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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 05:55

Au début du 20e siècle, le général Porfirio Díaz règne sur le Mexique depuis plus de trente ans. Son régime politique autoritaire assure une prospérité économique, dont seuls les plus riches profitent. C'est en particulier le cas des certains propriétaires terriens, dont les domaines couvrent d'immenses hectares. Les péons qui travaillent là pour un salaire de misère n'ont rien à réclamer, à peine un logement pour leur famille. Dans la fidélité de ces paysans, il ne faut voir que de la soumission.

Le pouvoir dictatorial impose sa loi, grâce à des troupes régulières, mais surtout par la violence de la Guardia Rural. Ces “rurales” sans pitié sont craints à travers toutes les régions du Mexique. Néanmoins, la colère commence à gronder parmi les plus pauvres citoyens, qui se qualifient de “muchachos”.

Indien rebelle, Juan Mendez s'est autoproclamé Général, créant une armée qui avance au cri de “Terra y Libertad”. Redistribution des terres et liberté pour le peuple, bien que ces notions restent floues dans l'esprit des rebelles, le principe est fédérateur. Entouré du Colonel, du Professeur, de Celso et d'une poignées de fidèles constituant son état-major, le Général progresse à travers la région, ses troupes grossissant.

Prendre d'assaut des ranchs, des “fincas”, dont ces propriétaires “finqueros” ont déjà fui avec leurs proches, ce n'est guère difficile. Sur leur trajet, les “muchachos” vont en trouver quelques-uns, de ces domaines abandonnés par les maîtres. À part évoquer la Révolution, les rebelles n'ont rien à apporter de concret aux modestes péons. Alors, autant détruire ces “fincas” au passage.

Le pouvoir a envoyé des troupes afin de contrer l'essor de cette armée. “Mais ce qui faisait de Général un grand capitaine bien supérieur au chef des “rurales”, c'était le don qu'il avait de se mettre à la place de son adversaire et de penser comme lui.” La stratégie n'est pas inutile dans cette contrée où il est malaisé de combattre. Des le premier affrontement, qui vire au massacre, l'armée des rebelles s'empare d'un joli butin. Armes et mitrailleuses ne sont par forcément nécessaires aux “muchachos” habitués au corps à corps frontaux, mais c'est la marque de leur victoire. Si le petit peuple n'est pas vraiment libéré, la vengeance des propriétaires restant à craindre, au moins fait-on la tête dans les patios des domaines. Une fraternisation avec les péons, à la lueur de feux de joie brûlant les biens des maîtres.

Tandis que les rebelles envisages de s'emparer d'une petite ville, Achlumal, rusant pour laisser croire qu'ils en convoitent une autre, les troupes fédérales assurent leur présence. Quand des “muchachos” tombent entre les mains d'un général officiel tel que Don Petronio Bringas, ils n'ont droit qu'à un procès expéditif. Plutôt qu'exécutés, ils sont torturés à mort par des fermiers revanchards. Certes, la rébellion s'étend par groupes armés, dans tout le pays.

La détermination, le Général indien et ses hommes l'ont toujours. “Nous n'avons pas besoin d'uniformes. Et pour aller au combat, nous n'avons pas besoin non plus de drapeaux et autres torchons comme ceux que vous brandissez pour vous donner du courage.” Pourtant, sans se résigner, il leur faudra bien un jour se poser quelque part...

B.Traven : L'Armée des pauvres (Le Cherche Midi Éditeur, 2013)

Quand on évoque B.Traven, on pense immédiatement à son plus grand succès, “Le trésor de la Sierra Madre”, porté à l'écran par John Huston. Même si des renseignements ont été collectés sur lui depuis son décès en 1969, cet auteur cultiva une aura de mystère autour de sa vie. Installé au Mexique dès le milieu des années 1920, il évoqua largement son pays d'adoption dans son œuvre, écrite en langue allemande, et pour l'essentiel méconnue en France. Excellente initiative que de proposer aux lecteurs cet ouvrage hors norme.

Épopée sociale et éloge de la révolte, cette histoire s'inspirant de la Révolution mexicaine ne se cherche pas à restituer des faits précis. Il s'agit bien d'un roman, construit comme tel, avec ses tumultueuses péripéties. C'est tout le contexte d'une dictature, dont il est question ici. La cynique duplicité de ceux qui servent un régime dont ils n'ignorent pas les excès, qui assouvissent leurs propre cruauté. Des propriétaires terriens, assez lâches pour se mettre à l'abri, qui ne méritent sûrement pas leur fortune. Des rebelles, suffisamment malins pour résister le plus longtemps possible, qui n'ont pas grand chose à offrir, sinon un peu d'espoir. Être pauvre mais libre vaut mieux qu'être asservi, même si l'utopie peut coûter la vie. Montrant qu'il s'agit d'un monde régi par la force, par une extrême dureté, B.Traven n'accable finalement personne. À chacun de tirer ses propres leçons. Un excellent inédit à ne pas manquer !

