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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 05:55

Mémé Cornemuse est bien décidée à débarrasser le plancher, direction les Amériques. Fini de tourmenter ses contemporains, de déclencher des cataclysmes sur son passage, elle va rejoindre l'amour de sa vie à Hollywood, Jean-Claude Van Damme. Pour Mémé, l'acteur belge est une sorte de Dalaï-lama musclé de la pensée profonde, ou creuse, ça dépend. Après avoir passé ses dernières vacances dans une roulotte près de la mer du Nord avec un tueur en série, après avoir brièvement épousé un flic jouant les travelos, après avoir été concierge dans un immeuble où elle a fichu le souk, après avoir décimé les importuns croisés au hasard de ses aventures chaotiques, Mémé tient à concrétiser ce rêve qui doit la propulser vers l'homme de sa vie. Toutefois, le cyclone Cornemuse menace encore pour un temps, car elle a besoin d'argent avant que quitter définitivement le Vieux Continent.

Grâce ou à cause d'une émission de télé, Mémé Cornemuse s'invite chez des bourgeois avec leurs mômes. C'est quand même pas pour y jouer les bonniches. Dès l'arrivée, elle donne le ton (genre “Mon voisin le tueur”, avec la vieille dans le rôle de Bruce Willis). Mémé prive les gosses de leur poste de télé, supprime le voisin râleur, dégoûte la fille de ses hôtes des robes de princesses. Elle ne tarde pas à quitter cette famille irrécupérable, non sans avoir piqué leur fric dans le coffre fort et bousillé un tableau de Dufy. C'est en camionnette qu'elle poursuit sa route, après avoir vaguement transformé l'engin façon baraque à frites. Faut pas s'attendre à ce que, même à quinze Euros la portion, le fritkot de Mémé vous serve de la première qualité. Mémé n'est guère réceptive aux réclamations, sortant son flingue à la moindre contrariété, faut-il le rappeler.

En chemin, Mémé fait quelques rencontres. Dont le jeune Félix, qui recherche les traces familiales de son passé, ce dont il devrait s'abstenir. Lui, il aurait pu fournir l'accès direct à Jean-Claude Van Damme, mais Mémé l'ignore. Quant au personnage fantomatique venu lui annoncer sa dernière heure, c'est quand même pas la Camarde qui va impressionner la Mémé. Et puis, faire une bonne action pour surseoir à sa propre mort, c'est pas trop dans la nature de Mémé Cornemuse. La voilà qui débarque au Havre, y croisant fatalement le rockeur local, gloire de la ville depuis quarante ans, Little Bob. Engagée sur un navire, Mémé passe bientôt de la plonge à la bouffe, remplaçant le légitime cuisinier Mamadou. Le ferry n'allant pas à New York, Mémé fait escale sur les plages d'Ostende. Sans renoncer pour autant à retrouver prochainement son “fiancé”...

Nadine Monfils : Mémé goes to Hollywood (Éd.Belfond, 2014)

Écartez-vous de son chemin, dès que votre apercevrez son ombre : Mémé Cornemuse est de retour. Une vieille dame inoffensive, juste un peu obsédée par les chansons d'Annie Cordy, et dont les lubies se sont fixées sur Jean-Claude Van Damme, pensez-vous ? Gare aux imprudents qui confondraient ce typhon vertigineux avec une simple bourrasque. Car c'est de la lave en fusion qui éclabousse tout ce qui l'approche, entraînant son monde dans un tourbillon d'embêtements (pour être poli). Par contre, on reste à l'abri du danger tant qu'on se contente de lire les délirantes tribulations de Mémé Cornemuse. C'est même un excellent remède afin de ne pas sombrer dans la morosité, pour chasser la sinistrose.

Il est plutôt improbable que Mémé parvienne au terme de son voyage vers la Californie, on s'en doute. Ce qui ne nous empêche pas de voir défiler quelques célébrités. Et autres personnages divinement caricaturaux, bien sûr. D'une fantaisie débridée, les romans de Nadine Monfils font penser à l'univers de Charles Trenet. À son “Jardin extraordinaire”, en particulier : “Pour ceux qui veulent savoir où ce jardin se trouve/Il est vous le voyez au cœur de ma chanson/J'y vole parfois quand un chagrin m'éprouve/Il suffit pour ça d'un peu d'imagination.” Suivre les méandres humoristiques des aventures de la pittoresque Mémé, c'est laisser libre cours à nos envies d'excentricités. Faisons-nous plaisir grâce à cette savoureuse comédie populaire, au sens noble du mot. Merci Nadine Monfils !

