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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 05:55

La Ville, c'est une métropole américaine en 1935. Henry le Rouge en est le tout-puissant maire depuis 1929. Au centre d'un cercle d'amis hommes d'affaires, il règne avec la plus grande fermeté. Il s'appuie sur les forces de police, et aussi sur les vigiles de l'UAS, l'Unité Anti-Subversion. Ces derniers affrontent sans pitié les syndicats, qui ont lancé des grèves contre les établissements de certains proches du maire. Ce qui ne va pas empêcher des attentats visant Bernal, patron de Capitol Industries, ou Altabelli, deux amis de Henry le Rouge. Le détective Ethan Poole est un sympathisant des mouvements sociaux. Il soutient Carla, pasionaria communiste, et son comparse Enrique. Au besoin, Ethan Poole n'hésite pas à pratiquer le chantage contre des gens tels que Roderigo Bernal. Toutefois, il mène aussi de vraies enquêtes. Comme cette affaire Prosnicki, où une femme voudrait retrouver son fils Casper disparu depuis sept ans.

Frank Frings est journaliste pour La Gazette. Ce migraineux se soigne aux cigarettes de haschich. Il est l'amant de Nora Aspen, chanteuse de jazz quelque peu connue. Celle-ci sent actuellement une sourde menace autour d'elle. Les attentats ciblant des proches du maire sont des faits divers qui intéressent Frings. Quelques années plus tôt, convaincu par la vitalité et les promesses d'Henry le Rouge, il fut favorable à son égard. Ayant déchanté depuis l'élection, le reporter écrit des articles agressifs. Et surtout, il cherche des preuves des malversations du maire. L'industriel Bernal a de bonnes raisons de l'aider : “Quand le système des petits arrangements du maire s'effondrera, ce sera le chaos, et je veux savoir à quel moment se produira ce dénouement inéluctable. Je ne veux pas mourir, M.Frings. Or, des morts, il y en aura avant la fin de tout ceci.” Lui qui connaît certains secrets de la Ville, il offre au journaliste une piste sérieuse.

Les Catacombes sont les archives de la police et de la justice de la Ville. Arthur Puskis en est le documentaliste depuis vingt-sept ans. Maniaque des classements minutieux, il remarque l'existence d'un double dossier sur la même affaire. Des deux photos trouvées, laquelle est vraiment celle du criminel Reif DeGraffenreid, qui fut condamné il y a quelques années ? Il s'avère que la photo de substitution est celle d'un certain Prosnicki. Le maire a été avisé de la petite enquête d'Arthur Puskis. Déjà, il a lancé un homme de main sur la trace d'Ethan Poole, non pour ses sympathies syndicales, mais parce qu'il s'informe sur le cas Prosnicki. Vérifiant les dossiers des Catacombes, Arthur s'aperçoit qu'une vingtaine de condamnés n'ont jamais été emprisonnés. Qu'est-ce donc que ce Projet Navajo ? Quel rapport avec le Massacre de la Fête d'anniversaire, datant de 1929, car un lien existe. Quand on lui présente la machine moderne qui remplacera les dossiers des Catacombes, Arthur comprend que les autorités municipales veulent détruire les preuves...

Toby Ball : Les Catacombes (Éd.10-18, 2013) – Coup de cœur –

Témoignant des réalités sociales sur fonds d'intrigue criminelle, le roman noir évolue avec son temps, c'est normal. Dans notre monde déréglé, le témoignage de tels polars garde une certaine importance. Néanmoins, les passionnés aiment à retrouver les ambiances des romans noirs d'autrefois.

Ceux qui évoquaient les mafias, la corruption généralisée et les embrouilles si courantes durant l'Entre-deux-guerres aux États-Unis. Ceux qui décrivaient la Prohibition, les clubs mal famés, les truands cyniques, les trafics en tous genres. Ces romans qui montraient la Ville sans la nommer, puisqu'il pouvait s'agir de New York, de Chicago ou autre métropole. Ceux qui mettaient en scène des personnages sombres, des détectives ou journalistes d'investigation, qui possédaient leurs propres principes moraux. Face à des notables pourris ou des caïds sans états d'âmes, tous avides de pouvoir.

C'est une immersion dans les décors fantomatiques de cette Ville corrompue, que nous propose Toby Ball. C'est une ambiance “à l'ancienne” qu'il reconstitue avec soin, selon les critères du roman noir authentique. Le climat de mystère et de menace est omniprésent : “Parce que la situation est encore plus terrible que vous ne le pensez. Vous n'avez aucune idée de ce qui s'est passé, ni de ce qui se passe. Le Massacre de la Fête d'anniversaire, l'élimination du gang de White, le Projet Navajo, les hôpitaux qui sont en réalité des prisons, la disparition de familles entières...”

