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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 04:55

Paris, 1898. Reporter déjà chevronné, le jeune Louis Denfert est journaliste pour Le Petit Éclaireur. Il partage la vie de la belle comédienne Camille. Parmi ses proches, il compte le Dr Albert Féclas, médecin légiste criminologue, disciple du Pr Lacassagne. Et aussi Émile Germain, ancien sergent des troupes coloniales. Autour de ce groupe d'amis, il y a encore un jeune écrivain prometteur, Marcel Proust. L'attraction actuelle au Jardin d'Acclimatation, c'est un village africain et ses habitants. On présente au public des Noirs du Dahomey, ce petit royaume récemment conquis militairement par la France. Un villageois vient d'y être assassiné, décapité, sans doute par un de ses congénères. La police suppose un dispute qui aurait mal tourné. En fuite, le suspect est Bidossessi, le “zangbeto” (sorcier) de ce village reconstitué. Ce dernier trouve bientôt refuge dans un cirque, grâce au petit Momo.

Albert Féclas autopsie le cadavre, trouvant dans sa bouche une sorte de pommeau de canne, une “récade” abritant un message. Le médecin s'intéresse de près au Dahomey, car il doit bientôt y tourner le premier témoignage cinématographique sur cette région d'Afrique, un film ethnographique. Quand Louis, Camille, Émile et Albert visitent le village, ils y font la connaissance du cafetier métis Gando, et du jeune Figdabé, qui leur sert de guide. Il semble qu'un meurtre comparable, par décapitation, ait été commis il y a peu au Dahomey. Des actes en lien avec les religions très présentes dans ce pays, ou avec le roi déchu qui a toujours des adeptes, difficile à cerner pour des Occidentaux. Bidossessi a été engagé dans un “spectacle nègre” parisien, auquel assistent Louis, ses amis, et Figdabé. Le suspect va encore fuir, mais il sera vite rattrapé par l'assassin et décapité à son tour.

À Marseille, Louis, Camille, Émile et Albert embarquent pour le Dahomey. Le médecin a aidé Figdabé à voyager clandestinement. Gando, lui aussi, retourne au pays. Louis et ses amis sympathisent avec des afro-américains évolués allant vivre Liberia, ainsi qu'avec le boxeur Tyler qui hésite sur son avenir. À bord, se trouve aussi l'anonyme “Voyageur” qui, tel un oiseau de mauvaise augure, est messager de la Mort. À l'arrivée en Afrique, Louis se demande s'il y a matière à enquête : “Les évènements de Paris lui paraissaient à présent si lointains ! Deux hommes assassinés, un troisième tué ici-même. C'était grave, certes, mais qu'y pouvait-on ? Que pouvait-on comprendre aux querelles des autochtones, et devait-on même s'en mêler ?” Après avoir rencontré des coloniaux, Louis et ses amis vont tâter la réalité dahoméenne. Un séjour riche en mystères et en meurtres. Car, outre le Décapiteur et le Voyageur, un émule de Jack l’Éventreur (ou lui-même) est sur place...

Brigitte Aubert : Le royaume disparu (Éd.10-18, 2013) – Inédit –

Brigitte Aubert s'est parfaitement documentée pour cette cinquième aventure – inédite – de son héros Louis Denfert. C'est une véritable immersion dans cette époque, dans les ambiances et les décors d'alors, à laquelle nous invite cette romancière expérimentée. Le regard de l'Occident sur l'Afrique est faussé par la conquête coloniale. Après avoir favorisé le trafic d'esclaves, on impose notre civilisation sans réaliser qu'ils possédaient leur propre culture. L'animisme et le vaudou, les remèdes médicinaux efficaces, le poids dynastique des chefs tribaux, on a cru balayer tout ça bien vite pour s'approprier les richesses locales. “Oui, autant profiter de tout ce que pouvait offrir ce pays, songea Louis avec amertume, autant y prendre tout ce qu'on pouvait, presser les terres et les habitants comme des citrons, et les obliger à vivre à notre manière, pour notre commodité.”