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 05:50

 

On se souvient que Jeannette Vanpiperzeel, mieux connue sous le nom de Mémé Cornemuse, a vécu de pétulantes tribulations. Inoubliables, ses vacances avec un serial killer sur les côtes de la Mer du Nord. Puis Mémé Cornemuse convola avec le flic travelo Michou. Union qui ne dura évidemment guère, d’autant que la vieille dame indigne aime tripoter les boules de tous les messieurs potables. MONFILS-2013Elle ne perd jamais une occasion de clamer sa sexualité active : Écoute moi bien, résidu de confettis, y a pas d’âge pour aimer le sexe. La seule différence entre toi et moi, c’est que tu baises avec des baguettes, et moi je m’enfile les minets à la louche. Suis une gourmande. Son idéal d’homme reste ce demi-Dieu qu’est Jean-Claude Van Damme, grand maître du langage obscur. Annie Cordy et lui sont, quoi qu’en disent les jaloux, parmi ce que la Belgique a produit de plus brillant.

Mémé Cornemuse s’est désormais reconvertie en concierge. Sans mettre de côté son esprit baroudeur : Elle, ce qu’elle voulait, c’était de l’aventure ! Elle était l’Indiana Jones des charentaises, la James Bond des bas de contention. Si, dans la cave, elle héberge le repris de justice Jef Kluut, c’est qu’elle a une idée derrière la tête. L’ex-malfaiteur est un romantique, qui rêve de pactole afin de rejoindre à Meudon son premier amour Marinette. En attendant, Jef creuse. La maison voisine est une bijouterie, fort tentante pour ce duo assorti, tête pensante et bras solides. Mais, en face, il existe un couvent. Saint lieu qui va accueillir Micheline Martini, épouse et complice d’un trop célèbre pédophile, où elle terminera sa réclusion. Et ça, pas de doute que ça risque d’attirer reporters, flics et badauds. Mauvais pour le plan élaboré par Mémé Cornemuse. Il est à craindre qu’elle ait une désillusion bien plus grande encore d’ici peu.

Le couple le plus stupide de l’immeuble se compose de Ginette Plouf et de Marcel Durite. Prince charmant et destin de star, voilà ce que devrait être la véritable vie de Ginette. Pour l’heure, elle se contente des chaussures très jaunes de Lady Di. Ce qui, au lieu de la métamorphoser, va occasionner quelques tracas dans son existence. Elle découvre son mari Marcel assassiné et mutilé chez eux, la bite plantée dans un camembert. Son frère Jules Durite, dit Bouboule, est censé se trouver en vacances au bord de la mer. Mémé Cornemuse le découvre bientôt, aussi occis et démembré que son frangin, dans sa baignoire. Jef connaît le chemin de la chaudière pour incinérer les rebuts.

Ginette se pose quand même des questions sur Marcel, qui lui a visiblement caché pas mal de choses sur son passé. Ce ne sont pas les coûteuses séances de voyance bidonnées par la concierge qui vont lui éclaircir les idées. Elle va mener sa petite enquête sur les locataires de l’immeuble, retrouvant même les parents Durite. Quant à la peu maternelle Mémé Cornemuse, elle est contactée par un fils qu’elle ignorait avoir pondu. Un de ces traîne-patins juste bons à lui tirer ses rares économies ? Non, l’inverse, un élégant quadragénaire au métier excitant pour une arnaqueuse comme la brave Mémé Cornemuse. Malgré ses prières ferventes à l’icône de Jean-Claude Van Damme, pas sûr qu’elle parvienne à s’enrichir ces temps-ci. Le bon Dieu ne l’aide pas vraiment, en effet…

 

Nadine MonfilsOn peut aimer les thrillers calibrés au millimètre, les enquêtes orchestrées avec grand soin, les romans noirs soulignant de pénibles réalités sociales. Et puis, les lecteurs peuvent avoir envie de rigoler un peu, beaucoup, à la folie. Oui, il y a bel et bien de la dinguerie dans les histoires que nous concocte Nadine Monfils.