Sachant que cette phrase apparaît environ deux cent soixante pages avant le dénouement, c'est dire que les questions énigmatiques et les diverses péripéties ne manquent pas ensuite. Héros atypique, le bureaucrate Arthur Puskis apparaît d'une certaine façon comme le pivot de cette noire histoire. Un suspense (inédit) à la manière traditionnelle, qui procure un réel bonheur aux lecteurs.

- "Les Catacombes" de Toby Ball est disponible dès le 21 novembre 2013 -

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 05:55

Benjamin Cooker est un œnologue de réputation internationale, dont le Guide des vins est une référence. Basé dans la région bordelaise, il est assisté du jeune Virgile Lanssien, et de la laborantine Alexandrine de la Palussière. Parmi leurs activités, Cooker et son équipe sont aussi conseillers pour bon nombre de viticulteurs. La qualité du vin, son amélioration, c'est tout un métier. Benjamin Cooker accepte également des missions comme celle que lui a confié Georges Gimonprez. C'est l'un des plus importants négociants de Bordeaux. Il possède un château et diverses propriétés. Par sa férocité en affaires, Georges Gimonprez ne compte pas que des amis. Son nouveau projet consiste à investir en Chine. Acheter 1350 hectares d'un seul tenant, y planter de la vigne et commercialiser sur le marché chinois, un programme pour lequel il a besoin des conseils de Benjamin Cooker.

Alors qu'il dîne dans le même restaurant que l'œnologue et son assistant, Gimonprez est victime d'une fatale crise cardiaque. Dès le lendemain, Benjamin est reçu au château par la veuve. Elle paraît peu surprise du décès de son époux. Le médecin traitant du négociant confirme les soucis de santé de son patient. C'est le neveu du défunt, Thomas Cardonet, déjà directeur général, qui devra prendre les rênes de l'entreprise. Sa mère Hélène, veuve de longue date, devenue la compagne de Berland, comptable de la société Gimonprez, ne suit que de loin l'évolution de la société de son frère. Le commissaire Barbaroux est déjà occupé par l'agression d'étudiants œnologues chinois à Bordeaux. Si Benjamin déniche des éléments nouveaux, il saura les exploiter. “C'est tout à fait le genre d'embrouilles qui vous excitent, ça...” ironise Virgile. “Disons que ça me titille, plutôt.” admet son patron.

Benjamin Cooker fait connaissance avec l'entourage professionnel de Gimonprez. Pour le moment, les projets du défunt restent en cours. L'œnologue doit s'improviser guide afin de vanter à deux Chinois les mérites de la région. Avec Virgile, Benjamin visite un cabanon de pêche qui lui a paru suspect. Un lieu confortable, où ils découvrent une possible pistes, des traces de coûteux cigares. Cooker voudrait bien définir à quoi servait le labo personnel de Gimonprez. Alors qu'ils ont analysé et dégusté les échantillons des vins qui seront commercialisés bientôt, l'œnologue et ses adjoints comprennent mieux d'où venaient les problèmes de santé du défunt. Il est indispensable que le commissaire Barbaroux relance une enquête sérieuse, maintenant... 

Jean-P.Alaux – N.Balen : Crise aiguë dans les Graves (Fayard, 2013)

À chaque nouvel épisode de cette série de romans “Le sang de la vigne”, on éprouve un plaisir certain à suivre ce détective amateur. Pour Cooker, il s'agit davantage de recueillir de menus indices et des impressions, que de mener une enquête en bonne et due forme. Ses investigations peuvent être animées, mais l'ambiance se veut plus feutrée et courtoise que pétaradante ou explosive. On préfère observer et écouter, que sortir l'artillerie lourde et menacer l'adversaire. Foncer dans le tas, façon baroudeur ? Non, comprendre un contexte, économique ou familial, c'est déjà faire un grand pas en direction de la vérité.

Si Jean-Pierre Alaux et Noël Balen n'abusent pas des détails érudits, ils nous font néanmoins visiter le terroir, et livrent quelques détails historiques : comment le vin clairet du Moyen-Âge devint, au fil des siècles, le Bordeaux actuel ; l'hommage qu'on doit aux frères Lillet, les premiers à largement commercialiser ces vins dès la fin du dix-neuvième siècle. L'occasion aussi d'en apprendre un peu plus sur les meilleurs cigares cubains. En filigrane, il n'est pas interdit de s'interroger sur les échanges économiques avec la Chine, peut-être un concurrent à venir sur les marchés internationaux. Quoi qu'il en soit, cette nouvelle affaire s'avère aussi plaisante et savoureuse que les précédentes aventures de Benjamin Cooker.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 05:55

Journaliste à Ouest-France, Jean-Noël Levavasseur a dirigé plusieurs recueils de nouvelles autour de la musique (The Clash London calling, The Doors, Ramones, Bérurier Noir, les Cramps). Le principe consiste à s'inspirer d'un des titres de ces groupes très rocks, afin d'imaginer une histoire courte. Sans qu'il soit indispensable de se référer à la chanson telle qu'elle existe. Chacune des nouvelles (grunges et noires) est illustrée par Jean-Christophe Chauzy, un dessinateur de très belle réputation.

