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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 05:58

 

Né en 1968, Chrétien Bompard est commissaire à la PJ, Quai des Orfèvres. Malgré son prénom, il se dit mécréant, tendance bouddhiste. Divorcé depuis quelques années, il reste plutôt proche de son ex-épouse Mathilde. BESSONART-2013Au fond de lui, Bompard conserve des réminiscences d’enfance, un côté sombre qu’il n’assume pas encore. On ne lève pas le voile sur les premières années de sa vie comme ça avoue-t-il à son psy. Bons repas et fortes doses alcoolisées compensent certains manques. Avec ses collègues Machnel et Grenelle, ils forment une équipe complémentaire, dont Bompard est la tête pensante. C’est par neuf statues de Notre-Dame de Paris décapitées que débute leur actuelle enquête. Un jeune peintre photographique a été de loin témoin de cet acte, qui n’a rien à voir avec du vandalisme. Une autre personne a ressenti ce qui se passait, c’est un aveugle végétarien avec son chien.

La véritable affaire commence sur un chantier rue de Châteaudun, où le cadavre décapité d’une femme non-identifiée est retrouvé. À part un petit tatouage, pas d’indice sérieux. C’est Jonas, authentique clochard céleste, qui a découvert le corps, mais il n’en sait guère davantage. Le jeune peintre réalise le portrait d’un suspect. On y reconnaissait la précision de l’artiste, mais le modèle restait flou. [Bompard] avait l’impression d’avoir devant lui la photo numérique d’un fantôme, il pensa aussi à un feu follet ou au reflet insaisissable des vampires. Des mains effilées, c’est ce qu’on retient du tueur potentiel. Rue Ballu, une deuxième femme est assassinée. Avec une victime collatérale, Barbara, la poupée de Ludivine, la gamine de la concierge. Bompard comprend bientôt que c’est un signe laissé par leur adversaire. Il place la petite et sa mère sous la protection de la police.

Alors qu’une troisième victime est à déplorer, peut-être la liste des ex-danseuses tatouées du club La Dame de Pique aiderait-elle la police. Via un message sur Internet, c’est maintenant Mathilde qui est menacée. Bien que l’intervention des flics soit rapide, ils ratent leur suspect. Notre homme aime se transformer, se déguiser, changer de personnalité, et il est très habile pour ça admet Bompard. Outre ses mains, son visage entrevu apparaît insolite tel un masque. C’est dans le jardin du Palais-Royal que, non sans risques, l’assassin dépose le quatrième corps mutilé. La piste d’une congrégation religieuse a-t-elle un sens ? Le commissaire était persuadé que l’identité des victimes n’aiderait pas l’enquête à avancer. Pour lui, les femmes étaient interchangeables. Rue Ballu, le concierge de l’immeuble du crime va probablement fournir des éléments fort intéressants. Néanmoins, le danger persiste, y compris autour de Mathilde…

 

Ce premier roman de Catherine Bessonart nous propose une histoire qu’il faut bien qualifier de décalée. Son héros est un policier compétent, mais assez peu dans la lignée d’un Maigret, ni un de ces flics bourrins qu’affectionnent certains polars. Chrétien Bompard n’est ni borné, ni insensible. Il se voudrait zen, mais est parfois perturbé par des moments douloureux ayant émaillé sa vie passée. Une enquête sur un suspect fantomatique, orgueilleux et méticuleux. On ne tarde pas à comprendre qu’il s’agit d’une forme de duel, même si l’ennemi est invisible.

Oublions le côté visite guidée de la capitale, retenons surtout les belles petites trouvailles de l’auteure. En particulier, elle saisit l’occasion de dessiner quelques portraits de personnage qui, à coup sûr, s’inspirent de la réalité. Le gardien de l’immeuble du commissaire mérite d’être mis en exergue. Il y a là plus qu’une allusion, on verra que ce n’est pas qu’une silhouette. Chaleureuse ou enjouée, d’une belle souplesse narrative, la tonalité du récit conserve une aura de mystère, d’incertaine dangerosité. Un suspense nuancé, très convaincant, laissant augurer d’autres aventures de Chrétien Bompard.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 05:51

 

Catherine Monsigny est une jeune avocate du cabinet parisien de Me Renaud. Elle s’implique dans les affaires pénales qu’elle défend. Ça limite sa vie privée, mais elle reste proche de sa meilleure amie Stéphanie. Alors que Catherine séjourne en Provence, un intrus vient troubler ce moment de détente. GRANOTIER-2013Âgé de vingt-trois ans, Lucas Gachon prétend être son demi-frère, originaire lui aussi de la Creuse. Dans une précédente affaire, Catherine a éclairci certains mystères familiaux, non sans que persistent des zones d’ombre. Elle ne croit pas à leur parenté, mais accepte de s’occuper des problèmes judiciaires de Lucas. Il est soupçonné de meurtre, au cours d’un règlement de compte entre la bande de son ami François et la victime. L’arme du crime appartenait au père de Lucas, lequel nie s’en être servi.