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 07:57

Willibald Adrian Metzger vit en Autriche, à notre époque. C'est un homme plutôt spécial, un célibataire que l'on peut qualifier d'asocial. Restaurateur de meubles anciens, voilà un métier de solitaire méticuleux, le seul qui lui ait convenu. Ce qui lui permet de siroter son vin rouge à l'abri des regards, aussi. Déjà au lycée, Metzger fut un élève à part, tête de Turc de la plupart de ses condisciples. Les brimades des dominants de la classe, tel Dobermann qui abusait de sa force, il les subissait en affichant un certain flegme. Gardant sa neutralité, l'élève Pospischill (devenu depuis commissaire de police) appréciait Metzger pour ce trait de caractère. Pour Metzger, la Terminale B détermina sans doute la suite de son existence, rompant vite tout contact avec les autres élèves. Il ne sut jamais pourquoi Dobermann quitta l'établissement brutalement avant la fin d'année, ni ce qu'il devint.

Un soir, vingt-cinq ans après l'époque du lycée, il découvre dans le parc qu'il a coutume de traverser face à son ancienne école, le cadavre du cruel Dobermann, assassiné. Le temps de prévenir la police, et le corps a disparu. Son ami d'antan, le commissaire Pospischill, pense qu'il s'agit d'une hallucination due au vin rouge. Ayant récupéré l'un des mocassins râpeux de Dobermann, Metzger comprend qu'on veut l'impliquer dans ce décès. Pourquoi ressusciter un passé guère amusant pour lui ? Il apprend que Dobermann fut accusé d'une tentative de viol sur la séduisante prof Birgit Kitzler, raison de son départ prématuré. Et que le même Dobermann revint quatre ans plus tard se venger mortellement d'un de leurs condisciples. Condamné, il fit un long séjour en prison, dont il sorti voilà quelques temps physiquement diminué. Ces faits qu'il ignorait jusqu'à là attisent la curiosité de Metzger.

Il demande à Pospischill les adresses des anciens élèves encore vivants, afin d'organiser une réunion des anciens de la Terminale B. De retour au lycée, il découvre que le nouveau directeur est leur ex-prof de chimie, qui a épousé entre-temps Birgit Kitzler. Metzger renoue avec la gardienne de l'établissement, Danjela Djurkovic. Une femme sur laquelle il fantasma autrefois car elle était nettement plus jeune que son mari, maintenant décédé. Il entrevoit la possibilité de devenir intimes, désormais. Metzger recontacte leur professeur principal de Terminale B. Peu à peu, il réalise que les faits accablant Dobermann s'avèrent moins sûrs qu'on ne l'a dit. La soirée de retrouvailles des anciens élèves se passe bien, mais sans lui apporter de révélation cruciale. Pourtant, dans l'ombre, quelqu'un essaie effectivement de l'aiguiller vers la vérité. Grâce à cette enquête, “Metzger est sorti de son trou et, pour la première fois, il a le sentiment d'être vivant.”

Thomas Raab : Metzger sort de son trou (Carnets Nord, 2013)

Il convient de saluer avec un réel enthousiasme l'arrivée de ce nouveau détective amateur qui, dans son Autriche d'origine, a déjà vécu une demie douzaine d'aventures. Certes, ce brave Metzner n'a jamais plu aux femmes, il manque d'exercice, il ne supporte pas la fumée de tabac, il n'a pas voulu apprendre à conduire, il n'a pas une haute opinion de ses contemporains, et il est fier d'avoir les mêmes initiales que Mozart. Les gens le voient comme “un type crédule, bon enfant, un peu porté sur la boisson” forcément inoffensif.

Il connut une enfance perturbante, une adolescence sans brio, et mène une vie effacée. Pas un super-héros, ce bonhomme de quarante-cinq ans. Néanmoins, ou justement pour tous ces motifs, Metzger est un personnage irrésistiblement attachant. Aussi parce qu'on sent en lui l'envie d'aller au bout de ses investigations parallèles, malgré son impréparation.

Ah, les copains de scolarité, quel souvenir conserve-t-on d'eux ? Images du bon temps ou épisodes désagréables ? Élèves médiocres dénigrant le système éducatif, élèves studieux qui restaient moyens malgré leurs efforts, cadors arrogants qui croyaient posséder un réel charisme, et ceux toujours prêts à inventer une sale rumeur au détriment des autres. Un bilan un peu mitigé pour beaucoup d'entre nous. Sans doute est-ce ce qui nous rapproche de Metzner. Lui, qui se savait déjà “décalé”, il y a gagna un certain humanisme. Ce regard bienveillant, qui permet de choisir avec qui on va fraterniser.