Nous voici donc embarqués dans les tribulations africaines de Louis et consorts, avec une série de péripéties plutôt agitées. En ces temps où, avant l'arrivée du futur siècle, bien des gens se cherchent une nouvelle vie : vivre librement au Liberia pour des Noirs, s'installer en nababs dans ces contrées mal connues pour des Blancs. Brigitte Aubert nous décrit tout cela, sans se départir d'une certaine ironie. Ainsi évoque-t-elle par exemple l'excitation féminine interraciale : “Les Américaines avaient peur des Noirs, les Parisiennes voulaient coucher avec, mais c'était la même chose.” Si Marcel Proust y intervient, Arthur Rimbaud n'est pas non plus absent de cette histoire. En savourant ce polar, laissons-nous charmer par l'Afrique et ses sortilèges, comme disaient jadis nos aïeux.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 04:55

Henri Poincaré est l'homonyme de son aïeul, célèbre mathématicien (1854-1912). Policier pour Interpol à Lyon depuis environ trente ans, Henri Poincaré est proche de la retraite. Sa santé justifierait qu'il cesse ses activités, qu'il passe du temps dans leur ferme rénovée de la Dordogne viticole avec son épouse Claire, artiste peintre, ou qu'il voit davantage leur fils Étienne et sa famille. Pourtant, il a encore récemment livré un ex-criminel de guerre bosniaque, au Tribunal Pénal International. Et il coordonne la sécurité autour d'un sommet de l'Organisation Mondiale du Commerce, actuellement à Amsterdam. Il est entouré de Serge Laurent, collègue d'Interpol et ami de longue date, ainsi que de l'intrépide flic Paolo Ludovici, partisan de méthodes musclées. La commissaire hollandaise Gisele de Vries complète le dispositif. Ce qui n'empêche pas que se produise un attentat à l'explosif.

C'est le mathématicien trentenaire James Fenster qui en a été victime dans sa chambre d'hôtel. Ce génie des raisonnements matheux devait faire un exposé au congrès de l'OMC. L'explosif utilisé provient des techniques spatiales. Antiquaire aux États-Unis, l'ex-fiancée de Fenster logeait non loin de là. Madeleine Rainier a autorisé l'incinération après autopsie de la victime, ce qui la rend assez suspecte. Les policiers se demandent s'il y a un lien entre cette affaire et deux autres attentats, l'un à Milan ayant causé six morts, et l'autre à Barcelone où une jeune femme a été exécutée. Serge Laurent est chargé de ce double cas, qui mettrait en cause une secte meurtrière. Organisés en cellules autonomes, les Soldats de l'enlèvement prêchent une théologie apocalyptique. Le sommet de l'OMC a aussi attiré un personnage controversé, l'économiste péruvien Eduardo Quito.

Interrogé par les policiers, Quito se montre cordial. Il défend l'idée que l'économie doit revenir aux peuples indigènes. Il étudia avec Fenster la modélisation mathématique du comportement humain. Poincaré apprend alors que le criminel de guerre emprisonné Stipo Banović a lancé un contrat sur la famille du policier. La menace est à prendre au sérieux. Ludovici va tenter de trouver la piste des exécutants. Les proches de Poincaré sont mis sous protection policière. Lui-même doit poursuivre son enquête aux États-Unis.

Il vérifie que les Soldats de l'enlèvement y sont très actifs. La jeune prof Dana Chambi, disciple de Fenster et admiratrice de l'aïeul de Poincaré, est réticente à lui répondre. Par l'avocat du défunt, l'enquêteur apprend quelques détails biographiques sur l'enfance de Fenster. Une visite à l'appartement de la victime ne fait que renforcer la part énigmatique des recherches du jeune mathématicien. Son mécène depuis ses études, le financier Bell, n'espérait pas de contreparties concrètes de sa part, semble-t-il. En France, malgré les précautions, les émissaires de Banović ont sévèrement touché les membres de la famille Poincaré. Le policier d'Interpol doit trouver la force de réagir, de poursuivre l'enquête...

Leonard Rosen : La théorie du chaos (Le Cherche-Midi Éd., 2013)

Même si l'on est réfractaire à l'esprit mathématique, si modélisations et équations ne nous évoquent pas grand chose, ce roman n'apparaîtra pas abscons à la majorité des lecteurs. Certes, la science des maths y tient une bonne place, à travers certaines utopies socio-économiques ou statistiques. Quant à en tirer des raisonnements fiables, c'est illusoire. Par exemple, seul un mathématicien peut chercher à comparer la structure des cristaux d'un alliage avec les divisions administratives françaises. Absurde, puisque les choix des humains ne se traduisent pas systématiquement par des formules chiffrables. En outre, la réalité historique nous l'enseigne : le chaos est plus sûrement créé par les décisions de personnes malveillantes, même peu nombreuses, que par des stratégies mathématiques.

Cette intrigue, à l'enquête assez complexe, comporte tous les ingrédients du thriller. Avec, il faut l'avouer, une certaine dureté de ton. Le policier Poincaré et les siens sont impliqués cruellement dans un aspect sanglant de l'affaire. Néanmoins, on suit avec intérêt son périple parsemé de pistes incertaines, visant à reconstruire une sorte de puzzle autour de James Fenster, la victime initiale.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 04:55

Au printemps 1998, six quinquagénaires font du tourisme dans la région du Wuyishan. Ces voyageurs forment un groupe d'amis se connaissant depuis leurs études, trente ans plus tôt. Ils s'installent dans un bel hôtel, disposant chacun d'une chambre individuelle. Certes, dès leur arrivée, la prédiction d'un prêtre taoïste leur apparaît assez néfaste, et la légende de l'Immortel du nuage noir est plutôt inquiétante.