Cette fois, sont réunis treize auteurs : Ingrid Astier, Marion Chemin, Stéphane Le Carre, Jean-Noël Levavasseur, Jean-Luc Manet, Caroline Sers, Frédéric Prilleux, Marie Vindy, Olivier Martinelli, Cyrille Martinez, Mathias Moreau, Guillaume de Prat, Nicolas Rouillé. Des notices biographiques permettent de situer chacun d'eux. Ils utilisent les titres de l'album “Nevermind” de Kurt Cobain (1967-1994) et de Nirvana. Une chronologie, succincte mais précise, permet de survoler le parcours de ce groupe, ainsi que la discographie qui suivit le décès prématuré de son leader. Un recueil de nouvelles rock'n'roll à ne pas manquer.

Jean-Noël Levavasseur : Nevermind (Ed.Buchet-Chastel, 2013)

Coup d'œil sur quelques-unes des nouvelles de ce recueil.

Caroline Sers : "Smells like teen spirit". Cobin est un vieillard qui se la joue rebelle. Pour un vieux gâteux déconnecté du présent dans cette maison de retraite, c'est un moyen d'être encore un peu vivant. Les visites de sa fille et de son petit-fils Cédric, indifférent avec sa musique dans les oreilles, c'est surtout du temps perdu. Autant que de repenser à son propre passé trop lisse...

Marie Vindy : "Come as you are". La journaliste Jessy a suivi la tournée de Kurt et de son grouple pour un reportage, plus d'un an auparavant. Depuis, sous prétexte de se sevrer de la drogue, Kurt s'est isolé dans un bâtiment en pleine cambrousse. Pas sûr qu'il ait cessé de se shooter. La mission de Jessy, l'inciter à reprendre les concerts, semble vouée à l'échec. Un miracle reste possible, peu importe qui le convaincra...

Ingrid Astier : "Breed". À la Bibliothèque François-Mitterrand, il prépare un article sur l'alpinisme, relisant la vie de Lionel Terray. Une jeune fille vêtue d'une robe de lainage rouge lui dénudant le dos distrait son attention, autant qu'une chanson de Nirvana. Avoir le coup de foudre pour un bel edelweiss est aussi hasardeux, dangereux, que d'affronter la haute montagne, ce qui le rend méfiant...

Frédéric Prilleux : "Polly". Un trio de baltrigues a kidnappé une adolescente. Joli coup, car cette Polly est la récente gagnante française du Grand prix de l'Eurovision. Sa chanson “Les petits pois sont rouges” marque politiquement les esprits, et déplaît dans son école. La famille tarde à s'exprimer sur les chaînes infos, afin de donner le feu vert pour la rançon. Richard, Louis et Henri vont-ils rester avec leur otage sur les bras ?...

Jean-Noël Levavasseur : "On a plain". C'est un coin paumé de l'Amérique rurale. Ce loser est témoin d'une altercation dans une station service, entre la blonde Courtney et un type à l'air sélect. La fille va filer avec le véhicule du témoin, mais il réussit à réagir assez vite. Le couple improbable poursuit sa route sans destination affichée. Jusqu'à un motel, pour une nuit très sexe. Sans doute devrait-il se méfier davantage de l'intrépide Courtney...

Jean-Luc Manet : "Endless, Nameless". C'est un rottweiler âgé de douze ans. Avec sa mère, ils furent jadis abandonnés par leurs maîtres. Il se retrouva bientôt seul. Au hasard d'une rencontre, il fut adopté par le marginal Kurt. Celui-ci le baptisa Connard. Une vie sans confort, entre les squats et les excès de Kurt. Étape à la SPA, avant de devenir chien de garde. Lui qui ne veut que protéger les autres, il risque d'être victime d'une méprise...