À force de rester stoïque face à ses tourmenteurs, il passa pourtant à côté d'un incident aux conséquences dramatiques. Aiguillonné par sa tendresse amoureuse envers Danjela, il s'agit pour Metzger d'y revenir, de vérifier ce qui était vrai ou faux. Sur une tonalité narrative fort enjouée, avec de petites traces d'ironie, un suspense vraiment délicieux. On espère déjà que ses autres enquêtes seront traduites en français.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 05:55

Séraphin Cantarel est Conservateur en chef des Monuments français. Il est marié depuis un quart de siècle à Hélène, charmante archéologue et fine connaisseuse en tableaux. Son assistant se nomme Théodore Trélissac. Âgé de trente-trois ans, il affiche l'air d'un éternel étudiant. Malgré tout, il n'est pas moins cultivé que Séraphin Cantarel. Si ce dernier est installé dans la bourgeoisie, son épouse se veut plus indépendante d'esprit, et Théo joue volontiers les séducteurs quand l'occasion se présente. Après Albi, Cordouan et Reims, la nouvelle mission de Cantarel le mène au Mont Saint-Michel, en Normandie. “La Merveille de l'Occident” doit être bientôt classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Encore faut-il vérifier, en ce mois d'avril 1978, que la monstrueuse marée noire de l'Amoco Cadiz ne va pas atteindre les abords du Mont. Et puis, il faut envisager la restauration de la statue de Saint-Michel dominant le site, fort ternie par les siècles.

Un moine nu sous sa robe de bure a été retrouvé mort dans la baie du Mont. On pouvait imaginer une noyade, mais la présence de l'inspecteur Martin Brisac indique que c'est un meurtre. Le frère Emmanuel, bénédictin en poste sur le Mont, est un vieil ami de Cantarel. Il lui confirme qu'aucun moine n'est manquant dans leur petite communauté. D'ailleurs, ceux-ci ne se promènent jamais nus sous leur robe de bure. Plus tard, Cantarel croise une excursion de franciscains italiens en tenue. Chez eux non plus pas de disparu, mais un sac de voyage a été volé à leur novice, contenant sa robe de bure. Théo Trélissac rejoint son patron au Mont-Saint-Michel. Il étudiera la rénovation, loin d'être simple, de l'archange. Mais il a un autre problème énigmatique à soumettre à Cantarel, ce qui va nécessiter qu'Hélène ne tarde pas à venir elle aussi sur le site historique.

Édouard Bronstein désire faire valoir ses droits sur un tableau d'Eugène Boudin, qui serait en stock au Musée de Caen. Il prétend le prouver grâce à une photo montrant que son aïeul a possédé cette œuvre d'art. Bien qu'Hélène soit experte, difficile d'être affirmative avec ce seul document. Toutefois, il est bien possible que ce soit un de ces tableaux réquisitionnés par les nazis, dont on a perdu la trace des propriétaires initiaux. La référence à la guerre trouble Théo, pour de bonnes raisons. Grâce à l'intervention de Cantarel, le classement du Mont est en bonne voie, selon le ministère. Sur place, la situation s'aggrave quand le frère Jocelyn est assassiné. Spécialiste de la restauration de tableaux, ce bénédictin a été tué avec un porte-cierge. Alors que les amours de Théo avec la jeune Émilie sont contrariés, on apprend que le novice des franciscains italiens a disparu. Sans doute est-il en danger. Séraphin Cantarel et ses proches vont devoir démêler de diaboliques mystères...

Jean-Pierre Alaux : Saint-Michel, priez pour eux ! (Éd.10-18, 2013)

1978 ! La nunuche Danièle Gilbert incarne la télévision française giscardienne, le politicien italien Aldo Moro est enlevé et tué par les Brigades Rouges, plus chanceux le baron Empain est séquestré durant deux mois, la Bretagne est polluée par 200.000 tonnes de fuel après le naufrage du super-tanker l'Amoco Cadiz, le Liban est déchiré par la guerre, Claude François s'électrocute en jouant à l'électricien amateur, tandis que naît le premier bébé-éprouvette. Obtenir une ligne téléphonique prend encore du temps, et l'idée vient d'être lancée du Minitel − qui ne se concrétisera que deux ans plus tard. C'était il y a seulement trente-cinq ans, mais on a l'impression d'évoquer une époque terriblement lointaine et obsolète. C'est pourquoi cette série de roman trouve logiquement sa place dans la collection des polars historiques “Grands détectives” chez 10-18.

