeune blonde. Le jazzman a l'occasion de vérifier que ce n'était pas l'épouse d'Escebarria, plutôt sa fille née d'une précédente union. Et que le vélo est bien revenu dans la propriété du milliardaire. Quelques jours plus tard, Élysée apprend par la radio que Lopez Escebarria a trouvé la mort dans des circonstances bizarres.

Élysée fait part de ses soupçons au policier Ceccaldi. Ce qui ne perturbe guère le flic, qui obtient de Castagnade une explication plausible, semble-t-il. Puisqu'il en est ainsi, Élysée préfère rejoindre en Bretagne son amante Déborah, contorsionniste qui va se produire dans un festival à Lorient. Dans le village où elle habite, le voisin producteur de poulets (pour un concurrent d'Escebarria) lui fait visiter ses installations. “Les premières victimes de ce système sont les producteurs eux-mêmes”, Élysée le comprend bien. Spectacles, huîtres et plage à Doëlan, le temps qui passe ferait presque oublier au saxophoniste sa mésaventure marseillaise. Quand Déborah et lui rentrent à Paris, Élysée a l'impression que son appartement a été visité. Une parano qu'il soigne auprès de Déborah.

Vauchillon et ses jazzmen ont un contrat pour jouer sur un yacht à La Ciotat. Peut-être un moyen d'en savoir plus pour Élysée, qui se joint à eux. Une blonde jeune femme parmi les invités sur le yacht, Sandra, attire le saxophoniste chez elle. Évitant le piège in-extremis, Élysée est bientôt rejoint par Déborah à Marseille. C'est probablement dans la basilique qu'ils doivent chercher des réponses. À trop insister sur cette piste, Vauchillon, Déborah et Élysée doivent fuir, se réfugiant à Avignon. Pourtant, des dangers les attendent encore...

Delphine Solère : Les risques de l'improvisation (Michalon Éd. 2014)

Musique et polar sont cousins, issus de mêmes traditions populaires. Des ambiances rock ou jazz accompagnent assez souvent les romans à suspense. Il est donc sympathique et légitime qu'un musicien soit le héros d'un polar. D'autant plus s'agissant d'une comédie policière. Une formule à ne pas galvauder, car placer une intrigue sous le signe de l'humour ne signifie pas qu'elle sera plus futile ou superficielle, voire moins captivante. La tonalité ne joue pas autant sur la noirceur, voilà tout. On notera ici que les titres des chapitres font référence à des morceaux de jazz. Le tempo narratif se doit d'être rythmé : les tribulations du saxophoniste Élysée Gaumont ne manquent évidemment ni de péripéties, ni de mystères.

En plus de l'énigme criminelle, on sourit par exemple des efforts du héros à faire coller des musiques avec les textes de chansons qu'on lui impose. Soulignons encore que c'est un sacré pédaleur, quoi qu'il en dise. Car du Faouët à Lorient ou à Doëlan, il y a quand même une quarantaine de kilomètres dans un décor très vallonné, ardu y compris pour les pros du vélo au célèbre Grand Prix cycliste de Plouay. Si le Morbihan reste une étape calme (mais pluvieuse bien sûr), c'est dans la région marseillaise que se jouent les aspects périlleux de l'affaire. Élysée ne peut guère compter sur la police pour l'aider. Un suspense mouvementé, drôle et fort agréable.

Des chroniques sur ce roman chez Unwalkerschez Yv et chez l'Oncle Paul.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 04:55
Laurent Rivière : Morvan de chien (Éd.de l'Escargot Savant, 2014)

Originaire de Nevers, Franck Bostik est policier depuis huit ans. Son père envisageait pour lui une grande carrière de footballeur. Durant un temps, Franck fut animateur sportif dans sa région. Il débuta ensuite comme flic à Police-Secours dans le 93. Puis, il fut affecté à un commissariat de quartier dans Paris. Franck pratique la police scientifique, laissant les arrestations à ses collègues. Il vit avec sa compagne Cécile, comédienne aux activités aléatoires, et son chien Paf. Un couple déséquilibré, proche de la rupture, pas seulement à cause de leur séduisante voisine Laure. Sa mère, qui habite Nevers, alerte Franck sur la disparition d'un jeune de dix-huit ans, qu'il a connu à l'époque où il était entraîneur. On le nommait “Patte-de-poulet”, mais il s'appelle Mathieu Lechartier.