Avec également des textes de Marion Chemin, Stéphane Le Carre, Olivier Martinelli, Cyrille Martinez, Mathias Moreau, Guillaume de Prat, et Nicolas Rouillé. Par ailleurs, Jean-Noël Levavasseur est l'auteur de “Irish confit”, une des aventures de la série Léo Tanguy.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 05:55

Jake Skowran vit dans une petite ville du Wisconsin. L'endroit est économiquement sinistré depuis la dernière crise. Comme quelques autres, l'usine qui employait Jake et beaucoup de gens a fermé définitivement. Sa compagne Kelly l'a quitté, et il est endetté auprès des organismes bancaires. Ses paris perdants chez le bookmaker local l'appauvrissent encore davantage. Son fidèle copain Tommy Waretka dirige une station service appartenant au groupe Gas'nGo. Il s'est arrangé pour lui proposer un poste, boulot de nuit mal payé, mais mieux que rien. Le jeune employé Prezda lui inculque quelques bases, dans un jargon qu'il doit traduire. Le job pourrait lui convenir, mais un délégué du groupe Gas'nGo vient troubler la situation. Le nommé Brecht risque de mettre sur la sellette le poste de Tommy, et le statut des deux employés, faute d'appliquer strictement les règlements édictés.

Jake doit 4200 dollars à Ken Gardocki, le bookmaker. Celui-ci lui offre 5000 dollars pour assassiner son épouse Corinne, plus jeune que lui. Huit cent tickets de bénéfice, Jake ne va pas cracher sur cette opportunité. D'autant que le bookmaker a prévu un plan sans faille pour le samedi soir suivant. S'interroger sur la morale ? “Des types nous ont tués, moi et ma ville, et je suis sûr que ça ne les empêche pas de dormir. Pourquoi devrais-je m'arracher les cheveux à cause de Corinne Gardocki ?” D'ailleurs, lorsqu'il voit des sociétés telle EFS profiter de la crise, comment ne pas avoir envie de buter bon nombre de malfaisants ? L'homme de main du bookmaker, Karl, fournit un pistolet à Jake. Son jeune collègue le remplace au boulot tandis que, sous la pluie, il va à pied remplir sa mission. Après coup, même si c'est imprudent, Jake conserve l'arme du crime.

Puisque Brecht entend faire du tort au personnel de la station service, autant le mettre hors course sans tarder. Puisque le bookmaker propose à Jake une mission à New York, pour abréger la vie d'un malade du sida de Long Island, autant que ça lui rapporte de fric. C'est le système qui fait de Jake un tueur à gages : “Un monde sans règle... [Il y a] des gens dans des immeubles de bureaux qui essaient en ce moment même de calculer si licencier sept cent personnes leur fera économiser de l'argent... L'économie c'est la souffrance, les mensonges, la peur et la bêtise, et je suis en train de me faire une niche. Je ne suis pas plus fêlé que le voisin, simplement plus décidé.” Certes, il risque de passer pour suspect. Pourtant, il gagne en lucidité concernant l'entourage de Garbocki. Au final, c'est peut-être un job d'avenir, qui lui permettrait une nouvelle vie de couple...

Iain Levison : Un petit boulot (Éd.Liana Levi, coll. Piccolo, 2013)

Pour le symbolique n°100 de leur collection de poche Piccolo, les Éditions Liana Levi ont choisi de rééditer le premier succès de Iain Levison, sorti en 2003. Belle initiative, car il s'agit d'un roman magistral. Une histoire dont le thème est plus universel que jamais, les crises économiques frappant partout la population.

Au-delà de l'intrigue criminelle, c'est le sort des victimes d'injustes licenciements qui est au cœur du sujet. Remonter la pente est improbable pour beaucoup, pas de miracle à attendre. Alors survivre, même en végétant, reste la moins indigne des solutions. Pendant ce temps, les groupes financiers mondiaux conservent de juteux bénéfices et dividendes, qu'on se rassure. Et d'autres petits malins profitent également de la crise. Telle cette société “qui se fait du fric en inventant des moyens de transmettre l'aide de l’État à des gens marginalisés. Un informaticien rapace a un contrat avec l'État parce que nous avons tous perdu notre boulot. On se nourrit sur notre dos, c'est la pire des insultes.”

L'unique réponse réside-t-elle dans le cynisme de Jake ? Être encore moins moral que ces grosses sociétés internationales semant la misère. Profiter de n'importe quelle occasion, fut-ce en supprimant ses congénères. Évidemment, c'est avec une sacrée ironie que nous sont racontées les péripéties des aventures de ce tueur à gages improvisé. Un moyen de réveiller la conscience citoyenne de chacun d'entre nous, peut-être. Même si ça reste une fiction, pas un mode d'emploi, c'est probablement ce qui a fait le succès de ce livre. Cette réédition est la bienvenue, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 05:55