Dans ce quatrième épisode, on retrouve avec un plaisir certain nos enquêteurs amateurs, Séraphin, Théo et Hélène. Comme dans les opus précédents, c'est un site majeur qui est au centre de l'intrigue. Ceux qui n'ont pas visité le Mont-Saint-Michel ont bien tort, car les héros érudits nous rappellent ici que son histoire ne fut pas uniquement religieuse. Depuis que le couple Poulard s'y est installé au dix-neuvième siècle, ce lieu est d'abord touristique plus que spirituel. On n'y croise que fortuitement des moines, même en 1978. Outre qu'on nous dévoile un secret sur le jeune Théo, l'intrigue apparaît encore plus corsée et sinueuse que dans les trois autres aventures, ce qui est très agréable. Un suspense de belle qualité.

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 05:55

Vincent Cortal est retraité de l'Éducation Nationale depuis quatre ans. Cet ancien prof de dessin et d'autres matières mène maintenant une vie solitaire et oisive à Paris. Ayant été convoqué par un notaire, maître Lenœuf, il n'en devine nullement la raison. Est-ce qu'il se souvient de Matilda Rosken, une Franco-Américaine marginale limite clocharde, vivant en France depuis les années soixante, habitant un appartement genre cloaque ? Sur une série de photos d'elle à plusieurs âges, cette Matilda ressemble vaguement, en beaucoup plus négligé, à la cinéaste Agnès Varda. Fouillant dans sa mémoire préhistorique, de lointaines images reviennent à Vincent. Il se rappelle de la décennie 1970, au temps où il traquait les films improbables du cinéma expérimental.

Au Centre Américain, on diffusait parfois ces œuvres underground qui s'affichaient élitistes, loin du cinéma traditionnel. Projections sauvages, semi-secrètes. Quelques cinéastes étaient issus de la Factory, d'Andy Warhol, semblait-il. Quand on débattait de la qualité de ces créations, Matilda et Vincent étaient généralement d'accord. Tout ça reste quand même flou pour lui, et ne justifie assurément pas qu'il soit légataire de Matilda. En effet, il hérite de quatre-vingt-six bobines de ces films qu'ils visionnaient autrefois, qui n'ont de valeur que pour des frappadingues dans son genre. À en croire le policier Carquignand, Matilda Rosken a été assassinée après avoir été brutalement interrogée. Voilà de quoi surprendre Vincent, mais il ne se sent pas plus que ça concerné.

Il dispose d'un local, où il aménage une petite salle de cinéma perso. “J'ai réalisé tout à coup que ma retraite m'emmerdait depuis un bon moment sans que j'ose me l'avouer. J'avais enfin quelque chose de sérieux à faire. Récupérer les joies idiotes de mon passé. Redevenir jeune et insouciant. Inespéré...” Belle collection, suscitant des réminiscences de l'avant-gardisme de jadis, pour Vincent. Par rapport à la liste répertoriée par Matilda, il doit manquer deux films. La question qui pèse sur le cortex de Vincent, c'est l'importance fort relative de ces œuvres disparues. Il ne compte pas sur le sceptique flic Carquignand pour l'éclairer. Quand Vincent est agressé avec violence par deux prognathes en joggings, une longue hospitalisation s'impose. Sa convalescence dans “la Venise du Gâtinais” ne le met pas à l'abri de ses ennemis. D'autant qu'il a retrouvé les films manquants...

Jean-Bernard Pouy : Calibre 16mm (Éd.In-8, 2013)

Les véritables initiés du cinéma expérimental sont infiniment rares. L'image fixe qui dure huit heures, les photogrammes raturés, ou l'abstraction esthétisante, n'ont jamais attiré qu'un public clairsemé. Expression artistique absconse, qui eut quelques adeptes, surtout quand l'ombre magique d'Andy Warhol semblait planer derrière ces créations. Il suffisait qu'une production (films, livres) se proclame underground pour glaner un peu de prestige. Les plus téméraires assistaient à d'insondables happenings, dénués de tout intérêt. Tel est donc le contexte passé évoqué par J.B.Pouy, qui tâta sûrement de cet univers.

Toutefois, c'est bien dans un sombre suspense que baigne ce roman court (ou novella). Le héros qui n'a rien d'héroïque hérite suite à un meurtre, et risque lui-même sa peau. Que les adversaires soient moldo-valaques, périgourdins ou plus classiquement américains, ils sont infiniment dangereux. Il y a même de la mutation dans l'air pour le flic, c'est dire leur puissance. On connaît et on apprécie la tonalité enjouée des histoires racontées par Pouy. Ce “Calibre 16mm” nous offre, une fois encore, un vif plaisir de lecture.