Après une soirée décontractée, Sun Feihu croit apercevoir un spectre, puis il reçoit le dessin d'une chauve-souris. Voilà qui le ramène à de sombres souvenirs, au temps de la Révolution Culturelle. Le lendemain, leur balade en radeau est agitée. Sun Feihu tombe dans l'eau, ce qui lui occasionne de fortes fièvres. “Cette fois-ci, sa mauvaise conscience avait entamé sa confiance en lui. Il avait même un peu peur, ne sachant ni qui était son rival ni où il se terrait.”

Ses maux étant un peu calmés, Sun Feihu accompagne quand même ses amis, partant visiter un site rocheux remarquable des environs. Hélas, Sun Feihu est victime d'une chute mortelle, en partie causée par une chauve-souris blanche. Puisqu'il a été hospitalisé et que ses amis trouvent sa mort un peu suspecte, une autopsie de Sun Feihu est décidée. La cause réelle du décès est un empoisonnement. Un couple de policiers débute son enquête de proximité, explorant la chambre du défunt, interrogeant sa veuve Li Yanmei et leurs amis. Si Sun Feihu n'était pas tellement joyeux, nul ne croit à un suicide. Utiliser un pesticide en guise de poison, c'est plus sûrement le signe d'un crime. Peu après, la veuve et les quatre autres reçoivent chacun un dessin figurant une chauve-souris, comme pour Sun Feihu. Les deux policiers trouvent bientôt l'origine du poison, en vente libre.

Confiné à l'hôtel, le groupe donne individuellement une version à la fois complexe et trop préparée des faits. Les policiers établissent le portrait-robot d'une suspecte, mais c'est un habile stratagème qui entraînera des aveux. À ceci près qu'il s'agit d'un faux témoignage, que le détecteur de mensonge démontrera, et que c'est un autre coupable qui sera arrêté et jugé par la suite. L'avocate de la défense va utiliser les nouvelles dispositions juridiques admises en Chine, afin d'étayer sa plaidoirie...

À l'automne 1998, l'universitaire He Ren séjourne à Aix-en-Provence. Par hasard, il croise un vieux Chinois, d'abord peu communicatif, préférant le silence des églises. M.Yang finit par accorder à He Ren quelques cours de Droit. Outre les débats sur la preuve et ce qui permet l'identification criminelle, ils assistent à un procès au tribunal d'Aix. Les systèmes judiciaires occidentaux fonctionnent différemment qu'en Chine où, malgré les progrès, la justice manque encore de nuances. Si He Ren a un but précis en suivant attentivement les cours de M.Yang, il imagine quelque mystère autour du vieux Chinois. Il n'aura de vraie réponse que bien des années plus tard, entre Genève et Paris...

He Jiahong : Crime impuni au monts Wuyi (Éditions de l'Aube, 2013)

He Jiahong, l'auteur, dont voici le cinquième roman publié en France, est professeur de Droit. Il semble avoir extrapolé ce roman d'après un cas réel, une affaire mal résolue par la justice chinoise. Certains de nos principes, telles “l'intime conviction” et “la présomption d'innocence”, furent longtemps des notions inconnues en Chine. Pression sur les suspects et procédure pénale minimale suffisaient à faire admettre les preuves. Ça correspondait à une habitude ancestrale, que la politique maoïste ne se priva pas d'utiliser. Soulignons que c'est avec une belle liberté que sont évoqués dans cette histoire certains méfaits de la Révolution Culturelle, et les condamnations en “laogai” (camps de prisonniers) pour ceux qui eurent la malchance d'être dénoncés comme mauvais citoyens. Le contexte général importe autant que le dossier particulier, à l'évidence.