La rupture avec Cécile étant inévitable, Franck s'accorde quelques jours de congés. Tant pis si son supérieur a besoin de lui. Avec le chien Paf, il prend la direction de la Nièvre. Ils vont loger chez Mathilde Lechartier, la sensuelle mère quadragénaire du disparu. Elle est l'amante du patron facho d'une discothèque locale, le Blue Box. En fait, celui-ci a essayé de se montrer bienveillant envers Mathieu, mais le jeune homme ne l'a jamais accepté. Franck interroge le voisin Simon, animateur au club de football qui traîne une mauvaise réputation, ainsi qu'un ado boutonneux du coin, le jeune mécano Alex. Il enquête aussi au Café de la Paix, dernier endroit où l'on ait vu Mathieu à Nevers.

Deux ou trois pistes se dessinent. Selon la police locale, un SDF prénommé Thomas mais qu'on appelle Le Sanglier pourrait être impliqué. Il y aurait aussi une fille au look gothique, qui fut vaguement amie avec Mathieu. Une autre fille, chanteuse d'un groupe rock métal, copine du jeune homme, semble moins concernée. Par ailleurs, on a peut-être vu Mathieu à la gare de Château-Chinon peu avant qu'il disparaisse. Ça reste assez confus de ce côté. Avec l'ado Alex, Franck visite les squats des toxicos et des clodos de la ville, fuyant même un tatoueur agressif. Ils finissent par retrouver la gothique Anaïs, dans les vapes mais en vie. Bien qu'on l'héberge chez Mme Lechartier, la jeune fille n'est guère coopérative.

L'amie rockeuse confirme une partie de l'emploi du temps de Mathieu, le soir où l'on perdit sa trace. Franck repère finalement Le Sanglier planqué dans une tour de la cathédrale de Nevers, blessé suite à une altercation. Il se montre méfiant, sa mémoire apparaît sélective. Néanmoins, il donne au policier une nouvelle piste, dans les forêts du Morvan rural. Dès le lendemain, Le Sanglier l'accompagne dans ces paysages naturels mais rudes. Ils ne sont pas loin de Château-Chinon, où Franck tente de trouver des témoins à la gare. C'est au hameau des Bardiaux que l'affaire prend un tournant décisif...

Laurent Rivière : Morvan de chien (Éd.de l'Escargot Savant, 2014)

Tout le monde n'a pas la chance de voir son roman préfacé par Claude Mesplède, le grand spécialiste des littératures policières. Comme toujours, ce dernier vise juste quand il dit : “Laurent Rivière a bien retenu ses lectures et l'intérêt de son roman tient à son efficacité, à son écriture sans fioriture, à ses personnages attachants, tout simplement parce qu'ils sont humains.”

Oui, c'est un suspense sans le moindre temps mort que nous a concocté Laurent Rivière. Il est proche du behaviorisme, limitant au maximum les états d'âme et autres aspects psychologiques, s'en tenant pour l'essentiel aux faits vécus ou observés. Le policier est là pour mener une enquête, fut-elle officieuse. Pas pour consoler la belle Mme Lechartier, mère du disparu, ni pour empêcher la gothique Anaïs d'attenter à sa propre vie. C'est cette “efficacité” soulignée par Claude Mesplède, qui donne son tempo au récit.

L'un des côtés importants du roman noir, c'est la description sociale. Il s'agit de présenter aux lecteurs personnages et situations issus de la vraie population, de la vie réelle. Un restaurant où le menu est en langage morvandiau, un décor forestier qui fait frisonner, un éducateur sportif victime de rumeurs, et de nombreuses scènes donnent à l'histoire cette véracité indispensable. Ce sont les gens du cru que l'on côtoie ici, pour de bon, ceux dont on parle trop peu.