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 05:55

Éliette Vélard habite désormais à Saint-Vincent, village de l'Ardèche près de Montélimar. Âgée de soixante-quatre ans, veuve de Charles, Éliette a deux enfants adultes vivant en région parisienne. Elle a décidé de s'installer dans cette maison qu'ils retapèrent avec son défunt mari, où ils passèrent longtemps leurs vacances en famille. Ses seuls voisins sont Paul et Rose Jaubert, qui tiennent une ferme à quelques kilomètres. Ce n'est pas qu'Éliette s'ennuie vraiment ici, se trouvant des occupations, mais c'est un coin presque trop calme. Il lui arrive de gentiment fantasmer sur son voisin Paul, ou de délirer sur des légumes aux allures de sex-toys. Encore fort séduisante, Éliette manque de tendresse sexuelle.

Petit incident avec sa voiturette, un pneu crevé. Un homme de passage vient en aide à Éliette. Âgé de quarante-cinq ans, Étienne Poilet semble avoir un problème, qui l'a conduit à échouer par ici. Éliette l'invite chez elle, lui proposant bientôt de l'héberger. Elle se sent revivre, grâce à cette belle parenthèse dans sa vie, même si elle doit être courte. Chez ses voisins, un drame s'est produit. Leur fils Patrick vient de trouver la mort dans un accident de voiture. Il est vrai que c'était un excité du volant. Il aurait été surpris par un obstacle, un véhicule mal garé au bord d'une route étroite. Éliette tente de réconforter Rose, tandis que Paul Jaubert abuse en solitaire du pastis pour calmer sa rage naturelle.

Agnès, la fille d’Étienne, débarque chez Éliette. Cette jeune énervée de vingt ans traîne de longue date dans des milieux interlopes. Elle n'ignore pas qu’Étienne est passé par la case prison au Maroc, avant de revenir à Paris. Pour le compte d'un certain Théo, père et fille doivent fourguer deux kilos de drogue cachés dans une petite mallette. Avec l'accord de son père, Agnès va s'absenter afin de contacter un client potentiel sur la Côte. Chez les Jaubert, arrive leur second fils Serge et son compagnon allemand. Ce qui ne risque pas de calmer Paul, mécontent d'avoir un fils homosexuel. Bien qu'elle sente cette tension, Éliette entend profiter autant que possible de la tendresse câline que peut lui apporter Étienne. Pourtant, la situation va fatalement s'envenimer, entre Paul Jaubert et le voisinage, ainsi qu'entre Agnès et Éliette...

Pascal Garnier : Trop près du bord (Points, 2013)

Les romans du regretté Pascal Garnier (1949-2010) sont ponctuellement réédité, ce qui est une excellente initiative. Nul besoin d'écrire des pavés, de complexifier à outrance les intrigues, pour captiver les lecteurs. Telle pourrait être la leçon que donne cet auteur. Ça n'empêche pas une construction ciselée de l'histoire, au contraire. Si tout commence dans la paix, on va vers la fureur. À la base, des faits anodins et des personnes qui ne sont pas destinées à se croiser. Éliette ou Paul, des gens ordinaires. Étienne et Agnès, plutôt dans la délinquance. Puis monte un crescendo qui rappelle ces enchaînements de circonstances se terminant en faits divers. Comme dans certaines affaires dramatiques d'ex-conjoints qui n'ont plus à se rencontrer, et qui finissent mal.

Si la vie quotidienne apparaît sans troubles particuliers, chacun porte son propre vécu, ses sentiments intimes. Pour traduire cela, Garnier ne manquait pas de finesse. D'humour ironique, non plus. “La rhinite d'Agnès n'avait pas l'air de s'arranger mais, curieusement, cela semblait lui donner une énergie qu'elle déployait sans compter.” En réalité, elle sniffe de temps à autres des rails de coke. Ce qu'une brave femme telle qu'Éliette ne saurait imaginer. Si le ton n'est jamais agressif, le récit est percutant. Bien que d'un format assez court, un roman riche et sombre.

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 05:55

Noël 1897. Joshua et Caroline Fielding vont passer une dizaine de jour à Whitby, dans le Yorkshire. Comédiens, ils sont invités avec leur troupe dans la propriété de leur mécène, Charles Netheridge, et de son épouse. Ils doivent y jouer une pièce de théâtre que leur fille Alice a tiré de “Dracula”, le déjà célèbre roman de Bram Stoker. “Dans le livre, la tempête jetait le cercueil où reposait le vampire sur le rivage de Whitby. La pièce serait donnée le lendemain de Noël, devant un public composé d'amis et de voisins des Netheridge.” Dès le premier soir, Caroline perçoit des tensions. Le comédien Vincent Singer montre une fourbe agressivité. Le fiancé d'Alice, Douglas Paterson, craint qu'elle ne prenne trop au sérieux ses prétentions artistiques. Alors que ce n'est qu'un spectacle au public restreint.