Après que le jeune homme se soit livré à la police, Catherine est de retour à Paris. Au cabinet, elle est intriguée par Clémentine, la mûre cousine de Me Renaud. Un possible cas de harcèlement au travail, ayant entraîné un suicide, amène les deux femmes à chercher des preuves de l’abus de pouvoir. C’est surtout Clémentine qui va bientôt confirmer les faits, car c’est une situation qu’elle a vécue elle-même. Témoin des amours de sa copine Stéphanie avec le bel architecte marié Thomas, Catherine devient brièvement plus intime avec l’amant de son amie. Assurément, il est préférable de s’éloigner du séducteur Thomas. Avocat ne manquant pas de style, Asghar conviendrait mieux à la jeune femme. D’ailleurs, des vacances en Grèce leur permettront de se rapprocher. Entre-temps, d’autres soucis surgissent.

En prison à Guéret, Lucas a fait une tentative de suicide sans gravité. Ce qui nécessite une sévère mise en point entre Catherine et lui. Le collègue creusois de l’avocate essaie d’éclaircir les circonstances et le rôle de chacun, quitte à engager un détective perspicace. À Paris, l’épouse de l’architecte Thomas a disparu, peu après une dispute du couple. Sans doute la version de l’amant de Stéphanie est-elle plausible, mais Catherine hésite à devenir son avocate. Quand Thomas est incarcéré, il se dit convaincu de la mort de sa femme, et soumet à Catherine une hypothèse pas insensée. Elle pèse toujours le pour et le contre, avant d’accepter de le défendre. L’affaire traitée par Clémentine a de sinistres conséquences pour celle-ci. À Guéret, le souvenir de la mère de Catherine est évoqué avec insistance par le père et la glaçante sœur aînée de Lucas…

 

Précisons qu’il ne s’agit pas une histoire d’avocat et de prétoire, ni d’un ordinaire roman d’enquête. Si Catherine à des airs de citadine absolument débordée dont le cœur balance entre deux hommes, on est bien loin des personnages-type de certains romans féminins. C’est une jeune femme endurcie par la vie, comme on a déjà pu le vérifier dans La rigole du Diable, son premier dossier. Décidément, elle n’en finit pas de gratter une plaie refermée depuis longtemps. C’est absurde de revenir encore et toujours sur cette affaire qu’elle considérait comme réglée. Qui est réglée. Les morts doivent rester à leur place.

Catherine, professionnelle de la Justice, attentive aux cas dont elle est chargée, certes. Malgré tout, elle n’est pas une machine. Entre zones d’ombre, hésitations ou états d’âme, erreurs possibles et failles perso, se dessine son portrait profondément humain. L’écriture subtile de Sylvie Granotier n’est toutefois pas si sombre, ni intimiste à l’excès. C’est un festival de péripéties qu’elle fait traverser à son héroïne. Sur son chemin riche en méandres, Catherine sait éviter les impasses pour parvenir à ses buts. Voilà certainement ce qui fait la force de cette histoire énigmatique, dont le tempo ne faiblit jamais. Encore un excellent suspense de Sylvie Granotier.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 05:59

 

Valerie Weymann est avocate à Hambourg. Avec son mari Marc, elle a deux filles, Leonie et Sophie. Associée au cabinet du paternel Kurt Meisenberg, Valerie traite de dossiers internationaux. À l’heure où un grand sommet politique doit se tenir à Hambourg, en ce mois de décembre, elle doit faire un aller-retour rapide pour une réunion à Londres. BERG-2013À l’aéroport, Valerie est interpellée par la police sans qu’on lui fournisse d’abord d’explication. Elle va être interrogée par un enquêteur allemand, Eric Mayer, et un agent de la CIA en fin de carrière, Robert F.Burroughs. Il s’agit de son amie pédiatre Noor al-Almawi, dont Valerie est sans nouvelle. Noor mène des actions humanitaires en Syrie, ce qui lui a causé quelques ennuis. Puisqu’on ne veut pas lui dire ce qui est reproché à Noor, Valerie ne coopère pas. Pendant ce temps, son mari Marc s’inquiète, d’autant que Mayer perquisitionne bientôt chez eux, lâchant le nom de Noor al-Almawi.