Rien qu’à observer l’anecdotique, par exemple les scènes avec le hamster Gustave et le perroquet Rousseau, on suppute être entrés dans un immeuble de fêlés. Le peintre Luigi, spécialisé dans les portraits de cadavres, ne va pas nous rassurer. L’ensemble des habitants, pas tellement plus. Au centre de ces perturbés, trône la redoutable Mémé Cornemuse. Le plus comique des personnages qu’on ait imaginé depuis longtemps. Elle a compris que, pour qu’un peu d’excitation agrémente nos vies, on doit compter sur le sexe et le fric. Et elle s’y emploie au quotidien avec férocité, la bougresse. Pas d’hésitation, adoptons tous Mémé Cornemuse.

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 05:33

 

Publié chez Tabou Éditions, Les Souliers de Satan de Nadine Monfils se classe parmi les érotiques. Cette histoire à épisodes autour d’une héroïne très singulière ne manque pas de charme…

Follandine est une jeune femme, aussi belle qu’il vous plaira de l’imaginer. Son amant se prénomme Gabriel, plutôt ange noir que protecteur bienveillant. MONFILS-2012-TabouTous deux vivent une relation étrange, passionnée. Je n’étais pas faite pour des eaux tranquilles et toi, tu n’es ni fleuve ni mer sauvage, tu es tourbillon et quand on se sent pris dans tes ondes, il est déjà trop tard. Inutile de nager, il faut se laisser entraîner en s’abandonnant totalement. Follandine explique : À lui tout seul, mon compagnon m’offre un univers de délices et d’horreurs, de murmures et de cris, de caresses à bout de griffes, et de mots tantôt claques, tantôt velours. Elle précise encore : Je ne peux me contenter ni d’à peu près ni d’ersatz. Je veux de l’absolu ou rien. Une vie intense, avec des surprises permanentes, et mille excès amoureux consentis. Masochiste ? Sans doute. Je ne peux vivre la passion sans ses extravagances résumera finalement Follandine.

La propriété de Gabriel pourrait être un grand jardin fortifié, dans lequel des ados attendent le bon plaisir du maître des lieux. Assisté de l’éphèbe Athanatos, il improvise des jeux cruels entre ces jeunes, d’autres jeux qui sont aussi punitions pour Follandine. Ou bien Gabriel lui donne-t-il un improbable rendez-vous, avant un voyage de rêve, où ils prendront un autostoppeur, percuteront un cycliste et une dame au chien. Dans un cimetière des trains, Follandine croise un contrôleur fantomatique avec son miroir brisé, assassin anonyme. Après avoir été adoptée par Gourgandine, une pute amputée, Follandine rencontre avec Gabriel, dans un vrai train, un homme possédant une curieuse main articulée. Le couple débarque quand la Rue-aux-folles, où chaque maison recèle des personnages mystérieux. Entre Raoul le marin en petit costume, une jeune couple modèle, et un zombie photographe, un quartier aussi insolite qu’excitant.

Les expériences de Follandine et Gabriel se poursuivent, toujours plus incroyables ou sinistres. Côtoyer un rat, passer devant un homme à la tête presque coupée, se perdre dans une ville souterraine aux trottoirs jonchés de bras et de jambes, s’inviter dans un cinéma où le port de la petite culotte est interdit et puni, telles sont quelques-unes de étapes initiatiques décidées pour Follandine. Elle va aussi connaître Nathanaël, l’enfant libre et sensuel. Tant de choses à vivre entre rêve et réalité. Enfin, peut-être qu’un jour, il sera temps de s’éloigner : Nous allons partir vers le Désert des Tartares, vers l’envol et le délire. Avant cela, nous irons enterrer nos souvenirs à Bruges… Laisser derrière soi le passé, continuer dans la passion, le seul programme qui convienne à Folandine et Gabriel…

 

Nadine Monfils est auteure de polars, probablement une des plus originales qu’on puisse lire. Prix «Polar 2007» au Salon «Polar&Co» de Cognac pour "Babylone Dream", Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne 2009 pour "Nickel Blues", Prix de la ville de Limoges 2010 pour "Coco givrée", créatrice de la série des enquêtes du commissaire Léon (le flic qui tricote) actuellement rééditée aux éditions Belfond, elle a publié deux grand succès en 2011 "Les vacances d’un serial killer" et en 2012 "La petite fêlée aux allumettes".