Âgé de la mi-trentaine, Hughes est clerc de notaire à Nantes. Ex-joueur de rugby, il est marié à Nathalie, qui se montre de plus en plus distante envers lui. Hughes a dû traverser une partie de la France pour contacter un client, Pascal Martin. Cet ancien militaire habite une ferme dans un village, avec sa femme et la fille de celle-ci, Morgane. L'orage gronde et la pluie tombe dru, quand Hughes s'égare dans la contrée où il a rendez-vous. Pire, la voiture de l'étude notariale tombe en panne au milieu de nulle part. Hughes est secouru par Sébastien Girard, agriculteur de vingt-deux ans des environs. Il vit avec sa mère, la blonde Virginie, et son vieil oncle Hippolyte Girard, retraité de l'armée. Dans cette famille règne un laconisme ambiant, bien qu'ils l'invitent à passer la nuit chez eux. Réparer la voiture risque d'être un peu long, mais Hughes compte bien rentrer entre-temps à Nantes pour le week-end. Le contretemps ne semble pas gêner Nathalie.

Le lendemain vendredi, passant au bistrot local avec Sébastien, Hughes note qu'existe une rivalité plutôt vive entre les Martin et les Girard. On n'est pas loin de se menacer. Conduit par Virginie, le clerc de notaire se rend chez Pascal Martin afin de régler l'affaire d'héritage le concernant. Avant qu'il ne prenne son train du retour, Sébastien propose à Hughes de participer à une battue aux sangliers. Il n'est pas armé, mais participe volontiers avec les chasseurs locaux.

Flambeau, le chien de Sébastien, est abattu en marge de la chasse. Au vu des menaces proférées le matin, on soupçonne Pascal Martin ou un de ses proches. Le groupe va interroger l'intéressé. Le fils Martin a un alibi, et leur ami Fargeaud nie être concerné. L'incident a retardé Hughes qui, décalant son départ, passe une nouvelle nuit à la ferme des Girard. Hippolyte lui raconte les ragots sur quelques femmes du village. Il est vrai que la croustillante boulangère Mélanie se laisse facilement séduire.

Rôdant dans la nuit à le recherche de Sébastien, Hippolyte et Hughes s'aperçoivent qu'il a eu un rendez-vous amoureux avec Morgane Martin. Ce qui contrarie sévèrement le vieil oncle, note Hughes. À cause des rivalités familiales, sans doute. Finalement, le clerc va rentrer à Nantes par le train. Pour comprendre bien vite que la rupture entre Nathalie et lui est inévitable. Puisqu'il doit retourner chercher la voiture réparée, Hughes en profite pour louer un gîte près du village afin de s'offrir quelques jours de repos. La tension n'a pas vraiment faibli entre Sébastien et Hippolyte. C'est surtout avec Virginie qu'Hughes espère renouer, tout en s'intéressant également à l'énigmatique Morgane Martin...

Pierric Guittaut : La fille de la pluie (Gallimard, Série Noire, 2013)

On nous a beaucoup vanté le “polar urbain”, la jungle des villes propice à la corruption et au crime. Les secteurs plus campagnards ne sont pas à l'abri des drames et des meurtres, non plus. Malgré l'urbanisation tous azimut, l'essentiel de la population française habite dans des communes de taille moyenne, ne l'oublions pas. Quand les écrivains américains décrivent la ruralité de leur pays dans toute sa noirceur, on applaudit souvent. Il serait injuste que les romanciers français traitant des mêmes thèmes ne soient pas autant mis en valeur. Des personnages forts, des “secrets de famille” et des situations conflictuelles, nos auteurs sont généralement assez doués pour les mettre en scène avec crédibilité. Ce roman noir de Pierric Guittaut en apporte la démonstration, une fois encore.

Lorsque l'on présente une communauté villageoise, le moins aisé est de faire en sorte que chacun soit identifiable, du moins parmi les principaux protagonistes. Sur ce point aussi, l'auteur s'en tire bien. Il aurait pu esquisser une France profonde intemporelle, mais c'est un décor plus actuel dont il se sert, à juste titre. Aujourd'hui, les chasseurs font aussi souvent des battues aux nuisibles (renards, sangliers) que de la chasse proprement dite. Et, pour peu que vous débarquiez dans une telle commune, on vous traitera vite de “Parisien” si vous contrariez le rythme des habitants. Perric Guittaut détaille avec soin les réalités rurales, qui participe à l'intrigue criminelle, et sait faire monter la tension. Un très bel exemple du roman noir français de notre époque.