Celle-ci serait complice du récent attentat meurtrier, ayant tué plusieurs enfants à Copenhague. Il est vrai qu’elle est proche de Mahir Barakat, cerveau supposé de l’attentat, et de Safwan Abidi, l’exécutant présumé. Valerie connaît elle aussi ces deux hommes. Trois ans plus tôt, elle a même eu une brève liaison avec Abidi. Si l’Américain Burroughs est sûr que l’affaire de Copenhague est due à Al-Quaida, Eric Mayer estime que c’est plutôt un acte isolé. Leur collègue canadienne Marion Archer n’a pas d’idées préconçues, mais se méfie de l’agent de la CIA. Tous deux se doutent que Burroughs a exfiltré Noor al-Almawi vers une prison secrète, afin de lui extorquer des aveux. Une bombe est signalée à la gare hambourgeoise de Dammtor, ce qui n’est pas une fausse alerte. Une série d’explosions va causer cinq morts et une vingtaine de victimes. La vidéo surveillance permet d’identifier rapidement le coupable de ce nouvel attentat, Safwan Abidi.

Marc tente de venir en aide à son épouse, grâce à l’avocat Meisenberg, mentor de Valerie. Tout juste peut-il lui faire parvenir quelques vêtements. Abidi se cachant dans son consulat, Burrough et Mayer exigent que Valerie serve d’appât afin de le capturer, ce qu’elle accepte. Sur place, l’avocate finit par jouer cartes sur table avec Abidi. Ce dernier plaide un complot contre Mahir Barakat, Noor et lui. Ils sont musulmans, pas terroristes. Aucun d’eux n’est responsable de l’attentat de Copenhague. Valerie et Abidi fuient le consulat, mais ils sont vite rattrapés par Burroughs. Ce dernier ne fait pas de cadeau. Alors que Valérie a été hospitalisée dans une prison, l’agent de la CIA l’enlève et l’envoie vers l’étranger. Mayer peut compter sur Marion Archer, mais obtient peu d’infos de son contact local de la CIA. Toutefois, il apparaît probable que la prison secrète se trouve en Roumanie. Pour Valerie, Marc, et leur amis, le cauchemar est encore loin d’être terminé…

 

Voilà une intrigue qui, sans nul doute, va nous réconcilier pour de bon avec les romans d’espionnage. Certes, les histoires d’agents secrets face au terrorisme ont parfois donné des résultats riches en aventures. Non sans schématiser le Bien contre le Mal jusqu’à la caricature, avouons-le. Ici, le sujet prend une tournure plus noire et originale, évoquant les abus de pouvoir dans la lutte contre les ennemis. Il faut veiller à ne pas devenir paranoïaque ces derniers temps, n’est-ce pas ? [dit Marion Archer]. La paranoïa implique une part de peur et celle qui nous entoure en ce moment est plutôt un obstacle à notre fonction. Elle fausse notre jugement. Tout comme la colère.

Dans ce climat, pas si éloigné de la réalité, un simple soupçon peut entraîner des dérapages, couverts par des lois d’exception. Surtout lorsqu’un agent tel que Burroughs en fait une affaire personnelle. Quant aux prisons secrètes de la CIA, naguère l’antichambre de Guantanamo, ce n’est hélas pas un fantasme. Personne n’approuve la violence terroriste, contre laquelle on doit riposter. Mais avec clairvoyance, c’est-à-dire sans impliquer des innocents. Tel est l’engrenage que l’auteure dénonce. Tout en ménageant un intense suspense sur le rôle des divers protagonistes, autant que sur le sort de Valerie. Une lecture à dévorer, car c’est un roman extrêmement prenant.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 08:36

 

En 1963, John Hathaway est âgé de dix-sept ans. Avec ses copains Charlie, Dan et Bill, il a créé les Avalons, groupe pop qui rêve de célébrité. Interprétant des reprises de chansons à succès devant le maigre public de petits clubs, ils croient en leur avenir. Il y a parfois de la baston avec les Teddy boys, partisans d’un rock plus violent. Hathaway devient l’amant de Barbara, employée de son père, de dix ans son aînée. GUTTRIDGE-2013Tandis que le braquage spectaculaire d’un train postal est à la une de l’actualité, les parents d’Hathaway voyagent en Espagne. En l’absence de son père, c’est son homme de confiance Sean Reilly qui gère les éventuels problèmes du fils Hathaway. Cet Irlandais fut un héros de la guerre, dans les commandos. Au retour de ses parents, Barbara est bientôt éloignée par Hathaway-père. John ne s’est jamais posé de questions sur les activités paternelles. Pourtant, il commence à réaliser que son père n’est pas un simple homme d’affaires.