Nadine Monfils écrit donc aussi des livres érotiques. Qu’il vaut mieux qualifier d’histoires fantasmagoriques. En témoigne ce passage : Nous pénétrons dans une vaste pièce blanche aux murs nus. Au milieu, un immense livre en relief est couché sur un plateau tournant. Je t’aide à l’ouvrir. Chaque page dépliée dévoile tout un univers, et tu laisses à l’adolescent le choix d’entrer où il veut. Loin d’une basse pornographie, c’est une écriture raffinée et imaginative qui nous est proposée. Rêve ou cauchemar ne font qu’un dans cette suite d’aventures, où la passion est omniprésente. Le lecteur est ici à la fois complice troublé et spectateur souriant. Voilà une autre sympathique facette de Nadine Monfils, à découvrir sans complexe.

 

Publié en 2008 chez La Musardine, "Le bal du Diable" est un autre érotique de Nadine Monfils, qui ne manque pas non plus d'une belle fantaisie.MONFILS-2008

Malgré son air enfantin, Nina de Pertuis est une fieffée coquine. Quand elle s’amuse à faire la pute, ça lui vaut parfois quelques désagréments. Ses parents vont y mettre bon ordre en obligeant Nina à épouser un vieux comte. La jeune femme s’avoue subjuguée par cet homme, troublée par son regard. Les préparatifs du mariage sont assez excitants pour Nina. Après la cérémonie, le couple voyage dans la Rolls-Royce du comte, jusqu’au château de celui-ci. L’accueil n’est pas si gai, Nina devant subir des examens médicaux. Une experte en parfums, puis l’habilleuse, puis la coiffeuse, préparent la jeune mariée au goût du comte. C’est l’heure de leur première relation sexuelle.

 

Le mari s’est aperçu que, contrairement à ce qu’il croyait, Nina n’était pas vierge. Furieux, le comte séquestre Nina. Finalement, elle ne pourra sortir qu’escortée d’un majordome. Ce qui n’empêche pas Nina de ruser, et de rencontrer un vieux bonhomme caché dans le château. Le comte estime que son épouse est beaucoup trop curieuse, et la fait enfermer dans une geôle. Où Nina a de curieux rapports avec son fantomatique voisin aussi emprisonné. Quand elle est reconduite à sa chambre, la jeune femme ne songe qu’à fuir. Par les sous-sols, ça semble la meilleure solution. C’est ainsi qu’elle découvre que s’y déroule un étrange spectacle de cirque, aux numéros cruels. Nina se sait traquée par les gardes du comte, qui sera sans pitié si on la retrouve. Entre les cellules où vivent des phénomènes de foires et des boutiques fétichistes, un drôle de parcours l'attend...

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Nadine Monfils
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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 06:38

 

Aux Éditions Belfond, Nadine Monfils nous donne plusieurs rendez-vous en cette année 2012. Dès le mois de juin, sera rééditée la série Commissaire Léon (le flic qui tricote en cachette depuis qu’il a arrêté de fumer, incarné par Michel Blanc au cinéma dans “Madame Édouard). MONFILS-2012-1Elle comporte dix histoires et paraîtra en cinq volumes. Aujourd’hui, c’est avec La petite fêlée aux allumettes que nous pouvons déjà retrouver Nadine Monfils…

 

Pandore n’est certainement pas la plus tranquille des villes. Les morts suspectes ou carrément criminelles s’y succèdent. Geste de défense pour la jeune Nake, qui a poignardé un dragueur plouc nommé Éric Mornier. Celui-ci n’avait guère de contact avec son puant père, ce qui n’empêche pas ce Max Mornier de décréter qu’il vengera son fils. Le décès de la grand-mère de Nake, qui a élevé la jeune fille, n’est pas vraiment naturel non plus. Elle n’était sans doute pas la gentille mamie qu’imaginait Nake. En cherchant des traces de sa famille, elle s’aperçoit que quelques secrets restaient cachés. Elle trouve aussi une boite d’allumettes. Chaque fois que Nake craque une allumette, elle a la vision d’un crime en train de se produire. En effet, plusieurs fillettes sont assassinées à Pandore.