Le destin de la jeune femme est de devenir une bonne épouse. Ce que pensent aussi ses parents : “Ce sera une véritable aubaine pour notre Alice... Une agréable distraction, avant qu'elle ne se consacre à sa vie conjugale.” Leur condescendance laisse perplexe Caroline. Mère de trois filles adultes aux parcours sinueux, sa maturité lui dicte davantage de tolérance. Même si en cette époque victorienne, les femmes restent inférieures. Le lendemain, la troupe commence par une lecture de la pièce d'Alice, version épurée de “Dracula”. Joshua Fielding fait comprendre au père et au fiancé de la jeune femme qu'il faudra en améliorer l'écriture, ce dont il va se charger. Sceptiques, Netheridge et son futur gendre ne voient toujours là qu'un plaisant projet, sans grande importance.

Anton Ballin est un voyageur bloqué par un accident et, maintenant, par l'épaisse neige. Il trouve refuge chez Netheridge. Ce soir-là, on évoque les vampires et les mythes grecs, ce qui ne risque pas d'alléger l'ambiance. Lors des répétitions suivantes, Ballin apporte son grain de sel afin d'améliorer la pièce. Il suggère d'incarner le rôle de Van Helsing d'une façon plus vivante, plus convaincante. Vincent Singer, qui joue ce personnage, ne tarde pas à s'approprier cette idée. Douglas Paterson semble fortement attiré par la comédienne Lydia Rye, qui ne ménage pas son charme. Caroline essaie de restituer avec le plus grand soin les décors inquiétants des Carpathes version Dracula. En parallèle du spectacle, un vrai drame couve. Que ni Caroline, ni aucune personne présente ne saurait empêcher. Car il y a de la vengeance mortelle dans l'air...

Anne Perry : Le spectacle de Noël (Éd.10-18, 2013)

Anne Perry s'est rendue célèbre grâce à deux principales séries, les aventures de Charlotte et Thomas Pitt, ainsi que celles de William Monk. On lui doit par ailleurs quelques autres titres tout aussi réussis. Tous les ans, elle présente un suspense plus court que ses autres ouvrages, dans la série “Petits crimes de Noël”. Il s'agit de contes criminels, ayant pour cadre l'époque victorienne. Situés durant la période de Noël, qui devrait être propice à la paix et au bonheur, ces romans sont fort énigmatiques. Comme si, symboliquement, les âmes noires attendaient ces temps hivernaux pour ternir un moment festif.

C'est la mère de Charlotte Pitt qui observe les faits dans la présente histoire. Femme d'expérience issue d'un milieu aisé, elle a choisi une nouvelle vie par ce second mariage avec un comédien. Comme elle, tandis que la pièce prend tournure, nous sentons que la tragédie n'est pas loin. Vu le sujet, l'intrigue ne peut qu'être quelque peu théâtrale. C'est loin d'apparaître déplaisant, d'autant que c'est “Dracula” de Bram Stoker qui sert de toile de fond. On n'oublie pas d'évoquer les vampires, l'arme du crime imitant un objet destiné à les éliminer. Ce nouveau "conte cruel de Noël" d'Anne Perry nous offre, une fois de plus, un très bon moment de lecture.

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 05:55

New York, 1985. Célibataire âgé de quarante-deux ans, Léonard Karlov est un enquêteur chevronné de la police. Deux jeunes femmes viennent d'être poignardées successivement dans leurs appartements de Manhattan. Pas mariées, elles semblent avoir laissé entrer leur assassin sans se méfier. Karlov ne révèle pas publiquement un indice essentiel : on a trouvé des gondoles en papier près des têtes des victimes. Le policier note que l'assassin a méticuleusement fait le ménage après son passage. Réunissant les proches des jeunes femmes, Karlov ne tire guère d'indices de leurs témoignages. Un troisième crime identique est commis. Alors que monte la pression publique, le policier peut compter sur le soutien du Dr Harold Kramer, médecin légiste. Karlov décompose les gondoles en papier. Elles ont été faites avec des journaux de Chicago datant d'environ vingt ans.