Dans cette ville corrompue qu’est Brighton, station balnéaire qui ne cesse de se moderniser, le chef de la police est sans doute le plus pourri entre tous. Il touche sa part, fermant les yeux sur les bizness illicites du père de John. Continuant à se produire sur scène avec le groupe, le jeune homme participe quelque peu aux trafics de son père. Ce dernier place un de ses hommes pour dealer de la drogue autour de leurs concerts. Plus endurci que John, Charlie est aussi engagé par Hathaway-père. Officiellement, il devient manager de groupes pops, utilisant au besoin des méthodes radicales pour les imposer. L’un des problèmes actuels, c’est que les gangs de Londres cherchent à supplanter l’organisation du père Hathaway à Brighton. Ils ont déjà abattu l’ex-boxeur Freddie Mills, ami du mafieux, ce qui ressemble à une déclaration de guerre. Alors que John tombe amoureux de la cultivée Elaine, il va devoir s’impliquer dans les douteuses affaires paternelles.

De nos jours, voilà une quarantaine d’années que John Hathaway a succédé à son défunt père. Il s’est entouré d’hommes solides, anciens militaires ne manquant pas de jugeote. Ses activités tournent bien, mais il a encore des projets. Pourtant, un meurtre cruel vient bouleverser son bizness. Stewart Nealson, comptable des gangs de Brighton, a été empalé près du West Pier. En outre, un notable local, Laurence Kingston, semble s’être suicidé chez lui. Deux cas criminels auxquels l’ancien policier Robert Watts va s’intéresser, aidé par son ami entraîné Tingley. L’inspecteur Sarah Gilchrist est chargée d’élucider les faits, ainsi que le meurtre atroce d’un propriétaire de yacht et la disparition de son épouse et de l’équipage. Anciens soldats ayant connu la Bosnie, Bob Watts et Tingley se souviennent d’un Serbe dont les méthodes étaient comparables. Se sachant visé, Hathaway se rend en Normandie, pour demander conseil au vieux Sean Reilly…

 

Après Promenade du crime (2012), le deuxième volet de la trilogie que Peter Guttridge consacre à Brighton. On y retrouve les personnages principaux autour de Robert Watts. Dont son père, l’auteur de polars Victor Tempest, âgé mais toujours cinglant, qui connaît trop bien les secrets de la ville. La fameuse malle sanglante de Brighton ne fut pas le seul cas criminel associé à la belle station balnéaire. La célèbre attaque du train postal par Ronnie Biggs et ses amis aurait aussi un lien, quelques-uns des gangsters arrêtés étant d’ici. On n’a pas de mal à croire que des pratiques mafieuses se soient développées dans un lieu générant autant d’argent. On peut supposer que corruption et guerres entre bandes fassent partie d’une certaine tradition, le banditisme d’affaires allant de pair avec des actions plus meurtrières. La toile de fond de l’histoire est parfaitement plausible.

La seconde partie du récit traite de l’enquête parallèle sur plusieurs plans, menée par Watts. En réalité, c’est probablement la première qui reste la plus excitante. Il s’agit à la fois du portrait de John Hathaway, et d’une subtile reconstitution de l’ambiance de la décennie 1960 en Grande-Bretagne. L’intitulé de chaque chapitre est un titre de chanson à succès de l’année en cours, de 1963 à 1970. À cette époque, l’Angleterre est le pays le plus branché de la planète, pour la musique comme pour les modes vestimentaires. Le jeune Hathaway participe pleinement à tout cela. Son groupe pop va même virer au folk, le moment venu. Et ses tenues achetées à Londres seront dans le vent. Toutefois, il va se fixer un objectif plus sérieux, être à son tour le patron occulte de la ville. Toute médaille a son revers, même quarante ans plus tard. Car les truands venus des Balkans sont bien plus sanguinaires que les gangs britanniques. Un suspense de haute qualité !