Toutefois, même si les règles du Droit et le passé de la Chine sont très présents, ce roman n'a rien d'austère. L'auteur apporte des notes de légèreté et certains sourires. Y compris quand il montre une part de candeur de ses compatriotes sur les questions de justice. S'il s'agit d'un véritable roman d'enquête, sa structure – en deux temps parallèles – ajoute un plaisir supplémentaire. Ce qui ménage plusieurs niveaux de suspense, à savourer. Un petit conseil : nous ne sommes pas coutumiers des patronymes chinois. Ici, ne cherchons pas à situer d'emblée chaque protagoniste. Cela viendra tout naturellement, au fil de la lecture. Car les personnages sont admirablement décrits, tout en finesse. Par ailleurs, concernant en particulier la Provence, le regard d'un intellectuel chinois sur notre pays ne manque pas d'intérêt. Un polar d'une riche subtilité, captivant du début au dénouement.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 04:55

Moizy-les-Beauges apparaît une ville en plein essor en cette toute fin de la décennie 1990. Christophe Gros-Piron, le maire actuel, est proche des milieux d'affaires. Il a la confiance des notables francs-maçons locaux. Son prédécesseur, Vuillermoz, communiste pur jus exilé en Belgique, croit encore à un possible retour gagnant dans sa ville. Par tradition, on évite ici tout ce qui bouscule le quotidien, principe auquel se tient encore Gros-Piron. À la veille des fêtes de fin d'année, on déplore l'incendie qui détruit intégralement les Grandes Galeries, institution commerciale de Moisy. La journaliste Juliette Baumann va couvrir ce regrettable événement, faits divers parmi d'autres. Instituteur retraité, son père Max flaire une affaire pas nette, car il connaît bien la bourgeoisie de cette ville.

Victor Boudreaux est un homme mûr, mesurant environ deux mètres, pesant son quintal. Sa vie a été émaillée de sombres épisodes, tant en Asie qu'aux États-Unis. Voilà près de douze ans qu'il est détective privé en France. Assisté par la sensuelle et cinéphile Jeanne, il s'occupe pour l'essentiel de fraudes, évitant désormais les missions sur le terrain. On le dit migraineux et psychopathe, sans pitié avec ses ennemis. “Au sens clinique du terme, Boudreaux se considérait comme le premier et le dernier privé psychopathe en activité.” Victor est contacté par le directeur d'une société d'assurances, afin d'enquêter sur les circonstances de l'incendie des Grandes Galeries. Le détective refuserait, s'il ne s'agissait de Moisy-les-Beauges. Il y a vécu autrefois, en gardant un souvenir plutôt mitigé.

Victor se munit d'un équipement particulier, avant d'explorer clandestinement le magasin sinistré. Pas de trace d'un court-circuit. Quelques prélèvements sur les lieux. Victor n'est pas seul à visiter l'endroit, deux inconnus faisant de même. Peu après, il contacte Juliette Baumann. La journaliste ne cache pas son scepticisme quant à un incendie criminel. Ne disposant que de trop peu d'éléments, Victor retourne à ses dossiers courants. Le père de Juliette lui apprend par téléphone que sa fille a été sérieusement blessée, victime d'un duo jouant avec du 9mm. C'est copieusement armé que le détective reprend la direction de Moisy. Selon Juliette, hospitalisée, les tireurs portaient des chaussures de boxe. Comme les deux inconnus du commerce sinistré, note Victor.

L'ex-maire Vuillermoz ne risque plus de reconquérir sa ville, exécuté qu'il est par la même paire de sbires. S'il ignore encore ce crime, Victor baptise vite les tueurs Branli et Branlo. Max Baumann est sans complaisance pour les notables d'ici, nouveaux riches qui “en quinze ans, sont passés du patrimoine familial à l'impôt sur la fortune”. On peut penser qu'avant l'incendie, une opération financière et immobilière était déjà en cours autour des Grandes Galeries. D'ailleurs, la principale propriétaire des murs n'est pas en mesure de gérer quoi que ce soit. Pour Victor, il va donc être indispensable d'utiliser la manière forte pour démasquer les vitrines légales, pour avancer vers la vérité...

Michel Embareck : La mort fait mal (Archipoche, 2013)

Excellente idée de rééditer ce roman paru en 2000 dans la Série Noire. Avec “Le rosaire de la douleur”, il s'agissait des premières aventures de Victor Boudreaux. On le retrouve dans une autre enquête, “Avis d'obsèques”, titre nouveau publié en cette rentrée 2013. Sans doute la première belle qualité de “La mort fait mal” tient-elle dans la virtuosité narrative typique de cet auteur. Le héros est un fonceur, pas du genre à se laisser impressionner par ces magouilleurs de tous poils qui se disent investisseurs, fussent-ils Hongrois ou Français. Ni par des experts de la gâchette, lui-même étant expérimenté en maniement des armes, et situations à hauts risques.