Ça n'empêche pas quelques passages souriants : “J'ai eu envie de boire un verre de gnôle. J'ai goûté la «Pomme». Un demi verre. Rhaaa... Bon sang. Y a pas que d'la pomme ! La gnôle du tonton flinguait.” Voilà de l'excellent “roman noir à la française”, formule nullement péjorative, car le résultat est très excitant.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2014 Livres et auteurs
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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 04:55
Maurizio de Giovanni : La méthode du crocodile (Ed.10-18, 2014) – Coup de cœur

L'inspecteur Giuseppe Lojacono est Sicilien d'origine. Voilà environ un an qu'il a été muté au commissariat San Gaetano, à Naples. Une sanction qu'il doit à la calomnie d'un mafieux l'ayant accusé de complicité. Son épouse et leur fille Marinella ont dû être mises à l'abri dans l'Île. À cause de sa femme, Lojacono n'a actuellement plus de contact téléphonique avec Marinella. Il végète au bureau des plaintes, avec le brigadier Giuffrè, écarté de toutes les enquêtes. Qu'on ironise en le surnommant Montalbano l'agace prodigieusement. Le soir, il dîne à la trattoria de Letizia. Elle n'est pas insensible au charme de ce quadragénaire aux yeux bridés, qui lui donnent l'air d'un Chinois.

Cette nuit-là, Lojacono est de service quand un jeune de seize ans est abattu dans la cour de son immeuble. Fils unique d'une infirmière de milieu modeste, Mirko Lorusso faisait un peu de trafic de drogue auprès d'ados de son âge, pour le compte du petit caïd Antonio. Ce jeune à scooter n'était pas sérieusement un délinquant. Sur place, Lojacono remarque la douille du projectile qui a tué Mirko, ainsi qu'un mouchoir en papier humide. C'est la substitut du procureur Laura Piras qui est chargée de l'affaire. Lojacono est vite écarté de l'enquête par son supérieur. Letizia connaît la mère de Mirko, et estime qu'il s'agit d'une famille honnête. Lojacono ne croit pas que la Camorra soit impliquée dans ce cas.

Âgée de quatorze ans, Giada de Matteis appartient à un milieu aisé. C'est en rentrant chez elle après son cours de violon, en début de nuit, qu'elle est abattue. La méthode étant similaire, il ne peut s'agir que du même assassin. Les médias se sont déjà emparés de cette affaire, donnant un surnom au tueur : le Crocodile. À cause des mouchoirs humides de larmes. Pour Lojacono, c'est surtout quelqu'un de très bien préparé, utilisant la même méthode de chasse que les crocodiles. Si le policier assiste aux obsèques de Giada, il est toujours exclu de l'enquête, tandis que Laura Piras met la pression sur Di Vincenzo, son supérieur. Le brigadier Giuffrè est convaincu que Locajono serait plus compétent.

Donato Rinaldi est un étudiant de vingt-trois ans, fils d'un médecin réputé qui a beaucoup d'influence sur lui. Pas question de rater ses examens pour une amourette. Néanmoins, ce soir-là il est sur le point de sortir, quand le Crocodile l'abat dans le garage de la maison. Le père ne le découvrira qu'au matin. Comme Lojacono, Laura Piras ne croit pas dans la piste mafieuse. La substitut finit par associer l'inspecteur sicilien à l'enquête officielle.

Lojacono a noté que les trois jeunes victimes étaient des enfants uniques élevés par un seul parent. Pendant ce temps, dans sa chambre d'hôtel, un vieux monsieur – quasiment anonyme dans cette ville grouillante de vie – continue à écrire une sorte de longue lettre racontant son périple meurtrier napolitain. Son ultime cible pourrait être la petite Stella...

Maurizio de Giovanni : La méthode du crocodile (Ed.10-18, 2014) – Coup de cœur

Maurizio de Giovanni s'est fait connaître en France avec sa série publiée chez Rivages/Noir, ayant pour héros le commissaire Ricciardi. Ici, il s'agit des enquêtes à Naples d'un second policier, Giuseppe Lojacono (gentiment appelé Peppuccio, par la restauratrice Letizia). Étant Sicilien, ses collègues se moquent en le nommant Montalbano, personnage créé par Andrea Camilleri. De la part de l'auteur, un hommage au Maître, à n'en pas douter. Il a été victime d'une dénonciation calomnieuse, mais ce qui le perturbe principalement, c'est de ne plus avoir de contact avec sa fille. Il en cauchemarde, d'autant que l'affaire criminelle en cours concerne également des jeunes des mêmes âges que Marinella.