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 06:19

 

Ici à Largos, petite ville côtière des Landes, on ne vous renseignera guère sur Jon Ayaramandi. Que vous dirait-on ? Que c’est un brave retraité d’environ soixante-neuf ans. Qu’il a longtemps fait figure de bon grand-père pour la jeune Perle et sa petite Luna, cinq ans et demi. Qu’il fréquente le Cap’tain bar de son ami Jean-Luc Taureau, avec lequel il abuse parfois de l’alcool. DELPLANQUE-2013Bistrotier rock’n’Harley, hors normes mais pas bien méchant, ce Jean-Luc. Que M.Ayaramandi passe quelques soirées avec Paco et ses congénères Gitans. Bah, même la mairie admet que leur camp ne défrise pas tant dans le paysage. Qu’il fut concerné par quelques morts suspectes, voilà quelques mois ? Non point, puisque la gendarmerie ne l’a jamais ennuyé à ce sujet. Jon Ayaramandi est assurément un petit vieux sans problème.

Quand une jeune femme aussi nue que noire tombe du ciel pour occire son voisin et périr dans sa chute, c’est quand même étrange. Néanmoins, un petit accident au gros orteil préoccupe davantage Jon que ce faits divers. Évidemment, il serait fâcheux qu’on vînt l’interroger sur son passé. Tueur à gages chez Marconi, c’est pas le CV de tout le monde, bien sûr. À part le différend meurtrier l’an passé avec Burger, un ancien confrère, rien à se reprocher depuis sa retraite. Son chauffeur d’autrefois, Valentin, s’est reconverti dans la musique. Les Fucking Puppets, c’est ce groupe rock qu’adore le public depuis des années. Justement, une seconde Noire nue a été balancée d’un hélico dans le jardin landais de Valentin.

Musiciennes, les sœurs M’Bow faisaient partie des Fucking Puppets. Cacher son cadavre, c’est une chose. Comprendre ces meurtres visant Valentin et Jon, plus difficile. Leurs adresses, elles ne sont connues que de quelques initiés. Leur passé, ils ne l’ont pas clamé sur la place publique. Ni la belle Perle ou son mari Al, ni Marconi ou le fidèle Jean-Luc n’avaient de raison de vendre la mèche. D’ailleurs, il vaut mieux que tous ceux-là soient sous la protection des Gitans, même si ça coûte de l’argent à Jon. Les gentils gardiens sri-lankais de la maison de Valentin ne sont pas soupçonnables non plus. Alors que se prépare l’anniversaire de Perle, Mylène (la sensuelle coiffeuse de Largos) ne manque pas d’apporter du réconfort à Jon. Il en a besoin après s’être fait opérer du gros orteil.

Pendant les fêtes folkloriques de Bayonne, voilà que trois autres musiciens des Fucking Puppets s’évaporent à leur tour. Un message SMS des ravisseurs donne bientôt de leurs nouvelles, aussi foudroyantes qu’inquiétantes. Alors que Jon est sur la piste d’extrémistes identitaires qui rejouent les Croisades, c’est Valentin qui est en mauvaise posture. Et Jon reçoit la visite d’un hypnotique diacre exorciste, pas exactement bienveillant, mais vite réduit au silence. Si l’ex-tueur poursuit ses investigations à bord d’une confortable Lamborghini Murcielago, c’est pourtant un combat décisif qui l’attend pour préserver ses proches et Valentin…

 

Il n’est pas du tout indispensable d’avoir suivi la première aventure de Jon dans Du son sur les murs (Éd.Seuil, 2011) pour lire ce second opus. Vous avez juste raté un très bon polar, mais une séance de rattrapage est possible, y compris après lecture de celui-ci. Bref, revenons à nos pins des Landes. La côte basquaise n’est pas une région très provoc’n’roll, a priori. Même les héritiers de Django ne sont que tolérés, au pays où on aime faire la fête. Pas tous des cosmiques à Largos, dirait le patron du Cap’tain bar. Les zozos qui sèment la mort, ce ne sont pas des apôtres de la tolérance, des disciples de la mixité culturelle.

L’essentiel reste d’éradiquer ces malfaisants dans la bonne humeur. Pour ça, on peut compter sur l’expérimenté Jon, avec la bande-son adéquate. Pas celle du film Apocalypse Now (La chevauchée des Walkyries, The End), ni le thème de James Bond. Encore que Sir Sean Connery eût été parfait pour le rôle, une brochette de jolies femmes faisant ici office de James Bond girls. Hé ! Évitons de digresser, de glisser vers l’approximatif au détriment du factuel. Car, si l’humour et la mort sont partenaires dans cette histoire agitée, Frantz Delplanque maîtrise parfaitement son intrigue et ses personnages. Tumultueuses et souriantes, les tribulations de Jon et de ses amis nous offrent un grand moment de plaisir.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 05:51

 

Après “Bombyx” et “Parfum denfer,Ravages” est la troisième enquête de Diane Harpmann. Un noir suspense d’Anne Rambach publié chez Rivages/Thrillers, en ce début 2013.