Ce sont des indices fort approximatifs que recueille l’inspecteur Cooper. Pattes de chats dans la bouche, mutilations, fillettes portant des vêtements qui ne leur appartenaient pas. Une copine de la première victime prétend qu’un loup et un fantôme rôdait autour d’elles. Quant aux parents, rien de très fiable dans leurs témoignages non plus. D’autant que Tina Dex, la mère de la deuxième gamine, a des activités plus qu’étranges. L’inspecteur Cooper ne compte guère sur ses adjoints. L’un, Capsule, aime trop la pipe. L’autre, Michou, est un homosexuel extraverti. D’ailleurs, ce dernier se transforme chaque nuit en travesti sous le nom de Betty. Ce qui, en écoulant un peu de drogue, lui donne l’occasion de croiser Max le vengeur. Ainsi que Nake, que Betty n’a pas l’intention de trahir.

MONFILS-juin2012Mémé Cornemuse, c’est comme une tornade causant beaucoup de dégâts sur son passage depuis qu’elle a décidé de ne plus respecter aucune norme. Adepte du philosophe belge Jean-Claude Van Damme, Mémé Cornemuse ne cherche jamais d’excuses à ses actes. Entre tâter les boules des messieurs, faire exploser la maison en bord de mer de l’inspecteur Cooper, et s’occuper du ménage de celui-ci, l’emploi du temps de Mémé Cornemuse est chargé. De son côté, Nake s’interroge sur le mystérieux locataire de sa grand-mère. Fait-il partie de ces hommes aux chapeaux melons, porteurs de mort à Pandore ? L’enquête sur les meurtres des fillettes, Cooper et son équipe s’en préoccupent parfois. On peut déjà affirmer que, si l’assassin est arrêté, un dénouement festif se prépare…

 

Il était une fois, dans un monde semblable à celui des contes de fées, des gens qui ne seraient pas gentils, mais pas haïssables non plus. Dans ce moderne Pandémonium, il y aurait des flics pas spécialement consciencieux, des parents qui s’en fichent de leurs gamines, des types aux allures inquiétantes, et une mémé infernale essayant de comprendre l’esprit de Jean-Claude Van Damme.

MONFILS-MijadeSe plonger dans un roman de Nadine Monfils, c’est pénétrer dans un univers où tout repère a été gommé d’un coup de baguette magique ou maléfique. Il en faut du talent pour captiver avec de sanglants meurtres pour rire, accompagnés de mystérieuses visions issues du flash d’une allumette. Tout cela s’inspirant en partie de l’imaginaire d’enfance, et des authentiques contes bien plus cruels que ceux racontés aux mômes. En guest-star, la mémé Cornemuse de Les vacances d’un serial killer nous déride le neurone de la rigolade. Une potion à base de délire déstressant, un efficace remède contre la morosité, une médication sans effets secondaires néfastes, voici ce que nous offre Nadine Monfils pour passer un excellent moment de lecture.

 

Par ailleurs, Nickel blues de Nadine Monfils est réédité aux Éditions Mijade.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 06:36

 

MONFILS-MijadeAprès le succès de Les vacances d’un serial killer en 2011, le prochain roman de Nadine Monfils La petite fêlée aux allumettes est annoncé pour la fin février aux éditions Belfond. C’est chez cet éditeur que fut initialement publié en 2008 Nickel blues. Désormais, cette histoire pleine de fantaisie signée Nadine Monfils est disponible aux éditions Mijade. Un roman qui s’adresse aux publics de tous âges, puisqu’il a déjà séduit beaucoup d’ados. En effet, il a été récompensé par le Prix des lycéens de Bourgogne 2009...

 

Bruxellois, Marcel et Paulette Boulon sont partis en vacances avec la mémé. Leurs fils, l’aîné Ralph et le cadet Tony, sont restés en Belgique. Suite à une fiesta délirante, la maison est dans un état de saleté et de désordre inouïe. Avant le proche retour des parents, il faut trouver une fée du logis bénévole pour nettoyer. À l’initiative de Ralph, le duo repère la jeune femme idéale, qui loge dans une belle demeure bien tenue. Ils kidnappent cette Rita. Sous les yeux de son mari, Homère. Celui-ci les poursuit avec sa Jeep, mais Ralph parvient à le semer. Sous la menace, Rita réussit à donner un maximum de propreté au domicile des Boulon. Ralph décide de la séquestrer dans le grenier d’une maison inhabitée, et d’exiger une rançon. Quand Marcel, Paulette et mémé rentrent de vacances, la vie reprend une allure normale. Sauf que Tony remarque une Jeep rôdant autour d’eux.