Le fait qu'il soit en position de faiblesse, confiné dans un bureau, inutile au service, en proie à des états d'âme, rend évidemment sympathique ce policier. La magistrate Laura Piras, qui s'implique dans son métier suite à une déception sentimentale, est aussi plutôt attachante malgré sa dure carapace de pro. Par ailleurs, on suit la rédaction de la lettre du vieux monsieur, clé essentielle de ces crimes. Même si l'on ne connaît pas Naples, l'auteur nous situe les quartiers en fonction des classes sociales qui y résident. La Camorra ne peut pas être totalement absente d'une histoire se déroulant dans cette ville, bien sûr. Sans doute bien servie par la traduction, la fluidité narrative de Maurizio de Giovanni est un régal. En effet, les courtes scènes très vivantes s'enchaînent avec harmonie. Un polar authentique, de fort belle qualité.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 04:55

Le 24 juin, jour de la Saint Jean-Baptiste, c'est la Fête nationale du Québec. J'essaie, ponctuellement, d'évoquer ici quelques auteurs québécois. Récemment, j'ai chroniqué les romans de Perrine Leblanc (Malabourg) et de Samuel Archibald (Quinze pour cent). À plusieurs reprises, j'ai évoqué des titres de la collection Coups de tête, dirigée par Michel Vézina. Bien qu'elle soit québécoise de langue anglaise, je chronique quelques-uns des romans de Louise Penny. J'ai consacré dans ma rubrique "Spécial Québec" des articles à des livres de Jacques Savoie, François Barcelo, Stanley Péan, Mélanie Vincelette, Andrée A.Michaud... Il sera bientôt question de Victor-Lévy Beaulieu, dont le rôle n'est pas mince dans la littérature québécoise.

Québec, une Fête Nationale... et tant d'auteurs à découvrir !

Notre camarade blogueur Richard Migneault ( http://lecturederichard.over-blog.com/ ) s'implique dans la promotion du polar au Québec. Il a coordonné un recueil de nouvelles, “Crimes à la librairie” (Éditions Druide) qui est un bon moyen de faire connaissance avec certains auteurs québécois : « Ils écrivent des polars. Des polars qu’on dévore. Et à la demande d’un lecteur passionné, Richard Migneault, ils se sont réunis autour d’un thème séduisant : crimes à la librairie. Mario Bolduc, Camille Bouchard, Benoît Bouthillette, Chrystine Brouillet, Jacques Côté, Ariane Gélinas, André Jacques, Martine Latulippe, Geneviève Lefebvre, Florence Meney, Sylvain Meunier, Martin Michaud, Patrick Senécal, Johanne Seymour, Robert Soulières, Richard Ste-Marie. Ces seize écrivains québécois de grand talent nous invitent dans autant de librairies. De ces lieux généralement paisibles, ils ont fait de véritables scènes de crime. Ils ont dénaturé ces carrefours de tous les imaginaires en transformant chaque livre qui s’y trouve en témoin de l’énigme, du suspense, de l’insoutenable. Leurs nouvelles nous permettent de découvrir leur style, leurs intrigues et leurs personnages: un tueur à gages littéraire, un homme qui détestait les livres, un général croate sanguinaire, un agent du FBI, une libraire incendiaire, un voleur d’incunables... Parions qu’après avoir lu ce recueil, vous ne verrez plus tout à fait votre librairie préférée du même œil...»

Toutes les infos sur ce recueil de nouvelles :

http://www.editionsdruide.com/livres/hiver-2014/crimes-librairie/

En France, on peut se procurer des romans d'auteurs québécois, en s'adressant aux compétentes libraires de La Librairie du Québec :

http://www.librairieduquebec.fr/

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