RAMBACH-2013Diane Harpmann est une journaliste pigiste parisienne. Elle traite à la demande de sujets légers, sûrement pour gommer des épisodes douloureux de sa vie. Elle a en ce moment pour amant Pascal, sérieux journaliste de LCI, mais habite seule avec une pieuvre d’aquarium. Elsa, sa meilleure amie, est une pro du reportage pour Le Parisien. Cette dernière téléphone d’abord à Diane, quand elle découvre le suicide de leur collègue Dominique André. Journaliste d’investigation, il enquêtait en toute indépendance sur des dossiers sensibles. Une lettre posée près du corps indique sa lassitude par rapport à son métier. Selon Elsa, ça ne suffit nullement à expliquer un suicide. Si le policier Nakache est mécontent que les deux femmes n’aient pas immédiatement donné l’alerte, il n’est pas hostile envers elle. On en restera à la thèse du suicide, mais il admet que ça peut cacher autre chose.

Richard Jaucourt, l’éditeur de Dominique André, accepte de financer une enquête en profondeur. Ces derniers temps, le journaliste s’informait sur l’amiante. Ce produit n’est interdit que depuis quelques années, après avoir probablement été cause de multiples décès. Diane parvient à rencontrer la juge d’instruction Janine Wadrawane, qui traite les plaintes liées à l’amiante. Après les attentats mortels ayant éliminé deux collègues italiens et leurs proches, la juge est provisoirement sous haute protection. S’agissant d’un dossier en cours, elle ne peut guère en dire à Diane. D’autant que l’amiante n’a pas causé de crimes directs permettant de traquer un coupable, et que les responsables n’ont pas de remords. Diane et Elsa se rendent à Condé-sur-Noireau, en Normandie, afin de questionner les témoins vus par Dominique André. Il y eut là-bas plusieurs sites de production d’amiante.

Les effets sur la santé des ouvriers, hommes et femmes, ont été catastrophiques. Décès prématurés ou à plus long terme, l’amiante ronge ceux qui l’ont respirée. En 1976, un houleux débat organisé dans la région aurait dû servir de mise en garde. Par leur silence complice, les médecins du travail ne sont pas exempts de véritable fautes. Ils ont rassuré le personnel, colporté les infos mensongères de la direction de Ferodo et autres sociétés, nié un quelconque danger. On ne peut pas dire que la presse de l’époque ait dénoncé ce scandale, non plus. Ni Diane, ni le policier Nakache, ne peuvent croire au hasard quand Elsa est victime d’un grave accident. L’aïkido avec Maître Zorn ne suffit pas à faire baisser la pression pour Diane, qui n’écoute guère les conseils de prudence de son ami homo Abdel. C’est à Londres qu’elle pourrait retrouver la piste d’un médecin, qui refusa autrefois de collaborer avec le lobby de l’amiante…

 

Un authentique suspense. Péripéties, meurtres et actes criminels, le parcours est mouvementé jusqu’au bout pour s’approcher des vérités de cette affaire. Malgré quelques relatives pauses dédiées au céphalopode Arthur, à l’aïkido, ou à son amant, Diane est une héroïne qui ne renonce jamais, même dans un cas aussi difficile que celui-ci. Plusieurs fois dans ma vie, jai laissé des morts derrière moi. Je sais que tout le monde pense que jai eu de la chance. Mais survivre est amer quand on porte le souvenir de ceux qui sont morts Cette fois encore, Diane va être largement cernée par la mort, à tous points de vue.

Outre laspect polar, cette histoire est parfaitement documentée sur lamiante, et les conséquences pour la santé que ce produit nocif entraîna si longtemps. Cest un euphémisme de rappeler que lindustrie na jamais été vertueuse. Cynisme des dirigeants ou autoprotection de ces entreprises par leurs puissants lobbies, postes assurés pour les médecins coopérant avec les affirmations erronées des groupes, et comme toujours énormes enjeux financiers, autant de mauvaises raisons pour taire les dangers de lamiante. Quelle est la place des juges, facilement accusés de vouloir nuire aux décideurs économiques ? C’est aussi une question abordée ici. Petit coup de griffe, également, envers la presse et les médias complaisants avec tous les pouvoirs. Un roman riche en thèmes de réflexions, autant quun sombre polar servi par une narration fluide.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 05:55

 