L’échange de Rita contre la rançon se passe plutôt mal. Homère assomme Tony et massacre la voiture des parents Boulon. Les frères échappent au mari de Rita, mais Tony reste sous le choc. Pour organiser une nouvelle tentative de demande de rançon, les deux jeunes doivent néanmoins faire vite. Ralph et Tony découvrent un vrai carnage au domicile familial. Alors que Ralph veut se venger sur Rita avant d’aller buter Homère, la jeune femme leur explique sa triste situation maritale. MONFILS-BelfondElle sait où trouver beaucoup de fric : chez sa patronne, la baronne à laquelle appartient la demeure où ils l’ont kidnappée. Hélas, Homère est passé avant eux. Ralph, Tony et Rita trouvent refuge à Liège, les deux frères étant recherchés par la police. Tony a emporté avec eux un souvenir de sa mémé adorée. Ils ne sont pas à l’abri à cette adresse, que Homère connaît…

Tous les personnages de cette comédie noire sont carrément déjantés. Cette histoire entraînante est un feu d’artifice d’humour et de péripéties insolites. La tonalité enjouée, voire goguenarde, de Nadine Monfils est un vrai régal. Sans oublier un clin d’œil aux textes de chansons de Jacques Brel.

 

En attendant le prochain titre de Nadine Monfils : La petite fêlée aux allumettes”.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Nadine Monfils
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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 06:40

 

INTERVIEWS-EXPRESSNos z’amis z’auteurs de polars ont accepté de répondre à l’interview express 2011 d’Action-Suspense, une nouvelle série dans l’esprit des Portraits Chinois. Ils nous donnent chacun leur version, amusée ou sérieuse, aux six questions décalées qui leur sont posées.

Aujourd’hui : Nadine Monfils

 

L’ambiance de vos romans, c’est plutôt : Soleil bruineux sur jungle urbaine, ou Grisaille radieuse sur cambrousse pittoresque ?

C’est neige sanglante sur petite culotte de soie. Et parfois avec de la dentelle noire ou rose selon mon humeur…

Vos héros sont plutôt : Beaujolais de comptoir, ou Double whisky sec ?

PC-MONFILSTrappiste au coin du comptoir (je suis belge)

Vos héros sont du genre : J’aime personne, ou Je me déteste ?

J’aime ceux qui ne m’emmerdent pas.

 

  Vos intrigues, c’est : J’ai tout inventé, ou Y a sûrement du vrai ?

J’ai tout inventé mais tout pourrait être vrai.

Vos intrigues sont : Des torrents imprévisibles, ou Des fleuves canalisés?

Le déluge sur un air de musique enfantine

Quel est votre propre état d’esprit : C’était mieux demain, ou Le futur c’est maintenant ?

Le présent c’était bien.

 

Plusieurs chroniques ont été consacrées ici aux romans de Nadine Monfils : "Les vacances d'un serial killer", "Coco givrée", "Le bar crade de kaskouille", "Nickel blues", "Téquilla frappée".

Nadine Monfils a aussi répondu au "Portrait Chinois".

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 06:55

 

Le polar est souvent noir. Il peut s’avérer très drôle, aussi. Nadine Monfils nous le prouve avec Les vacances d’un serial killer, son nouveau titre publié chez Belfond.

MONFILS-2009En Belgique, les Destrooper partent en vacances. C’est à Blankenberge, station balnéaire de la Mer du Nord, qu’ils ont réservé leur séjour. Alfonse Destrooper, le père, est fabricant de boulettes sauce lapin, délicieuse spécialité liégeoise. Son épouse se prénomme Josette. Leurs deux enfants, des ados, les accompagnent. Josette a appelé son fils Steven, en hommage à l’acteur Steven Seagal. Avec sa caméra sans cesse en action, il se prendrait plutôt pour Spielberg. Leur fille se nomme Lourdes, en référence à celle de Madonna. Un duo de glandeurs, selon leur père. Pour ces vacances, ils traînent avec eux la mère de Josette.