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 05:55

Quito, capitale de l'Équateur, altitude 2850 mètres, une agglomération de deux millions et demi d'habitants. À l'ombre du volcan Guagua Pichincha, la vieille cité coloniale côtoie la ville moderne. “Personne ne regarde en arrière, vers ces décennies de croissance urbaine, cette époque où on aurait pu faire quelque chose et où on n'a rien fait pour que la ville s'épanouisse harmonieusement et sans mettre en danger la vie de ceux qui venaient s'y installer.” Ainsi va l'essor urbain labyrinthique et anarchique de Quito. L'Équateur reste un pays latin conjuguant foi et violence. “Les lascars avaient déjà pris la fuite, la police arrivait, ainsi qu'une ambulance. La rue où habitait Heriberto Gonzaga S'était remplie du spectacle qu'engendre la violence dans une ville née pour prier.” Ici, règles et lois sont des notions approximatives, puisque la mort fait pleinement partie du quotidien.

Un accident de la route cause les décès de Julio et Marianna. Leur amie Maria de Carmen Sosa s'en sort, non sans séquelles psychologiques. Le conducteur du 4x4 qui a heurté leur voiture pourrie s'est enfuit sans attendre. Pendant deux ans, nul ne cherche à l'identifier. Quand survient le suicide de Maria de Carmen, le policier Heriberto Gonzaga vérifie que l'enquête fut bâclée. Il se sent impuissant. Pourtant, en secouant un épicier qui fut témoin de l'accident, Heriberto trouve une piste. Le chauffard serait l'architecte Ortiz, sans doute impliqué dans des affaires de blanchiment. Le policier l'abat sans hésiter et lui vole son nouveau 4x4. Le défunt Ortiz a une fille de dix-huit ans, Paulina. Pas insensible, Heriberto la prend en filature tandis qu'elle visite des églises. À l'inverse de son oncle et de sa mère, Paulina n'éprouve aucun esprit de vengeance.

Le légiste Arturo Fernadez est braqué par trois sbires à la solde des Ortiz, qui cherchent Heriberto Gonzaga. S'ils épargnent la grand-mère du policier, ils tuent le chauffeur du taxi transportant dans la nuit Paulina et Heriberto. Ainsi s'acheva la vie singulière de Devoto Santos, qui se paya son taxi de curieuse façon. Le père du brigadier Segundo Cifuentes étant autopsié après un arrêt cardiaque en voiture, c'est ainsi qu'il fait connaissance du légiste Arturo. Consultant le rapport médical sur l'accident causé par Ortiz, il espère être capable de relancer l'affaire. Tandis que Heriberto navigue toujours dans la métropole quiténienne, avec ou sans Paulina, le légiste rencontre la grand-mère du policier. Cifuentes et lui poursuivent une enquête qui a peu de chances d'aboutir...

Alfredo Noriega : Mourir, la belle affaire ! (Ombres Noires, 2013)

Parmi les romans inclassables choisis par la collection Ombres Noires, celui-ci va figurer en tête des “hors normes”, assurément. Inhabituelle et déstabilisante histoire, dans un décor fort peu familier. Polar noir ou roman sociétal, difficile de se prononcer car l'intrigue ne se dévoile qu'à travers un chassé-croisé nocturne et brumeux. “Voilà comment est la nuit, sans trêve ni compassion, uniquement soumise au destin. Heriberto la regarde, le visage envahi par l'absurde ; tous deux sont épuisés, crasseux et morts de faim. Depuis un bon bout de temps, ils n'arrivent pas à comprendre, ne serait-ce que cela, pourquoi ils sont ensemble.” Paulina et le policier, couple hautement improbable, c'est exact.

Dès que l'on adopte un certain fatalisme des habitants de Quito, on se sent effectivement à leurs côtés dans ces tribulations équatoriennes. Ce qui apparaît déroutant, peut-être, c'est qu'aucun d'eux ne cherche vraiment d'explication, ni de vérité. Comme si la torpeur valait mieux que la réalité. On vous répond facilement “Et... ?” dans le sens de “Qu'est-ce que ça peut me faire ?” Ambiance plutôt décalée par rapport à nos critères occidentaux, à laquelle il faut prendre le temps d'adhérer. L'auteur s'attarde sur des personnages au parcours gratiné. Tels le chauffeur de taxi Devoto Santos, ou l'attachante aïeule du policier Gonzaga. Parce que c'est un roman insolite, il mérite d'être découvert par un large public.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 05:55

Au lycée de Sutton Grove, il existe un groupe de pom-pom girls qui accompagnent les matchs de leur équipe. À la tête de ces cheerleaders de seize à dix-sept ans, c'est Beth Cassidy qui fait figure de capitaine. Adelaide Hanlon, dite Addy, est l'amie de toujours et la lieutenante de Beth. Les deux filles se chamaillent parfois vivement, mais restent unies. Une nouvelle coach arrive cette année pour les entraîner.