À Vigàta, le yacht Vanna ramène au port un cadavre récupéré dans un canot à la dérive. C’est bien un meurtre : le Dr Pasquano, légiste, détermine que l’homme a été empoisonné, avant d’être défiguré. Il ne semblait pas être un marin. Le canot étant neuf, ça n’aide guère les experts de la police. Par contre, son trajet peut indiquer qu’il s’éloignait du port, y revenant à cause de la forte houle. CAMILLERI-2013Propriétaire du yacht Vanna, la presque quinquagénaire Livia Giovannini ne cache pas son agacement de devoir prolonger son escale à Vigàta. Cette riche veuve navigue avec équipage à longueur d’année, autour de la Méditerranée, jusqu’au sud de l’Afrique. C’est un peu le cas aussi du yacht voisin d’amarrage, l’As de Cœur. Le mort est bientôt identifié, un Français venant de s’installer dans un hôtel local.

Cette affaire-là, elle ne concernerait pas tellement Salvo Montalbano. Sauf que le matin même, sous une météo épouvantable, il a rencontré une jeune femme prénommée Vanna. La petiote prétendit être la nièce de Mme Giovannini. Vite, il comprit que c’était un mensonge. [Elle] devait se bidonner intérieurement devant ce commissaire qu’elle manœuvrait comme une marionnette ! Mais pour quelle raison lui avait-elle raconté cette montagne de carabistouilles ? Un motif, elle devait bien en avoir un, mais lequel ? S’il y a un marin qui s’appelle comme elle Digiulio sur le yacht, ça ne prouve rien du tout. Quand Salvo Montalbano fait la connaissance de la ravissante lieutenant Laura Belladonna, un officier du port, c’est le coup de foudre immédiat. Pourtant, leur relation sera assez trouble, car Salvo est quelque peu maladroit, et Laura parait ne pas vouloir s’engager.

C’est Fazio, l’adjoint de Montalbano, qui (au risque de se faire cogner) surveille l’équipage du Vanna, remarquant le cas d’Ahmed Chaikri. L’identité du Français, Salvo la découvre, et il réalise finalement d’où vient ce faux nom. Sûrement pas un type honnête, ce grand voyageur venu échouer là. Il y a bientôt une nouvelle victime, pas morte de façon si accidentelle qu’on veut le faire croire. Il faudrait s’infiltrer à bord du Vanna pour tenter d’en apprendre davantage. Une mission qui conviendra à Mimì Augello, collègue et ami de Montalbano, séducteur notoire. Le commissaire sent bien que le Questeur n’est pas à l’aise avec cette affaire, l’en déchargeant avant de la lui redonner. Tandis que Salvo s’interroge toujours sur sa relation avec Laura Belladonna, le retour de l’énigmatique petiote Vanna pourrait accélérer le dénouement de l’enquête…

 

Ne boudons pas notre plaisir, car c’en est un de retrouver périodiquement le petit monde de Montalbano, notre policier sicilien préféré. Dans cet épisode, Fazio n‘a rien perdu de son professionnalisme, Augello se plait à charmer une navigatrice mature, Catarella est toujours aussi approximatif, et le caractériel Dr Pasquano s’avère plus coopératif que souvent. En privé, Salvo est confronté à une subtile relation amoureuse bien incertaine, suscitant malgré tout une jalousie possessive. Humour et sentiments, évocation également des migrants espérant débarquer en Sicile, et même une vraie-fausse menace mafieuse. Néanmoins, Andrea Camilleri n’en oublie pas une intrigue polar diablement passionnante, un vrai suspense.

Si à cinquante-huit ans Salvo est encore athlétique, il reste un grand gourmand, chez lui comme au restaurant d’Enzo : Il acommença par les hors d’œuvres de la mer. Comme le fretin frit était vraiment croquant, il s’en fit porter une petite assiette supplémentaire à part. Il continua par un robuste plat de spaghetti au noir de seiche. Et termina par une double portion de rouget et de marbré. Quand il sortit, il convint de la nécessité absolue d’une promenade nocturne jusque sous le phare… Nous aussi, c’est en nous délectant que nous dévorons à chaque fois les enquêtes de Montalbano. Et celle-ci est aussi savoureuse que les précédentes.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 05:58

 

Il s’agit d’un recueil de trois nouvelles. La dernière et la plus dense, La prisonnière de la tour donne son titre à ce livre disponible en format poche, chez Points, depuis novembre 2012.