Dans sa caravane tractée par la voiture de son gendre honni, mémé Cornemuse ne gêne personne. Enfin presque, car cette cabane sur roues va se détacher au cours du trajet. Ce qui oblige mémé Cornemuse à faire de l’auto-stop jusqu’à destination. C’est là qu’elle fait connaissance avec Jean-Mi. Suite à quelques incidents, elle invite cet automobiliste perturbé à partager sa chambre et son lit. De leur côté, le voyage des Destrooper est un peu agité. Un motard dérobe le sac de Josette, qui contient l’argent des vacances. Sur une aire de repos, une pause s’impose. C’est là que Steven et Lourdes filment dans les WC de la cafétéria le cadavre du motard voleur. Ils craignent que leur père ne soit l’assassin, mais un détail les détrompe.

Après avoir récupéré la caravane vide de la mémé, les Destrooper arrivent enfin à Blankenberge. La pension de famille Les mouettes rieuses n’est pas des plus luxueuses. Pas de vue sur la mer, comme annoncée, la plage étant d’ailleurs assez éloignée. Et la première nuit, la chambre d’Alfonse et Josette est bientôt inondée. Ça, c’est un coup de mémé Cornemuse, qui a cassé la chasse d’eau, mais laisse son poltron de gendre payer les dégâts. S’il s’est écrasé devant le proprio de l’hôtel, Alfonse n’a pas peur de s’en prendre à une gamine qui l’asperge de sable sur la plage.

Tandis que Steven et sa sœur continuent à filmer, mémé Cornemuse transforme sa caravane en cabinet d’extralucide. Jean-Mi devenant un peu encombrant, elle voudrait trouver le moyen de s’en débarrasser. Justement, un certain Biloute s’est installé à la pension de famille. Mémé ne tarde pas à comprendre que le sens moral de cet homme-là est assez relatif. S’ils gagnent ensemble au loto et qu’il l’aide pour Jean-Mi, elle imagine déjà quel beau couple ils formeraient. Josette n’a pas du tout apprécié les frasques supposés de son mari dans un bistrot du coin. Elle décide de prendre l’air sans sa famille…

 

MONFILS-2011C’est une comédie pleine de drôlerie que nous propose Nadine Monfils. On sait qu’elle ne manque pas d’une fantaisie débridée. Petite amertume, malgré tout, quant à la situation de son pays natal. Plat pays, morne plaine. La Flandre est devenue triste avec ses Flamingants qui lui ont écrasé le cœur à coup de bottes de SS. Ici, tu demandes ton chemin en français, et on ne te répond pas. Tout juste si on ne te fusille pas ! Retenons le feu d’artifice burlesque, l’humour (noir) omniprésent.

Voilà un roman aux multiples péripéties, où l’on ne redoute pas de côtoyer des cadavres sanguinolents, puisque ça nous fait rire. Avec de gros efforts, elle parvient à le hisser dans le casier de bois sous la banquette. Petit problème, la paluche gauche du gaillard ne rentre pas dedans (…) Soudain, il lui vient une idée de génie. Elle ouvre le tiroir de sa kitchenette et en extirpe un couteau de boucher. Et là, d’un geste de bûcheron, vlan, elle lui tranche la main. Tous les personnages sont excessifs, caricaturaux à outrance, ridiculisés pour notre plus grand plaisir. L’auteure adorant croquer ce genre de vieille dame indigne, c’est surtout la mémé qui est irrésistible. Un très bon moment de détente attend les futurs lecteurs, c’est certain.

 

On peut aussi cliquer pour mes chroniques sur "Coco givrée", sur "Tequilla frappée", sur "Nickel blues", sur "Le bar crade de kaskouille". Nadine Monfils a aussi répondu au "Portrait chinois".