Grâce à son ami Jim Hurley, policier de l'Illinois mis à la retraite, Karlov va obtenir une sérieuse piste. Everett Morton Howe assassina une jeune fille en 1965, après être entré chez elle sans qu'elle se méfie. Il fut interné en psychiatrie. Sorti quelques années plus tard, on l'enferma à nouveau pour tentative de viol. Il s'évada trois ans après, sans qu'on le retrouve. Récemment, il fut interpellé sans suite par un agent de police, sous un faux nom. La piste mène chez son employeur, qui le considérait comme un comptable fiable.

Circulant dans une Ford rouge, le tueur se fait passer pour un réparateur de télévisions. Il surveille les victimes visées avant d'agir. Malgré de menus incidents, l'assassin commet un quatrième meurtre. Les différences remarquées ici par Karlov ne sont pas significatives. Le journal de 1963, utilisé pour la gondole, vient cette fois de la petite ville de Winnetka.

Laura Barnett est fiancée à l'avocat Glen. Si elle a suivi la série de meurtres, ce sont surtout les petits cadeaux anonymes qu'elle reçoit qui l'inquiètent. Ils ne proviennent pas de Glen. Dans un premier temps, l'avocat la rassure autant qu'il peut. Mais Laura est de plus en plus certaine que c'est l'œuvre de Jason, son ancien petit ami. La police admet que Jason ne mène pas une vie équilibrée, mais il ne paraît pas dangereux. Le réparateur à la Ford rouge contacte Laura sous un prétexte. Dans le même temps, il a commis un cinquième assassinat. La police du quartier de Brooklyn vient d'arrêter Everett Howe, sans en aviser Karlov. Celui-ci démontre vite que les aveux de Howe sont sans valeur. Émettant des hypothèses tous azimuts, le policier trouve un point commun entre les victimes. Il s'agit maintenant de piéger le coupable...

William Katz : Violation de domicile (Presses de la Cité, 2013)

Quand on parle d'un bon livre, il n'est pas indispensable d'utiliser des étiquettes genre “thriller” et autres arguments se voulant percutants. Il s'agit là d'un suspense authentique dans la meilleure tradition, celle des romans d'enquête alliant questions et péripéties. Né de parents Russes, policier compétent n'ayant guère recours aux analyses de la science, le héros n'éprouve que très peu d'états d'âme. C'est un instinctif, utilisant ses relations et son flair pour progresser dans ses investigations. Certes, il n'avance pas assez vite pour empêcher quelques nouveaux crimes, mais cet enquêteur pur et dur ne renonce pas.

La construction du récit est habile. Outre les indices collectés par Karlov, des scènes nous montrent l'assassin rôdant autour de ses victimes, les approchant. On comprend que Laura, qui apparaît également avec son compagnon Glen au fil de l'affaire, est une des clés du dénouement de cette belle intrigue. D'ailleurs, dans la dernière partie, le rythme du récit s'accélère encore. L'auteur ne cherche pas les effets trop spectaculaires, les mystères glauques ou sanguinolents. Pas nécessaire lorsqu'une histoire est racontée avec fluidité et maîtrise. L'intensité naît naturellement des circonstances criminelles présentées. De forme classique, voilà un suspense très réussi.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 05:55

À l'initiative de l'éditeur Otto Penzler, chaque année paraît un recueil de nouvelles qui recense les meilleurs textes des auteurs américains du moment. Un écrivain confirmé choisit au final parmi les nouvelles sélectionnées. Ce type d'ouvrage fut publié plusieurs années chez Rivages, sous le titre “Moisson Noire”. Donald Westlake, Lawrence Block, James Ellroy, Michael Connelly, Nelson DeMille, Joyce Carol Oates présidèrent au choix des textes. Pour cette nouvelle édition, publiée chez Belfond Noir, c'est Harlan Coben qui décide quelles sont les vingt nouvelles présentées. Il a retenu les auteurs suivants :

Brock Adams, Eric Barnes, Lawrence Block, David Corbett et Luis Alberto Urrea, Brendan Dubois, Loren D.Estleman, Beth Ann Fennelly et Tom Franklin, Ernest J.Finney, Ed Gorman, James Grady, Chris F.Holm, Harry Hunsicker, Richard Lange, Joe R.Lansdale, Charles McCarry, Dennis McFadden, Christopher Merkner, Andrew Riconda, S.J.Rozan, Mickey Spillane et Max Allan Collins. Une présentation biographique permet de situer chacun de ces auteurs. Certains de ces noms sont mal connus en France, d'autres ont déjà une solide réputation dans le roman noir ou le suspense. Tous apportent leur inspiration personnelle et leur propre tonalité à ces courtes histoires. Cette diversité rend le recueil d'autant plus plaisant à lire. Une belle sélection, variée à souhaits.