AKOUNINE-2012Conversation de salon est un hommage à Edgar Poe. Fin 19e siècle, âgé d’une trentaine d’années, Éraste Pétrovitch Fandorine est fonctionnaire chargé des missions spéciales auprès du général gouverneur de Moscou. Invité dans un salon mondain moscovite, il fera preuve de sagacité face à l’énigme affaire soumise par un habitué des lieux… Le riche prince Karakine vivait avec ses deux filles jumelles dans sa vaste propriété isolée. Frôlant souvent l’apoplexie, ce tyrannique seigneur gardait quasi-recluses Aniouta et Polinka. Cela ne gênait guère la calme Aniouta. Plus vive, Polinka se morfondait quelque peu.

Un jeune architecte natif de Paris vint diriger des travaux au château. Polinka ne tardant pas à être séduite par le nouveau venu, l’architecte fut bientôt chassé de la propriété. Ce même matin, on s’aperçut que Polinka avait disparu, tandis qu’Aniouta se trouvait dans un état catatonique. Aucune enquête ne trouva d’explication au départ de Polinka, si bien surveillée pourtant. Aniouta se remit progressivement. Éraste Fandorine sera-t-il capable de reconstituer les faits ?

De la vie des copeaux est un hommage à Georges Simenon. À la tête d’une compagnie de chemins de fer russe, le puissant Von Mack a été empoisonné par un thé à l’arsenic. Son secrétaire Stern et un employé au ménage sont morts pour en avoir consommé aussi. Le brillant policier de Saint-Pétersbourg Vanioukhine est chargé de l’enquête officielle. L’aîné des trois fils Von Mack a pris les rênes de l’entreprise. Jeune mais habitué du business, il n’ignore pas que leur concurrent Mossolov profitera de l’affaire pour les discréditer.

Il sollicite Éraste Pétrovitch Fandorine pour découvrir qui est l’exécutant de Mossolov ayant éliminé son père. Pour infiltrer la société, Fandorine se fait passer pour un secrétaire stagiaire. Il lui apparaît rapidement que cinq employés sont suspects, sans alibi, ayant eu une occasion d’empoisonner le thé. Fille d’un membre du personnel, la jeune Mavra ambitionne de devenir artiste peintre, d’aller se perfectionner à Paris. Elle était la fiancée de Stern, le défunt secrétaire. Sentant que le stagiaire représente une menace, le coupable tente de l’abattre. Ce qui n’empêchera pas Fandorine de démontrer que Vanioukhine avait tort…

La prisonnière de la tour est un hommage à Maurice Leblanc. Le 31 décembre 1899, Sherlock Holmes et son ami Watson débarquent à Saint-Malo. Le détective a été appelé d’urgence par M.des Essars du Vau-Garni, propriétaire d’un manoir de la région malouine. C’est le dernier descendant d’un corsaire. L’aïeul amassa en son temps un trésor en pierres précieuses, dilapidé par le père excentrique de M.du Vau-Garni. Celui-ci est menacé par Arsène Lupin en personne, qui s’affirme capable de faire exploser le château si une rançon n’est pas versée. Dans son courrier au nobliau, Arsène Lupin considère qu’il s’agit d’un impôt sur la fortune.

Son régisseur Bosco et M.du Vau-Garni seraient seuls à rester sur les lieux, mais il y a un problème : Eugénie, la fille du propriétaire, est immobilisée après une grave chute dans la tour bibliothèque, dont l’accès est si étroit. Holmes n’a pas été l’unique détective convié. Éraste Fandorine arrive, accompagné de son serviteur japonais, au grand déplaisir des Anglais. Arsène Lupin fait savoir à M.du Vau-Garni qu’il est informé de la présence des éminents enquêteurs. Ce qui ne change rien à son ultimatum. Éraste Fandorine et Sherlock Holmes devront rivaliser de déductions, plus ou moins précises, pour trouver où se cache la fameuse bombe. Entre Lupin ou des deux détectives, le jeu s’annonce riche en surprises…

 

Écrire une histoire à la manière de n’empêche nullement de la personnaliser. Ce qui permet de dépasser la simple imitation. Boris Akounine parvient, en effet, à nous plonger à sa manière dans un drame plus sanglant qu’il n’y semblait, façon Edgar Poe, ou dans un univers de petites gens, comme l’eût fait Simenon. La prisonnière de la tour ressemble réellement à une aventure d’Arsène Lupin face à Herlock Sholmes (et à Fandorine). Cachettes secrètes et habiles faux-semblants, personnages insolites, chantage et hypothèses, tout y est d’époque. Notons quand même que l’histoire est racontée par le Docteur Watson, mais le serviteur japonais de Fandorine y ajoute son propre récit. Des énigmes dans la tradition, non sans quelques sourires subtils. Vraiment très agréable à lire.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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