Mariée au très travailleur Matt French, mère de la petite Caitlin âgée de quatre ans, Colette French impose une discipline de fer aux adolescentes dès la première semaine. Beth est destituée de son honorifique titre de capitaine, rôle estimé inutile par la coach. Addy connaît assez son amie pour vite réaliser quelle situation conflictuelle ça va créer. Rectifier l'hygiène de vie des filles, leur faire pratiquer du sport intensif, c'est pourtant la clé pour réussir leurs spectacles.

Fascinée par la coach, Addy passe quelques soirées chez elle, d'abord avec le groupe puis en duo. En effet, son mari Matt est assez peu présent dans la vie de Colette French. Beth a remarqué la vénération que la coach inspire aux filles, en particulier à Addy. N'étant plus capitaine, elle trouve des prétextes pour délaisser l'entraînement. Au contraire des autres, qui préparent leurs figures pour approcher de la perfection.

Le beau sergent Will est le recruteur de l'armée en poste au lycée. Sans doute Beth a-t-elle compris qu'il est l'amant de la coach. Car elle s'arrange pour qu'Addy et elle surprennent leurs ébats sexuels. Beth prétend garder le silence sur cette histoire. Pourtant, Addy la sait trop vicelarde pour que son amie reste sans se venger. Quand le couple lui explique les motifs de leur relation sincère, Addy ne voit aucune raison de trahir le sergent Will et la coach.

La coach ne pouvant pas s'en faire une ennemie plus longtemps, Beth récupère son titre de capitaine. Manière aussi de la replacer dans le groupe, alors que plusieurs incidents ont mis des filles blessées sur la touche. La coach semble tendue ces derniers jours, pas seulement à cause de l'entraînement. Une nuit, elle téléphone à Addy, ne cachant pas son désarroi. Will vient de se suicider dans son appartement. Elles ne doivent être mêlées sous aucun prétexte à cette mort brutale. Enquête de routine pour la police, enquête militaire d'autre part. Pour le caporal Prine, adjoint du sergent Will, il vaut mieux ne pas trop en dire sur ce qu'il sait. Interrogée à l'improviste, Addy confirme l'alibi de la coach. Bien que redevenue Top Girl, voltigeuse, Beth continue à semer le doute dans la tête d'Addy. La sérénité ne règne guère, alors qu'approche la grande finale...

Megan Abbott : Vilaines filles (Éd.Jean-Claude Lattès, 2013)

Une intrigue autour d'un groupe de cheerleaders, voilà qui pourrait laisser perplexe. Il faut répéter qu'il s'agit de lycéennes mineures, pas du niveau des pom-pom girls universitaires ou des cheerleaders adultes pros du show. Si elles sont sportives et volontaires, ce sont des jeunes filles de leur âge, autour de dix-sept ans. N'ayant pas la maturité des femmes, elles restent influençables.

“Elles se cherchent” d'autant plus qu'elle n'ont pas vraiment de modèle familial. Parents inexistants, amies vachardes, téléphone portable greffé dans leur main, plus allumeuses que séductrices, ces ados ont besoin d'icônes. Ce qui suppose aussi des rivalités, quand deux personnes charismatiques sont en présence. C'est ainsi qu'Addy, qui pense toujours avoir besoin d'un chef, va osciller entre son amitié pour Beth et son respect teinté d'amour pour la nouvelle coach. Deux caractères forts.

Megan Abbott aurait donc pu choisir n'importe quel type de groupe pour illustrer l'esprit conflictuel qui y règne souvent. Chez les cheerleaders, on est déjà dans une compétition, ce qui exacerbe les sentiments. Le comportement des ados actuelles est décrit avec une belle justesse. Qu'elles soient Américaines ou Françaises, on retrouve des attitudes très comparables. Entre filles, les affrontements brutaux sont rares, c'est plutôt la sournoiserie qui guide leur mesquinerie. C'est ainsi que le doute plane, autant sur la mort du sergent Will, que sur la responsabilité de chacun(e).

Megan Abbott appartient au cercle fermé des meilleures romancières de notre époque. Comme elle l'a démontré dans ses précédents livres, c'est avec une remarquable maîtrise qu'elle construit et dirige cet excitant suspense psychologique. Une fois de plus, traitant cette fois du thème du groupe, elle fait mouche.

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 05:55

Agent de la CIA, Walter Withers a été très efficace tant qu'il agissait en Suède. Sa bonne éducation et sa prestance naturelle sont d'excellents atouts. Beaucoup d'espion russes ont ainsi été mis hors course grâce à son habileté. En cette année 1958, Walter a senti le besoin de retrouver sa ville d'origine, New York. D'autant que sa compagne, la chanteuse de jazz Anne Blanchard, va s'y produire durant une certaine période. Malgré l'insistance de son chef, le Vieux Malin, Walter a démissionné. Il est maintenant employé dans une grosse agence de détectives, Forbes et fils, basée au Rockfeller Center. Ses fonctions s'avèrent en grande partie administratives, ce qui ne le rebute pas. Il y a quand même des enquêtes de terrain. Comme le cas de Michael Howard, possible suspect d'espionnage industriel. Une filature offre à Walter de premiers indices sur cet homme, qui a une seconde adresse.