Si l'on nous décrit des décors jurassiens ou bressans, c'est l'action qui prime dans ce scénario. Embareck connaît ses classiques du roman noir, Hammett, Chandler and Co, mais il sait donner une tonalité toute personnelle à son histoire. Soigner le langage, peaufiner l'écriture, sans affaiblir le rythme, c'est le moyen d'offrir une véritable force au récit (“L'incompréhension envahit le visage de la veuve comme si, d'un coup, on lui arrachait à vif sa perfusion d'espoir.”). Bonne occasion de (re)découvrir le talent de Michel Embareck.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 07:08

En avril 1922, Ralph Exeter est le correspondant à Paris du journal anglais Daily World. On le voit fréquenter les milieux culturels de Montparnasse, sans négliger une actualité plus politique. Marié à une épouse russe vivant en Grande-Bretagne, Exeter a été engagé par le patron du Daily World, journal de gauche, pour ses sympathies soviétiques. Son rôle va plus loin, puisqu'il est censé transmettre aux bolcheviques des infos secrètes émanant d'un dirigeant français. En réalité, c'est pour lui une combine afin d'empocher une prime mensuelle. La conférence économique internationale qui va se tenir à Gênes est un sujet plus sérieux. En cet après-guerre, c'est à cette occasion que l'équilibre des forces en Europe doit s'affirmer. Une foule de journalistes témoignera des travaux de la conférence, qu'on imagine décisive. La région de Gênes va grouiller d'infos capitales. Ralph Exeter s'y rend par le train, chargé de remettre un document à la délégation soviétique.

Durant le trajet, il va sympathiser avec son confrère américain Herbert Holloway. Un type quelque peu exubérant, mais expérimenté et réactif. Ils vont croiser un nommé Moselli, à l'allure inoffensive, qu'il faudra écarter de leur route. En Italie, outre les carabiniers, ils remarquent la grande présence des Chemises Noires. Si Benito Mussolini, qu'Exeter a déjà rencontré à Cannes, n'a pas encore pris le pouvoir, ses troupes sont visiblement prêtes. Les délégations de chaque pays sont à pied d'œuvre. Celle de la Russie semble encore plus sécurisée que les autres, à quelques kilomètres de Gênes. Exeter y prend contact avec le diplomate Rakovsky, lui avouant qu'il a perdu le document à transmettre. Chef des services secrets, le colonel Yatskov charge Exeter de repérer un certain Rosenblum. Cet aventurier meurtrier aurait berné les autorités bolcheviques dans une transaction. Le Guépéou doit rapidement intervenir, bien que possédant peu d'élément pour l'identifier.

Parmi les nombreuses personnes venues à Gênes, Exeter tombe bientôt sous le charme d'une belle photographe américaine. Melicent Teydon-Payne a d'ailleurs vécu les débuts de la Révolution communiste à Petrograd. Tandis que débute la conférence, Exeter s'inquiète quand la disparition de Moselli entraîne une enquête de la police italienne. Demandant l'aide d'Exeter, le colonel Yatskov veut mettre la main sur un traître à la cause soviétique. Toutefois, c'est l'ombre de Staline qui plane derrière ce sombre imbroglio. Pour grimper les marches au plus tôt vers le pouvoir suprême, Joseph Staline n'est pas avare de crimes et de combinaisons douteuses. Après avoir assisté à un opéra de Verdi, Exeter rôde dans la nuit génoise, croyant avoir découvert Rosenblum. Le meurtre d'un officiel de la délégation russe va amener une enquête interne, dont Exeter est le suspect principal...

Romain Slocombe : Première station avant l'abattoir (Éd.Seuil, 2013)

Avec ses méandres politiques, l'entre-deux-guerres reste une fichue époque. Certes, les historiens en ont exploré beaucoup d'aspects. Ce sont généralement les grandes lignes de ces années 1920 et 1930 qu'on nous présente. Implantation du communisme, du fascisme et du nazisme, face aux démocraties européennes faibles. On devine les noirs arcanes et secrètes embrouilles qui eurent lieu en ces temps-là. Voilà ce que Romain Slocombe entreprend d'illustrer, et même de décrypter, dans ce riche roman d'espionnage. On sait que, pour que tout soit véridique, il apporte un grand soin aux détails, il est exigeant sur les faits précis. Ça implique quelques passages explicatifs, qui n'ont rien heureusement de rebutants. Car il s'agit bien de restituer le climat délétère qui régnait alors.

Slocombe s'inspire de son grand-père pour camper le journaliste Ralph Exeter. Mais on va aussi côtoyer d'autres personnages se référant à la réalité. Évidemment, le plus cocasse est Herb Holloway, “jumeau littéraire” d'Ernest Hemingway. Bon prétexte à ajouter un peu d'humour, en particulier quand explose une salle de bains. Mussolini apparaît également ici avec ses contradictions, à la veille de la dictature. Quant aux apparatchiks, on les sent proches de ceux qui existaient au début du régime communiste. Les amateurs de polars noteront un clin d'œil à Kenneth Millar. Derrière la façade mondaine, l'intrigue nous offre une palpitante plongée dans un univers malsain, mensonger et meurtrier, déjà porteur des germes de la seconde guerre mondiale. Un noir roman d'aventure, avec une belle dose de péripéties et de suspense. Encore une belle réussite à l'actif de Romain Slocombe.