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Nadine Monfils
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 07:20

 

Après “Babylone Dream” (Prix Polar&Co Cognac 2007), “Nickel Blues” (Prix des lycéens de Bourgogne 2008) et “Téquila frappée” (2009), le nouveau roman de Nadine Monfils est intitulé “Coco givrée”. Bienvenue à Pandore, la ville la plus étrange qui soit…

Le domaine d’Arnheim, montagne boisée d’une forêt touffue, est une des attractions de la ville de Pandore. On y célèbre la fête des bonshommes de neige pour attirer la population. À la nuit tombée, c’est plutôt un endroit inquiétant. C’est là que, dix ans plus tôt, disparurent la petite Laurie et son beau-père Doug. Dans un manteau qu’il a récupéré, le clochard amnésique Ben retrouve un acte de naissance au nom de Laurie. Il se présente à la villa Bel Canto, où habita jadis la fillette. Il est aussitôt engagé par Jimmy, le frère aîné de Laurie. Celui-ci s’occupe de Katrina, sa mère, dont les humeurs séniles sont fort inquiétantes. MONFILS-2010Chargé de l’entretien, Ben en profite pour explorer la propriété. Peu de traces de la disparue, mais un cahier noir lui permet de repérer une nommée Nina, qui fut à l’époque la maîtresse de Doug, le beau-père.

Célibataire, le policier Lynch apprécie de plus en plus la vie en couple avec sa chienne alcoolique et pisseuse, Tequila. Par contre, des complications attendent son collègue Barn lorsqu’il accueille chez lui la prostituée Coco. D’abord, elle est bien décidée à s’incruster ici. Ensuite, elle ne supporte pas Midnight, la chatte de Barn. Enfin, sa turbulente mémé Yvonne rejoint Coco, s’installant comme chez elle au domicile de Barn. Lynch refuse tout net d’héberger les deux femmes. Le pire est à venir car, non seulement la prostituée et sa mémé ne se laissent pas aisément évincer, mais Coco envisage un mariage avec Barn. Les deux policiers ont quand même le temps de s’occuper de la disparition de deux fillettes, Regina puis Lily. La première se promenait au domaine d’Arnheim avec sa mère. Les parents de la seconde ont péri dans un accident de voiture au même endroit.

Compter sur les impressions oniriques de Nicki, la profileuse extralucide, reste très aléatoire pour les policiers. Néanmoins, après la découverte du cadavre de Regina, la jeune femme rencontre le fantôme d’une ex-modèle du peintre Magritte. Elle lui apporte une indication. Surveillant les parents de Regina, qui figurent le couple parfait, Barn remarque leurs curieux jeux sexuels. De là à penser que la gamine les gênait, il n’y a qu’un pas. Il serait bon que le père s’explique. En interrogeant un certain Zouzou, Lynch est mis sur la piste de Jimmy et de la villa Bel Canto. Voir un lien entre les disparitions actuelles et celle de Laurie datant de dix ans, ça semble incertain pour Lynch. Les corps de Lily et de ses parents sont retrouvés, mis en scène à la façon d’un tableau de Magritte. C’était déjà le cas pour le cadavre de Regina. Tandis que le clochard Ben finit par découvrir au grenier ce qu’il cherchait, chacun de leur côté Lynch et Barn s’exposent au plus grand danger en approchant de la vérité…

Pénétrer dans cette ville de Pandore imaginée par Nadine Monfils, c’est prendre le risque d’y croiser les personnages les plus insolites du monde. Telle la grand-mère d’une des victimes, étonnante pythie : “Elle garde les pattes de lapins qu’elle élève et qu’elle mange, puis elle les suspend à des fils au plafond, comme des mobiles. Alors elle se concentre et pose une question. Si les pattes se mettent à bouger, c’est que la réponse est positive.” Quelques autres sont aussi déjantés qu’elle ― ou, pour le moins, assez particuliers. Quand les tableaux de Magritte inspirent des scènes dignes du musée des horreurs, les policiers Lynch et Barn mènent une enquête approximative. Toutefois, entre pistes et hasards, ils finissent par y voir clair. Leur vie personnelle capte une bonne part de leur énergie, d’autant que Barn est menacé de devoir épouser la pute Coco. “Lynch ne sut pas très bien si c’était un reproche ou de la gratitude. ― Après tout, fit-il, être témoin d’un meurtre ou d’un mariage, c’est pareil.” On l’a compris, c’est la fantaisie que s’autorise l’auteur qui donne autant de charme à ses suspenses. On se laisse volontiers envoûter par cette histoire totalement hors norme.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Nadine Monfils
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