Harlan Coben présente “Insomnies en noir” (Éd.Belfond Noir, 2013)

Quelques exemples parmi la vingtaine de nouvelles :

Joe R.Lansdale : “Pluie d'étoiles”. Deel s'était engagé pour combattre en Europe, durant la Grande Guerre. Quatre ans plus tard, le voici de retour dans son petit coin d'Amérique. Il retrouve sa femme Mary Lou, vingt-huit ans, et leur fils de huit ans, Winston. Pendant sa longue absence, leur voisin Tom Smites aida beaucoup Mary Lou et son fils. Métis d'une Indienne et d'un Suédois, Tom est un beau jeune homme. Deel se montra autrefois très paternel envers lui. S'il renoue avec son monde, Deel reste marqué par les images fortes des épreuves guerrières qu'il a traversées. Une explication s'impose entre Tom et lui, lors d'une partie de chasse. Il est certain que la mort sera au rendez-vous, quoi que fasse le shérif Lobo Collins.

Lawrence Block : “Table rase”. Âgée de vingt-trois ans, Katherine Tolliver (dite Kit) n'a eu qu'une demie-douzaine d'amants. Son vrai premier petit ami, ce fut Douglas Pratter. Huit ans après leur séparation, elle le recontacte à Toledo. Il est marié, il a un métier stable, il a plaisir à la revoir. Leurs retrouvailles se concluent logiquement par une relation sexuelle. Pourtant, Kit n'est nullement une romantique. Ni cette jeune femme équilibrée installée à New York, ayant réussi socialement, ainsi qu'elle veut paraître. Elle s'est interrogée sur son parcours sexuel, débuté alors qu'elle avait treize ans. Et sur sa vie, qui changea de cap à la mort brutale de ses parents. Kit efface maintenant tout ce qui a trait à certains moments de son passé.

Max Allan Collins, d'après l'œuvre de Mickey Spillane : “Mort depuis longtemps”. Grant Kratch fut condamné à mort et exécuté, son décès effectif fut authentifié. Il s'agissait d'un violeur et tueur en série plutôt fortuné. Ayant assassiné pas moins de trente-sept jeunes femmes, il méritait son sort. C'est le détective privé new-yorkais Mike Hammer qui l'arrêta à l'époque, dix ans plus tôt. Or, Mike vient de le repérer, bien vivant, à l'aéroport. Il le piste jusqu'à son hôtel, et s'arrange pour obtenir ses empreintes digitales. En fait, ce serait celles d'Arnold Veslo, petit truand disparu de la circulation depuis belle lurette. Kratch trouva-t-il le moyen d'échapper à la mort, ou bien s'agit-il d'un sosie ? Avec sa brune partenaire Velda, le privé Mike Hammer enquête. En effet, il y eût d'autres victimes imputables à Kratch après sa mort supposée.

Richard Lange : “Tueur d'enfant”. Veuve, Bianca est la plus âgée des employés de service à l'hôpital, en majorité Latinos. Ses propres enfants restent proches d'elle. Alors qu'elle est de retour dans sa maison, un policier passe pour une enquête de proximité. Quelques jours plus tôt, un bébé a été abattu en pleine rue. Ce quartier de Temple Street est de plus en plus dangereux. Bianca affirme au policier qu'elle n'a rien vu. Pourtant, comme d'autres ici, elle sait que le tueur est un voyou appelé Marionnette (José est son vrai prénom). Mais Bianca a déjà elle-même quelques soucis avec sa fille Lorena, et sa petite-fille Brianna. Peut-être quelqu'un dénoncera-t-il Marionnette ? Pour Bianca, trouver un peu de paix en compagnie de son voisin salvadorien Rudolfo ne serait pas désagréable.

Brendan Dubois : “En patrouille”. Cooper est une vaste et pauvre agglomération de l’État du Massachusetts. Mariée, Erica Kramer y exerce le métier de journaliste free-lance. En vue d'un reportage de fond, elle a obtenu de participer à une patrouille de police nocturne. Parmi les soixante flics, elle a choisi d'accompagner l'agent Roland Piper. Parce que c'est le plus chevronné. Peu ambitieux, il aime s'occuper du secteur du Canal. Ce quartier sensible de Cooper abrite squatteurs et trafics. Une fois posées les règles de respect entre eux, Erica et Roland partent en mission. Le seul incident important pendant la nuit, ce sera un cambriolage en cours dans une bijouterie. Laissant Erica à l'abri, Roland Piper intervient, avant de se faire assommer, un choc pas trop grave. Les collègues de l'agent interrogent Erica, qui ne sait rien sur les gens abattus à l'intérieur de la bijouterie...

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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