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 04:55

Jackson Oz est un étudiant en biologie américain, qui habite à New York. Il a adopté un chimpanzé, Attila, partageant son modeste appartement de Harlem. Il voit ponctuellement sa petite amie Natalie Shaw, qui voudrait aboutir dans ses études. Celles de Jackson Oz sont compromises, les théories développées pour sa thèse et sur son blog apparaissant fantaisistes. Il évoque le CHA, conflit humano-animal. “En termes simples, j'étais persuadé que le comportement animal était en train de muter partout dans le monde... Sur tous les continents, les animaux de toutes les espèces se montraient brusquement d'une agressivité inouïe à l'endroit d'un mammifère bien particulier : l'homme.” L'actualité donne raison à Oz. À Los Angeles, un gardien de zoo a été la proie de lions. Sur la côte Est, deux chasseurs ont été tués par des ours. En Inde, un éléphant s'est rebellé contre son cornac. On signale également des cas inquiétants sur le continent africain.

Jackson Oz prend l'avion pour le Botswana. Son contact y est un Afrikaner, un baroudeur de la brousse. Le duo se rend dans le delta de l'Okavango. Un problème s'est produit au camp pour vacanciers amateurs d'un safari-photo. L'endroit est vide, une troupe de lions ayant assailli puis dévoré les touristes et leur guide. Le duo est lui-même bientôt cerné par des lions, uniquement des mâles, ce qui est assez anormal. L'Afrikaner ayant péri, Oz va sauver la vie d'une jeune brune en grand danger à cause des crocodiles du fleuve. Le couple parvient à s'extirper de cette fâcheuse situation. La jeune femme est une Française nommée Chloé Tousignant, scientifique venue étudier la mutation des oiseaux migrateurs. Oz a réussi a filmer la stupéfiante agression par les lions, document essentiel prouvant le sérieux de sa théorie du CHA dès que Chloé et lui seront de retour aux États-Unis.

Ses collègues scientifiques admettent que cette anomalie zoologique semble être le début d'un problème à l'échelon mondial. Cela n'est pas causé par un virus, peut-être par un instinct de protection ou de défense. D'ailleurs, dans l'appartement new-yorkais, le singe Attila est lui aussi touché par des crises sauvages. Oz et Chloé avaient rendez-vous avec le sénateur Gardner, afin de lui exposer le risque. Mais l'accès au Congrès américain leur est interdit, Oz et ses amis étant même l'objet d'une arrestation musclée. De retour à New York, le couple découvre le carnage commis par Attila. Le chimpanzé s'échappe dans la jungle urbaine... Les autorités ayant fini par comprendre, Oz et Chloé étudient le CHA pendant plusieurs années, sous la garde du FBI. C'est quand “l'épidémie” se généralise aux États-Unis, où des meutes de chiens attaquent les gens, que la NSA compte sur eux pour trouver un remède. Comprendre ce qui excite les phéromones des animaux mâles n'est pas si évident...

James Patterson – Michael Ledwidge : Zoo (Éd.L'Archipel, 2013)

Pas d'intrigue strictement policière dans ce nouveau titre signé James Patterson, puisqu'il s'agit d'un roman d'aventures. Une catastrophe planétaire à venir menace les humains, tel est le scénario apocalyptique concocté par Michael Ledwidge et le romancier à succès. Un des sujets dans la meilleure tradition du suspense à grand spectacle, mis en valeur par le savoir-faire indéniable de Patterson. Là où d'autres n'appuieraient que sur l'angoisse et la noirceur des faits, ou dramatiseraient à outrance chaque incident, il réussit à apporter des belles touches de légèreté au récit.

Péripéties mouvementées pour nos héros, donc, que ce soit dans la savane africaine ou dans les décors plus citadins pas moins hostile, jusque dans les sphères politiciennes de Washington. Si le narrateur est l'intrépide Jackson Oz, s'intercalent des scènes dont les héros sont les animaux agressifs, dont on mesure ainsi les réactions. Dans cette idée, le singe Attila est un fil conducteur de l'histoire. Quant à ce qui aurait déclenché cette universelle rébellion animale, pourquoi pas ? De toutes façons, nous ne sommes pas assez sages pour y remédier durablement, nous disent les auteurs. Un suspense à la fluidité entraînante, d'une lecture extrêmement agréable.