Forbes-fils confie à Walter une mission délicate, la protection d'une personnalité. À la veille de Noël, le sénateur Joe Keneally et son épouse Madeleine donnent une soirée au Plaza. Jimmy, le frère de Joe, veille à l'organisation de la fête. Walter va être chargé de protéger la belle Madeleine Keneally, une intellectuelle moins fortunée que son ambitieux mari. Si le poète Sean McGuire, inspirateur de la Beat Generation, cause un incident mineur, l'affaire est vite réglée par Walter. Plus tard, Madeleine lui avouera avoir eu jadis une liaison avec le turbulent Sean McGuire. La starlette danoise Marta Marlund est l'amante actuelle de Joe Kenneally. Jimmy Keanelly demande à Walter de réserver une chambre à son propre nom au Plaza. Plus sûrement pour abriter les relations sexuelles du sénateur avec Marta, que pour une réunion politique de Joe Keneally. Walter n'est pas dupe, mais accepte.

Du club de jazz Le Cellar à la boite homo Good Night, la nuit de Noël est courte pour Anne et Walter. S'il ne lâche pas l'affaire Howard, le détective ne tarde pas à sympathiser avec Sean McGuire. Walter se pose quelques questions au sujet d'Anne et de son amie Alicia, tenant peut-être une place trop intime dans la vie de sa compagne. On le réclame pour une deuxième soirée auprès du trio Joe et Madeleine Keneally, avec Marta Marklund. Si le sénateur accorde une dernière chaude nuit à l'actrice, Walter doit la prévenir que c'est la fin de leur liaison. Un inspecteur juif de la police new-yorkaise, Sam Zaif, se présente dès le lendemain pour interroger Walter. Marta Marlund s'est suicidée aux barbituriques dans la chambre louée par le détective. Arthur va essayer de ne pas s'engluer dans un “piège à miel” impliquant le couple Keneally, des agents du FBI au service de J.Egard Hoover, et des espions russes. Il doit limiter les dégâts, pour Anne et Sean McGuire en particulier...

Don Winslow : Dernier verre à Manhattan (Éditions Seuil, 2013)

Il est prudent de préciser qu'il ne s'agit pas d'un roman au rythme trépidant. Certes, il y a de l'action et un grand nombre de péripéties. Néanmoins, le tempo reste plus flegmatique qu'endiablé. Car cette histoire, se déroulant sur la dernière semaine de l'année 1958, est placée sous le signe du jazz. D'ailleurs, outre les scènes ayant pour décor des clubs ayant eu leur heure de gloire, les titres des chapitres sont ceux de morceaux assez connus. Le but est bien de se laisser envoûter par cette ambiance jazz de la grande époque. De Cole Porter à Thelonius Monk, en passant par George Gershwin et quelques autres, l'hommage aux géants du jazz est très présent. Un roman mélodique, en somme.

Si Walter Withers assure le rôle du héros, New York est en quelque sorte le “personnage principal” de cette histoire. Éloge de cette ville qui ne dormait jamais, de Broadway et de ses quartiers animés, où l'artistique avait alors toute sa place. Toutefois, l'auteur souligne la mutation s'opérant à la veille des années 1960 : “Les clients qui, il n'y avait pas si longtemps encore, habitaient en ville et y faisaient un saut [dans les clubs] pour boire un verre, écouter deux trois chansons et partager quelques rires, vivaient désormais ‘en banlieue′.” Ici, on est encore dans le New York mythique. Où l'on croise, à travers le poète Sean McGuire, un mélange beat generation de Ginsberg, Kerouac et Burroughs.

Le côté politique est transparent, incarné par la famille Keneally (Kennedy), dans laquelle nous avons le prince et futur roi Joe (JFK), l'intelligente Madeleine (Jacqueline), le vicieux manipulateur Jimmy (Bobby), sans oublier l'ombre machiavélique de J.Edgar Hoover, le type le plus haïssable de son temps. Notons enfin un clin d'œil enjoué à Mickey Spillane, un des romanciers les plus populaires d'alors. Évidemment, c'est tout ce contexte, cette reconstitution de l'époque (y compris avec des détails ignorés des Européens), qui donne un charme délicieux à ce beau roman noir aux allures rétro.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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