- Disponible dès le 4 septembre 2013 -

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs Polar_2013
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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 04:55

Divorcé de sa femme Pernilla à la suite d'un drame familial qui le perturbe encore, Thomas Andreasson est âgé de trente-sept ans. Ancien policier maritime, il est maintenant affecté à la criminelle du commissariat de Nacka, près de Stockholm, en Suède. Grand blond aux yeux bleus, Thomas n'est pas encore un enquêteur chevronné. Son supérieur, le chef de la police, est assez bienveillant à son égard. Fille de ce dernier, sa collègue Carina cache peu son admiration pour Thomas. Lui a besoin de se ressourcer dans le proche archipel voisin, où il possède une maison sur l'île de Harö. C'est sur l'île de Sandhamn, dont ils sont tous deux originaires, qu'habite son amie d'enfance, Nora Linde. Mère de deux jeunes fils, Nora est mariée à un médecin, Henrik Linde, qui outre son métier est passionné de regates. Du même âge que Thomas, Nora est juriste d'entreprise pour une banque. D'ailleurs, on lui a proposé une belle promotion, mais déménager mettrait en péril son équilibre familial.

Un cadavre est découvert sur le rivage de l'île de Sandhamn. Entortillé dans un filet de pêche, il semble être resté longtemps dans l'eau. Thomas étant un familier des lieux, on lui confie l'enquête, en relation avec sa supérieure. Berggren, la victime, n'ayant pas laissé de message suicidaire, il peut s'agir d'un accident. Solitaire s'alcoolisant fort, l'homme a pu tomber d'un des ferries pour la Finlande passant à proximité de l'île. Sa seule famille, c'est la quinquagénaire Kicki, croupière de casino. De retour après avoir été employée en Grèce, elle n'est pas suspecte. Par contre, elle connaît un secret de son cousin Berggren. Kicki se rend sur l'île de Sandhamn, espérant y trouver la fortune, peut-être par une sorte de chantage. Mauvaise initiative, car son cadavre est bientôt retrouvé dans la chambre où elle avait pris pension. “L'enquête venait de changer radicalement de nature”, constate Thomas quand il est chargé de faire la lumière sur ce deuxième meurtre.

Menuisier à Sandhamn et artiste peintre, Jonny Almhult a probablement des raisons de culpabiliser et de s'éloigner de son île. À l'analyse, l'autopsie de Kicki recèle des surprises. Si elle a été frappée, c'est une hémorragie interne sans rapport qui a causé sa mort. Par son métier, le cousin Berggren peut avoir été impliqué dans un trafic d'alcools et de vins, magouille bien plus juteuse qu'on pourrait le penser. Un des responsables de l'entreprise affirme que s'il y a coulage, c'est très limité. Tout en s'occupant de sa famille, et de ses beaux-parents venus pour les régates, Nora Linde suggère une piste. Vaguement suspecté par le policier, Jonny Almhult est découvert noyé, flottant près d'une plage de l'île. “Thomas en était intimement convaincu : ces trois-là avaient été assassinés par une seule et même personne.” Si ses soupçons sont justes, Nora risque de se mettre elle-même en danger...

Viveca Sten : La Reine de la Baltique (Albin Michel, Spécial Suspense)

À travers cette première affaire, nous faisons la connaissance du duo composé de Thomas Andreasson et de Nora Linde. Leurs aventures semblent jouir d'un beau succès en Suède. Thomas est un policier ouvert d'esprit, sans agressivité. Pas totalement sûr de lui, cela lui évite d'afficher trop de certitudes. Il reste marqué par un drame, mais il est en bonne voie pour une nouvelle étape de sa vie. Nora apporte quant à elle une tonalité “familiale”, car son quotidien est largement évoqué. C'est une juriste, pas une enquêtrice pro. Sans nuire à l'intrigue, quant au titre, on peut préciser que la Reine de la Baltique désigne le vieux phare de Grönskär, emblématique de cette baie.

Immobilier et tourisme sont envahissants, comme si souvent sur les côtes pittoresques. “Du jour au lendemain, des choses comme le droit de pêcher, chasser, ou voter au sein de la communauté avaient commencé à se négocier. Ce qui allait de soi dans l'existence sur l'île de Sandhamn se voyait d'un coup évalué et affublé d'un prix.” L'atout de Thomas et Nora, c'est leur implantation depuis toujours dans cet archipel de la baie de Stockholm. Ils en mesurent les usages, et les îliens n'ont (presque) pas de secrets pour eux. L'auteure nous fait partager la beauté des paysages, sans jamais négliger le suspense. Un séduisant roman d'enquête, avec un duo complémentaire et sympathique qu'on espère suivre dans d'autres histoires de la série.

- "La Reine de la Baltique" est disponible dès le 5 septembre 2013 -

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2013 Livres et auteurs
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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 04:55

Entre fleuve et océan, à proximité de la campagne viticole, Saproville-sur-Mer est une ville portuaire d'importance. S'y trouve le siège de France-Océan, un des principaux quotidiens régionaux français. C'est un des grands journaux issus de la Libération, détenu depuis par la famille Kerbrian du Roscoät, dont l'aïeul René fut un grand nom de la Résistance. Pour la population des régions concernées, toute l'information se résume à ce qui paraît dans ce journal. Après René, ce fut Luc Kerbrian du Roscoät qui dirigea le quotidien, avant d'en céder les rênes à son fils Fabrice. Ces dernières années, ce dernier modernisa ce média, y ajoutant une édition dominicale, créant une télévision, misant sur l'info en numérique. Des progrès indispensables, même si Luc n'approuvait guère, et si de vieux routiers du faits-divers tel que le reporter Franck Schirmeck quittèrent la rédaction.

Fabrice Kerbrian du Roscoät a été assassiné. Pas question de faire des vagues autour de la respectée famille. D'ailleurs Luc, qui a repris la direction de France-Océan, y veillera. Et si la situation financière est défavorable, il saura y remédier. À la PJ, le commissaire Yann Le Trividic et son équipe mènent une enquête prudente. Néanmoins, son adjoint Lesieur a de la mémoire : Carvalho, l'actuel DRH du journal, possède un passé trouble. Coupable, peut-être pas, mais il détient sûrement d'utiles éléments. José Barteau, comptable dans une entreprise nautique, a été abattu à son tour. Le lien direct n'est pas flagrant, même s'il pouvait exister des griefs entre Fabrice et lui. Connaissant bien les dessous de son ancien journal, Schirmeck renseigne tant soit peu la police. Bientôt, le directeur de la rédaction va faire figure de suspect numéro 1. Où serait-il davantage en sécurité qu'en prison ?

Victor Boudreaux a cessé ses activités de détective privé. Entre sa compagne Jeanne, une passionnée de classiques du cinéma, et son ami de la DCRI Edgar Ouveure, il récupère après un AVC. Il lui tarde de retourner à La Nouvelle-Orléans, sa ville de cœur, où habite sa nièce Joliette. Des émissaires d'une puissante agence d'investigation affirment que la jeune femme serait impliquée dans un trafic d'objets religieux. Ennuyeux, car les colis sont envoyés de Saproville jusqu'en Louisiane, sous le nom de Victor Boudreaux. Il est temps pour lui de s'armer d'un Glock et de disposer de renforts, la famille manouche Estefan. Secouer un petit truand, puis un brocanteur véreux, l'aidera à s'orienter vers la bonne piste. Pendant ce temps, la juge Sophie Lazaro-Borgès file le parfait amour avec le flic Hoareau, beau Réunionnais. Et, après un troisième meurtre dissemblable, la PJ tente de cerner la vérité dans cette complexe affaire...

Michel Embareck : Avis d'obsèques (Éd.L'Archipel) – Coup de cœur –

Ce modeste survol de l'intrigue ne risque pas de dévoiler l'essentiel de ce polar, ni d'en dénaturer la lecture. Car c'est grâce à la narration enjouée de l'auteur que l'histoire trouve sa tonalité. Certes, on pourrait qualifier ce roman de comédie à suspense. Les portraits des protagonistes sont riches d'une ironie savoureuse, et les dialogues ciselés avec humour. On aime clins d'œil (Edgar Ouveure, par exemple) et anecdotes (telle la petite combine dans un salon du livre), autant que les références à des films d'anthologie chers à Jeanne. Le patronyme du faits-diversier n'est probablement pas innocent non plus. On apprend aussi que pour apprivoiser les manouches, il faut apprécier le ragoût de hérisson.

L'ex-baroudeur Victor Boudreaux nous invite, via ses souvenirs nostalgiques, à une visite perso de La Nouvelle-Orléans. Le récit est émaillé de réflexions, comme “Les Américains, peuplade totalement paranoïaque par ignorance et mépris de l'étranger, appréhendent la guerre sous forme de tourisme inversé. Une occasion non pas de voir du pays, mais d'importer le leur en terrain conquis.” Les sourires se complètent par des scènes moins drolatiques, et n'ont jamais empêché d'esquisser des thèmes sérieux. Entre autres ici, la rentabilité artificielle de la presse française. Si la publicité les aide à vivre, au nom de la pluralité médiatique, les journaux sont sous perfusion financière afin de ne pas sombrer dans un coma profond. Quelques sujets sombres sont également abordés. Mis en valeur par l'écriture stylée de Michel Embareck, un suspense impeccable.

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